Présentation des arguments
Presenting The Arguments
Un ensemble d'arguments en faveur de l'existence de Dieu, qui peuvent être et ont été exposés dans le domaine de la philosophie de la religion, trouvent leurs racines dans certaines des élaborations médiévales traitées dans les chapitres précédents. De tels arguments ont pénétré le champ des débats populaires, des discussions et des articles. Il est impossible de surestimer l'importance de disposer des arguments théistes les plus solides possibles, car des arguments faibles ou trop compliqués ont moins de force dans de telles conversations. Dans ce chapitre, je présenterai mes arguments en faveur de l'existence de Dieu, qui tirent une grande partie de leur inspiration de l'argument du Burhān. Ces arguments viseront à être à la fois simples et efficaces pour démontrer l'existence d'un être nécessaire. Je présenterai cinq preuves générales, puis je formulerai deux arguments cosmologiques distincts dans ce contexte, l'un fondé sur la dépendance et l'autre sur la causalité. Quant à l'argument ontologique, je présenterai trois formulations possibles : la première se référera exclusivement à la dépendance, la deuxième aux termes modaux de contingence et de nécessité, tandis que la troisième argumentera à partir de la causalité. Pour établir la volonté de l'être nécessaire, j'utiliserai l'argument de la particularisation mentionné précédemment. Enfin, je présenterai un argument du réglage fin inspiré du Burhān. J'offrirai également trois arguments en faveur de l'unicité de l'existence nécessaire afin d'établir le monothéisme théiste. Tous ces arguments doivent être compris conjointement pour apprécier la véracité de la thèse défendue. Je les présenterai de manière formelle, mais ils seront rédigés de façon accessible, destinée aux porte-parole religieux s'adressant à un public profane. Suivant la distinction d'Ibn Taymiyyah, qui évite les confusions entre « parties » et « attributs », le terme « morceau » sera employé pour désigner quelque chose qui « peut être retiré, ajouté, détaché, arraché ou coupé de quelque chose ». 87 Par ailleurs, je distingue les termes « causalité » et « dépendance », car un objet peut être causé par quelque chose sans dépendre de celui-ci pour exister (par exemple, un enfant par rapport à ses parents). En revanche, ce dernier terme implique qu'un objet se repose sur quelque chose pour sa subsistance continue.
A range of arguments for God’s existence that can and have been expressed in the realm of Philosophy of Religion have their roots in some of the medieval renditions covered in the previous chapters. Such arguments have made their way into the domain of popular debates, discussions, and articles. The importance of having the strongest possible theistic argument(s) cannot be overstated, as weak or overcomplicated arguments have less potency in any such conversations. In this chapter, I will present my arguments for God’s existence, which find much of their inspiration from the Burhān argument. The arguments will aim to be both basic and effective in demonstrating the existence of a necessary existence. I will present five overall proofs, and then make two separate cosmological arguments in this context, with one from dependence and the other from causation. As for the ontological argument, I will present three possible formulations of it: the first will exclusively refer to dependence, the second to modal terms of contingency and necessity, while the third will argue from causation. To establish the will of the necessary being, I will use the argument of particularisation mentioned before. Finally, I will present a fine-tuning argument inspired by the Burhān. I will also offer three arguments for the oneness of the necessary existence to establish theistic monotheism. All these arguments should be understood in conjunction with each other to appreciate the veracity of the case being made. I will present the arguments formally. However they will be written in an accessible way intended for use by religious spokespeople to lay audiences. Following Ibn Taymiyyah’s distinction that prevents conflations between ‘parts’ and ‘attributes’, the word ‘piece’ will be used to mean something that ‘can be removed, added, broken off, torn off or cut off from something’.87 Furthermore, I distinguish between the terms ‘causality’ and ‘dependence,’ as an object can be caused by something but not be dependent on it to exist (i.e. a child in relation to his parents). However, the latter term entails that an object relies upon something for its continued existence.
Preuve 1
Proof 1
Partie I :
Part I:
Proposition : Il ne peut exister un monde composé uniquement de chose(s) dépendante(s), sans référence à une chose indépendante, car les chose(s) dépendante(s) ne peuvent pas continuer à exister par elles-mêmes. L'existence n'est explicable qu'en référence à une existence indépendante, car les existences impossibles n'existent pas par nécessité logique. De plus, les existences dépendantes ne peuvent ni s'engendrer elles-mêmes ni se maintenir elles-mêmes.
Proposition: There cannot be a world with only dependent thing(s) without reference to an independent thing, as dependent thing(s) cannot continue existing on their own. Existence is only explicable with reference to an independent existence, as impossible existences do not exist by logical necessity. Furthermore, dependent existences cannot self-generate or self-maintain.
Deuxième partie :
Part II:
1. Tout ce qui est composé de parties est dépendant.
1. Everything made up of pieces is dependent.
2. L'univers est composé de morceaux.
2. The universe is made up of pieces.
3. Par conséquent, l'univers est dépendant.
3. Therefore, the universe is dependent.
Autrement dit :
Put in another way:
1. Tout ce qui est composé de parties est dépendant.
1. Everything made up of pieces is dependent.
2. Un multivers infini est constitué de morceaux.
2. An infinite multiverse is made up of pieces.
3. Par conséquent, un multivers infini est dépendant. Exprimé sur le plan ontologique, l'argument se présente ainsi :
3. Therefore, an infinite multiverse is dependent. Expressed ontologically, the argument runs as follows:
Partie I :
Part I:
1. Tout ensemble comptant plus d'un élément dépend de ses éléments.
1. Any set with more than one member is dependent on its members.
Preuve 2.
Proof 2.
Partie I :
Part I:
1. L'existence est présupposée dans tout ce qui est réel.
1. Existence is presupposed in everything that is real.
2. Les faits nécessaires sont réels.
2. Necessary facts are real.
3. Par conséquent, les faits nécessaires présupposent l'existence.
3. Therefore, necessary facts presuppose existence.
Deuxième partie :
Part II:
1. Si les faits nécessaires présupposent l'existence, ils en dépendent. 2. Les faits nécessaires présupposent l'existence.
1. If necessary facts presuppose existence, they depend on it. 2. Necessary facts presuppose existence.
3. Par conséquent, les faits nécessaires dépendent de l'existence.
3. Therefore, necessary facts depend on existence.
Lorsque j'emploie le terme « indépendant », j'entends « autosuffisant ». C'est-à-dire que ce qui est indépendant n'a besoin de rien d'extérieur à lui pour être expliqué ou causé. Il ne doit pas non plus dépendre de quoi que ce soit pour son existence. Comme nous l'avons montré précédemment, toutes les choses nécessaires ne sont pas indépendantes, car elles reposent sur des états de choses présupposés pour exister. Par conséquent, l'indépendance est plus spécifique que la nécessité. Ce qui est indépendant doit être nécessaire, mais tout ce qui est nécessaire n'est pas indépendant. Si cela est vrai, alors l'argument de la dépendance exposé ci-dessus devrait conduire, à travers une réflexion critique, à une entité indépendante. En effet, toutes les choses du monde ont des parties, et tous les composés ontologiques dépendent de leurs éléments. Pour expliquer quoi que ce soit, nous avons donc besoin d'une entité indépendante dont dépendent toutes les autres choses, tandis qu'elle-même ne dépend de rien. Cet être indépendant sera nécessaire par définition, puisque tout ce qui est « indépendant » est nécessaire. Si cela est vrai, alors il ne peut être conçu d'aucune autre manière. Si quelque chose ne peut être conçu d'aucune autre manière, il doit l'être en tout temps et en tout lieu, ou être indépendant du temps et du lieu. Dans les deux cas, il sera éternel. L'éternité n'est donc pas conçue comme une « qualité positive » dans la mesure où elle décrit une absence de commencement ou de fin. Cela déplace la charge de la preuve sur l'interlocuteur. Il doit soit prouver que l'éternité doit être conçue de la manière que j'ai décrite, soit prouver qu'il est possible qu'un être immatériellement nécessaire possède la qualité d'avoir un commencement. Formulant l'argument à l'aide de termes modaux, j'affirme :
Preuve 3
Proof 3
1. Tout ce qui pourrait être conçu autrement, en théorie, a été disposé par quelque chose d'autre.
1. Anything that could be conceived of otherwise in abstraction was arranged by something else.
2. L'univers pourrait être conçu autrement en théorie.
2. The universe could be conceived of otherwise in abstraction.
3. Par conséquent, l'univers a été ordonné par autre chose.
3. Therefore, the universe was arranged by something else.
Autrement dit :
Put in another way:
1. Tout ce qui pourrait être conçu autrement, en théorie, a été ordonné par quelque chose d'autre.
1. Anything that could be conceived otherwise in abstraction was arranged by something else.
2. Un multivers infini pourrait être conçu autrement en théorie.
2. An infinite multiverse could be conceived otherwise in abstraction.
3. Par conséquent, un multivers infini a été organisé par quelque chose d'autre.
3. Therefore, an infinite multiverse was arranged by something else.
D'après la Preuve 1 mentionnée plus haut, la « chose autre » responsable de l'agencement de la chose contingente doit en fin de compte aboutir à une « chose autre » indépendante/nécessaire. Le fait qu'une existence indépendante/nécessaire soit capable de faire cela suggérerait la capacité de faire des choix. Agencer l'univers/le multivers d'une façon plutôt que d'une autre indique un choix ; elle a choisi qu'il soit d'une façon plutôt que d'une autre. On peut se demander : la capacité de choisir, ou « volonté », de l'existence indépendante elle-même n'est-elle pas quelque chose qui peut être conçu autrement, en abstraction ? Si c'est le cas, le même problème qui s'applique à un univers ou au multivers ne s'appliquerait-il pas à l'existence indépendante ? Le fait que l'existence indépendante soit nécessaire signifie que toutes les façons de décrire l'existence indépendante seront elles aussi nécessaires. Autrement dit, tout attribut de l'existence nécessaire, y compris la « volonté », est nécessaire. Par conséquent, si nous établissons que tout ce qui concerne l'existence nécessaire est nécessaire, nous établissons aussi que rien de l'existence nécessaire n'est ou ne peut être contingent. Pour appuyer cette opinion, on peut recourir à une variante de l'argument de l'ajustement précis (fine-tuning), en prenant la nécessité et la contingence comme point de départ.
Preuve 4
Proof 4
1. L'univers est finement ajusté pour la vie, soit par nécessité, soit par contingence.
1. The universe is fine-tuned for life by necessity or contingency.
2. S'il est réglé avec précision par nécessité, alors une existence nécessaire doit rendre compte du fait nécessaire de ce réglage fin.
2. If it is fine-tuned by necessity, then a necessary existence must account for the necessary fact of fine tuning.
3. S'il est réglé par la contingence, alors une existence nécessaire doit rendre compte de toute série de contingences.
3. If it is fine-tuned by contingency, then a necessary existence must account for any series of contingencies.
4. L'univers est finement ajusté pour la vie.
4. The universe is fine-tuned for life.
5. Par conséquent, l'univers est finement ajusté pour la vie par une existence nécessaire.
5. Therefore, the universe is fine-tuned for life by a necessary existence.
Prémisse 3 mentionnée ci-dessus se rattache à la postulation initiale, selon laquelle il ne peut exister seulement des existences dépendantes, car une chose dépendante ne peut pas continuer d'exister par elle-même. L'existence n'est explicable qu'en référence à une existence indépendante, car les existences impossibles n'existent pas par nécessité logique, et les existences dépendantes ne peuvent ni s'auto-générer ni s'auto-maintenir. Puisque la contingence, à l'instar de la dépendance, est susceptible d'être générée, détruite et pourrait être agencée autrement, la même chose peut être dite d'une série infinie de « choses dépendantes » que d'une série infinie de choses contingentes. Remarquez l'absence de mention des termes « hasard » ou « aléatoire », qui sont habituellement employés dans de tels arguments. Ces termes doivent eux-mêmes être justifiés par l'interlocuteur athée, car il lui faut prouver qu'une chose telle que le « hasard » ou l'« aléatoire » existe, et qu'il ne s'agit pas simplement d'une expression de l'ignorance de l'un quant aux mécanismes de l'univers ou à tout autre aspect de l'existence. Les athées déterministes ne peuvent en effet pas croire au « hasard » ni à l'« aléatoire », car de tels concepts impliquent la volatilité et l'imprévisibilité, deux notions impossibles dans la vision du monde déterministe. De même, de nombreux athées compatibilistes s'accorderaient également avec les déterministes sur la nature prévisible du monde.
Premise 3 mentioned above links to the initial postulation, which states that there cannot exist only dependent existences as ‘dependent thing(s) cannot continue existing on their own. Existence is only explicable with reference to an independent existence, as impossible existences do not exist by logical necessity and dependent existences cannot self-generate and or self-maintain’. Since contingency – like dependence – is something which is susceptible to generation, destruction, and could be arranged otherwise, the same thing can be said about an infinite series of ‘dependent things’ can likewise be said of an infinite series of contingent things. Notice the lack of mention of the terms ‘chance’ or ‘randomness’, which are usually employed in such arguments. These terms are themselves in need of justification by the atheist interlocutor, since they must prove that such a thing as ‘chance’ or ‘randomness’ exists, and that it is not merely an expression of one’s ignorance of the mechanics of the universe or any other aspect of existence. Determinist atheists cannot in fact believe in ‘chance’ or ‘randomness,’ as concepts like these imply volatility and unpredictability – both of which are impossible in the deterministic worldview. Likewise, many compatibilist atheists would also agree with determinists on the predictable nature of the world.
Preuve 5
Proof 5
Les arguments que l'on peut employer n'ont pas besoin de prendre le commencement du monde (ou de l'univers) comme l'une de leurs prémisses. Ce n'est pas parce qu'un univers éternel ne pourrait pas être réfuté avec succès, mais seulement pour affaiblir l'argument de l'interlocuteur. L'argument peut se présenter comme suit :
The arguments one may employ do not need to have the inception of the world (or universe) as one of their premises. This is not because an eternal universe cannot be successfully refuted, but only to undermine the argument of the interlocutor. The argument may run as follows:
1. Tout ce qui est composé de parties est causé.
1. Anything made up of pieces is caused.
2. L'univers est composé de morceaux.
2. The universe is made up of pieces.
3. Par conséquent, l'univers est causé.
3. Therefore, the universe is caused.
Autrement dit :
Or, put in another way:
1. Tout ce qui est composé de parties est causé.
1. Anything made up of pieces is caused.
2. Un multivers infini est constitué de morceaux.
2. An infinite multiverse is made up of pieces.
3. Par conséquent, un multivers infini est engendré.
3. Therefore, an infinite multiverse is caused.
Avec ces cinq preuves, on devrait pouvoir plaider avec compétence contre l'athéisme. De plus, il convient de montrer sur le terrain que l'athéisme n'a aucune portée explicative pour répondre aux questions les plus fondamentales, à plus forte raison pour expliquer « tout ce qui existe ». L'athéisme lui-même ne dispose d'aucune portée explicative ni réfutatoire. Une fois démontrée l'existence d'un être nécessaire, il convient à ceux qui entendent établir la validité du théisme monothéiste d'avancer trois arguments supplémentaires en faveur de l'unicité de cet être nécessaire. Ces arguments s'inspirent du Burhān et du Dalīl al Tamanuʿ, y compris des points de vue présentés par des penseurs musulmans comme al-Ghazālī dans son livre Al-Iqtiṣād fi al ʿItiqād.
With these five proofs, one should be able to competently make a case against atheism. In addition, it should be outlined on the field that atheism has no explanatory scope to answer the most fundamental questions, let alone explain ‘all that exists’. Atheism itself lacks any explanatory or refutational scope. After proving that a necessary existence exists, it is befitting for those intending to establish the validity of monotheistic theism to offer three additional arguments for the oneness of such a necessary existence. These arguments take their inspiration from the Burhān and Dalīl al Tamanuʿ, including viewpoints presented by Muslim thinkers like al-Ghazālī in his book Al-Iqtiṣād fi al ʿItiqād.
Argument 1
Argument 1
1. Si une existence nécessaire est une existence qui ne peut pas être autrement, il ne peut pas y en avoir plus d'une.
1. If a necessary existence is an existence that cannot be any other way, there cannot be more than one.
2. Une existence nécessaire ne peut être autrement.
2. A necessary existence cannot be any other way.
3. Par conséquent, il ne peut y avoir plus d'une existence nécessaire.
3. Therefore, there cannot be more than one necessary existence.
Si l'on pouvait distinguer « l'existence nécessaire 1 » de « l'existence nécessaire 2 », cette propriété de distinction disqualifierait « l'existence nécessaire 2 » d'être nécessaire, par définition. En effet, on concevrait alors que « l'existence nécessaire 2 » pourrait être « autrement », et donc que « l'existence nécessaire 2 » ne serait pas du tout nécessaire dans ce cas. Elle serait plutôt considérée comme contingente. Par exemple, si l'on suppose que Dieu 1 est nécessaire en tous points et que Dieu 2 diffère de Dieu 1, ce qui différencie Dieu 2 de Dieu 1 indiquera une contingence chez au moins l'un des deux « dieux », voire chez les deux. Si la puissance est un attribut nécessaire de Dieu 1 – et que Dieu 1 est nécessairement puissant – mais que « Dieu 2 » ne manifeste pas la puissance par nécessité, cela signifie que Dieu 2 ne remplit pas le critère de nécessité requis pour être « l'existence nécessaire ».
If there was anything to demarcate ‘necessary existence 1’ from ‘necessary existence 2,’ that property of demarcation would disqualify ‘necessary existence 2’ from being necessary, by definition. This is because it would be conceived that ‘necessary existence 2’ could be ‘another way’ and therefore ‘necessary existence 2’ would not be necessary at all in this case. Instead, it would be considered contingent. For instance, if one supposes God 1 is necessary in all aspects and God 2 is different from God 1, that which differentiates God 2 from God 1 will indicate contingency in at least one of the ‘Gods’, or even both. If power is a necessary attribute of God 1 – and God 1 is necessarily powerful – but ‘God 2’ does not exhibit power by necessity, then this means that God 2 does not meet the criterion of necessity required to be the ‘necessary existence’.
Argument 2
Argument 2
Partie I.
Part I.
1. Si l'existence nécessaire est responsable de toutes les autres choses qui existent, alors l'existence nécessaire a pouvoir sur toutes les choses qui existent.
1. If the necessary existence is responsible for all other things in existence, then the necessary existence has capacity over all things in existence.
2. L'existence nécessaire est responsable de toutes les autres choses qui existent.
2. The necessary existence is responsible for all other things in existence.
3. Par conséquent, l'existence nécessaire a le pouvoir sur toutes les choses existantes.
3. Therefore, the necessary existence has capacity over all things in existence.
Partie II.
Part II.
1. Si l'existence nécessaire possède une capacité absolue sur toutes les choses existantes, rien d'autre que l'existence nécessaire n'est capable de toutes choses.
1. If the necessary existence has ultimate capacity over all things in existence, nothing other than the necessary existence is over all things capable.
2. L'existence nécessaire a la capacité sur toutes les choses existantes.
2. The necessary existence has capacity over all things in existence.
3. Par conséquent, l'existence nécessaire est au-dessus de toute chose capable.
3. Therefore, the necessary existence is over all things capable.
Argument 3
Argument 3
Pour que la nature soit stable, uniforme et régulière, il faut qu'il n'existe qu'un seul agent extérieur qui ordonne le monde.
1. For nature to be stable, uniform, and regular, there must only be one external agent arranging the world.
2. La nature est stable, uniforme et régulière.
2. Nature is stable, uniform, and regular.
3. Il doit donc n'exister qu'un seul agent extérieur qui ordonne le monde. On pourrait soutenir qu'un ensemble d'« esprits » aurait coopéré pour permettre à la nature d'être stable, uniforme et régulière. Cependant, si Celui qui est toute-puissant est responsable de l'existence de ces esprits, alors Il sera aussi responsable de tout ce que ces esprits produisent.
3. Therefore, there must be only one external agent arranging the world It could be argued that a collection of ‘minds’ cooperated together to allow nature to be stable, uniform and regular. However, if the one who is all capable is responsible for the existence of such minds, then they will also be responsible for whatever such minds produce.
Les preuves et arguments que j'ai exposés ci-dessus établissent la nécessité, la capacité de choix, la puissance absolue, l'indépendance et l'unicité de l'existence nécessaire. Comme affirmé au départ, une existence nécessaire doit exister pour rendre compte de la persistance du monde. De plus, une existence nécessaire doit exister pour rendre compte de toute existence quelle qu'elle soit, car les « existences dépendantes » ne pourraient ni se produire elles-mêmes ni se maintenir d'elles-mêmes. Pour que ces arguments soient efficaces dans un cadre pastoral et apologétique, il convient de commencer par poser des questions fondamentales qui invitent à la réflexion, telles que : « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? » Cette question, malgré sa simplicité, est suffisamment profonde pour susciter une pensée en profondeur et toucher des cordes existentielles chez l'interlocuteur, l'amenant vers le théisme d'une manière bien plus précieuse que la simple argumentation. Pour ce qui est des analogies et des métaphores, Joshua Rasmussen (qui a écrit un livre spécifiquement destiné au grand public) donne l'exemple d'une pile de briques posée sur le sol, où la pile de briques représente les choses dépendantes et le sol représente l'entité indépendante. On peut aussi utiliser l'exemple du fond marin et de la mer, et constater que l'on suppose la dépendance de l'eau à son bassin sans avoir à se représenter le fond marin. Cela montre à quel point le cas de l'indépendance est clair. Aux jeunes (qui peuvent être familiers de leurs smartphones), on peut donner l'exemple du téléphone mobile qui dépend de sa batterie, laquelle dépend d'une centrale électrique. Sans exception, ce processus aboutit à une entité indépendante et autosuffisante. De même, lorsqu'il s'agit de causalité, on peut affirmer que tout ce qui est composé de parties est causalement contingent. Je suis constitué de mes parties corporelles, un fait qui indique que j'ai été assemblé par quelque chose d'extérieur à moi. L'univers est composé de nombreuses parties, ce qui signifie que quelque chose d'extérieur à lui l'a également assemblé. L'imagerie est importante dans ces débats si l'on veut qu'ils soient efficaces devant des laïcs, de même que le questionnement et le fait de placer la charge de la preuve sur l'interlocuteur athée. Parmi les questions utiles à cet égard figurent : l'existence peut-elle être expliquée par la non-existence ? Qu'est-ce que la non-existence, et est-elle même concevable sans référence à l'existence ? Le zéro est-il jamais intelligible sans référence aux nombres naturels et aux nombres négatifs ? Peut-il exister un état de choses où seules des choses dépendantes dépendent de choses dépendantes à l'infini ? Comment justifier un tel état de choses sur le plan cosmologique ou sur des bases a priori ? Des questions de ce genre sont importantes pour montrer la force de la position théiste, ainsi que la nature totalement impuissante de la thèse opposée.
Dans l'application
In Application
Une grande partie de la polémique des Nouveaux Athées contre la religion repose sur des notions qui sous-entendent que la religion serait « dépassée ». Richard et Betty semblent tous deux influencés par ce type de discours. Le simple fait que des scientifiques instruits et d'autres intellectuels choisissent d'être athées peut suffire à empêcher quelqu'un de s'engager positivement envers le théisme. Richard et Betty sont par exemple tous deux fascinés par Bertrand Russell, et ils peuvent même le citer directement lorsqu'ils plaident contre le théisme. En termes strictement logiques, c'est manifestement sans conséquence et relève d'un « argument d'autorité ». Richard et Betty sont suffisamment intelligents pour le savoir. Sur le plan psychologique, comme le montrent de multiples études (notamment l'expérience de Milgram sur l'obéissance), on ne peut pas être certain que Richard et Betty ne soient pas influencés, même inconsciemment, par le statut intellectuel de certains athées comme Russell. Il peut donc être utile, comme simple rappel mais néanmoins puissant, de mettre en lumière le nombre considérable de contributeurs intellectuels qui non seulement étaient théistes, mais ont aussi défendu le théisme au fil des siècles.
Much of the New Atheist polemic against religion depends on notions which imply that religion is ‘outdated’. Both Richard and Betty seem affected by this kind of discourse. The simple fact that educated scientists and other kinds of intellectuals choose to be atheists can be influential in keeping someone from positively engaging with theism. Richard and Betty are both fascinated with Bertrand Russell for example. They may even quote him directly when making a case against theism. On strictly logical terms, this is obviously inconsequential and an ‘appeal to authority’. Both Richard and Betty are clever enough to know that. Psychologically, as shown in multiple studies (most notably Milgram’s Shock Experiment), one cannot be sure that Richard and Betty are not immune influenced by the intellectual status of some atheists like Russell. It may be a simple, yet powerful, point of reminder therefore to simply outline the sheer number of intellectual contributors who not only were theists, but argued for theism throughout the years.
87 Collins. (s.d.). Définition de Piece [en ligne]. Disponible à l'adresse : https://www.collinsdictionary.com/dictionary/english/piece#:~:text=noun- ,1.,when%20broken%20off%20or%20separated.
87 Collins. (n.d.). Definition of Piece [online]. Available at: https://www.collinsdictionary.com/dictionary/english/piece#:~:text=noun- ,1.,when%20broken%20off%20or%20separated.
Smart, J J C et Haldane, John (2001). Atheism and theism. Oxford : Blackwell Publishing, p. 83.
88 Smart, J J C and Haldane, John (2001). Atheism and theism. Oxford: Blackwell Publishing, p. 83.
89 Rasmussen, J. (2019). How reason can lead to God. InterVarsity Press, p. 4.
89 Rasmussen, J. (2019). How reason can lead to God. InterVarsity Press, p. 4.