Les galaxies sont des échelles vers la foi
Galaxies Are Ladders To Faith
Toute louange est à Allah. Quant à ce qui suit :
All praise is for Allah. As to what follows:
Au milieu du XXe siècle, l'astrophysicien anglais James Jeans (décédé en 1946) devint extrêmement célèbre en Angleterre. Jeans se déplaçait entre Oxford et Princeton pour ses fonctions universitaires. À Princeton, il occupait le poste de professeur de mathématiques appliquées. Il a apporté plusieurs contributions majeures dans les domaines de la physique et de l'astronomie, en particulier en ce qui concerne le rayonnement et l'évolution stellaire. Il a critiqué la théorie de Laplace sur la formation du système solaire et a proposé une théorie alternative.
In the mid-20th century, the English astrophysicist James Jeans (d. 1946) became extremely famous in England. Jeans used to travel between Oxford and Princeton for his academic duties. At Princeton, he was Professor of Applied Mathematics. He has a number of key contributions in the fields of physics and astronomy, especially in relation to radiation and stellar evolution. He critiqued Laplace’s theory on the formulation of the solar system and proposed an alternate theory.
Plusieurs découvertes scientifiques portent le nom de Jeans, comme la loi de Rayleigh-Jeans, qu'il a affinée. La loi de Rayleigh-Jeans est une approximation de la luminance spectrale du rayonnement électromagnétique. Une autre découverte qui porte son nom est la masse de Jeans, qui concerne la naissance des étoiles. Elle étudie le processus d'effondrement gravitationnel au sein d'un nuage gazeux, qui conduit à la formation d'une étoile. Un cratère lunaire a également reçu son nom. De même, un cratère martien porte son nom.
A number of scientific discoveries have been named after Jeans, such as the Rayleigh-Jeans law, which he refined. The Rayleigh-Jeans law is an approximation of the spectral radiance of electromagnetic radiation. Another discovery named after him is the Jeans mass, which relates to the birth of stars. It considers the process of gravitational collapse within a gaseous cloud, which leads to the formation of a star. A lunar crater was also named after him. Likewise, a Martian crater was named after him.
Toute personne qui étudie la vie intellectuelle de James Jeans constate immédiatement qu'il se situait à la frontière de la cosmologie et de la physique, deux disciplines qui, de nos jours, se sont fondues dans une large mesure. Nombre de cosmologues sont physiciens, et réciproquement. C'est pourquoi l'astronome américain Lloyd Motz (décédé en 2004) écrit dans son livre The Story of Physics : « Nous ne nous excusons pas d'inclure l'astronomie grecque dans notre histoire de la physique, car l'astronomie d'aujourd'hui, plus que jamais par le passé, est reconnue comme une branche de la physique. Il suffit de considérer les interactions entre la physique des hautes énergies et la cosmologie, l'évolution stellaire et la physique nucléaire, ou encore entre la structure des galaxies et l'hydrodynamique, pour voir à quel point ces deux champs du savoir sont étroitement liés. En un sens, l'histoire de la physique commence proprement avec l'astronomie grecque, car ce sont les Grecs qui les premiers ont tenté de comprendre et d'expliquer les mouvements des étoiles et des planètes dans le ciel du soir. »364
Any person reading the intellectual life of James Jeans would immediately notice that he was at the frontier of cosmology and physics, as the two disciplines have merged to a great extent in recent time. Many cosmologists are physicists and vice versa. This is why the American astronomer Lloyd Motz (d. 2004) stated in his book The Story of Physics, ‘We make no apology for including Greek astronomy in our story of physics because astronomy today, more than ever in the past, is accepted as a branch of physics. We need only consider the interrelationships between high-energy physics and cosmology, stellar evolution, and nuclear physics or those between the structure of galaxies and hydro dynamics to see how closely these two branches of knowledge are related. In a sense, the story of physics properly begins with Greek astronomy, because the Greeks were the first to try to understand and explain the movements of the stars and planets in the evening sky.’364
Il n'est pas difficile de saisir ni d'expliquer la cause de ce chevauchement entre l'astronomie et la physique, auquel Motz et son collègue font allusion dans ce passage. L'astronomie traite des corps célestes ; la physique étudie le mouvement, la matière et l'énergie dans le temps et l'espace. Il est naturel que la physique étudie le mouvement et le comportement de ces corps. C'est ainsi que des physiciens se retrouvent à devenir astronomes, et des astronomes à devenir physiciens.
It is not difficult to grasp or explain the cause for this overlap between astronomy and physics, which Motz and his colleague allude to in this passage. Astronomy deals with celestial bodies; physics studies movement, matter, and energy in time and space. It is natural that physics would study the movement and behaviour of these bodies. This is how physicists would find themselves becoming astronomers, and astronomers becoming physicists.
James Jeans ne se contenta pas de rédiger des travaux spécialisés. Il se rattacha plutôt à un groupe de spécialistes convaincus de l'importance de rendre les sciences de la nature accessibles au grand public. De même, le physicien britannique Stephen Hawking écrivit son livre Une brève histoire du temps, dans lequel il exposa les fondements de la cosmologie universelle : plus de 10 millions d'exemplaires de cet ouvrage furent vendus, et il fut traduit dans de nombreuses langues à travers le monde. Ces écrits qui s'adressent au lecteur non spécialiste valent à leurs auteurs une grande notoriété dans les médias, car ils deviennent les commentateurs de la révolution scientifique de leur époque. James Jeans joua le même rôle, notamment dans le domaine de la cosmologie, qui se trouve être un sujet extrêmement intéressant et stimulant pour le lectorat du grand public.
James Jeans did not suffice with writing specialist proposals. Rather, he ascribed himself to a group of specialists who believed in the importance of simplifying the natural sciences for public audiences. Likewise, the British physicist Stephen Hawking wrote his book A Brief History of Time, in which he laid out the foundations of universal cosmology – over 10 million copies of this book were sold and it was translated to multiple global languages. These sorts of writings that address the public reader afford authors a great deal of fame in the media for becoming commentators of the scientific revolution in their respective eras. James Jeans played the same role, especially in the field of cosmology, which happens to be an extremely interesting and thought-provoking subject to the readership of the wider public.
James Jeans est rattaché au mouvement qui relègue la philosophie au second rang, par rapport aux sciences de la nature. Il estime que la philosophie suit la direction donnée par les sciences de la nature, qui sont à l'avant-garde de la découverte et de l'innovation, en ce sens que la philosophie ne fait que prolonger ce qui a déjà été découvert par la science. Selon ce courant, la philosophie n'est qu'une explication venant après le développement de la science. Jeans déclare : « La philosophie de toute époque est toujours, dans une large mesure, entremêlée à la science de cette époque, de sorte que tout changement fondamental dans la science doit provoquer des réactions dans la philosophie. »365
James Jeans is ascribed to the movement that downgrades philosophy in terms of priority, compared to the natural sciences. He believes that philosophy follows the lead of the natural sciences, which are at the forefront of discovery and innovation, in the sense that philosophy only follows up on what has been already discovered by science. According to this movement, philosophy is merely an explanation that comes after the development of science. Jeans says, ‘The philosophy of any period is always largely interwoven with the science of the period, so that any fundamental change in science must produce reactions in philosophy.’365
Cette appréciation quelque peu dévalorisante de la philosophie, en regard de la place d'honneur accordée aux sciences naturelles, n'est pas l'invention de James Jeans. Il s'agit en fait d'un point de vue répandu dans la pensée occidentale et largement partagé parmi les tenants du domaine empirique. On peut relever une reconnaissance de la philosophie reléguée au second plan derrière les sciences dans la manière dont le principal philosophe allemand, Hegel (d. 1831), a décrit la philosophie. À la fin de son introduction aux Éléments de la philosophie du droit, il écrit : « La chouette de Minerve ne prend son envol qu'à la tombée de la nuit. »366 Minerve est la déesse de la sagesse et de la philosophie dans la mythologie romaine. Elle avait une chouette ; dans leur conception, la chouette était un symbole de sagesse en raison de sa patience et de son silence tout au long de la journée, et parce qu'elle choisit des lieux inhabités. Ce que Hegel voulait signifier par cette métaphore, c'est que la philosophie ne commence à opérer qu'une fois que les événements de la journée s'achèvent : elle ne peut que suivre ces événements et ne sert qu'à les expliquer. Cette métaphore signifie donc que la philosophie n'est qu'un outil herméneutique, et non le créateur des événements. De nombreux autres témoignages de la pensée occidentale relèguent l'importance de la philosophie et magnifient les sciences naturelles et leurs conclusions en médecine, en technologie et dans d'autres domaines. Ce n'est pas ici le lieu de développer ce point. C'est pourquoi l'on constate, par exemple, que l'Amérique, avant-garde des sciences et de la technologie, accuse un retard en termes de nombre de philosophes formés. En revanche, l'Europe, qui a pris du retard sur l'Amérique, compte proportionnellement un plus grand nombre de philosophes. Granville Stanley Hall, psychologue américain, a évalué l'état de la philosophie en Amérique en ces termes : « Les philosophes en Amérique sont aussi rares que les serpents en Norvège. »367 Hall a expliqué ce phénomène en le liant à l'âge de la nation, ainsi qu'à la nature des emplois et des investissements commerciaux qui y sont réalisés.
This somewhat degrading assessment of philosophy, compared to placing the natural sciences on a pedestal, is not the invention of James Jeans. It is in fact a popular viewpoint in Western thought and is widespread among those in the empirical field. It is possible to find an acknowledgement of philosophy playing second fiddle to the sciences in how the leading German philosopher, Hegel (d. 1831), described philosophy. In the end of his introduction to Elements of the Philosophy of Right, he said, ‘The owl of Minerva begins its flight only with the onset of dusk.’366 Minerva is the goddess of wisdom and philosophy in Roman mythology. She had an owl; in their concept, the owl was a symbol of wisdom for its patience and silence throughout the day, and because it chooses uninhabited places. What Hegel meant by this metaphor was that philosophy does not start to operate until the events of the day conclude – it can only follow those events, and it only serves to explain them. What this metaphor therefore means is that philosophy is merely a hermeneutical tool, not the creator of events. There are many other testimonies in Western thought that relegate the importance of philosophy and magnify the natural sciences and their conclusions in medicine, technology, and other areas. This is not the place to expound on that. This is why you see America, for example, which is the vanguard of the sciences and technology, lagging behind in terms of the number of philosophers it produces. On the other hand, Europe, which has fallen behind America, has proportionately a larger number of philosophers. Granville Stanley Hall, an American psychologist, assessed the state of philosophy in America with the following words: ‘Philosophers in America are as rare as snakes in Norway.’367 Hall explained this phenomenon by linking it to the age of the nation, and the nature of jobs and business investments made therein.
L'un des ouvrages les plus importants écrits par James Jeans est Physics and Philosophy. Il s'agit d'une étude comparative entre la méthode des physiciens et leur production scientifique, et la méthode des philosophes et leur production. Dans son livre, Jeans tente de démontrer en détail son point de vue, à savoir que la production des philosophes est maigre comparée à celle des physiciens. On y trouve un certain nombre de détails frappants. Par exemple, il a commenté la théorie de Kant et analysé son utilité, concluant qu'elle n'apportait rien de significatif. Il a ensuite tenté de faire évoluer la philosophie vers une nouvelle méthode de pensée à la lumière des conclusions de la physique, notamment concernant les notions de causalité, de libre arbitre et d'autres.
One of the most important books written by James Jeans is Physics and Philosophy. It is a comparative study between the method of physicists and their scientific output, and the method of philosophers and their output. In his book, Jeans attempts to prove his viewpoint in detail, which is that the output of philosophers is meagre compared to that of physicists. There are a number of striking details in it. For example, he commented on Kant’s theory and analysed how useful it is, concluding that it did not offer anything significant. He then attempted to switch philosophy to a new thought method in light of the conclusions of physics, such as the concepts of causality, free will, and others.
Lorsqu'un chercheur replace Jeans dans son contexte historique, il pourra saisir précisément la portée de cette proposition. La Physique et philosophie de Jeans est née à l'époque de la révolution scientifique, lorsque la vie sociale s'était transformée sous l'effet de nouvelles technologies, de découvertes et d'innovations qui s'étaient tissées dans le quotidien des gens. Ce fut la période la plus difficile que la philosophie ait jamais traversée, connue sous le nom de « problème fondamental de la philosophie ». De nombreux savants, en particulier les empiristes, commencèrent à se demander s'il existait encore une quelconque utilité à la philosophie, et à mettre en doute qu'elle ait apporté quoi que ce soit de significatif.
When a researcher places Jeans in his historical context, he will be able to comprehend precisely the dimensions of this proposal. Jeans’s Physics and Philosophy was born during the era of the scientific revolution, when social life had shifted based on new technologies, discoveries, and innovations that were woven into the fabric of people’s lives. This was the toughest period that philosophy ever endured, known as ‘the fundamental problem of philosophy’. Many scholars – especially empiricists – started asking whether there was any point to philosophy, and questioned whether it had contributed anything meaningful.
L'une des propositions les plus importantes qui ont tenté d'étudier ce phénomène et de réfuter ses opposants est l'article du philosophe anglais Bernard Williams (décédé en 2003), intitulé « On Hating and Despising Philosophy » (« Sur la haine et le mépris de la philosophie »). Il commence son texte en disant : « Aussi longtemps qu'il a existé une discipline appelée philosophie, il y a eu des gens qui l'ont haïe et méprisée. » L'observation essentielle formulée par Williams est la suivante : « De nos jours, la plupart de ceux qui adoptent ce type d'attitude envers la philosophie ne sont pas religieux, mais scientifiques ou, plus typiquement, compagnons de route de la science, et ils la prennent non au nom de la religion, mais dans l'intérêt d'une vision anti-philosophique et résolument puritaine de la science. »368 Naturellement, Williams n'était pas satisfait de cette situation. Il a écrit cet article pour réfuter la thèse qui dénigrait la philosophie après la révolution scientifique. Le phénomène consistant à tourner la philosophie en dérision et à exagérer l'importance de la science est extrêmement répandu au sein de la communauté scientifique occidentale. Cela nous conduit à la question suivante : pourquoi une génération de jeunes Arabes influencés et éduqués par l'Occident lit-elle assez couramment les philosophes occidentaux des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, sans être aussi solide lorsqu'il s'agit de développer ses connaissances scientifiques ? Cela demande une analyse et une introspection. Je vais tenter d'en proposer une explication. À mon avis, cette génération de jeunes Arabes lit les œuvres de philosophes arabes qui ont étudié la philosophie en Occident, mais elle ne lit pas les savants arabes. Par conséquent, les philosophes arabes les ont conduits vers la tradition philosophique occidentale, les amenant à penser que le progrès de l'Occident résulte de la philosophie occidentale. Ce résultat était naturel et inévitable, étant donné que les penseurs arabes offraient ce qu'ils avaient. C'est aussi pourquoi nous assistons à une génération de jeunes Arabes qui étudient officiellement la médecine, l'ingénierie et les sciences, mais qui consacrent leur temps libre à lire les philosophes des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, au lieu de diffuser la science moderne dans leurs pays. C'est en effet un spectacle à la fois étrange et affligeant. Ceux qui sont qualifiés dans les sciences, dont notre société a un besoin pressant, sont aussi des lecteurs assidus qui refusent de contribuer au progrès de notre société, et s'absorbent plutôt dans l'histoire occidentale prémoderne. Les lecteurs peuvent suivre nos articles sur la philosophie dans les revues régionales, ou dans les cercles philosophiques de nos groupes privés. On peut constater que la plupart des figures occidentales de la philosophie qui prévalent dans notre discours arabe appartiennent à la « vieille garde » de la philosophie, et non aux porte-drapeaux contemporains de cette discipline ni aux formes les plus récentes et actuelles du sujet. Un observateur attentif de l'état de la philosophie arabe et régionale remarquera que les figures de la philosophie qui dominent leurs discours sont issues du XVIe siècle (Luther), du XVIIe siècle (Bacon, Descartes, Hobbes), du XVIIIe siècle (John Locke, Hume, Rousseau, Kant), du XIXe siècle (Bentham, Hegel, Schopenhauer, Kierkegaard, Spencer, Nietzsche), et d'autres encore. Un lecteur saurait que le savoir contemporain a progressé à pas de géant : il dépasse de loin les conceptions des philosophes qui ont vécu avant l'ère de la technologie de masse.
Il est donc légitime de suggérer que cette génération de jeunes, qui a délaissé l'étude de la religion et s'est plutôt attelée à la lecture de la philosophie occidentale prémoderne – trompée par l'idée qu'elle serait passée de l'antiquité à la modernité – n'a fait que changer de tradition. Comme ces jeunes qualifient les textes religieux de « livres jaunes », nous faisons remarquer qu'ils sont simplement passés des « livres jaunes orientaux » aux « livres jaunes occidentaux ». Pour reprendre leur propre expression, ils demeurent dans un monde de jaunisse.
This is why it is feasible to suggest that this generation of youth, which has abandoned the study of the religion and instead taken it upon itself to read premodern Western philosophy – duped into believing that it has switched from the ancient past to modernity – has merely switched from one tradition to another. As these youth label religious texts as ‘yellow books’, we point out that they merely switched from ‘Eastern yellow books’ to ‘Western yellow books’. To use their own expression, they are still in a world of yellowness.
Mais qu'est-ce qui a poussé la jeunesse arabe cultivée à se tourner vers les livres de philosophie occidentale et à délaisser les livres de science arabe ? Peut-être cela s'explique-t-il par le duo formé par la diffusion des philosophes arabes et l'approche nonchalante des savants arabes face à la simplification des sciences pour le lectorat du grand public. Cela peut aussi s'expliquer par le fait que la science exige de l'argent, des laboratoires, des équipements et des financements pour la recherche scientifique, alors qu'un homme qui écrit sur la philosophie – qui est uniquement une entreprise mentale – peut le faire dans sa propre chambre. Les régimes politiques arabes ayant négligé le financement de la science, les esprits se sont tournés vers la philosophie pour compenser. Quoi qu'il en soit, cette discussion digressive sur l'état de la pensée occidentale nous a été inspirée par le dénigrement de la philosophie et l'exaltation de la science par James Jeans dans son livre Physics and Philosophy. Le but de cette discussion est de présenter brièvement au lecteur James Jeans, l'astrophysicien. Elle sert de prélude à une conversation importante entre lui et une autre personne : le mathématicien pakistanais ʿInāyatullāh Mashriqī.
However, what made the cultured Arab youth turn to the books of Western philosophy and abandon the books of Arab science? Perhaps it can be explained by the duet of the propagation of the Arab philosophers and the lackadaisical approach of Arab scientists vis-à-vis simplifying the sciences to the public readership. It can perhaps also be explained by the fact that science requires money, labs, equipment, and financing for scientific research, whereas a man writing on philosophy – which is solely a mental endeavour – can do so in his own room. Because the Arab political regimes have neglected funding for science, minds have turned to philosophy to compensate. Whatever the case may be, we were led into this tangential discussion on the state of Western thought by James Jeans’s denigration of philosophy and magnification of science in his book Physics and Philosophy. The point of this discussion is to briefly introduce readers to James Jeans, the astrophysicist. It is a prelude to an important conversation between him and another person – the Pakistani mathematician, ʿInāyatullāh Mashriqī.
ʿInāyatullāh Mashriqī (décédé en 1963) était célèbre pour sa passion des mathématiques. Il obtint son master dans cette discipline à l'âge de 19 ans, battant tous les records qui l'avaient précédé. La même année de son diplôme (1907), il se rendit en Grande-Bretagne afin de poursuivre ses études en mathématiques à Cambridge. Durant son séjour là-bas, il acheva plusieurs études spécialisées, tout en étudiant les langues orientales et les sciences. Il resta à Cambridge pendant cinq ans, jusqu'en 1912, date à laquelle il retourna en Inde.
ʿInāyatullāh Mashriqī (d. 1963) was famed for his passion for mathematics. He completed his Masters in the subject when he was 19 years old, breaking all records set before him. In the same year of his graduation (1907), he travelled to Britain so he could continue his studies in mathematics at Cambridge. During his time there, he concluded a number of specialist studies, in conjunction with studying Oriental languages and the sciences. He stayed in Cambridge for five years until 1912, when he travelled back to India.
Lorsque ʿInāyatullāh Mashriqī atteignit la trentaine, il eut l’idée d’écrire un commentaire du Coran à la lumière des découvertes scientifiques modernes – une tâche qu’il entreprit et mena à terme. Il acheva le premier volume à l’âge de 36 ans, en 1924, et le nomma Tazkirah. L’attention se porta sur lui et il fut provisoirement proposé pour le prix Nobel de la paix, mais le comité Nobel exigea que l’ouvrage soit traduit dans une langue européenne, ce qui le conduisit à refuser la récompense. Il déclara : « Je ne souhaite pas recevoir une récompense qui ne reconnaisse pas ma langue ourdou. » Bien qu’il se soit spécialisé dans plusieurs domaines à Cambridge et que ce projet de traduction eût pu être aisément confié à quelqu’un, sa dignité de savant indien prit le pas. ʿInāyatullāh Mashriqī entra en politique, où il occupa plusieurs fonctions gouvernementales. Puis il devint indépendant et fonda un parti politique appelé le mouvement Khaksar. Il fonda également un journal hebdomadaire, intitulé Iṣlāḥ. En outre, il fut emprisonné à de nombreuses reprises. Malheureusement, le tableau n’est pas aussi idyllique qu’il y paraît. Mashriqī avait un certain nombre de conceptions erronées concernant la tradition prophétique (sunna), l’impact des différentes prophéties sur la législation, la théorie islamique de l’herméneutique, ainsi que d’autres domaines. Pour en savoir plus sur la personnalité de ʿInāyatullāh Mashriqī et sur son rôle, reportez-vous au livre Allama Inayatullah Mashraqi de Muhammad Mālik, publié à Oxford. Notez que cet ouvrage se concentre davantage sur sa carrière politique.
When ʿInāyatullāh Mashriqī reached his thirties, he had an idea of writing an explanation of the Qur’an in light of modern scientific discoveries – a task that he embarked on and completed. He finished the first volume when he was 36 years old, in 1924, naming it Tazkirah. Attention drew towards him and he was provisionally nominated for the Nobel Peace Prize, though the Nobel Committee stipulated for it to be translated into a European language, causing him to refuse to accept the award. He said, ‘I do not wish to receive an award that does not acknowledge my Urdu language.’ Even though he specialised in a number of fields in Cambridge and any such translation project could have been easily commissioned, his self-worth as an Indian scholar took precedence. ʿInāyatullāh Mashriqī entered politics, where he assumed a number of governmental roles. Then he went independent and founded a political party called the Khaksar Movement. He also founded a weekly newspaper, called Iṣlāḥ. In addition, he was jailed numerous times. Unfortunately, the picture is not as rosy as it seems. Mashriqī had a number of misconceptions regarding the prophetic tradition (Sunnah), the impact of different prophethoods on legislation, the Islamic theory of hermeneutics, and other areas. For more on the personality of ʿInāyatullāh Mashriqī and his role, refer to the book Allama Inayatullah Mashraqi by Muhammad Mālik, published in Oxford. Note that the book focuses more on his political career.
Maintenant, au cœur du sujet, qui est la comparaison de deux personnalités : l'astrophysicien anglais James Jeans et le mathématicien indo-pakistanais ʿInāyatullāh Mashriqī. Au moment même où ʿInāyatullāh Mashriqī se trouvait à Cambridge pour poursuivre ses études en mathématiques, il rencontra James Jeans, qui y enseignait à l'université. Ils firent connaissance. ʿInāyatullāh Mashriqī rapporte une histoire qui se déroula entre eux. Cette histoire fut publiée par la revue Nuqoosh au Pakistan, dans une édition spéciale consacrée à la vie de ʿInāyatullāh Mashriqī. De là, elle fut reprise par le savant indien Waḥīduddīn Khān dans son livre God Arises: Evidence of God in Nature and in Science. Dans l'introduction, il mentionna que l'expression « God Arises » est tirée d'un verset de la Bible.
Now to the core issue, which is to compare the two personalities: the English astrophysicist James Jeans, and the Indian-Pakistani mathematician ʿInāyatullāh Mashriqī. At the same time that ʿInāyatullāh Mashriqī was at Cambridge to further his studies in maths, he met James Jeans, who was teaching at the university. They came to know each other. ʿInāyatullāh Mashriqī relates a story that transpired between them. This story was published by the Nuqoosh magazine in Pakistan, in a special edition dedicated to ʿInāyatullāh Mashriqī’s life. From there, it was copied by the Indian scholar Waḥīduddīn Khān in his book God Arises: Evidence of God in Nature and in Science. In the introduction, he mentioned that the phrase ‘God Arises’ is taken from a verse in the Bible.
Pour résumer, voici un incident survenu en Angleterre, tel que le rapporte Inayat-ullah Mashriqi : « C'était un dimanche », écrit-il, « en l'année 1909. Il pleuvait à verse. Je étais sorti pour une course lorsque j'aperçus le célèbre astronome de l'université de Cambridge, Sir James Jeans, une Bible serrée sous le bras, en route pour l'église. En m'approchant, je le saluai, mais il ne répondit pas. Lorsque je le saluai à nouveau, il me regarda et demanda : “Que voulez-vous ?” “Deux choses”, répondis-je. “Premièrement, il pleut à verse, et vous n'avez pas ouvert votre parapluie.” Sir James sourit de sa propre distraction et ouvrit son parapluie. “Deuxièmement”, poursuivis-je, “je voudrais savoir ce que fait un homme d'une renommée universelle comme vous – allez-vous prier à l'église ?” Sir James marqua une pause, puis, me regardant, il dit : “Venez prendre le thé chez moi ce soir.” J'allai donc chez lui cet après-midi-là. À 16 heures précises, Lady James apparut. “Sir James vous attend”, dit-elle. J'entrai, où le thé était prêt sur la table. Sir James était perdu dans ses pensées. “Quelle était votre question déjà ?” demanda-t-il, et sans attendre de réponse, il se lança dans une description inspirante de la création des corps célestes et de l'ordre étonnant auquel ils obéissent, des distances incroyables qu'ils parcourent et de la régularité sans faille qu'ils maintiennent, de leurs trajectoires complexes dans l'espace sur leurs orbites, de leur attraction mutuelle, et du fait qu'ils ne s'écartent jamais de la voie qui leur a été assignée, quelle que soit sa complexité. Son récit vivant de la Puissance et de la Majesté de Dieu fit trembler mon cœur. Quant à lui, les cheveux de sa tête se dressaient. Ses yeux brillaient d'admiration et d'émerveillement. La crainte à la pensée de la nature omnisciente et omnipotente de Dieu faisait trembler ses mains et vaciller sa voix. « Vous savez, Inayat-ullah Khan », dit-il, « quand je contemple les merveilleux prodiges de la création de Dieu, tout mon être tremble d'émerveillement devant Sa majesté. Quand je vais à l'église, je baisse la tête et je dis : "Seigneur, que Tu es grand", et ce ne sont pas seulement mes lèvres, mais chaque parcelle de mon corps qui s'unit pour prononcer ces paroles. J'obtiens de ma prière une paix et une joie incroyables. Comparé aux autres, je reçois mille fois plus de plénitude de ma prière. Dites-moi donc, Inayatullah Khan, comprenez-vous maintenant pourquoi je vais à l'église ? » Les paroles de Sir James Jeans laissèrent l'esprit d'Inayat-ullah Mashriqi en ébullition. « Monsieur », dit-il, « vos paroles inspirantes m'ont profondément marqué. Elles me rappellent un verset du Coran que, si vous le permettez, j'aimerais citer. » « Bien sûr », répondit Sir James. Inayat-ullah Khan récita alors ce verset : « Et dans les montagnes il y a des filons de teintes variées, blanches, rouges et d'un noir profond ; de même, les hommes, les êtres vivants et le bétail sont de couleurs diverses. Parmi les serviteurs d'Allah, seuls les savants craignent réellement Sa grandeur. »369 « Qu'est-ce que c'était ? » s'exclama Sir James. « Ce sont uniquement ceux qui ont la science qui craignent Dieu. Merveilleux ! Extraordinaire ! Il m'a fallu cinquante ans d'étude et d'observation continues pour réaliser ce fait. Qui l'a enseigné à Muhammad ﷺ ? Est-ce vraiment dans le Coran ? Si c'est le cas, vous pouvez consigner mon témoignage : le Coran est un Livre inspiré. Muhammad ﷺ était illettré. Il n'a pas pu apprendre seul un fait aussi capital. Dieu a dû le lui enseigner. Incroyable ! Extraordinaire ! »370
Cette discussion intéressante entre Jeans et Mashriqī contient de nombreux points qui surprendraient tout lecteur. Que Jeans – étant l'astronome qu'il était – ait été profondément influencé par le verset coranique et ait pu, les larmes aux yeux, offrir sa perspective improvisée, fut une scène qui aurait ému tout cœur humain empreint de foi. Mashriqī étant plus jeune que Jeans, et compte tenu du fait que celui-ci était visiblement influencé par la foi en Allah que possédait Mashriqī, cela eut à son tour une profonde influence en raffermissant la foi du jeune homme en Allah, comme si Jeans avait été une bénédiction providentielle pour lui.
This interesting discussion between Jeans and Mashriqī contains many points that would surprise any reader. That Jeans – being the student of astronomy that he was – was deeply influenced by the Qur’anic verse and was able to tearfully offer his improvised perspective was a scene that would animate any human heart with faith. Because Mashriqī was younger than Jeans, and given that the latter was visibly influenced by the faith in Allah that Mashriqī had, this in turn had a deep influence in shoring up the youngster’s faith in Allah, as if Jeans was a godsend for him.
Cet univers merveilleux, avec toutes ses galaxies, ses étoiles, ses planètes, ses lunes, ses mouvements orbitaux et ses systèmes planétaires, conduisit le professeur Jeans à rechercher la religion la plus proche de lui, qui se trouva être le christianisme. Imaginez ce qu'il en aurait été s'il avait connu le Livre préservé d'Allah et s'il avait contemplé l'inimitabilité merveilleuse qu'il renferme sur les plans scientifique, législatif, rhétorique et spirituel. Considérez également que Jeans fut stupéfait d'apprendre la parole d'Allah : « Ceux qui craignent Allah parmi Ses serviteurs, ce sont seulement les savants », attestant que le Coran est la vérité. Il est vraiment merveilleux de voir l'effet que le Coran produit sur les cœurs humains. Un aspect essentiel de cette discussion fut de constater que le professeur Jeans était en accord avec sa fitrah innée, puisqu'il glorifia Allah et dit : « Seigneur, Tu es si grand. » Imaginez ce qu'il en aurait été s'il avait connu la guidance du Messager d'Allah ﷺ, et la manière dont il s'entretenait avec Allah par les meilleures formules d'évocation et aux meilleurs moments, au point que ses pieds enflaient lorsqu'il se tenait en prière. De plus, observez comment le professeur Jeans fut envahi par la paix et la sérénité lorsqu'il s'entretenait avec Allah en Le glorifiant. Imaginez ce qu'il en serait résulté s'il avait goûté à la paix qu'offre le Coran, à la quiétude qu'apporte la prière de la nuit (tahajjud), et à la douceur de l'humilité et de la soumission devant Allah.
This wonderful universe with all its galaxies, stars, planets, moons, orbital movements, and planetary systems led Professor Jeans to seek out the religion closest to him, which happened to be Christianity. Imagine what would have been the case had he known the Preserved Book of Allah and saw the wondrous scientific, legislative, rhetorical, and spiritual inimitability therein. Also consider that Jeans was shocked to learn the statement of Allah ‘It is those alone who have knowledge who fear God’, testifying that the Qur’an is the truth. It is indeed wondrous how the Qur’an makes human hearts feel. One key aspect of this discussion was how you can see Professor Jeans was in agreement with his innate human fiṭrah, as he glorified Allah and said, ‘Lord, how great You are.’ Imagine what would have been the case had he known the guidance of the Messenger of Allah , and how he conversed with Allah with the best of remembrance phrases and at the best of occasions, so much so that his feet became swollen as he stood in prayer. In addition, look at how Professor Jeans was overcome by peace and contentment as he conversed with Allah as he glorified Him. Imagine what would have been the result had he tasted the peace offered by the Qur’an, the contentment offered by the vigil (tahajjud) prayer, and the sweet taste of humility and submission in front of Allah.
Tous ces éléments dans la glorification d'Allah se sont manifestés au professeur Jeans, alors qu'il contemplait les merveilles des cieux et de la Terre, au point qu'il finit par témoigner que le Coran et la prophétie de Muhammad ﷺ sont vrais. En effet, Allah a dit vrai : « Nous leur montrerons Nos signes dans l'univers et en eux-mêmes, jusqu'à ce qu'il leur apparaisse clairement que ce Coran est la vérité. Ne suffit-il pas que ton Seigneur soit témoin de toute chose ? »371
All these elements in the glorification of Allah manifested for Professor Jeans, as he contemplated the wonders of the heavens and the Earth, so much so that he ended up testifying that the Qur’an and the prophethood of Muhammad are true. Indeed, Allah spoke the truth: ‘We will show them Our signs in the universe and within themselves until it becomes clear to them that this Quran is the truth. Is it not enough that your Lord is a Witness over all things?’371
Ces sentiments qu'éprouvait le professeur Jeans, lorsqu'il contemplait les grandes merveilles des cieux et de la Terre et la beauté de l'astronomie, ont également été exprimés par bien d'autres personnes que lui. Emmanuel Kant (m. 1804) était une figure majeure de la philosophie allemande. Dans sa trilogie sur la philosophie morale, il a commencé la conclusion du second livre par une expression intéressante : « Deux choses remplissent l'esprit d'une admiration et d'un émerveillement toujours nouveaux et croissants, plus souvent et plus constamment nous y réfléchissons : le ciel étoilé au-dessus de nous et la loi morale en nous. »372
These feelings that Professor Jeans felt, as he contemplated the great wonders of the heavens and the Earth and the beauty of astronomy, was presented to many people other than him as well. Immanuel Kant (d. 1804) was a leading figure in German philosophy. In his trilogy on moral philosophy, he started the conclusion to the second book with an interesting expression: ‘Two things fill the mind with ever new and increasing admiration and awe, the oftener and the more steadily we reflect on them: the starry heavens above and the moral law within.’372
Lorsque l'on réfléchit à ce que Kant a dit en exprimant ces sentiments en lui-même, puis que l'on considère la position centrale qu'occupe Kant au sein de la philosophie en général et de la philosophie allemande en particulier, on aboutit inévitablement à cette conclusion frappante : même une personne profondément ancrée dans ces disciplines complexes ne pouvait que se laisser animer par les signes astronomiques du ciel.
When you ponder over what Kant said as he related these feelings in himself, and then you look at the central position that Kant holds within philosophy in general and German philosophy in particular, you will inevitably reach the spectacular conclusion that even a person who was deeply entrenched in these complex disciplines could not but be animated by the astronomical signs in the heaven.
Retournons-nous maintenant vers une classe plus honorable, plus pure et plus savante que celle-ci : les dirigeants de la science et de la foi islamiques. Si l'on analyse cette classe de savants, je ne puis personnellement passer outre le récit qu'Abū Ḥafṣ al-Bazzār (m. 749 AH) rapporte et qu'il consigne dans son livre al-Aʿlām al-ʿAliyyah fī Manāqib Ibn Taymiyyah. Le livre de Bazzār est, à mon avis, le meilleur de tous ceux qui aient jamais été écrits pour relater les vertus d'Ibn Taymiyyah. Certes, les biographies rédigées par Ibn ʿAbd al-Hādī et Ibn Kathīr contiennent davantage de détails sur certains points ; toutefois, Bazzār rapporte les manières subtiles dont Ibn Taymiyyah traitait les affaires tout au long du jour et de la nuit. Cet exposé, on ne le trouve nulle part ailleurs. Même la manière dont Ibn Taymiyyah prononçait le takbīr et ouvrait sa prière est consignée. Peut-être la raison en est-elle que Bazzār s'intéressait extrêmement à l'enregistrement de la vie privée et de l'époque d'Ibn Taymiyyah. Ibn Taymiyyah gardait Bazzār près de lui. Bazzār dit : « Lorsque je résidais à Damas, j'étais avec lui presque toute la journée et la plus grande partie de la nuit. Il me faisait asseoir à côté de lui. » Je porte envie à quiconque n'a pas encore lu al-Aʿlām al-ʿAliyyah, car c'est en effet la lecture la plus réjouissante.
Let us look beyond this class of scientists and philosophers. Let us look at a class that is more honourable, pure, and knowledgeable than them – the leaders of Islamic knowledge and faith. If we analyse this class of scholars, I for one cannot look past the story that Abū Ḥafṣ al-Bazzār (d. 749 AH) relates, which he records in his book al-Aʿlām al-ʿAliyyah fī Manāqib Ibn Taymiyyah. Bazzār’s book, in my view, is the best that has ever been written that records the virtues of Ibn Taymiyyah. Yes, the biographies written by Ibn ʿAbd al-Hādī and Ibn Kathīr have more details in some areas; however, Bazzār relates the subtle mannerisms of how Ibn Taymiyyah dealt with issues throughout the day and night. We cannot find this exposition elsewhere. Even the manner in which Ibn Taymiyyah recited takbīr and opened his prayer is recorded. Maybe the reason for this was that Bazzār was extremely interested in recording the personal life and times of Ibn Taymiyyah. Ibn Taymiyyah used to keep Bazzār close to him. Bazzār says, ‘When I was residing in Damascus, I was with him for almost all of the day and most of the night. He would make me sit next to him.’373 I am envious of anyone who has not yet read al-Aʿlām al-ʿAliyyah, for it is indeed the most joyous read.
Cette histoire au sujet d'Ibn Taymiyyah, que rapporte Bazzār, se rattache à notre sujet sur l'astronomie. Immédiatement après la prière de l'Aube (Fajr), Ibn Taymiyyah avait une habitude quotidienne. Bazzār dit : « Il commençait alors par invoquer le souvenir d'Allah. Tout le monde savait qu'après la prière de l'Aube, son habitude était de ne pas être adressé la parole sans un besoin pressant. Il continuait à invoquer le souvenir d'Allah d'une voix qu'il pouvait entendre lui-même ; parfois, c'était d'une voix que quelqu'un assis à proximité pouvait entendre. Pendant ce temps, il levait fréquemment son regard vers le ciel. Telle était son habitude jusqu'à ce que le soleil se lève et que le temps interdit à la prière soit passé. »374
This story about Ibn Taymiyyah, which Bazzār relates, is connected to our topic on astronomy. Immediately after the Fajr prayer, Ibn Taymiyyah had a routine. Bazzār says, ‘Then he would start off by remembering Allah. Everyone knew that after the Fajr prayer, his habit was to not be spoken to without a dire need. He would continue to remember Allah in a voice he would be able to hear; sometimes it would be in a voice that someone sitting nearby would be able to hear. During this time, he would frequently raise his gaze to the sky. This was his routine until the Sun would rise and the unlawful time for prayer would pass.’374
Regardez combien Abū al-ʿAbbās Ibn Taymiyyah avait coutume de contempler le royaume des cieux et de la terre après la prière de l'Aube, tout en se remémorant Allah. Il portait son regard vers le ciel, car cela l'aidait à se concentrer sur la grandeur du Divin. La seule raison pour laquelle lever le regard vers le ciel n'est pas permis pendant la prière est qu'il s'agit d'un lieu où il convient d'être humble et respectueux ; en dehors de cela, rien n'interdit de lever le regard vers le ciel. Le Prophète ﷺ tournait son visage vers le ciel, car il désirait ardemment le changement de direction de la prière (Qiblah) : « Nous te voyons certes tourner ton visage vers le ciel. Nous allons donc te faire tourner vers une direction de prière qui te satisfera. »375
Look at how much Abū al-ʿAbbās Ibn Taymiyyah used to look at the kingdom of the heavens and the Earth after the Fajr prayer, as he remembered Allah. He turned his gaze to the heaven as that helped him focus on the magnificence of the Divine. The only reason why raising the gaze to the heaven is not allowed in prayer is because it is a place to be humble and respectful; apart from that, there is no prohibition on raising the gaze to the heaven. The Prophet used to turn his face to the sky as he yearned for the switching of the qiblah: ‘Indeed, We see you O Prophet turning your face towards heaven. Now We will make you turn towards a direction of prayer that will please you.’375
L'une des meilleures façons de tirer parti de l'astronomie comme porte d'accès à la foi, une voie qui dépasse de loin celle que mentionnent les gens ordinaires, est ce qui est arrivé à Ibrāhīm vis-à-vis des corps célestes. Allah mentionne dans Son Livre qu'Il a montré à Ibrāhīm « les merveilles des cieux et de la terre » dans un but clair : « afin qu'il soit parfaitement convaincu dans sa foi ». Quelle preuve pourrait être plus grande que celle-ci ? Elle montre que l'astronomie est un chemin d'élévation vers la foi. Et qu'y a-t-il de plus grand que les corps célestes et leurs mouvements, en tant qu'escalier permettant au cœur de s'élever au-dessus des doutes pour atteindre la certitude ? « Et c'est ainsi que Nous fîmes voir à Abraham les merveilles des cieux et de la terre, afin qu'il soit parmi les convaincus. »376
One of the best ways to leverage astronomy as a gateway to faith, which far exceeds that which is mentioned by ordinary people, is what happened to Ibrāhīm vis-à-vis the celestial bodies. Allah mentions in his Book that He showed Ibrāhīm ‘the wonders of the heavens and the Earth’ to achieve a clear result: ‘so he would be sure in faith’. Which proof can possibly be greater than this? It shows that astronomy is a way of ascent to faith. What can be greater than the celestial bodies and their behaviours in being a staircase for the heart to rise above doubts to reach certainty? ‘We also showed Abraham the wonders of the heavens and the Earth, so he would be sure in faith.’376
Regardez les merveilles des cieux et de la terre. Quiconque le fait finirait par atteindre le paradis de la certitude. Allah nous invite à contempler les merveilles des cieux et de la terre : « N'ont-ils jamais réfléchi aux merveilles des cieux et de la terre… ? »377 Quoi qu'il en soit, quiconque lit le récit de l'astrophysicien James Jeans, et son émotion face à la magnificence de la création d'Allah et à l'ingéniosité de Son système, qui le conduisit aux larmes… Quiconque considère la déclaration de Kant lorsqu'il évoquait combien il était ému et saisi d'admiration chaque fois qu'il contemplait le ciel étoilé au-dessus de nous… Quiconque médite sur la manière dont Ibn Taymiyyah tournait son regard vers le ciel après la prière de l'aube, jusqu'au lever du soleil… Et après tout cela, il lit la parole d'Allah : « Ainsi, Nous montrâmes à Abraham les merveilles des cieux et de la terre, afin qu'il fût du nombre des certains dans la foi… »378 Il aurait alors appris l'un des grands secrets du Coran, celui qui implante la certitude dans les cœurs et les esprits des humains.
Look at the wonders of the heavens and the Earth. Anyone who does this would end up in the paradise of certainty. Allah invites us to look at the wonders of the heavens and the Earth: ‘Have they ever reflected on the wonders of the heavens and the Earth…?’377 In any case, whoever reads the story of astrophysicist James Jeans, and his animation over the magnificence of Allah’s making and the innovation in His system that led him to tears…Whoever looks at Kant’s statement when he discussed how he was impacted and awed whenever he looked at the starry heaven above us…Whoever ponders how Ibn Taymiyyah would turn his gaze to the sky after the Fajr prayer until the Sun would rise… And after all of this, he reads the statement of Allah: ‘We also showed Abraham the wonders of the heavens and the Earth, so he would be sure in faith…’378 He would have learned one of the great secrets of the Qur’an that implants certainty in the hearts and minds of humans.
Chaque fois qu'une personne médite attentivement sur le dernier passage – « afin qu'il soit certain dans sa foi » – les grandes portes de l'iḥsān s'ouvrent devant elle. C'est le degré le plus élevé de la religion, au-dessus de la foi (Iman) et de l'islam. Cela signifie adorer Allah comme si tu Le voyais, ce qui dénote un sentiment très fort de croyance. Lorsque tu vois les étoiles briller devant tes yeux, saisis cette occasion pour t'élever jusqu'au sommet de la conviction. Allah sait mieux. Qu'Allah accorde Ses bénédictions et Ses salutations à notre Prophète Muhammad ﷺ, à sa Famille et à ses Compagnons.
Whenever a person thinks carefully of the last passage – ‘so he would be sure in faith’ – the great doors to iḥsān would open up for him. It is the highest station of the religion, sitting above īmān and islām. It means to worship Allah as if you are seeing Him, denoting a very strong sense of belief. When you see the stars shining in front of your eyes, use that opportunity to ascend to the summit of conviction. Allah knows best. May Allah send benedictions and salutations on our Prophet Muhammad, his Family, and his Companions.
15 Shawwāl 1433 AH.
15 Shawwāl, 1433 AH.
364 The Story of Physics, p. 25. 365 Physics and Philosophy, Cambridge, 1943, p. 2.
364 The Story of Physics, p. 25. 365 Physics and Philosophy, Cambridge, 1943, p. 2.
366 Elements of the Philosophy of Right, p. xxi. Note: the reference is a citation of Hegel's work, and the title and page reference are kept as they appear in the original.
366 Elements of the Philosophy of Right, p. xxi.
367 Philosophy in the United States, Mind magazine, p. 95.
367 Philosophy in the United States, Mind magazine, p. 95.
« Sur la haine et le mépris de la philosophie », London Book Review, 1996, p. 16.
368 ‘On Hating and Despising Philosophy,’ London Book Review, 1996, p. 16.
369 Fāṭir, 27-28.
369 Fāṭir, 27-28.
370 God Arises : Preuves de l'existence de Dieu dans la nature et dans la science, pp. 381-383.
370 God Arises: Evidence of God in Nature and in Science, pp. 381-383.
Fussilat, 53.
371 Fuṣṣilat, 53.
372 Critique of Practical Reason, p. 138. Note: this is a bibliographic reference, so I have kept it as it appears. The original is itself a citation, and the title is a standard work title that is conventionally kept in English, so no translation of the title is applied.
372 Critique of Practical Reason, p. 138.
373 Al-Aʿlām al-ʿAliyyah, p. 38.
373 Al-Aʿlām al-ʿAliyyah, p. 38.
374 Al-Aʿlām al-ʿAliyyah, p. 38.
374 Al-Aʿlām al-ʿAliyyah, p. 38.
375 Al-Baqarah, 144.
375 Al-Baqarah, 144.
376 Al-Anʿām, 75. 377 Al-Aʿrāf, 185.
376 Al-Anʿām, 75. 377 Al-Aʿrāf, 185.
378 Al-Anʿām, 75
378 Al-Anʿām, 75