Premier indicateur rationnel de l'existence d'Allah : l'argument de la création
The First Rational Indicator For The Existence Of Allah: Argument From Creation
Cet argument porte de nombreux noms dans le domaine religieux en général, et dans le domaine islamique en particulier. Tous tournent autour de l'idée centrale selon laquelle tout ce qui vient à l'existence après avoir été inexistant doit avoir une cause qui a préféré son existence à sa non-existence. Ils comprennent également l'idée que tout ce qui est possible dépend nécessairement d'une cause non contingente qui l'a créé.122 Cette cause est Allah (SWT). Parmi les noms de cet argument figurent : l'argument de la création, l'argument de l'invention, l'argument du moteur premier, l'argument du kalam, la causalité universelle, l'argument de la cause première, l'argument causal, l'argument de l'univers, l'argument cosmologique, et d'autres.
This argument has multiple names in the religious space generally, and in the Islamic domain in particular. They all revolve around the central idea that whatever comes into existence after having been non-existent must have a cause that preferred its existence over its non-existence. They also comprise of the idea that whatever is possible is most definitely contingent on a non-contingent cause that created it.122 That cause is Allah . Some of the names for this argument are: the argument from creation, the argument from invention, the prime mover argument, the kalam argument, universal causation, the argument from first cause, the causal argument, the argument from the universe, the cosmological argument, and others.
Celui qui médite sur cette preuve constatera qu'elle est la plus simple de tous les indices qui témoignent de l'existence d'Allah. C'est pourquoi cet argument est répandu dans toutes les civilisations, toutes les cultures et toutes les nations. Son moteur est une interrogation instinctive qui cherche la cause des événements temporels observables et perceptibles. Bien que ses formulations et ses appellations varient, son fondement repose sur deux prémisses extrêmement claires :
One who ponders over this proof will find it to be the simplest of all the indicators that are suggestive of Allah . This explains why this argument is widespread across all civilisations, cultures, and nations. The motivation behind it is an instinctive question seeking the cause of observable and perceived temporal events. Though its scenarios and names are varied, its basis lies in two extremely clear propositions:
• Première prémisse : les événements temporels existent. Un événement temporel est ce qui a été précédé de sa non-existence, ou tout ce qui a un commencement.
• First proposition: Temporal events exist. A temporal event is that which was preceded by its non-existence, or anything that has a beginning.
• Deuxième prémisse : les événements temporels indiquent l'existence d'une cause.
• Second proposition: Temporal events point to the existence of a cause.
• Conclusion : Les événements temporels existants doivent avoir une cause, qui est Allah (SWT).
• Conclusion: Temporal events in existence must have a cause, which is Allah .
Expliquant le fondement de cet argument dans al-Kashf ʿan Manāhij al-Adillah (Révéler les méthodes des preuves), Ibn Rushd (Averroès) le petit-fils dit : Quant à l'argument par l'invention, il permet de saisir l'existence de la faune, de la flore et des cieux. Cette méthode repose sur deux principes qui sont fermement présents dans les dispositions innées de tous les hommes. Le premier est que ces entités existantes sont inventées. Cela se connaît automatiquement à partir de la faune et de la flore, comme Il l'a dit : « ...ces idoles que vous invoquez en dehors d'Allah ne sauraient créer même une mouche, quand bien même elles se réuniraient toutes pour cela. » Nous voyons des corps inanimés dans lesquels la vie est créée. Nous savons certainement qu'il existe une entité qui les crée et les gratifie de la vie, qui est Allah. Quant aux cieux, nous savons, à partir de leurs mouvements infaillibles, qu'ils ont reçu l'ordre de veiller sur ce qui se trouve ici-bas, et qu'ils ont été assujettis à notre profit. Ce qui est assujetti est, par nécessité, inventé et ordonné par autre chose. Quant au second principe, il est que toute chose inventée a un inventeur. Par conséquent, on peut déduire correctement de ces deux prémisses que quelque chose dans l'existence a un agent qui l'a fait naître.126
Explaining the foundation of this argument in al-Kashf ʿan Manāhij al-Adillah (Revealing the Methodologies of the Arguments), Ibn Rushd (Averroes) the grandson123 said, As for the argument from invention, it captures the existence of fauna, flora, and the heavens. This method is based on two principles that are firmly present in the innate predispositions of all people. The first is that these existing entities are invented. This is something automatically known from fauna and flora, as He said, “…those idols you invoke besides Allah can never create so much as a fly, even if they all were to come together for that.”124 We see inanimate bodies in which life is created. We definitely know that there is an entity that creates and favours them with life here, which is Allah . As for the heavens, we know from their unfaltering movements that they have been commanded to look after what is here in the world, and that they have been subjugated for our benefit. Something that is subjugated is, by necessity, invented and commanded by something else. As for the second principle, it is that every invented thing has an inventor. Therefore, one can correctly deduce from these two propositions that something in existence125 has a doer that originated it.126
On peut noter l'observation qu'Ibn Rushd formule. Il a distingué entre la manière dont la faune et la flore sont des indices de l'origination (ḥudūth), et la manière dont les cieux le sont. Pour les premières, il l'a considérée comme évidente par elle-même ; pour les seconds, il a considéré le signe de leur assujettissement comme le signe de leur origination. Sur cette base, on peut dire que les indices des événements temporels pour Allah sont de deux niveaux. Cela dépend de la proximité ou de l'éloignement des événements temporels par rapport à ce que les sens et l'observation peuvent saisir, ainsi que de leur potentiel d'être observables et perceptibles par les sens lorsqu'ils surviennent.
We can note the observation that Ibn Rushd makes. He differentiated between how fauna and flora are indicative of origination, vesus how heavens are indicative of the same. For the former, he considered it self-evident; for the latter he considered the sign of their subjugation as the sign for their origination. Based on this, we can say the indicators of temporal events for Allah are of two levels. This is based on how close or remote temporal events are from being capturable by the senses and observation, and the potential of them being observable and perceptible to the senses when emerging:
L'apparition temporelle des créatures individuellement observables.
• The temporal emergence of individually observable creations.
• L'apparition temporelle du monde (le genre des événements temporels).
• The temporal emergence of the world (the genus of temporal events).
Lorsque nous considérons la nature de la manière dont la révélation a traité cet argument, nous remarquons que le premier niveau y est plus présent. En effet, il est perceptible par les sens, ce qui constitue le moyen le plus rapide d'atteindre le but, sans qu'il soit nécessaire de recourir à de longues propositions, à une argumentation philosophique étendue, ni à la démonstration de ce qui n'est ni présent ni observable. Expliquant la méthode coranique sur ce point, et soulignant que les événements temporels observables n'ont pas besoin de preuves pour démontrer leur temporalité, Ibn Taymiyyah affirme : « La méthode mentionnée dans le Coran consiste à raisonner sur la temporalité de l'homme et des autres êtres – dont la temporalité est connue par l'observation et des moyens semblables – afin de démontrer l'existence du Créateur. On peut prouver l'existence de l'Originateur par l'origination de l'homme. L'origination de l'homme n'a pas besoin d'être démontrée en l'associant au changement, à la temporalité, ou à la nécessité pour les événements temporels d'avoir une fin. »
When we contemplate the nature of how revelation dealt with this argument, we notice that the first level is more present. This is because it is perceptible by the senses, which is the quickest way to acquiring the aim without the need for lengthy propositions, expansive philosophical argumentation, or proving something that is not present or observable. Explaining the Qur’anic method here, and highlighting that observable temporal events are not in need for evidence to demonstrate their temporality, Ibn Taymiyyah states, ‘The method mentioned in the Qur’an is by reasoning for the temporality of man and other beings – whose temporality is known by observation and similar means – in order to demonstrate the existence of the Creator . The Originator can be argued for by the origination of man. Man’s origination does not need to be reasoned by associating him with change, temporality, or the necessity of temporal events being terminal.
La différence entre raisonner à partir de sa temporalité et raisonner pour sa temporalité est évidente. Ce qui se trouve dans le Coran est le premier, non le second. Allah dit : « Ont-ils été créés à partir de rien, ou sont-ils eux-mêmes les créateurs ? »127 Par conséquent, la simple apparition temporelle de la faune, de la flore, des métaux, de la pluie, des nuages et de choses semblables est connue nécessairement ; elle est en réalité constatée et n'a pas besoin de preuve. Seul ce qui n'est pas nécessairement connu par les sens doit être appris au moyen d'une preuve. La temporalité de ces êtres est une connaissance instinctive qui ne requiert aucune preuve. Elle est connue soit par les sens, soit par instinct, que ce soit par le fait d'être informé de manière à procurer une connaissance instinctive, ou par d'autres voies de connaissance nécessaire. L'apparition de l'homme à partir d'une goutte de liquide séminal ressemble à l'apparition des fruits à partir des arbres et de la flore à partir de la terre, etc. Il est connu par les sens que ce même fruit est émergent, venant à l'existence après ne pas avoir existé ; il en va de même pour l'homme et les autres êtres. Allah dit : « Ces gens ne se rappellent-ils pas que Nous les avons créés auparavant, alors qu'ils n'étaient rien ? »128 Et Il dit : « Un ange répondit : "Il en sera ainsi ! Ton Seigneur dit : Cela M'est facile, de même que Je t'ai créé auparavant, alors que tu n'étais rien !"129 »130
The difference between reasoning through his temporality and reasoning for his temporality is evident. What is in the Qur’an is the first, not the second. Allah says, “Or were they created by nothing, or are they their own creators?”127 Consequently, the mere temporal emergence of fauna, flora, metals, rain, clouds, and similar is known by necessity; it is in fact witnessed and does not need proof. Only that which is not necessarily known through the senses is to be learned via proof. The temporality of these beings is instinctive knowledge that does not require evidence. It is known either sensorily or instinctively, whether by way of being informed that can offer instinctive knowledge, or by other ways of necessary knowledge. The emergence of man from seminal fluid is like the emergence of fruits from trees and flora from the Earth, etc. It is sensorily known that this same fruit is emergent, coming into existence after having not occurred; the same applies to man and others. Allah states, “Do such people not remember that We created them before, when they were nothing?”128, and He says, “An angel replied, ‘So will it be! Your Lord says, “It is easy for Me, just as I created you before, when you were nothing!”129’130
Un point subtil qu'Ibn Taymiyyah évoque concerne l'état de familiarité, ou au contraire d'absence de familiarité, avec l'observation d'un événement particulier, et l'effet que cet état a sur la négligence de l'être humain envers les signes qui lui sont pourtant facilement accessibles. Ibn Taymiyyah dit : « C'est pour cela que la fiṭrah de la création est ainsi faite que, chaque fois qu'ils voient un événement nouvellement survenu – comme le tonnerre, les éclairs et les tremblements de terre – ils se souviennent d'Allah et Le glorifient. Cela parce qu'ils savent que ce renouvellement ne s'est pas produit de lui-même, mais qu'il existe un Originateur qui a fait en sorte qu'il advienne. Bien qu'ils sachent que cela s'applique à tous les autres événements nouvellement survenus, les événements auxquels ils sont habitués leur sont déjà familiers, contrairement à ceux qui se reproduisent rarement. Sinon, ceux qui se souviennent et glorifient surtout Allah lorsque surviennent des événements nouveaux et rares auraient déjà vu ces signes d'Allah fréquemment récurrents, qui sont bien plus grands que l'événement rare. Si Allah n'avait rien fait d'autre que créer l'homme, cela seul serait le plus grand des signes. Tout le monde sait que l'homme ne s'est pas créé lui-même, ni n'a été créé par ses parents ou par quiconque parmi les hommes. Tout le monde sait qu'il a dû avoir un originateur. Tout le monde sait qu'il a dû avoir un Créateur qui l'a créé, et que Celui-ci est présent, vivant, omniscient, omnipotent, audient et clairvoyant. Celui qui crée d'autres êtres vivants est plus digne d'être vivant ; celui qui accorde à d'autres choses la connaissance est plus digne de savoir ; celui qui rend d'autres choses puissantes est plus digne de puissance. Il est également connu que la conception magistrale qui s'y trouve dénote la science de l'Auteur, et que la conception particulière dénote la volonté de l'Auteur. Le processus d'origination en lui-même n'aurait pu avoir lieu sans la puissance de l'originateur. La connaissance qu'une personne a de son propre être, spécifique, personnel et individuel, lui offrirait la connaissance de ces significations divines et d'autres choses, comme Allah le dit : "…ainsi qu'en vous-mêmes. Ne voyez-vous donc pas ?"131 »132
One subtle point that Ibn Taymiyyah alluded to is the state of familiarity or the lack thereof vis-à-vis observing a particular event, and the impact this state has on a person becoming heedless of the indicators that are easily accessible to him. Ibn Taymiyyah says, ‘This is why the fiṭrah of the creation is wired so that whenever they see a newly emerging event – such as thunder, lightning, and earthquakes – they remember and glorify Allah. This is because they know that this recurrence did not recur by itself, but rather there was an Originator who caused it to originate. Though they know the same is applicable to all other newly emerging events, the events they are used to are already familiarised to them, as opposed to the rarely recurring ones. Otherwise, those who mostly remember and glorify Allah when newly emerging events that are rare appear would have already seen those oft-recurring signs of Allah that are far greater than the rare event. Had Allah done nothing other than create man, that alone would be the greatest of signs. Everyone knows that man was not created by himself, his parents, or anyone else from humankind. Everyone knows that he must have had an originator. Everyone knows he must have had a Creator that created him, and that He is present, alive, omniscient, omnipotent, all-hearing, and all seeing. One who creates other living things is worthier of being alive; one who grants other things knowledge is worthier of knowledge; one who makes other things powerful is worthier of power. It is also known that the masterful design therein denotes the knowledge of the Doer, and that the special design denotes the will of the Doer. The process of origination per se could not have occurred without the originator’s power. A person’s knowledge of his own specific, personal, and individual self would offer him the knowledge of these godly meanings and other things, as Allah states, “…as there are within yourselves. Can you not see?”131’132
Il convient de noter que la plupart des passages coraniques qui révèlent la nature temporelle des événements ont été révélés pour démontrer un point plus large, et non seulement pour prouver l'existence du Créateur, comme les deux versets par lesquels Ibn Taymiyyah a conclu sa déclaration précédente. Le contexte de ces versets montre qu'ils ont été révélés pour offrir un raisonnement sur la puissance parfaite d'Allah, et sur le fait qu'Il est capable de provoquer la Résurrection. En d'autres termes, celui qui a créé les choses à partir du néant est à plus forte raison capable de les remodeler. Cela sous-entend, comme mentionné précédemment, implicitement mais de manière évidente, que le Tout-Puissant existe, et que Son existence est suggérée par la simple apparition de la création à partir du néant. Le verset le plus célèbre qui porte cet argument rationnel est la parole d'Allah : « Ont-ils été créés à partir de rien, ou sont-ils eux-mêmes les créateurs ? »133
It should be noted that most Qur’anic passages that reveal the temporal nature of events were brought to demonstrate a wider point, not to merely prove the existence of the Creator, like the two verses Ibn Taymiyyah concluded his previous statement with. The context in these verses show that they were revealed to offer reasoning for the perfect power of Allah , and that He is able to bring about the Resurrection. In other words, one who created things out of nothing is a fortiori able to refashion them. This amount, as mentioned before, implicitly yet self-evidently suggests that the Omnipotent exists, and that His existence is suggested by the mere emergence of the creation out of nothing. The most famous verse that carries this rational argument is Allah’s statement: ‘Or were they created by nothing, or are they their own creators?’133
Pour la question qui nous occupe ici, ce verset admirable constitue la preuve la plus durable du Coran. Le verset commence par poser la grande réalité théologique en centrant la discussion sur les possibilités, puis démontre pourquoi toutes les options sont impossibles, à l'exception de la seule option véritable : l'homme a un Créateur qui l'a créé. Le verset pose une question aux personnes dotées de raison : « Ont-ils été créés sans qu'aucun créateur ne les ait fait exister ? Ou se sont-ils eux-mêmes créés ? » Il n'en est rien, car c'est Allah qui les a créés et leur a donné la vie, alors qu'auparavant ils n'étaient rien qui vaille la peine d'être mentionné.134
For the issue we are dealing with here, this awe-inspiring verse is the most enduring proof in the Qur’an. The verse starts off by setting out the great theological reality by focusing the discussion to what are the possibilities, after which it proceeds to demonstrate why all the options are impossible save for the only true option: Man has a Creator Who created him. The verse poses a question to rational people: ‘Were they brought into existence without anyone causing it? Or did they bring themselves into existence? It is neither, for it is Allah Who created them and gave them life, having previously been nothing worth mentioning.’134
Dans ce passage, Ibn al-Qayyim développe cet argument. Méditez la répétition du terme « création » et la restriction qui consiste à établir la preuve de la manière la plus simple et la plus éloquente. Allah (SWT) dit en substance : « Comment ces créatures, qui n'existaient pas, auraient-elles pu être créées sans Créateur ? Cela serait jugé impossible par quiconque dispose de discernement et de raison : qu'il puisse exister quelque chose sans faiseur, ou qu'il soit créé sans créateur. » Si une personne passe par un désert sans aucune construction, puis y repasse et voit des bâtiments solides et des châteaux, elle n'aura aucun doute que ceux-ci ont eu un bâtisseur. Allah dit ensuite : « Ont-ils été créés à partir de rien, ou sont-ils eux-mêmes les créateurs ? »{135} Cela montre également qu'il est impossible qu'un serviteur s'invente et se crée lui-même. Comment quelqu'un pourrait-il se créer à partir du néant ? Il ne peut même pas prolonger sa propre vie d'une heure, alors même qu'il dispose de tous les moyens de vivre. Il ne peut pas non plus allonger son doigt, son ongle, ni même un seul cheveu. Les deux options étant fausses, il ne reste que celle-ci : ils ont un Créateur qui les a créés, et un Façonneur qui les a façonnés. Il est le Dieu véritable, digne qu'on Lui voue adoration et gratitude. Comment pourraient-ils remercier un autre dieu que Lui, alors qu'Il est le seul être qui les a créés ? Si l'on demande quelle place occupe la parole d'Allah : « Ont-ils créé les cieux et la terre ? Au contraire, ils ne sont pas convaincus. »{136} dans cette preuve, on répondra : c'est la meilleure place. Par les premiers segments, Il a expliqué qu'ils ont un Créateur et un Façonneur, et qu'ils sont eux-mêmes créés. Par le troisième segment, Il a expliqué qu'ils sont incapables de créer, puisqu'ils ont eux-mêmes été créés et amenés à l'existence. Ils ne se sont pas créés eux-mêmes. Ils n'ont pas créé les cieux ni la terre. C'est Celui qui est l'Unique, le Tout-Puissant, Celui qui est décrit ainsi : « Il n'y a de divinité ni de seigneur en dehors de Lui », qui les a créés. Il a créé les cieux et la Terre. En créant les royaumes supérieur et inférieur et tout ce qui s'y trouve, Lui seul est Celui qui a créé à la fois la demeure et ses habitants. »137
Detailing this argument, Ibn al-Qayyim says, Contemplate the phrasal repetition of the creation term, and the restriction that comprises of establishing evidence in the simplest and most eloquent manner. Allah is essentially saying, “How could have these creations – having not been in existence – been created without a Creator? This would be considered impossible by anyone with understanding and rationality, that there can be something made without a maker, or something created without a creator.” If a person passes by a wasteland without any building, then he passed by it again and saw solid buildings and castles, he would have no doubt that these had a maker. Then Allah said, “Or were they created by nothing, or are they their own creators?”135 This, likewise, shows that it is impossible that a servant invents and creates himself. How can someone be able to create himself out of non-existence? He cannot even increase his own life, not even by an hour, even though he has all the facilities of life. He cannot even extend his finger, fingernail, or even one strand of his hair. Given that both options are false, the only option that remains is that they have a Creator Who created them, and a Fashioner Who fashioned them. He is the True Divine Who is worthy of their worship and thanks. How can they thank a god other than Him when He is the one and only being that created them? If it is said, “What is the place of Allah’s statement ‘Or did they create the heavens and the Earth? In fact, they have no firm belief in Allah’136 in this evidence?”, it would be said in response: “The best place. Through the first couple of segments, He explained that they have a Creator and Fashioner, and that they are created. With the third segment, He explained that they are unable to create, having been created themselves and brought into existence. They did not create themselves. They did not create the heavens or the Earth. It was the One, the Omnipotent, the One described as ‘There is neither any god nor lord besides Him’ Who created them. He created the heavens and the Earth. By creating the upper and lower dominions and everything therein, He alone is the one Who created both residence and resident.”’137
Jubayr ibn Muṭʿim a une belle narration révélant la grandeur de ce verset coranique. Il dit : « J'ai entendu le Prophète ﷺ réciter la sourate al-Ṭūr à la prière du Maghrib. Lorsqu'il arriva à ce verset : "Ont-ils été créés à partir de rien, ou sont-ils eux-mêmes les créateurs ?"138, mon cœur faillit s'envoler. » Celui qui médite sur la méthode des Prophètes dans leur débat avec ceux qui niaient la seigneurie d'Allah et la revendiquaient pour eux-mêmes remarquera que les Prophètes les instruisaient par cette méthode rationnelle pour argumenter en faveur de la seigneurie d'Allah ﷻ, et, par conséquent, de Son droit à être adoré seul.
Jubayr ibn Muṭʿim has a beautiful narration revealing the greatness of this Qur’anic verse. He said, ‘I heard the Prophet read al-Ṭūrin the Maghrib prayer. When he reached this verse: “Or were they created by nothing, or are they their own creators?”138, my heart almost flew out.’139 The one contemplating the method of the Prophets in debating those who denied the lordship of Allah and claimed it for themselves will note that the Prophets instructed them with this rational method to argue for the lordship of Allah , and subsequently His worthiness to be worshipped alone.
Le plus tristement célèbre des hommes qui ont nié la seigneurie d'Allah fut Pharaon. Il dit : « Je suis votre seigneur, le Très-Haut ! »140 C'est ainsi qu'au cours du débat qu'eut Mūsā avec lui, Mūsā se servit des effets de la puissance d'Allah comme preuve contre lui. Allah dit : « Pharaon demanda : "Et qu'est-ce que le Seigneur des mondes ?" »141
The most infamous person who denied the lordship of Allah was Pharaoh. He said, ‘I am your lord, the most high!’140 As thus, part of the discussion Mūsā had with him was to use the effects of the power of Allah as an evidence against him. Allah says, ‘Pharaoh asked, “And what is ‘the Lord of all worlds’?”’141
Mūsā a donné une variété de réponses et de preuves. Il a rappelé à Pharaon l'instinct inné, selon lequel Allah est bien plus manifeste que le besoin de quelque définition. Il a expliqué que toute la création d'Allah dépend existentiellement de Lui : tous les cieux, la terre, et tout ce qui se trouve entre les deux, ont besoin d'Allah pour leur création, leur subsistance et leur assistance. Sa déclaration « Seigneur de l'Orient et de l'Occident »142 est une information complémentaire et une insistance sur le fait que tous les événements dépendent de Lui. Tout ce qui est au-dessus et en dessous de vous, tout ce qui se trouve à l'Orient et à l'Occident, et tout ce qui est entre les deux, devant vous et derrière vous, dépend de Lui.
Mūsā offered a variety of answers and proofs. He reminded Pharaoh of the innate instinct, that Allah is far more recognisable than the need for some definition. He explained that all of Allah’s creation is existentially dependent on Him – all the heavens, the Earth, and everything in between is in need of Allah for creation, sustenance, and assistance. His statement ‘Lord of the east and west’142 is additional information and emphasis that all events are dependent on Him, . Everything above and beneath you, everything in the east and the west, and everything in between that is in front of you and behind you is dependent on Him .
Ibn Taymiyyah a analysé le débat entre Mūsā et Pharaon :
Ibn Taymiyyah analysed the debate between Mūsā and Pharaoh:
Pharaon a voilé son déni et son rejet sous la forme d'une question rhétorique. Il ne demandait pas les attributs d'un Seigneur qu'il avait déjà reconnu, puisqu'il niait Celui-ci et le rejetait. C'est pourquoi, vers la fin de la discussion, il dit : « Si tu prends un autre dieu que moi, je te ferai certainement jeter en prison. »143
Pharaoh shrouded his denial and rejection in the form of a rhetorical question. He was not asking about the attributes of a Lord he had already acknowledged, as he was in denial of Him and rejected Him. This is why towards the end of the discussion, he said, “If you take any other god besides me, I will certainly have you imprisoned.”143
Il a dit aussi : « …bien que je sois sûr que celui-ci (Mūsā) est un menteur »144. Sa question visait en réalité à exprimer son déni et son rejet. Il voulait dire en substance : « Le monde n'a pas de seigneur qui t'aurait envoyé. Qui est-ce ? » – comme affirmation de déni. Mūsā a expliqué que Lui est connu à la fois de lui et de ceux qui étaient présents à la cour, et que Ses signes étaient manifestes, clairs et indéniables. Il a affirmé qu'ils niaient de la langue ce qu'ils savaient instinctivement être vrai. Comme le rapporte un autre passage du Coran, Mūsā dit à Pharaon : « Tu sais bien que ces signes, c'est le Seigneur des cieux et de la terre qui les a fait descendre comme clairvoyances »145. Allah dit : « Et bien que leurs cœurs fussent convaincus que les signes étaient véridiques, ils les ont pourtant niés par injustice et orgueil. Regarde donc quelle fut la fin des corrupteurs ! »146 Pharaon n'a pas dit « Qui (arabe = man) est le Seigneur des mondes ? », car man est une question portant sur un être précis et déterminé. Elle sert à interroger une entité exacte et spécifique dont l'identité générique est déjà connue. C'est comme lorsqu'on demande à un messager qui l'a envoyé : « Qui (man) t'a envoyé ? » Quant à mā, elle sert à une question de description. Pharaon voulait dire : « Qu'est-ce que c'est ? Et que signifie ce que tu appelles “Seigneur des mondes” ? » Il parlait ainsi par déni et par rejet de Sa personne. Lorsqu'il posa cette question avec dédain, Mūsā répondit que Lui est bien trop évident pour être nié, et bien trop manifeste pour être mis en doute. Il dit : « Il est le Seigneur des cieux et de la terre et de tout ce qui se trouve entre eux, si seulement vous étiez certains »147. Il n'a pas dit « …si seulement vous étiez certains de telle ou telle chose » : il a laissé la formule ouverte. En substance : si tu as une certitude quelconque, la première de tes certitudes devrait être la conviction en ce Seigneur – tout comme lorsque les Messagers dirent à leur peuple : « Y a-t-il un doute au sujet d'Allah ? »148 Si tu dis : « Nous n'avons de certitude en rien. » En fait, toute connaissance nous a été ôtée », alors c'est une affirmation générale relevant du sophisme. Celui qui la prononce ment manifestement, car la connaissance fait partie intégrante de tout être humain. Tout être humain doué de raison possède nécessairement une certaine connaissance. C'est pourquoi il a été énoncé dans la définition de la rationalité qu'elle est la connaissance instinctive, dont aucune personne raisonnable n'est dépourvue. Ainsi, lorsque Pharaon dit : « Votre messager qui vous a été envoyé est certainement fou »149, c'était un mensonge à l'encontre du Messager. Ils avaient abandonné leurs traditions louables, et ils attribuèrent donc aux Messagers la folie. Ils manifestèrent aussi un déni ou un doute à l'égard du Créateur. Tel était l'état de leur peuple commun et de leur religion. C'était à leurs yeux une bonne religion, et le dieu qu'ils obéissaient était Pharaon : « Votre messager qui vous a été envoyé est certainement fou. »150 Mūsā lui expliqua alors que c'est lui qui a été privé d'une logique utile, et qu'il est plus digne de cette attribution. Il dit : « Il est le Seigneur de l'Orient et de l'Occident, et de tout ce qui se trouve entre eux, si seulement vous aviez quelque discernement. »151 La logique requiert une connaissance instinctive et certaine, dont la plus grande, dans la fiṭrah, est la reconnaissance du Créateur. Il expliqua ensuite qu'affirmer Son existence est une conséquence logique. Cependant, une connaissance utile est louable lorsque la personne qui la possède agit en conséquence. Si elle n'agit pas en conséquence, on dira qu'elle est privée de logique. On dira aussi que celui qui ne suit pas ce dont il paraît certain ne possède pas réellement la certitude. La certitude peut également désigner une connaissance ancrée dans le cœur ; elle peut aussi désigner le fait d'agir selon cette connaissance. Ainsi, le terme croyant (celui qui est certain) ne se dira que de ceux dans le cœur desquels la connaissance et l'action se sont établies ensemble. Le peuple de Pharaon ne suivit pas lorsqu'il savait. Ils ne possédaient donc ni logique ni certitude. Le propos de Mūsā indique les deux points : si vous avez la certitude, vous Le connaîtrez, et si vous avez la raison, vous Le connaîtrez. Si vous prétendez n'avoir ni certitude ni raison, alors il en va de même pour votre peuple. Ce serait donc de votre part un aveu que votre humanité vous a été ôtée. Quiconque est ainsi n'est pas apte à revendiquer la divinité. Bien que cela soit faux de votre part, vous croyez tout de même en Lui. C'est comme l'a dit Allah : « Et, bien que leurs cœurs fussent convaincus que les signes étaient véridiques, ils les ont pourtant niés par injustice et par orgueil. »152 Vous avez la raison grâce à laquelle vous pouvez Le reconnaître. Cependant, vos penchants vous empêchent de suivre ce que la raison dicte. Vous voulez vous enorgueillir sur terre et y semer la corruption. Par conséquent, sous cet angle, vous n'avez pas de raison.153
Il y eut une confrontation entre Ibrāhīm et Namrūd (Nemrod), semblable à celle de Mūsā et du Pharaon. Allah dit : « N'as-tu pas vu celui qui disputait avec Abraham au sujet de son Seigneur, parce qu'Allah lui avait donné la royauté ? Quand Abraham dit : “Mon Seigneur est Celui qui donne la vie et fait mourir”, il répondit : “Moi aussi, je donne la vie et je fais mourir.” Abraham dit : “Allah fait lever le soleil à l'orient ; fais-le donc lever à l'occident.” Et l'incrédule resta confondu. Et Allah ne guide pas le peuple injuste. » Expliquant les étapes de ce débat et la situation de Namrūd, Ibn Kathīr dit : « C'est parce qu'il nia qu'il existe un dieu autre que lui, à l'image de ce que dit Pharaon à son peuple : “Ô notables ! Je ne connais pas d'autre dieu pour vous que moi-même.” Seuls son orgueil et la longueur de son règne le conduisirent à sa tyrannie, à sa grande mécréance et à son obstination extrême. C'est pourquoi Allah dit : “…parce qu'Allah lui avait donné la royauté ?” Il était comme s'il exigeait d'Ibrāhīm une preuve de l'existence du Seigneur vers lequel il appelait. Ibrāhīm dit : “Mon Seigneur est Celui qui donne la vie et fait mourir.” Par là, il voulait dire : “La preuve de Son existence est l'apparition de ces choses observables après qu'elles étaient auparavant inexistantes, puis leur disparition après qu'elles ont existé. Cela constitue automatiquement une preuve de l'existence de l'Auteur et du Choisissant, car elles ne seraient pas survenues d'elles-mêmes. Il est donc nécessaire qu'il existe une entité qui les a fait exister. Ce sera le Seigneur à l'adoration duquel j'appelle, car Il est seul, sans associé.” À cet instant, son interlocuteur, Namrūd, dit : “Moi aussi, je donne la vie et je fais mourir.” Qatādah, Muhammad ibn Isḥāq, al-Suddī et d'autres dirent : “Regarde, on m'amène maintenant deux hommes condamnés à mort. J'ordonne que l'un soit tué et que l'autre soit gracié.” Ce que signifie donner la vie et la mort. » Il paraît – et Allah est plus savant – que ce n'était pas là ce que voulait dire Namrūd, car ce n'est pas une réponse directe à Ibrāhīm, ni en rapport avec sa question, puisqu'elle n'exclut pas l'existence d'un Créateur. Ce qu'il voulait, c'était plutôt proclamer cette station pour lui-même par obstination et orgueil. Il prétendait qu'en agissant ainsi, c'était lui qui décrétait la vie et la mort. Pharaon le suivit sur cette voie : « Ô notables ! Je ne connais pas d'autre dieu pour vous que moi-même »159. C'est pourquoi, lorsqu'il revendiqua cette vanterie, Ibrāhīm lui dit : « Allah fait lever le soleil à l'orient. Fais-le donc lever à l'occident »160. Par là, il voulait dire : « Si tu prétends donner la vie et la mort, alors Celui qui le fait est Celui qui impose Sa volonté dans l'existence en créant les êtres qu'Il a choisis et en assujettissant les planètes et leurs mouvements. Ce soleil apparaît chaque jour à l'orient : si tu es un dieu qui donne la vie et la mort comme tu le prétends, alors fais-le venir de l'occident. » Quand il sut qu'il en était incapable et ne pouvait offrir de réponse, il comprit qu'il ne pouvait plus se vanter dans cette situation, et il resta muet de stupeur. Allah dit : « Et Allah ne guide pas le peuple des injustes »161. Cela signifie qu'Il ne les inspire à aucune preuve ni argument. Au contraire, leur argumentation est vaine aux yeux de leur Seigneur. Sur eux pèse la colère, et ils subiront un châtiment terrible. La révélation selon ce sens est bien meilleure que ce que mentionne la plupart des logiciens, à savoir que le passage d'Ibrāhīm du premier point au second était un passage d'une preuve à une autre plus nette. Certains logiciens désignent ce passage par une expression peu agréable. Pourtant, ce n'est pas tel qu'ils l'ont énoncé. Le premier point est au contraire comme la prémisse du second, et il met en évidence la fausseté de ce que Namrūd prétendait aussi bien dans le premier que dans le second point. À Allah revient toute louange et toute gratitude.162
Preuves de la proposition et conclusion
Evidence for the proposition and the conclusion
• Première proposition : les événements temporels existent.
• First proposition: Temporal events exist.
• Deuxième proposition : Tout événement temporel a une cause qui l'a produit.
• Second proposition: Every temporal event has someone who caused it.
• Conclusion : Allah est la cause des événements temporels.
• Conclusion: Allah is the cause of temporal events.
Des preuves de ces deux propositions, ainsi que la manière dont elles mènent à la conclusion susmentionnée, sont requises.
Evidence for these two propositions, and how they lead to the aforementioned conclusion, is required.
Preuve de la première proposition : « Les événements temporels existent »
Proof for the first proposition: ‘Temporal events exist’
La preuve de cette proposition réside dans les sens et l'observation, ce que Ghazālī, Ibn Rushd, Ibn Taymiyya et d'autres ont souligné à propos des événements temporels perceptibles. Concernant la temporalité de l'univers (et de tout ce qu'il contient), on peut concevoir à la fois son existence et sa non-existence ; son existence n'est donc pas considérée comme nécessaire, elle n'est que contingente. Les entités contingentes sont assurément temporelles, car leur venue à l'existence exige l'existence d'un être non contingent. La temporalité de l'univers sera traitée plus en détail dans la section suivante, avec la permission d'Allah.
The proof of this proposition is the senses and observation, which is what Ghazālī, Ibn Rushd, Ibn Taymiyyah, and others pointed out in relation to perceptible temporal events. On the temporality of the universe (and everything within it), both its existence and non-existence can be envisaged, and thus its existence is not considered necessary – it is only contingent. Contingent entities are most certainly temporal, as they require the existence of a non-contingent being for them to come into existence. The temporality of the universe will be discussed in more detail in the next section, by the permission of Allah.
Les sens sont des transmetteurs cognitifs, non des arbitres cognitifs. La reconnaissance par l'homme des choses émergentes qu'il observe et perçoit autour de lui est nécessaire. Ibn Taymiyyah a dit : la méthode consistant à apporter des preuves en se fondant sur ce dont la temporalité est observable se trouve dans le Coran, et les anciens savants et imams se sont accordés à son sujet, mais conjointement avec l'instinct et les sens. Avec cela, il n'est pas nécessaire d'apporter des preuves de la temporalité de certaines choses. Douter de la temporalité de ces choses dont l'émergence peut être observée conduit au sophisme, lequel ferme la porte à toute possibilité de connaissance. Il aboutit à mettre sur un pied d'égalité un homme sain d'esprit et un fou.
The senses are cognitive transmitters, not cognitive arbiters. A man’s recognition of the emerging things he witnesses and senses around him is necessary. Ibn Taymiyyah said, The method of bringing evidence by using that whose temporality is observable is in the Qur’an, and the ancient scholars and Imams have agreed to it, though in conjunction with instinct and the senses. With this, there is no need to offer evidence for the temporality of specific Doubting the temporality of those things whose emergence can be observed leads to sophism, which shuts down the possibility of any knowledge. It results in the equalisation of a sane person and a madman.
Preuve de la seconde proposition : « Tout événement temporel doit avoir quelqu'un qui l'a causé »
Proof for the second proposition: ‘Every temporal event must have someone who caused it’
La preuve de cela est l'instinct rationnel, tel qu'il est représenté dans le principe de causalité. Il s'agit d'une question évidente par elle-même et instinctive, dont le scénario contraire ne peut être envisagé : il n'est pas possible d'imaginer l'existence d'une chose temporelle sans savoir qu'il y avait une cause qui a produit son émergence. Ibn Taymiyyah a dit : « Savoir qu'une entité créée doit avoir un créateur est une connaissance innée et instinctive. »164 Par conséquent, il ne s'agit pas d'une question qui exige un processus de raisonnement fondé sur des preuves. Elle doit plutôt être acceptée comme un fait, car c'est une connaissance élémentaire, sur laquelle repose la connaissance théorique. Les évidences rationnelles servent de preuves pour d'autres choses. Elles ne sont pas là pour être démontrées. Elles tirent leur caractère décisif de leur caractère inné. Sans affirmer leur caractère instinctif, le fondement de la connaissance deviendrait une série infinie, entraînant l'effondrement de toute possibilité d'acquérir une connaissance. Il doit donc exister des faits de base – ou des concepts cognitifs – sur lesquels se fonde le processus de raisonnement fondé sur des preuves. L'un de ces concepts cognitifs instinctifs est le principe de causalité.
The proof for this is rational instinctiveness, as represented in the principle of causality. It is a self-evident and instinctive issue whose opposite scenario cannot be envisaged: It is not possible to imagine the existence of a temporal matter without knowing there was a cause that brought about its emergence. Ibn Taymiyyah said, ‘Knowing that an originated entity must have an originator is innate and instinctive knowledge.’164 Therefore, this is an issue that does not require a process of evidence-based reasoning. Rather, it would be accepted as fact, for it is basic knowledge, upon which theoretical knowledge is based. Rational necessities are to be used as evidence for other things. They are not there to be proven. They acquire their decisiveness from their innateness. Without affirming their instinctiveness, the basis of knowledge would become an infinite series, causing the collapse of the possibility of gaining any knowledge. Therefore, there must be some basic facts – or cognitive concepts – upon which the process of evidence-based reasoning is founded. One of these instinctive cognitive concepts is the principle of causality.
Il est intéressant de constater que le processus de raisonnement fondé sur des preuves exige que la nécessité rationnelle soit reconnue. La relation entre la preuve et ce qu'elle indique est régie par cette règle, car la preuve est la cause de l'acquisition de la connaissance de ce qu'elle indique. La tentative même de l'adversaire de réfuter le principe de causalité constitue, de sa part, une reconnaissance tacite en faveur de ce principe. Sur l'influence profonde de ce principe sur la constitution de la rationalité humaine, Ibn Taymiyya a dit : « Il est connu par la fiṭrah – par laquelle Allah a prédisposé Ses serviteurs à une logique claire – qu'un événement survenu ne se produit pas sans qu'il y ait quelque chose qui l'origine, et que l'apparition d'un événement temporel sans origine peut être écartée d'emblée comme fausse. Cela est enraciné chez tous les fils d'Adam, même chez les jeunes enfants. Si un enfant recevait un coup et demandait : "Qui m'a frappé ?", et qu'on lui répondait : "Personne", son esprit n'admettrait pas que le coup ait été porté sans que quelqu'un en soit l'auteur. C'est pourquoi, si quelqu'un affirmait que l'écriture, la construction, la plantation ou des choses semblables peuvent se produire sans que personne ne les accomplisse, les personnes rationnelles le considéreraient soit comme un fou, soit comme un sophiste, tout comme celui qui nierait l'évidence et la connaissance instinctive. »165
Le deuxième niveau de l'argument de la création et de l'invention : l'argument cosmologique
The second level of the argument from creation and invention: The cosmological argument
Cette preuve est connue sous le nom d'argument de la temporalité, d'argument du kalam, d'argument de l'univers ou d'argument cosmologique. Les prémisses et la conclusion de cette preuve sont semblables à celles du premier niveau que nous venons d'aborder.
This proof is known as the argument from temporality, the kalam argument, the argument from the universe, or the cosmological argument. The propositions and conclusion of this proof are similar to those of the first level that we just dealt with:
• Première proposition : Tout ce qui a un commencement doit avoir une cause.
• First proposition: Anything with a beginning must have a cause.
• Deuxième prémisse : L'univers a un commencement.
• Second proposition: The universe has a beginning.
• Conclusion : Par conséquent, l'univers doit avoir une cause.
• Conclusion: Therefore, the universe must have a cause.
La cause qui a préféré son existence à son non-existence est Allah.
The cause that preferred its existence over its non-existence is Allah .
En réalité, cette méthode de raisonnement n'est pas nouvelle dans le domaine de la philosophie et du kalam. Elle constitue même le point d'entrée le plus célèbre du kalam dans la question de l'existence d'Allah. C'est pourquoi certains de ceux qui ont employé ce raisonnement dans l'arène occidentale contemporaine – comme le célèbre débatteur chrétien William Lane Craig – l'ont appelé « l'argument cosmologique du kalam » ; il a d'ailleurs un livre portant le même titre. Au début de ce livre, il fait la reconnaissance importante suivante : « Probablement aucun chapitre de l'histoire de l'argument cosmologique n'est aussi significatif – ou aussi universellement ignoré – que celui des théologiens et philosophes arabes. Bien que nous y trouvions l'origine et le développement de deux des versions les plus importantes de l'argument cosmologique, à savoir l'argument de la régression temporelle et l'argument de la contingence, la contribution de ces penseurs islamiques est pratiquement ignorée dans les anthologies et livres occidentaux sur le sujet. »168
In actuality, this method of reasoning is not new in the philosophy or kalam space. In fact, it is the most famous entry point of kalam into the issue of the existence of Allah . This is why even some of those who have used this reasoning within the contemporary Western arena – such as the famous Christian debater William Lane Craig – have called it the ‘kalam cosmological argument’; he also has a book with the same name. In the beginning of this book, he makes the following important acknowledgement: ‘Probably no chapter in the history of the cosmological argument is as significant – or as universally ignored – as that of the Arabic theologians and philosophers. Although we find in them the origin and development of two of the most important versions of the cosmological argument, namely the argument from temporal regress and the argument from contingency, the contribution of these Islamic thinkers is virtually ignored in western anthologies and books on the subject.’168
Premier concept : l'expansion de l'univers
First concept: Expansion of the universe
Durant les premières étapes de l'histoire de la cosmologie, il existait une sorte d'accord sur deux notions fondamentales concernant la nature de l'univers :
During the early stages of the history of cosmology, there was an agreement of sorts on two fundamental notions related to the nature of the universe:
1. L'univers est homogène, doté des mêmes caractéristiques : il est le même dans toutes ses parties constitutives.
1. The universe is homogeneous with the same characteristics – it is the same across all its constituent parts.
2. L'univers suit un schéma fixe et constant.
2. The universe is in a fixed and constant pattern.
Lorsqu'Einstein est venu présenter la relativité, ces deux hypothèses semblaient contredire la première version de la loi de relativité qu'il avait théorisée. Pour résoudre ce problème, il proposa un coefficient constant qu'il nomma la constante cosmologique, afin de contrebalancer l'effet de la gravitation. Ainsi, il y aurait un équilibre dans la nouvelle théorie de l'univers qu'il avait proposée, selon laquelle l'univers est statique. Telle était la conception généralement admise de l'univers dans la plupart des cercles scientifiques de l'époque : l'univers était caractérisé comme statique et constant.
When Einstein came and introduced relativity, these two assumptions appeared to contradict the first iteration of the law of relativity that he theorised. To deal with this problem, he proposed a constant coefficient he called the cosmological constant in order to counterbalance the effect of gravity. That way, there would be balance in the new theory of the universe that he had proposed, which was that the universe is static. This was the generally accepted view on the universe in most scientific circles back then: The universe was characterised as being static and constant.
Par la suite, le prêtre catholique belge et physicien Georges Lemaître ainsi que le scientifique russe Alexandre Friedmann firent leur apparition. Ils proposèrent une nouvelle théorie de l'univers : l'univers est en expansion, et il a commencé à partir d'un état extrêmement dense et compact. Le principal appui à la théorie expansionniste de l'univers vint d'Edwin Hubble. En 1929, il fit une découverte importante : les galaxies qui nous entourent s'éloignent de nous à une vitesse correspondant à la distance qui les sépare de nous ; leur vitesse augmente à mesure que la distance s'accroît. L'expansion fut détectée grâce au spectre lumineux de ces galaxies : elles apparaissent rougeâtres, ce qui suggère qu'elles s'éloignent, contrairement à un objet qui se rapproche, lequel apparaît à l'observateur avec une teinte bleutée. En 1946, George Gamow émit la théorie selon laquelle, parallèlement à l'expansion de l'univers et à la baisse de la température, les photons se sont détachés de la matière avec succès. Cela fut représenté sous la forme d'un rayon lumineux dont Gamow supposait l'existence, et qui continuait de se diffuser à travers l'univers. Ce phénomène fut découvert par hasard par Arno Penzias et Robert Wilson. Il fut ensuite nommé rayonnement de fond diffus cosmologique, et constitue l'une des preuves les plus solides de la théorie du Big Bang. Ce rayonnement révéla l'existence de niveaux de température anormalement élevés entre les galaxies, et montra que l'espace n'a pas une température du zéro absolu. Sa température se situe plutôt aux alentours de 3 kelvins : ce rayonnement est le reliquat thermique du Big Bang. En raison de cette découverte, les deux chercheurs reçurent le prix Nobel de physique en 1978. Ce moment marqua un tournant dans la communauté scientifique : le rejet du Big Bang laissa place à une acceptation générale. Il est intéressant de noter que cette découverte fut, de leur part, le fruit du hasard. Ils déclarèrent : « Soit nous avons vu la naissance de l'univers, soit (comme le veut un conte populaire de l'astrophysique) nous avons vu un tas de 81 »
Deuxième concept : la deuxième loi de la thermodynamique
Second concept: The second law of thermodynamics
Dans le milieu des années 1990, des scientifiques ont tenté de découvrir une loi expliquant tous les processus irréversibles de l'univers. Ces efforts ont abouti à la découverte du deuxième principe de la thermodynamique. La première étape de cette découverte fut de constater que la chaleur se transfère toujours d'un corps plus chaud vers un corps moins chaud, et qu'elle continue de se transférer jusqu'à ce que tous les corps reliés atteignent l'équilibre thermique. En réalité, le transfert thermique n'est qu'un exemple parmi d'autres, que l'on peut décrire comme le concept d'équilibre ou l'équilibre de la nature. On observe la même chose avec la diffusion des gaz vers un état d'équilibre, avec l'électricité et dans d'autres cas encore. Si ces phénomènes ne se produisaient pas dans la nature, la vie serait impossible. Grâce à ce phénomène, l'air, par exemple, ne se sépare pas en sorte que l'oxygène se rassemble d'un seul côté de la pièce et l'azote de l'autre. Un développement important dans la formulation de cette loi est son lien avec le concept d'entropie. Il s'agit d'un terme technique qui désigne le degré de chaos. Chaque fois que le degré de désordre d'un système augmente, la somme des entropies y augmente ; de même, lorsque le degré de désordre diminue, la somme des entropies diminue. C'est pourquoi le principe de la thermodynamique contient une disposition selon laquelle les systèmes tendent à passer d'une entropie faible à une entropie plus élevée. En d'autres termes, ils passent de l'ordre au désordre. Ce qui nous concerne ici, c'est le lien de cette loi avec l'univers. L'univers est un système fermé. C'est pourquoi le deuxième principe de la thermodynamique s'y applique. En tant que système fermé, l'univers tend à atteindre l'équilibre dans de multiples domaines. La chaleur se diffuse jusqu'à atteindre l'équilibre, et il en va de même pour la répartition de l'énergie, de l'entropie et d'autres grandeurs.
In the mid-90s, scientists attempted to uncover a rule that explains all irreversible processes in the universe. As a result of those efforts, the second law of thermodynamics was discovered. The first step to realising this was to note that heat always transfers from a more heated body to a less heated one, and heat keeps on transferring until all connected bodies reach thermal equilibrium. The fact of the matter is that the thermal transfer is just one example of many, which can be described as the equilibrium concept or the balance of nature. The same can be seen vis-à-vis the spread of gases to achieve equilibrium, electricity, and other cases as well. Had these phenomena not occurred in nature, life would have been impossible. By this phenomenon, the air – for example – does not separate out so that oxygen gathers only on one side of the room and nitrogen on the other side. One significant development in the shaping of this law is its connection with the concept of entropy. It is a technical term used to denote the amount of chaos. Anytime there is an increase in the scale of disorder within a system, the sum of the entropies rises therein; likewise, when there is a disorder scale decrease, the sum of the entropies decreases. This is why the law of thermodynamics has within it a provision that states that systems are inclined to switch from low entropy to higher entropy. In other words, they switch from order to disorder. What concerns us here is the connection of this law to the universe. The universe is a closed system. This is why the second law of thermodynamics is applicable to it. As a closed system, the universe strives to achieve equilibrium in multiple fields. Heat spreads until it reaches equilibrium, and likewise the same occurs in the distribution of energy, entropy, and others as well.
Les objections les plus célèbres à l'argument de la création
The most famous objections to the argument from creation
Celui qui nie l'existence d'Allah ne reconnaîtrait pas l'indication instinctive de cet argument, et soulèverait plutôt une série de doutes à son encontre. Ces doutes se rapportent soit à la première prémisse de l'argument, soit à la seconde, soit à sa conclusion. Je mentionnerai ici les doutes et objections les plus importants qui ont été recensés.
One who denies the existence of Allah would not accept the instinctive indication of this argument, and would instead cast a set of doubts on it. These doubts either go back to the argument’s first proposition, second proposition, or conclusion. Here, I shall mention the most important doubts and objections that have been listed.
Objections à la première proposition : « Tout ce qui a un commencement doit avoir une cause »
Objections to the first proposition: ‘Everything that has a beginning must have a cause’
La principale façon de remettre en question cette proposition consiste à affirmer que quelque chose peut venir à l'existence sans aucune cause, et qu'il est possible qu'une entité contingente soit choisie pour exister – plutôt que de ne pas exister – sans qu'il existe de celui qui choisit. Partant de là, il serait possible que l'univers ait simplement commencé à exister sans cause ; il n'aurait donc pas besoin d'une cause qui ait préféré son existence. Ainsi, cette affirmation rendrait inutile la nécessité d'un Créateur indépendant. Le plus célèbre argument sceptique vise à nier l'élément instinctif de l'homme. Cet instinct désigne le principe de causalité. Il a été précédemment souligné que ce principe est un concept rationnel instinctif et évident, qui ne nécessite aucune vérification extérieure. Le plus célèbre sceptique de ce principe est le philosophe anglais David Hume. Il est le pionnier de l'école empiriste, qui affirme que seuls les sens peuvent être la source de la connaissance humaine. Il déclare :
The main way of casting doubt to this proposition is through the claim that something can come into existence without any cause, and that it is possible for a contingent entity to be chosen for existence – versus non-existence – without a chooser. Based on this, it is possible that the universe just came into existence without cause; therefore, it is not in need for a cause that preferred it to exist. As thus, this claim would make the need for an independent creator irrelevant. The most famous sceptic argument strives to negate man’s instinctive element. That instinct denotes the principle of causality. It has been previously highlighted that this principle is an instinctive and self-evident rational concept that does not require external veracity. The most famous sceptic of this principle is the English philosopher David Hume. He is a pioneer of the empiricist school, that declares that only the senses can be the source for human knowledge. He states.
Afin donc de bien connaître l'idée de pouvoir ou de connexion nécessaire, examinons son impression ; et pour trouver cette impression avec plus de certitude, cherchons-la dans toutes les sources dont elle peut éventuellement provenir. Lorsque nous portons notre regard sur les objets extérieurs et que nous considérons l'action des causes, nous ne parvenons jamais, dans un seul cas, à découvrir un pouvoir ou une connexion nécessaire, une qualité quelconque qui lie l'effet à la cause et fasse de l'un la conséquence infaillible de l'autre. Nous constatons seulement que l'un suit effectivement l'autre, dans les faits. L'impulsion d'une bille de billard s'accompagne du mouvement de la seconde. Voilà tout ce qui apparaît aux sens extérieurs. L'esprit n'éprouve aucun sentiment ni aucune impression intérieure de cette succession d'objets : par conséquent, il n'y a, dans aucun cas particulier et singulier de cause et d'effet, rien qui puisse suggérer l'idée de pouvoir ou de connexion nécessaire.176
Objections à la seconde proposition : « L'univers a un commencement »
Objections to the second proposition: ‘The universe has a beginning’
La objection la plus significative ici est la tentative de proposer des points de vue alternatifs qui remplaceraient la théorie traditionnelle du Big Bang. Cette objection affirme d'abord, et soutient, la notion que l'univers est préétern, à l'instar du modèle statique, ou qu'il attribue au Big Bang un caractère évolutif, en ce sens qu'il aurait été le commencement par rapport à notre univers, mais non le commencement absolu. Il semble que la tentative de proposer de telles théories alternatives soit guidée idéologiquement par le rejet des implications théoriques du Big Bang. Nous avons un physicien qui exprime un profond ressentiment envers cette théorie, comme si elle relevait d'une conspiration d'inspiration religieuse. Il a déclaré : « Le motif sous-jacent est, bien sûr, de faire intervenir Dieu comme Créateur. Cela ressemble à l'occasion que la théologie chrétienne attend depuis que la science a commencé à détrôner la religion dans l'esprit des hommes rationnels au XVIIe siècle. »184 L'idée du Big Bang mit d'abord Einstein mal à l'aise, car elle impliquait que l'univers, tel que nous le voyons aujourd'hui, a un commencement. Il a dit : « Cette circonstance (c'est-à-dire d'un univers en expansion) m'irrite. » Robert Jastrow note : « Einstein n'a jamais aimé l'idée d'un big bang parce qu'elle suggérait un commencement et une création, et une création suggérait un Créateur. » Il cita Eddington en disant : « En tant que scientifique, je ne crois tout simplement pas que l'ordre actuel des choses ait commencé par un bang. » Jastrow ajoute : « Oh oui, la métaphore était que nous savons maintenant que l'univers a eu un commencement, et que toutes les choses qui existent dans cet univers – la vie, les planètes, les étoiles – peuvent être remontées à ce commencement, et c'est un résultat curieusement théologique issu de la science. L'image que j'avais en tête en écrivant cela était celle d'un groupe de scientifiques et d'astronomes qui gravissent une chaîne de montagnes ; ils atteignent le plus haut sommet, et tout au sommet, ils rencontrent une troupe de théologiens qui les attendent assis depuis des siècles. »185
The most significant objection here is the attempt to offer alternative viewpoints that would replace the traditional theory of the Big Bang. The objection firstly entails – and maintains – the notion that the universe is pre-eternal, like the static model, or that it assigns an evolutionary angle to the Big Bang in the sense that it was the beginning relative to our universe, but not the absolute beginning. It would appear that the attempt to propose such alternative theories is ideologically driven by the rejection of the theoretical implications of the Big Bang. We have one physicist express deep resentment of this theory, as if it were a religiously driven conspiracy. He said, ‘The underlying motive is, of course, to bring in God as creator. It seems like the opportunity Christian theology has been waiting for ever since science began to depose religion from the minds of rational men in the seventeenth century.’184 The idea of the Big Bang made Einstein initially uncomfortable, as its implication was that the universe – as we see it today – has a beginning. He said, ‘This circumstance (i.e., of an expanding universe) irritates me.’ Robert Jastrow notes: Einstein never liked the idea of a big bang because it suggested a beginning and a creation, and a creation suggested a Creator.’ He quoted Eddington by saying, ‘As a scientist I simply do not believe that the present order of things started off with a bang.’ Jastrow adds: ‘Oh yes, the metaphor there was that we know now that the universe had a beginning, and that all things that exist in this universe – life, planets, stars – can be traced back to that beginning, and it’s a curiously theological result to come out of science. The image that I had in my mind as I wrote about this was a group of scientists and astronomers who are climbing up a range of mountain peaks and they come to the highest peak and the very top, and there they meet a band of theologians who have been sitting for centuries waiting for them.185
Le modèle de l'univers oscillant
The oscillating universe model
Le modèle de l'univers oscillant repose sur l'idée que l'univers se dilate pendant une période, puis s'effondre et se contracte, avant de se dilater à nouveau. Ce processus se répète, à la manière d'un « effondrement et rebond ». Cette conception affirme que l'univers, dans son essence, est préétern, sans commencement définitif, mais qu'il se trouve dans un état constant de volatilité entre expansion et contraction. Ce modèle présente un certain nombre de problèmes. En outre, il véhicule la mentalité omniprésente mais non étayée de la préeternité de l'univers. On peut la déceler dans ce que dit John Gribbin :
The oscillating universe model is based on the idea that the universe expands for a period, then collapses and contracts, and then expands again. The process repeats itself, resembling a ‘crunch and bounce’. This view states that the universe at its core is pre-eternal without any definitive beginning, but it is in a constant state of volatility of expansion and contraction. This model has a number of problems. In addition, it carries the pervading yet unsubstantiated mentality of the pre-eternality of the universe. One can detect this in what John Gribbin said:
Le plus grand problème de la théorie du Big Bang concernant l'origine de l'Univers est philosophique – peut-être même théologique : qu'y avait-il avant le big bang ? Ce problème à lui seul suffisait à donner une forte impulsion initiale à la théorie de l'état stationnaire ; mais, cette théorie étant désormais malheureusement en contradiction avec les observations, la meilleure façon de contourner cette difficulté initiale est fournie par un modèle dans lequel l'univers se dilate à partir d'une singularité, puis se contracte à nouveau et répète indéfiniment ce cycle.190
The biggest problem with the Big Bang theory of the origin of the Universe is philosophical – perhaps even theological – what was there before the bang? This problem alone was sufficient to give a great initial impetus to the Steady State theory; but with that theory now sadly in conflict with the observations, the best way round this initial difficulty is provided by a model in which the universe expands from a singularity, collapses back again, and repeats the cycle indefinitely.190
Une objection à la théorie de l'univers oscillant est que la notion de contraction fait l'objet d'un grand débat au sein de la communauté scientifique. Alan Guth et Marc Sher ont rédigé un article scientifique intitulé « The Impossibility of a Bouncing Universe », dans lequel ils ont mentionné que, même si l'on suppose que l'univers se contracte, il serait incapable de connaître un nouveau big bang.
One objection to the oscillating universe theory is that the notion of contraction is an area of great debate in the scientific community. Alan Guth and Marc Sher wrote a scientific paper titled ‘The Impossibility of a Bouncing Universe’, in which they mentioned that even if it is assumed that the universes contracts, it would be unable to repeat another bang.
Le modèle de l'inflation éternelle
The eternal inflation model
Ce modèle est une version évoluée de la théorie du Big Bang. Il affirme que notre univers a une origine, mais ajoute que cela ne signifie pas qu'il s'agit du commencement absolu de toute matière et de toute énergie. Selon cette conception, la matière et l'énergie sont préétemelles. Pour être précis, cette théorie propose que les parties constitutives de l'univers se dilatent et se contractent à des rythmes variables. Il est possible de considérer ces parties comme autant d'univers, ou comme un multivers. Bien que notre univers puisse avoir un point d'origine, cela ne signifie pas que tous les univers soient ainsi. Les scientifiques ont relevé que cette théorie se heurte également à un certain nombre de problèmes. C'est pourquoi le cosmologiste Andrei Linde a tenté de résoudre le problème auquel ce modèle était confronté en proposant une version raffinée de celui-ci, appelée inflation nouvelle. Cependant, il a lui-même relevé des failles dans cette version, ce qui l'a conduit à proposer son modèle le plus célèbre, appelé inflation chaotique. En bref, ce modèle postule l'existence d'un « univers mère » dont naissent de nombreux nouveaux univers, et de ceux-ci naissent d'autres univers encore, comme des bulles. Ce processus se poursuivrait éternellement. Cette théorie suggère que, bien que les nouveaux univers aient un commencement, l'univers principal n'en a pas. Se prononçant sur la prééternité globale de l'univers, il déclare : « L'aspect le plus difficile de ce problème n'est pas l'existence même de la singularité, mais la question de ce qui se trouvait avant la singularité… Ce problème se situe quelque part à la frontière entre la physique et la métaphysique. »194 En raison de ce problème, et faute de raison de rien affirmer au-delà du domaine de la physique, Linde a adopté un modèle qui nie tout commencement et toute fin du temps. De même que l'univers principal est préétemel, a-t-il soutenu, de nouveaux univers continueraient indéfiniment à être créés. Ainsi, il pouvait échapper à la notion de singularité et aux questions a priori qui l'accompagnent. En d'autres termes, il a évité de rechercher une cause à l'émergence de l'univers en le rendant (en quelque sorte) préexistant à l'éternité. Lorsque nous analysons ce modèle – et tous les modèles précédents – nous constatons qu'aucun d'entre eux n'est fondé sur la science. Ce sont au mieux des suppositions. En fait, ce ne sont que des hypothèses conçues pour éviter le problème d'un commencement absolu de l'univers. C'est pourquoi de nombreux physiciens estiment qu'il est impossible de démontrer – sans parler de tester – la validité de ces théories par des preuves.
This model is an evolved version of the Big Bang theory. It affirms that our universe has an origin, but it adds that this does not mean that this is the absolute beginning of all matter and energy. This view states that matter and energy are pre-eternal. To clarify, this theory proposes that the constituent parts of the universe expand and contract at varying rates. It is possible to treat these parts as various universes, or the multiverse. Though it could be the case that our universe has an origin point, this does not mean that all universes are like this. Scientists have noted that this theory has also been beset by a number of problems. This is why the cosmologist Andrei Linde attempted to solve the problem facing this model by offering a refined version of it, called new inflation. However, he himself noted that there are faults in this, which led him to propose his most famous model called chaotic inflation. In brief, it proposes that there is a ‘mother universe’ from which many new universes are spawned, and from them other universes are born – like bubbles. This process would continue forever. This theory suggests that though the new universes have a beginning, the principal universe does not. Speaking on the overall pre-eternality of the universe, he said, ‘The most difficult aspect of this problem is not the existence of the singularity itself, but the question of what was before the singularity…This problem lies somewhere at the boundary between physics and metaphysics.’194 Because of this problem, and because of the lack of impetus to affirm anything beyond the realm of physics, Linde assumed a model that negated a beginning and end for time. Just as the principal universe is pre-eternal, he argued that new universes would endlessly continue to be made. As thus, he could escape the notion of singularity and the a priori questions that come with it. In other words, he evaded searching for a cause for the emergence of the universe by making it (somewhat) pre-eternal. When we analyse this model – and all previous models – we can see that none of them are based on science. They are at best assumptions. In fact, they are just hypotheses that are designed to avoid the problem of an absolute beginning for the universe. This is why many physicists believe it is impossible to demonstrate – let alone test – the validity of these theories through evidence.
Objections à la conclusion « Dieu est Celui qui a fait sortir l'univers du néant à l'existence »
Objections to the conclusion ‘God is the One Who brought the universe out of nothingness into existence’
Première objection : pourquoi Allah ?
First objection: Why Allah?
Le contexte de cette objection est le suivant : même si l'on admet qu'il existe une cause à l'origine du monde, pourquoi suppose-t-on automatiquement qu'Allah est cette cause ? C'est l'une des objections les plus célèbres des athées. Ce qui est étrange, c'est que lorsque Richard Dawkins a abordé l'argument de la temporalité en faveur de l'existence de Dieu dans son fameux livre The God Delusion, il n'a avancé que cette seule objection.
The background to this objection is this: Even if it is assumed that there is a cause behind the emergence of the world, how is Allah then automatically assumed to be that cause? This is one of the most famous objections of atheists. What is strange is that when Richard Dawkins discussed the argument from temporality for the existence of God in his infamous book The God Delusion, he offered only this objection:
Même si l'on s'autorise le luxe douteux d'inventer arbitrairement un terminus à une régression à l'infini et de lui donner un nom, simplement parce qu'on en a besoin, il n'existe absolument aucune raison de doter ce terminus de l'une quelconque des propriétés habituellement attribuées à Dieu : toute-puissance, omniscience, bonté, créativité du dessein, sans parler de ces attributs humains que sont l'écoute des prières, le pardon des péchés et la lecture des pensées les plus intimes.199
Even if we allow the dubious luxury of arbitrarily conjuring up a terminator to an infinite regress and giving it a name, simply because we need one, there is absolutely no reason to endow that terminator with any of the properties normally ascribed to God: omnipotence, omniscience, goodness, creativity of design, to say nothing of such human attributes as listening to prayers, forgiving sins and reading innermost thoughts.199
Ensuite, il s'attache aux attributs d'Allah, et à la manière dont il serait possible qu'ils soient Ses attributs. Après réflexion, cette stratégie de sa part – et de la part des athées en général – constitue une dérobade stratégique face au point en discussion, qui fait glisser le débat vers une question totalement distincte. Quiconque utilise cet argument comme preuve chercherait à prouver l'existence de l'être non contingent, et non ses attributs. Passer du point central de l'argumentation à une question que ses défenseurs n'ont pas abordée révèle soit un manque d'impartialité, soit une ignorance délibérée des règles du débat et de la discussion philosophique. Considérez ce qui suit :
Then he focuses on the attributes of Allah , and how it is possible for these to be His attributes. Upon further analysis, this strategy on his part – and by atheists in general – is a strategic evasion of the point under discussion, landing it onto a completely separate issue. Whoever uses this in evidence would be doing so to prove the existence of the non-contingent being, not its attributes. Jumping from the central point of the argument to an issue not tackled by its proponents reflects either a lack of impartiality or wanton ignorance of the rules of debate and philosophical discussion. Consider the following:
Deuxième objection : le Dieu des lacunes
Second objection: God of the gaps
Les athées disent : « La réponse des théistes à la question “Quelle est la cause de l'émergence du monde ?” – à savoir Allah – est une ignorance de la causalité. C'est comme si les théistes comblaient les lacunes de leur ignorance avec une telle réponse. Les théistes accentuent cette position ignorante en invoquant l'ignorance, et utilisent ainsi comme preuve l'incapacité de leur adversaire à la démanteler – rien de plus. Ils ne parviennent à offrir aucune preuve de la véracité probante de leur affirmation. » Cette rhétorique constitue une autre erreur de la part des athées. Notre affirmation de l'existence du Créateur ne repose pas sur notre incapacité à expliquer la cause ultime de l'univers, et n'est pas non plus un simple saut aveugle de foi dans lequel nous aurions introduit le concept de Dieu pour résoudre un problème auquel nous n'avons pas de réponse. Notre croyance résulte plutôt d'un ensemble de propositions rationnelles et instinctives qui aboutit à cette conclusion. Notre croyance selon laquelle Allah est la cause de l'existence de l'univers repose sur la connaissance, et non sur l'ignorance. Comme cela a été prouvé précédemment, l'univers est temporel. Il est donc soit temporel avec une cause derrière lui, soit sans cause ; cette dernière hypothèse est impossible, car les entités temporelles doivent nécessairement avoir une cause. Une cause serait soit l'entité temporelle elle-même, soit quelque chose de différent ; la première hypothèse est impossible, car elle aurait été inexistante avant son émergence – or ce qui ne possède pas l'existence par soi-même ne peut pas conférer l'existence à autre chose. Par conséquent, puisqu'il a émergé d'une cause distincte, cette cause doit elle-même être temporelle ou atemporelle ; si elle est temporelle, cette série doit aboutir à une cause atemporelle, car une causalité infinie est impossible. Il apparaît donc clairement que notre position ne consiste pas simplement en un désir de combler le vide laissé par l'ignorance, mais constitue plutôt une réponse réfléchie et rationnelle, fondée sur des propositions évidentes.
This is a well-known objection. Atheists say, ‘The theists’ answer to the question “What is the cause for the emergence of the world?” with Allah is ignorance of causality. It is as if theists are filling in the gaps of their ignorance with such an answer. Theists emphasise this ignorant stance of theirs by appealing to ignorance, and thus use as evidence the opponent’s inability to dismantle it – nothing more. They fail to offer any proof for the evidentiary veracity of their statement.’ This rhetoric is another error on the part of atheists. Our affirmation of the existence of the Creator is not based on our inability to explain the ultimate cause of the universe, nor is it merely a blind leap of faith in which we shoved in the concept of God to solve a problem for which we have no answer. Rather, our belief is a result of a set of rational and instinctive propositions that offers this conclusion. Our belief of Allah being the cause for the existence of the universe is based on knowledge, not ignorance. As proven earlier, the universe is temporal. It is therefore either temporal with a cause behind it, or without a cause; the latter is impossible as temporal entities must have a cause. A cause would be either the temporal entity itself or something different; the former is impossible as it would have been non-existent before emergence – something that does not possess existence for itself cannot confer existence onto something else. Therefore, as it emerged from a separate cause, that cause must in itself be temporal or atemporal; if the former, this series must end at an atemporal cause, as infinite causality is impossible. Therefore, it becomes clear that our position is not merely the desire to fill in the gap left by ignorance, but is rather a considered and rational answer that relies on self-evident propositions.
Troisième objection : pourquoi cette précipitation ? La science finira bien par révéler la cause.
Third objection: Why the haste? Science will reveal the cause
Cette objection combine en réalité une restriction excessive de la définition de la science, d'un côté, et une exagération de celle-ci, de l'autre. Les athées fondent leur philosophie existentielle sur une vision purement matérielle : ils ne croient qu'à ce que dictent les sciences empiriques et n'acceptent que des explications matérielles et naturelles des phénomènes. Dès lors, il n'y a aucune place pour une explication surnaturelle ou métaphysique. Qu'on regarde ce qu'a déclaré l'athée Scott Todd : il a exprimé en termes clairs ce que signifiait cette position : « Même si toutes les données pointent vers un concepteur intelligent, une telle hypothèse est exclue de la science parce qu'elle n'est pas naturaliste. »202
This objection is actually a combination of a gross restriction of the definition of science on the one hand, and an exaggeration of it on the other. Atheists draw their existential philosophy from a purely material view: They have faith in only what the empirical sciences dictate, and they accept only natural material explanations for phenomena. As thus, there is no room for any supernatural or metaphysical explanation. Check what the atheist Scott Todd said – he stated in clear terms what this outlook meant: ‘Even if all the data point to an intelligent designer, such a hypothesis is excluded from science because it is not naturalistic.’202
Le darwiniste et athée Richard Lewontin a déclaré : « Notre disposition à accepter des affirmations scientifiques contraires au bon sens est la clé pour comprendre la véritable lutte entre la science et le surnaturel. Nous prenons le parti de la science malgré l'absurdité manifeste de certaines de ses constructions, malgré son échec à tenir bon nombre de ses promesses extravagantes de santé et de vie, malgré la tolérance de la communauté scientifique envers des récits explicatifs non étayés, parce que nous avons un engagement préalable, un engagement envers le matérialisme. Ce n'est pas que les méthodes et les institutions de la science nous contraignent d'une manière ou d'une autre à accepter une explication matérielle du monde phénoménal ; c'est, au contraire, que notre adhésion a priori aux causes matérielles nous oblige à créer un appareil d'investigation et un ensemble de concepts qui produisent des explications matérielles, quelle que soit leur part de contre-intuitivité, quelle que soit leur part de mystère pour le profane. De plus, ce matérialisme est absolu, car nous ne pouvons pas laisser un Pied divin entrer par la porte. »203
The Darwinist and atheist Richard Lewontin said, Our willingness to accept scientific claims that are against common sense is the key to an understanding of the real struggle between science and the supernatural. We take the side of science in spite of the patent absurdity of some of its constructs, in spite of its failure to fulfil many of its extravagant promises of health and life, in spite of the tolerance of the scientific community for unsubstantiated just-so stories, because we have a prior commitment, a commitment to materialism. It is not that the methods and institutions of science somehow compel us to accept a material explanation of the phenomenal world, but, on the contrary, that we are forced by our a priori adherence to material causes to create an apparatus of investigation and a set of concepts that produce material explanations, no matter how counter-intuitive, no matter how mystifying to the uninitiated. Moreover, that materialism is absolute, for we cannot allow a Divine Foot in the door.203
Quatrième objection : l'univers n'a aucune cause, ou il s'est causé lui-même
Fourth objection: The universe has no cause at all, or it caused itself
Cette idée s'est répandue récemment dans les milieux athées. Elle est devenue une objection majeure à l'argument de la création et de l'invention. Cette objection affirme que l'univers est autosuffisant et ne dépend pas d'un fondateur, ou qu'il possède le pouvoir de se créer lui-même, ou qu'il est possible qu'il soit né du néant. Cette thèse a été proposée par Bertrand Russell dans son livre Pourquoi je ne suis pas chrétien, et elle est largement traitée dans The Grand Design, coécrit par le célèbre physicien théoricien Stephen Hawking et Leonard Mlodinow. C'est la même affirmation que celle du célèbre athée Lawrence Krauss dans son livre A Universe From Nothing, où il soutient que l'univers – à la lumière de la physique moderne – peut émerger du néant sans qu'il soit nécessaire qu'une entité extérieure explique cette émergence ; l'émergence de l'univers se fait plutôt à partir de rien. Au début de The Grand Design, une discussion porte sur le type de questions auxquelles le livre cherche à répondre, et sur la source d'information qui alimente ces réponses :
This idea has spread across atheist circles recently. It has become a key objection to the argument from creation and invention. This objection claims the universe to be self-sufficient and not dependent on a founder, or that it has the power to make itself, or that it is possible it emerged from nothing. This notion was proposed by Bertrand Russell in his book Why I Am Not a Christian, and is covered extensively in The Grand Design, co-authored by the famous theoretical physicist Stephen Hawking and Leonard Mlodinow. It is the same claim made by the famous atheist Lawrence Krauss in his book A Universe From Nothing, in which he claims that the universe – in light of modern physics – can emerge from nothing without the need for an external entity that would explain this emergence; rather, the emergence of the universe is from nothing. In the beginning of The Grand Design, there is a discussion on the type of questions that the book seeks to offer an answer to, and the source of information that feeds into these answers:
Nous n'existons chacun que pendant une courte période, et dans ce laps de temps nous n'explorons qu'une petite partie de l'univers tout entier. Mais l'être humain est une espèce curieuse. Nous nous interrogeons, nous cherchons des réponses. Vivant dans ce vaste monde qui tour à tour est bienveillant et cruel, et contemplant les immenses cieux au-dessus de nous, les gens ont toujours posé une multitude de questions : Comment pouvons-nous comprendre le monde dans lequel nous nous trouvons ? Comment se comporte l'univers ? Quelle est la nature de la réalité ? D'où tout cela provient-il ? L'univers avait-il besoin d'un créateur ? La plupart d'entre nous ne passent pas la majeure partie de leur temps à se tourmenter de ces questions, mais presque tous s'en préoccupent parfois. Traditionnellement, ce sont là des questions relevant de la philosophie, mais la philosophie est morte. Elle ne s'est pas tenue au courant des développements récents de la science, en particulier de la physique. Les scientifiques sont devenus les porteurs du flambeau de la découverte dans notre quête de connaissance. Le but de ce livre est de donner les réponses suggérées par les découvertes récentes et les avancées théoriques. Elles nous conduisent vers une nouvelle image de l'univers et de notre place en son sein, très différente de l'image traditionnelle, et différente même de celle que nous aurions pu dresser il y a une dizaine ou une vingtaine d'années.209
Cinquième objection : Alors, qui a créé Allah ?
Fifth objection: So who created Allah?
C'est l'une des objections athées les plus célèbres contre les croyants. Elle constitue un doute rationnel majeur envers le théisme dans le discours athée. À y réfléchir, ce n'est qu'une rhétorique de joute verbale, rien de plus. Leur système de croyance repose entièrement sur l'idée qu'Allah n'a pas créé le monde. Par conséquent, leur objection « Qui a créé Allah ? » serait typique des expériences des croyants. Dans la plupart des contextes, ce ne sont que des outils de querelle et d'objection stériles.
This is one of the most famous atheist objections against believers. It is a key rational doubt against theism in atheist discourse. Upon contemplation, it is just sparring rhetoric – nothing more. Their entire belief system rests upon the notion that Allah did not create the world. Therefore, their objection ‘So who created Allah?’ would be typical of believers’ experiences. In most contexts, these are simply tools for unfruitful quarrel and objection.
En étudiant les nombreuses personnalités athées qui se sont succédé, on peut facilement constater combien ont formulé cette objection, et comment cette question a pris le contrôle et exercé une pression sur de nombreux esprits. C'est l'un des doutes les plus importants qui ont conduit de nombreuses personnes vers l'athéisme. John Stuart Mill, Bertrand Russell, David Hume et Stephen Hawking ont tous affirmé que cette question représente un problème pour le théisme, ce qui les a finalement amenés à adopter l'athéisme ou à s'en convaincre. Il est à noter que c'est également la question centrale du livre The God Delusion. Presque toujours, cette question occupe une place importante, et même au premier plan, dans le discours du Nouvel Athéisme, comme on peut le constater en étudiant ses écrits, ses articles, ses débats et autres supports. Les problèmes soulevés par cette question peuvent être dissipés par les points suivants :
When studying the many atheist personalities that have gone by, we can easily uncover how many had this objection, and how this question took control and pressurised many minds. It is one of the most important doubts that introduced the inclination to atheism in many people. John Stuart Mill, Bertrand Russell, David Hume, and Stephen Hawking have all stated that this question represents a problem in theism, which ultimately led them to adopt, or become convinced by, atheism. It is noted that this is also the central question in the book The God Delusion. In almost every instance, this question is heavily present in, and at the forefront of, New Atheism discourse, which one can detect by studying its writings, articles, debates, and other materials. The problems brought about by this question can be dispelled by the following points:
1. Cette question n'est évidemment pas nouvelle. En fait, c'est une question tout à fait naturelle que les gens se posent. Elle relève au fond des mauvaises suggestions de Satan, et repose sur une proposition profondément erronée. 2. Cette question repose sur une erreur propagée par le discours athée. Elle constitue une grave méprise sur la nature précise des preuves rationnelles de la foi avancées par les théistes. La question véhicule la conception suivante de l'argument de la création et de l'invention en faveur de l'existence d'Allah :
L'argument de la contingence a été mentionné en même temps que l'argument de la temporalité, car ils partagent des thèmes communs et se ressemblent mutuellement. Bien qu'ils mènent à la même conclusion, ce sont en réalité deux preuves distinctes.
122 The argument from contingency was mentioned alongside the argument from temporality, as they have common themes and are mutually similar. Though they lead to the same outcome, they are actually two separate proofs.
Note du traducteur : par opposition à son grand-père, qui était lui aussi connu sous le nom d'Ibn Rushd.
123 Translator’s note: As opposed to his grandfather, who was also known as Ibn Rushd.
124 Al-Ḥajj, 73.
124 Al-Ḥajj, 73.
125 Il aurait été plus exact de dire « l'entité existante inventée », comme cela ressort clairement du contexte.
125 It would have been more accurate to say, ‘the invented existing entity’, as is clear from the context.
126 Al-Kashf ʿan Manāhij al-Adillah, p. 119. 127 Al-Ṭūr, 35.
126 Al-Kashf ʿan Manāhij al-Adillah, p. 119. 127 Al-Ṭūr, 35.
128 Maryam, 67.
128 Maryam, 67.
129 Maryam, 9.
129 Maryam, 9.
130 Dar' Ta'āruḍ al-'Aql wa al-Naql, 7/219. Voir aussi Sharḥ al-'Aqīdah al-Aṣbahāniyyah, p. 51.
130 Dar’ Taʿāruḍ al-ʿAql wa al-Naql, 7/219. See also Sharḥ al-ʿAqīdah al-Aṣbahāniyyah, p. 51.
131 Adh-Dhāriyāt, 21.
131 Al-Dhāriyāt, 21.
Dar' Taʿāruḍ al-ʿAql wa al-Naql, 3/123.
132 Dar’ Taʿāruḍ al-ʿAql wa al-Naql, 3/123.
133 Al-Ṭūr, 35.
133 Al-Ṭūr, 35.
134 Tafsīr Ibn Kathīr, 7/437.
134 Tafsīr Ibn Kathīr, 7/437.
135 Al-Ṭūr, 35.
135 Al-Ṭūr, 35.
Sourate 52 Al-Tūr, 36.