La fausse résurgence de la Turquie
Turkeys Phoney Resurgence
Plusieurs analystes ont décrit l'affirmation récente de la Turquie comme une nouvelle résurgence, la nation jouant un rôle de premier plan dans un certain nombre de questions internationales. Avec la 15ème plus grande économie au monde, l'emplacement géographique de la Turquie a transformé le pays en un hub énergétique entre l'Est et l'Ouest. Certains ont même utilisé le terme TRIC, plutôt que BRIC, lequel avait été initialement forgé par Goldman Sachs dans un rapport de 2005 pour décrire les nouvelles nations émergentes. Divers experts décrivent désormais l'ascension de la Turquie comme étant le néo-ottomanisme.
A number of analysts have described Turkey’s recent assertiveness as a new resurgence with the nation playing a leading role in a number of international issues. With the 15th largest economy in the world, Turkey’s geographical location has turned the country into a energy hub between the East and the West. Some have even used the term TRIC, rather than BRIC, which was originally coined by Goldman Sachs in a 2005 report when describing the new upcoming nations. Various experts are now describing Turkey's ascendency as neo-Ottomanism.
Stratfor a dit :
Stratfor said:
« La Turquie, tout comme la Russie, est également sur une trajectoire ascendante. Ankara redécouvre son influence de l'époque ottomane après avoir passé les dernières décennies en tant qu'ermite géopolitique. Son influence se propage à travers le monde islamique jusqu'au Moyen-Orient, à l'Asie centrale et à l'Asie du Sud, ainsi qu'à travers l'Eurasie dans le Caucase et les Balkans. Ce que nous observons est une stratégie turque prudente qui consiste à sonder ses diverses régions environnantes, en tentant de tirer parti des opportunités potentielles. Là où les Turcs rencontrent une résistance, ils se retirent. Là où ils rencontrent peu ou pas de résistance, ils progressent. Ces mouvements très préliminaires et exploratoires définiront les tentatives de renouveau géopolitique de la Turquie pour un certain temps à venir. »19
“Turkey, like Russia, is also on an ascendant path. Ankara is rediscovering its Ottoman-era influence after spending the past several decades as a geopolitical hermit. Its influence spreads across the Islamic world to the Middle East, Central Asia and South Asia as well as through Eurasia in the Caucasus and the Balkans. What we have is a careful Turkish strategy that involves probing into its various surrounding regions, attempting to take advantage of potential opportunities. Where the Turks find resistance, they retreat. In places where they encounter little or no resistance, they advance. These very preliminary and exploratory moves will define Turkish attempts at geopolitical revival for some time to come.”19
John Feffer, co-directeur de Foreign Policy In focus, a déclaré :
John Feffer, co-director of Foreign Policy In focus said:
« La Turquie devient rapidement une candidate probable pour un futur statut de superpuissance. Elle possède la 17e économie mondiale et, selon Goldman Sachs, a de bonnes chances d'intégrer le top 10 d'ici 2050. Sa puissance économique est également bien défendue : après des décennies d'assistance de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN), l'armée turque est désormais une puissance régionale. Plus important encore, la Turquie occupe un carrefour vital entre l'Europe, le Moyen-Orient et l'Asie centrale. Démocratie majoritairement musulmane sur les ruines de Byzance, elle fait le pont entre les traditions islamiques et judéo-chrétiennes, tout en étant perchée au nexus de la politique énergétique. Tous les chemins menaient autrefois à Rome ; aujourd'hui, tous les pipelines semblent mener à la Turquie. Si le statut de superpuissance suivait les règles de l'immobilier — emplacement, emplacement, emplacement — alors la Turquie serait déjà au sommet de la pyramide. »20
“Turkey promptly becomes a likely candidate for future superpower. It possesses the 17th top economy in the world and, according to Goldman Sachs, has a good shot at breaking into the top 10 by 2050. Its economic muscle is also well defended: after decades of assistance from the North Atlantic Treaty Organization (NATO), the Turkish military is now a regional powerhouse. Perhaps most importantly, Turkey occupies a vital crossroads between Europe, the Middle East and Central Asia. A predominantly Muslim democracy atop the ruins of Byzantium, it bridges the Islamic and Judeo-Christian traditions, even as it sits perched at the nexus of energy politics. All roads once led to Rome; today all pipelines seem to lead to Turkey. If superpower status followed the rules of real estate - location, location, location - then Turkey would already be near the top of the heap.”20
Puissance Mondiale
World Power
En 1453, les Ottomans achevèrent la conquête de Constantinople, la capitale byzantine. Cela mit fin à tous les vestiges de la domination romaine, qui avait été la superpuissance mondiale pendant près de quatre siècles. Les Ottomans faisaient partie des nombreux groupes de cavaliers turkmènes qui commencèrent à arriver dans les terres islamiques à la suite des invasions mongoles au XIIIe siècle. Ces guerriers turkmènes, qui s'étaient convertis à l'Islam, furent envoyés aux frontières de l'État par les Seljoukides, qui étaient eux-mêmes d'origine turque. Ils possédaient d'excellentes compétences de combat et un zèle que les Seljoukides souhaitaient qu'ils appliquent le long de la frontière avec les Byzantins. La maison d'Uthman s'avéra être l'un des groupes les plus prospères de ces bandes, prenant de nombreuses villes et villages au contrôle des Byzantins ; ils unifièrent ensuite les autres ghazis sous leur bannière, amenèrent les terres entourant Constantinople sous l'Islam, ce qui culmina avec la capture de la capitale de l'Empire byzantin — Constantinople en 1453.
In 1453 the Ottoman’s concluded the conquest of Constantinople, the Byzantine capital. This brought to an end all remnants of Roman rule, who had been the world’s superpower for nearly four centuries. The Ottoman’s were one of the many bands of Turkmen horsemen who began to come into the Islamic lands as a result of the Mongol invasions in the 13th century. These Turkmen warriors, who had converted to Islam, were sent to the frontiers of the state by the Seljuks, who themselves were of Turkish origin. They had excellent fighting skills and zeal, which the Seljuks wanted them to apply along the frontier with the Byzantines. The house of Uthman proved to be one of the most successful of these bands, taking many towns and villages from the control of the Byzantines, they then unified the other ghazis, under their banner, brought the lands surrounding Constantinople under Islam, culminating in the capture of Byzantine Empire capital - Constantinople in 1453.

Les Ottomans ont déferlé sur les Balkans et l'Europe de l'Est de manière spectaculaire. L'importante ville de Thessaloniki (Macédoine) fut capturée aux Vénitiens en 1387. En 1389, les rois d'Autriche, de Bulgarie, de Bosnie et de Hongrie attaquèrent les Ottomans, mais le Sultan Murad Ier les écrasa à Kosovo, ce qui choqua l'Europe. En 1396, toute l'Europe, y compris les armées française et allemande, combattit le Sultan Bayazid Yaldram à Nicopolis, mais furent massivement vaincus et 20 souverains et dignitaires furent amenés à la cour du calife en tant que captifs. Le Sultan Bayazid avait annexé tout le territoire de la Bosnie au Danube. Il avait également conquis la Grèce (Athènes) en 1398.
The Ottoman’s swept through the Balkans and Eastern Europe in spectacular fashion. The important city of Thessaloniki (Macedonia) was captured from the Venetians in 1387. In 1389, the kings of Austria, Bulgaria, Bosnia and Hungary attacked the Ottoman’s but Sultan Murad I crushed them at Kosovo, which shocked Europe. In 1396, the whole of Europe including French and German armies fought against Sultan Bayazid Yaldram at Nicopolis but were comprehensively defeated and 20 rulers and dignitaries were brought to the Khaleefah’s court as the captives. Sultan Bayazid had annexed all the territory from Bosnia to Danube. He had also conquered Greece (Athens) in 1398.
Avant que le règne de Suleiman al Qanooni ne prenne fin en 1566, il avait étendu les frontières islamiques jusque dans l'Europe de l'Est, soumettant Belgrade, la capitale de la Serbie, à l'Islam ainsi que récupérant l'île grecque de Rhodes. Il avait vaincu Louis II de Hongrie et de Bohême et avait placé la majeure partie de la Hongrie sous l'autorité islamique. En 1578, la Géorgie et ce qui est aujourd'hui la Roumanie étaient sous l'Islam. Avant le début du XVIIe siècle, les Ottomans avaient placé le sud de l'Italie, la Hongrie, l'Autriche, la Roumanie, la Macédoine, la Bulgarie, l'Albanie, Malte, Chypre, la Croatie, l'Ukraine, les îles Canaries, des parties de l'Islande et la plus grande île des eaux de Bristol en Angleterre, Royaume-Uni - Lundy - sous l'autorité islamique.
Before Suleiman al Qanooni's reign came to an end in 1566 he had expanded the Islamic frontiers well into Eastern Europe bringing Belgrade the capital of Serbia under Islam as well as regaining the Greek island of Rhodes. He had defeated Louis II of Hungary and Bohemia and brought most of Hungary under Islamic authority. By 1578 Georgia and what is today Romania was under Islam. Before the beginning of the 17th century the Ottoman’s had brought Southern Italy, Hungary, Austria, Romania, Macedonia, Bulgaria, Albania, Malta, Cyprus, Croatia, Ukraine, the Canary Islands, parts of Iceland and the largest island of the Bristol waters in England, UK - Lundy under Islamic authority.
Telle était la menace perçue du califat ottoman sous le règne de Suleiman al Qanooni que l'ambassadeur Busbecq du monarque autrichien Ferdinand Ier avertit de la conquête imminente de l'Europe : « Du côté [des Turcs] se trouvent les ressources d'un empire puissant, une force intacte, l'habitude de la victoire, l'endurance au labeur, l'unité, la discipline, la frugalité et la vigilance... Pouvons-nous douter du résultat ?... Quand les Turcs se seront réglés avec la Perse, ils s'élanceront sur nos gorges, soutenus par la puissance de tout l'Orient ; à quel point nous sommes impréparés, je n'ose le dire. »21
Parti de la Justice et du Développement (AKP)
Justice and Development Party (AKP)
Depuis qu'Abdullah Gul et Recep Tayyip Erdogan ont quitté le parti de la Vertu pour former le Parti de la Justice et du Développement sous la direction d'Erdogan, ils ont tous deux commencé à consolider les liens avec l'Amérique afin de supprimer l'influence de la Grande-Bretagne et ses liens avec l'Armée. Alors que de nombreuses réformes ont été introduites pour briser l'emprise de l'armée sur le pouvoir, la pièce maîtresse de la stratégie de l'AKP était le « Document de Vision Partagée » signé entre les gouvernements turc et américain par Abdulla Gul et Condoleezza Rice le 5 juillet 2006. La réunion a confirmé : « Le document de vision stratégique confirme le consensus turco-américain pour traduire notre vision partagée en efforts communs par le biais d'une coopération efficace et d'un dialogue structuré. »22 L'AKP et les États-Unis ont convenu, parmi un certain nombre de questions :
Ever since Abdullah Gul and Recep Tayyip Erdogan left the Virtue party and formed the Justice and Development Party under the leadership of Erdogan, they both began cementing ties with America in order to remove the influence of Britain and its ties with the Army. Whilst many reforms have been introduced to break the armies hold on power the centrepiece of the AKP’s strategy was the ‘Shared Vision Document’ signed between the Turkish and American government by Abdulla Gul and Condoleezza Rice on 5th July 2006. The meeting confirmed: "The strategic vision document confirms Turkish-US consensus to translate our shared vision into common efforts through effective cooperation and structured dialogue."22 The AKP and the US agreed to amongst a number of issues:
1. Soutenir les efforts internationaux en faveur d'un règlement permanent du conflit arabo-israélien, y compris les efforts internationaux pour résoudre le conflit israélo-palestinien sur la base d'une solution à deux États.
1.Supporting international efforts towards a permanent settlement of the Arab-Israeli conflict, including international efforts to resolve the Israeli-Palestinian conflict on the basis of a two-state solution.
2. Soutenir les efforts diplomatiques concernant le programme nucléaire de l'Iran, y compris la récente initiative du P5+1. Contribuer à la stabilité, à la démocratie et à la prospérité dans la région de la mer Noire, le Caucase, l'Asie centrale et l'Afghanistan.
2.Supporting diplomatic efforts on Iran's nuclear program, including the recent P5+1 initiative Contributing to stability, democracy and prosperity in the Black Sea region, the Caucasus, Central Asia and Afghanistan.
3. Renforcer la sécurité énergétique par la diversification des routes et des sources, y compris à partir du bassin de la Caspienne.
3.Enhancing energy security through diversification of routes and sources, including from the Caspian basin.
Caucus
Caucuses
La Turquie, sous le califat Uthmani, a combattu et perdu un certain nombre de guerres aux XVIIIe et XIXe siècles, ce qui a conduit les Ottomans à céder des territoires à la Russie. L'effondrement du califat ottoman en 1924 a entraîné un certain nombre d'incidents avec l'Arménie — qui sont devenus connus sous le nom de massacre arménien. Cela a défini les relations hostiles entre les nations caucasiennes et la Turquie. Aujourd'hui, la Russie et la Turquie travaillent toutes deux pour établir un ancrage dans la région.
Turkey under the Uthmani Khilafah fought and lost a number of wars in the 18th and 19th centuries which led to the Ottoman’s to cede territory to Russia. The collapse of the Ottoman Khilafah in 1924 led to a number of incidents with Armenia - which have come to be known as the Armenian massacre. This defined the hostile relations between the Caucasian nations and Turkey. Today both Russia and Turkey are working to gain a foothold in the region.
La Turquie est actuellement engagée dans un long processus de normalisation des relations avec l'Arménie. La normalisation des liens inclut l'ouverture de la frontière commune. Les discussions ont fait l'objet de plusieurs sommets et débats, ayant abouti à des protocoles signés par les deux nations. Cependant, ces protocoles restent bloqués dans les parlements turc et arménien en raison de la résistance de certains éléments au sein des deux pays. L'issue de telles négociations est intrinsèquement liée à l'Azerbaïdjan, qui souhaite que la question du territoire du Haut-Karabakh soit résolue dans le cadre de tout accord entre l'Arménie et la Turquie.
Turkey is currently in the middle of a lengthy process to normalise relations with Armenia. Normalising ties includes the opening of the shared border. The talks have gone through a number of summits and discussions, which has produced protocols both nations have signed. The protocols however remain stuck in both Turkish and Armenian parliaments due to the resistance in both nations by certain elements. The outcome of such negotiations is intrinsically linked to Azerbaijan who wants the Nagorno-Karabakh territory to be resolved under any agreement between Armenia and Turkey.

Le territoire du Haut-Karabakh a obtenu son indépendance lors des derniers jours de l'Union soviétique. C'est un territoire dont l'Arménie et l'Azerbaïdjan revendiquent tous deux la possession. Ce territoire continue de nuire aux relations entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, car les deux pays se sont affrontés par les armes à plusieurs reprises pour ce territoire. Actuellement, des négociations ont lieu entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie sous la médiation de la Russie. La résurgence de la Russie signifie qu'elle s'étend à nouveau dans le Caucase et s'efforce de ramener ses anciennes républiques sous son influence une fois de plus. Le Caucase est important pour la Russie car il agit comme une zone tampon entre la Russie et d'autres puissances régionales. L'influence et le contrôle de la Russie sur les nations qui composent le Caucase empêchent d'autres puissances de s'implanter dans la région.
The Nagorno-Karabakh territory was given independence in the dying days of the Soviet Union. It is a territory that both Armenia and Azerbaijan lay claim to. The territory continues to plague relations between Armenia and Azerbaijan as both have gone to war on a number of occasions over the territory. Currently negotiations are taking place between Azerbaijan and Armenia mediated by Russia. Russia’s resurgence has meant that it is expanding into the Caucuses again and working to bring its former republics under its influence once again. The Caucuses is important to Russia as it acts as buffer zone between Russia and other regional powers. Russian influence and control over the nations that comprise the Caucuses prevents other powers from gaining a foothold in the region.
L'Azerbaïdjan émet des doutes quant à l'importance que la Turquie accorde à ses revendications sur le territoire. Cela a conduit l'Azerbaïdjan à se tourner vers la médiation de la Russie. La Russie a été en mesure de jouer l'Azerbaïdjan, l'Arménie et la Turquie les uns contre les autres. Cette stratégie de la Russie place également un obstacle à l'ascension apparente de la Turquie, car elle l'empêche de disposer d'une ligne d'approvisionnement directe vers l'énergie de la mer Caspienne, ce qui empêche l'Europe d'accéder à ces ressources alors qu'elle tente de contourner sa dépendance à l'égard de l'énergie de la Russie.
Azerbaijan has doubts over the importance Turkey places upon its claims to the territory. This has resulted in Azerbaijan turning to Russia’s mediation. Russia has been able to play Azerbaijan, Armenia and Turkey off each other. This strategy by Russia also places an obstacle in the apparent ascendency of Turkey as it prevents it from a direct supply line to the energy of the Caspian Sea, which prevents Europe from accessing those resources as it attempts to circumnavigate around its dependence on Russia’s energy.
La Turquie est devenue une réassurance stratégique pour la Géorgie grâce à son contact direct avec le Gouvernement d'Abkhazie. Pour la Géorgie, le commerce de la Turquie avec l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud aide l'Abkhazie à échapper à une domination russe totale.24
Énergie
Energy
La position géographique de la Turquie en a fait un conduit pour l'énergie. Étendant ses liens entre l'Europe et l'Asie, les ports de la Turquie reçoivent du pétrole brut et du gaz naturel qui sont ensuite raffinés et vendus aux marchés européens. La Turquie a régulièrement préconisé des projets énergétiques européens, tels que Nabucco, qui contournent le réseau russe. Comme l'a formulé un analyste : « L'autre corridor plus sûr pour la diversification énergétique de l'Europe est la Turquie — qui est déjà un point terminal pour deux pipelines majeurs provenant de la Caspienne. Le port méditerranéen de Ceyhan en Turquie fournit à l'Europe une alternative pétrolière indispensable. Mais bien que la Turquie ait le potentiel de devenir un hub énergétique pour l'Europe, il reste beaucoup de travail pour l'UE. La première priorité serait une offensive diplomatique pour réaliser le gazoduc Nabucco de la Turquie vers l'Autriche via la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie. Ce projet fournirait une autre route alternative clé pour que les ressources de la Caspienne atteignent l'Europe afin de commencer à atténuer la dépendance excessive envers la Russie. »25
Turkey's geographic location has turned it into a conduit for energy. Straddling Europe and Asia, Turkey's Ports receive crude oil and natural gas which is then refined and sold to European markets. Turkey has regularly advocated European energy projects, like Nabucco, that circumvent the Russian network. As one analyst put it: "The other more secure corridor for European energy diversification is Turkey - already an end point for two major pipelines from the Caspian. Turkey's Mediterranean port of Ceyhan supplies Europe with much needed alternative oil. But while Turkey has the potential to become an energy hub for Europe, there is much work left for the EU. The first order of business would be a diplomatic offensive to realize the Nabucco gas pipeline from Turkey to Austria through Bulgaria, Romania and Hungary. This project would provide another key alternative route for Caspian resources to reach Europe to begin to ameliorate overdependence on Russia."25

L'utilisation par la Russie de ses ressources énergétiques comme outil de politique étrangère a fait de l'Ukraine, de la Lituanie et, par la suite, de l'Europe, des otages de l'ancienne puissance mondiale. La dépendance de l'Europe, et plus particulièrement de la France et de l'Allemagne, vis-à-vis des hydrocarbures énergétiques de la Russie a été exposée bien trop souvent, et la Turquie représente actuellement la seule alternative à la dépendance énergétique envers la Russie.
Russia’s use of its energy resources as a foreign policy tool has seen Ukraine, Lithuania and subsequently Europe being held hostage by the former world power. Europe and especially France and Germany’s dependency on Russia's energy hydrocarbons has been exposed one too many times and Turkey currently represents the only alternative to Russian energy dependency.
Moyen-Orient
Middle East
La Turquie ne fait pas partie des nations du P5 + 1 qui tentent de construire un programme de sanctions contre l'Iran pour l'enrichissement de l'uranium. Les États-Unis ont renoncé à tous les accords et engagements qui avaient été conclus, ce qui a permis à la question nucléaire iranienne de s'intensifier au niveau où elle se trouve aujourd'hui. Cela montre que les États-Unis n'ont aucune intention de résoudre ce conflit et qu'ils ont en réalité fait en sorte qu'aucune solution ne soit jamais trouvée. Les États-Unis atteignent un certain nombre de leurs objectifs dans la région à travers cette crise diplomatique. L'Amérique a acquis un avantage stratégique en assurant la sécurité des pays arabes du Golfe face à la rhétorique de l'Iran ; elle a également contraint les Israéliens à un pacte de sécurité. La proposition de la Turquie et du Brésil d'un échange de combustible nucléaire pour désamorcer la controverse nucléaire iranienne a eu lieu le même jour où les États-Unis proposaient des sanctions contre l'Iran. Les diverses positions de la Turquie au Moyen-Orient ne sont pas différentes de celles de l'Amérique ; la Turquie est favorable à la solution à deux États et a activement participé aux discussions indirectes pour lancer le processus de paix. De même, l'Amérique a besoin de nations sur lesquelles elle peut compter pour s'extirper de l'Irak, et la Turquie s'est montrée plus que ravie de jouer le rôle de protecteur. Stephen Larrabee, Corporate Chair in European Security à la RAND Corporation, a déclaré concernant le rôle de la Turquie au Moyen-Orient : « Le nouvel activisme de la Turquie est une réponse aux changements structurels de son environnement de sécurité depuis la fin de la guerre froide. Et, s'il est géré correctement, cela pourrait être une opportunité pour Washington et ses alliés occidentaux d'utiliser la Turquie comme un pont vers le Moyen-Orient. »26
Turkey is not part of the P5 + 1 nations who are attempting to construct a sanctions programme against Iran for enriching Uranium. The US has reneged all deals and agreements that have been reached which has allowed the Iran nuclear issue to escalate to the level it has. This shows that the US has no intention of solving this conflict and it has actually ensured no solution is ever reached. The US achieves a number of its aims in the region through this diplomatic crisis. America has gained a strategic advantage by providing security to the Gulf Arab countries in the face of Iran's rhetoric; it has also forced the Israelis into a security pact. Turkey and Brazil’s nuclear fuel swap proposal to de-escalate the Iranian nuclear controversy took place on the same day when the US was tabling sanctions against Iran. Turkey various positions in the Middle East are no different to America’s, Turkey agrees with the two state solution and has actively participated in the indirect talks to kick start the peace process. Similarly America needs nations it can rely on to extricate itself from Iraq and Turkey has been more than happy to play the patron. Stephen Larrabee, Corporate Chair in European Security at the RAND Corporation said regarding Turkey’s role in the Middle East “Turkey's new activism is a response to structural changes in its security environment since the end of the Cold War. And, if managed properly, it could be an opportunity for Washington and its Western allies to use Turkey as a bridge to the Middle East.”26
Faux Renouveau
Phoney Resurgence
L'affirmation de la Turquie est tout sauf indépendante. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, tout au long de la guerre froide et des guerres du Golfe, la Turquie s'est rangée du côté des États-Unis. Actuellement, le Caucase est une zone de tension où une Russie en pleine résurgence cherche à placer ses anciennes républiques sous son influence et à créer une zone tampon pour protéger l'intérieur de la Russie. En réalité, que ce soit de manière indépendante ou par dessein, la Turquie ne protège pas seulement les intérêts des États-Unis, mais aussi les intérêts européens. En tissant des liens avec les nations de la région, la Turquie tente de compliquer les intérêts russes, ce qui constitue la stratégie des États-Unis dans la région.
Turkish assertiveness is anything but independent. Since the end of WW2, throughout the Cold War and Gulf wars Turkey has sided with the US. Currently the Caucuses is a hot spot where a resurgent Russia is looking to bring its former republics under its influence and create a buffer zone to protect the Russia interior. Turkey in reality whether independently or by design is not just protecting US interests but also European interests. By forging relations with the nations of the region Turkey is attempting to complicate Russian interests, which is the US strategy in the region.
Dans le domaine de l'énergie, l'indépendance et la marge de manœuvre de la Turquie sont hautement discutables, alors que l'Occident a présenté la Turquie, à de nombreuses occasions, comme l'alternative à la Russie. Il semble que la Turquie protège en réalité les intérêts énergétiques européens et, par conséquent, les intérêts américains, en veillant à ce que l'influence russe ne gagne aucun élan.
In the area of energy Turkish independence and manoeuvring is highly questionable when the West on many occasions has presented Turkey as the alternative to Russia. It appears Turkey is in reality protecting European energy interests and subsequently US interests in ensuring Russian influence doesn’t gain any momentum.
De même, la médiation turque entre la Syrie et Israël pour résoudre le conflit palestinien n'est pas le signe d'une Turquie renaissante cherchant à façonner la politique de la région selon ses propres objectifs, mais s'inscrit plutôt dans les tentatives des États-Unis d'entamer des pourparlers indirects entre Israël et les nations musulmanes de la région afin de normaliser les relations, après une décennie d'absence de progrès dans le processus de paix, et alors que les États-Unis tentent de se désengager de l'Irak et de l'Afghanistan.
Similarly Turkish mediation between Syria and Israel in solving the Palestinian conflict is not a resurgent Turkey looking to shape the politics of the region according to its aims but rather it comes under US attempts to start indirect talks between Israel and the Muslim nations of the region to normalise relations after a decade of no progress on the peace process and as the US attempts to extricate itself from Iraq and Afghanistan.
Conclusions
Conclusions
La Turquie dispose de ressources énergétiques très limitées, mais en raison de sa position stratégique entre l'Europe et l'Asie, et entre les consommateurs et les producteurs de pétrole, elle est traversée par plusieurs pipelines majeurs de pétrole et de gaz. La situation géographique de la Turquie en fait une route naturelle de transbordement entre les principales zones de production pétrolière au Moyen-Orient, en Asie centrale et dans le Caucase d'une part, et les marchés de consommation en Europe d'autre part. En conséquence, la Turquie a développé une industrie de transformation minérale avancée et est un leader mondial dans de nombreux métaux et produits chimiques clés. La Turquie est également l'un des plus grands producteurs agricoles au monde.
Turkey has very limited energy resources, but because of its strategic location between Europe and Asia and between oil consumers and oil producers, it is crossed by several major oil and gas pipelines. Turkey’s geographical location makes it a natural trans shipment route between the major oil producing areas in the Middle East, Central Asia, and the Caucasus on the one hand, and consumer markets in Europe on the other. As a result Turkey has developed an advanced mineral processing industry and is a world leader in many key metals and chemicals. Turkey is also one of the world’s largest agricultural producers.
Plutôt que de protéger les intérêts d'autres nations, la Turquie est en pole position pour devenir une puissance mondiale en poursuivant une politique étrangère indépendante. L'assertivité actuelle, que de nombreux analystes décrivent comme une « résurgence », ne pourrait être plus éloignée de la vérité, car la Turquie ne fait que manœuvrer dans l'espace que les États-Unis lui ont permis d'occuper. La médiation de la Turquie dans la question palestinienne intervient au moment où les États-Unis ont décidé que des négociations indirectes devaient avoir lieu sur le règlement final. De même, la politique de l'Amérique visant à contenir la Russie et à repousser l'assertivité russe jusqu'aux frontières du territoire russe a vu la Turquie jouer un rôle de premier plan dans le Caucase pour compliquer les objectifs russes. La Turquie a reçu en retour, de la part des États-Unis, le vote par la Commission des affaires étrangères de la Chambre d'une résolution condamnant la Turquie pour le rôle apparent des Ottomans dans le génocide arménien.
Rather then protecting the needs of other nations, Turkey is in pole position to become a world power through pursuing an independent foreign policy. The current assertiveness many analysts describe as a ‘resurgence,’ could not be further from the truth, this is because Turkey is only manoeuvring within the space the US has permitted it. Turkey's mediation in the Palestinian issue takes place when the US has decided indirect negotiations should take place on the final settlement. Similarly America's policy of containing Russia and pushing Russian assertiveness all the way back into Russian territory has seen Turkey play a leading role in the Caucuses to complicate Russian aims. Turkey's has been repaid by the US by the House Foreign Affairs Committee passing a resolution condemning Turkey for the apparent role of the Ottoman’s in the Armenian Genocide.