2.2. Le concept préislamique
2.2. The Pre-Islamic Concept
Après avoir discuté des divers sens littéraux du mot, voyons maintenant quels étaient les concepts préislamiques de ilaah, et lesquels le Qur'ān s'est efforcé de rejeter :
Having discussed the various literal senses of the word, let us now see what the pre-Islamic concepts of ilaah were, and which of these the Qur'ān strove to reject:
Et ils ont pris pour leurs ilaahs d'autres qu'Allah, afin qu'ils soient, selon leur calcul, une source de force pour eux (ou que le fait de se placer sous leur protection leur confère la sécurité). (al-Maryam 19:81)
And they have taken for their ilaahs others than Allah, that they may according to their reckoning be a source of strength to them (or that coming under their protection may confer security). (al-Maryam 19:81)
Et ils ont pris d'autres que Allah comme leurs ilaahs, dans l'espoir qu'ils pourraient être secourus en cas de besoin. (al-Yaseen 36:74)
And they have taken others than Allah as their ilaahs hoping that they might be helped when needed. (al-Yaseen 36:74)
De ces deux versets, nous apprenons que les Arabes de l'ignorance préislamique (Jahiliyyah) croyaient que ceux qu'ils considéraient comme des ilaahs étaient leurs protecteurs, qu'ils viendraient à leur secours en cas de danger ou de difficulté, et qu'en se plaçant sous leur protection, ils se mettaient à l'abri de la peur, du harcèlement ou du mal.
From these two verses we learn that the Arabs of the Jahiliyyah (the pre-Islamic period of Ignorance) believed that those whom they regarded as ilaahs were their patrons, would come to their rescue in time of danger or difficulty, and that by placing themselves under their protection they rendered themselves safe from fear, molestation or harm.
…Et quand le Décret de ton Seigneur sera survenu (et que le moment de son exécution sera venu), les ilaahs qu'ils invoquaient à la place d'Allah ne leur seront d'aucun secours et ne contribueront qu'à leur perte…. (al-Hud 11:101)
…And when the Decree of your Lord had gone forth (and the time came for its execution), the ilaahs they used to invoke instead of Allah proved of no avail to them and contributed only to their doom…. (al-Hud 11:101)
Et ceux qu'ils invoquent en dehors d'Allah n'ont rien créé, si ce n'est qu'ils sont eux-mêmes des créatures. Ils sont morts et non vivants, et ils ne savent pas quand ils seront ressuscités de leur état, le véritable ilaah est l'Unique et Seul Ilaah….
And those whom the people call to instead of Allah have not created aught, but are themselves creatures. Dead they are, and not alive, and they know not when they would be raised from their state, the real ilaah is the One and Only Ilaah….
(an-Nahl 18:20-21)
N'invoquez point, et ne priez point, d'autre ilaah qu'avec Allah. Il n'y a pas d'autre ilaah que Lui….
Invoke not; or pray to, any ilaah along with Allah. There is no ilaah but He….
[Il convient de garder à l'esprit que le mot Ilaah est utilisé dans le Coran dans deux sens différents, à savoir, l'objet ou l'être, etc., à qui l'adoration est réellement accordée, que ce soit à raison ou à tort, et l'Être qui est réellement digne d'adoration. Dans ce verset, le mot est utilisé dans le premier sens à la première occasion et dans l'autre sens à la seconde. -.Maududi](al-Yunus 28:88)
[It should be borne in mind that the word Ilaah is used in the Qur'an in two different senses, namely, the object or being, etc., to whom worship is actually being given, irrespective of whether rightly or wrongly, and the Being who is really worthy of worship. In this verse, the word is used in the first sense on the first occasion and in the other sense on the second. -.Maududi](al-Yunus 28:88)
...Et ceux qui, au lieu de prier Allah, prient ses prétendus associés, ne font que suivre des suppositions et des conjectures vaines. (al-Qasas 10:66)
....And those who, instead of praying to Allah, pray to His supposed associates do not but follow suppositions and idle guesses. (al-Qasas 10:66)
Ces versets indiquent trois aspects.
These verses point to three aspects.
La première est que les Arabes avaient l'habitude d'adresser leurs prières à ceux qu'ils considéraient comme leurs ilaahs et de les invoquer en temps de détresse ou pour l'accomplissement de l'un de leurs besoins.
The first is that the Arabs used to address their prayers to those whom they regarded as their ilaahs and invoke them in times of distress or for fulfilment of any of their needs.
Le deuxième est que ces ilaahs incluaient non seulement les djinns, les anges et les divinités, mais aussi des humains décédés, comme on peut le voir dans le deuxième des versets mentionnés ci-dessus.
The second is that these ilaahs included not only Jinns, angels, and gods, but dead humans too, as one can see from the second of the above verses.
Le troisième est qu'ils croyaient que ces ilaahs pouvaient entendre leurs prières et pouvaient venir à leur secours.
The third is that they believed that these ilaahs could hear their prayers and could come to their rescue.
Il semble souhaitable de clarifier un point, à ce stade, concernant la nature de la prière adressée à l'ilaah ou aux ilaahs et l'aide ou le secours sollicités auprès d'eux. Si je ressens la soif et que j'appelle mon serviteur pour qu'il me donne de l'eau, ou si je suis souffrant et que j'appelle un médecin pour un traitement, mon appel vers eux ne constitue pas une invocation (Du’a), c'est-à-dire qu'il n'a aucune similitude avec une prière adressée à une divinité, et cela ne fait ni du serviteur ni du médecin un ilaah. Tous deux sont des choses communes, dans les événements de la vie quotidienne, sans rien de surnaturel. Cependant, si je devais, tout en ayant soif ou en étant souffrant, appeler un saint ou un dieu au lieu du serviteur ou d'un médecin, cela reviendrait manifestement à traiter le saint ou le dieu comme un ilaah et à lui adresser une invocation (Du’a).
It seems desirable to clear up one point, at this stage, about the nature of the prayer made to the ilaah or ilaahs and the help or succour sought of them. If I feel thirsty, and call to my servant to give me some water, or am unwell and call for a doctor for treatment, my summons to them does not constitute du’a, that is, it has no similarity to a prayer sent up to a deity, nor does this make either the servant or the doctor into an ilaah. Both these are common, in everyday happenings, with nothing of the supernatural about them. However, if I should, while feeling thirsty or unwell, call to some saint or god instead of the servant or a doctor, that obviously would amount to treating the saint or god as an ilaah and to my addressing a du’a to him.
Adresser une prière à un saint confiné dans sa tombe à des centaines ou même des milliers de kilomètres [Sur le principe, cela ne fait aucune différence si la distance n'était que de quelques pieds, le point important étant l'acte d'adresser une prière à quelqu'un qui est mort et que l'on croit posséder, même dans cet état, ou peut-être à cause de cet état, des pouvoirs extraordinaires non seulement d'entendre la prière mais aussi de l'exaucer s'il le souhaite. On croit également que le saint peut, s'il ne peut lui-même exaucer la prière, la transmettre à Dieu avec une recommandation] indique clairement que je le crois – bien que mort – posséder le pouvoir d'écouter une prière à une telle distance ou d'être autrement conscient de choses si éloignées ou, si l'on peut utiliser les termes arabes appropriés, d'être à la fois samee’ et baseer’ [Littéralement, ces mots, qui sont en réalité deux des attributs personnels d'Allah, signifient respectivement l'Audient et le Voyant. La connaissance de Dieu transcende tout, et Il est conscient de tout ce qui se passe n'importe où. Il n'en est pas de même pour Ses créatures, dont les capacités à cet égard sont sévèrement limitées. Croire que quelqu'un d'autre que Dieu possède le pouvoir d'entendre physiquement une prière offerte hors de son ouïe ou de voir des choses se produisant hors de sa vue revient à lui attribuer des pouvoirs qui n'appartiennent qu'à Dieu, et qu'Il n'a jamais donnés à aucune de Ses créatures] Mon action impliquerait clairement la croyance qu'ils exercent un tel contrôle sur le domaine de la création qu'ils seraient capables de faire parvenir de l'eau jusqu'à moi ou de me guérir de ma maladie. Dans le cas d'un dieu, ma prière signifierait que je le crois posséder un pouvoir sur l'eau et sur la santé et la maladie, et qu'il peut donc organiser, par des moyens surnaturels, l'accomplissement de mes besoins.
Addressing a prayer to a saint confined to his grave hundreds or even thousands of miles away [In point of principle, it makes no difference if the distance were of a few feet only, the significant point being the act of addressing a prayer to someone who is dead and is believed to possess, even in, or perhaps because of that state, some extraordinary powers not only of hearing the prayer but also of granting it if he so chooses. It is also believed that the saint may, if he cannot himself grant the prayer, pass it up to God with a recommendation] clearly indicates that I believe him – though dead – to be possessed of the power to listen to a prayer at such a distance or to otherwise being aware of things so far off or, if one may use the appropriate Arabic words, to be both samee’ and baseer’ [Literally, these words, which are actually two of Allah’s personal attributes, mean, the All-Hearing the All-Seeing, respectively. God’s knowledge transcends everything, and He is aware of everything that is happening anywhere. This is not the case with His creatures, whose capacities in these respects are severely limited. To believe someone other than God to have power to physically hear prayer offered out of his hearing or to see things happening out of his sight amounts to attributing to him powers which are God’s only, and which He has never given to any of His creatures] My action would clearly imply belief in their exercising such a way over the realm of creation as to be able to have water reach me or to make me recover from my illness. In the case of a god, my prayer would mean that I believe him to possess power over water and over health and sickness, and to therefore arrange, by supernatural means, to fulfil my needs.
Ainsi, le fondement sur lequel une invocation est adressée à quelqu'un inclut nécessairement le concept qu'il possède une certaine autorité et un certain pouvoir surnaturels.
Thus, the basis on which a prayer is addressed to someone includes necessarily a concept of his being possessed of some supernatural authority and power.
Et, certes, Nous avons détruit les lieux dont tu vois les ruines autour de toi, et Nous leur avons montré Nos signes de diverses manières afin qu'ils se détournent (de leurs voies erronées vers Nous). Alors pourquoi ceux qu'ils avaient pris pour leurs ilaahs, et qu'ils présumaient pouvoir nous approcher, ne les ont-ils pas aidés en leur heure de perdition ? Loin de les aider, ils les ont abandonnés et se sont fait rares, exposant la vacuité de leurs mensonges et de leurs fabrications. [La référence ici ne concerne manifestement pas des dieux mythologiques ou inanimés, mais des prêtres et d'autres qui exigeaient l'adoration des peuples et se sont ainsi érigés en Ilaahs en opposition au Vrai Ilaah] (al-Ahqaf 46:27-28)
And, verily, We did destroy the places of which you see ruins about you, and We showed them Our signs in diverse ways that they might turn (away from their wrong ways to Us). So why did not those whom they had made their ilaahs, and presumed to have access to Us, help them in their hour of doom? Far from helping, they abandoned them and made themselves scarce, exposing the hollowness of their falsehoods and fabrications. [The reference here obviously is not to mythological or inanimate gods, but to priests and others who exacted peoples’ worship and thus set themselves up as Ilaahs in opposition to the True Ilaah] (al-Ahqaf 46:27-28)
Et pourquoi n'adorerais-je pas Celui qui m'a créé et vers Qui vous retournerez tous ? Devrais-je prendre pour moi un ilaah en dehors d'Allah qui, si Celui qui est aussi Ar-Rahman voulait me faire du mal, ne me serait d'aucun secours par leur intercession, et ne pourraient pas me secourir ? (al-Yaseen 36:22-23)
And wherefore should I not give my worship to Him who created me and to Whom all of you will return? Should I take for myself ilaah other than Allah Who, should He Who is also Ar-Rahman wish me any harm, will avail me naught by their intercession, nor will they be able to come to my rescue? (al-Yaseen 36:22-23)
…Et ceux qui ont pris d'autres que Allah comme protecteurs ou alliés disent : « Nous ne les adorons que pour qu'ils nous rapprochent de Lui. » Allah tranchera pour eux, au Jour du Jugement, au sujet de ce sur quoi ils divergeaient….
…And those who have taken others than Allah as protectors or helpers say, “We do not worship them except that they may bring us closer to Him.” Allah will decide for them on the Day of Judgement regarding that in which they differ….
(az-Zumar 39:3)
Et ils adorent, en dehors d'Allah, ceux qui n'ont ni le pouvoir de leur nuire ni celui de leur être bénéfiques, et ils disent qu'ils sont leurs intercesseurs auprès de Lui.
And they worship other than Allah those who have power neither to harm nor benefit them, and they say that they are their intercessors with Him.
(al-Yunus 10:18)
Ce que nous apprenons de ces versets est, premièrement, que les Arabes ne croyaient pas que leurs ilaahs assuraient l'intégralité de la divinité parmi eux ou qu'il n'y avait pas d'Être Suprême au-dessus d'eux. Ils croyaient très clairement en l'existence d'un tel Être pour lequel ils employaient le nom propre spécial d'« Allah ». Quant à leurs ilaahs, leur croyance consistait essentiellement dans le concept qu'ils jouissaient d'une certaine part de la divinité du Dieu Suprême, que leur parole avait un certain poids auprès de Lui, et que leur intercession pouvait entraîner certains gains ou écarter certains maux ou pertes. C'est sur ces bases qu'ils les considéraient comme des ilaahs en dehors d'Allah et, compte tenu de leurs préceptes et de leurs pratiques, nous pouvons dire que c'était la croyance qu'une personne possède le pouvoir d'intercéder auprès de Dieu, l'acte de lui adresser des prières pour obtenir de l'aide, l'accomplissement de certains actes de dévotion indicatifs de respect, de révérence et d'adoration, ainsi que le fait de faire des offrandes, qui constituait, dans leur terminologie, le fait de le traiter comme un ilaah. Et Dieu a dit :
What we learn from these verses is, firstly, that it was not that the Arabs believed their ilaahs to account for the whole of divinity among themselves or that there was no Supreme Being over and above them. They quite clearly believed in the existence of such a Being for whom they employed the special Proper name of ‘Allah.’ As for their ilaahs, their belief consisted essentially of the concept that they enjoyed some share in the divinity of the Supreme God, that their word carried some weight with Him, and that their intercession could result in some gains or ward off some harm or loss. It was on these grounds that they regarded them as ilaahs besides Allah and, considering their precept and practice, we may say that it was the belief about someone to have power to intercede with God, the act of addressing of prayers to him for help, the performing of certain devotions indicative of respect and reverence and adoration, and the making of offerings, that constituted in their terminology, the treating of Him as ilaah. And God said:
« Ne prenez pas deux ilaahs ; il n'y a qu'un seul ilaah... Craignez-Moi donc, Moi seul. » (an-Nahl 16:51)
“Do not make two ilaahs; there is but one ilaah…So, fear Me alone.” (an-Nahl 16:51)
…Et (Ibrahim leur dit) : Je ne crains pas ceux avec qui vous associez [Dieu]. Aucun mal ne peut m'atteindre que si Dieu le veut, et non autrement (par l'un ou l'ensemble de vos prétendus dieux)…. (al-An’aam 6:80)
…And (Ibrahim said to them): I fear not those you associate with God. Any harm can come to me only if He should will it, and not otherwise (through any or all of your supposed gods)…. (al-An’aam 6:80)
(Et le peuple de Hud lui dit :) Nous ne pensons de vous que le fait que vous soyez sous la malédiction de l'un ou l'autre de nos ilaahs. (al-Hud 11:54)
(And said Hud’s people to him:) All we think of you is that you are under the curse of someone or other of our ilaahs. (al-Hud 11:54)
Selon ces versets, la croyance des Arabes concernant leurs ilaahs était que s'ils devaient leur donner une cause d'offense ou s'ils étaient autrement privés de leurs faveurs et de leur attention, ils subiraient des épidémies, la famine, la perte de vies et de biens, ou d'autres calamités.
According to these verses, the Arab belief about their ilaahs was that if they should give them any cause for offence or should otherwise be deprived of their favours and attentions, they would suffer epidemics, famine, lose of life and property, or other calamities.
Ils ont pris leurs savants religieux et leurs rabbins comme seigneurs à la place d'Allah, et Jésus fils de Marie également, en un seul, alors qu'on leur avait ordonné de n'adorer qu'un seul ilaah, en dehors duquel il n'y a aucun ilaah du tout…. (at-Tawbah 9:31)
They made their religious scholars and rabbis their rabbs instead of Allah, and Jesus son of Mary too into one, although they had been told to worship but one ilaah only, besides Whom there is no ilaah at all…. (at-Tawbah 9:31)
As-tu remarqué celui qui a fait de ses passions son ilaah ? Peux-tu assumer la moindre responsabilité à l'égard d'un tel homme ? (al-Furqan 25:43)
Have you noticed the men who has made his selfish desires his ilaah? Can you assume any responsibility about such a one? (al-Furqan 25:43)
Et c'est ainsi que les prétendus dieux des païens ont fait paraître l'infanticide comme un acte approuvé à leurs yeux…. (al-An’aam 6:137)
And in this wise did the supposed gods of pagans make infanticide appear an approved act in their eyes…. (al-An’aam 6:137)
Quoi ! Ont-ils des associés dans la divinité qui leur ont établi une religion sans l'autorisation de Dieu ?.... (ash-Shuraa 42:21)
What! Have they partners in godhood who have established for them some religion without sanction from God?.... (ash-Shuraa 42:21)
Voici un autre concept d'ilaah, très différent de ceux traités ci-dessus.
Here we have yet another concept of ilaah very different from those dealt with above.
Ici, il n'y a aucun élément de surnaturel. L'ilaah est ici un être humain, ou le propre ego égoïste de l'homme, ou ses désirs égoïstes. Aucune prière ne lui est adressée, il n'est pas considéré comme étant en mesure de vouloir du mal ou du bien à quelqu'un, et on ne le sollicite ni pour de l'aide ni pour un secours. C'est un ilaah dans le sens où ses diktats sont acceptés et obéis à un point tel que ce qu'il déclare permis ou interdit est traité comme tel, et il est considéré comme ayant un droit inhérent à nous faire faire ou ne pas faire certaines choses, sans aucune autorité supérieure dont l'approbation pourrait être nécessaire pour ses ordres ou vers laquelle on pourrait faire appel pour s'y opposer.
Here there is no element of the supernatural. The ilaah here is some human being, or man’s own selfish ego or selfish desires. No prayers are offered to it, nor is it regarded as being in a position to will any harm or benefit to someone nor is it looked to for help or succour. It is an ilaah in the sense that its dictates are accepted and obeyed to such extent that that which it declares to be permitted or prohibited is treated as such, and it is deemed to have an inherent right to make us do or not do certain things, with no higher or superior authority whose approval might be necessary for its orders or which might be appealed to against them.
Le premier verset que nous avons cité ici (at-Tawbah 9:31) évoque le fait que les savants religieux et les rabbins ont été pris pour des ilaahs. Nous obtenons une explication très claire de cela dans un hadith. Hazrat ’Adi bin Hatim a un jour interrogé le Saint Prophète ﷺ au sujet du verset, et en réponse, le Prophète ﷺ lui a dit que ce qui était caractérisé comme le fait de prendre pour des ilaahs était la pratique consistant à accepter comme permis ou interdit tout ce qui était ainsi prononcé par les savants ou les rabbins, sans se soucier de vérifier ce que Dieu avait réellement dit à ce sujet.
The first verse we have quoted here (at-Tawbah 9:31) speaks of religious scholars and rabbis having been made into ilaahs. We get a very lucid explanation of this in Hadith. Hazrat ’Adi bin Hatim once asked the Holy Prophet صلى الله عليه وسلمabout the verse, and in reply the Prophet صلى الله عليه وسلمtold him that what was characterised as taking as ilaahs was the practice of accepting as permitted or prohibited anything pronounced as such by the scholars or rabbis, without caring to ascertain what God had actually said about it.
Quant au second verset, (al-Furqaan 25:43), le sens est suffisamment clair. Celui qui n'obéit qu'aux dictats de ses désirs ou inclinations égoïstes ou, plutôt, considère ses opinions personnelles comme la seule loi, fait en effet de son ego son ilaah au lieu de Dieu.
As for the second verse, (al-Furqaan 25:43) the meaning is clear enough. He who obeys only the dictates of his selfish desires or inclinations or, rather regards his personal views as the only law, in effect makes his self his ilaah instead of God.
Les deux derniers versets utilisent le mot shurakaa’, que nous avons traduit par « dieux supposés » ou « partenaires », dans la divinité, mais bien que le mot ilaah n'ait pas été utilisé, l'implication est clairement que le fait de traiter tout être, etc., comme shuraka’ revient, en effet, à croire qu'ils ont une part dans la divinité. La portée de ces versets est que ceux qui considèrent toute coutume, règle ou pratique comme licite alors qu'elle n'a aucune sanction divine, sont coupables de traiter les initiateurs de la coutume, etc., comme ayant une part dans la divinité, c'est-à-dire de les traiter comme des ilaahs.
The last two verses use the word shurakaa’ which we have translated as supposed gods or partners, in godhood, but although the word ilaah has not been used, the implication clearly is that to treat any beings, etc., as shurakaa’ amounts, in effect, to believing them to have a share in divinity. The import of these verses is that those who regard any custom or rule or practice as permissible although it has no divine sanction, are guilty of treating the originators of the custom, etc., as having a share in divinity, i. e., of treating them as ilaahs.