W. E. Dubois nous interroge dans les premières lignes de *Souls of Black Folk* : « Quel effet cela fait-il d'être un problème ? »¹⁰¹ Sa question remet en question un désengagement émotionnel par lequel celui qui n'est pas et n'a pas été un « problème » ne pourrait comprendre l'autodéfinition « problématique » de la multitude à laquelle Dubois s'adressait. Le 17 juillet 2014, Eric Garner, âgé de 43 ans, a été tué par un étranglement pratiqué par un officier du New York City Police Department, alors qu'il répétait « Je ne peux pas respirer » au moins onze fois. Garner n'était pas physiquement immobile lorsqu'il a levé les mains, protestant de son innocence auprès des policiers de NY qui l'ont rencontré. Sa posture consistait à essayer de créer un espace entre lui et les officiers. Il se sentait menacé dans son espace et violé. Les militants ont cherché à « métonymiser » le meurtre de cet homme de 43 ans, en utilisant le code symbolique du fait de lever les mains comme une déclaration d'innocence, afin de se placer dans le cadre de Garner et ainsi créer symboliquement un nouvel espace. Les trois mots prononcés par Garner, « Je ne peux pas respirer », ont dominé la liste des citations les plus notables de 2014 selon le *Yale Book of Quotations*.¹⁰² Mais ce sont ses premiers mots, ce simple mais hautement évocateur pronom « Je », qui nous attirent, à travers la considération d'une gamme de tons imaginés, vers une prise de perspective avec Eric Garner. Comme le décrit Zimmer (2014) : « Entonner les mots "Je ne peux pas respirer", entouré de milliers d'autres faisant de même, est un acte d'empathie et de solidarité intense. L'empathie vient du fait de s'immerger momentanément dans la personne d'Eric Garner à l'instant précis où la vie lui était arrachée par étranglement. C'est une sorte d'hommage rhétorique que d'habiter sa position de sujet, en adoptant le pronom "Je" et en répétant les mots qu'il a répétés, impuissant, onze fois. »¹⁰³ Les mots commémorés, comme le chant de chansons populaires d'artistes décédés ou le chant de paroles lors de rituels de pèlerinage ou lors de commémorations, contiennent tous un sentiment de solidarité empathique par mimétisme.
W. E. Dubois questions us in the opening lines of Souls of Black Folk, ‘How does it feel to be a problem?’101 His question challenges an emotional disengagement whereby one who is not and has not been a ‘problem’ could not understand the ‘problematic’ self-description of the many whom Dubois was intending. On July 17 2014, 43-year-old Eric Garner was killed in a chokehold by a New York City Police Department officer, whilst having repeated “I can’t breathe” at least eleven times. Garner was not physically still when he held up his hands, protesting his innocence to the NY police officers who encountered him. His positioning was one of trying to create space between him and the officers. He felt threatened within his space and violated. Activists sought to ‘metonymise’ the 43-year-old’s killing, using the symbolic code of holding up of hands as a declaration of innocence, as a way of placing themselves in the frame of Garner and thus symbolically creating new space. The three words spoken by Garner, “I can’t breathe” topped the list of the most notable quotations of 2014 according to the Yale Book of Quotations.102 But it is the first of his words, it is the simple but highly evocative pronoun “I” which draws us, through a consideration of a range of imagined tones to a perspective-taking with Eric Garner. As Zimmer (2014) describes, “To intone the words “I can’t breathe,” surrounded by thousands of others doing the same, is an act of intense empathy and solidarity. The empathy comes from momentarily stepping into the persona of Eric Garner at that instant the life was being choked out of him. It is a kind of rhetorical tribute to inhabit his subject position, taking on the pronoun “I” and repeating the words he helplessly repeated eleven times.”103 Words reminisced, like the singing of popular songs of deceased artists or the chanting of words during pilgrimage rituals, or during memorials, all contain a sense of empathic solidarity through mimicry.
Dans une perspective similaire, W.E.B Dubois nous introduit à une double conscience qui pèse sur sa perception de soi, se voyant à la lumière de sa noirceur et étant vu par un monde blanc tout en devant répondre aux normes superposées de ce monde. Il est lié par une négation de son être même dans sa tentative de se définir en dehors des restrictions de ce que la couleur de sa peau est devenue signifier et représenter dans une société blanche dominante. Nous sommes mis au défi de traverser les paysages mentaux avec Dubois, alors qu'il cherche une explication au gouffre qui le sépare de « l'AUTRE MONDE ». Il est présent dans son enquête, semblable à l'affirmation spatiale de Fanon – sa propre présence corporelle – mais nous apprenons dès le début que l'association de l'autre monde avec lui est hésitante.
In a similar light, W.E.B Dubois introduces us to a double consciousness which weighs on his self-perception, seeing himself in light of his blackness and by being seen by a white world and living up to the superimposed standards of that world. He is bound by a negating of his very being in his attempt to define himself outside of the restrictions of what his skin colour has come to mean and represent in a dominant White society. We are challenged to traverse the mental landscapes with Dubois, as he seeks an explanation for the gulf between him and “the OTHER WORLD.” He is present in his enquiry, akin to Fanon’s spatial assertion – his own bodily presence – but we learn from the outset that the other world’s association with him is hesitant.
Implicitement, nous réalisons qu'il n'est pas « l'excellent homme de couleur de ma ville » ou, dans le cas de Fanon, pas « le copain sénégalais dans l'armée qui était vraiment intelligent... »104 Dubois est contraint de naviguer entre deux mondes : un monde de blancheur et un monde en tant qu'Afro-Américain.
Implicitly we realise that he is not “the excellent colored man in my town” or, in the case of Fanon not the “Senegalese buddy in the army who was really clever…”104 Dubois is compelled to navigate two worlds: a world of whiteness and a world as an African American.
Fanon perçoit l'obsolescence de son schéma corporel, alors que l'« Autre évanescent » s'efface de sa vision mentale. Fanon estime qu'on ne lui « donne aucune chance » de contester son altérité, de lui permettre une seconde interprétation comme celle des Juifs qu'il décrit. Sa noirceur est son « uniforme » et il déplore ce « soi » inéluctable qui lui est refusé par l'interprétation biaisée de sa propre personne selon le point de vue des Blancs, et il lutte pour trouver son propre soi, « pour être un homme parmi d'autres hommes ».105
Fanon comes to see the obsoleteness in his corporeal schema, as the “evanescent Other” fades from his mental view. Fanon believes he is “given no chance” to challenge his Otherness, to allow him a second interpretation like the Jews he describes. His blackness is his “uniform” and he laments the inescapable ‘self’ denied of him through the skewed interpretation of his own self from the outlook of whites, and he struggles in finding his own self, “to be a man among other men.”105
Une manière dont le corps devient le principal vecteur facilitant l'empathie pour autrui se trouve à travers l'expression figurative, comme dans le poème de Paul Laurence Dunbar, *The Haunted Oak*.
One way in which the body becomes the main medium that facilitates empathy for another is found through figurative expression, as in Paul Laurence Dunbar’s poem The Haunted Oak.
Dans ce texte, les corps des victimes de lynchage et l'arbre partagent une vulnérabilité à travers la saisie d'une douleur commune. Le poème de Dunbar, écrit et publié en 1900, aurait pu être basé sur l'un des dizaines de lynchages survenus cette année-là. Cependant, il a été plus étroitement inspiré par une histoire que Dunbar a entendue par l'intermédiaire d'un vieil homme noir concernant son neveu en Alabama, qui avait été lynché sur un chêne par un gang de Blancs.
In this, the bodies of lynch victims and the tree share a vulnerability through the apprehending of a shared pain. Dunbar’s poem, written and published in 1900, could have been based on one of the dozens of lynchings that occurred that year. However, it was more closely inspired by a story that Dunbar heard through an elderly black man concerning his nephew in Alabama who had been lynched on an oak tree by a gang of whites.
Selon l'histoire, les feuilles de l'arbre utilisé pour la pendaison ont commencé à se flétrir, à jaunir et à tomber, et la branche s'est desséchée et est morte. L'arbre apparaît dans le poème de Dunbar comme un participant, un témoin. L'arbre personnifié – un spectateur actif et intime – est incapable de supporter le souvenir des horreurs dont il a été témoin et se tord de douleur : « Je sens la corde contre mon écorce / Et son poids dans mon grain / Je ressens, dans les affres de son ultime malheur / Le contact de ma propre dernière douleur. » Nous, comme le chêne, ressentons la fusion des identités de soi et de l'autre à travers des modes d'empathie et d'autoréflexion critique, examinés à travers la tragédie. Le « poids », le « ressenti » et le « contact » que l'arbre chêne éprouve symbolisent les fardeaux auxquels nous sommes confrontés de la part des victimes « altérisées » de notre monde.106
According to the story, the leaves on the tree used for the lynching began to wither, yellowed and fell off, and the bough shrivelled and died. The tree emerges in Dunbar’s poem as a participant, a witness. The personified tree – an active, intimate spectator – is unable to withstand the memory of the horrors it witnessed and writhes in pain: “I feel the rope against my bark/And the weight of him in my grain/I feel in the throe of his final woe/The touch of my own last pain.” We, like the Oak tree, feel the merging of self and other identities through modes of empathy and critical self-reflection, examined through tragedy. The ‘weight’, ‘feel’ and ‘touch’ the Oak tree experiences, symbolise the burdens we confront from the Othered victims of our world.106
L'auto-imagerie et l'identification à l'autre sont semblables au poème d'Anna Letitia Barbauld sur la grossesse, « To a Little Invisible Being Who is Expected Soon to Become Visible » :
The self-imaging and identifying with the other is akin to Anna Letitia Barbauld’s poem on pregnancy, ‘To a Little Invisible Being Who is Expected Soon to Become Visible’:
Elle aspire à serrer contre son sein maternel une part d'elle-même, pourtant lui inconnue ; à voir et à saluer l'étranger invité.107
She longs to fold to her maternal breast Part of herself, yet to herself unknown; To see and salute the stranger guest.107
Les deux poètes s'expriment d'un point de vue intérieur – le bébé fait partie de la mère et, de même, la victime lynchée fait partie de l'arbre. La mère comme l'arbre ont une identification empathique avec leurs « autres » et leurs états émotionnels deviennent identiques à cet instant précis. L'idée est provocatrice en nous mettant au défi d'imaginer ce qui est « inimaginable » dans la conscience publique, afin de construire une scène imaginée de mort, de destruction, de peur et d'indignation. Là où il existe un « ici » et un « là-bas » imaginés, il doit y avoir une création de lieu et une mise en récit imaginées. Ce que nous ne voyons pas est ce que nous devons « voir ».
Both poets speak from an insider’s perspective – the baby is part of the mother and so too is the lynched victim part of the tree. Both mother and tree have an empathic identification with their ‘others’ and their emotional states become identical for that moment. The idea is provocative in its challenging us to imagine what is ‘unimagined’ in public consciousness, to construct an imagined scene of death, destruction, fear and outrage. Where there is an imagined ‘here’ and there’, there needs to be an imagined place-making and storying. What we do not see is what we must ‘see’.
Le Qur’ān fait clairement savoir que la diversité et les différences existeront toujours. Contrairement à l'altérisation imposée aux gens en raison de la couleur de leur peau, l'ethnie ou la langue, les croyances sont, quant à elles, choisies ; pourtant, la diversité des croyances est également une caractéristique inhérente à l'homme. Sans une compréhension claire de la différence humaine et de la manière dont Allāh souhaite que nous nous traitions les uns les autres avec respect à ce sujet, la diversité des croyances peut mener à des disputes et à des conflits. Bien que le Qur’ān invite à la croyance et au mode de vie les mieux adaptés aux êtres humains, il reconnaît également une liberté de croyance et de culte. D'autres peuvent choisir de croire différemment ou d'adorer autre qu'Allāh :
The Qur’ān makes clear that diversity and differences will always exist. Unlike the Othering imputed on people for the colour of their skin, ethnicity, languages, beliefs instead are chosen; yet, diversity of beliefs is also an inherent characteristic of man. Without a clear understanding of human difference and the way Allāh seeks we treat one another with respect to it, the diversity of belief may lead to disputes and conflict. Though the Qur’ān invites to the belief and way of life best suited for human beings, it also acknowledges a freedom of belief and worship. Others may choose to believe differently or worship other than Allāh:
74: 36 - un avertissement à tous les mortels, 74:37 - à ceux d'entre vous qui choisissent d'aller de l'avant et à ceux qui traînent le pas.
74: 36 - a warning to all mortals, 74:37 - to those of you who choose to go ahead and those who lag behind .
81:27 - Ceci est un message pour tous les gens ; 81:28 - pour ceux qui souhaitent emprunter le droit chemin.
81:27 - This is a message for all people; 81:28 - for those who wish to take the straight path.
18:29 - Dis : « La vérité est venue de votre Seigneur : que celui qui veut croire y adhère, et que celui qui veut mécroire le fasse. » C'est la sagesse d'Allāh de nous avoir créés différents par nos formes, nos langues, nos couleurs, nos croyances, nos coutumes et nos traditions :
18:29 - Say, ‘Now the truth has come from your Lord: let those who wish to believe in it do so, and let those who wish to reject it do so.’ It is Allāh’s wisdom to create us different in shapes, languages, colours, beliefs, customs and traditions:
5:48 - Nous avons assigné à chacun de vous une loi et un chemin. Si Dieu avait voulu, Il aurait fait de vous une seule communauté, mais Il a voulu vous éprouver par ce qu'Il vous a donné, alors rivalisez dans les bonnes œuvres : vous reviendrez tous vers Dieu et Il vous fera connaître ce sur quoi vous divergiez.
5:48 - We have assigned a law and a path to each of you. If God had so willed, He would have made you one community, but He wanted to test you through that which He has given you, so race to do good: you will all return to God and He will make clear to you the matters you differed about.
49:13 - Ô hommes, Nous vous avons créés d'un homme et d'une femme, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus pour que vous vous entre-connaissiez. Aux yeux de Dieu, le plus honoré de vous est le plus pieux : Dieu est Omniscient, Omniprésent.
49:13 - People, We created you all from a single man and a single woman, and made you into races and tribes so that you should recognize one another. In God’s eyes, the most honoured of you are the ones most mindful of Him: God is all knowing, all aware.
39:22 - Un autre de Ses signes est la création des cieux et de la terre, ainsi que la diversité de vos langues et de vos couleurs. Il y a certes des signes en cela pour ceux qui savent.
39:22 - Another of His signs is the creation of the heavens and earth, and the diversity of your languages and colours. There truly are signs in this for those who know.
Il est naturel que nous remarquions nos différences de nationalité, d'ethnie et de race. Les désigner comme autres en raison de ces facteurs revient à rendre ceux qui nous sont différents « extérieurs », « étrangers » et « étrangers ».
It is natural that we notice our differences in nationality, ethnicity and race. To Otherise on account of these factors is to render those different to us as “outside”, “foreign” and “alien”.
Ce qui peut souvent découler de cela est la subordination culturelle et militaire d'un groupe dominant sur un Autre inférieur. Lors du dernier sermon du Prophète Muḥammad ﷺ durant son pèlerinage (Hajj) au cours de la dixième année de l'émigration (Hijrah), il a clairement établi que tous les êtres humains sont égaux, indépendamment de leur ethnicité ou de leur couleur, et que la seule chose qui les différencie est leur reconnaissance, leur foi, leur crainte, leur confiance et leur amour envers Lui (piété (Taqwa)). C'est cela qui les motiverait à accomplir de bonnes actions et les rendrait conscients de leurs responsabilités personnelles et sociales. Le Prophète ﷺ a déclaré : « Il n'y a aucune supériorité pour un Arabe sur un non-Arabe, ni pour un non-Arabe sur un Arabe ; ni pour un blanc sur un noir, ni pour un noir sur un blanc, si ce n'est par la piété (Taqwa). »
What can often stem from this is cultural and military subordination of a dominant group over an inferior Other. In the Prophet Muḥammad (peace be upon him)’s last sermon during his Hajj in in the tenth year of Hijra, he made clear that all people are equal irrespective of ethnicity or colour and that the only thing that differentiates them is their acknowledgement, belief, fear, trust and love of Him (taqwa). It is this that would motivate them to good actions and make them cognisant of their personal and social responsibilities. The Prophet (peace be upon him) declared “There is no superiority for an Arab over a non-Arab and for a non-Arab over an Arab; or for white over the black or for the black over the white except in piety.
« Certes, le plus noble d'entre vous est le plus pieux. »108
Verily the noblest among you is he/she who is the most pious.”108
Chris Weedon définit l'« altérisation » comme le processus consistant à « construire un autre peuple ou un autre groupe comme étant radicalement différent de soi-même ou de son propre groupe, généralement sur la base de discours racistes et/ou ethnocentriques. »109 Une fois, le compagnon du Prophète ﷺ, Abu Dharr, insulta Bilal en faisant référence à sa mère, en disant : « Ô fils d'une femme noire ! » Bilal alla voir le Prophète ﷺ et lui raconta ce qu'il avait dit. Le Prophète ﷺ se mit en colère en entendant cela. Plus tard, Abu Dharr vint rendre visite au Prophète ﷺ, mais il ignorait ce que Bilal lui avait dit. Le Prophète ﷺ se détourna de lui et Abu Dharr demanda : « Ô Messager d'Allāh, vous êtes-vous détourné à cause de quelque chose qu'on vous a dit ? » Le Prophète ﷺ dit : « As-tu insulté Bilal par sa mère ? Par Celui qui a révélé le Livre à Muḥammad, nul n'est meilleur qu'un autre si ce n'est par ses bonnes œuvres. »110
Chris Weedon defines “Othering” as referring to the process of “constructing another people or group as radically different to oneself or one’s own group, usually on the basis of racist and/or ethnocentric discourses.”109 Once the Prophet’s companion Abu Dharr insulted Bilal with reference to his mother, saying, “O son of a black woman!” Bilal went to the Prophet (peace be upon him), and he told him what he said. The Prophet (peace be upon him) became angry by what he heard. Later, Abu Dharr came to visit the Prophet, but he was unaware of what Bilal told him. The Prophet (peace be upon him) turned away from him and Abu Dharr asked, “O Messenger of Allāh, have you turned away because of something you have been told?” The Prophet (peace be upon him) said, “Have you insulted Bilal by his mother? By the One who revealed the Book to Muḥammad, no one is better than another except by righteous deeds.”110
Contrairement à l'accentuation de telles différences d'« altérisation », le sermon du Prophète ﷺ et ses paroles à Abu Dharr soulignent qu'il ne peut y avoir d'idée d'une race supérieure ni de condamnation des autres comme étant inférieurs. Le soi et l'autre sont énoncés en termes égaux comme « Arabe » et « non-Arabe », comme « noir » et « blanc » ; les binômes de subordonnés et de dominants s'effondrent dans le cadre prophétique. On appelle les gens à accepter la diversité dans ce que nous pensons nous diviser. L'idée est de ne pas se concentrer sur l'extérieur et le superficiel, mais sur l'intérieur et le transcendantal. Il convient de se rappeler que le sermon prophétique commence par un appel au corps humain plus vaste, « Ô Gens », et que les divisions notées par le Prophète ﷺ sont compensées par une quête d'excellence personnelle et comportementale au service de l'Unique Dieu, laquelle peut être acquise par toute personne indépendamment de sa couleur et de son ethnicité.
Contrary to the accentuating of such ‘Otherising’ differences, the Prophet’s sermon and his words to Abu Dharr emphasises that there can be no idea of a superior race or the castigating of others as inferior. Self and other are pronounced in equal terms as “Arab” and “non-Arab”, as “black” and “white”; the binaries of subordinates and dominants collapse in the Prophetic frame. People are called on to accept diversity in what we think divides us. The idea is to concentrate not on the outer and superficial, but on the inner and transcendental. It is to be remembered that the Prophetic sermon begins with a call to the greater human body, “O People”, and that the divisions noted by the Prophet (peace be upon him) are offset by a pursuit of personal and behavioural excellence in service of the One God, which can be acquired by any person irrespective of colour and ethnicity.
Dans le catalogue des lynchages d'hommes et de femmes noirs en Amérique du Nord aux XIXe et XXe siècles, ce qui n'était initialement que des événements isolés, cachés du regard du public, est devenu avec le temps, avec l'essor de la cinématographie et de la « création d'images », des événements publics et médiatisés. Le 1909
In the catalogue of lynching of black men and women in North America in the 19th and 20th centuries, what were initially discrete events, hidden from public view became in time, with the rise of cinematography and ‘image-making’, public and publicised events. The 1909
l'exécution de Will Mack à Brandon, Mississippi, a été suivie par une foule de plus de 3,000
execution of Will Mack in Brandon, Mississippi was attended by a crowd of more than 3,000
Les gens. Ils arrivèrent en trains et en calèches tandis que des vendeurs vendaient du soda, de la glace, des cacahuètes et de la pastèque. La sobriété de l'occasion pour les Noirs était grotesquement juxtaposée à l'indifférence collective des participants.
people. They arrived on trains and buggies while vendors sold soda pop, ice cream, peanuts and watermelon. The sobriety of the occasion for Blacks was grotesquely juxtaposed with the collective indifference of attendees.