Il est rapporté d'après Anas (qu'Allāh soit satisfait de lui) qu'une femme, ayant un certain trouble mental, dit : « Ô Messager d'Allāh ﷺ ! J'ai un besoin que je souhaite que vous satisfassiez. » Il répondit : « Yā Umm Fulān (Ô mère de untel), choisis le chemin dans lequel tu aimes marcher afin que je puisse connaître ton besoin et y satisfaire. » Il marcha avec elle sur un certain chemin jusqu'à ce que son besoin soit satisfait.47
It is narrated on the authority of Anas (Allāh be pleased with him) that a woman, somewhat mentally defected, said, “O Messenger of Allāh! I have a need that I want you to meet. He responded, “Yā Umm Fulān (O mother of so and so), choose the way you like to walk in so that I may know your need and meet it.” He walked with her in some route until she had her need fulfilled.47
Cette narration est profonde à bien des égards et nous offre beaucoup de matière à réflexion concernant notre comportement envers autrui, comme les hommes et les femmes que nous pourrions rencontrer et qui ont souffert de troubles mentaux ou qui connaissent d'autres personnes dans cette situation. La femme qui est venue s'approcher du Prophète ﷺ est venue avec une requête pour que le Prophète ﷺ réponde à l'un de ses besoins. Ce qui frappe dès le début, c'est la manière dont le Prophète ﷺ s'est adressé à cette femme. Il y a quelque chose d'ennoblissant dans l'adresse initiale du Prophète ﷺ. Il l'a interpellée en disant : « Yā umm fulān ». Ce que cela semble connoter, c'est le positionnement de la femme dans un cadre de dignité et de respectabilité. La femme était déjà quelqu'un d'important, une personne sur laquelle on pouvait compter, estimée et ayant déjà acquis de l'importance. Elle était une mère, et elle l'était avant même de pouvoir être considérée comme moindre ou différente en raison de son handicap mental. S'adresser aux autres en utilisant des titres de respect est une caractéristique essentielle de la politesse et de l'étiquette dans la conversation.
This narration is profound in many ways and provides us with much to think about in relation to our dealing with others, such as men and women we might encounter who have suffered with some mental illness or who know others who have. The woman who came and approached the Prophet (peace be upon him) came with a request that the Prophet (peace be upon him) tend to one of her needs. What stands out at the beginning is the way the Prophet (peace be upon him) addressed that woman. There is something ennobling in the Prophet’s opening address. He addressed her, “Yā umm fulān”. What this seems to connote is a positioning of the woman in a frame of worthiness and respectability. The woman was already someone important, someone to be dependent on, valued and who had already gained importance. She was a mother and a mother before she might have been considered less or different because of her mental disability. Addressing others with titles of respect is an essential feature of politeness and etiquette in conversation.
L'utilisation de mots tels que « monsieur », « madame » ou « mademoiselle », ou le fait de demander poliment le nom de l'interlocuteur et de l'appeler par son nom suivi de « si je puis me permettre », instaure un climat de politesse et de respect entre vous. Cela nous permet de nous humaniser les uns les autres et de personnaliser notre interaction.
Using words such as “sir”, “madam” or “ma’am”, or to politely ask the addressee their name, and to call them by their name followed by “if I may” opens up an air of politeness and respect between you. This allows us to humanise one another and personalise our interaction.
Même si la conversation devient parfois passionnée de part et d'autre, l'utilisation répétée de « monsieur », « madame » ou « mademoiselle » peut aider à calmer toute tension, car cela affirme que le respect et la dignité constituent le fondement de toute rencontre humaine.
Even if the conversation at times becomes impassioned on either side, repeated use of “sir” or “madam” or “ma’am” can help to calm any tension because it asserts that respect and dignity stand at the footing of any human encounter.
Le Prophète ﷺ demanda ensuite aux femmes de choisir le chemin qu'elles préféraient emprunter. Encore une fois, afin de compenser tout sentiment d'altérisation envers les personnes souffrant de troubles mentaux, le Prophète ﷺ accorda à la femme un pouvoir de choix, lui offrant l'opportunité de prendre sa propre décision quant à l'endroit où elle se sentait le plus à l'aise. C'est cet esprit de compréhension et de compassion qui devrait prévaloir entre nous. La déshumanisation est un désengagement moral et cela peut très facilement se produire lorsque nous créons nos propres groupes d'appartenance composés de personnes au corps sain, mentalement aptes, intelligentes et belles. Souvent, les groupes perçus comme « inférieurs », tels que les handicapés, les infirmes et les difformes, sont dévalorisés dans nos sociétés et font l'objet de préjugés en raison de l'évaluation ou du jugement négatif qui leur est attribué sur la base de leur appartenance à un groupe.
The Prophet (peace be upon him) then asked the women to choose which way she liked to walk. Again to offset any sense of Othering of the mentally challenged, the Prophet (peace be upon him) accorded the woman a power of choice, granted her an opportunity to make her own decision about going where she felt most comfortable. It is this spirit of understanding and compassion that should prevail between us. Dehumanisation is moral disengagement and this can quite easily take place when we create our own in-groups of the healthy bodied, mentally fit, intelligent, and beautiful. Oftenly, the perceived “lesser” groups, such as the disabled, crippled and deformed are devalued in our societies and are prejudiced against due to the negative evaluation or judgment ascribed to them based on their group membership.
Le Prophète ﷺ nous a enseigné une leçon remarquable sur ce que signifie le véritable handicap au sens métaphysique, à savoir que le jugement appartient exclusivement à Allāh. Une fois, alors qu'il s'apprêtait à rendre visite à un aveugle à Medina, il dit à ses compagnons que l'homme n'était en fait pas tout à fait aveugle : « Jabir bin ‘Abd-Allāh (qu'Allāh soit satisfait de lui) a dit, le Prophète ﷺ
The Prophet (peace be upon him) taught us a remarkable lesson about what true disability means in a metaphysical sense namely, judgement belongs solely to Allāh. Once, when arranging to visit a blind man in Medina, he told his companions that the man instead was not in fact altogether blind: “Jabir bin ‘Abd-Allāh (Allāh be pleased with him) said, the Prophet (peace be upon him)
a dit : « Emmenez-nous auprès de l'homme doté de vision qui vit à Banū Wāqif afin que nous puissions lui rendre visite. » Et cet homme était aveugle.48
said, “Take us to the man with vision who lives in Banū Wāqif so that we can visit him.’ And that man was blind.”48
Cette tradition est instructive par ce qu'elle révèle de la manière dont le Prophète ﷺ n'a pas reconnu l'homme à travers son handicap, mais a plutôt inversé notre compréhension de ce que le handicap signifie en premier lieu. La vision mentionnée est la vision spirituelle précise de l'homme ; ses yeux spirituels étaient sans nuages bien que ses yeux physiques fussent aveugles.
The tradition is insightful for what it reveals of the way the Prophet (peace be upon him) did not recognise the man through his disability, but instead inverted our understanding of what the disability means in the first place. The vision referred to is the man’s accurate spiritual vision; his spiritual eyes were unclouded though his physical eyes were blind.
Bien que l'homme fût effectivement aveugle, il ne devait pas être réprimandé en tant que tel ni être méprisé à cause de cela. Le Prophète ﷺ a montré que non seulement les différences que nous observons dans cette vie sont temporaires par rapport à ce qu'il en sera dans la vie prochaine, mais qu'il existe une manière plus profonde par laquelle nous pouvons reconnaître et donner un sens à nos différences. Allāh dit dans le Qur’ān :
Though the man was indeed blind, he was not to be castigated as such or looked down upon because of it. The Prophet (peace be upon him) showed that not only are differences we observe in this life temporal in relation to how things will fare in the next life, but that there is a more profound way by which we can recognise and make sense of our differences. Allāh in the Qur’ān says:
« N'ont-ils donc jamais parcouru la terre, afin que leurs cœurs acquièrent la sagesse et que leurs oreilles puissent entendre ? Car ce ne sont pas leurs yeux qui deviennent aveugles, mais ce sont les cœurs qui sont dans leurs poitrines qui deviennent aveugles ! » (22:46)
“Have they, then, never journeyed about the earth, letting their hearts gain wisdom, and causing their ears to hear? Yet, verily, it is not their eyes that have become blind – but blind have become the hearts that are in their chests!” (22:46)
Abdullah ibn Mas´ud (qu'Allah soit satisfait de lui) fut un jour ridiculisé par d'autres à cause de la finesse de son tibia. Le Prophète ﷺ leur rappela qu'ils ne devaient pas évaluer l'apparence physique uniquement selon les critères de ce monde présent :
Abdullah ibn Mas´ud (Allāh be pleased with him) was once ridiculed by others because of the thinness of his shin. The Prophet (peace be upon him) reminded them that they ought not to measure physical appearance merely by the standard of the present world:
Umm Mūsa a dit : « J'ai entendu ‘Alī (qu'Allāh soit satisfait de lui) dire que le Prophète ﷺ a ordonné à ‘Abdullāh ibn Mas´ud de grimper à un arbre et de lui en apporter quelque chose. Ses Compagnons regardèrent le tibia de ‘Abdullāh et rirent de sa minceur. Le Messager d'Allāh ﷺ dit : "Pourquoi riez-vous ? Le pied de ‘Abdullāh est plus lourd dans la balance que la montagne d'Uḥud." »49
Umm Mūsa said, “I heard ‘Alī (Allāh be pleased with him) say that the Prophet (peace be upon him) commanded ‘Abdullāh ibn Mas´ud to climb a tree and bring him something from it. His Companions looked at ‘Abdullāh’s shin and laughed at its thinness. The Messenger of Allāh, may Allāh bless him and grant him peace, said, ‘Why are you laughing? ‘Abdullāh ‘s foot is heavier in the balance than the mountain of Uḥud.’”49
Les êtres humains parlent différents langages de l'émotion. Ces émotions peuvent être ressenties, manifestées et observées simultanément. La manière dont ces différents fils se manifestent est relative au temps et au lieu et, par conséquent, rend chaque expérience entièrement unique. Ce ne sont toutefois pas les manifestations qui sont totalement uniques, mais les émotions du donateur et du receveur qui sont entièrement liées par des expériences, des sens, des peurs, des espoirs et des anticipations distinctifs.
Humans speak different languages of emotion. These emotions can be simultaneously felt, exhibited and witnessed. How these different strands manifest themselves are relative to time and place and in turn make each experience entirely unique. It is not, however, the displays that are altogether unique, but the emotions of the giver and recipient that are entirely bound up by distinctive experiences, senses, fears, hopes and anticipation.
À l'époque du Prophète Muḥammad ﷺ, un bédouin nommé Zāhir bin Hizām (qu'Allāh soit satisfait de lui) apportait des cadeaux au Prophète ﷺ
In the time of the Prophet Muḥammad (peace be upon him), a bedouin named Zāhir bin Hizām (Allāh be pleased with him) would bring gifts for the Prophet (peace be upon him)
du désert où il résidait à la ville de Madinah où résidait le Prophète ﷺ. L'échange de personnes et d'espaces entre le désert et la ville reflète grandement la manière dont un esprit d'appartenance, de compassion et de communauté est embrassé, indépendamment des petites différences qui nous séparent. Zāhir ne pouvait rivaliser avec les cadeaux des citadins qui apportaient des vêtements et de la nourriture pour le Prophète ﷺ. Au lieu de cela, il apportait souvent de petits cadeaux peu coûteux comme des produits alimentaires tels que du fromage blanc ou du beurre — des cadeaux provenant de son foyer dans le désert. Zāhir occupait une place profondément ancrée dans la mémoire collective des habitants de Madinah et, plus important encore, dans le cœur et l'esprit du Prophète ﷺ. Alors qu'il partait, le Prophète ﷺ lui fit également des cadeaux et lui dit : « Zahir nous représente, nous qui vivons dans le désert, et nous le représentons, lui qui vit dans la ville. » Bien qu'il fût, comme Julaybīb, perçu physiquement comme un homme peu attrayant, le Prophète ﷺ l'aimait tendrement et enseignait aux autres, comme il le fit en remarquant le corps sans vie de Julaybīb, que chaque homme a sa place et qu'une telle construction de la « place » ne s'identifie pas uniquement à travers le prisme du « soi », mais à travers une connaissance profonde de la véritable valeur trouvée en et à travers l'autre. Toutes les frontières entre le Soi et l'Autre finissent par fusionner chez les habitants du désert et les gens de la ville.
from the desert where he resided to the city of Madinah where the Prophet (peace be upon him) resided. The interchange of people and space between desert and city is greatly reflective of the way a spirit of belonging, compassion and community is embraced irrespective of small differences between us. Zāhir could not compete with the gifts of the city dwellers who would bring clothing and food for the Prophet (peace be upon him). He instead would oftentimes bring small inexpensive presents like food items such as cottage cheese or butter - gifts from his home in the desert. Zāhir held a deep-seated place in the collective memory of the inhabitants of Madinah and most importantly, in the heart and mind of the Prophet (peace be upon him). As he was leaving, the Prophet (peace be upon him) also gave him presents, and told him: “Zahir represents us living in the desert and we represent him living in the city.” Although he, like Julaybīb, was perceived physically an unattractive man, but the Prophet (peace be upon him) loved him dearly and taught others, as he did when noticing the deceased body of Julaybīb, that each man has his place and such a construct of ‘place’ is not identified solely through the ‘self’ lens, but through a profound cognisance of true worth found in and through another. Any boundaries of Self and Other come to coalesce in the desert dwellers and city folk.
Une fois, alors que Zāhir faisait du commerce, le Prophète ﷺ se cacha derrière lui et lui couvrit les yeux de ses mains bénies. Zāhir reconnut le Prophète ﷺ.
Once, while Zāhir was trading, the Prophet (peace be upon him) hid himself behind him and covered his eyes with his blessed hands. Zāhir recognized the Prophet (peace be upon him)
...de son beau parfum et de la douceur de sa peau. Aussitôt, le Prophète ﷺ, dans un moment de gaieté, demanda : « Qui va acheter cet esclave ? » Zāhir répondit : « Ô Messager d'Allah ﷺ, je serais alors une marchandise bon marché ! » Le Prophète ﷺ répondit : « Mais auprès d'Allah, tu n'es pas une marchandise bon marché. Auprès d'Allah, tu es précieux. »50
from his beautiful scent and the softness of his skin. Thereupon the Prophet, in a moment of merriment asked, “Who is going to buy this slave?” Zāhir replied: “O Messenger of Allah, then I would be cheap merchandise!” The Prophet replied: “But with Allah you are not a cheap merchandise. With Allāh you are precious.”50
Zāhir, indépendamment de son apparence physique, de sa pauvreté ou de ses particularités, était un homme de valeur et d'une beauté intérieure comme les autres. Lui aussi fut réconforté et pris dans les bras par le Prophète ﷺ, qui nous a enseigné, à travers cet habitant du désert, que personne, dans ses cercles sociaux proches ou lointains, ne devrait jamais être dévalorisé ou faire l'objet de préjugés.
Zāhir, irrespective of his physical appearance, of his poverty, of his peculiarities, was a man of worth and inner beauty like the others. He too was comforted and embraced by the Prophet (peace be upon him), who taught us through this desert dweller, that no-one in his immediate or distant societies should ever be devalued and prejudiced against.
L'attitude du Prophète ﷺ était un témoignage du fait que la véritable valeur et la grandeur humaine transcendent les différences physiques et géographiques mineures entre les peuples. Le Prophète ﷺ demanda un jour à ses compagnons ce qu'ils pensaient d'un individu qui passait devant eux. Ils dirent qu'une telle personne était privilégiée ; qu'elle appartenait à la classe noble du peuple ; que si elle parlait, les gens l'écouteraient ; que si elle cherchait à se marier, elle se marierait facilement et que si elle intercédait en faveur de quelqu'un, son intercession serait volontiers acceptée. Un homme parmi les habitants pauvres de Médine passa alors, et le Prophète ﷺ posa la même question : « Que pensez-vous d'une telle personne ? » Ils dirent que si une telle personne s'adressait à la communauté, personne ne l'écouterait ; que si elle cherchait à se marier, personne ne l'épouserait et que si elle intercédait en faveur de quelqu'un, son intercession ne serait pas acceptée. Le Prophète ﷺ dit alors : « Cette personne (pauvre) est meilleure qu'un si grand nombre de personnes du premier type qu'elles pourraient remplir la terre. »51
The attitude of the Prophet (peace be upon him) was a testament to the fact that true worth and human greatness transcends smaller physical and geographical differences between people. The Prophet (peace be upon him) once asked his companions what they thought of an individual who was passing before them. They said, such a person was privileged; he was from the noble class of people; if he spoke, people would listen to him; if he sought marriage, he would easily marry and if he interceded on behalf of someone, it would be readily accepted of him. A man from the poor inhabitants of Medina then passed through and the Prophet (peace be upon him) asked the same question: “What do you think of such a person?” They said that if such a person addressed the community none would listen to him; if he sought marriage no-one would marry him and if he interceded on behalf of someone, it would not be accepted of him. The Prophet (peace be upon him) then said, “This (poor) person is better than such a large number of the first type as to fill the earth.”51
Le récit souligne que nous ne pouvons pas juger un individu uniquement sur ce qui est perçu de lui à travers son apparence. Dans notre monde, il y a ceux qui peuvent se réjouir de leurs succès et ces succès seront manifestés extérieurement. Cependant, le Prophète ﷺ a montré dans ce récit que l'état extérieur ou la position sociale d'une personne n'est pas synonyme de succès, et que la véritable valeur d'un homme ne repose pas sur la mesure dans laquelle il ou elle est reconnu(e) ou estimé(e) par les autres. Il se pourrait bien que celui qui est méprisé (ou même rabaissé et dénigré par les autres) soit celui qui vit selon un système de valeurs plus élevé, ou qui est le plus humble, le plus reconnaissant, et par conséquent plus honoré auprès d'Allāh. Allāh mentionne qu'après la trahison du Prophète Yūsuf par ses frères, il fut retrouvé dans le puits dans lequel ils l'avaient jeté et vendu pour une somme dérisoire, comme révélé dans le verset suivant :
The narration emphasises that we cannot judge an individual based purely on what is perceived of them from their appearance. In our world, there are those who might relish in their successes and those successes will be outwardly shown. However, the Prophet (peace be upon him) showed in this narration that a person’s external condition or social position does not equal success, and a man’s true worth is not based on the extent to which he or she is recognised or held in high esteem by others. It might well be that the one held in low esteem (or even belittled and disparaged by others) is the one who lives by a higher value system, or is the most humble, grateful, and therefore more honoured with Allāh. Allāh mentions that after Prophet Yūsuf’s betrayal by his brothers he was found in the well they cast him in and sold for a worthless amount, as revealed in the following verse:
12:20 - et le vendirent pour un prix dérisoire, pour quelques pièces d'argent : ils ne lui accordaient que si peu de valeur.
12:20 - and then sold him for a small price, for a few pieces of silver: so little did they value him.
Les voyageurs regardèrent l'état extérieur du Prophète Yūsuf, peut-être ébouriffé, ses vêtements peut-être trempés d'eau et de saleté, et ne réalisant manifestement pas la véritable valeur de son être, il fut vendu pour une somme insignifiante. En tirant une leçon de cela, il arrive que nous nous détournie immédiatement en voyant quelqu'un qui ne se conforme pas à nos normes sociales, bien que nous ne soyons pas conscients de sa véritable valeur.
The travellers looked upon Prophet Yūsuf’s external, perhaps dishevelled state, his clothing perhaps soaked in water and dirt and clearly not realising the true worth of his very being he was sold for an insignificant amount. In drawing a lesson from this, sometimes we might turn away immediately upon seeing someone who does not conform to our social standards though we might not be aware of his or her true worth.
Dans le poème « Tramp » de R. Loydell, le poète décrit les attitudes et les perceptions d'une famille aisée à l'égard d'un sans-abri. L'homme est singulier dans ses comportements et ne correspond pas aux attentes sociales de la famille. Pour cette raison, l'homme est ostracisé et marginalisé. Ce n'est pas en raison de son caractère ou de sa personnalité que la famille s'éloigne de lui, mais uniquement en raison de son apparence. Le poète décrit :
In R. Loydell’s poem ‘Tramp’, the poet describes the attitudes and perceptions of a wealthy family towards a homeless man. The man is peculiar in his behaviours and not in keeping with the family’s social expectations. For that reason, the man is ostracised and Othered. It is not on account of his character or personality that the family stay away from him, but only on account of his appearance. The poet describes:
« Nos regards inégaux découragent l'approche. »
“Our uneven stares dissuade approach.
Nous le craignons, ses cheveux emmêlés, son manteau rapiécé, son apparence grise due au fait de dormir dehors.
We fear him, his matted hair, patched coat, grey look from sleeping out.
Nous murmurons entre nous en espérant qu'il s'éloigne.
We mutter amongst ourselves and hope he keeps away.
« Pas de place pour lui dans notre paradis, là-bas, c'est propre et vide. » La distance entre le « vagabond » et la famille s'accroît. Il n'y a aucune place pour créer des ponts ou un sentiment d'appartenance entre eux, puisque l'homme n'a pas sa place dans leur « paradis ». Le musulman doit toujours se rappeler qu'il ou elle n'est pas le gardien du paradis. Allāh fait entrer dans Sa Miséricorde qui Il veut, et un tel choix ne dépend ni du statut social, ni de la richesse, ni de la démographie, ni de l'apparence physique. L'Islam est plutôt un appel aux cœurs de l'humanité. Le Prophète ﷺ demanda un jour à ses compagnons :
No place for him in our heaven, there it’s clean and empty.” Distance between the ‘tramp’ and the family is extended. There is no place for bridging and belonging between them since the man does not belong in their ‘heaven’. The Muslim must always remember that he or she is not the gatekeeper of heaven. Allāh brings into His Mercy whoever He chooses and such choosing is not dependent on social status, wealth, demographics or physical appearance. Islam instead is a call to the hearts of mankind. The Prophet (peace be upon him) once asked his companions:
« Puis-je vous parler des gens du Paradis ? Toute personne faible, pauvre et méconnue que les gens méprisent, mais dont le serment est honoré par Allah lorsqu'il prête serment de faire quelque chose. Et puis-je vous informer des gens de l'Enfer ? Ce sont tous ces gens violents, arrogants et obstinés. »52
“May I tell you of the people of Paradise? Every weak and poor obscure person whom the people look down upon but his oath is fulfilled by Allah when he takes an oath to do something. And may I inform you of the people of the Hell-Fire? They are all those violent, arrogant and stubborn people.”52