Un univers à partir de rien ? – L'argument du Coran en faveur de Dieu
A Universe From Nothing? – The Qur’an’s Argument For God
Imaginez que vous vous retrouviez assis dans le coin d'une pièce. La porte par laquelle vous êtes entré est désormais complètement scellée et il n'y a aucun moyen d'entrer ou de sortir. Les murs, le plafond et le sol sont faits de pierre. Tout ce que vous pouvez faire est de fixer un espace vide et ouvert, entouré de murs froids, sombres et pierreux. À cause d'un ennui immense, vous vous endormez. Quelques heures passent ; vous vous réveillez. En ouvrant les yeux, vous êtes choqué de voir qu'au milieu de la pièce se trouve un bureau avec un ordinateur posé dessus. Vous vous approchez du bureau et remarquez quelques mots sur l'écran de l'ordinateur : Ce bureau et cet ordinateur sont apparus de nulle part.
Imagine you find yourself sitting in the corner of a room. The door that you entered through is now completely sealed and there is no way of entering or exiting. The walls, ceiling and floor are made up of stone. All you can do is stare into open, empty space, surrounded by cold, dark and stony walls. Due to immense boredom, you fall asleep. A few hours pass by; you wake up. As you open your eyes, you are shocked to see that in the middle of the room is a desk with a computer on top of it. You approach the desk and notice some words on the computer screen: This desk and computer came from nothing.
Croyez-vous ce que vous avez lu sur l'écran ? Bien sûr que non. Au premier abord, vous vous fiez à votre intuition selon laquelle il est impossible que l'ordinateur et le bureau soient apparus sans activité ou cause préalable. Ensuite, vous commencez à réfléchir à ce qui aurait pu se passer. Après réflexion, vous réalisez qu'il existe un nombre limité d'explications raisonnables. La première est qu'ils auraient pu provenir d'aucune condition causale ou activité préalable — en d'autres termes, de rien. La deuxième est qu'ils auraient pu se causer ou se créer eux-mêmes. La troisième est qu'ils auraient pu être créés ou placés là par une cause préalable. Puisque vos facultés cognitives sont normales et en bon état de fonctionnement, vous concluez que la troisième explication est la plus rationnelle. Bien que cette forme de raisonnement soit universelle, une variante plus robuste de l'argument se trouve résumée avec éloquence dans le Qur'an. L'argument stipule que les explications possibles pour l'apparition d'une entité finie pourraient être qu'elle soit venue de rien, qu'elle se soit créée elle-même, qu'elle ait pu être créée par autre chose de créé, ou qu'elle ait été créée par quelque chose de non créé. Avant d'approfondir l'argument, il convient de noter que le Qur'an présente souvent des arguments intellectuels rationnels. Le Qur'an est un texte persuasif et puissant qui cherche à impliquer son lecteur. Par conséquent, il s'impose positivement à nos esprits et à nos cœurs, et la manière dont il y parvient est en posant des questions profondes et en présentant des arguments puissants. L'associée professeure d'études islamiques Rosalind Ward Gwynne commente cet aspect du Qur'an : « Le fait même qu'une si grande partie du Qur'an soit sous forme d'arguments montre dans quelle mesure les êtres humains sont perçus comme ayant besoin de raisons pour leurs actions... »121
Do you believe what you have read on the screen? Of course you do not. At first glance you rely on your intuition that it is impossible for the computer and the desk to have appeared from no prior activity or cause. Then you start to think about what could possibly have happened. After some thought you realise a limited number of reasonable explanations. The first is that they could have come from no causal conditions or prior activity—in other words, nothing. The second is that they could have caused or created themselves. The third is that they could have been created or placed there by some prior cause. Since your cognitive faculties are normal and in working order, you conclude that the third explanation is the most rational. Although this form of reasoning is universal, a more robust variation of the argument can be found eloquently summarised in the Qur’an. The argument states that the possible explanations for a finite entity coming into being could be that it came from nothing, it created itself, it could have been created by something else created, or it was created by something uncreated. Before I break down the argument further, it must be noted that the Qur’an often presents rational intellectual arguments. The Qur’an is a persuasive and powerful text that seeks to engage its reader. Hence it positively imposes itself on our minds and hearts, and the way it achieves this is by asking profound questions and presenting powerful arguments. Associate Professor of Islamic Studies Rosalind Ward Gwynne comments on this aspect of the Qur’an: “The very fact that so much of the Qur’an is in the form of arguments shows to what extent human beings are perceived as needing reasons for their actions….”121
Gwynne soutient également que cette caractéristique du Qur’an a influencé l'érudition islamique :
Gwynne also maintains that this feature of the Qur’an influenced Islamic scholarship:
« Le raisonnement et l'argumentation sont si intrinsèques au contenu du Qur’an et si inséparables de sa structure qu'ils ont, de bien des manières, façonné la conscience même des savants du Qur’an. »122
“Reasoning and argument are so integral to the content of the Qur’an and so inseparable from its structure that they in many ways shaped the very consciousness of Qur’anic scholars.”122
Cette relation entre la raison et la révélation était comprise même par les premiers savants de l'Islam. Ils comprenaient que la pensée rationnelle était l'un des moyens de prouver les fondements intellectuels de l'Islam. Le savant islamique du XIVe siècle Ibn Taymiyya écrit que les premiers savants de l'Islam « savaient que les preuves révélées et rationnelles étaient toutes deux vraies et qu'elles s'impliquaient l'une l'autre. Quiconque accordait aux preuves rationnelles... l'enquête complète qui leur est due, savait qu'elles concordaient avec ce que les messagers leur avaient communiqué et qu'elles leur prouvaient la nécessité de croire les messagers dans ce qu'ils leur avaient communiqué. »123
This relationship between reason and revelation was understood even by early Islamic scholars. They understood that rational thinking was one of the ways to prove the intellectual foundations of Islam. The 14th century Islamic scholar Ibn Taymiyya writes that early Islamic scholarship “knew that both revelational and rational proofs were true and that they entailed one another. Whoever gave rational… proofs the complete enquiry due them, knew that they agreed with what the messengers informed them about and that they proved to them the necessity of believing the messengers in what they informed them about.”123.
L'argument coranique.
The Qur’anic argument.
Le Coran fournit un argument puissant pour l'existence de Dieu : « Ou bien ont-ils été créés par rien ? Ou bien sont-ils les créateurs [d'eux-mêmes] ? Ou bien ont-ils créé les cieux et la Terre ? Au contraire, ils ne sont pas certains. »124
The Qur’an provides a powerful argument for God’s existence: “Or were they created by nothing? Or were they the creators [of themselves]? Or did they create the heavens and Earth? Rather, they are not certain.”124
Bien que cet argument se réfère à l'être humain, il peut également s'appliquer à tout ce qui a commencé à exister, ou à tout ce qui a émergé. Le Qur'an utilise le mot khuliqu, qui signifie créé, fait ou originaire.125 Il peut donc se référer à tout ce qui est entré en existence.
Although this argument refers to the human being, it can also be applied to anything that began to exist, or anything that emerged. The Qur’an uses the word khuliqu, which means created, made or originated.125 So it can refer to anything that came into being.
Analysons maintenant l'argument. Le Qur’an mentionne quatre possibilités pour expliquer comment une chose a été créée ou est apparue ou a existé :
Now let us break down the argument. The Qur’an mentions four possibilities to explain how something was created or came into being or existence:
• Créés par rien : « ou bien ont-ils été créés par rien ? ».
• Created by nothing: “or were they created by nothing?”.
• Auto-créés : « ou bien étaient-ils les créateurs d'eux-mêmes ? ».
• Self-created: “or were they the creators of themselves?”.
• Créé par une chose créée : « ou ont-ils créé les cieux et la Terre ? », ce qui implique qu'une chose créée est ultimement créée par une autre chose créée.
• Created by something created: “or did they create the heavens and the Earth?”, which implies a created thing being ultimately created by something else created.
• Créé par quelque chose de non créé : « Plutôt, ils ne sont pas certains », impliquant que le déni de Dieu est sans fondement, et par conséquent, l'affirmation implique qu'il existe un créateur non créé.126.
• Created by something uncreated: “Rather, they are not certain”, implying that the denial of God is baseless, and therefore the statement implies that there is an uncreated creator.126.
Cet argument peut également être transformé en une formule universelle qui ne nécessite aucune référence aux écritures :
This argument can also be turned into a universal formula that does not require reference to scripture:
1. L'univers est fini.
1. The universe is finite.
2. Les choses finies auraient pu provenir du néant, s'être créées elles-mêmes, avoir été ultimement créées par quelque chose de créé, ou avoir été créées par quelque chose de non créé.
2. Finite things could have come from nothing, created themselves, been ultimately created by something created, or been created by something uncreated.
3. Ils n'auraient pas pu provenir du néant, s'être créés eux-mêmes, ou avoir été ultimement créés par quelque chose de créé.
3. They could not have come from nothing, created themselves, or have been ultimately created by something created.
4. Par conséquent, ils ont été créés par quelque chose qui n'est pas créé.
4. Therefore, they were created by something uncreated.
L'univers est fini.
The universe is finite.
Une gamme d'arguments philosophiques démontre la finitude de l'univers. Le plus convaincant et le plus simple de ces arguments consiste à démontrer qu'un infini physique réel ne peut exister. Le type d'infini réel que j'aborde ici est un type d'infini différencié, c'est-à-dire un infini composé de parties distinctes, comme des choses ou des objets physiques. Ces choses physiques peuvent inclure des atomes, des quarks, des bus, des girafes et des champs quantiques. Le type d'infini indifférencié, cependant, est un infini qui n'est pas composé de parties distinctes. Cet infini est cohérent et peut exister. Par exemple, l'infini de Dieu est un infini indifférencié, car Il n'est pas composé de parties physiques distinctes. Dans la théologie islamique, Il est unique, Un et transcendant.
A range of philosophical arguments shows the finitude of the universe The most cogent and simplest of these arguments involves demonstrating that an actual physical infinite cannot exist. The type of actual infinite that I am addressing here is a differentiated type of infinite, which is an infinite made up of discrete parts, like physical things or objects. These physical things can include atoms, quarks, buses, giraffes and quantum fields. The undifferentiated type of infinite, however, is an infinite that is not made of discrete parts. This infinite is coherent and can exist. For instance, the infinity of God is an undifferentiated infinite, as He is not made up of discrete physical parts. In Islamic theology, He is uniquely one and transcendent.
Les arguments les plus persuasifs et les plus intuitifs pour étayer l'impossibilité d'un infini actuel se présentent sous la forme d'expériences de pensée. Or, la question ici concerne l'impossibilité de l'actualisation de l'infini physique. Cela diffère des infinis mathématiques. Bien que logiquement cohérents, ceux-ci existent dans le domaine mathématique, qui est généralement basé sur des axiomes et des hypothèses. Notre préoccupation est de savoir si l'infini peut être réalisé dans le monde physique réel.
The most persuasive and intuitive arguments to substantiate the impossibility of an actual infinite, come in the form of thought experiments. Now the concern here is with the impossibility of the physical infinite being actualised. This is different from mathematical infinites. Although logically coherent, these exist in the mathematical realm, which is usually based on axioms and assumptions. Our concern is whether the infinite can be realised in the real physical world.
Prenez les exemples suivants en considération :
Take the following examples into consideration:
1. Sac de balles : Imaginez que vous ayez un nombre infini de balles dans un sac. Si vous en retirez deux, combien de balles vous reste-t-il ? Eh bien, mathématiquement, vous en avez toujours un nombre infini. Cependant, en pratique, vous devriez en avoir deux de moins que ce qui se trouve dans le sac. Et si, au lieu de les retirer, vous en ajoutiez deux autres ? Combien y a-t-il de balles maintenant ? Il devrait y en avoir deux de plus que ce qui était dans le sac.
1. Bag of balls: Imagine you had an infinite number of balls in a bag. If you take two balls away, how many balls do you have left? Well, mathematically you still have an infinite number. However, practically, you should have two less than what is in the bag. What if you added another two balls instead of removing them? How many balls are there now? There should be two more than what was in the bag.
Vous devriez être capable de compter combien de balles se trouvent dans le sac, mais vous ne le pouvez pas car l'infini n'est qu'une idée et n'existe pas dans le monde réel. Cela montre clairement que l'on ne peut pas avoir un infini actualisé composé de parties ou de choses physiques distinctes. À la lumière de ce fait, le célèbre mathématicien allemand David Hilbert a déclaré : « L'infini n'est nulle part dans la réalité. Il n'existe ni dans la nature ni ne fournit une base légitime à la pensée rationnelle... le rôle qu'il reste à l'infini de jouer est uniquement celui d'une idée. »127
You should be able to count how many balls are in the bag, but you cannot because the infinite is just an idea and does not exist in the real world. This clearly shows you cannot have an actualised infinite made up of discrete physical parts or things. In light of this fact, the famous German mathematician David Hilbert said, “The infinite is nowhere to be found in reality. It neither exists in nature nor provides a legitimate basis for rational thought… the role that remains for the infinite to play is solely that of an idea.”127.
2. Pile de cubes de différentes tailles : Imaginez que vous ayez une pile de cubes. Chaque cube est numéroté. Le premier cube a un volume de 10 cm³3
2. Stack of cubes with different sizes: Imagine you had a stack of cubes. Each cube is numbered. The first cube has a volume of 10cm3
Le cube suivant, situé au-dessus, a un volume de 5 cm³.3
. The next cube on top of that has a volume of 5cm3
et le cube suivant est la moitié du cube précédent. Cela se poursuit ad infinitum (encore et encore de la même manière pour toujours). Maintenant, allez au sommet de la pile et retirez le cube qui se trouve au sommet. Vous ne pouvez pas. Il n'y a aucun cube à trouver. Pourquoi ? Parce que s'il y avait un cube à trouver au sommet, cela signifierait que les cubes n'atteignent pas l'infini.
and the next cube is half of the previous cube. This goes on ad infinitum (again and again in the same way forever). Now go to the top of the stack and remove the cube at the top. You cannot. There is no cube to be found. Why? Because if there was a cube to be found at the top it would mean that the cubes did not reach infinity.
Cependant, puisqu'il n'y a pas de cube au sommet, cela montre également — bien que l'infini mathématique existe (avec des hypothèses et des axiomes) — que l'on ne peut pas avoir d'infini actualisé dans le monde réel. Puisqu'il n'y a pas de fin à la pile, cela montre que l'infini — qui est composé de choses physiques discrètes (dans ce cas, les cubes) — ne peut pas être réalisé physiquement.
However, since there is no cube at the top, it also shows— even though the mathematical infinite exists (with assumptions and axioms)—that you cannot have an actualised infinite in the real world. Since there is no end to the stack, it shows the infinite—that is made up of discrete physical things (in this case the cubes)—cannot be physically realised.
Conceptuellement, l'univers n'est pas différent du sac de balles ou de la pile de cubes que j'ai expliqués plus haut. L'univers est réel. Il est composé de choses physiques distinctes. Puisque l'infini différencié ne peut exister dans le monde réel, il s'ensuit que l'univers ne peut pas être infini. Cela implique que l'univers est fini, et puisqu'il est fini, il a dû avoir un commencement. La recherche scientifique relative au commencement de l'univers n'a pas été abordée ici car les données sont actuellement sous-déterminées. La sous-détermination est une « thèse expliquant que pour toute théorie fondée scientifiquement, il y aura toujours au moins une théorie rivale qui est également soutenue par les preuves données... » 128. Il existe environ 17 modèles concurrents pour expliquer les preuves cosmologiques. Certains de ces modèles concluent que l'univers est fini et a eu un commencement, tandis que d'autres soutiennent que l'univers est éternel dans le passé. Les preuves ne sont pas concluantes. Les conclusions pourraient changer lorsque de nouvelles preuves seront observées ou que de nouveaux modèles seront développés (voir Chapitre 12).
Conceptually, the universe is no different to the bag of balls or the stack of cubes I have explained above. The universe is real. It is made up of discrete physical things. Since the differentiated infinite cannot exist in the real world, it follows that the universe cannot be infinite. This implies that the universe is finite, and since it is finite it must have had a beginning. The scientific research that relates to the beginning of the universe has not been discussed here because the data is currently underdetermined. Underdetermination is a “thesis explaining that for any scientifically based theory there will always be at least one rival theory that is also supported by the evidence given…” 128 .There are around 17 competing models to explain the cosmological evidence. Some of these models conclude that the universe is finite and had a beginning and others argue that the universe is past eternal. The evidence is not conclusive. The conclusions might change when new evidence is observed or new models are developed (see Chapter 12).
Nous sommes maintenant en mesure d'appliquer les quatre possibilités logiques pour expliquer le commencement de l'univers et de discuter chacune d'elles.
Now we are in a position to apply the four logical possibilities to explain the beginning of the universe and discuss each one.
Créé à partir de rien ? Avant d'aborder cette possibilité, je dois définir ce que l'on entend par « rien ». Le rien est défini comme l'absence de toute chose. Pour mieux illustrer cela, imaginez que tout, toute la matière, l'énergie et le potentiel, disparaisse ; cet état serait décrit comme le rien. Cela ne doit pas être confondu avec le vide ou le champ quantique, un concept que j'expliquerai plus tard. Le rien fait également référence à l'absence de toute condition causale. Une condition causale est tout type de cause qui produit un effet. Cette cause peut être matérielle ou non matérielle.
Created from nothing?. Before I address this possibility, I need to define what is meant by ‘nothing’. Nothing is defined as the absence of all things. To illustrate this better, imagine if everything, all matter, energy and potential, were to vanish; that state would be described as nothing. This is not to be confused with the quantum vacuum or field, a concept I will explain later. Nothing also refers to the absence of any causal condition. A causal condition is any type of cause that produces an effect. This cause can be material or non-material.
Affirmer que des choses peuvent surgir du néant signifie que des choses peuvent entrer en existence sans aucun potentiel, sans aucune matière ou à partir de rien du tout. Affirmer une telle chose défie nos intuitions et s'oppose à la raison.
Asserting that things can come from nothing means that things can come into being from no potential, no matter or nothing at all. To assert such a thing defies our intuitions and stands against reason.
Alors, l'univers aurait-il pu surgir du néant ? La réponse évidente est non, car du néant, rien ne vient. Le néant ne peut rien produire. Quelque chose ne peut pas émerger sans aucune condition causale. Une autre façon d'examiner la question est par le biais de mathématiques simples. Combien font 0 + 0 + 0 ? Ce n'est pas 3, c'est 0.
So, could the universe have come into existence from nothing? The obvious answer is no, because from nothing, nothing comes. Nothingness cannot produce anything. Something cannot arise from no causal conditions whatsoever. Another way of looking at it is by way of simple math. What is 0 + 0 + 0? It is not 3, it’s 0.
L'une des raisons pour lesquelles cela est si intuitif est que cela repose sur un principe rationnel (ou métaphysique) : l'être ne peut pas provenir du non-être. Affirmer le contraire est ce que j'appellerais un contre-discours. N'importe qui pourrait prétendre n'importe quoi. Si quelqu'un peut prétendre que l'univers entier peut provenir de rien, alors les implications seraient absurdes. Ils pourraient affirmer que n'importe quoi pourrait entrer en existence sans aucune condition causale. Pour que quelque chose surgisse du néant, il doit posséder au moins un certain type de potentiel ou de conditions causales. Puisque le rien est l'absence de toutes choses, y compris de tout type de condition causale, alors quelque chose ne pourrait pas surgir du rien. Soutenir que quelque chose peut surgir du rien est logiquement équivalent à la notion que les choses peuvent s'évanouir, se décomposer, s'annihiler ou disparaître sans aucune condition causale de quelque nature que ce soit. Les individus qui soutiennent que quelque chose peut provenir du rien doivent également maintenir que quelque chose peut s'évanouir sans aucune condition causale. Par exemple, si un bâtiment disparaissait complètement, ces individus ne devraient pas être surpris par l'événement, car si les choses peuvent provenir d'aucune condition causale, cela implique logiquement que les choses peuvent également s'évanouir par le biais d'aucune condition causale. Cependant, soutenir que les choses peuvent simplement s'évanouir sans référence à aucune condition causale serait rationnellement absurde. Une contention courante est que l'univers pourrait provenir du rien parce que, dans le vide quantique, des particules surgissent dans l'existence. Cet argument suppose que le vide quantique est le rien. Cependant, ce n'est pas vrai. Le vide quantique est quelque chose ; ce n'est pas un vide absolu et il obéit aux lois de la physique. Le vide quantique est un état d'énergie éphémère. Ce n'est donc pas rien, c'est quelque chose de physique.129.
One of the reasons that this is so intuitive is because it is based on a rational (or metaphysical) principle: being cannot come from nonbeing. To assert the opposite is what I would call counter discourse. Anyone could claim anything. If someone can claim that the entire universe can come from nothing, then the implications would be absurd. They could assert that anything could come into being without any causal conditions at all. For something to arise from nothing it must have at least some type of potential or causal conditions. Since nothing is the absence of all things, including any type of causal condition, then something could not arise from nothing. Maintaining that something can arise from nothing is logically equivalent to the notion that things can vanish, decay, annihilate or disappear without any causal conditions whatsoever. Individuals who argue that something can come from nothing must also maintain that something can vanish from no causal conditions at all. For example, if a building completely vanished, such individuals should not be surprised by the event, because if things can come from no causal conditions at all, then it logically implies that things can vanish by means of no causal conditions as well. However, to argue that things can just vanish without reference to any causal condition would be rationally absurd. A common contention is that the universe could come from nothing because in the quantum vacuum particles pop into existence. This argument assumes that the quantum vacuum is nothing. However, this is not true. The quantum vacuum is something; it is not an absolute void and it obeys the laws of physics. The quantum vacuum is a state of fleeting energy. So it is not nothing, it is something physical.129.
Le « rien » du professeur Lawrence Krauss.
Professor Lawrence Krauss’s ‘nothing’.
Le livre du professeur Lawrence Krauss, *A Universe from Nothing*, a dynamisé et popularisé le débat sur la question leibnizienne : « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? »¹³⁰ Dans son livre, Krauss soutient qu'il est plausible que l'univers soit apparu à partir du « rien ». Aussi absurde que cela puisse paraître, quelques présupposés et clarifications doivent être mis en lumière pour comprendre le contexte de ses conclusions.
Professor Lawrence Krauss’s book, A Universe from Nothing, invigorated and popularised the debate on the Leibnizian question: “Why is there something rather than nothing?”130 In his book, Krauss argues that it is plausible that the universe arose from ‘nothing’. Absurd as this may sound, a few presuppositions and clarifications need to be brought to light to understand the context of his conclusions.
Le « rien » de Krauss est en réalité quelque chose. Dans son livre, il qualifie le rien d'« instable »¹³¹, et ailleurs il affirme que le rien est quelque chose de physique, qu'il appelle « un espace vide mais préexistant »¹³².
Krauss’s ‘nothing’ is actually something. In his book, he calls nothing “unstable”131, and elsewhere he affirms that nothing is something physical, which he calls “empty but pre-existing space”132.
C'est une déviation linguistique intéressante, car la définition du « rien » dans la langue anglaise fait référence à une négation universelle, mais il semble que le « rien » de Krauss soit une étiquette pour quelque chose. Bien que ses recherches affirment que le « rien » est l'absence de temps, d'espace et de particules, il induit en erreur le lecteur non averti et ne parvient pas à confirmer (explicitement) qu'il existe toujours une certaine substance physique. Même si, comme l'affirme Krauss, il n'y a pas de matière, il doit y avoir des champs physiques. Cela est dû au fait qu'il est impossible d'avoir une région où il n'y a pas de champs, car la gravité ne peut être bloquée. Dans la théorie quantique, la gravité à ce niveau de réalité ne nécessite pas d'objets dotés d'une masse, mais nécessite une substance physique. Par conséquent, le « rien » de Krauss est en réalité quelque chose. Ailleurs dans son livre, il écrit que tout est apparu à partir de fluctuations quantiques, ce qui explique une création à partir du « rien », mais cela implique un état quantique préexistant pour que cela soit possible.133.
This is an interesting linguistic deviation, as the definition of nothing in the English language refers to a universal negation, but it seems that Krauss’s ‘nothing’ is a label for something. Although his research claims that ‘nothing’ is the absence of time, space and particles, he misleads the untrained reader and fails to confirm (explicitly) that there is still some physical stuff. Even if, as Krauss claims, there is no matter, there must be physical fields. This is because it is impossible to have a region where there are no fields because gravity cannot be blocked. In quantum theory, gravity at this level of reality does not require objects with mass, but does require physical stuff. Therefore, Krauss’s ‘nothing’ is actually something. Elsewhere in his book, he writes that everything came into being from quantum fluctuations, which explains a creation from ‘nothing’, but that implies a pre-existent quantum state in order for that to be a possibility.133.
Le professeur David Albert, l'auteur de *Quantum Mechanics and Experience*, a écrit une critique du livre de Krauss, et conclut de manière similaire :
Professor David Albert, the author of Quantum Mechanics and Experience, wrote a review of Krauss’s book, and similarly concludes:
« Mais ce n'est tout simplement pas juste. Les états de vide de la théorie quantique des champs relativiste — pas moins que des girafes, des réfrigérateurs ou des systèmes solaires — sont des agencements particuliers de choses physiques simples. Le véritable équivalent de la théorie quantique des champs relativiste à l'absence totale de toute chose physique n'est pas tel ou tel agencement particulier des champs — c'est simplement l'absence des champs ! Le fait que certains agencements de champs correspondent par hasard à l'existence de particules et que d'autres non n'est pas plus mystérieux que le fait que certains des agencements possibles de mes doigts correspondent par hasard à l'existence d'un poing et que d'autres non. Et le fait que des particules puissent apparaître et disparaître, au fil du temps, à mesure que ces champs se réorganisent, n'est pas plus mystérieux que le fait que des poings puissent apparaître et disparaître, au fil du temps, à mesure que mes doigts se réorganisent. Et aucun de ces apparitions — si on les regarde correctement — ne s'apparente de près ou de loin à une création à partir du néant. » 134.
“But that’s just not right. Relativistic-quantum-field-theoretical vacuum states — no less than giraffes or refrigerators or solar systems — are particular arrangements of simple physical stuff. The true relativistic-quantum-field-theoretical equivalent to there not being any physical stuff at all isn’t this or that particular arrangement of the fields —it is just the absence of the fields! The fact that some arrangements of fields happen to correspond to the existence of particles and some do not is not any more mysterious than the fact that some of the possible arrangements of my fingers happen to correspond to the existence of a fist and some do not. And the fact that particles can pop in and out of existence, over time, as those fields rearrange themselves, is not any more mysterious than the fact that fists can pop in and out of existence, over time, as my fingers rearrange themselves. And none of these poppings — if you look at them aright — amount to anything even remotely in the neighbourhood of a creation from nothing.” 134.
Distinctions philosophiques.
Philosophical distinctions.
Curieusement, le professeur Krauss semble avoir modifié la définition du néant afin de répondre à la question perpétuelle de Leibniz. Cela rend l'ensemble de la discussion problématique, car la définition de Krauss brouille des distinctions philosophiques bien connues. Le terme « rien » a toujours fait référence au non-être ou à l'absence de quelque chose.135 Par conséquent, les implications du « rien » de Krauss sont qu'il pourrait être raisonnable pour quelqu'un d'affirmer ce qui suit :
Interestingly, Professor Krauss seems to have changed the definition of nothing in order to answer Leibniz’s perennial question. This makes the whole discussion problematic as Krauss’s definition blurs well-known philosophical distinctions. The term ‘nothing’ has always referred to non-being or the absence of something.135 Therefore, the implications of Krauss’s ‘nothing’ is that it could be reasonable for someone to assert the following:
« J'ai eu un dîner merveilleux hier soir, et ce n'était rien. »
“I had a wonderful dinner last night, and it was nothing.”.
« Je n'ai rencontré personne dans le hall et ils m'ont indiqué la direction de cette pièce. »
“I met nobody in the hall and they showed me directions to this room.”.
« Rien n'est savoureux avec du sel et du poivre. »136.
“Nothing is tasty with salt and pepper.”136.
Ces affirmations sont des déclarations irrationnelles et constituent donc des propositions dénuées de sens, à moins, bien sûr, que quelqu'un ne change la définition du rien. Il n'est pas étonnant que le professeur Krauss laisse entendre que sa conception du rien ne se réfère pas au non-être. Il écrit : « Une chose est cependant certaine. La "règle" métaphysique, qui est tenue comme une conviction inébranlable par ceux avec qui j'ai débattu de la question de la création, à savoir que "de rien, rien ne vient", n'a aucun fondement dans la science. »137
These statements are irrational statements and therefore amount to meaningless propositions, unless of course someone changes the definition of nothing. It is no wonder that Professor Krauss hints that his view of nothing does not refer to non-being. He writes: “One thing is certain, however. The metaphysical ‘rule,’ which is held as ironclad conviction by those with whom I have debated the issue of creation, namely that ‘out of nothing, nothing comes,’ has no foundation in science.”137
Cela signifie clairement que Krauss a changé le sens de « rien » pour signifier « quelque chose », car la science, en tant que méthode, se concentre sur les choses du monde physique. La science ne peut répondre qu'en termes de phénomènes naturels et de processus naturels. Lorsque nous posons des questions telles que : Quel est le sens de la vie ? L'âme existe-t-elle ? Qu'est-ce que le rien ? L'attente générale est d'obtenir des réponses métaphysiques — et donc, en dehors de la portée de toute explication scientifique (voir le Chapitre 12).
This clearly means Krauss has changed the meaning of nothing to mean something, because science as a method focuses on things in the physical world. Science can only answer in terms of natural phenomena and natural processes. When we ask questions like: What is the meaning of life? Does the soul exist? What is nothing? The general expectation is to have metaphysical answers—and hence, outside the scope of any scientific explanation (see Chapter 12).
La science ne peut aborder l'idée du rien ou du non-être, car la science est limitée aux problèmes que les observations peuvent résoudre. Le philosophe des sciences Elliot Sober vérifie cette limitation. Il écrit dans son essai Empiricism que « la science est forcée de restreindre son attention aux problèmes que les observations peuvent résoudre. »138 Par conséquent, le professeur Krauss a changé le sens du mot « rien », afin que la science puisse résoudre un problème qu'elle ne pouvait pas résoudre à l'origine. Peut-être ce résultat devrait-il être accepté comme une défaite, car il équivaut à quelqu'un qui ne serait pas capable de répondre à une question et qui, au lieu d'admettre sa défaite ou de référer la question à quelqu'un d'autre, aurait recours au changement du sens de la question.
Science cannot address the idea of nothing or non-being, because science is restricted to problems that observations can solve. Philosopher of science Elliot Sober verifies this limitation. He writes in his essay Empiricism that “science is forced to restrict its attention to problems that observations can solve.”138 Therefore, Professor Krauss has changed the meaning of the word “nothing”, in order for science to solve a problem that it could not originally solve. Perhaps this outcome should be accepted as a defeat as it is tantamount to someone not being able to answer a question, and instead of admitting defeat or referring the question to someone else, resorting to changing the meaning of the question.
Il aurait été intellectuellement plus honnête de simplement dire que le concept du néant est un concept métaphysique, et que la science ne traite que de ce qui peut être observé.
It would have been intellectually more honest to just say that the concept of nothing is a metaphysical concept, and science only deals with what can be observed.
Des recherches non concluantes et la popularisation de gymnastiques linguistiques.
Inconclusive research and popularising linguistic gymnastics.
En mettant tout cela de côté, le professeur Krauss admet que ses recherches sur le « néant » sont ambiguës et manquent de preuves concluantes. Il écrit : « Je souligne le mot "pourrait" ici, car il se peut que nous n'ayons jamais assez d'informations empiriques pour résoudre cette question de manière non ambiguë. »139
Putting all of this aside, Professor Krauss admits that his ‘nothingness’ research is ambiguous and lacks conclusive evidence. He writes, “I stress the word could here, because we may never have enough empirical information to resolve this question unambiguously.”139
Ailleurs dans son livre, il admet la nature non concluante de son argument : « En raison des difficultés d'observation et des difficultés théoriques connexes associées à l'élaboration des détails, je m'attends à ce que nous ne parvenions peut-être jamais à plus qu'une simple plausibilité à cet égard. »140.
Elsewhere in his book he admits the inconclusive nature of his argument: “Because of the observational and related theoretical difficulties associated with working out the details, I expect we may never achieve more than plausibility in this regard.”140.
À la lumière de cela, le professeur Krauss aurait dû simplement dire que l'univers provient de quelque chose de physique comme un état de vide, plutôt que de redéfinir le mot rien. Mais Krauss semble déterminé à populariser sa gymnastique linguistique. Lors de notre débat : Islam or Atheism: Which Makes More Sense?, je me suis référé à son livre pour expliquer que son rien est quelque chose, comme une forme de brume quantique. Cependant, il a réagi en disant que son rien est « Pas d'espace, pas de temps, pas de lois... il n'y a pas d'univers, rien, zéro, zip, nada. »141
In light of this, Professor Krauss should have just said the universe came from something physical like a vacuum state, rather than redefining the word nothing. But Krauss seems to be adamant in popularising his linguistic gymnastics. During our debate: Islam or Atheism: Which Makes More Sense? I referred to his book to explain that his nothing is something, like some form of quantum haze. However, he reacted and said that his nothing is “No space, no time, no laws… there’s no universe, nothing, zero, zip, nada.”141
Krauss semblait avoir délibérément omis une prémisse cachée importante : il reste encore quelque chose de matériel dans son néant, chose qu'il a clairement admise lors d'une conférence publique. Il a déclaré que quelque chose et le néant sont « ... des quantités physiques ».142
Krauss seemed to have deliberately omitted an important hidden premise: there is still some physical stuff in his nothing, something which he clearly admitted to in a public lecture. He said that something and nothing are “… physical quantities.”142
En résumé, le « rien » du professeur Krauss est quelque chose. L'univers provient de quelque chose de physique que Krauss appelle le « rien », et échoue donc à répondre à la question de Leibniz : Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? En réalité, Krauss ne répond qu'à la question : Comment quelque chose est-il venu de quelque chose ? C'est une question à laquelle la science peut répondre, et qui ne nécessite pas d'acrobaties linguistiques.
In summary, Professor Krauss’s nothing is something. The universe came from something physical which Krauss calls “nothing”, and therefore failing to answer Leibniz’s question: Why is there something rather than nothing? In reality, Krauss only answers the question: How did something come from something? That is a question that science can answer, and which does not require linguistic acrobatics.
L'existence de Dieu n'est pas remise en cause par la vision de Krauss sur le néant. Tout ce qu'il nous a réellement présenté, c'est que l'univers (le temps et l'espace) est issu de quelque chose. Par conséquent, l'univers nécessite toujours une explication pour son existence.
God’s existence is not undermined by Krauss’s view on nothing. All that he has really presented to us is that the universe (time and space) came from something. Therefore, the universe still requires an explanation for its existence.
« La causalité n'a de sens qu'au sein de cet univers ; par conséquent, l'univers pourrait être issu du néant. »
“Causality only makes sense within this universe; therefore, the universe may have come from nothing.”.
Les discussions historiques et académiques sur la notion de causalité incluent l'objection de David Hume selon laquelle la causalité est un concept dérivé de nos expériences. Si Hume a raison concernant la causalité, alors nous ne sommes pas justifiés à postuler que le concept de causalité existe ou a un sens en dehors de nos expériences. Puisque l'argument de ce chapitre se réfère à des événements extérieurs à notre expérience — la manière dont l'univers est entré en existence — la causalité ne peut être utilisée pour expliquer ces événements. En d'autres termes, l'univers aurait pu provenir du néant, car la notion de causalité peut n'avoir de sens qu'au sein de l'univers et ne peut être appliquée à quoi que ce soit en dehors de celui-ci. Si nous n'avons aucune expérience du début de l'univers ou de ce qui s'est passé avant son existence, alors nous devrions simplement garder le silence sur la question.
Historical and academic discussions on the notion of causality include David Hume’s objection that causality is a concept derived from our experiences. If Hume is right about causality, then we are not justified in postulating that the concept of causality exists or makes sense outside of our experiences. Since the argument in this chapter refers to events outside of our experience—how the universe came into existence—causality cannot be used to explain these events. In other words, the universe could have come from nothing, because the notion of causality may only make sense within the universe and cannot be applied to anything outside of it. If we have no experience of the beginning of the universe or what happened prior to its existence, then we should simply stay silent on the matter.
Cette objection suppose faussement que la causalité est un concept basé sur l'expérience. La causalité est a priori ; une connaissance antérieure à l'expérience. C'est un concept métaphysique, qui est nécessaire pour que nous puissions, avant toute chose, comprendre nos expériences. Nous l'apportons à toute notre expérience, plutôt que notre expérience ne nous l'apporte. C'est comme porter des lunettes teintées en jaune : tout semble jaune, non pas à cause de quelque chose qui se trouve là-bas dans le monde, mais à cause des lunettes à travers lesquelles nous regardons tout. Sans la causalité, nous ne serions pas capables d'avoir une compréhension significative du monde. Prenez l'exemple suivant en considération ; imaginez que vous regardiez la White House à Washington DC. Vos yeux peuvent errer vers la porte, à travers les piliers, puis vers le toit et enfin vers la pelouse avant. Vous pouvez également inverser l'ordre de vos perceptions ; vous pouvez d'abord commencer par regarder la pelouse, puis le toit, les piliers et enfin le toit. Maintenant, comparez cela à une autre expérience : vous êtes sur la Tamise à Londres et vous voyez un bateau passer en flottant. Vous ne pouvez voir que l'avant du bateau avant de voir l'arrière, et vous ne pouvez pas inverser l'ordre de cette expérience pendant que le bateau passe. Lorsque vous avez regardé la White House, vous aviez le choix de voir la porte d'abord, puis les piliers, et ainsi de suite. Vous pouviez également inverser l'ordre de vos perceptions. Cependant, avec le bateau, vous n'aviez pas le choix. L'avant du bateau fut le premier à apparaître, et vous ne pouviez pas réorganiser vos perceptions en essayant de voir l'arrière avant d'avoir vu l'avant. Qu'est-ce qui dicte l'ordre dans lequel vous avez eu ces expériences ? Pourquoi savez-vous quand vous pouvez ordonner vos perceptions et quand vous ne le pouvez pas ? La réponse est le concept de causalité. Il existe des connexions causales logiques se produisant dans votre esprit pendant que vous percevez la White House et le bateau.
This objection falsely assumes that causality is a concept based on experience. Causality is a priori; knowledge prior to experience. It is a metaphysical concept, that is required in order for us to understand our experiences in the first place. We bring it to all our experience, rather than our experience bringing it to us. It is like wearing yellow-tinted glasses, everything looks yellow not because of anything out there in the world, but because of the glasses through which we are looking at everything. Without causality, we would not be able to have a meaningful understanding of the world. Take the following example into consideration; imagine you are looking at the White House in Washington DC. Your eyes may wonder to the door, across the pillars, then to the roof and finally over to the front lawn. You can also reverse the order of your perceptions; you can first start to look at the lawn, then to the roof, the pillars and finally the roof. Now contrast this to another experience, you are on the river Thames in London and you see a boat floating past. You can only see the front of the boat before you see the back, and you cannot reverse the order of that experience as the boat floats past. When you looked at the White House you had a choice to see the door first and then the pillars and so on. You could also reverse the order of your perceptions. However, with the boat you had no choice. The front of the boat was the first to appear, and you could not reorder your perceptions by trying to see the back before you saw the front. What dictates the order in which you had these experiences? Why is it that you know when you can order your perceptions and when you cannot? The answer is the concept of causality. There are logical causal connections occurring in your mind while you are perceiving the White House and the boat.
Le point à retenir ici est que vous n'auriez pas été en mesure de faire la distinction entre certaines expériences qui sont ordonnées par vous-même et d'autres qui sont ordonnées indépendamment, à moins d'avoir le concept de causalité. En l'absence de causalité, nos expériences seraient très différentes de ce qu'elles sont. Elles ne seraient qu'une seule séquence d'expériences : une chose après l'autre. La causalité est indépendante de l'expérience car nous ne pourrions rien expérimenter sans elle. Par conséquent, il s'ensuit logiquement que la causalité existe avant notre expérience de l'univers.
The point to take here is that you would not have been able to make the distinction that some experiences are ordered by yourself and others are ordered independently, unless you had the concept of causality. In absence of causality, our experiences would be very different from the way that they are. They would be a single sequence of experiences only: one thing after another. Causality is independent of experience because we would not be able to experience anything without it. Therefore, it logically follows that causality exists prior to our experience of the universe.
Si vous ne pouvez pas obtenir quelque chose à partir de rien, alors comment Dieu a-t-il créé à partir de rien ?
If you cannot have something from nothing, then how did God create from nothing?.
Cette contention est fausse, car elle implique que Dieu n'est rien. Dieu est un agent unique possédant le potentiel de créer et de faire exister les choses par Sa volonté et Sa puissance. Par conséquent, il ne s'agit pas d'un cas où quelque chose provient du néant. La volonté et la puissance de Dieu étaient les conditions causales pour faire exister l'univers. Qu'une chose provienne du néant est impossible, car le néant implique le non-être, l'absence de potentiel et l'absence de conditions causales. Il est irrationnel d'affirmer que quelque chose peut émerger d'un vide absolu sans aucun potentiel ni activité causale préalable. Dieu fournit cette activité causale via Sa volonté et Sa puissance. Même si la tradition intellectuelle islamique fait référence à Dieu créant à partir de rien, cet acte de création signifie qu'il n'y avait pas de matière. Cependant, cela ne suppose pas qu'il n'y avait pas de conditions causales ou de potentiel.
This contention is false, as it implies that God is nothing. God is a unique agent with the potential to create and bring things into existence through His will and power. Therefore, it is not the case of something coming from nothing. God’s will and power were the causal conditions to bring the universe into existence. Something coming from nothing is impossible, because nothing implies non-being, no potential and no causal conditions. It is irrational to assert that something can emerge from an absolute void without any potential or prior causal activity. God provides that causal activity via His will and power. Even though the Islamic intellectual tradition refers to God creating from nothing, this act of creation means that there was no material stuff. However, it does not assume that there were no causal conditions or potential.
143 La volonté et la puissance de Dieu constituent les conditions causales permettant de faire advenir l'univers à l'existence.
143 God’s will and power form the causal conditions to bring the universe into existence.
Auto-créé ?
Self-created?.
L'univers aurait-il pu se créer lui-même ? Le terme « créé » se réfère à quelque chose qui a émergé, et par conséquent, cela n'existait pas auparavant. Une autre façon de parler de la création de quelque chose est de dire qu'il a été amené à l'existence. Tous ces mots impliquent que la chose est finie, car toutes les choses qui ont été créées sont finies. Comprendre le concept de la création nous amène à conclure que l'auto-création est une impossibilité logique et pratique. Cela est dû au fait que l'auto-création implique que quelque chose a été en existence et n'a pas été en existence en même temps, ce qui est impossible. Quelque chose qui a émergé signifie qu'il n'existait pas auparavant ; cependant, dire qu'il s'est créé lui-même implique qu'il existait avant d'exister ! Considérez la question suivante : était-il possible pour votre mère d'accoucher d'elle-même ? Prétendre une telle chose suggérerait qu'elle aurait dû naître avant de naître. Quand quelque chose est créé, cela signifie qu'elle n'existait pas auparavant, et n'avait donc aucun pouvoir pour faire quoi que ce soit. Ainsi, prétendre qu'elle s'est créée elle-même est impossible, car elle n'aurait pu avoir aucun pouvoir avant d'être créée pour pouvoir se créer elle-même. Cela s'applique à toutes les choses finies, et cela inclut également l'univers. Le savant islamique Al-Khattabi résume de manière appropriée le sophisme de cet argument :
Could the universe have created itself? The term ‘created’ refers to something that emerged, and therefore it was once not in existence. Another way of speaking about something being created is that it was brought into being. All of these words imply something being finite, as all things that were created are finite. Understanding the concept of creation leads us to conclude that self-creation is a logical and practical impossibility. This is due to the fact that self-creation implies that something was in existence and not in existence at the same time, which is impossible. Something that emerged means that it once was not in existence; however, to say that it created itself implies that it was in existence before it existed! Consider the following question: Was it possible for your mother to give birth to herself? To claim such a thing would suggest that she would have to be born before she was born. When something is created, it means it once did not exist, and therefore had no power to do anything. So to claim that it created itself is impossible, as it could not have any power before it was created in order to create itself. This applies to all finite things, and that includes the universe too. Islamic scholar Al-Khattabi aptly summarises the fallacy of this argument:
« C'est un argument encore plus fallacieux, car si une chose n'existe pas, comment peut-on dire qu'elle possède une puissance, et comment pourrait-elle créer quoi que ce soit ? Comment pourrait-elle faire quoi que ce soit ? Si ces deux arguments sont réfutés, alors il est établi qu'ils ont un Créateur, alors qu'ils croient en Lui. »144
“This is [an] even more fallacious argument, because if something does not exist, how can it be described as having power, and how could it create anything? How could it do anything? If these two arguments are refuted, then it is established that they have a creator, so let them believe in Him.”144
Andrew Compson, l'actuel président de la British Humanist Association, a un jour participé à un débat public avec moi à l'Université de Birmingham. J'ai présenté l'argument coranique concernant l'existence de Dieu. Sa réponse à mon affirmation selon laquelle l'auto-création est impossible était que l'auto-création peut être observée dans les organismes unicellulaires, également connue en biologie sous le nom de reproduction asexuée. L'objection d'Andrew est fausse pour plusieurs raisons. Premièrement, ce à quoi il faisait référence dans les organismes unicellulaires n'est pas l'auto-création, mais plutôt un mode de reproduction par lequel la progéniture provient d'un organisme unique et n'hérite que du matériel génétique de ce parent. Deuxièmement, si nous étendons logiquement son exemple à l'univers, cela suppose que l'univers a toujours existé, car pour que la reproduction asexuée ait lieu, il faut un parent qui existait avant la progéniture. Par conséquent, son objection prouve en réalité le point que je soutenais ; l'univers n'a jamais existé auparavant, il ne pouvait donc pas se donner lui-même l'existence. Vous pensez peut-être que cette objection est absurde et qu'il n'était pas nécessaire d'en discuter. Je suis d'accord. Cependant, je l'ai incluse pour montrer à quel point certains contre-arguments athées peuvent être déraisonnables.
Andrew Compson, the current chair of the British Humanist Association, once engaged in a public debate with me at the University of Birmingham. I presented the Qur’anic argument for God’s existence. His response to my assertion that self-creation is impossible was that self-creation can be found in single-celled organisms, also known in biology as asexual reproduction. Andrew’s objection is false on a few grounds. Firstly, what he referred to in single-celled organisms is not self-creation, but rather a mode of reproduction by which offspring arise from a single organism and inherit the genetic material of that parent only. Secondly, if we logically extend his example to the universe, it assumes that the universe always existed, because for asexual reproduction to occur you need a parent that existed prior to the offspring. Therefore, his objection actually proves the point I was making; the universe once never existed, so it could not bring itself into existence. You may be thinking that this objection is absurd, and it was not necessary to discuss it. I agree. However, I included this to show how unreasonable some atheist counter-arguments can be.
Créé par autre chose qui a été créé ?
Created by something else that was created?.
Pour l'argumentation, répondons « oui » à la question suivante : l'univers a-t-il été créé par une autre chose créée ? Cela satisfera-t-il celui qui pose la question ? Évidemment non. La personne polémique demandera sans aucun doute : « Alors, qu'est-ce qui a créé cette chose ? ». Si nous répondions : « Une autre chose créée », que pensez-vous qu'il dirait ? Oui, vous avez deviné : « Qu'est-ce qui a créé cette chose ? ». Si ce dialogue ridicule se poursuivait éternellement, cela prouverait une chose : la nécessité d'un Créateur non créé.
For argument sake, let’s answer “yes” to the following question: Was the universe created by something else created? Will that satisfy the questioner? Obviously not. The contentious person will undoubtedly ask, “Then, what created that thing?” If we were to answer, “Another created thing”, what do you think he would say? Yes, you guessed right: “What created that thing?” If this ridiculous dialogue continued forever, then it would prove one thing: the need for an uncreated creator.
Pourquoi ? Parce que nous ne pouvons pas avoir le cas d'une chose créée, comme l'univers, étant créée par une autre chose créée dans une série illimitée remontant à l'infini (connue sous le nom de régression à l'infini des causes). Cela n'a tout simplement aucun sens. Considérez les exemples suivants :
Why? Because we cannot have the case of a created thing, like the universe, being created by another created thing in an unlimited series going back forever (known as an infinite regress of causes). It simply does not make sense. Consider the following examples:
• Imaginez qu'un tireur d'élite, ayant acquis sa cible désignée, communique par radio avec le quartier général pour obtenir l'autorisation de tirer.
• Imagine that a sniper, who has acquired his designated target, radios through to HQ to get permission to shoot.
Le QG, cependant, dit au tireur d'élite d'attendre pendant qu'ils demandent la permission à un supérieur. Par la suite, le supérieur demande la permission à une personne encore plus haut placée, et ainsi de suite. Si cela continue indéfiniment, le tireur d'élite pourra-t-il jamais tirer sur la cible ? Bien sûr que non ! Il continuera d'attendre pendant qu'une autre personne attend qu'un supérieur donne l'ordre. Il doit y avoir un lieu ou une personne d'où le commandement est émis ; un lieu où il n'y a personne de plus haut. Ainsi, notre exemple illustre la faille rationnelle dans l'idée d'un régression infinie des causes. Lorsque nous appliquons cela à l'univers, nous devons poser qu'il doit avoir eu un créateur non créé. L'univers, qui est une chose créée, ne pourrait pas être créé par une autre chose créée, ad infinitum. Si tel était le cas, cet univers n'existerait pas. Puisqu'il existe, nous pouvons rejeter l'idée d'une régression infinie des causes comme étant une proposition irrationnelle.145.
HQ, however, tells the sniper to hold on while they seek permission from someone higher-up. Subsequently, the person higher-up seeks permission from the guy even higher up, and so on and so on. If this keeps going on forever, will the sniper ever get to shoot the target? Of course not! He will keep on waiting while someone else is waiting for a person higher up to give the order. There has to be a place or person from where the command is issued; a place where there is no one higher. Thus, our example illustrates the rational flaw in the idea of an infinite regress of causes. When we apply this to the universe we have to posit that it must have had an uncreated creator. The universe, which is a created thing, could not be created by another created thing, ad infinitum. If that were the case this universe would not exist. Since it exists, we can dismiss the idea of an infinite regress of causes as an irrational proposition.145.
• Imaginez qu'un courtier à la bourse ne puisse ni acheter ni vendre ses actions ou ses obligations sans avoir préalablement demandé la permission à l'investisseur. Une fois que le courtier a interrogé son investisseur, il devait également vérifier auprès de son investisseur. Imaginez que cela se poursuive indéfiniment. Le courtier finirait-il par acheter ou vendre ses actions ou ses obligations ? La réponse est non. Il doit y avoir un investisseur qui donne la permission sans avoir lui-même besoin de demander de permission. Dans la même optique, si nous appliquons cela à l'univers, nous devrions postuler un créateur pour l'univers qui ne soit pas créé.
• Imagine if a stock trader at the stock exchange was not able to buy or sell his stocks or bonds before asking permission from the investor. Once the stock trader asked his investor, he also had to check with his investor. Imagine if this went on forever. Would the stock trader ever buy or sell his stocks or bonds? The answer is no. There must be an investor who gives the permission without requiring any permission himself. In similar light, if we apply this to the universe, we would have to posit a creator for the universe that is uncreated.
Une fois que les exemples ci-dessus sont appliqués directement à l'univers, cela mettra en évidence l'absurdité de l'idée que l'univers a finalement été créé par quelque chose de créé. Considérez si cet univers, U1, a été créé par une cause antérieure, U2, et que U2 a été créé par une autre cause, U3, et que cela se poursuivait indéfiniment. Nous n'aurions pas l'univers U1 pour commencer. Réfléchissez de cette manière : quand U1 entre-t-il en existence ? Seulement après que U2 est entré en existence. Quand U2 entre-t-il en existence ? Seulement après que U3 est entré en existence. Ce même problème se poursuivrait même si nous continuions indéfiniment. Si la capacité de U1 à entrer en existence dépendait d'une chaîne éternelle d'univers créés, U1 n'existerait jamais.146 Comme l'écrit le philosophe et savant islamique Dr. Jaafar Idris :
Once the above examples are applied to the universe directly, it will highlight the absurdity of the idea that the universe ultimately was created by something created. Consider if this universe, U1, was created by a prior cause, U2, and U2 was created by another cause, U3, and this went on forever. We wouldn’t have universe U1 in the first place. Think about it this way, when does U1 come into being? Only after U2 has come into being. When does U2 come into being? Only after U3 has come into being. This same problem will continue even if we go on forever. If the ability of U1 to come into being was dependent on a forever chain of created universes, U1 would never exist.146 As Islamic philosopher and scholar Dr. Jaafar Idris writes:
« Il n'y aurait pas de série de causes réelles, mais seulement une série de non-existants... Le fait est, cependant, qu'il y a des existants autour de nous :
“There would be no series of actual causes, but only a series of non-existents… The fact, however, is that there are existents around us:
« par conséquent, leur cause ultime doit être autre chose que des causes temporelles. »147
therefore, their ultimate cause must be something other than temporal causes.”147
Créé par quelque chose de non-créé ?
Created by something uncreated?.
Alors, quelle est l'alternative ? L'alternative est une cause première. En d'autres termes, une cause non causée ou un créateur non créé. Le théologien et philosophe du XIe siècle Al-Ghazali a résumé l'existence d'une cause non causée ou d'un créateur non créé de la manière suivante : « Il en va de même pour la cause de la cause. Or, cela peut soit se poursuivre ad infinitum, ce qui est absurde, soit prendre fin. »148
So, what is the alternative? The alternative is a first cause. In other words, an uncaused cause or an uncreated creator. The 11th century theologian and philosopher Al-Ghazali summarised the existence of an uncaused cause or an uncreated creator in the following way: “The same can be said of the cause of the cause. Now this can either go on ad infinitum, which is absurd, or it will come to an end.”148
Ce que la discussion ci-dessus dit essentiellement, c'est que quelque chose a dû toujours exister. Il y a maintenant deux choix évidents : Dieu ou l'univers. Puisque l'univers a un commencement et qu'il est dépendant (voir le Chapitre 6), il ne peut pas avoir toujours existé. Par conséquent, ce qui a toujours existé doit être Dieu. Dans l'appendice du livre du professeur Anthony Flew, *There is a God*, le philosophe Abraham Varghese explique cette conclusion de manière simple mais percutante. Il écrit : « Maintenant, clairement, les théistes et les athées peuvent s'accorder sur une chose : si quoi que ce soit existe, il doit y avoir quelque chose qui le précède et qui a toujours existé. Comment cette réalité existant éternellement est-elle apparue ? La réponse est qu'elle n'est jamais apparue. Elle a toujours existé. Faites votre choix : Dieu ou l'univers. Quelque chose a toujours existé. »149.
What the above discussion is essentially saying is that something must have always existed. Now there are two obvious choices: God or the universe. Since the universe began and is dependent (see Chapter 6), it cannot have always existed. Therefore, something that always existed must be God. In the appendix to Professor Anthony Flew’s book There is a God, the philosopher Abraham Varghese explains this conclusion in a simple yet forceful way. He writes: “Now, clearly, theists and atheists can agree on one thing: if anything at all exists, there must be something preceding it that always existed. How did this eternally existing reality come to be? The answer is that it never came to be. It always existed. Take your pick: God or universe. Something always existed.”149.
Ainsi, nous pouvons conclure qu'il existe un créateur non créé pour tout ce qui est créé. La force de cet argument est illustrée par la réaction du compagnon du Prophète Muhammad ﷺ, Jubayr ibn Mut’im. Lorsqu'il entendit les versets pertinents du Qur'an traitant de cet argument, il dit : « mon cœur a presque commencé à s'envoler. »150 Le savant Al-Khattabi a dit que la raison pour laquelle Jubayr fut si ému par ces versets était que « la preuve irréfutable qu'ils contenaient toucha sa nature sensible, et qu'avec son intelligence, il la comprit. »151
Thus, we can conclude that there exists an uncreated creator for everything that is created. The power of this argument is captured in the reaction of the companion of the Prophet Muhammad صلى الله عليه وسلم Jubayr ibn Mut’im. When he heard the relevant verses of the Qur’an addressing this argument he said, “my heart almost began to soar.”150 The scholar Al-Khattabi said that the reason Jubayr was so moved by these verses was because of “the strong evidence contained therein touched his sensitive nature, and with his intelligence understood it.”151
Ce qui a été établi jusqu'à présent est qu'il doit y avoir un créateur non créé. Cela n'implique pas le concept traditionnel de Dieu. Cependant, si nous réfléchissons attentivement au créateur non créé, nous pouvons formuler des conclusions qui mènent à la compréhension traditionnelle de Dieu.
What has been established so far is that there must be an uncreated creator. This does not imply the traditional concept of God. However, if we think carefully about the uncreated creator, we can form conclusions that lead to the traditional understanding of God.
Éternel.
Eternal.
Puisque ce Créateur est non-créé, cela signifie qu'il a toujours existé. Ce qui n'a pas de commencement a toujours existé, et ce qui a toujours existé est éternel. Le Qur’an le précise très clairement : « Dieu, le Seul à être imploré pour toute existence. Il ne donne point et n'a pas été donné. »152
Since this creator is uncreated, it means that it was always in existence. Something that did not begin has always existed, and something that has always existed is eternal. The Qur’an makes this very clear: “God, the Eternal Refuge. He neither begets nor is born.”152.
Qui a créé Dieu ?
Who created God?.
Une réponse typique à l'éternité du Divin est le cliché athée dépassé : Qui a créé Dieu ? Cette contention enfantine est une déformation grossière et une incompréhension de l'argument que j'ai élucidé dans ce chapitre. Il existe deux réponses principales à cette objection.
A typical response to the eternality of the Divine is the outdated atheist cliché: Who created God? This childish contention is a gross misrepresentation and misunderstanding of the argument I have been elucidating in this chapter. There are two main responses to this objection.
Premièrement, la troisième possibilité que nous avons abordée concernant la manière dont l'univers est apparu était la suivante : aurait-il pu être créé par quelque chose de créé ? Nous avons discuté du fait que cela n'était en fin de compte pas possible en raison de l'absurdité de la régression infinie des causes. La conclusion était simple : il a dû y avoir un créateur non créé. Être non créé signifie que Dieu n'a pas été créé. J'ai déjà présenté quelques exemples pour mettre en lumière ce fait. Deuxièmement, une fois que nous avons conclu que la meilleure explication pour l'émergence de l'univers est le concept de Dieu, il serait illogique de soutenir que quelqu'un L'a créé. Dieu a créé l'univers et n'est pas lié par ses lois ; Il est, par définition, un Être non créé, et Il n'est jamais entré en existence. Quelque chose qui n'a jamais commencé ne peut pas être créé. Le professeur John Lennox explique ces points de la manière suivante :
Firstly, the third possibility that we discussed concerning how the universe came into being was: Could it be created by something created? We discussed that this was ultimately not possible because of the absurdity of the infinite regress of causes. The conclusion was simple: there must have been an uncreated creator. Being uncreated means God was not created. I have already presented a few examples to highlight this fact. Secondly, once we have concluded that the best explanation for the emergence of the universe is the concept of God, it would be illogical to maintain that someone created Him. God created the universe and is not bound by its laws; He is, by definition, an uncreated Being, and He never came into existence. Something that never began cannot be created. Professor John Lennox explains these points in the following way:
« Je peux entendre un ami irlandais dire : "Eh bien, cela prouve une chose — si144. »
“I can hear an Irish friend saying: ‘Well, it proves one thing- if144.
« s'ils avaient un meilleur argument, ils l'utiliseraient. » Si cela est considéré comme une réaction plutôt forte, songez simplement à la question : Qui a créé Dieu ? Le simple fait de la poser montre que celui qui pose la question a créé Dieu dans son esprit. Il n'est donc guère surprenant que l'on appelle son livre *The God Delusion*. Car c'est précisément ce qu'est un dieu créé, une illusion, par définition même — comme Xenophanes l'a souligné des siècles avant Dawkins. Un titre plus informatif aurait pu être : *The Created-God Delusion*. Le livre aurait alors pu être réduit à un pamphlet — mais les ventes auraient pu en pâtir... Car le Dieu qui a créé et soutient l'univers n'a pas été créé — Il est éternel. Il n'a pas été « fait » et n'est donc pas soumis aux lois que la science a découvertes ; c'est Lui qui a fait l'univers avec ses lois. En effet, ce fait constitue la distinction fondamentale entre Dieu et l'univers. L'univers est apparu, Dieu ne l'est pas. »153.
they had a better argument, they would use it.’ If that is thought to be a rather strong reaction, just think of the question: Who made God? The very asking of it shows that the questioner has created God in mind. It is then scarcely surprising that one calls one's book The God Delusion. For that is precisely what a created god is, a delusion, virtually by definition—as Xenophanes pointed out centuries before Dawkins. A more informative title might have been: The Created-God Delusion. The book could then have been reduced to a pamphlet—but sales might just have suffered… For the God who created and upholds the universe was not created—He is eternal. He was not ‘made’ and therefore subject to the laws that science discovered; it was he who made the universe with its laws. Indeed, the fact constitutes the fundamental distinction between God and the universe. The universe came to be, God did not.”153.
Transcendant.
Transcendent.
Ce créateur non créé ne peut pas faire partie de la création. Un exemple utile pour illustrer cela est celui d'un menuisier qui fabrique une chaise. Dans le processus de conception et de fabrication de la chaise, il ne devient pas la chaise. Il est distinct de la chaise. Cela s'applique également au créateur non créé. Il a créé l'univers et est donc distinct de ce qu'Il a créé. Le théologien et savant Ibn Taymiyya a soutenu que le terme « créé » impliquait que quelque chose était distinct de Dieu.154
This uncreated creator cannot be part of creation. A useful example to illustrate this is when a carpenter makes a chair. In the process of designing and creating the chair, he does not become the chair. He is distinct from the chair. This applies to the uncreated creator as well. He created the universe and therefore is distinct from what He created. The theologian and scholar Ibn Taymiyya argued that the term, “created”, implied that something was distinct from God.154
Si le Créateur faisait partie de la création, cela le rendrait contingent ou dépendant, avec des qualités physiques limitées. Cela signifierait, par conséquent, qu'Il aurait besoin d'une explication pour Son existence, ce qui impliquerait qu'Il ne peut être Dieu (voir le Chapitre 6).
If the creator was part of creation, it would make Him contingent or dependent with limited physical qualities. This, in turn, would mean that He would require an explanation for His existence, which would imply He cannot be God (see Chapter 6).
Le Qur’an affirme la transcendance de Dieu. Il dit : « Il n'y a rien qui Lui ressemble. »155.
The Qur’an affirms the transcendence of God. It says, “There is nothing like unto Him.”155.
Savoir.
Knowing.
Ce créateur non créé doit posséder la connaissance car l'univers qu'Il a créé possède des lois établies. Celles-ci incluent la loi de la gravité, la force nucléaire faible et forte, ainsi que la force électromagnétique (voir le Chapitre 8). Ces lois impliquent l'existence d'un législateur, et un législateur implique la connaissance. Le Qur’an dit : « Certes, Dieu est, de toute chose, Omniscient. »156.
This uncreated creator must have knowledge because the universe that He created has established laws. These include the law of gravity, the weak and strong nuclear force, and the electromagnetic force (see Chapter 8). These laws imply there is a lawgiver, and a lawgiver implies knowledge. The Qur’an says, “Indeed God is, of all things, Knowing.”156.
Puissant.
Powerful.
Ce Créateur non créé doit être puissant car Il a créé l'univers, et l'univers possède une énergie immense, tant utilisable que potentielle. Prenez, par exemple, le nombre d'atomes dans l'univers observable, qui est d'environ $10^{80.157}$.
This uncreated creator must be powerful because He created the universe, and the universe has immense energy, both usable and potential. Take, for instance, the number of atoms in the observable universe, which is around 1080.157.
Si vous preniez un seul de ces atomes et que vous le divisiez, il libérerait une quantité immense d'énergie — connue sous le nom de fission nucléaire. Une chose créée possédant une énergie utilisable et potentielle n'aurait pas pu acquérir cela d'elle-même. En fin de compte, cela provient du Créateur, qui doit à son tour être puissant.
If you were to take just one of these atoms and split it, it would release an immense amount of energy— known as nuclear fission. A created thing with usable and potential energy could not have acquired that from itself. Ultimately, it came from the Creator, who in turn must be powerful.
Si le Créateur n'avait pas de puissance, cela signifierait qu'Il est impuissant, incapable et faible. Puisque l'univers a été créé, c'est une preuve simple qu'Il doit posséder la capacité et la puissance. Maintenant, imaginez simplement l'immense puissance du Créateur en réfléchissant à l'univers et à tout ce qu'il contient. Le Qur'an affirme la puissance de Dieu :
If the creator did not have power, it would mean that He is unable, incapable and weak. Since the universe was created, it is a simple proof that He must have ability and power. Now just imagine the immense power of the Creator by reflecting on the universe and all that it contains. The Qur’an asserts the power of God:
« Dieu crée ce qu'Il veut, car certes Dieu est capable de toute chose. »158.
“God creates what He wills for verily God has power over all things.”158.
Le paradoxe de l'omnipotence.
The omnipotence paradox.
La position islamique concernant la capacité de Dieu est résumée dans l'énoncé de foi suivant que l'on trouve dans The Creed of Imam Al-Tahawi. Il déclare : « Il est Omnipotent. Tout dépend de Lui, et toute affaire est sans effort pour Lui. »159
The Islamic position regarding God’s ability is summed up in the following creedal statement found in The Creed of Imam Al-Tahawi. It states, “He is Omnipotent. Everything is dependent on Him, and every affair is effortless for Him.”159
Cependant, une objection courante à la puissance de Dieu est le paradoxe de l'omnipotence. Cela concerne la capacité d'un Être Tout-Puissant à limiter sa propre puissance. La question qui est posée est la suivante : si Dieu est omnipotent, peut-Il créer une pierre qu'Il ne peut pas déplacer ? Pour répondre à cette question, la signification de l'« omnipotence » doit être clarifiée. Ce qu'elle implique, c'est la capacité de réaliser chaque événement possible. L'omnipotence inclut également l'impossibilité de l'échec. L'interlocuteur affirme toutefois que puisque Dieu est Tout-Puissant, Il est capable de tout, y compris de l'échec. Cela est irrationnel et absurde, car cela équivaut à dire qu'« un Être Tout-Puissant ne peut pas être un Être Tout-Puissant ». L'incapacité d'accomplir ou de faire quelque chose n'est pas une caractéristique de l'omnipotence. De ce point de vue, la capacité de Dieu à « créer une pierre qu'Il ne peut pas déplacer » décrit en réalité un événement qui est impossible et dénué de sens.
However, a common objection to God’s power is the omnipotence paradox. This concerns the ability of an All-Powerful Being to limit its power. The question that is raised is: If God is omnipotent, can He create a stone He cannot move? To answer this question, the meaning of ‘omnipotence’ needs to be clarified. What it implies is the ability to realise every possible affair. Omnipotence also includes the impossibility of failure. The questioner, however, is saying that since God is All-Powerful, He is capable of anything, including failure. This is irrational and absurd, as it is equivalent to saying “an All-Powerful Being cannot be an All-Powerful Being”. Failure to achieve or do something is not a feature of omnipotence. From this perspective, the ability of God to “create a stone He cannot move” actually describes an event that is impossible and meaningless.
La question ne décrit pas une affaire possible, tout comme si nous disions « un corbeau noir blanc » ou « un triangle cercle ». De telles affirmations ne décrivent absolument rien ; elles n'ont aucune valeur informative et sont dénuées de sens. Alors, pourquoi devrions-nous même répondre à une question qui n'a aucun sens ? Pour parler franchement, la question n'est même pas une question.
The question does not describe a possible affair, just as if we were to say “a white black crow” or “a circle triangle”. Such statements describe nothing at all; they have no informative value and are meaningless. So why should we even answer a question that has no meaning? To put it bluntly, the question is not even a question.
Dans sa discussion du verset coranique, « Dieu a pouvoir sur toute chose »,160 le savant classique Al-Qurtubi explique que le pouvoir de Dieu se réfère à tout état de fait possible : « Ce [verset] est général... cela signifie qu'il est permis de décrire Dieu par l'attribut de la puissance. La communauté est d'accord sur le fait que Dieu possède le nom Le-Puissant... Dieu a pouvoir sur toute possibilité, qu'elle soit mise en existence ou qu'elle demeure inexistante. »161
In his discussion of the Qur’anic verse, “God has power over all things”,160 classical scholar Al-Qurtubi explains that God’s power refers to every possible state of affairs: “This [verse] is general… it means that it is permitted to describe God with the attribute of power. The community agree that God has the name The-Powerful… God has power over every possibility whether it is brought into existence or remains non-existent.”161
Pour conclure, Dieu peut créer une pierre plus lourde que tout ce que nous pouvons imaginer, mais Il sera toujours capable de déplacer la pierre car l'échec n'est pas une caractéristique de l'omnipotence.162.
To conclude, God can create a stone that is heavier than anything we can imagine, but He will always be able to move the stone because failure is not a feature of omnipotence.162.
Testament.
Will.
Ce Créateur non créé doit posséder une volonté pour un certain nombre de raisons. Premièrement, puisque ce Créateur est éternel et a donné naissance à un univers fini, il a dû choisir que l'univers vienne à l'existence. Ce Créateur a dû choisir que l'univers vienne à l'existence alors que l'univers n'existait pas et aurait pu le rester. Quelque chose qui a un choix possède manifestement une volonté. Deuxièmement, l'univers contient des êtres qui possèdent une volonté et un vouloir conscients. Par conséquent, celui qui a créé l'univers avec des êtres vivants dotés d'une volonté doit également posséder une volonté. On ne peut donner à une chose ce que l'on ne possède pas (ou donner naissance à quelque chose que l'on ne contient pas en soi). Par conséquent, le Créateur a une volonté.
This uncreated creator must have a will for a number of reasons. Firstly, since this creator is eternal and brought into existence a finite universe, it must have chosen the universe to come into existence. This creator must have chosen the universe to come into existence when the universe was non-existent and could have remained so. Something that has a choice obviously has a will. Secondly, the universe contains beings that have a conscious will and volition. Therefore, the one who created the universe with living beings that have a will must also have a will. One cannot give something to a thing that one does not have (or give rise to something that one does not contain). Therefore, the Creator has a will.
Troisièmement, il existe deux types d'explications que nous pouvons appliquer à la création de l'univers. La première est une explication scientifique, et la seconde est une explication personnelle. Laissez-moi expliquer cela en utilisant l'exemple du thé. Pour préparer du thé, je dois faire bouillir de l'eau, placer le sachet de thé dans la tasse et le laisser infuser. Ce processus peut être expliqué scientifiquement. L'eau doit atteindre 100 degrés Celsius (212 degrés Fahrenheit) avant d'atteindre son point d'ébullition, elle doit traverser une membrane semi-perméable (le sachet de thé), et je dois utiliser mes réserves de glycogène pour permettre à mes muscles de se contracter afin de bouger mes membres et de m'assurer que tout cela se produise. Évidemment, un scientifique formé pourrait entrer davantage dans les détails, mais je pense que vous voyez l'idée. Inversement, l'ensemble du processus peut également être expliqué personnellement : le thé a été préparé parce que je voulais du thé. Appliquons maintenant cela à l'univers. Nous n'avons pas d'observations ou de preuves empiriques sur la manière dont le Créateur a créé l'univers ; nous ne pouvons nous appuyer que sur une explication personnelle, à savoir que Dieu a choisi que l'univers vienne à l'existence. Même si nous avions une explication scientifique, elle n'annulerait pas une explication personnelle, comme le montre l'exemple du thé.163
Thirdly, there are two types of explanations we can apply to the creation of the universe. The first is a scientific explanation, and the second is a personal one. Let me explain this using tea. In order to make tea, I have to boil some water, place the tea bag in the cup and allow it to infuse. This process can be explained scientifically. The water must be 100 degrees Celsius (212 degrees Fahrenheit) before it reaches boiling point, it has to travel across a semipermeable membrane (tea bag), and I have to use my glycogen stores to enable my muscles to contract to move my limbs to ensure all of this takes place. Obviously, a trained scientist could go into further detail, but I think you get the point. Conversely, the whole process can also be explained personally: the tea has been made because I wanted some tea. Now let’s apply this to the universe. We do not have observations or empirical evidence on how the Creator created the universe; we can only rely on a personal explanation, which is that God chose for the universe to come into existence. Even if we had a scientific explanation, it would not negate a personal one, as shown in the tea example.163
Le Coran affirme le fait que Dieu a une volonté : « Ton Seigneur accomplit ce qu'Il veut. »164
The Qur’an affirms the fact that God has a will: “Your Lord carries out whatever He wills.”164
Le savant islamique Al-Ghazali présente un résumé éloquent des implications du fait que Dieu possède une volonté. Il affirme que tout ce qui arrive est dû à la volonté de Dieu et que rien ne peut y échapper :
Islamic scholar Al-Ghazali presents an eloquent summary of the implications of God having a will. He asserts that everything that happens is due to God’s will and nothing can escape it:
« Nous attestons qu'Il est le Vouloir de toutes choses qui sont, le souverain de tous les phénomènes originés ; rien ne survient dans le monde visible ou invisible, que ce soit peu ou abondant, petit ou grand, bien ou mal, ou tout avantage ou désavantage, croyance ou mécréance, science ou ignorance, succès ou échec, augmentation ou diminution, obéissance ou désobéissance, si ce n'est par Sa volonté. Ce qu'Il veut est, et ce qu'Il ne veut pas, ne sera pas ; il n'est pas un clin d'œil, ni une pensée fugitive du cœur, qui ne soit soumis à Sa volonté. Il est le Créateur, le Restaurateur, l'Exécuteur de tout ce qu'Il veut. Nul ne peut annuler Son commandement, nul ne peut compléter Ses décrets, nul ne peut dissuader un serviteur de Lui désobéir, si ce n'est par Son aide et Sa miséricorde, et nul n'a le pouvoir de Lui obéir si ce n'est par Sa volonté. »165.
“We attest that He is the Willer of all things that are, the ruler of all originated phenomena; there does not come into the visible or invisible world anything meagre or plenteous, small or great, good or evil, or any advantage or disadvantage, belief or unbelief, knowledge or ignorance, success or failure, increase or decrease, obedience or disobedience, except by His will. What He wills is, and what He does not, will not; there is not a glance of the eye, nor a stray thought of the heart that is not subject to His will. He is the Creator, the Restorer, the Doer of whatsoever He wills. There is none that rescinds His command, none that supplements His decrees, none that dissuades a servant from disobeying Him, except by His help and mercy, and none has power to obey Him except by His will.”165.
Une note sur la causalité, le temps et le Big Bang.
A Note on Causality, Time and The Big Bang.
Certains objecteurs soutiennent que la causalité n'a de sens qu'avec le temps. Ils affirment que puisque le temps a commencé avec le Big Bang, nous ne pouvons pas prétendre que quelque chose a causé l'univers car il n'y avait pas de « avant » au début du Big Bang. En l'absence de temps, il n'y a « ni cause ni effet, car la cause précède l'effet ».166
Some objectors argue that causality only makes sense with time. They maintain that since time began at the Big Bang, we cannot claim something caused the universe because there was no ‘before’ at the beginning of the Big Bang. In absence of time, there is “no cause or effect, because cause comes before effect.”166
Il y a quelques problèmes avec cette objection.167.
There are a few problems with this objection.167.
• La vue selon laquelle la causalité ne peut avoir de sens qu'avec le temps nécessite une preuve. En philosophie, il n'y a pas de consensus sur la définition et la nature de la causalité. Il existe diverses approches qui tentent de définir et de comprendre la causalité et les relations causales. L'une de ces approches est la causalité simultanée. Il s'agit de la vue « selon laquelle les causes se produisent toujours simultanément avec leurs effets immédiats. »168 On pourrait soutenir que l'univers et sa cause se sont produits en même temps. L'expérience de pensée suivante explique une telle relation causale. Imaginez une balle éternelle sur un oreiller éternel. La balle cause l'indentation de l'oreiller, mais la cause (la balle) ne précède pas l'effet (l'indentation dans l'oreiller) ; car le temps n'est pas un facteur en raison de l'éternité des objets.169 Dans le contexte de cet argument, il se pourrait que le moment où Dieu a fait exister l'univers soit le moment où l'univers est apparu. Ce type de causalité est atemporel. Cela signifie que la cause (dans ce cas, la volonté et la puissance de Dieu) s'est produite de manière causale antérieure, mais pas temporellement antérieure (dans le temps). La cause et l'effet se sont produits simultanément.
• The view that causality can only make sense with time requires proof. In philosophy there is no consensus on the definition and nature of causality. There are various approaches that attempt to define and understand causality and causal relations. One such approach is simultaneous causality. This is the view “that causes always occur simultaneously with their immediate effects.”168 One could argue that the universe and its cause occurred at the same time. The following thought experiment explains such causal relation. Imagine an eternal ball on an eternal pillow. The ball causes the indentation of the pillow, but the cause (ball) does not come before the effect (indentation in the pillow); as time is not a factor due to the eternality of the objects.169 In the context of this argument, it could be that the moment God brought the universe into existence was the moment the universe came into being. This type of causation is atemporal. This means that the cause (in this case, God’s will and power) occurred prior causally but not prior temporally (in time). The cause and affect occurred simultaneously.
• Cela suppose qu'il existe un consensus sur la notion de temps en science. Il existe différentes notions du temps en mécanique quantique et en relativité générale. Supposer qu'il n'existe qu'une seule conception du temps dénature la littérature.170.
• It assumes there is a consensus on the notion of time in science. There are different notions of time in quantum mechanics and general relativity. To assume that there is one conception of time misrepresents the literature.170.
• Cette objection est autodestructrice. Si la causalité ne peut exister sans le temps, alors le Big Bang devrait être rejeté. Étant donné qu'au point de la singularité du Big Bang il n'y avait pas de temps, mais une limite au temps, et que cette limite est manifestement connectée causalement au reste de l'univers, comment cette relation causale peut-elle avoir un sens sans le temps ? Si les objecteurs acceptent que la limite est connectée causalement au reste de l'univers, ils devraient également accepter la même relation causale atemporelle lorsque Dieu a décidé de manifester Sa volonté et Sa puissance pour créer l'univers.171. S'ils soutiennent que la causalité n'a pas de sens en dehors du temps, ils devront rejeter la relation causale entre la limite de la singularité et le reste de l'univers, ce qui équivaut à rejeter l'existence de l'univers. L'objecteur peut arguer que certains physiciens soutiennent que l'univers n'a pas de limite. Ceci est toutefois une question litigieuse sans consensus.172
• This objection is self-defeating. If causality cannot exist without time then the Big Bang should be rejected. Given that at the point of the Big Bang’s singularity there was no time, but a boundary to time, and the boundary is obviously causally connected to the rest of the universe, then how can this causal relation makes sense with no time? If the objectors accept that the boundary is causally connected to the rest of the universe, they should also accept the same atemporal causal relation when God decided to manifest His will and power to create the universe.171. If they maintain that causality doesn’t make sense outside of time, they will have to reject the causal relation between the boundary of the singularity to the rest of the universe, which is tantamount to rejecting the existence of the universe. The objector can argue that some physicists maintain that the universe has no boundary. This however is a contentious issue with no consensus.172
Étant donné qu'il n'y a pas de consensus sur la nature de la causalité et que le concept de temps est contesté, l'objection ci-dessus n'est pas un réfuteur invalidant l'argument présenté dans ce chapitre.
Given that there isn’t a consensus on the nature of causality and the concept of time is contested, the objection above is not an undercutting defeater to the argument presented in this chapter.
Bien que d'autres objections soient formulées à l'encontre de l'argument présenté dans ce chapitre, elles ne constituent pas des réfutations décisives. Cela signifie que même si l'on ne pouvait répondre à ces objections, l'argument conserverait sa force rationnelle. Néanmoins, certaines questions remettent en cause cet argument, notamment : si le Créateur de l'univers est éternel, pourquoi l'univers a-t-il commencé à exister à ce moment précis, au lieu d'exister depuis l'éternité ? Si Dieu est maximalement parfait et transcendant, qu'est-ce qui l'a poussé à créer ? Dieu a-t-il besoin de la création pour posséder des attributs de perfection ? Ces questions ont été traitées de manière intelligente dans un article intitulé *The Kalam Cosmological Argument and the Problem of Divine Creative Agency and Purpose*.173.
Although there are other objections to the argument presented in this chapter, they do not qualify as defeaters. This means that even if these objections could not be responded to, the argument would still maintain its rational force. Nevertheless, there are some questions that challenge this argument, including: If the Creator of the universe is eternal, why did the universe begin to exist when it did, instead of existing from eternity? If God is maximally perfect and transcendent, what caused Him to create at all? Does God require creation in order to possess attributes of perfection? These questions have been intelligently addressed in a paper entitled The Kalam Cosmological Argument and the Problem of Divine Creative Agency and Purpose.173.
Dans ce chapitre, nous avons vu que le Qur’an fournit un argument intuitif et puissant pour l'existence de Dieu. Puisque l'univers est fini, il a eu un commencement. S'il a commencé, il peut être expliqué comme provenant du néant, s'étant créé lui-même, ayant été ultimement créé par quelque chose de créé ou ayant été créé par quelque chose de non créé. La réponse rationnelle est que l'univers a été amené à l'existence par un créateur non créé qui est transcendant, omniscient, puissant et qui possède une volonté. Ce créateur doit également être unique, mais cela sera abordé au Chapitre 10.
In this chapter, we have seen that the Qur’an provides an intuitive and powerful argument for God’s existence. Since the universe is finite, it had a beginning. If it began, then it can be explained as coming from nothing, creating itself, being ultimately created by something created or being created by something uncreated. The rational answer is that the universe was brought into being by an uncreated creator who is transcendent, knowing, powerful and has a will. This creator must also be uniquely one, but that will be discussed in Chapter 10.
L'argument de ce chapitre repose sur le fait que l'univers doit être fini. Cependant, l'argument suivant montre que même si l'univers n'avait pas eu de commencement, il nécessiterait tout de même l'existence de Dieu.
The argument of this chapter relies on the fact that the universe must be finite. However, the following argument shows that even if the universe did not have a beginning, it still necessitates God’s existence.