Le Témoignage de Dieu – L'Auteur Divin du Qur'an
God’s Testimony – The Divine Authorship Of The Qur’an
Jusqu'à présent, notre attention s'est portée sur les preuves de l'existence de Dieu et les réponses aux principaux arguments contre le Divin. Les chapitres précédents ont soutenu que Dieu est le créateur, le concepteur et le législateur moral nécessaire de l'univers. Cependant, cela ne nous en dit pas tant sur la Réalité Divine. La question suivante est la suivante : si cet Être nous a effectivement créés, alors comment savoir qui Il est ? En suivant cette ligne de pensée, nous examinerons le Qur'an comme candidat à la révélation Divine. Bien que les chapitres précédents aient fait référence à de nombreux versets coraniques, le chapitre suivant détaillera la base rationnelle de la parole de Dieu.
Thus far, our concern has been with the evidence for God’s existence and responses to key arguments against the Divine. Previous chapters have argued that God is the necessarily existing creator, designer, and moral lawgiver of the universe. However, that only tells us so much about the Divine Reality. The next question is: If this Being indeed created us, then how do we know who He is? Following that line of thought, we will be looking at the Qur’an as a candidate for Divine revelation. Although the previous chapters have referenced many Qur’anic verses, the following chapter will go into detail about the rational basis for God’s word.
La majeure partie de ce que nous savons repose sur le dire d'autrui. Cela s'applique même aux faits que nous ne nierions jamais. Pour beaucoup d'entre nous, ces vérités incluent l'existence de tribus indigènes d'Amazonie, la photosynthèse, le rayonnement ultraviolet et les bactéries. Permettez-moi d'approfondir en prenant votre mère comme exemple. Comment me prouveriez-vous — moi, un parfait étranger — que votre mère vous a bel et bien mis au monde ? Aussi bizarre que puisse paraître cette question, elle aidera à clarifier une source de connaissance très importante bien que sous-estimée. Vous pourriez dire : « ma mère me l'a dit », « j'ai un acte de naissance », « mon père me l'a dit, il était présent », ou encore « j'ai vérifié le dossier hospitalier de ma mère ». Ces réponses sont valables ; cependant, elles reposent sur les déclarations d'autres personnes. Les esprits sceptiques pourraient ne pas être satisfaits. Vous pourriez tenter de sauver une base empirique pour votre conviction en utilisant la « carte ADN » ou en vous référant à des séquences vidéo. La conviction que votre mère est bien celle qu'elle prétend être ne repose pas sur un kit de test ADN à domicile. La réalité est que la plupart d'entre nous n'ont jamais effectué de test ADN. Cela ne repose pas non plus sur des séquences vidéo, car vous devez toujours vous fier au dire d'autrui pour affirmer que le bébé sur la vidéo, c'est réellement vous. Alors, pourquoi en sommes-nous si sûrs ? Cet exemple, certes singulier, réaffirme une source de connaissance importante qui a été introduite au Chapitre 12 : le témoignage.
Most of what we know is based on the say-so of others. This holds true for facts we would never deny. For many of us, these truths include the existence of Amazonian native tribes, photosynthesis, ultraviolet radiation and bacteria. Let me elaborate further by using your mother as an example. How would you prove to me—a perfect stranger—that your mother did in fact give birth to you? As bizarre as this question sounds, it will help clarify a very important yet underrated source of knowledge. You might say “my mother told me so”, “I have a birth certificate”, “my father told me, he was there”, or “I have checked my mother’s hospital records”. These responses are valid; however, they are based on the statements of other people. Sceptical minds may not be satisfied. You may try to salvage an empirical basis for your conviction by using the ‘DNA card’ or by referring to video footage. The conviction that your mother is who she says she is isn’t based on a DNA home test kit. The reality is that most of us have not taken a DNA test. It is also not based on video footage, as you still have to rely on the say-so of others to claim that the baby in the video is actually you. So why are we so sure? This admittedly quirky example reemphasises an important source of knowledge that was introduced in Chapter 12: testimony.
Beaucoup de nos croyances reposent sur une forme de raisonnement qui cherche la meilleure explication pour un ensemble de données, de faits ou d'affirmations. Accueillons de nouveau brièvement votre mère. Elle est très enceinte, vous êtes dans son ventre et le terme était prévu la semaine dernière. Soudain, elle perd les eaux et commence à avoir des contractions ; votre père et le personnel médical concerné supposent donc en toute sécurité qu'elle a commencé le travail. Un autre exemple : quelques années plus tard, votre mère remarque un paquet de biscuits ouvert ainsi que des miettes autour de votre bouche et sur vos vêtements. Elle en déduit que vous avez ouvert le paquet et que vous avez pris des biscuits. Dans les deux exemples, les conclusions ne sont pas nécessairement vraies ou indiscutables, mais elles constituent les meilleures explications compte tenu de tous les faits disponibles. Ce processus de pensée est connu sous le nom d'inférence à la meilleure explication.
Many of our beliefs are based on a form of reasoning which seeks the best explanation for a collection of data, facts or assertions. Let’s welcome your mother back briefly, again. She is heavily pregnant with you inside her womb and the due date was last week. Suddenly, her waters break and she starts having contractions, so your father and the relevant medical staff safely assume that she’s started labour. Another example: some years on, your mother notices an open packet of biscuits and crumbs around your mouth and on your clothes. She infers that you opened the packet and helped yourself to some biscuits. In both examples, the conclusions are not necessarily true or indisputable, but they are the best explanations considering all of the facts available. This thinking process is known as inference to the best explanation.
Alors, pourquoi ai-je introduit les scénarios ci-dessus ? Parce qu'en utilisant les concepts et les principes de ces exemples, ce chapitre soutiendra que le Qur’an est une expression inimitable de la langue arabe, et que Dieu explique au mieux son inimitabilité. Par inimitabilité, on entend que personne n'a été capable de produire ou d'imiter les caractéristiques linguistiques et littéraires du Qur’an. Celles-ci peuvent inclure — sans s'y limiter — sa forme et son genre littéraires uniques, dans un contexte d'éloquence soutenue. Bien que cette affirmation semble assez déconnectée de ce que j'ai élaboré jusqu'à présent, considérez le plan suivant :
So why have I introduced the above scenarios? Because using the concepts and principles from these examples, this chapter will put forward the case that the Qur’an is an inimitable expression of the Arabic language, and that God best explains its inimitability. What is meant by inimitability is that no one has been able to produce or emulate the Qur’an’s linguistic and literary features. These can include—but are not limited to—its unique literary form and genre, in the context of sustained eloquence. Though this assertion seems quite disconnected to what I have elaborated so far, consider the following outline:
Le Coran a été révélé en Arabie au Prophète Muhammad ﷺ au VIIe siècle. Cette période était connue comme une ère de perfection littéraire et linguistique. Les Arabes du VIIe siècle étaient socialisés pour être un peuple qui excellait dans l'expression de soi dans sa langue maternelle. Ils célébraient l'émergence d'un poète parmi eux, et la poésie était leur seul horizon. Ils commençaient par la poésie et finissaient par la poésie. Le développement des compétences poétiques et la maîtrise linguistique étaient tout pour eux. C'était leur oxygène et leur essence même ; ils ne pouvaient vivre ni fonctionner sans la perfection de leurs capacités linguistiques. Cependant, lorsque le Coran leur fut récité, ils en eurent le souffle coupé ; ils furent stupéfaits, incapables et sidérés par le silence de leurs plus grands experts. Ils ne purent produire quoi que ce soit semblable au discours coranique. La situation s'aggrava. Le Coran a mis au défi ces linguistes par excellence d'imiter ses caractéristiques littéraires et linguistiques uniques, mais ils échouèrent. Certains experts acceptèrent que le Coran venait de Dieu, mais la plupart eurent recours au boycott, à la guerre, au meurtre, à la torture et à une campagne de désinformation. En fait, tout au long des siècles, les experts ont acquis les outils pour contester le Coran, et ils ont eux aussi témoigné que le Coran est inimitable, comprenant ainsi pourquoi les meilleurs linguistes ont échoué.
The Qur’an was revealed in Arabia to the Prophet Muhammad صلى الله عليه وسلم in the 7th century. This period was known as an era of literary and linguistic perfection. The 7th century Arabs were socialised into being a people who were the best at expressing themselves in their native tongue. They would celebrate when a poet rose amongst them, and all they knew was poetry. They would start with poetry and end with poetry. The cultivation of poetic skills and linguistic mastery was everything for them. It was their oxygen and life-blood; they could not live or function without the perfection of their linguistic abilities. However, when the Qur’an was recited to them they lost their breath; they were dumbfounded, incapacitated, and stunned by the silence of their greatest experts. They could not produce anything like the Qur’anic discourse. It got worse. The Qur’an challenged these linguists par excellence to imitate its unique literary and linguistic features, but they failed. Some experts accepted the Qur’an was from God, but most resorted to boycott, war, murder, torture and a campaign of misinformation. In fact, throughout the centuries experts have acquired the tools to challenge the Qur’an, and they too have testified that the Qur’an is inimitable, and appreciate why the best linguists have failed.
Comment un non-Arabe ou un non-expert de la langue arabe peut-il apprécier l'inimitabilité du Qur’an ? Entrez maintenant dans le rôle du témoignage. Les affirmations ci-dessus sont basées sur une transmission établie, écrite et orale, du savoir provenant de savants de la langue arabe du passé et du présent. Si cela est vrai, et que les personnes les mieux placées pour contester le Qur’an ont échoué à imiter le discours Divin, alors qui en était l'auteur ? C'est ici que le témoignage s'arrête et que l'usage de l'inférence commence. Afin de comprendre l'inférence vers la meilleure explication, les rationalisations possibles de la nature inimitable du Qur’an doivent être analysées. Celles-ci incluent le fait qu'il aurait été écrit par un Arabe, un non-Arabe, Muhammad ﷺ ou Dieu. En considérant tous les faits qui seront discutés dans ce chapitre, il est invraisemblable que l'inimitabilité du Qur’an puisse être expliquée en l'attribuant à un Arabe, à un non-Arabe ou à Muhammad ﷺ. Pour cette raison, Dieu est l'inférence vers la meilleure explication.
How can a non-Arab or non-expert of the Arabic language appreciate the inimitability of the Qur’an? Enter now the role of testimony. The above assertions are based on an established written and oral testimonial transmission of knowledge from past and present scholars of the Arabic language. If this is true, and the people best placed to challenge the Qur’an failed to imitate the Divine discourse, then who was the author? This is where testimony stops, and the use of inference begins. In order to understand the inference to the best explanation, the possible rationalisations of the Qur’an’s inimitable nature must be analysed. These include that it was authored by an Arab, a non-Arab, Muhammad صلى الله عليه وسلم or God. Considering all of the facts that will be discussed in this chapter, it is implausible that the Qur’an’s inimitability can be explained by attributing it to an Arab, a non-Arab or Muhammad صلى الله عليه وسلم. For that reason, God is the inference to the best explanation.
Les principales hypothèses de l'introduction ci-dessus sont que le témoignage est une source de connaissance valide, et que l'inférence est une méthode de pensée appropriée et rationnelle pour formuler des conclusions sur la réalité. Ce chapitre introduira l'épistémologie du témoignage et développera l'usage rationnel de la transmission testimoniale. Il mettra en lumière l'utilisation efficace de l'inférence vers la meilleure explication, et appliquera ces deux concepts à l'inimitabilité du Qur'an. Ce chapitre conclura que Dieu est la meilleure explication au fait que personne n'a été capable d'imiter le Livre Divin. Tout cela sera accompli sans que le lecteur n'ait besoin de connaissances ou d'une expertise de la langue arabe.
The main assumptions in the above introduction are that testimony is a valid source of knowledge, and inference is a suitable and rational method of thinking to form conclusions about reality. This chapter will introduce the epistemology of testimony and elaborate on the rational use of testimonial transmission. It will highlight the effective use of inferring to the best explanation, and apply both concepts to the Qur’an’s inimitability. This chapter will conclude that God is the best explanation for the fact that no one has been able to imitate the Divine book. All this will be achieved without the reader requiring any knowledge or expertise of the Arabic language.
L'épistémologie du témoignage.
The epistemology of testimony.
Comme brièvement discuté au chapitre 12, le témoignage est une source de connaissance indispensable et fondamentale. Il existe des questions très importantes auxquelles les épistémologues tentent de répondre dans le domaine de l'épistémologie du témoignage. Celles-ci incluent : quand et comment le témoignage produit-il des preuves ? La connaissance testimoniale est-elle basée sur d'autres sources de connaissance ? Le témoignage est-il fondamental ? Bien qu'il ne soit pas du ressort de ce chapitre de résoudre ou d'approfondir tous les enjeux de ce domaine de l'épistémologie, il résumera certaines discussions afin de corroborer davantage le fait que le témoignage est une source de connaissance valide.
As briefly discussed in Chapter 12, testimony is an indispensable and fundamental source of knowledge. There are some very important questions epistemologists are trying to answer in the field of the epistemology of testimony. These include: When and how does testimony yield evidence? Is testimonial knowledge based on other sources of knowledge? Is testimony fundamental? Although it is not the scope of this chapter to solve or elaborate on all the issues in this area of epistemology, it will summarise some of the discussions to further substantiate the fact that testimony is a valid source of knowledge.
Le témoignage est-il fondamental ?
Is testimony fundamental?.
Les exemples sur la transmission par témoignage dans le Chapitre 12 exposent notre dépendance épistémique au dire d'autrui. Cela me rappelle une discussion publique que j'ai eue avec l'athée exubérant Lawrence Krauss. J'ai souligné le fait que les observations n'étaient pas la seule source de connaissance et j'ai donc voulu exposer son présupposé empirique. J'ai soulevé la question du témoignage et lui ai demandé s'il croyait en l'évolution. Il a répondu que oui, et je lui ai alors demandé s'il avait réalisé lui-même toutes les expériences. Il a répondu par la négative.359
The examples on testimonial transmission in Chapter 12 expose our epistemic dependence on the say-so of others. This reminds me of a public discussion I had with outspoken atheist Lawrence Krauss. I highlighted the fact that observations were not the only source of knowledge and therefore wanted to expose his empirical presupposition. I raised the issue of testimony and asked him if he believed in evolution. He replied that he did, and so I asked him if he had done all the experiments himself. He replied in the negative.359
Cela a mis en lumière un problème sérieux dans ses suppositions — et, par extension, dans beaucoup des nôtres — concernant les raisons pour lesquelles nous croyons ce que nous croyons. La plupart de nos croyances sont basées sur le dire d'autrui et ne sont pas empiriques, simplement parce qu'elles sont formulées dans un langage scientifique.
This uncovered a serious issue in his—and by extension, many of our—assumptions about why we believe what we believe. Most of our beliefs are based on the say-so of others and are not empirical simply because they are couched in scientific language.
Jusqu'à une période relativement récente, le témoignage a été négligé en tant que domaine d'étude approfondie. Ce silence académique a pris fin avec diverses études et publications, notamment l'ouvrage du professeur C. A. J. Coady, *Testimony: A Philosophical Discussion*. Coady plaide pour la validité du témoignage et attaque le compte rendu réductionniste de David Hume sur la transmission testimoniale. La thèse réductionniste affirme que le témoignage est justifié par d'autres sources de connaissance telles que la perception, la mémoire et l'induction. En d'autres termes, le témoignage en soi n'a aucune garantie et doit être justifié a posteriori ; c'est-à-dire une connaissance basée sur l'expérience. L'explication de Coady concernant le témoignage est fondamentale ; il affirme que la connaissance testimoniale est justifiée sans avoir recours à d'autres sources de connaissance, comme l'observation. Cette explication du témoignage est connue sous le nom de thèse anti-réductionniste. Coady conteste la thèse réductionniste en attaquant l'approche de Hume. Hume est considéré comme le principal promoteur de la thèse réductionniste en raison de son essai, *On Miracles*, qui est le dixième chapitre de son *Enquiry Concerning Human Understanding*. L'approche réductionniste de Hume n'implique pas de nier la connaissance testimoniale. Il en souligne en réalité l'importance : « Nous pouvons observer qu'il n'y a pas d'espèce de raisonnement plus commune, plus utile, et même nécessaire à la vie humaine, que celle qui est dérivée du témoignage des hommes... » 360 Hume soutient que notre confiance envers le témoignage repose sur une conformité entre la connaissance testimoniale et nos expériences collectives. C'est là que Coady cherche à démanteler la base de l'approche de Hume. Sa critique ne se limite pas à l'argument suivant, mais l'élaborer ici démontre la force de ses affirmations globales. Coady soutient que l'appel de Hume à l'observation collective expose un cercle vicieux. Hume affirme que le témoignage ne peut être justifié que si la connaissance dont quelqu'un témoigne est en accord avec les faits observés. Cependant, ce que Hume implique par les faits observés n'est pas l'observation personnelle, mais plutôt l'expérience collective, et Coady soutient que nous ne pouvons pas toujours nous fier aux généralisations observées personnellement. C'est là que le cercle vicieux est exposé ; nous ne pouvons savoir ce que les autres ont observé qu'en nous basant sur leur témoignage. Se fier à ses propres observations directes ne suffirait pas, car cette connaissance serait trop limitée et non qualifiée pour justifier quoi que ce soit — ou du moins très peu. Par conséquent, la thèse réductionniste est erronée. Sa prétention selon laquelle le témoignage doit être justifié par d'autres sources de connaissance, telles que l'observation, suppose en réalité ce qu'elle tente de nier : la nature fondamentale du témoignage. La raison clé qui confirme ce point est que, pour savoir quelles sont nos observations collectives, vous devez vous fier au témoignage d'autres personnes, car nous ne les avons pas observées nous-mêmes.
S'en remettre aux experts.
Relying on experts.
Le progrès scientifique moderne dont nous sommes tous fiers n'aurait jamais pu avoir lieu sans la confiance accordée à l'affirmation d'une autorité concernant des données expérimentales. Prenons l'évolution comme exemple. Si la croyance de Richard Dawkins en l'évolution exigeait qu'il doive réaliser lui-même toutes les expériences et observer personnellement toutes les données empiriques, il ne pourrait jamais être aussi audacieux de revendiquer sa vérité. Même s'il pouvait répéter lui-même certaines observations et expériences, il devrait toujours se fier aux dires d'autres scientifiques. Ce domaine d'étude est si vaste que vérifier tout par nous-mêmes serait impossible, et maintenir une telle exigence rendrait le progrès scientifique inatteignable. L'exemple précédent soulève une question importante : et si la transmission testimoniale de la connaissance était basée sur les dires d'un expert ? Le fait est que nous ne sommes pas tous des experts et que nous devons donc, parfois, accepter le témoignage d'autrui. La conférencière universitaire en philosophie, Dr Elizabeth Fricker, précise :
The modern scientific progress we all are proud of could never have happened without trusting an authority’s claim to experimental data. Take evolution as an example. If Richard Dawkins’s belief in evolution required that he must perform all of the experiments himself and personally observe all of the empirical data, he could never be so bold in claiming its truth. Even if he could repeat some of the observations and experiments himself, he would still have to rely on the say-so of other scientists. This area of study is so vast that to verify everything ourselves would be impossible, and to maintain such a claim would make scientific progress unattainable. The previous example raises an important question: What if the testimonial transmission of knowledge is based on the say-so of an expert? The fact is that we are not all experts and thus must, at times, accept the testimony of others. University lecturer in philosophy Dr. Elizabeth Fricker elaborates:
« Mais le fait qu'il existe certaines occasions où il est rationnel, par déférence, d'accepter le témoignage d'autrui, et irrationnel de refuser de le faire, découle de ses connaissances préalables sur sa propre nature et ses limitations cognitives et physiques, ainsi que de sa compréhension de la manière dont les autres lui ressemblent tout en étant, à d'autres égards, différents d'elle, et sont donc, à certaines occasions, mieux placés épistémiquement concernant une question donnée qu'elle ne l'est elle-même. Je peux rationnellement regretter de ne pas pouvoir voler, ou de ne pas pouvoir passer une semaine sans dormir sans aucune perte de performance, ou de ne pas pouvoir découvrir par moi-même tout ce que j'aimerais savoir. Mais étant donné mes limitations cognitives et physiques comme paramètres, il n'y a pas de place pour un regret rationnel concernant ma confiance étendue mais avisée dans la parole d'autrui, et les énormes richesses épistémiques et les richesses consécutives qui en découlent à en tirer. »361.
“But that there are some occasions on which it is rational deferentially to accept another's testimony, and irrational to refuse to do so, is entailed by her background knowledge of her own cognitive and physical nature and limitations, together with her appreciation of how other people are both like and in other respects unlike herself, hence on some occasions better epistemically placed regarding some matter than she is herself. I may rationally regret that I cannot fly, or go for a week without sleep without any loss of performance, or find out for myself everything which I would like to know. But given my cognitive and physical limitations as parametric, there is no room for rational regret about my extended but canny trust in the word of others, and enormous epistemic and consequent other riches to be gained from it.”361.
Confiance.
Trust.
C'est ici que le concept de confiance entre dans la discussion de la transmission des témoignages. Accepter la parole d'autrui en se fondant sur son autorité dans un sujet particulier exige non seulement de lui faire confiance, mais aussi d'être dignes de confiance dans nos évaluations de sa propre fiabilité.
This is where the concept of trust enters the discussion of testimonial transmission. To accept the word of others based on their authority on a particular subject requires us to not only trust them, but to be trustworthy in our assessments of their trustworthiness.
Les discussions sur la nature et la validité du témoignage ont dépassé les paradigmes réductionnistes et anti-réductionnistes. Le professeur de philosophie Keith Lehrer soutient que la justification du témoignage ne relève d'aucune de ces deux approches. L'argument de Lehrer repose sur la confiance. Il soutient que le témoignage mène à l'acquisition de connaissances « dans certaines circonstances, mais pas dans toutes ».362 Il maintient que le témoignage est « en soi une source de preuve lorsque l'informateur est digne de confiance dans son témoignage. Le témoignage en soi ne constitue pas une preuve dans le cas contraire ».363 La personne qui témoigne n'a pas besoin d'être « infaillible pour être digne de confiance »,364 mais « la personne témoignant de la vérité de ce qu'elle dit doit être digne de confiance dans ce qu'elle accepte et ce qu'elle transmet ».365 Lehrer admet que la dignité de confiance n'est pas suffisante pour la conversion du « dire » d'autrui en connaissance ; il affirme que la fiabilité de la personne doit être évaluée (ce qu'il appelle « lié à la vérité ») et que nous devons être dignes de confiance et fiables dans notre évaluation.366 L'évaluation d'une transmission testimoniale peut inclure des informations contextuelles sur un sujet, les témoignages d'autres personnes dans un domaine de connaissance particulier, ainsi que des expériences personnelles et collectives. Lehrer affirme que, pour que nous soyons dignes de confiance dans notre manière d'évaluer la fiabilité d'autrui, nous devons nous référer à nos expériences passées dans nos évaluations et déterminer si nous avons été exacts ou erronés. Cependant, lorsque nous apprenons que le témoignage d'une personne n'est pas digne de confiance, c'est généralement parce que nous nous sommes appuyés sur le témoignage d'autres personnes concernant cette personne.367 Cela peut exposer un cercle vicieux, car pour évaluer le témoignage d'autrui, on s'appuie sur d'autres témoignages. Lehrer affirme qu'il s'agit plutôt d'une « boucle vertueuse ».368 Comment en est-il ainsi ? Le professeur fournit deux réponses :
Discussions about the nature and validity of testimony have moved on from the reductionist and anti-reductionist paradigms. Professor of Philosophy Keith Lehrer argues that the justification for testimony is neither of the two approaches. Lehrer’s argument rests on trust. He argues that testimony leads to the acquisition of knowledge under “some circumstances but not all circumstances.”362 He maintains that testimony is “itself a source of evidence when the informant is trustworthy in the testimony. The testimony in itself does not constitute evidence otherwise.”363 The person who testifies does not need to be “infallible to be trustworthy”, 364 but “the person testifying to the truth of what she says must be trustworthy in what she accepts and what she conveys.”365 Lehrer admits that trustworthiness is not sufficient for the conversion of the say-so of others into knowledge, he asserts that the person’s trustworthiness must be assessed (something he refers to as “truth-connected”) and that we must be trustworthy and reliable in our assessment.366 The assessment of a testimonial transmission can include background information on a topic, the testimonies of others on a particular field of knowledge, as well as personal and collective experiences. Lehrer claims that in order for us to be trustworthy about the way we evaluate the trustworthiness of others, we need to refer to previous experiences in our assessments and whether we were accurate or mistaken. However, when we learn that the testimony of a person is not trustworthy, it is usually due to relying on the testimony of others about that person.367 This may expose a vicious circle, because to assess the testimony of others, other testimonies are relied upon. Lehrer asserts this is more of a “virtuous loop”.368 How is this the case? The professor provides two answers:
« Premièrement, toute théorie complète de la justification ou de la fiabilité devra expliquer pourquoi nous sommes justifiés ou fiables pour accepter la théorie elle-même. Ainsi, la théorie doit s'appliquer à elle-même pour expliquer pourquoi nous sommes justifiés ou fiables pour l'accepter. Deuxièmement, et de manière tout aussi importante, notre fiabilité à n'importe quel moment donné doit résulter de ce que nous avons accepté par le passé, y compris ce que nous avons accepté du témoignage d'autrui. Il en résulte qu'il existe une sorte de soutien mutuel entre les choses particulières que nous avons acceptées et notre fiabilité générale dans ce que nous acceptons, incluant, bien entendu, les choses particulières que nous avons acceptées. C'est le soutien mutuel entre les choses que nous acceptons qui produit la fiabilité de ce que nous acceptons. »369.
“First, any complete theory of justification or trustworthiness will have to explain why we are justified or trustworthy in accepting the theory itself. So the theory must apply to itself to explain why we are justified or trustworthy in accepting it. Secondly, and equally important, our trustworthiness at any given time must result from what we have accepted in the past, including what we have accepted from the testimony of others. The result is that there is a kind of mutual support between the particular things we have accepted and our general trustworthiness in what we accept, including, of course, the particular things we have accepted. It is the mutual support among the things that we accept that results in the trustworthiness of what we accept.”369.
Le droit de report.
The right of deferral.
La discussion de Lehrer sur la fiabilité soulève la question de savoir comment nous pouvons établir la confiance pour nous appuyer sur l'autorité d'autrui. Le professeur Benjamin McMyler développe un argument intéressant qui aide à répondre à cette question. McMyler soutient que le problème épistémologique du témoignage peut être « reformulé comme un problème expliquant le droit épistémique de renvoi ».370 McMyler affirme que si un auditoire est en droit de renvoyer les contestations vers l'orateur, cela offre une nouvelle manière de cadrer le problème du témoignage. Cela exige que les deux parties reconnaissent une responsabilité. L'orateur doit accepter la responsabilité de soutenir une connaissance testimoniale, et l'auditoire doit accepter qu'il peut renvoyer les contestations vers l'orateur.371
Lehrer’s discussion on trustworthiness raises the question of how we can establish trust to rely on the authority of others. Professor Benjamin McMyler develops an interesting argument that aids in answering this question. McMyler argues that the epistemological problem of testimony can be “recast as a problem of explaining the epistemic right of deferral.”370 McMyler argues that if an audience is entitled to defer challenges back to the speaker, it provides a new way in framing the problem of testimony. This requires that both parties acknowledge a responsibility. The speaker must accept responsibility for espousing testimonial knowledge, and the audience must accept that they can defer challenges back to the speaker.371
La fiabilité peut être instaurée en exerçant ce droit de renvoyer les défis à l'orateur (ou à l'écrivain). Si des réponses cohérentes à ces défis sont apportées, cela peut potentiellement accroître la confiance. L'exemple suivant explique ce point. Un professeur de linguistique affirme que le Qur’an est inimitable, et développe son éloquence, sa forme littéraire unique et son genre. L'auditoire prend ses responsabilités et met le professeur au défi. Le défi prend la forme de questions, notamment : Pouvez-vous nous donner plus d'exemples tirés du Qur’an ? Qu'ont dit d'autres autorités sur le genre du Qur’an ? Comment pouvez-vous expliquer les points de vue d'universitaires qui ne sont pas d'accord avec vous ? Étant donné les informations contextuelles historiques sur le Qur’an, de quelle manière soutiennent-elles votre affirmation ? Le professeur apporte des réponses cohérentes aux questions et instaure progressivement la confiance.
Trustworthiness can be built by exercising this right to defer challenges back to the speaker (or writer). If coherent answers to these challenges are given, this can potentially increase trust. The following example explains this point. A professor of linguistics claims that the Qur’an is inimitable, and elaborates on its eloquence, unique literary form and genre. The audience takes responsibility and challenges the professor. The challenge is in the form of questions, including: Can you give us more examples from the Qur’an? What have other authorities said about the Qur’an’s genre? How can you explain the views of academics who disagree with you? Given the historical background information on the Qur’an, in what way does it support your assertion? The professor provides coherent answers to the questions and gradually builds trust.
Une note sur le témoignage oculaire.
A note on eyewitness testimony.
La discussion jusqu'à présent porte sur la transmission testimoniale de la connaissance et non sur le souvenir de ce qui a été observé lors d'un événement ou d'un crime. Le matériel existant concernant le témoignage oculaire est vaste, et ce chapitre n'a pas l'intention de discuter des conclusions et des implications de telles études et recherches. Cependant, étant donné qu'il existe une préoccupation académique concernant le témoignage oculaire quant à sa fiabilité, celui-ci ne doit pas être confondu avec la transmission testimoniale de la connaissance. Ce sont des domaines distincts. Le témoignage oculaire peut souffrir de l'imperfection de nos mémoires à court terme ainsi que des influences et contraintes psychologiques liées au rappel de la séquence d'un événement particulier. Le témoignage de connaissances, d'idées ou de concepts ne souffre pas de tels problèmes, car l'acquisition de la connaissance est généralement le résultat de la répétition, d'une durée relativement plus longue, de l'internalisation et de l'étude.
The discussion so far refers to the testimonial transmission of knowledge and not the recollection of what was witnessed during an event or a crime. The existing material concerning eyewitness testimony is vast, and this chapter does not intend to discuss the conclusions and implications of such studies and research. However, given that there is an academic concern over eyewitness testimony with regards to its reliability, it should not be conflated with the testimonial transmission of knowledge. These are distinct areas. Eyewitness testimony may suffer due to our imperfect short-term memories and the psychological influences and constraints on recalling the sequence of a particular event. The testimony of knowledge, ideas or concepts does not suffer from such issues, because the acquisition of knowledge is usually a result of repetition, a relatively longer duration, internalisation and study.
Ce point mène à une diversion légère mais utile — le traité de David Hume sur les miracles. Hume soutenait que la seule preuve dont nous disposons pour les miracles est le témoignage oculaire. Il en a conclu que nous ne devrions croire aux miracles que si la probabilité que les témoins se trompent est inférieure à la probabilité que le miracle se produise.372
This point leads to a slight but useful diversion—David Hume’s treatise on miracles. Hume argued that the only evidence we have for miracles is eyewitness testimony. He concluded that we should only believe in miracles if the probability of the eyewitnesses to be mistaken, is less than the probability for the miracle to occur.372
Malgré les préoccupations concernant les rapports basés sur un témoin unique, le témoignage oculaire peut être pris au sérieux dans le contexte d'un témoignage multiple (ce qui est lié au concept de tawaatur dans les études islamiques). S'il existe un nombre important (ou suffisamment important) de témoins indépendants ayant transmis le témoignage via des chaînes de transmission variées, et que beaucoup de ces témoins ne se sont jamais rencontrés, alors rejeter ce rapport friserait l'absurde. Même Hume lui-même a reconnu la force de ce type de rapport oculaire et a soutenu que les miracles pourraient être prouvables, si la transmission testimoniale est suffisamment importante :
Notwithstanding the concerns over single eyewitness reports, eyewitness testimony can be taken seriously in the context of multiple witnessing (which is related to the concept of tawaatur in Islamic studies). If there exists a large (or large enough) number of independent witnesses who transmitted the testimony via varying chains of transmission, and many of these witnesses never met each other, then to reject that report would be bordering on the absurd. Even Hume himself recognized the power of this type of eyewitness report and maintained that miracles may be possible to prove, if the testimonial transmission is large enough:
« Je demande que les limites ici posées soient remarquées, lorsque je dis qu'un miracle ne peut jamais être prouvé de manière à servir de fondement à un système religieux. Car j'admets que, autrement, il pourrait y avoir des miracles, ou des violations du cours habituel de la nature, d'un genre tel qu'ils admettraient une preuve par le témoignage humain ; bien qu'il soit peut-être impossible d'en trouver de tels dans tous les registres de l'histoire. Ainsi, supposons que tous les auteurs, dans toutes les langues, s'accordent à dire que, depuis le premier janvier 1600, il y eut une obscurité totale sur toute la Terre pendant huit jours : supposons que la tradition de cet événement extraordinaire soit encore forte et vivace parmi le peuple : que tous les voyageurs, revenant de pays étrangers, nous apportent des récits de la même tradition, sans la moindre variation ou contradiction : il est évident que nos philosophes actuels, au lieu de douter du fait, devraient le recevoir comme une certitude... »373
“I beg the limitations here made may be remarked, when I say, that a miracle can never be proved, so as to be the foundation of a system of religion. For I own, that otherwise, there may possibly be miracles, or violations of the usual course of nature, of such a kind as to admit of proof from human testimony; though, perhaps, it will be impossible to find any such in all the records of history. Thus, suppose, all authors, in all languages, agree, that, from the first of January 1600, there was a total darkness over the whole Earth for eight days: suppose that the tradition of this extraordinary event is still strong and lively among the people: that all travellers, who return from foreign countries, bring us accounts of the same tradition, without the least variation or contradiction: it is evident, that our present philosophers, instead of doubting the fact, ought to receive it as certain….”373
L'objet de ce chapitre est la transmission testimoniale de la connaissance et non les événements ou les rapports de témoins oculaires — les distinctions conceptuelles entre les deux sont évidentes. Cependant, cela a été mentionné ici pour rappeler au lecteur la distinction entre ces deux types de témoignages. Pour conclure cette section, le témoignage est une source nécessaire de connaissance. Sans la transmission testimoniale, nous n'aurions pas pu connaître le progrès scientifique caractéristique de notre époque, bon nombre de nos affirmations établies en matière de connaissance seraient réduites aux réflexions d'un sceptique, et nous ne serions pas justifiés à rejeter facilement les affirmations des partisans de la Terre plate. Pour que le témoignage se transforme en connaissance, nous devons être dignes de confiance dans nos évaluations de la fiabilité d'autrui et assumer la responsabilité de renvoyer les contestations vers celui qui témoigne. Nous devons également nous assurer qu'il existe une part de vérité liée à leurs affirmations, ce qui peut inclure d'autres témoignages ou des informations contextuelles.
The focus of this chapter is on the testimonial transmission of knowledge and not events or eyewitness reports—the conceptual distinctions between the two are obvious. However, it has been mentioned here to remind the reader of the distinction between the two types of testimony. To conclude this section, testimony is a necessary source of knowledge. Without testimonial transmission, we could not have had the scientific progress characteristic of our era, many of our established claims to knowledge would be reduced to a sceptic’s musings, and we would not be justified in easily dismissing the flat-earther’s assertions. For testimony to turn into knowledge, we must be trustworthy in our assessments of the trustworthiness of others and take responsibility for deferring challenges back to the one testifying. We must also ensure that there is some truth connected to their claims, which can include other testimonies or background information.
Inférence à la meilleure explication.
Inference to the best explanation.
L'inférence à la meilleure explication est une manière de penser inestimable. Elle consiste à tenter d'expliquer de manière cohérente un ensemble particulier de données et/ou de connaissances préalables. Par exemple, lorsqu'un médecin nous demande comment nous nous sentons, nous lui présentons les symptômes suivants : nez bouché, mal de gorge ou gorge qui démange, éternuements, enrouement, toux, yeux larmoyants, fièvre, maux de tête, courbatures et fatigue. Sur la base de ces informations, le médecin tente d'expliquer au mieux pourquoi nous sommes souffrants. Conjuguée à ses connaissances acquises par sa formation médicale, elle conclut que les symptômes susmentionnés s'expliquent au mieux par un rhume banal. Le professeur d'histoire et de philosophie Peter Lipton explique de la même manière le rôle pratique et indispensable de l'inférence :
Inference to the best explanation is an invaluable way of thinking. It involves trying to coherently explain a particular set of data and/or background knowledge. For example, when we are asked by our doctor how we are feeling, we present her with the following symptoms: nasal stuffiness, sore or itchy throat, sneezing, hoarseness, coughing, watery eyes, fever, headache, body aches and fatigue. Based on this information, the doctor attempts to best explain why we are unwell. Coupled with her background knowledge accumulated via her medical education, she concludes that the above symptoms are best explained by the common cold. Professor of History and Philosophy Peter Lipton similarly explains the practical and indispensable role of inference:
« Le médecin en déduit que son patient souffre de la rougeole, puisque c'est la meilleure explication des preuves qui lui sont présentées. L'astronome en déduit l'existence d'un mouvement de Neptune, puisque c'est la meilleure explication des perturbations observées d'Uranus... Selon l'Inférence à la Meilleure Explication, nos pratiques inférentielles sont régies par des considérations explicatives. Étant donné nos données et nos croyances de fond, nous en déduisons ce qui, si cela était vrai, fournirait la meilleure des explications concurrentes que nous pouvons générer pour ces données... »374
“The doctor infers that his patient has measles, since this is the best explanation of the evidence before him. The astronomer infers the existence of motion of Neptune, since that is the best explanation of the observed perturbations of Uranus… According to the Inference to the Best Explanation, our inferential practices are governed by explanatory considerations. Given our data and our background beliefs, we infer what would, if true, provide the best of the competing explanations we can generate of those data….”374
Comme pour la plupart des choses, nous pouvons avoir des explications concurrentes pour les données à notre disposition. Ce qui filtre ces explications n'est pas seulement leur plausibilité, mais la disponibilité d'autres éléments de données qui pourraient nous aider à les distinguer les unes des autres. Lipton explique : « Nous commençons par considérer des explications candidates plausibles, puis nous essayons de trouver des données qui permettent de les distinguer... Une inférence peut être réfutée lorsque quelqu'un suggère une meilleure explication alternative, même si les preuves ne changent pas. »375
As with most things, we can have competing explanations for the data at our disposal. What filters these explanations is not only their plausibility, but the availability of other pieces of data that could help us discriminate between them. Lipton explains: “We begin by considering plausible candidate explanations, and then try to find data that discriminate between them… An inference may be defeated when someone suggests a better alternative explanation, even though the evidence does not change.”375
L'accessibilité à des données supplémentaires n'est pas le seul moyen d'évaluer laquelle des explications concurrentes est la plus convaincante. La meilleure explication est celle qui est la plus simple. La simplicité, cependant, n'est qu'un début, car il doit y avoir un équilibre prudent entre la simplicité et l'exhaustivité. L'exhaustivité implique qu'une explication doit posséder un pouvoir et une portée explicatifs. L'explication doit rendre compte de toutes les données, y compris les observations disparates ou uniques. Un autre critère pour évaluer l'exhaustivité d'une explication consiste à expliquer des données ou des observations qui étaient auparavant inconnues, inattendues ou inexplicables. Un principe important dans l'évaluation de la meilleure explication est qu'elle est la plus susceptible d'être vraie, par rapport aux explications concurrentes, compte tenu de nos connaissances préalables. Le philosophe universitaire de l'Université de Princeton, Gilbert H. Harman, affirme que lorsque des explications alternatives existent, on « doit être capable de rejeter toutes ces hypothèses alternatives avant d'être fondé à faire l'inférence. Ainsi, on infère, de la prémisse qu'une hypothèse donnée fournirait une "meilleure" explication des preuves que toute autre hypothèse, la conclusion que l'hypothèse donnée est vraie. »376
The accessibility to additional data is not the only way to assess which of the competing explanations is the most convincing. The best explanation is one that is the simplest. Simplicity, however, is just the beginning, as there must be a careful balance between simplicity and comprehensiveness. Comprehensiveness entails that an explanation must have explanatory power and scope. The explanation must account for all of the data, including disparate or unique observations. Another criterion to assess the comprehensiveness of an explanation includes explaining data or observations that were previously unknown, unexpected or inexplicable. An important principle in assessing the best explanation is that it is most likely to be true, compared to competing explanations, given our background knowledge. The academic philosopher at Princeton University Gilbert H. Harman asserts that when alternative explanations exist, one “must be able to reject all such alternative hypotheses before one is warranted in making the inference. Thus one infers, from the premise that a given hypothesis would provide a ‘better’ explanation for the evidence than would any other hypothesis, to the conclusion that the given hypothesis is true.”376
À la lumière de ce qui précède, l'inférence à la meilleure explication est une forme de raisonnement indispensable. Elle peut également mener à la certitude. Si les données à notre disposition sont limitées et que les explications sont finies, alors la meilleure explication serait, dans une certaine mesure, certaine — car il n'y aurait pas de possibilité d'une autre explication meilleure, ni de chance de nouvelles données qui pourraient changer ce que nous considérons comme la meilleure explication. Le Coran provenant du Divin est fondé sur ce type de certitude. Il n'existe pas d'autres explications rationnelles pour l'auteur du Coran, et les données sur lesquelles les explications se fondent sont finies. Par exemple, il n'y aura jamais de nouvelle lettre de la langue arabe classique et une toute nouvelle histoire de l'arabe est insoutenable.
In light of the above, inference to the best explanation is an indispensable form of reasoning. It can also lead to certainty. If the data at our disposal is limited and the explanations are finite, then the best explanation would be, to some extent, certain—as there would not be a possibility of another better explanation, or a chance of new data that could change what we consider the best explanation. The Qur’an coming from the Divine is based on this type of certainty. There are no other rational explanations for the Qur’an’s authorship, and the data that the explanations are based on are finite. For example, there will never be a new letter of the classical Arabic language and a brand new history of Arabic is untenable.
Formuler un argument.
Formulating an argument.
La discussion jusqu'à présent a mis en évidence l'importance du témoignage et de l'inférence à la meilleure explication pour parvenir à la connaissance. Cependant, le simple fait de citer des témoignages ne suffira pas, car il existe des témoignages d'experts concurrents concernant l'inimitabilité du Qur’an. Par conséquent, nous devrons présenter des informations contextuelles bien établies pour montrer pourquoi les témoignages en faveur de l'inimitabilité du Qur’an doivent être privilégiés.
The discussion so far has highlighted the importance of testimony and inference to the best explanation in arriving at knowledge. However, merely quoting testimonies will not suffice, because there are competing expert testimonies about the Qur’an’s inimitability. Therefore, we will need to present well-established background information to show why the testimonies in support of the Qur’an’s inimitability should be favoured.
Ces informations de base incluent le fait que le Qur’an présente un défi linguistique et littéraire, et que les Arabes du VIIe siècle avaient atteint une maîtrise dans l'expression de la langue arabe, mais n'ont pas réussi à imiter le Qur’an. Une fois cela établi, adopter le témoignage en faveur de l'inimitabilité du Qur’an serait le choix rationnel, car il fournit la base pour les accepter. Les témoignages qui contredisent l'unicité du Qur’an sont réduits à l'absurde, car ils nient ce qui a été établi (ce qui sera expliqué plus tard). Une fois la transmission testimoniale adoptée, les explications concurrentes concernant l'inimitabilité du Qur’an doivent être évaluées afin de procéder à une inférence vers la meilleure explication ; le Qur’an a été produit soit par un Arabe, soit par un non-Arabe, soit par Muhammad ﷺ, soit par Dieu. Un résumé de l'argument est le suivant :
This background information includes the fact that the Qur’an presents a linguistic and literary challenge, and that the 7th century Arabs achieved mastery in expressing themselves in the Arabic language, yet failed to imitate the Qur’an. Once this is established, adopting the testimony in favour of the inimitability of the Qur’an would be the rational choice, as it provides the basis to accept them. The testimonies that disagree with the Qur’an’s uniqueness are reduced to absurdity, as they deny what has been established (to be explained later). Once the testimonial transmission is adopted, the competing explanations for the Qur’an’s inimitability must be assessed in order to make an inference to the best explanation; the Qur’an was produced either by an Arab, a non-Arab, Muhammad صلى الله عليه وسلم or God. A summary of the argument is as follows:
1. Le Qur’an présente un défi littéraire et linguistique à l'humanité.
1. The Qur’an presents a literary and linguistic challenge to humanity.
2. Les Arabes du VIIe siècle étaient les mieux placés pour contester le Qur’an.
2. The 7th century Arabs were best placed to challenge the Qur’an.
3. Les Arabes du VIIe siècle n'ont pas réussi à le faire.
3. The 7th century Arabs failed to do so.
4. Les savants ont témoigné de l'inimitabilité du Coran.
4. Scholars have testified to the Qur’an’s inimitability.
5. Les témoignages contraires à l'avis des savants ne sont pas plausibles, car ils doivent rejeter les informations contextuelles établies.
5. Counter-scholarly testimonies are not plausible, as they have to reject the established background information.
6. Par conséquent (d'après 1-5), le Qur’an est inimitable.
6. Therefore (from 1-5), the Qur’an is inimitable.
7. Les explications possibles de l'inimitabilité du Coran sont une paternité par un Arabe, un non-Arabe, Muhammad ﷺ ou Dieu.
7. The possible explanations for the Qur’an’s inimitability are authorship by an Arab, a non-Arab, Muhammad صلى الله عليه وسلم or God.
8. Il n'aurait pas pu être produit par un Arabe, un non-Arabe ou Muhammad ﷺ.
8. It could not have been produced by an Arab, a non-Arab or .صلى الله عليه وسلم Muhammad.
9. Par conséquent, la meilleure explication est que cela provient de Dieu.
9. Therefore, the best explanation is that it is from God.
La partie restante de ce chapitre développera les prémisses ci-dessus.
The remaining part of this chapter will elaborate on the premises above.
1. Le Qur’an présente un défi littéraire et linguistique à l'humanité.
1. The Qur’an presents a literary and linguistic challenge to humanity.
« Lis au nom de ton Seigneur ».377 Ce furent les premiers mots du Coran révélés au Prophète Muhammad ﷺ il y a plus de 1 400 ans.
“Read in the name of your Lord”.377 These were the first words of the Qur’an revealed to the Prophet Muhammad صلى الله عليه وسلم over 1,400 years ago.
Muhammad ﷺ, dont on savait qu'il méditait dans une grotte à l'extérieur de Mecca, avait reçu la révélation d'un livre qui aurait un impact immense sur le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui. N'étant pas connu pour avoir composé la moindre pièce de poésie, Muhammad ﷺ venait de recevoir le début d'un livre qui traiterait des questions de croyance, de législation, de rituels, de spiritualité et d'économie dans un genre et une forme littéraire entièrement nouveaux.378.
Muhammad صلى الله عليه وسلم, who was known to have been meditating in a cave outside Mecca, had received revelation of a book that would have a tremendous impact on the world we live in today. Not known to have composed any piece of poetry, Muhammad صلى الله عليه وسلم had just received the beginning of a book that would deal with matters of belief, legislation, rituals, spirituality, and economics in an entirely new genre and literary form.378.
Les caractéristiques littéraires et linguistiques uniques du Qur’an ont été utilisées par les musulmans pour articuler un certain nombre d'arguments afin de justifier leur croyance selon laquelle le livre provient du Divin. L'incapacité de quiconque à imiter le Qur’an a donné naissance à la doctrine théologique musulmane de l'inimitabilité du Qur’an ou al-i’jaaz al-Qur’an. Le mot i’jaaz est un nom d'action qui signifie « caractère miraculeux » et provient du verbe a’jaza, qui signifie « rendre incapable » ou « rendre impuissant ». Le sens linguistique du terme met en lumière la doctrine théologique selon laquelle les linguistes arabes par excellence ont été rendus incapables de produire quoi que ce soit de semblable. Jalal al-Din al-Suyuti, écrivain et savant prolifique du XVe siècle, résume cette doctrine :
The unique literary and linguistic features of the Qur’an have been used by Muslims to articulate a number of arguments to substantiate their belief, that the book is from the Divine. The failure of anyone to imitate the Qur’an developed into the Muslim theological doctrine of the Qur’an’s inimitability or al-i’jaaz al-Qur’an. The word i’jaaz is a verbal noun that means ‘miraculousness’ and comes from the verb a’jaza, which means ‘to render incapable’ or ‘to make helpless’. The linguistic meaning of the term brings to light the theological doctrine that Arab linguists par excellence were rendered incapable of producing anything like it. Jalal al-Din al-Suyuti, prolific 15th century writer and scholar, summarises this doctrine:
« …lorsque le Prophète ﷺ leur a présenté [le défi], ils étaient les rhéteurs les plus éloquents, alors il les a mis au défi de produire quelque chose de semblable [au Coran] entier ; de nombreuses années passèrent et ils furent incapables de le faire, comme Dieu le dit : {Qu'ils produisent donc une sourate semblable à celle-ci, s'ils sont véridiques.} Ensuite, [le Prophète ﷺ] les a mis au défi de produire 10 sourates semblables, là où Dieu dit : {Dis : "Apportez donc dix sourates semblables à celles-ci et invoquez qui vous voulez en dehors de Dieu, si vous êtes véridiques."} Puis, il les a mis au défi de produire une seule [sourate], là où Dieu dit : {Ou bien disent-ils qu'il l'a forgé ? Dis : "Apportez donc une sourate semblable à celle-ci et invoquez qui vous voulez en dehors de Dieu, si vous êtes véridiques."}… Lorsque les [Arabes] furent incapables de produire une seule sourate semblable [au Coran] malgré la présence parmi eux des rhéteurs les plus éloquents, [le Prophète ﷺ] annonça ouvertement l'échec et l'incapacité [à relever le défi] et déclara l'inimitabilité du Coran. Puis Dieu dit : {Dis : "Si les hommes et les djinn se réunissaient pour produire le semblable du Coran, ils ne pourraient produire le semblable, même s'ils s'entraidaient..."} » 379
“…when the Prophet brought [the challenge] to them, they were the most eloquent rhetoricians so he challenged them to produce the [entire] likes [of the Qur’an] and many years passed and they were unable to do so as God says, Let them then produce a recitation similar to it, if indeed they are truthful. Then, [the Prophet] challenged them to produce 10 chapters like it where God says, Say, bring then ten chapters like it and call upon whomever you can besides God, if you are truthful. Then, he challenged them to produce a single [chapter] where God says, Or do they say he [i.e. the Prophet] has forged it? Say, bring a chapter like it and call upon whomever you can besides God, if you are truthful… When the [Arabs] were unable to produce a single chapter like [the Qur’an] despite there being the most eloquent rhetoricians amongst them, [the Prophet] openly announced the failure and inability [to meet the challenge] and declared the inimitability of the Qur’an. Then God said, Say, if all of humankind and the jinn gathered together to produce the like of the Qur’an, they could not produce it—even if they helped one another….” 379
Selon l'exégèse classique, les divers versets du Qur'an qui lancent le défi de produire un chapitre semblable à lui-même appellent avec audace les experts linguistiques de toute époque à imiter les caractéristiques linguistiques et littéraires du Qur'an.380 Les outils nécessaires pour relever ce défi sont les règles grammaticales finies, les procédés littéraires et linguistiques, ainsi que les vingt-huit lettres qui composent la langue arabe ; ce sont des mesures indépendantes et objectives accessibles à tous. Le fait qu'il n'ait pas été égalé depuis sa première révélation ne surprend pas la plupart des savants familiers avec la langue arabe et le Qur'an.
According to classical exegesis, the various verses in the Qur’an that issue a challenge to produce a chapter like it daringly call for the linguistic experts of any era to imitate the Qur’an’s linguistic and literary features.380 The tools needed to meet this challenge are the finite grammatical rules, literary and linguistic devices, and the twenty-eight letters that comprise the Arabic language; these are independent and objective measures available to all. The fact that it has not been matched since it was first revealed, does not surprise most scholars familiar with the Arabic language and the Qur’an.
2. Les Arabes du VIIe siècle étaient les mieux placés pour contester le Qur’an.
2. The 7th century Arabs were best placed to challenge the Qur’an.
Le Coran a lancé un défi aux plus grands linguistes arabes, les Arabes du VIIe siècle. Le fait qu'ils aient atteint le sommet de l'éloquence est affirmé par les érudits occidentaux et orientaux. Le savant Taqi Usmani affirme que pour l'Arabe du VIIe siècle, « l'éloquence et la rhétorique étaient leur sève vitale ».381 Selon le biographe des poètes du IXe siècle, Al-Jumahi, « le vers était pour les Arabes le registre de tout ce qu'ils savaient, et la boussole ultime de leur sagesse ; c'est avec lui qu'ils commençaient leurs affaires, et c'est avec lui qu'ils les terminaient ».382 Le savant du XIVe siècle Ibn Khaldun souligne l'importance de la poésie dans la vie arabe : « Il convient de savoir que les Arabes accordaient une grande importance à la poésie en tant que forme de parole. Par conséquent, ils en ont fait les archives de leur histoire, la preuve de ce qu'ils considéraient comme juste ou faux, et la principale base de référence pour la plupart de leurs sciences et de leur sagesse. »383
The Qur’an posed a challenge to the greatest Arabic linguists, the 7th century Arabs. The fact that they reached the peak of eloquence is affirmed by western and eastern scholarship. The scholar Taqi Usmani asserts that for the 7th century Arab “eloquence and rhetoric were their life blood.”381 According to the 9th century biographer of the poets, Al-Jumahi, “Verse was to the Arabs the register of all they knew, and the utmost compass of their wisdom; with it they began their affairs, and with it they ended them.”382 The 14th century scholar Ibn Khaldun highlights the importance of poetry in Arab life: “It should be known that Arabs thought highly of poetry as a form of speech. Therefore, they made it the archives of their history, the evidence for what they considered right and wrong, and the principal basis of reference for most of their sciences and wisdom.”383
L'aptitude et l'expertise linguistiques étaient une caractéristique hautement influente de l'environnement social des Arabes du VIIe siècle. Le critique littéraire et historien Ibn Rasheeq illustre cela : « Chaque fois qu'un poète émergeait dans une tribu arabe, les autres tribus venaient pour le féliciter, des festins étaient préparés, les femmes se réunissaient autour des luths comme elles le font lors des mariages, et les hommes, vieux et jeunes, se réjouissaient tous de la bonne nouvelle. Les Arabes ne se félicitaient les uns les autres que pour la naissance d'un enfant et lorsqu'un poète s'élevait parmi eux. »384 Le savant du IXe siècle Ibn Qutayba définissait la poésie telle que les Arabes la percevaient : « La mine de savoir des Arabes, le livre de leur sagesse... le témoin véridique le jour du litige, la preuve ultime au moment de l'argumentation. »385
Linguistic ability and expertise was a highly influential feature of the 7th century Arab’s social environment. The literary critic and historian Ibn Rasheeq illustrates this: “Whenever a poet emerged in an Arab tribe, other tribes would come to congratulate, feasts would be prepared, the women would join together on lutes as they do at weddings, and old and young men would all rejoice at the good news. The Arabs used to congratulate each other only on the birth of a child and when a poet rose among them.”384 The 9th century scholar Ibn Qutayba defined poetry as the Arabs saw it: “The mine of knowledge of the Arabs, the book of their wisdom… the truthful witness on the day of dispute, the final proof at the time of argument.”385
Navid Kermani, écrivain et expert en études islamiques, explique l'ampleur des études que les Arabes devaient entreprendre pour maîtriser la langue arabe, ce qui indique que l'Arabe du VIIe siècle vivait dans un monde qui vénérait la poésie : « La poésie arabe ancienne est un phénomène hautement complexe. Le vocabulaire, les idiosyncrasies grammaticales et les normes strictes se transmettaient de génération en génération, et seuls les étudiants les plus doués maîtrisaient pleinement la langue. Une personne devait étudier pendant des années, parfois même des décennies, auprès d'un maître poète avant de pouvoir prétendre au titre de poète. Muhammad ﷺ a grandi dans un monde qui vénérait l'expression poétique de manière presque religieuse. »386
Navid Kermani, a writer and expert in Islamic studies, explains the extent to which the Arabs had to study to master the Arabic language, which indicates that the 7th century Arab lived in a world that revered poetry: “Old Arabic poetry is a highly complex phenomenon. The vocabulary, grammatical idiosyncrasies and strict norms were passed down from generation to generation, and only the most gifted students fully mastered the language. A person had to study for years, sometimes even decades under a master poet before laying claim to the title of poet. Muhammad صلى الله عليه وسلم grew up in a world which almost religiously revered poetic expression.”386
L'Arabe du VIIe siècle vivait dans un environnement socioculturel qui réunissait toutes les conditions propices pour faciliter une expertise inégalée dans l'usage de la langue arabe.
The 7th century Arab lived in a socio-cultural environment that had all the right conditions to facilitate the unparalleled expertise in the use of the Arabic language.
3. Les Arabes du VIIe siècle n'ont pas réussi à le faire.
3. The 7th century Arabs failed to do so.
Malgré leurs capacités linguistiques, ils ont collectivement échoué à produire un texte arabe qui égalât les caractéristiques linguistiques et littéraires du Coran. L'expert en linguistique, le professeur Hussein Abdul-Raof, affirme : « Les Arabes, à l'époque, avaient atteint leur apogée linguistique en termes de compétence linguistique et de sciences, de rhétorique, d'éloquence et de poésie. Cependant, personne n'a jamais été capable de fournir une seule sourate semblable à celle du Coran. »387
Their linguistic abilities notwithstanding, they collectively failed to produce an Arabic text that matched the Qur’an’s linguistic and literary features. Linguistics expert Professor Hussein Abdul-Raof asserts, “The Arabs, at the time, had reached their linguistic peak in terms of linguistic competence and sciences, rhetoric, oratory, and poetry. No one, however, has ever been able to provide a single chapter similar to that of the Qur’an.”387
La professeure d'études coraniques Angelika Neuwrith a soutenu que le Coran n'a jamais été contesté avec succès par qui que ce soit, passé ou présent : « ...personne n'a réussi, c'est exact... Je pense vraiment que le Coran a même embarrassé les chercheurs occidentaux, qui n'ont pas été capables d'expliquer comment, soudainement, dans un environnement où il n'y avait aucun texte écrit notable, est apparu le Coran avec sa richesse d'idées et ses formulations magnifiques. »388
Professor of Qur’anic Studies Angelika Neuwrith argued that the Qur’an has never been successfully challenged by anyone, past or present: “…no one has succeeded, this is right… I really think that the Qur’an has even brought Western researchers embarrassment, who weren’t able to clarify how suddenly in an environment where there were not any appreciable written text, appeared the Qur’an with its richness of ideas and its magnificent wordings.”388
Labid ibn Rabi’ah, l'un des célèbres poètes des Sept Odes, embrassa l'Islam en raison de l'inimitabilité du Qur'an. Une fois qu'il eut embrassé l'Islam, il cessa de composer de la poésie. Les gens furent surpris, car « il était leur poète le plus distingué ».
Labid ibn Rabi’ah, one of the famous poets of the Seven Odes, embraced Islam due to the inimitability of the Qur’an. Once he embraced Islam, he stopped composing poetry. People were surprised, for “he was their most distinguished poet”.
389 Ils lui demandèrent pourquoi il avait cessé de composer de la poésie ; il répondit : « Quoi ! Même après la révélation du Qur’an ? »390
389 They asked him why he stopped composing poetry; he replied, “What! Even after the revelation of the Qur’an?”390
E. H. Palmer, professeur d'arabe et du Qur’an, soutient que les affirmations faites par des universitaires comme celui mentionné ci-dessus ne devraient pas nous surprendre. Il écrit : « Qu'aucun des meilleurs écrivains arabes n'ait jamais réussi à produire quoi que ce soit d'égal en mérite au Qur’an lui-même n'est pas surprenant. »391
E. H. Palmer, Professor of Arabic and of the Qur’an, argues that the assertions made by academics like the one above should not surprise us. He writes, “That the best of Arab writers has never succeeded in producing anything equal in merit to the Qur’an itself is not surprising.”391
Le savant et professeur d'études islamiques M. A. Draz affirme à quel point les experts du VIIe siècle étaient absorbés par un discours qui les a laissés incapables : « À l'âge d'or de l'éloquence arabe, lorsque la langue atteignit l'apogée de la pureté et de la force, et que les titres d'honneur étaient décernés avec solennité aux poètes et aux orateurs lors de festivals annuels, la parole coranique balaya tout enthousiasme pour la poésie ou la prose, et fit que les Sept Poèmes d'Or suspendus aux portes de la Ka’ba furent décrochés. Toutes les oreilles se prêtaient à cette merveille de l'expression arabe. »392
Scholar and Professor of Islamic Studies M. A. Draz affirms how the 7th century experts were absorbed in the discourse that left them incapacitated: “In the golden age of Arab eloquence, when language reached the apogee of purity and force, and titles of honour were bestowed with solemnity on poets and orators in annual festivals, the Qur’anic word swept away all enthusiasm for poetry or prose, and caused the Seven Golden Poems hung over the doors of the Ka’ba to be taken down. All ears lent themselves to this marvel of Arabic expression.”392
Le nombre de transmissions testimoniales du VIIe siècle affirmant l'incapacité des Arabes à produire quoi que ce soit semblable au Qur'an exclut tout doute dans ce contexte. Il serait déraisonnable de rejeter le fait que les Arabes étaient incapables. À l'instar de ce qui a été mentionné dans la section sur le témoignage oculaire, les récits concluant à l'échec des Arabes à imiter le Qur'an ont atteint le statut de tawaatur (rapport massif et concomitant). Il existe un grand nombre d'experts qui ont transmis cette connaissance via diverses chaînes de transmission, et beaucoup d'entre eux ne se sont jamais rencontrés.
The number of testimonial transmissions from the 7th century that affirm the Arabs’ inability to produce anything like the Qur’an excludes any doubt in this context. It would be unreasonable to dismiss the fact that the Arabs were incapacitated. Similar to what was mentioned in the section on eyewitness testimony, the narratives that conclude the Arabs’ failure to imitate the Qur’an have reached the status of tawaatur (mass concurrent reporting). There exist a large number of experts who have conveyed this knowledge via varying chains of transmission, and many of them never met each other.
Un argument puissant qui soutient l'affirmation selon laquelle les Arabes du VIIe siècle ont échoué à imiter le Qur’an se rapporte aux circonstances socio-politiques de l'époque. Au cœur du message coranique se trouvait la condamnation des pratiques immorales, injustes et maléfiques des tribus mecquoises du VIIe siècle. Celles-ci incluaient l'objectification des femmes, le commerce injuste, le polythéisme, l'esclavage, l'accumulation de richesses, l'infanticide et le délaissement des orphelins. La direction mecquoise était contestée par le message du Qur’an, et cela avait le potentiel de saper leur leadership et leur succès économique. Pour que l'Islam cesse de se propager, il suffisait que les adversaires du Prophète ﷺ relèvent le défi linguistique et littéraire du Qur’an. Cependant, le fait que l'Islam ait réussi lors de ses premiers jours fragiles à Mecca témoigne du fait que son public principal n'a pas été en mesure de relever le défi coranique. Aucun mouvement ne peut réussir si une affirmation fondamentale à son essence est explicitement prouvée fausse. Le fait que la direction mecquoise ait dû recourir à des campagnes extrêmes, telles que la guerre et la torture, pour tenter d'éteindre l'Islam démontre que la méthode facile pour réfuter l'Islam — relever le défi du Qur’an — a échoué.
A powerful argument that supports the assertion that the 7th century Arabs failed to imitate the Qur’an relates to the socio-political circumstances of the time. Central to the Qur’anic message was the condemnation of the immoral, unjust and evil practices of the 7th century Meccan tribes. These included the objectification of women, unjust trade, polytheism, slavery, hoarding of wealth, infanticide and the shunning of orphans. The Meccan leadership was being challenged by the Qur’anic message, and this had the potential to undermine their leadership and economic success. In order for Islam to stop spreading, all that was needed was for the Prophet’s صلى الله عليه وسلم adversaries to meet the linguistic and literary challenge of the Qur’an. However, the fact that Islam succeeded in its early, fragile days in Mecca testifies to the fact that its primary audience was not able to meet the Qur’anic challenge. No movement can succeed if a claim fundamental to its core is explicitly proven false. The fact that the Meccan leadership had to resort to extreme campaigns, such as warfare and torture, to attempt to extinguish Islam demonstrates that the easy method of refuting Islam—meeting the Qur’anic challenge—failed.
4. Les savants ont témoigné de l'inimitabilité du Coran.
4. Scholars have testified to the Qur’an’s inimitability.
Une multitude de savants, issus de milieux occidentaux et orientaux, religieux et non religieux, ont témoigné de l'inimitabilité du Qur'an. Voici une liste non exhaustive des travaux académiques qui constituent le témoignage selon lequel le Qur'an ne peut être imité :
Multitudes of scholars from western, eastern, religious and non-religious backgrounds have testified to the Qur’an’s inimitability. Below is a non-exhaustive list of the scholarship that forms the testimony that the Qur’an cannot be emulated:
• Professeur d'études orientales Martin Zammit :
• Professor of Oriental Studies Martin Zammit:
« Nonobstant l'excellence littéraire de certains des longs poèmes préislamiques... le Coran se situe définitivement à un niveau à part en tant que manifestation écrite la plus éminente de la langue arabe. »393.
“Notwithstanding the literary excellence of some of the long pre-Islamic poems… the Qur’an is definitely on a level of its own as the most eminent written manifestation of the Arabic language.”393.
• Le savant Shah Waliyyullah : « Son degré d'éloquence le plus élevé dépasse la capacité d'un être humain. Cependant, puisque nous venons après les premiers Arabes, nous sommes incapables d'en atteindre l'essence. Mais la mesure que nous connaissons est que l'emploi de mots limpides et de constructions douces, avec grâce et sans affectation, que l'on trouve dans le Tremendous Qur'an, ne se retrouve nulle part ailleurs dans la poésie des peuples antérieurs ou postérieurs. »394.
• Scholar Shah Waliyyullah: “Its highest degree of eloquence, which is beyond the capacity of a human being. However, since we come after the first Arabs we are unable to reach its essence. But the measure which we know is that the employment of lucid words and sweet constructions gracefully and without affectation that we find in the Tremendous Qur’an is to be found nowhere else in any of the poetry of the earlier or later peoples.”394.
• L'orientaliste et littérateur A. J. Arberry : « En tentant d'améliorer la performance de mes prédécesseurs et de produire quelque chose qui puisse être accepté comme faisant écho, aussi faiblement soit-il, à la rhétorique sublime du Coran arabe, je me suis appliqué à étudier les rythmes complexes et richement variés qui — indépendamment du message lui-même — constituent l'indéniable prétention du Coran à figurer parmi les plus grands chefs-d'œuvre littéraires de l'humanité. »395.
• Orientalist and litterateur A. J. Arberry: “In making the present attempt to improve on the performance of predecessors, and to produce something which might be accepted as echoing however faintly the sublime rhetoric of the Arabic Koran, I have been at pain to study the intricate and richly varied rhythms which—apart from the message itself—constitutes the Koran’s undeniable claim to rank amongst the greatest literary masterpieces of mankind.”395.
• Le savant Taqi Usmani : « Aucun d'entre eux n'a été capable de composer ne serait-ce que quelques phrases pour égaler les versets du Qurā'n. Pensez simplement qu'ils étaient un peuple qui, selon ‘Allāmah Jurjāni, ne pouvait jamais s'empêcher de ridiculiser cette idée dans sa poésie s'il entendait qu'il y avait quelqu'un à l'autre bout du monde qui se targuait de son éloquence et de son discours rhétorique. Il est impensable qu'ils aient pu garder le silence même après de tels défis répétés et n'aient pas osé se manifester... Ils n'ont ménagé aucun effort pour persécuter le Prophète ﷺ. Ils l'ont torturé, l'ont traité de fou, de sorcier, de poète et de devin, mais ont échoué totalement à composer ne serait-ce que quelques phrases semblables aux versets du Qurā'n. »396.
• Scholar Taqi Usmani: “None of them was able to compose even a few sentences to match the Qurānic verses. Just think that they were a people who according to ‘Allāmah Jurjāni, could never resist ridiculing the idea in their poetry if they heard that there was someone at the other end of the globe who prided himself on his eloquence and rhetorical speech. It is unthinkable that they could keep quiet even after such repeated challenges and dare not come forward… They had left no stone unturned for persecuting the Prophet صلى الله عليه وسلم. They tortured him, called him insane, sorcerer, poet and sooth-sayer, but failed utterly in composing even a few sentences like the Qurānic verses.”396.
• imam Fakhr al-Din : « Il est inimitable en raison de son éloquence, de son style unique et parce qu'il est exempt d'erreur. »397.
• Imam Fakhr al-Din: “It is inimitable because of its eloquence, its unique style, and because it is free of error.”397.
• Al-Zamlakani : « Ses structures de mots, par exemple, sont en parfaite harmonie avec leurs rythmes correspondants, et le sens de sa phraséologie est inégalé, de sorte que chaque catégorie linguistique est inégalée dans le cas de chaque mot et chaque phrase. »398.
• Al-Zamlakani: “Its word structures for instance, are in perfect harmony with their corresponding scales, and the meaning of its phraseology is unsurpassed, such that every linguistic category is unsurpassed in the case of every single word and phrase.”398.
• Professor Bruce Lawrence : « En tant que signes tangibles, les versets coraniques sont l'expression d'une vérité inépuisable, ils signifient un sens superposé à un autre, lumière sur lumière, miracle après miracle. »399.
• Professor Bruce Lawrence: “As tangible signs, Qur’anic verses are expressive of an inexhaustible truth, they signify meaning layered with meaning, light upon light, miracle after miracle.”399.
• Le professeur et arabiste Hamilton Gibb : « Comme tous les Arabes, ils étaient des connaisseurs de la langue et de la rhétorique. Eh bien, si le Coran était sa propre composition, d'autres hommes pourraient rivaliser avec lui. Qu'ils produisent dix versets semblables. S'ils n'y parviennent pas (et il est évident qu'ils ne le pourraient pas), alors qu'ils acceptent le Coran comme un miracle probatoire exceptionnel. »400.
• Professor and Arabist Hamilton Gibb: “Like all Arabs they were connoisseurs of language and rhetoric. Well, then if the Koran were his own composition other men could rival it. Let them produce ten verses like it. If they could not (and it is obvious that they could not), then let them accept the Koran as an outstanding evidential miracle.”400.
Les confirmations ci-dessus de l'inimitabilité du Qur’an ne sont qu'un faible échantillon parmi les innombrables témoignages qui nous sont accessibles.
The above confirmations of the inimitability of the Qur’an are a small sample from the innumerable testimonies available to us.
Autres instances de l'« inimitable » : Al-Mutannabi et Shakespeare.
Other instances of ‘inimitability’: Al-Mutannabi and Shakespeare.
Abu at-Tayyib Ahmad ibn al-Husayn al-Mutanabbi al-Kindi était considéré comme un génie poétique inimitable par de nombreux Arabes. Certains ont soutenu que bien que d'autres poètes aient utilisé le même genre panégyrique et le même mètre poétique que le grand poète, ils n'ont pas été en mesure d'égaler son niveau d'éloquence et sa variance stylistique. Par conséquent, ils concluent qu'Al-Mutanabbi est inimitable parce que nous avons le modèle de son œuvre et les outils linguistiques à notre disposition, mais que nous ne pouvons émuler rien de semblable à son expression poétique. Si cela est vrai, alors cela mine l'inimitabilité du Coran. Cependant, cette acclamation d'Al-Mutanabbi est infondée. Il y a eu des imitations de l'œuvre d'Al-Mutanabbi par les poètes juifs Moses ibn Ezra et Solomon ibn Gabriol. Curieusement, le poète andalou Ibn Hani’ al-Andalusi était connu comme le Al-Mutanabbi de l'Occident.401
Abu at-Tayyib Ahmad ibn al-Husayn al-Mutanabbi al-Kindi was considered an inimitable poetic genius by many Arabs. Some have argued that although other poets have used the same panegyric genre and poetic metre as the great poet, they have not been able to match his level of eloquence and stylistic variance. Therefore, they conclude that Al-Mutannabi is inimitable because we have the blueprint of his work and the linguistic tools at our disposal, but cannot emulate anything like his poetic expression. If this is true, then it undermines the Qur’an’s inimitability. However, this acclamation of Al-Mutanabbi is unfounded. There have been imitations of Al-Mutanabbi’s work by the Jewish poets Moses ibn Ezra and Solomon ibn Gabriol. Interestingly, the Andalusian poet Ibn Hani’ al-Andalusi was known as the Al-Mutanabbi of the West.401
Un point important est que la poésie arabe médiévale n'a pas créé de nouveaux genres littéraires. Cela était dû au fait qu'elle dépendait des œuvres poétiques antérieures. L'universitaire Denis E. McAuley écrit que la poésie médiévale reposait largement « davantage sur le précédent littéraire que sur l'expérience directe ».402
One significant point is that medieval Arabic poetry did not create new literary genres. This was due to the fact that it depended on previous poetic work. The academic Denis E. McAuley writes that medieval poetry largely hinged “more on literary precedent than on direct experience.”402
Dans la poésie arabe classique, il n'était pas inhabituel qu'un poète tente d'égaler le poème d'un prédécesseur en en écrivant un nouveau selon le même mètre, la même rime et le même thème. Cela était considéré comme une pratique normale.403 Il n'est pas surprenant que le professeur de religion Emil Homerin ait exploré l'expression littéraire d'Ibn al-Farid, et ait décrit son œuvre comme de « très originales improvisations sur al-Mutanabbi ».404
In classical Arabic poetry, it was not unusual for a poet to attempt to match a predecessor’s poem by writing a new one in the same poetic metre, rhyme and theme. This was considered normal practice.403 It is not surprising that Professor of Religion Emil Homerin explored the literary expression of Ibn al-Farid, and described his work as “very original improvisations on al-Mutanabbi”.404
Pour souligner davantage le fait qu'Al-Mutanabbi peut être imité, il a révélé avoir emprunté des œuvres à un autre poète, Abu Nuwas.405 De nombreux critiques littéraires arabes médiévaux tels qu'Al-Sahib ibn ‘Abbad et Abu Ali Muhammad ibn al-Hasan al-Hatimi ont écrit des critiques sur Al-Mutanabbi. Ibn ‘Abbad a écrit al-kashf ‘an masawi’ shi’r al-Mutanabbi et Al-Hatimi a écrit un récit biographique de sa rencontre avec Al-Mutanabbi dans son al-Risala al-Mudiha fi dhikr sariqat Abi al-Tayyib al-Mutanabbi.
To highlight further the fact that Al-Mutanabbi can be emulated, he disclosed that he borrowed work from another poet, Abu Nuwas.405 Many medieval Arab literary critics such as Al-Sahib ibn ‘Abbad and Abu Ali Muhammad ibn al-Hasan al-Hatimi wrote criticisms of Al-Mutanabbi. Ibn ‘Abbad wrote al-kashf ‘an masawi’ shi’r al-Mutanabbi and Al-Hatimi wrote a biographical account of his encounter with Al-Mutanabbi in his al-Risala al-Mudiha fi dhikr sariqat Abi al-Tayyib al-Mutanabbi.
406 Les conclusions de ces critiques littéraires impliquent que bien que son œuvre soit le produit du génie, elle peut être imitée. Al-Hatimi présente une polémique plus forte contre Al-Mutanabbi et soutient que sa poésie ne possède pas de style unique et contient des erreurs. Le professeur Seeger A. Bonebakker, qui a étudié la critique littéraire d'Al-Hatimi à l'égard d'Al-Mutanabbi, conclut que son « jugement est souvent bien fondé et l'on finit presque par avoir le sentiment que Mutanabbi était, après tout, un poète médiocre qui manquait non seulement d'originalité, mais possédait également une compétence insuffisante en grammaire, en lexicographie et en rhétorique, et faisait parfois preuve d'un goût incroyablement mauvais. »407
406 The conclusions of these literary criticisms imply that although his work is the product of genius, they can be emulated. Al-Hatimi presents a stronger polemic against Al-Mutanabbi and argues the case that his poetry does not have a unique style and contains errors. Professor Seeger A. Bonebakker, who studied Al-Hatimi’s literary criticism of Al-Mutanabbi, concludes that his “judgement is often well-founded and one almost ends up feeling that Mutanabbi was, after all, a mediocre poet who was not only lacking in originality, but also had insufficient competence in grammar, lexicography, and rhetoric, and sometimes gave evidence of incredibly bad taste.”407
Considérez le consensus général selon lequel Shakespeare est considéré comme inégalé en ce qui concerne l'usage de la langue anglaise. Cependant, son œuvre n'est pas considérée comme imitable. Ses sonnets sont écrits principalement dans un mètre fréquemment utilisé appelé le pentamètre iambique, un schéma de rimes dans lequel chaque vers du sonnet se compose de dix syllabes. Les syllabes sont divisées en cinq paires appelées iambes ou pieds iambiques.408 Puisque le modèle de son œuvre est disponible, il n'est pas surprenant que le dramaturge anglais Christopher Marlowe ait un style similaire, et que Shakespeare ait été comparé à Francis Beaumont, John Fletcher et d'autres dramaturges de son époque.409
Consider the general consensus that Shakespeare is thought to be unparalleled with regards to the use of the English language. However, his work is not considered inimitable. His sonnets are written predominantly in a frequently used meter called the iambic pentameter, a rhyme scheme in which each sonnet line consists of ten syllables. The syllables are divided into five pairs called iambs or iambic feet.408 Since the blueprint of his work is available, it is not surprising that the English dramatist Christopher Marlowe has a similar style, and that Shakespeare has been compared to Francis Beaumont, John Fletcher and other playwrights of his time.409.
Témoigner de l'inimitabilité du Qur'an n'implique pas d'en accepter la Divinité.
Testifying to the Qur’an’s inimitability does not imply accepting its Divinity.
Une objection valable concernant les témoignages académiques sur l'inimitabilité du Qur’an est que les savants qui s'accordent à dire que le Qur’an ne peut être imité n'ont pas conclu qu'il s'agit d'un texte divin. Le problème avec cette objection est qu'elle confond le témoignage sur l'inimitabilité du Qur’an avec l'inférence à la meilleure explication. L'argument que je présente dans ce chapitre ne conclut pas la divinité du Qur’an à partir des déclarations des savants. Il articule plutôt que la meilleure explication pour élucider l'inimitabilité du Qur’an est qu'il provient de Dieu. Que ces savants acceptent l'inférence ou la divinité du Qur’an est sans importance. Les déclarations des savants sont utilisées comme preuve de l'inimitabilité du Qur’an, et non du fait qu'il est mieux expliqué par Dieu. L'argument infère à partir de l'inimitabilité du texte, et non des conclusions que les savants pourraient avoir tirées du fait qu'il ne peut être imité. Il convient de souligner que ces savants n'ont peut-être pas été confrontés à un argument présentant une inférence à la meilleure explication, ou qu'ils n'ont peut-être pas réfléchi aux implications philosophiques de l'inimitabilité du Qur’an. Ces universitaires pourraient même nier l'explication par Dieu parce qu'ils adoptent le naturalisme philosophique. La croyance en le naturalisme les empêchera de conclure quoi que ce soit sur le surnaturel.
A valid contention concerning academic testimonies of the Qur’an’s inimitability, is that the scholars who agree that the Qur’an cannot be imitated have not concluded that it is a divine text. The problem with this contention is that it conflates testifying to the Qur’an’s inimitability with inference to the best explanation. The argument I am presenting in this chapter does not conclude the divinity of the Qur’an from the statements of scholars. Rather, it articulates that the best explanation to elucidate the inimitability of the Qur’an is that it came from God. Whether these scholars accept the inference or the divinity of the Qur’an, is irrelevant. The statements of the scholars are used as evidence for the Qur’an’s inimitability, not that it is best explained by God. The argument infers from the text’s inimitability, not from conclusions the scholars may have drawn from the fact that it cannot be imitated. It must be pointed out that these scholars may not have been presented with an argument that presents an inference to the best explanation, or they may have not reflected on the philosophical implications of the Qur’an’s inimitability. These academics may even deny the God explanation because they adopt philosophical naturalism. The belief in naturalism will deter them from concluding anything about the supernatural.
De plus, de nombreux universitaires, en particulier ceux qui vivent dans la culture postmoderniste d'aujourd'hui, ont une approche restreinte de nombreuses sciences. Par conséquent, beaucoup de ces savants s'intéressent au Qur'an non pas pour être convaincus de sa divinité ou pour accepter l'Islam, mais pour apprécier sa littérature dans le cadre d'études littéraires. C'est une tendance très courante dans le milieu universitaire moderne. Ainsi, lorsque ces savants sondent l'inimitabilité du Qur'an, il est fort probable qu'ils se concentrent exclusivement sur son mérite littéraire, et non sur sa prétention à la divinité. Ils veulent découvrir si le Qur'an est inimitable ou sophistiqué, et si oui, dans quelle mesure. Ils ne s'intéressent absolument pas à la question de ce que l'inimitabilité implique quant à son origine Divine.
Also, many academics, especially living in today’s postmodernist culture, have a restricted approach to many of the sciences. Therefore, many of these scholars are interested in the Qur’an not to be convinced of its divinity or to accept Islam, but to appreciate its literature for the sake of literary studies. This is a very common trend in modern academia. So when these scholars probe into the inimitability of the Qur’an, it is very likely that they are focusing exclusively on its literary merit, not on its claim to divinity. They want to find out whether the Qur’an is inimitable or sophisticated, and if so, to what extent. They are entirely uninterested in the question of what inimitability implies about its Divine origin.
5. Les témoignages érudits contraires ne sont pas plausibles, car ils doivent rejeter les informations contextuelles établies.
5. Counter scholarly testimonies are not plausible, as they have to reject the established background information.
À la lumière de ce qui précède, la transmission testimoniale concernant l'inimitabilité du Qur’an serait la plus rationnelle à adopter. Cela ne signifie pas qu'il existe un consensus complet sur la question, ou que l'ensemble de la science affirme que le Qur’an est incontesté. Il existe certaines opinions savantes (bien qu'elles soient minoritaires) qui soutiennent l'idée contraire à l'inimitabilité du Qur’an. Si un témoignage valide ne requiert pas l'unanimité, pourquoi quelqu'un accepterait-il une transmission testimoniale plutôt qu'une autre ?
In light of the above, the testimonial transmission concerning the inimitability of the Qur’an would be the most rational to adopt. This does not mean there is a complete consensus on the issue, or that all scholarship asserts that the Qur’an is unchallenged. There are some (albeit in the minority) scholarly opinions that contend against the Qur’an’s inimitability. If valid testimony does not require unanimity, why would someone accept one testimonial transmission over another?
Le témoignage affirmant l'inimitabilité du Qur’an est plus raisonnable, car il repose sur des connaissances préalables solides. Ces connaissances ont été discutées dans les prémisses 1, 2 et 3. En résumé, le Qur’an présente un défi littéraire et linguistique à l'humanité, et les Arabes du VIIe siècle, qui étaient les mieux placés pour contester le Qur’an, n'ont pas réussi à relever ce défi.
The testimony affirming the Qur’an’s inimitability is more reasonable, because it rests on strong background knowledge. This knowledge has been discussed in premises 1, 2 and 3. In summary, the Qur’an presents a literary and linguistic challenge to humanity and the 7th century Arabs, who were best placed to challenge the Qur’an, failed to meet this challenge.
Adopter les contre-témoignages mène à l'absurdité. Cela s'explique par le fait qu'une explication est nécessaire pour répondre à la question de savoir pourquoi ceux qui étaient les mieux placés pour contester le Qur'an n'ont pas réussi à le faire. Les explications possibles incluraient le rejet de la validité de cette histoire établie, ou la prétention à une compréhension et une appréciation de l'arabe classique supérieures à celles des maîtres linguistes du VIIe siècle. Ces explications privent les contre-témoignages de toute base rationnelle. Rejeter l'histoire établie nécessiterait une refonte de l'histoire de la littérature arabe. Supposer des capacités linguistiques supérieures à celles des spécialistes du VIIe siècle est décrédibilisé par le fait que ces experts évoluaient dans un environnement linguistique relativement homogène. Ces environnements sont des zones où la pureté de la langue est préservée, et où l'emprunt linguistique et la dégénérescence sont limités. Les environnements linguistiques arabes contemporains souffrent d'un emprunt linguistique et d'une dégénérescence excessifs. Par conséquent, prétendre à la supériorité sur un peuple issu d'une culture qui possédait le terrain fertile pour la perfection linguistique est insoutenable.
Adopting the counter testimonies leads to absurdity. This is because an explanation is required to answer why those who were best placed to challenge the Qur’an failed to do so. Possible explanations would include rejecting the validity of this established history, or claiming a greater understanding and appreciation of classical Arabic than the 7th century linguist masters. These explanations render the counter testimonies without a rational basis. Rejecting the established history would require a remaking of the history of Arabic literature. Assuming superior linguistic abilities than the 7th century specialists is debased by the fact that these experts had a relatively homogenous linguistic environment. These environments are areas where the purity of the language is maintained, and there is a limited amount of linguistic borrowing and degeneration. Contemporary Arab linguistic environments suffer from excessive linguistic borrowing and degeneration. Therefore, to claim superiority over a people coming from a culture that had the fertile ground for linguistic perfection, is untenable.
Malgré la faiblesse de ces arguments, lorsqu'une analyse des travaux des savants qui témoignent contre l'inimitabilité du Coran est effectuée, les résultats concluent à la pauvreté linguistique de ce type de recherche. Un exemple de son inadéquation peut être trouvé dans l'œuvre du très acclamé orientaliste et savant allemand Theodor Nӧldeke. Il était un critique académique des caractéristiques linguistiques et littéraires du Coran, et a donc rejeté la doctrine de l'inimitabilité du Coran. Cependant, sa critique met en lumière la nature non fondée de telles affirmations. Par exemple, Nӧldeke remarque : « Les personnes grammaticales changent de temps en temps dans le Coran d'une manière inhabituelle et non belle (nicht schöner Weise). »410
Despite the weakness of these contentions, when an analysis of the work of the scholars who testify against the Qur’an’s inimitability is performed, the results conclude the linguistic meagreness of this type of scholarship. An example of its inadequacy can be found in the work of the highly acclaimed German orientalist and scholar Theodor Nӧldeke. He was an academic critic of the linguistic and literary features of the Qur’an, and therefore rejected the doctrine of the Qur’an’s inimitability. However, his criticism brings to light the unsubstantiated nature of such claims. For instance, Nӧldeke remarks, “The grammatical persons change from time to time in the Qur’an in an unusual and not beautiful way (nicht schoner Weise).”410
La caractéristique linguistique coranique à laquelle Nӧldeke fait référence est en réalité le procédé rhétorique efficace connu sous le nom d'iltifaat ou changements grammaticaux. Ce procédé littéraire enrichit l'expression littéraire du texte et constitue une partie acceptée et bien documentée de la rhétorique arabe.411 On peut trouver des références à ce sujet dans les ouvrages de rhétorique arabe d'Al-Athir, Suyuti et Zarkashi.412
The Qur’anic linguistic feature that Nӧldeke refers to is actually the effective rhetorical device known as iltifaat or grammatical shifts. This literary device enhances the text’s literary expression and it is an accepted, well-researched part of Arabic rhetoric.411 One can find references to it in the books of Arabic rhetoric by Al-Athir, Suyuti and Zarkashi.412
Ces changements grammaticaux incluent : le changement de personne, le changement de nombre, le changement d'interlocuteur, le changement de temps, le changement de marqueur de cas, l'utilisation d'un nom à la place d'un pronom et bien d'autres changements.413 Les principales fonctions de ces changements incluent le changement d'emphase, l'alerte du lecteur sur une question particulière et l'amélioration du style du texte.414 Ses effets incluent la création de variation et de différence dans un texte pour générer du rythme et de la fluidité, et pour maintenir l'attention de l'auditeur de manière dramatique.415
These grammatical shifts include: change in person, change in number, change in addressee, change in tense, change in case marker, using a noun in place of a pronoun and many other changes.413 The main functions of these shifts include the changing of emphasis, to alert the reader to a particular matter, and to enhance the style of the text.414 Its effects include creating variation and difference in a text to generate rhythm and flow, and to maintain the listener’s attention in a dramatic way.415
Le 108ème chapitre du Coran offre un bon exemple de l'utilisation des changements grammaticaux : « En vérité, Nous t'avons accordé l'Abondance. Accomplis donc la prière pour ton Seigneur et sacrifie. Car celui qui te hait, c'est lui qui sera coupé. »416
The 108th Qur’anic chapter provides a good example of the use of grammatical shifts: “Verily, We have granted you The Abundance. Therefore turn in prayer to your Lord and sacrifice. For he who hates you, he will be cut off.”416
Dans ce chapitre, il y a un passage de la première personne du pluriel « Nous » à la deuxième personne « ...ton Seigneur ». Ce changement n'est pas un basculement brusque ; il est calculé et met en lumière la relation intime entre Dieu et le Prophète Muhammad ﷺ. L'usage du « Nous » est employé pour souligner la Majesté, la Puissance et la Capacité de Dieu. Ce choix de pronom personnel attire l'attention sur le fait que Dieu a la Puissance et la Capacité d'accorder à Muhammad ﷺ « l'Abondance », tandis que « ton Seigneur » a été utilisé pour accentuer l'intimité, la proximité et l'amour ; l'expression possède une gamme de significations qui impliquent le maître, le pourvoyeur et Celui qui prend soin. C'est un usage approprié du langage, car les concepts environnants concernent la prière, le sacrifice et l'adoration : « Accomplis donc la prière pour ton Seigneur et sacrifie ». De plus, le but de ce chapitre est également de consoler le Prophète Muhammad ﷺ, et l'utilisation d'un langage aussi intime renforce l'effet psycholinguistique.
In this chapter, there is a change from the first-person plural “We” to the second person “…your Lord”. This change is not an abrupt shift; it is calculated and highlights the intimate relationship between God and the Prophet Muhammad صلى الله عليه وسلم. The use of “We” is used to emphasize the Majesty, Power and Ability of God. This choice of personal pronoun calls attention to the fact that God has the Power and Ability to grant Muhammad صلى الله عليه وسلم...” The Abundance”, whereas “your Lord” has been used to emphasise intimacy, closeness and love; the phrase has a range of meanings that imply master, provider, and the One that cares. This is an apt use of language, as the surrounding concepts are about prayer, sacrifice and worship: “Therefore turn in prayer to your Lord and sacrifice”. Furthermore, the purpose of this chapter is also to console Prophet Muhammad صلى الله عليه وسلم, using such intimate language enhances the psycholinguistic effect.
La critique du Coran par Theodor Nӧldeke n'était pas seulement un jugement de valeur personnel, mais elle exposait sa compréhension rudimentaire de l'arabe classique. Elle confirmait également son incapacité à atteindre le niveau d'expertise atteint par les Arabes du VIIe siècle. Ces changements grammaticaux contribuent au style dynamique du Coran et constituent des caractéristiques stylistiques évidentes ainsi qu'une pratique rhétorique acceptée. Le Coran utilise cette caractéristique de manière à ce qu'elle soit conforme au thème du texte, tout en renforçant l'impact du message qu'il transmet. Il n'est pas surprenant que dans son livre, Discovering the Qur’an: A Contemporary Approach to a Veiled Text, le professeur Neal Robinson conclue que les changements grammaticaux utilisés dans le Coran « ... sont un procédé rhétorique très efficace. »417
Theodor Nӧldeke’s criticism of the Qur’an was not only a personal value judgement, but exposed his crude understanding of classical Arabic. It also confirmed his inability to reach the level of expertise that was attained by 7th century Arabs. These grammatical shifts contribute to the dynamic style of the Qur’an and are obvious stylistic features and an accepted rhetorical practice. The Qur’an uses this feature in such a way that conforms to the theme of the text, while enhancing the impact of the message it conveys. It is not surprising that in his book, Discovering the Qur’an: A Contemporary Approach to a Veiled Text, Professor Neal Robinson concludes that the grammatical shifts used in the Qur’an, “…are a very effective rhetorical device.”417
Pour conclure, les contre-témoignages qui soutiennent l'argumentation contre l'inimitabilité du Qur'an ne sont pas recevables, car ils créent bien plus de problèmes qu'ils n'en résolvent. Les travaux académiques qui servent de base à ces contre-témoignages sont maigres et reposent sur une compréhension rudimentaire de la langue arabe. Rejeter l'inimitabilité du Qur'an nécessite de répondre à la question suivante : pourquoi les Arabes les mieux placés ont-ils échoué à défier le Qur'an ? Les réponses possibles à cette question sont rationnellement absurdes. Pour ces raisons, l'adoption de ces contre-témoignages est erronée.
To conclude, counter testimonies that argue against the Qur’an’s inimitability do not hold water, because they create far more problems than they solve. The scholarship that provides a basis for these counter-testimonies is meagre and based on a crude understanding of the Arabic language. Rejecting the inimitability of the Qur’an requires an answer to the following question: Why did the best-placed Arabs fail to challenge the Qur’an? The possible answers to this question are rationally absurd. For these reasons, adopting the counter-testimonies is flawed.
6. Par conséquent (d'après 1-5), le Coran est inimitable.
6. Therefore (from 1-5) the Qur’an is inimitable.
Il découle des points 1 à 5 que l'inimitabilité du Qur'an est justifiée.
It follows from points 1 to 5 that the Qur’an’s inimitability is justified.
7. Les explications possibles concernant l'inimitabilité du Coran sont : une paternité par un Arabe, par un non-Arabe, par Muhammad ﷺ ou par Dieu.
7. The possible explanations for the Qur’an’s inimitability are authorship by an Arab, a non-Arab, Muhammad صلى الله عليه وسلم or God.
Pour articuler les origines divines du Qur’an sans se référer à des spécificités concernant la langue arabe, le recours au témoignage et à l'inférence est nécessaire. Ce qui a été discuté jusqu'à présent est qu'il existe une transmission testimoniale valide attestant que le Qur’an est inimitable, et que l'explication possible de son inimitabilité peut être expliquée en attribuant sa paternité à un Arabe, à un non-Arabe, à Muhammad ﷺ ou à Dieu. Cependant, on pourrait soutenir qu'il existe d'autres explications concurrentes possibles, mais que nous ignorons lesquelles. Cette affirmation commet un type de sophisme que certains ont appelé « le sophisme de l'option fantôme ». S'il existe de véritables explications concurrentes, elles doivent être présentées sur la table intellectuelle pour discussion. Autrement, ce type de raisonnement n'est pas différent de prétendre que les feuilles ne tombent pas des arbres à cause de la gravité, mais à cause d'une autre explication dont nous ignorons tout.
To articulate the Divine origins of the Qur’an without referring to specifics about the Arabic language, the use of testimony and inference are required. What has been discussed so far is that there is a valid testimonial transmission that the Qur’an is inimitable, and that the possible explanation for its inimitability can be explained by attributing its authorship to an Arab, a non-Arab, Muhammad صلى الله عليه وسلم or God. However, it can be argued that there are other possible competing explanations, but we do not know what they are. This assertion commits a type of fallacy that some have called “the fallacy of the phantom option”. If there are genuine competing explanations, then they must be presented on the intellectual table for discussion. Otherwise, this kind of reasoning is no different from claiming that the leaves do not fall from trees because of gravity, but because of another explanation that we do not know about.
8. Il n'aurait pas pu être produit par un Arabe, un non-Arabe ou Muhammad ﷺ. Pour comprendre qui aurait pu éventuellement produire le Qur’an, le reste de ce chapitre détaillera les trois principales théories.
8. It could not have been produced by an Arab, a non-Arab or .صلى الله عليه وسلم Muhammad, To understand who could have possibly produced the Qur’an, the rest of this chapter will break down the three main theories.
Un Arabe ?
An Arab?.
Il existe quelques raisons clés pour lesquelles le Coran n'aurait pas pu provenir d'un Arabe. Premièrement, bien qu'ils aient atteint une maîtrise linguistique et littéraire inégalée, ils n'ont pas réussi à défier le Coran, et les plus grands experts de l'époque ont témoigné des caractéristiques inimitables du Coran. L'un des meilleurs linguistes de l'époque, Walid ibn al-Mughira, s'est exclamé :
There are a few key reasons why the Qur’an could not have come from an Arab. Firstly, they achieved unparalleled linguistic and literary mastery, yet they failed to challenge the Qur’an, and the leading experts of the time testified to the inimitable features of the Qur’an. One of the best linguists of the time, Walid ibn al-Mughira, exclaimed:
« Et que puis-je dire ? Car je jure par Dieu, il n'y en a aucun parmi vous qui maîtrise la poésie aussi bien que moi, et nul ne peut rivaliser avec moi en composition ou en rhétorique — pas même dans la poésie des djinns ! Et pourtant, je jure par Dieu, la parole de Muhammad ﷺ ne présente aucune similitude avec ce que je connais, et je jure par Dieu, la parole qu'il prononce est très douce, et elle est parée de beauté et de charme. »418
“And what can I say? For I swear by God, there is none amongst you who knows poetry as well as I do, nor can any compete with me in composition or rhetoric—not even in the poetry of jinns! And yet, I swear by God, Muhammad’s speech [meaning the Qur’an] does not bear any similarity to anything I know, and I swear by God, the speech that he says is very sweet, and is adorned with beauty and charm.”418
Deuxièmement, les polythéistes arabes au VIIe siècle ont initialement accusé le Prophète ﷺ d'être un poète. C'était une chose plus facile à faire que de partir en guerre et de combattre les Musulmans. Cependant, quiconque aspirait à maîtriser la langue arabe et la poésie arabe nécessitait des années d'études auprès de poètes. Aucun d'entre eux n'est sorti pour démasquer Muhammad ﷺ comme étant l'un de ses élèves. Le fait même que Muhammad ﷺ ait réussi dans son message démontre qu'il a réussi à montrer aux poètes et aux linguistes de l'époque que le Coran est effectivement un genre surnaturel. Si le Coran n'était pas inimitable, n'importe quel poète ou linguiste aurait pu produire quelque chose de meilleur ou de similaire au discours coranique. L'expert en études islamiques Navid Kermani précise ce point : « Évidemment, le Prophète ﷺ a réussi dans ce conflit avec les poètes, sinon l'Islam ne se serait pas propagé comme une traînée de poudre. »419
Secondly, the Arab polytheists in the 7th century initially accused the Prophet صلى الله عليه وسلم of being a poet. This was an easier thing to do than going to war and fighting the Muslims. However, anyone who aspired to master the Arabic language and Arabic poetry required years of study under poets. None of them came out to expose Muhammad صلى الله عليه وسلم as being one of his students. The very fact that Muhammad صلى الله عليه وسلم was successful in his message demonstrates that he succeeded in showing the poets and linguists of the time, that the Qur’an is indeed a supernatural genre. If the Qur’an was not inimitable, any poet or linguist could have produced something better or similar to the Qur’anic discourse. Expert in Islamic studies Navid Kermani makes this point clear: “Obviously, the Prophet succeeded in this conflict with the poets, otherwise Islam would not have spread like wildfire.”419
Un point encore plus fondamental est que le Coran a été révélé tout au long de la vie du Prophète ﷺ. Si un Arabe autre que le Prophète ﷺ l'avait produit, il aurait dû constamment suivre le Prophète ﷺ et imiter ses révélations chaque fois que l'occasion s'y prêtait. Doit-on sérieusement croire qu'une telle fraude resterait non démasquée pendant toute la période de révélation de 23 ans ?
An even more fundamental point is that the Qur’an was revealed throughout the Prophet’s صلى الله عليه وسلم life. If an Arab other than the Prophet صلى الله عليه وسلم had produced it, he would have had to constantly shadow the Prophet er tuo weps dna ,tnew eh reverehw صلى الله عليه وسلمvelations whenever the occasion called for it. Is one seriously to believe such a fraud would go unexposed for the entire 23-year period of revelation?
Qu'en est-il des Arabes d'aujourd'hui ? Affirmer qu'une personne arabophone contemporaine pourrait imiter le Coran est infondé. Quelques raisons viennent étayer ce point. Premièrement, les Arabes du VIIe siècle étaient mieux placés pour contester le Coran, et puisqu'ils n'y sont pas parvenus, il serait déraisonnable d'affirmer qu'un Arabe moderne, linguistiquement appauvri, pourrait surpasser les capacités de ses prédécesseurs. Deuxièmement, l'arabe moderne a souffert d'emprunts linguistiques et d'une dégénérescence plus importants que la tradition de l'arabe classique. Dès lors, comment un Arabe, produit d'une culture relativement dégénérée sur le plan linguistique, pourrait-il être l'égal d'un Arabe qui était immergé dans un environnement de pureté linguistique ? Troisièmement, même si un Arabe contemporain apprend l'arabe classique, ses capacités linguistiques ne pourraient égaler celles de quelqu'un qui était immergé dans une culture qui maîtrisait la langue.
What about today’s Arabs? To assert that a contemporary Arabic-speaking person might emulate the Qur’an is unfounded. A few reasons substantiate this point. Firstly, the Arabs in the 7th century were better placed to challenge the Qur’an, and since they failed to do so, it would be unreasonable to assert that a linguistically impoverished modern Arab might surpass the abilities of their predecessors. Secondly, modern Arabic has suffered from greater linguistic borrowing and degeneration than the classical Arabic tradition. So how can an Arab who is a product of a relatively linguistically degenerated culture be equal to an Arab who was immersed in an environment of linguistic purity? Thirdly, even if a contemporary Arab learns classical Arabic, his linguistic abilities could not match someone who was immersed in a culture that mastered the language.
Un non-Arabe ?
A non-Arab?.
Le Coran n'aurait pas pu provenir d'un non-Arabe, car la langue du Coran est l'arabe, et la connaissance de la langue arabe est une condition préalable pour contester avec succès le Coran. Cela a été abordé dans le Coran lui-même : « Et certes Nous savons qu'ils [les polythéistes et les païens] disent : "Ce n'est qu'un être humain qui l'enseigne (Muhammad) ﷺ." La langue de l'homme auquel ils font référence est étrangère, alors qu'il s'agit d'un discours Arabeeyun mubeen [arabe clair]. »420
The Qur’an could not have come from a non-Arab, as the language in the Qur’an is Arabic, and the knowledge of the Arabic language is a prerequisite to successfully challenge the Qur’an. This has been addressed in the Qur’an itself: “And indeed We know that they [polytheists and pagans] say: ‘It is only a human being who teaches him (Muhammad).’ The tongue of the man they refer to is foreign, while this is a speech Arabeeyun mubeen [clear Arabic].”420
L'exégète classique Ibn Kathir explique ce verset comme signifiant :
The classical exegete Ibn Kathir explains this verse to mean:
« Comment se fait-il que ce Coran, avec son style éloquent et ses significations parfaites, qui est plus parfait que tout Livre révélé à un Prophète envoyé précédemment, ait pu être appris d'un étranger qui maîtrise à peine la langue ? Personne ayant la moindre once de bon sens ne dirait une telle chose. »421
“How could it be that this Qur’an with its eloquent style and perfect meanings, which is more perfect than any Book revealed to any previously sent Prophet, might have been learnt from a foreigner who hardly speaks the language? No one with the slightest amount of common sense would say such a thing.”421
Et si un non-Arabe apprenait la langue ? Cela ferait de cette personne un arabophone, et je me référerais à la première explication possible ci-dessus. Cependant, il existe des différences entre les locuteurs natifs et non natifs des langues, comme l'ont conclu diverses études académiques en linguistique appliquée et dans des domaines similaires. Par exemple, dans la langue anglaise, il existe des différences entre les locuteurs natifs et non natifs pour distinguer de manière fiable le discours littéral du discours idiomatique.422 Des différences existent entre les anglophones ayant un parent non natif et ceux ayant des parents natifs. Les locuteurs ayant un parent non natif présentent des performances linguistiques moins bonnes sur certaines tâches que ceux ayant des parents natifs.423 Même dans les cas où les locuteurs non natifs possèdent une compétence linguistique indiscernable de celle des locuteurs natifs, il subsiste des différences linguistiques subtiles. Les recherches menées par Kenneth Hyltenstam et Niclas Abrahamsson dans *Who can become native-like in a second language? All, some, or none?* ont conclu que les locuteurs non natifs compétents présentent des caractéristiques imperceptibles, sauf sous une analyse linguistique détaillée et systématique.424 Par conséquent, conclure que le Qur’an, avec ses caractéristiques inimimitables et en tant que chef-d'œuvre linguistique, est le produit d'un non-Arabe, ou de locuteurs non natifs, est insoutenable.
What if a non-Arab learned the language? This would make that person an Arabic speaker, and I would refer to the first possible explanation above. However, there are differences between native and non-native speakers of languages, as various academic studies in applied linguistics and similar fields have concluded. For instance, in the English language, there are differences between native and non-native speakers in reliably discriminating between literal and idiomatic speech.422 Differences exist between English-speakers with one non-native parent and those with native parents. The speakers with one non-native parent exhibit worse linguistic performance on certain tasks than those with native parents.423 Even in cases of non-native speakers having indistinguishable linguistic competence with native speakers, there are still subtle linguistic differences. Research conducted by Kenneth Hyltenstam and Niclas Abrahamsson in Who can become native-like in a second language? All, some, or none? concluded that competent non-native speakers exhibit features that are imperceptible except under detailed and systematic linguistic analysis.424 Therefore, to conclude that the Qur’an, with its inimitable features and as a linguistic masterpiece, is a product of a non-Arab, or non-native speakers, is untenable.
Le Prophète Muhammad ﷺ ?
Prophet Muhammad صلى الله عليه وسلم?.
Il est pertinent de noter que les linguistes arabes à l'époque de la révélation ont cessé d'accuser le Prophète ﷺ d'être l'auteur du Qur’an après leur affirmation initiale et erronée selon laquelle il était devenu un poète. Le professeur Mohar Ali écrit : « Il doit être souligné que le Qur’an n'est considéré comme un livre de poésie par aucune personne savante. De même, le Prophète ﷺ ne s'est jamais adonné à la versification. Ce n'était en effet qu'une allégation des Quraysh mécréants au stade initial de leur opposition à la révélation que Muhammad ﷺ [texte illisible] assez qu'ils trouvèrent leur allégation infondée et changèrent leurs lignes de critique au vu du fait indéniable que le Prophète ﷺ était illettré et totalement peu accoutumé à l'art de la poésie, affirmant qu'il avait été instruit par d'autres, qu'on lui avait fait écrire les "vieilles histoires les plus mauvaises" par d'autres et qu'on les lui lisait le matin et le soir. » 425
It is pertinent to note that the Arab linguists at the time of revelation stopped accusing the Prophet صلى الله عليه وسلم of being the author of the Qur’an after their initial false assertion that he became a poet. Professor Mohar Ali writes: “It must be pointed out that the Qur’an is not considered a book of poetry by any knowledgeable person. Nor did the Prophet صلى الله عليه وسلم ever indulge in versifying. It was indeed an allegation of the unbelieving Quraysh at the initial stage of their opposition to the revelation that Muhammad [ noos tub ;teop a denrut dah [صلى الله عليه وسلم enough they found their allegation beside the mark and changed their lines of criticism in view of the undeniable fact of the Prophet’s صلى الله عليه وسلم being unlettered and completely unaccustomed to the art of poetry-making, saying that he had been tutored by others, that he had got the ‘old-worst stories’ written for him by others and read out to him in the morning and evening.” 425
De manière significative, le Prophète ﷺ ne s'est pas adonné à l'art de la poésie ou de la prose rimée. Par conséquent, prétendre qu'il a réussi d'une manière ou d'une autre à faire apparaître un chef-d'œuvre littéraire et linguistique dépasse les limites de la pensée rationnelle. Kermani écrit : « Il n'avait pas étudié l'art difficile de la poésie lorsqu'il a commencé à réciter des vers publiquement... Pourtant, les récitations de Muhammad différaient de la poésie et de la prose rimée des devins, l'autre forme conventionnelle de discours inspiré et métrique à l'époque. »426
Significantly, the Prophet صلى الله عليه وسلم did not engage in the craft of poetry or rhymed prose. Therefore, to claim that he somehow managed to conjure up a literary and linguistic masterpiece is beyond the pale of rational thought. Kermani writes, “He had not studied the difficult craft of poetry, when he started reciting verses publicly… Yet Muhammad’s recitations differed from poetry and from the rhyming prose of the soothsayers, the other conventional form of inspired, metrical speech at the time.”426
Le savant Taqi Usmani soutient de la même manière : « Une telle proclamation n'était pas une chose ordinaire. Elle provenait d'une personne qui n'avait jamais rien appris des poètes et savants renommés de l'époque, qui n'avait jamais récité ne serait-ce qu'un seul poème dans leurs assemblées poétiques, et qui n'avait jamais fréquenté la compagnie des devins. Et loin de composer lui-même de la poésie, il ne se souvenait même pas des vers d'autres poètes. »427
Scholar Taqi Usmani similarly argues, “Such a proclamation was no ordinary thing. It came from a person who had never learned anything from the renowned poets and scholars of the time, had never recited even a single piece of poetry in their poetic congregations, and had never attended the company of soothsayers. And far from composing any poetry himself, he did not even remember the verses of other poets.”427
De plus, les traditions prophétiques établies du Prophète Muhammad ﷺ sont d'un style distinct de celui du Coran. Le Dr Draz soutient que la différence entre le style coranique et celui du Prophète ﷺ :
Further, the established Prophetic traditions of the Prophet Muhammad صلى الله عليه وسلم are in a distinct style from that of the Qur’an. Dr. Draz argues the difference between the Qur’anic style and the Prophet’s صلى الله عليه وسلم:
« Lorsque nous considérons le style coranique, nous constatons qu'il est identique tout au long du texte, tandis que le propre style du Prophète ﷺ est totalement différent. Il ne court pas aux côtés du Qur’ān, si ce n'est comme des oiseaux de haut vol qu'un homme ne peut atteindre, mais qui peuvent "voler" à ses côtés. Lorsque nous examinons les styles humains, nous les trouvons tous d'un type qui reste à la surface de la Terre. Certains rampent tandis que d'autres courent vite. Mais lorsque vous comparez les plus rapides d'entre eux au Qur’ān, vous avez le sentiment qu'ils ne sont rien de plus que des voitures en mouvement comparées à des planètes filant à toute allure dans leurs orbites. »428
“When we consider the Qur’ānic style we find it the same throughout, while the Prophet’s own style is totally different. It does not run alongside the Qur’ān except like high flying birds which cannot be reached by man but which may ‘run’ alongside him. When we look at human styles we find them all of a type that remains on the surface of the Earth. Some of them crawl while others run fast. But when you compare the fastest running among them to the Qur’ān you feel that they are no more than moving cars compared to planets speeding through their orbits.”428
Néanmoins, l'argument du Dr Draz sur les différences de styles pourrait ne pas avoir une grande force rationnelle au regard des poètes et des artistes de la parole (spoken-word). Les poètes et les artistes de la parole maintiennent des différences stylistiques clés entre leur langage habituel et leurs œuvres sur une longue période. Ainsi, utiliser cela comme argument pour infirmer le fait que le Prophète Muhammad ﷺ a été l'auteur du Qur'an est une approche faible. Cependant, cela a été mentionné ici car si les styles étaient identiques ou même similaires, cela exclurait toute possibilité que le Qur'an soit une parole Divine inimitable.
Nonetheless, Dr. Draz’s argument on the differences between styles may not have much rational force in light of poets and spoken-word artists. Poets and spoken-word artists maintain key stylistic differences between their normal speech and their work over a long period of time. Thus, to use this as an argument to disprove that the Prophet Muhammad صلى الله عليه وسلم authored the Qur’an is weak. However, it has been mentioned here because if the styles were the same or even similar, then that would rule out any possibility of the Qur’an being inimitable Divine speech.
Le Prophète Muhammad ﷺ a traversé de nombreuses épreuves et tribulations au cours de sa mission prophétique. Par exemple, ses enfants sont décédés, son épouse bien-aimée Khadija est décédée, il a fait l'objet d'un boycott, ses compagnons proches ont été torturés et tués, il a été lapidé par des enfants, il a mené des campagnes militaires ; tout au long de cela, la nature littéraire du Coran demeure celle de la voix et du caractère Divins.429 Rien dans le Coran n'exprime le tumulte et les émotions du Prophète Muhammad ﷺ. Il est presque une impossibilité psychologique et physiologique de traverser ce que le Prophète ﷺ a traversé, sans qu'aucune des émotions qui en résultent ne se manifeste dans le caractère littéraire du Coran.
The Prophet Muhammad صلى الله عليه وسلم experienced many trials and tribulations during the course of his Prophetic mission. For example, his children died, his beloved wife Khadija passed away, he was boycotted, his close companions were tortured and killed, he was stoned by children, he engaged in military campaigns; throughout all this, the Qur’an’s literary nature remains that of the Divine voice and character.429 Nothing in the Qur’an expresses the turmoil and emotions of the Prophet Muhammad صلى الله عليه وسلم. It is almost a psychological and physiological impossibility to go through what the Prophet صلى الله عليه وسلم went through, and have none of the resultant emotions manifest themselves in the literary character of the Qur’an.
D'un point de vue littéraire, le Qur’an est connu comme une œuvre d'une excellence inégalée. Cependant, ses versets ont été révélés à maintes reprises pour des circonstances et des événements spécifiques survenus durant la période de la révélation. Chaque verset a été révélé sans révision, et pourtant, ils se sont assemblés pour créer un chef-d'œuvre littéraire. Sous cet angle, l'explication selon laquelle le Qur’an serait le résultat des capacités littéraires du Prophète Muhammad ﷺ est manifestement infondée. Tous les chefs-d'œuvre littéraires écrits par des génies ont fait l'objet de révisions et de suppressions pour atteindre la perfection littéraire, pourtant le Qur’an a été révélé instantanément et est resté inchangé.430 Dans le processus de création d'une bonne littérature, l'édition et l'amendement sont absolument nécessaires. Personne ne peut produire une littérature sophistiquée « au fur et à mesure ». Pourtant, c'est précisément ce que nous voyons dans le cas du Qur’an. Des versets coraniques disparates ont été révélés dans des contextes et des occasions différents, et une fois que ces versets ont été récités par le Prophète ﷺ à un auditoire, il ne pouvait pas les reprendre pour améliorer leur qualité littéraire. Cela constitue une preuve circonstancielle forte que le Qur’an, compte tenu de son inimitabilité, n'a pas pu être produit par le Prophète ﷺ. Lorsque nous considérons cela ainsi que les autres preuves citées ci-dessus, l'impression cumulative que nous obtenons est qu'il est extrêmement improbable, sinon tout à fait impossible, que le Qur’an ait été produit par le Prophète Muhammad ﷺ.
From a literary perspective, the Qur’an is known as a work of unsurpassed excellence. However, its verses were many times revealed for specific circumstances and events that occurred during the period of revelation. Each verse was revealed without revision, yet they collated to create a literary masterpiece. In this light, the explanation that the Qur’an is a result of the Prophet Muhammad’s صلى الله عليه وسلم literary abilities is obviously unfounded. All literary masterpieces written by geniuses have undergone revision and deletion to achieve literary perfection, yet the Qur’an was revealed instantaneously and remained unchanged.430 In the process of making good literature, editing and amending are absolutely necessary. No one can produce sophisticated literature ‘on the go’. However, that is exactly what we see in the case of the Qur’an. Disparate Qur’anic verses were revealed in different contexts and occasions, and once these verses had been recited by the Prophet صلى الله عليه وسلم to an audience, he could not take them back to improve their literary quality. This constitutes strong circumstantial evidence that the Qur’an, given its inimitability, could not have been produced by the Prophet صلى الله عليه وسلم. When we consider this and other evidences cited above, the cumulative impression we get is that it is extremely unlikely, if not downright impossible, for the Qur’an to have been produced by the Prophet Muhammad صلى الله عليه وسلم.
Un exemple pour souligner ce point est l'œuvre du poète hautement acclamé Abu at-Tayyib Ahmad ibn al-Husayn al-Mutanabbi al-Kindi. Al-Mutanabbi était considéré comme le plus grand de tous les poètes arabes et un génie sans égal. Par conséquent, certains en ont conclu que puisque son œuvre était sans égale, et qu'il était un être humain, il s'ensuit que le Coran a également été écrit par un auteur humain. Ce raisonnement n'est pas logiquement valable car Al-Mutanabbi corrigeait son œuvre et produisait diverses versions jusqu'à ce qu'il soit satisfait.431 Ce n'était manifestement pas le cas avec Muhammad ﷺ, car il n'a ni édité, ni amendé, ni changé le Coran une fois qu'il fut révélé. Cela ne peut signifier que le Coran n'est pas l'œuvre d'un génie littéraire qui, en général, aurait besoin de réviser son œuvre.
An example to highlight this point is the work of the highly acclaimed poet Abu at-Tayyib Ahmad ibn al-Husayn al-Mutanabbi al-Kindi. Al-Mutanabbi was considered the greatest of all Arab poets and an unparalleled genius. Therefore, some have concluded that since his work was unparalleled, and that he was a human being, it follows the Qur’an was written by a human author too. This reasoning does not logically follow because Al-Mutannabi would correct his work and produce various versions until he was satisfied.431 This was obviously not the case with Muhammad صلى الله عليه وسلم, as he did not edit, amend, or change the Qur’an once it was revealed. This can only mean that the Qur’an is not the work of a literary genius, who, in general, would need to revise their work.
Pour conclure, attribuer la paternité du Qur’an au génie, et plus précisément au génie de Muhammad ﷺ, est infondé. Même un génie littéraire édite, amende et améliore son œuvre. Ce ne fut pas le cas avec le Qur’an. Toutes les expressions humaines peuvent être imitées si nous disposons du modèle et des outils nécessaires. Cela a été démontré pour des génies littéraires tels que Shakespeare et Al-Mutanabbi. Par conséquent, si le Qur’an avait été le résultat du génie de Muhammad ﷺ, il aurait dû être imité.
To conclude, attributing the authorship of the Qur’an to genius, specifically Muhammad’s صلى الله عليه وسلم genius, is unfounded. Even a literary genius edits, amends and improves their work. This was not the case with the Qur’an. All human expressions can be imitated if we have the blueprint and the tools at our disposal. This has been shown for literary geniuses such as Shakespeare and Al-Mutanabbi. Therefore, if the Qur’an had been a result of Muhammad’s صلى الله عليه وسلم genius, it should have been imitated.
Un argument central qui rejette l'affirmation selon laquelle le Coran serait le résultat des capacités littéraires du Prophète Muhammad ﷺ concerne l'existence de modèles pour les expressions humaines et des outils nécessaires pour les reproduire. Tous les types d'expression humaine — qu'ils soient le résultat d'un génie ou non — peuvent être imités si le modèle de cette expression existe, à condition que les outils soient à notre disposition. Il a été démontré que cela est vrai pour diverses expressions humaines, telles que l'art, la littérature et même la technologie complexe. Par exemple, une œuvre d'art peut être imitée même si certaines œuvres sont considérées comme extraordinaires ou incroyablement uniques.432 Mais dans le cas du Coran, nous avons son modèle (le Coran lui-même) et les outils (les mots finis et les règles grammaticales de la langue arabe classique) à notre disposition. Pourtant, personne n'a été capable d'imiter son éloquence, sa forme littéraire unique et son genre.
A central argument that dismisses the assertion that the Qur’an was a consequence of the Prophet Muhammad’s صلى الله عليه وسلم literary abilities concerns the existence of blueprints for human expressions, and the tools required to replicate them. All types of human expression— whether the result of a genius or not—can be imitated if the blueprint of that expression exists, given that the tools are available for us to use. This has been shown to be true for various human expressions, such as art, literature and even complex technology. For example, artwork can be imitated even though some art is thought to be extraordinary or amazingly unique.432 But in the case of the Qur’an, we have its blueprint (the Qur’an itself) and the tools (the finite words and grammatical rules of the classical Arabic language) at our disposal. Yet no one has been able to imitate its eloquence, unique literary form and genre.
9. Par conséquent, la meilleure explication est que le Coran provient de Dieu. Puisque le Coran n'a pu être produit par un Arabe, un non-Arabe ou le Prophète Muhammad ﷺ, il s'ensuit que la meilleure explication est qu'il provient de Dieu. Cela fournit la meilleure explication à l'inimitabilité du Coran car les autres explications sont intenables à la lumière des connaissances disponibles. Un désaccord possible avec cette conclusion est que l'existence de Dieu est supposée pour que cette inférence fonctionne ; par conséquent, cela pose la question de l'existence du Divin. Bien que cet argument puisse fonctionner sans aucune conviction préalable en l'existence du Divin, cet argument est mieux articulé auprès de théistes. Ce n'est toutefois pas un véritable problème, car un argumentaire soutenu en faveur de l'existence de Dieu a été présenté tout au long de ce livre.
9. Therefore, the best explanation is that the Qur’an is from God/ Since the Qur’an could not have been produced by an Arab, a non-Arab or the Prophet Muhammad صلى الله عليه وسلم, then it follows that the best explanation is that it came from God. This provides the best explanation for the Qur’an’s inimitability because the other explanations are untenable in light of the available knowledge. A possible disagreement with this conclusion is that God is assumed to exist in order for this inference to work; therefore, it begs the question of the existence of the Divine. Although this argument can work without any previous conviction in the existence of the Divine, this argument is best articulated to fellow theists. That is not a real problem, however, because a sustained case for God’s existence has been made throughout this book.
À l'inverse, on peut soutenir qu'une conviction préalable en l'existence de Dieu n'est pas nécessaire, et que l'inimitabilité du Qur'an est un indicateur de l'existence du Divin. Si un être humain (un Arabe, un non-Arabe ou le Prophète Muhammad ﷺ) n'a pas pu produire le Qur'an — et que toutes les explications possibles ont été épuisées — alors qui d'autre pourrait en être l'auteur ? Cela doit être quelque chose qui possède une capacité linguistique supérieure à celle de tout producteur de texte connu. La conclusion intuitive est que le concept décrivant un être doté d'une capacité linguistique supérieure à celle de tout humain est le concept de Dieu. Dieu est certes plus grand. Par conséquent, l'inimitabilité du Qur'an fournit une base rationnelle à l'existence de Dieu, ou du moins un indicateur vers le transcendant.
Conversely, the point can be made that a previous conviction in God’s existence is not necessary, and that the inimitability of the Qur’an is a signpost to the existence of the Divine. If a human being (an Arab, a non-Arab or the Prophet Muhammad صلى الله عليه وسلم (could not have produced the Qur’an—and all possible explanations have been exhausted—then who else could be the author? It must be something that has greater linguistic capacity than any known text producer. The intuitive conclusion is that the concept that describes a being with greater linguistic capacity than any human is the concept of God. God is indeed greater. Therefore, the inimitability of the Qur’an provides a rational basis for God’s existence, or at least a signpost to the transcendent.
Un raisonnement similaire est adopté par les scientifiques. Prenez la découverte récente du boson de Higgs. La particule boson de Higgs est l'élément constitutif du champ de Higgs. Ce champ a été activé durant l'univers primitif pour donner une masse aux particules. Avant la découverte de cette particule, elle était encore acceptée comme la meilleure explication du fait que, durant l'univers primitif, les particules ont changé d'état, passant de l'absence de masse à la possession d'une masse (à l'exception des photons). Ainsi, la particule boson de Higgs était la meilleure explication des données disponibles avant même qu'elle ne soit vérifiée empiriquement. En appliquant ce raisonnement au Coran, Dieu est la meilleure explication de l'inimitabilité du Coran, car Il explique au mieux les informations et les connaissances dont nous disposons. Toutes les autres explications concurrentes échouent.
Similar reasoning is adopted by scientists. Take the recent discovery of the Higgs-Boson. The Higgs-Boson particle is the building-block of the Higgs field. This field was switched on during the early universe to give particles mass. Before the discovery of this particle, it was still accepted as the best explanation for the fact that during the early universe, particles changed state from having no mass to having mass (with the exception of photons). So, the Higgs-Boson particle was the best explanation for the available data even before it was empirically verified. Applying this reasoning back to the Qur’an, God is the best explanation for the inimitability of the Qur’an, as He best explains the information and knowledge available to us. All other competing explanations fail.
Inférences alternatives : des inférences alternatives pourraient inclure le fait que l'inimitabilité du Qur’an est mieux expliquée par un être supérieur ou qu'elle pourrait provenir du diable. Ces inférences alternatives sont peu probables ; par conséquent, elles n'ont pas été intégrées à l'argument central présenté dans ce chapitre. Néanmoins, les aborder ici démontrera pourquoi elles n'ont pas été incluses dans la discussion principale.
Alternative inferences Alternative inferences could include the fact that the inimitability of the Qur’an is best explained by a higher being or that it could have come from the devil. These alternative inferences are unlikely; hence they have not been incorporated into the central argument presented in this chapter. Nevertheless, addressing them here will demonstrate why they have not been included in the main discussion.
Postuler que le Qur’an provient d'un être supérieur semble être un remplacement sémantique pour Dieu. Que signifie « un être supérieur » ? La meilleure explication d'un être supérieur n'est-elle pas Dieu Lui-même ? Si « un être supérieur » implique une puissance linguistique, une capacité et une aptitude plus grandes que celles d'un être humain, alors qui peut mieux correspondre à ces critères que Dieu Lui-même ? Ce livre a articulé des preuves indépendantes de l'existence de Dieu, et il est très probable que Dieu veuille communiquer avec nous. Cela découle du fait que non seulement Dieu est le créateur et le concepteur de l'ensemble du cosmos que nous habitons, mais qu'Il l'a également rendu propice à notre existence. De plus, Il nous a créés avec des âmes ou une conscience, et a instillé en nous un sens de la moralité. Clairement, Dieu est extrêmement investi dans notre existence et notre épanouissement. À ce titre, il est tout à fait probable qu'Il veuille nous communiquer sous la forme de la révélation. Ainsi, lorsque nous avons la preuve que le Qur’an — un livre qui prétend provenir de Dieu — possède des propriétés qui sont entièrement en adéquation avec l'activité Divine, il est parfaitement logique d'attribuer sa paternité à Dieu. Dire que le Qur’an aurait pu être produit par de quelconques « êtres supérieurs » inconnus aux motifs inconnus reviendrait à invoquer l'existence de n'importe quelle entité inconnue pour expliquer n'importe quoi. Les réponses théistes à cette discussion envisagent généralement la possibilité que le diable soit l'auteur du Qur’an. Cette explication est insoutenable. Le Qur’an n'a pas pu provenir du diable, ou d'un type d'esprit, car le fondement de leur existence est le Qur’an et la révélation elle-même, et non des preuves empiriques. Par conséquent, si quelqu'un prétend que la source du Qur’an est le diable, il devrait prouver son existence et, en fin de compte, devrait prouver la révélation. Dans le cas où l'on utiliserait le Qur’an comme révélation pour établir l'existence du diable, cela établirait déjà qu'il s'agit d'un texte Divin, car croire en l'existence du diable présupposerait que le Qur’an est Divin, et par conséquent, cette argumentation est autodestructrice. Si, toutefois, la révélation à laquelle il est fait référence est la Bible, il doit être démontré qu'elle constitue une base valable pour justifier la croyance en le diable. À la lumière des études contemporaines sur l'intégrité textuelle et l'historicité de la Bible, cela n'est pas réalisable.433 De plus, une analyse de contenu du Qur’an indiquerait fortement que le livre n'est pas l'enseignement du diable, car le Qur’an le réprimande et promeut des morales et une éthique qui ne sont pas en adéquation avec une vision du monde maléfique.
Postulating that the Qur’an comes from a higher being seems to be a semantic replacement for God. What is meant by “a higher being”? Is not the best explanation of a higher being God Himself? If “a higher being” implies a greater linguistic power, capacity and ability than a human, then who can best fit these criteria than God Himself? This book has articulated independent evidence for God’s existence, and it is very likely that God would want to communicate with us. This follows from the fact that not only is God the creator and designer of the entire cosmos we inhabit, but He has also made it fit for our existence. In addition, He has created us with souls or consciousness, and instilled in us a sense of morality. Clearly, God is extremely invested in our existence and flourishing. As such, it is entirely likely that He would want to communicate to us in the form of revelation. So, when we have evidence that the Qur’an—a book that claims to be from God—has properties that are entirely in line with Divine activity, it makes perfect sense to attribute its authorship to God. To say that the Qur’an could have been produced by some unknown “higher beings” of unknown motives would be tantamount to invoking the existence of any unknown entity to explain anything. Theistic responses to this discussion usually entertain the possibility of the devil being the author of the Qur’an. This explanation is untenable. The Qur’an could not have come from the devil, or some type of spirit, because the basis of their existence is the Qur’an and revelation itself, not empirical evidence. Therefore, if someone claims that the source of the Qur’an is the devil, they would have to prove his existence and ultimately have to prove revelation. In the case of using the Qur’an as the revelation to establish the devil’s existence, then that would already establish it as a Divine text, because to believe in the devil’s existence would presuppose the Qur’an to be Divine, and therefore this contention is self-defeating. If, however, the revelation that is referred to is the Bible, it must be shown to be a valid basis to justify the belief in the devil. In light of contemporary studies into the textual integrity and historicity of the Bible, this is not feasible.433 Further, a content analysis of the Qur’an would strongly indicate that the book is not the teachings of the devil, as the Qur’an rebukes him and promotes morals and ethics not in line with an evil worldview.
Conclusion.
Conclusion.
Ce chapitre a présenté un argument en faveur de la nature divine du discours coranique en utilisant le témoignage et l'inférence à la meilleure explication. Le rôle crucial et fondamental du témoignage a été mis en évidence, et l'inférence à la meilleure explication a été démontrée comme étant une méthode de pensée rationnelle et valide pour formuler des conclusions sur la réalité. L'inimitabilité du Coran peut être établie en utilisant le témoignage. Les linguistes arabes et les experts littéraires confirment l'inimitabilité du Coran, et leur connaissance testimoniale sur le sujet est justifiée sur la base de connaissances préalables établies. Ces connaissances incluent le fait que le Coran pose un défi intellectuel, linguistique et littéraire au monde, que les Arabes au VIIe siècle étaient les mieux placés pour défier le Coran, et le fait qu'ils n'ont pas réussi à produire quoi que ce soit de semblable au contenu unique et à la forme littéraire du Coran. Étant donné qu'il est raisonnable d'accepter le témoignage en faveur de l'inimitabilité du Coran — sur la base d'informations préalables établies — l'inférence est ensuite utilisée pour expliquer au mieux les caractéristiques linguistiques et littéraires uniques du livre. Les explications possibles comprennent un Arabe, un non-Arabe, Muhammad ﷺ et Dieu. Puisque l'attribution de ce discours unique à un Arabe, à un non-Arabe ou à Muhammad ﷺ est insoutenable à la lumière des informations dont nous disposons, la meilleure explication est qu'il provient de Dieu.
This chapter has presented an argument for the Divine nature of the Qur’anic discourse using testimony and inference to the best explanation. The crucial and fundamental role of testimony has been highlighted, and inference to the best explanation has been shown to be a rational and valid method of thinking to form conclusions about reality. The Qur’an’s inimitability can be established using testimony. Arabic linguists and literary experts confirm the inimitability of the Qur’an, and their testimonial knowledge on the topic is warranted based on established background knowledge. This knowledge includes the fact that the Qur’an poses an intellectual linguistic and literary challenge to the world, that the Arabs in the 7th century were best placed to challenge the Qur’an, and the fact that they failed to produce anything like the Qur’an’s unique content and literary form. Given that it is reasonable to accept the testimony in favour of the Qur’an’s inimitability—based on established background information— inference is then used to best explain the book’s unique linguistic and literary features. The possible explanations comprise an Arab, a non-Arab, Muhammad صلى الله عليه وسلم and God. Since attributing this unique discourse to an Arab, a non-Arab or Muhammad صلى الله عليه وسلم is untenable in light of the information available to us, the best explanation is that it came from God.
Rejeter les conclusions tirées de ce chapitre est épistémiquement équivalent à rejeter la nature sphérique de la Terre et les conclusions d'un personnel médical qualifié. La nature sphérique de la Terre, pour la plupart d'entre nous, repose en fin de compte sur la transmission testimoniale, et les conclusions d'experts médicaux formés reposent sur des inférences vers la meilleure explication. Une réfutation de cette affirmation pourrait inclure le fait que la confiance en la nature sphérique de la Terre et dans le diagnostic médical des experts est justifiée sur la base d'autres connaissances que nous avons acquises, et qu'elle ne mène pas à des affirmations extraordinaires telles que la postulation du surnaturel. Cette contention est courante. Cependant, elle présuppose une ontologie naturaliste. Cela signifie qu'une hypothèse cachée derrière de telles préoccupations est le rejet de tout ce qui est surnaturel et que tous les phénomènes peuvent être expliqués par des processus physiques. Une vision du monde aussi audacieuse et présomptueuse est injustifiée et incohérente à la lumière des études modernes sur la philosophie de l'esprit, le développement et l'acquisition du langage, ainsi que les vérités morales objectives et la cosmologie, comme le démontrent les chapitres précédents de ce livre. De manière significative, nous ne postulons pas ici l'existence du surnaturel ; nous avons déjà établi Son existence sur la base de preuves dans les chapitres précédents. Nous affirmons simplement que l'Être dont nous avons déjà établi l'existence sert de meilleure explication pour certains faits.
To reject the conclusions made in this chapter is epistemically equivalent to rejecting the spherical nature of the Earth and the conclusions of qualified medical staff. The spherical nature of the Earth, for most of us, is ultimately based on testimonial transmission, and the conclusions of trained medical experts are based on inferences to the best explanation. A retort to this assertion may include the fact that trust in the spherical nature of the Earth and the medical diagnosis of experts is justified based on other knowledge we have acquired, and it does not lead to extraordinary claims such as postulating the supernatural. This contention is common. However, it presupposes a naturalistic ontology. This means that a hidden assumption behind such concerns is the rejection of anything supernatural and that all phenomena can be explained via physical processes. Such a daring and presumptuous worldview is unjustified and incoherent in light of modern studies on the philosophy of the mind, the development and acquisition of language, and objective moral truths and cosmology, as the preceding chapters in this book demonstrate. Significantly, we are not postulating the existence of the supernatural here; we have already established His existence on the basis of evidences in the earlier chapters. We are merely claiming that the Being whose existence we have already established serves as the best explanation for certain facts.
Pour conclure, si quelqu'un ayant l'esprit et le cœur ouverts — sans les contraintes intellectuelles d'hypothèses non négociables sur le monde — a accès à l'argumentation présentée dans ce chapitre, surtout à la lumière de la mise en scène des chapitres précédents, il devrait arriver à la conclusion la plus rationnelle que le Qur’an provient du Divin. Néanmoins, quoi qu'il soit dit ou écrit à propos du Qur’an, cela sera toujours insuffisant pour décrire et explorer ses paroles et leurs significations : « Dis : "Si la mer servait d'encre pour [écrire] les paroles de mon Seigneur, la mer s'épuiserait avant que les paroles de mon Seigneur ne s'épuisent, même si Nous Lui apportions la même chose en complément." »434
To end, if someone with an open mind and heart—without the intellectual constraints of non-negotiable assumptions about the world—has access to the argument presented in this chapter, especially in light of the stage-setting in the previous ones, they should make the most rational conclusion that the Qur’an is from the Divine. Nevertheless, whatever is said or written about the Qur’an will always fall short in describing and exploring its words and their meanings: “Say, ‘If the sea were ink for [writing] the words of my Lord, the sea would be exhausted before the words of my Lord were exhausted, even if We brought the like of it as a supplement.’”434