Nier Dieu, vous nier – L'argument de la conscience
Denying God, Denying You – The Argument From Consciousness
Mon père aime se promener. Il médite sur les questions profondes qui tourmentent l'homme pensant. Lors de l'une de ces promenades, il décida de visiter le célèbre Speakers Corner à London. Il est connu pour ses discussions bruyantes et animées sur l'homme, la vie et l'univers, incluant la politique et toutes sortes de conspirations. C'est un lieu de liberté d'expression absolue, où n'importe qui peut dire presque tout ce qu'il veut, de la manière qu'il veut. Le coin est habituellement le témoin de débats théologiques et philosophiques centrés sur l'existence de Dieu. Le jour où mon père a visité ce coin, il écoutait une discussion pour savoir si nous avons ou non de bonnes raisons de croire au Divin. Mon père interrompit la discussion et leur dit : « Si vous rejetez Dieu, vous vous niez vous-mêmes. » Lorsque mon père m'a raconté cette histoire, je ne comprenais pas vraiment les implications de ce qu'il disait. Cependant, quelques décennies plus tard, j'aimerais approfondir sa profonde sagesse dans ce chapitre.
My father loves going for walks. He ponders the profound questions that plague the thinking man. On one of these walks, he decided to visit the famous Speakers Corner in London. It is known for its loud and heated discussions about man, life and the universe, including politics and all sorts of conspiracies. It is a place for unfettered free speech, where anyone and everyone can say almost what they want in any way they want. The corner usually witnesses theological and philosophical debates centred on God’s existence. The day my father visited the corner he was listening to a discussion about whether or not we have good reasons to believe in the Divine. My father interrupted the discussion and told them, “If you reject God, you deny yourself.” When my father told me this story, I didn’t really understand the implications of what he said. However, fast-forward a few decades, I would like to expand on his profound wisdom in this chapter.
Mon père essayait de dire à la foule que puisque nous avons conscience de qui nous sommes (et de ce que nous ressentons), c'est un signe que Dieu existe. Dans un sens large, ce à quoi mon père faisait référence était la conscience phénoménale ; en termes simples, le fait que nous ayons des expériences subjectives intérieures. La conscience phénoménale se rapporte à notre capacité à avoir une conscience subjective intérieure de ce que l'on ressent lors de l'expérience d'un état conscient particulier. Par exemple, quand je mange mon chocolat préféré ou quand j'écoute une récitation du Qur’an, je suis conscient de cette expérience interne, et je peux apprécier ce que l'on ressent en étant dans cet état conscient. Cependant, personne d'autre ne peut accéder à ce que je ressens lors de ces expériences subjectives. Bien sûr, les autres personnes auront leurs propres perspectives sur le chocolat et la récitation du Qur’an, mais elles ne vivront ni ne comprendront jamais vraiment ce que je ressens durant ces expériences.
My father was trying to tell the crowd that since we have an awareness of who we are (and what we feel), it is a sign that God exists. In a broad sense, what my father was referring to was phenomenal consciousness; in simple terms, the fact that we have inner subjective experiences. Phenomenal consciousness relates to our ability to have an inner subjective awareness of what it is like to experience a particular conscious state. For example, when I eat my favourite chocolate or when I listen to a recitation of the Qur’an, I am aware of that internal experience, and I can appreciate what it is like to be in that conscious state. However, no one else can access what it is like for me to have those subjective experiences. Of course, other people will have their own perspectives of chocolate and the recitation of the Qur’an, but they will never truly experience or comprehend what I feel during those experiences.
Même si vous connaissiez tout de mon cerveau physique, vous ne seriez pas en mesure de découvrir ce que cela fait pour moi de vivre une expérience particulière, qu'il s'agisse de boire du jus d'orange, de contempler un magnifique coucher de soleil ou de tomber amoureux. La raison principale en est que les neurosciences sont principalement une science de corrélations. Les neuroscientifiques observent l'activité cérébrale et corrèlent cette activité avec ce que les participants déclarent être conscients. Cependant, ces corrélations ne pourront jamais nous dire ce que cela fait pour les participants d'être dans un état de conscience donné ; elles peuvent seulement nous dire quand il se produit. Vous pourriez soutenir qu'un participant peut fournir aux neuroscientifiques des données à la première personne en décrivant son expérience subjective, répondant ainsi à la question. Néanmoins, ce n'est pas une réponse, car même si quelqu'un utilise des mots comme « froid », « douloureux », « sucré », « beau » et « triste », ils ne pourront jamais nous dire ce que cela fait de vivre ces expériences et ces sentiments. Les mots sont des vecteurs de sens et d'expérience, mais nous devons aller au-delà des mots pour comprendre pleinement l'expérience consciente d'autrui. Un autre aspect insaisissable des expériences conscientes internes est la raison pour laquelle des expériences subjectives surgissent de processus biologiques et physiques non conscients. Pourquoi une expérience interne unique surgit-elle de la matière non consciente ? C'est une autre question importante dans la philosophie de l'esprit et les neurosciences. Les problèmes que j'ai introduits jusqu'à présent constituent ce que les universitaires appellent le problème difficile de la conscience. Celui-ci est resté sans résolution, bien qu'il ait suscité de nombreux débats passionnés sur la nature de ce que nous sommes et de nos expériences conscientes. Le cherchek Daniel Bor énonce le problème de la manière suivante :
Even if you were to know everything about my physical brain, you would not be able to find out what it is like for me to have a particular experience, whether drinking orange juice, staring at a beautiful sunset or falling in love. The main reason for this is that neuroscience is mostly a science of correlations. Neuroscientists observe brain activity and correlate that activity with what the participants report they are conscious of. However, these correlations can never tell us anything about what it is like for participants to be in a given state of consciousness; it can only tell us when it occurs. You may argue that a participant may provide neuroscientists with first-person data by describing his or her subjective experience, thereby answering the question. Nonetheless, this is not an answer, because even if someone uses words like ‘cold’, ‘painful’, ‘sweet’, ‘beautiful’ and ‘sad’, they can never tell us what it is like to have those experiences and feelings. Words are vehicles for meaning and experience, but we must go beyond words to fully understand the conscious experience of another. Another elusive aspect of internal conscious experiences is why subjective experiences arise from non-conscious biological and physical processes. Why does a unique internal experience arise from non-conscious matter? This is another important question in the philosophy of the mind and neuroscience. The issues I have introduced so far form what academics call the hard problem of consciousness. This has remained unresolved, despite having sparked many heated debates on the nature of who we are and our conscious experiences. Research fellow Daniel Bor states the problem in the following way:
« Il y a beaucoup de problèmes difficiles dans le monde, mais un seul peut se faire appeler "le problème difficile". Il s'agit du problème de la conscience — comment environ 1300 grammes de cellules nerveuses conjurent le kaléidoscope sans couture de sensations, de pensées, de souvenirs et d'émotions qui occupent chaque instant de veille... Le problème difficile reste non résolu. »190.
“There are a lot of hard problems in the world, but only one gets to call itself ‘the hard problem’. That is the problem of consciousness—how 1300 grams or so of nerve cells conjures up the seamless kaleidoscope of sensations, thoughts, memories and emotions that occupy every waking moment… The hard problem remains unresolved.”190.
Le fait même que nous ayons des expériences conscientes subjectives internes ne peut être expliqué que par l'existence d'un Être Omniscient. Cet Être a créé l'univers physique avec des créatures conscientes, et leur a donné la capacité d'être conscientes de leurs expériences subjectives internes. D'autres explications échouent dès le départ — par exemple, une vision matérialiste et froide de l'univers n'offre aucun espoir de solution au problème. Imaginez qu'au début de l'univers, tout ce que vous aviez n'était que de simples arrangements de matière, et qu'après une longue période de temps, ils se soient réorganisés pour devenir des êtres humains afin de former la conscience. Cela ressemble à de la magie, car la matière est froide, aveugle et non consciente, alors comment peut-elle être responsable d'un tel phénomène ? Elle ne le peut pas. Par exemple, je ne peux pas vous donner 10 £ si je ne les ai pas. De même, la matière ne peut pas donner naissance à la conscience si elle ne la contient pas ou n'a pas le potentiel de la faire émerger. Vous pourriez soutenir que je peux gagner l'argent puis le donner à quelqu'un ; de même, la matière pourrait d'une manière ou d'une autre « gagner » la conscience via un processus complexe. C'est faux, car un processus individuel non conscient plus un autre processus individuel non complexe est toujours égal à deux processus non conscients. C'est comme essayer de transformer un morceau de fer en bois : peu importe la façon dont vous manipulez le fer, il ne se transformera jamais en bois, même si vous ajoutez plus de fer.
The very fact that we have internal subjective conscious experiences can only be explained by the existence of an All-Aware Being. This Being created the physical universe with conscious creatures, and gave them the ability to be aware of their internal subjective experiences. Other explanations fail from the onset—for instance, a cold, materialistic view on the universe offers no hope for a solution to the problem. Imagine in the beginning of the universe all you had were simple arrangements of matter, and after a long period of time, they rearranged themselves into human beings to form consciousness. This sounds like magic, because matter is cold, blind and non-conscious, so how can it be responsible for such a phenomenon? It cannot. For example, I cannot give you £10 if I do not have it. Likewise, matter cannot give rise to consciousness if it does not contain it or have the potential to give rise to it. You may argue that I can earn the money and then give it to someone; likewise, matter can somehow ‘earn’ consciousness via some complex process. This is false, because an individual non-conscious process plus another individual non-complex process still equal two non-conscious processes. It is like trying to turn a piece of iron into wood: no matter how you manipulate the iron, it will never turn into wood, even if you add more iron.
La portée de ce chapitre est de déconstruire les explications populaires concernant le problème difficile de la conscience et d'expliquer comment une approche théiste, et par extension l'existence de Dieu, fournit une bien meilleure explication. Je mettrai également en lumière qu'il ne s'agit pas d'une question pour laquelle « la science finira par nous donner les réponses », car même si nous venions à tout savoir sur le cerveau et que nous insistions pour nous référer uniquement à des explications biologiques, matérialistes (ou même à des explications philosophiques non théistes), nous ne répondrions toujours pas au problème difficile de la conscience.
The scope of this chapter is to deconstruct the popular explanations for the hard problem of consciousness and explain how a theistic approach, and by extension God’s existence, provides a far better explanation. I will also bring to light that this is not an issue for which ‘science will eventually give us the answers’, because even if we were to know everything about the brain and insist on referring solely to biological, materialist (or even non-theistic philosophical) explanations, we will still not answer the hard problem of consciousness.
Plus de détails sur le problème difficile.
More about the hard problem.
De leur propre aveu, la question de la conscience a causé de nombreux problèmes insolubles à de nombreux universitaires, en particulier à ceux qui font preuve d'un dogmatisme excessif dans leur approche matérialiste. Dans son livre Consciousness: Confessions of a Romantic Reductionist, le professeur Christof Koch admet ouvertement :
By their own admission, the issue of consciousness has caused many academics unsolvable problems, especially those who are excessively dogmatic in their materialistic approach. In his book Consciousness: Confessions of a Romantic Reductionist, Professor Christof Koch openly admits:
« La manière dont le cerveau convertit l'activité bioélectrique en états subjectifs, la façon dont les photons réfléchis par l'eau sont magiquement transformés en la perception d'un lac de montagne aquamarine iridescent est une énigme. La nature de la relation entre le système nerveux et la conscience demeure insaisissable et fait l'objet de débats passionnés et interminables... Expliquer comment un morceau de matière hautement organisé peut posséder une perspective intérieure a découragé la méthode scientifique, qui, dans tant d'autres domaines, s'est avérée immensément fructueuse. »
“How the brain converts bioelectrical activity into subjective states, how photons reflected off water are magically transformed into the percept of an iridescent aquamarine mountain tarn is a puzzle. The nature of the relationship between the nervous system and consciousness remains elusive and the subject of heated and interminable debates… Explaining how a highly organized piece of matter can possess an interior perspective has daunted the scientific method, which in so many other areas has proved immensely fruitful.”191.
Ces problèmes non résolus ne concernent pas la composition physique du cerveau et la manière dont nous pouvons corréler certains états de conscience avec l'activité cérébrale. Si je ressens une douleur, une sorte d'activité dans mon cerveau indique que je ressens cette douleur. Personne ne nie que le cerveau physique et la conscience sont liés, mais je dois insister ici : il ne s'agit que d'une relation. Le cerveau et la conscience ne sont pas la même chose. Prenez l'analogie suivante en considération : le cerveau est la voiture, et la conscience est le conducteur. La voiture ne bougera pas sans le conducteur, et le conducteur ne pourra pas démarrer la voiture — ou l'utiliser correctement — si elle est endommagée ou cassée. Cependant, ils sont tous deux différents et indépendants d'une certaine manière.
These unresolved problems do not concern the physical makeup of the brain and how we can correlate some conscious states with brain activity. If I am experiencing pain, some sort of activity in my brain indicates that I am experiencing pain. No one is denying that the physical brain and consciousness are related, but I must stress here, it is just a relationship. The brain and consciousness is not the same thing. Take the following analogy into consideration: the brain is the car, and consciousness is the driver. The car will not move without the driver, and the driver will not be able to start the car—or use it properly—if it is damaged or broken. However, they are both different and independent in some way.
Quels sont les problèmes que les spécialistes du domaine tentent de résoudre, et pourquoi le cerveau et la conscience ne sont-ils pas la même chose ? La réponse à ces questions réside dans ce que l'on appelle le problème difficile de la conscience. Le problème difficile de la conscience concerne le fait que nous avons des expériences subjectives internes. En d'autres termes, le problème est que nous ne pouvons pas expliquer ce que cela fait à un organisme particulier d'avoir une expérience consciente subjective en termes de langage scientifique à la troisième personne. Le professeur David Chalmers, qui a popularisé l'expression le problème difficile de la conscience, explique :
What are the problems that specialists in the field are trying to address, and why are the brain and consciousness not the same thing? The answer to these questions lies in what is known as the hard problem of consciousness. The hard problem of consciousness concerns the fact that we have internal subjective experiences. In other words, the problem is that we cannot explain what it is like for a particular organism to have a subjective conscious experience in terms of the third-person language of science. Professor David Chalmers, who popularised the phrase the hard problem of consciousness, explains:
« Le véritable problème difficile de la conscience est le problème de l'expérience. Lorsque nous pensons et percevons, il y a un bourdonnement de traitement de l'information, mais il y a aussi un aspect subjectif… Cet aspect subjectif est l'expérience. Lorsque nous voyons, par exemple, nous faisons l'expérience de sensations visuelles : la qualité ressentie de la rougeur, l'expérience de l'obscurité et de la lumière, la qualité de la profondeur dans un champ physique. D'autres expériences accompagnent la perception selon différentes modalités : le son d'une clarinette, l'odeur des boules naphtalines. Il y a ensuite des sensations corporelles, de la douleur à l'orgasme ; des images mentales qui sont conjurées intérieurement ; la qualité ressentie de l'émotion ; et l'expérience d'un flux de pensée consciente. Ce qui unit tous ces états, c'est qu'il y a quelque chose que l'on ressent en étant dans ces états. Tous sont des états d'expérience… Si un problème peut être qualifié de problème de la conscience, c'est celui-ci. Dans ce sens central de "conscience", un organisme et un état mental sont conscients s'il y a quelque chose que l'on ressent en étant dans cet état. »192.
“The really hard problem of consciousness is the problem of experience. When we think and perceive, there is a whir of information processing, but there is also a subjective aspect… This subjective aspect is experience. When we see, for example, we experience visual sensations: the felt quality of redness, the experience of dark and light, the quality of depth in a physical field. Other experiences go along with perception in different modalities: the sound of a clarinet, the smell of mothballs. Then there are bodily sensations from pains to orgasms; mental images that are conjured up internally; the felt quality of emotion; and the experience of a stream of conscious thought. What unites all these states is that there is something it is like to be in them. All of them are states of experience… If any problem qualifies as the problem of consciousness, it is this one. In this central sense of ‘consciousness’, an organism, and a mental state is conscious if there is something it is like to be in that state.”192.
Le professeur Torin Alter ajoute une autre dimension à la définition du problème difficile de la conscience, en se concentrant sur l'incapacité à répondre à la question de savoir pourquoi les processus cérébraux physiques produisent une expérience consciente :
Professor Torin Alter adds another dimension to the definition of the hard problem of consciousness, by focusing on the inability to answer why physical brain processes produce conscious experience:
« Tandis que je tape ces mots, les systèmes cognitifs de mon cerveau s'engagent dans le traitement des informations visuelles et auditives. Ce traitement est accompagné d'états de conscience phénoménale, tels que l'expérience auditive d'entendre le tap-tap-tap du clavier et l'expérience visuelle de voir les lettres apparaître sur l'écran. Comment l'activité de mon cerveau génère-t-elle ces expériences ? Pourquoi celles-ci et pas d'autres ? En effet, pourquoi tout événement physique est-il accompagné d'une expérience consciente ? L'ensemble de ces problèmes est connu sous le nom de problème difficile de la conscience... Même après que toutes les fonctions et capacités associées ont été expliquées, on pourrait raisonnablement se demander pourquoi il y a quelque chose que l'on ressent en voyant des lettres apparaître sur un écran d'ordinateur. »
“As I type these words, cognitive systems in my brain engage in visual and auditory information processing. This processing is accompanied by states of phenomenal consciousness, such as the auditory experience of hearing the tap-tap-tap of the keyboard and the visual experience of seeing the letters appear on the screen. How does my brain's activity generate those experiences? Why those and not others? Indeed, why is any physical event accompanied by conscious experience? The set of such problems is known as the hard problem of consciousness… Even after all the associated functions and abilities are explained, one might reasonably wonder why there is something it is like to see letters appear on a computer screen.”193.
Permettez-moi de simplifier les définitions ci-dessus avec un exemple. Supposons que vous mangiez une fraise. Les scientifiques et les philosophes seraient capables de trouver des corrélations dans le cerveau indiquant que vous mangez quelque chose, peut-être même le fait que vous mangez un fruit, et si vous le trouvez savoureux ou sucré ou non, en vous demandant de décrire votre expérience consciente. Néanmoins, ils ne pourraient jamais découvrir ou examiner ce que cela fait pour vous de manger une fraise, ou ce que la saveur ou le sucre signifient et représentent pour vous, et pourquoi vous avez eu cette expérience subjective particulière de manger une fraise découlant de processus physiques.
Let me simplify the above definitions with an example. Say you were to eat a strawberry. Scientists and philosophers would be able to find correlations in the brain that indicate that you are eating something, maybe even the fact that you are eating a piece of fruit, and whether or not you find it tasty or sweet by asking you to describe your conscious experience. Nevertheless, they could never find out or examine what it is like for you to eat a strawberry, or what tastiness or sweetness mean and feel for you, and why you have had that particular subjective experience of eating a strawberry arising from physical processes.
Il est important de noter que la question en jeu n'est pas simplement épistémique ; elle ne découle pas d'un manque de compréhension de la neurobiologie ou de l'incapacité à comprendre ce que cela signifie pour quelqu'un d'avoir une expérience consciente subjective intérieure par la simple observation de phénomènes neurobiologiques. Il s'agit plutôt d'un problème ontologique ; cela concerne la source et la nature de l'expérience phénoménale. La nature du physique (dans ce cas, la neurobiologie) et de la conscience subjective sont complètement différentes. L'incapacité à découvrir ce que cela signifie pour quelqu'un d'avoir une expérience consciente subjective, et le fait de ne pas savoir comment ces expériences surgissent de processus physiques, soulèvent les questions métaphysiques suivantes : Quelle est la nature de l'expérience consciente ? Quelle est la source ultime de ces expériences ?
It is important to note that the issue at hand is not merely an epistemic one; it is not due to a lack of understanding neurobiology or not being able to understand what it is like for someone to have an inner subjective conscious experience just by observing neurobiological happenings. Rather, it is an ontological problem; it concerns the source and nature of phenomenal experience. The nature of the physical (in this case, neurobiology) and subjective consciousness are completely different. Not being able to find out what it is like for someone to have a subjective conscious experience, and not knowing how these experiences arise from physical processes, raises the following metaphysical questions: What is the nature of conscious experience? What is the ultimate source of these experiences?.
Aborder les approches ayant échoué.
Addressing the failed approaches.
Une gamme d'approches concurrentes tente d'expliquer le phénomène de la conscience et son problème difficile. Ces approches incluent des explications biologiques, matérialistes et non matérialistes. Je tenterai de discuter de la raison pour laquelle elles ne répondent pas au problème difficile de la conscience, et pourquoi une approche théiste offre la meilleure explication. En d'autres termes, l'existence de Dieu fournit une base rationnelle pour répondre aux questions auxquelles les philosophes et les neuroscientifiques ont été incapables de répondre.
A range of competing approaches attempt to explain the phenomenon of consciousness and its hard problem. These approaches include biological, materialist and non-materialist explanations. I will attempt to discuss why they do not address the hard problem of consciousness, and why a theistic approach provides the best explanation. In other words, God’s existence provides a rational basis to answer the questions philosophers and neuroscientists have been unable to answer.
Approches biologiques.
Biological approaches.
Abordons d'abord la raison pour laquelle les explications biologiques ont échoué. Certaines de ces tentatives incluent *Toward a Neurobiological Theory of Consciousness* de Francis Crick et Christof Koch, la théorie du *Global Workplace* de Bernard Baars, la théorie du *Dynamic Core* de Gerald Elderman et Giulio Tononi, la théorie du *Thalamocortical Binding* de Rodolfo Llinas, la théorie du *Recurrent Processing* de Victor Lamme, la théorie de la *Microconsciousness* de Semir Zeki et la théorie de *The Feeling of What Happens* d'Antonio Damasio. Bien que l'objet de ce chapitre ne soit pas de discuter des aspects techniques et des lacunes de ces théories empiriques (car elles comportent toutes des implications et des hypothèses philosophiques, qui sont abordées ci-dessous), aucune d'entre elles ne traite de manière exhaustive le problème difficile de la conscience. Le professeur David Chalmers explique l'échec des approches biologiques à aborder le problème difficile de la conscience. Dans son livre *The Character of Consciousness*, il 145.
Let us first address why biological explanations have failed. Some of these attempts include Francis Crick and Christof Koch’s Toward a Neurobiological Theory of Consciousness, Bernard Baars’s Global Workplace theory, Gerald Elderman’s and Giulio Tononi’s The Dynamic Core theory, Rodolfo Llinas’s Thalamocortical Binding theory, Victor Lamme’s Recurrent Processing theory, Semir Zeki’s Microconsciousness theory and Antonio Damasio’s The Feeling of What Happens theory. Although it is not the purpose of this chapter to discuss the technicalities and shortcomings of these empirical theories (because they all have philosophical implications and assumptions, which are addressed below), none of them comprehensively addresses the hard problem of consciousness. Professor David Chalmers explains the failure of the biological approaches in addressing the hard problem of consciousness. In his book The Character of Consciousness, he 145.
mentionne cinq stratégies périlleuses qui ont été adoptées194 :
mentions five perilous strategies that have been adopted194:
1. La première stratégie consiste à expliquer autre chose. Les chercheurs admettent simplement que le problème de l'expérience est trop difficile pour le moment. Koch admet ouvertement l'échec de cette stratégie. Dans un entretien publié, il a confessé : « Eh bien, oublions d'abord les aspects réellement difficiles, comme les sentiments subjectifs, car ils pourraient ne pas avoir de solution scientifique. L'état subjectif du jeu, de la douleur, du plaisir, du fait de voir du bleu, de sentir une rose — il semble y avoir un saut énorme entre le niveau matérialiste, consistant à expliquer les molécules et les neurones, et le niveau subjectif. »195.
1. The first strategy is to explain something else. Researchers simply admit the problem of experience is too difficult for now. Koch openly admits this failed strategy. In a published interview, he confessed: “Well, let's first forget about the real difficult aspects, like subjective feelings, because they may not have a scientific solution. The subjective state of play, of pain, of pleasure, of seeing blue, of smelling a rose—there seems to be a huge jump between the materialistic level, of explaining molecules and neurons, and the subjective level.”195.
2. La deuxième stratégie consiste à nier le problème difficile de la conscience. Il s'agit de décider que nous sommes des zombies, avec seulement une illusion de libre arbitre. Cette stratégie décrit la réalité humaine comme une machine biologique sans expérience subjective. En d'autres termes, elle ignore le problème et redéfinit ce que signifie être humain.
2. The second strategy is to deny the hard problem of consciousness. It is to decide that we are zombies, with only an illusion of free will. This strategy describes the human reality as a biological machine with no subjective experience. In other words, it ignores the problem and redefines what it means to be human.
3. La troisième stratégie affirme que l'expérience subjective est expliquée par la compréhension des processus physiques dans notre cerveau. Cependant, cela ressemble à de la magie. L'expérience consciente émerge d'une manière ou d'une autre sans aucune explication. La question est : comment ces processus donnent-ils naissance à une expérience subjective intérieure ?
3. The third strategy claims that subjective experience is explained by understanding the physical processes in our brain. However, this sounds like magic. Conscious experience somehow emerges without any explanation. The question, how do these processes give rise to an inner subjective experience?
n'est jamais répondu. De plus, la compréhension des processus physiques ne nous apprend rien sur ce que ressent une personne lorsqu'elle a une expérience consciente interne particulière.
is never answered. Furthermore, understanding physical processes tells us nothing about what it is like for a person to have a particular internal conscious experience.
4. La quatrième stratégie consiste à expliquer la structure de l'expérience. Cette stratégie ne nous dit rien sur la raison pour laquelle l'expérience existe en premier lieu, et le simple fait d'expliquer la structure de l'expérience ne nous apporte aucune réponse sur ce que cela fait pour une personne de 146
4. The fourth strategy is to explain the structure of experience. This strategy tells us nothing of why experience exists in the first place, and just by explaining the structure of experience, it provides us with no answers to what it is like for a person to 146
vivre des expériences uniques.
have unique experiences.
5. La cinquième stratégie consiste à isoler le substrat (la base ou la couche sous-jacente) de l'expérience. Cette stratégie vise à isoler la base neurale de l'expérience en comprenant certains processus. Cependant, cette stratégie n'explique pas ce que l'on ressent lors d'une expérience consciente interne, ni pourquoi et comment elle émerge de ces processus.
5. The fifth strategy is to isolate the substrate (the underlying basis or layer) of experience. This strategy aims to isolate the neural basis for experience by understanding certain processes. However, this strategy does not explain what it is like to have an internal conscious experience, why it emerges from these processes and how.
Entrez dans la philosophie de l'esprit.
Enter the philosophy of mind.
Nous sommes désormais en mesure d'aborder la manière dont les philosophes de l'esprit expliquent la conscience d'une façon qui tente de répondre au problème difficile. Une note importante à ajouter ici est que les théories scientifiques impliquent des présupposés philosophiques. Par conséquent, aborder les théories philosophiques permettra également d'aborder les théories empiriques. Le professeur Antti Revonsuo précise ce point :
Now we are in a position to address how philosophers of the mind explain consciousness in a way that attempts to address the hard problem. An important note to add here is that scientific theories have implied philosophical assumptions. Therefore, addressing the philosophical theories will also address the empirical theories. Professor Antti Revonsuo makes this point clear:
« Cependant, il est également utile pour les scientifiques empiriques de connaître les différentes alternatives philosophiques, car toute théorie empirique implique nécessairement une sorte d'engagements philosophiques implicites... L'approche empirique globale qu'un scientifique adopte vis-à-vis de la conscience est guidée par ses engagements philosophiques préalables ou ses intuitions sur la nature de la science et la nature de la conscience, qu'il ait conscience de ces engagements ou non. »196.
“However, it is useful also for empirical scientists to be aware of the different philosophical alternatives, because every empirical theory also necessarily involves some sort of implicit philosophical commitments… The overall empirical approach that a scientist takes to consciousness is guided by his prior philosophical commitments or intuitions about the nature of science and the nature of consciousness, whether he is aware of such commitments or not.”196.
Les professeurs Ricardo Manzotti et Paolo Moderato soulignent également que les neurosciences ne sont « pas métaphysiquement innocentes »197 et que « les données empiriques doivent être interprétées à partir de la perspective d'une certaine prémisse ».198
Professors Ricardo Manzotti and Paolo Moderato also highlight that the neurosciences are “not metaphysically innocent”197 and that “empirical data needs to be interpreted from the perspective of some premise.”198.
Aucune des diverses tentatives philosophiques visant à expliquer la conscience n'est assez exhaustive pour remettre en question l'alternative théiste. Ces tentatives peuvent être largement classées en deux catégories : les approches matérialistes ou physicalistes, et les approches non matérialistes. Vous trouverez ci-dessous un bref compte rendu de ces tentatives ainsi qu'une explication de la raison pour laquelle elles ont échoué.
None of the various philosophical attempts to explain consciousness are comprehensive enough to challenge the theistic alternative. These attempts can be broadly categorised as materialist or physicalist, and non-materialist. Below is a brief account of these attempts and an explanation of why they have failed.
Approches matérialistes.
Materialistic approaches.
Faisant écho à d'autres chercheurs et universitaires, les termes physicalisme et matérialisme seront utilisés de manière interchangeable.199 200 Bien qu'ils aient des histoires distinctes et certaines différences conceptuelles201, celles-ci ne posent pas de problème aux concepts traités dans ce chapitre. Les deux termes signifient que la conscience peut être expliquée par les sciences physiques, mais n'impliquent pas toujours que les états de conscience doivent être assimilés à des fragments de matière.
Echoing other researchers and academics, the terms physicalism and materialism will be used interchangeably.199 200 Although they have separate histories and some conceptual differences201, these do not pose a problem to the concepts dealt with in this chapter. The two terms mean that consciousness can be explained by the physical sciences, but do not always imply that conscious states must be equated to bits of matter.
Les faits physiques ne sont pas tous les faits !
Physical facts are not all the facts!.
Avant d'aborder toutes les approches matérialistes, j'aimerais expliquer comment le physicalisme et le matérialisme en général sont sapés par le puissant argument de Mary de Frank Jackson. En voici un résumé : Mary a vécu toute sa vie dans une chambre en noir et blanc et acquiert des informations sur le monde via des ordinateurs et des téléviseurs en noir et blanc. Dans sa chambre, Mary a accès à toutes les informations scientifiques objectives sur ce qui se passe lorsque les humains voient des phénomènes physiques. Elle sait tout sur la science liée à la perception des objets avec l'œil humain. Pourtant, elle ignore ce que cela fait de voir des couleurs. Un jour, elle est autorisée à sortir de la chambre. Au moment où elle ouvre la porte, elle regarde une rose rouge et fait l'expérience de la couleur rouge pour la première fois. Elle n'apprécie la couleur rouge qu'au moment où elle la voit.202 Sa connaissance de tous les faits physiques concernant la perception visuelle et les couleurs n'a rien fait pour la préparer à la nouvelle expérience de voir le rouge. Elle ne savait pas ce que cela faisait de voir une rose rouge en apprenant les faits physiques ; elle a seulement su ce qu'était cette expérience au moment où elle s'est produite.
Before I get into all the materialist approaches, I would like to explain how physicalism and materialism in general are undermined by Frank Jackson’s powerful Mary argument. Here is a summary of it: Mary has lived in a black and white room all her life and acquires information about the world via black and white computers and televisions. In her room, Mary has access to all of the scientific objective information about what happens when humans see physical phenomena. She knows everything about the science related to perceiving objects with the human eye. Yet, she is unaware of what it is like to see colours. One day she is allowed to leave the room. The moment she opens the door she looks at a red rose, and experiences the colour red for the first time. She only appreciates the colour red the moment she sees it.202 Her knowledge about all the physical facts concerning visual perception and colours did nothing to prepare her for the new experience of seeing red. She did not know what it was like to see a red rose by learning the physical facts, she only knew what that experience was like the moment it occurred.
Chalmers fournit les prémisses suivantes pour montrer que l'argument de Mary rend le matérialisme incapable de résoudre le problème difficile de la conscience :
Chalmers provides the following premises to show that the Mary argument renders materialism unable to solve the hard problem of consciousness:
1. Mary connaît tous les faits physiques.
1. Mary knows all the physical facts.
2. Mary ne connaît pas tous les faits.
2. Mary does not know all the facts.
3. Les faits physiques n'épuisent pas tous les faits.203.
3. The physical facts do not exhaust all the facts.203.
L'argument de Chalmers montre ici que la connaissance du monde physique ne mènera pas à la connaissance de la réalité consciente subjective — par exemple, ce que l'on ressent en voyant du rouge. Cela semble saper le matérialisme. Chalmers généralise l'argument de la manière suivante :
Chalmers’s argument here shows that knowledge of the physical world will not lead to knowledge of subjective conscious reality—for example, what it is like to see red. This seems to undermine materialism. Chalmers generalises the argument in the following way:
1. Il existe des vérités sur la conscience qui ne sont pas déductibles des vérités physiques.
1. There are truths about consciousness that are not deducible from physical truths.
2. S'il existe des vérités sur la conscience qui ne sont pas déductibles des vérités physiques, alors le matérialisme est faux.
2. If there are truths about consciousness that are not deducible from physical truths, then materialism is false.
3. Le matérialisme est faux. 204.
3. Materialism is false.204.
Le physicalisme et le matérialisme n'expliquent pas le subjectif.
Physicalism and materialism do not explain subjective.
la conscience car la connaissance du cerveau physique ne mène pas à une compréhension de l'expérience subjective, ni à la raison pour laquelle cette expérience émerge de l'activité cérébrale. Le matérialisme est inadéquat, car il existe des faits concernant la conscience qui ne peuvent être déduits des faits physiques.
consciousness because knowledge of the physical brain does not lead to an understanding of a subjective experience, and why that experience emerges from brain activity. Materialism is inadequate, because there are facts about consciousness that cannot be deduced from physical facts.
L'argument de Mary a suscité des objections intéressantes. Une objection soutient qu'il n'est pas possible d'identifier ce que Mary saurait si elle acquérait tous les faits physiques. Cette objection méconnaît l'argument de Mary. Elle suppose que l'argument de Mary se concentre sur ce que cela fait de connaître tous les faits physiques. Or, l'argument se concentre sur l'incapacité de Mary à savoir ce que cela fait de voir le rouge si elle n'a jamais eu l'expérience de voir le rouge. Par conséquent, toute objection à l'argument de Mary doit se concentrer sur ce que Mary gagne en voyant le rouge, et non sur ce qu'elle saurait si elle possédait tous les faits physiques.
The Mary argument has generated interesting objections. One objection argues that it is not possible to identify what Mary would know if she acquired all of the physical facts. This objection misunderstands the Mary argument. It assumes that the Mary argument is focused on what it is like to know all the physical facts. However, the argument is focused on Mary’s inability to know what it is like to see red if she never had the experience of seeing red. Therefore, any objection to the Mary argument must focus on what Mary gains by seeing red and not what she would know if she had all the physical facts.
Une autre objection est l'Hypothèse de la Capacité. Cette hypothèse affirme que Mary ne gagne aucune nouvelle connaissance, mais acquiert seulement de nouvelles capacités. Par exemple, lorsqu'une personne apprend à faire du vélo, elle n'apprend pas de nouvelles choses sur le vélo, elle acquiert simplement la capacité de le conduire. Cette objection est considérée comme inadéquate. Si Mary peut acquérir de nouvelles capacités lorsqu'elle sort de la pièce, il est également possible qu'elle acquière de nouveaux faits qu'elle n'avait pas avant de sortir de la pièce. Lorsqu'une personne apprend à faire du vélo, elle n'acquiert pas seulement la capacité de le faire, elle acquiert également de nouveaux faits. Par exemple, si quelqu'un descend une pente rapidement, il finira par apprendre à ne pas utiliser constamment les freins, car cela ferait surchauffer les jantes. Pour une descente contrôlée, les freins doivent être pressés doucement par impulsions d'environ deux secondes. L'objection du professeur Brian Loar constitue un défi de taille à l'argument de Mary. Loar soutient que Mary n'acquiert pas de nouvelles connaissances sur le rouge, mais seulement une nouvelle façon de conceptualiser ce qu'elle savait déjà sur la couleur. Cette stratégie déclare qu'il n'existe qu'une seule propriété pouvant donner lieu à des concepts distincts de cette propriété. Ces concepts sont les concepts physico-fonctionnels et les concepts phénoménaux (concepts qui se réfèrent à l'expérience subjective). Ainsi, lorsque Mary a vu le rouge pour la première fois, elle ne faisait pas l'expérience d'une nouvelle propriété et n'apprenait pas de nouveaux faits à son sujet. Elle faisait l'expérience d'une manière différente de conceptualiser ce qu'elle savait déjà. Avant de quitter la pièce, elle reconnaissait la propriété du rouge en termes physico-fonctionnels. Cependant, lorsqu'elle a quitté la pièce, elle a acquis une nouvelle manière de reconnaître la propriété physique du rouge en termes phénoménaux. Mary ne peut acquérir des concepts phénoménaux que lorsqu'elle voit le rouge, car ces concepts ne surviennent qu'en voyant la couleur rouge.205 Le principal problème de la stratégie de Loar est qu'elle repose sur l'hypothèse que nous pouvons acquérir des concepts phénoménaux en observant des propriétés physiques. Cependant, cela soulève la question suivante : comment nos cerveaux, alors que nous expérimentons l'état conscient d'observation d'une propriété physique-fonctionnelle, peuvent-ils acquérir un concept phénoménal ? Loar ne fournit aucune réponse adéquate. Le non-physicaliste affirmera alors que l'argument de Mary tient bon parce qu'il apporte une réponse à cette question fondamentale : nous acquérons des concepts phénoménaux parce que les choses (y compris nous-mêmes) contiennent des propriétés physiques et phénoménales. En résumé, prétendre que des concepts phénoménaux peuvent découler d'une propriété physique est insuffisant pour expliquer la connaissance que l'on acquiert en faisant l'expérience d'une expérience consciente subjective.206
Another objection is the Ability Hypothesis. This hypothesis asserts that Mary does not gain any new knowledge, but only acquires new abilities. For example, when someone learns how to ride a bike they are not learning new things about the bike, they simply acquire the ability to ride it. This objection is considered inadequate. If Mary can gain new abilities when she leaves the room, then it is also possible that she gains new facts that she did not have prior to leaving the room. When someone learns how to ride a bike, they do not only acquire the ability to do so, they also gain new facts. For example, if someone is riding downhill fast, they will eventually learn not to constantly use the brakes as this will cause the rims to overheat. For a controlled descent, the brakes must be gently squeezed with around two second pulses. Professor Brian Loar’s objection provides a strong challenge to the Mary argument. Loar argues that Mary does not acquire new knowledge about red, only a new way of conceptualising what she already knew about the colour. This strategy declares that there is only one property that can give rise to distinct concepts of that property. These concepts are physical-functional concepts and phenomenal concepts (concepts that refer to subjective experience). So, when Mary saw red for the first time, she was not experiencing a new property and learning new facts about it. She was experiencing a different way of conceptualising what she already knew. Prior to leaving the room, she recognised the property of red in physical-functional terms. However, when she left the room, she acquired a new way of recognising the physical property of red in phenomenal terms. Mary can only acquire phenomenal concepts when she sees red, because these concepts come about only by seeing the colour red.205 The main problem with Loar’s strategy is that it is based on the assumption that we can acquire phenomenal concepts from observing physical properties. However, this begs the question: How can our brains, while we experience the conscious state of observing a physical-functional property, acquire a phenomenal concept? Loar does not provide any adequate answer. The non-physicalist will then state that the Mary argument holds its ground because it provides an answer to that fundamental question: we gain phenomenal concepts because things (including ourselves) contain physical and phenomenal properties. In summary, to claim that phenomenal concepts can arise from a physical property is inadequate to explain the knowledge one gains from experiencing a subjective conscious experience.206
Il existe d'autres raisons pour lesquelles la stratégie phénoménale conceptuelle de Loar n'est pas décisive. Pour des discussions détaillées et des réponses au compte rendu de Loar, veuillez vous référer à *Consciousness Revisited: Materialism Without Phenomenal Concepts* de Michael Tye207, *Physicalism and Phenomenal Concepts* d'Erhan Demircioglu208, *Brian Loar on Physicalism and Phenomenal Concepts* de Karol Polcyn209 et à l'essai de David Chalmers, *Phenomenal Concepts and the Explanatory Gap*210.
There are other reasons why Loar’s phenomenal concept strategy is not decisive. For detailed discussions and responses to Loar’s account, please refer to Michael Tye’s Consciousness Revisited: Materialism Without Phenomenal Concepts207, Erhan Demircioglu’s Physicalism and Phenomenal Concepts208, Karol Polcyn’s Brian Loar on Physicalism and Phenomenal Concepts209 and David Chalmers’s essay, Phenomenal Concepts and the Explanatory Gap210.
La littérature académique sur l'argument de Mary est également vaste, présentant des arguments convaincants qui soutiennent ou contestent le physicalisme. Ce n'est pas l'endroit pour explorer la littérature sur ce sujet. Cependant, les discussions académiques ne sapent pas de manière concluante ce qui a été présenté dans cette section.
The academic literature on the Mary argument is also vast, with compelling arguments supporting and challenging physicalism. This is not the space to explore the literature on the topic. However, the academic discussions do not conclusively undermine what has been presented in this section.
« Ignorons le problème » : le matérialisme éliminativiste. Les matérialistes éliminativistes partent du principe que tout peut être expliqué par des processus physiques et n'acceptent pas l'existence d'états de conscience subjectifs. Ils soutiennent que le cerveau est composé de neurones subissant des processus physiques et chimiques ; par conséquent, l'explication de ces processus complexes expliquera d'une manière ou d'une autre la conscience.211 Les matérialistes éliminativistes affirment que les concepts de la « psychologie populaire » que nous avons développés pour décrire la conscience subjective (en raison de l'absence actuelle de solutions fournies par les sciences physiques) deviendront superflus lorsque les neurosciences auront « mûri »212. C'est à ce moment-là que les neurosciences remplaceront la conscience subjective par une « activité neurale dans des zones anatomiques spécialisées ».213 En résumé, la science expliquera un jour ce que nous appelons la conscience subjective ; par conséquent, le problème difficile sera résolu.
‘Let’s ignore the problem’: Eliminative materialism Eliminative materialists assume everything can be explained via physical processes, and do not accept that subjective conscious states exist. They argue that the brain is made up of neurons undergoing physical and chemical processes; therefore, explaining these complex processes will somehow explain consciousness.211 Eliminative materialists assert that the ideas of ‘folk psychology’ we have developed to describe subjective consciousness (due to the current lack of solutions provided by the physical sciences) will be made redundant when neuroscience has “matured”212. This is when neuroscience will replace subjective consciousness with “neural activity in specialized anatomical areas”.213. In summary, science will one day explain what we call subjective consciousness; therefore, the hard problem will be solved.
Faisant écho à l'approche du matérialisme éliminativiste, la philosophe analytique Patricia Churchland affirme que la question apparente de la conscience subjective sera démystifiée lorsque nous améliorerons nos connaissances scientifiques. Churchland soutient que le problème difficile de la conscience ne devrait pas être distingué des autres problèmes en neurosciences. La raison, selon Churchland, est que les chercheurs font face à toute une série de problèmes non résolus, et prétendre qu'ils ne seront jamais résolus semble déraisonnable. Ce n'est pas parce que le problème difficile est décrit comme mystérieux ou comme un défi difficile pour le physicalisme cela signifie qu'il n'aura jamais de solution scientifique. Churchland se réfère à l'histoire des sciences pour appuyer ses arguments. L'histoire montre que la science a résolu de nombreux « problèmes difficiles », indiquant que le problème difficile de la conscience sera également résolu.214
Echoing the eliminative materialist approach, the analytical philosopher Patricia Churchland asserts that the apparent question of subjective consciousness will be demystified when we improve our scientific knowledge. Churchland argues the hard problem of consciousness should not be distinguished from other problems in neuroscience. The reason, according to Churchland, is that researchers have an array of problems that are unaddressed, and to argue that they will never be solved seems unreasonable. Just because the hard problem is described as mysterious or a difficult challenge to physicalism does not mean that it will never have a scientific solution. Churchland refers to the history of science in support of her arguments. History shows that science has solved many ‘hard problems’, indicating that the hard problem of consciousness will also be solved.214
Cependant, les processus physiques et chimiques ne nous disent rien sur ce que cela fait, pour un être conscient particulier, d'avoir une expérience subjective interne. Cela implique que, pour le matérialiste éliminativiste, les expériences subjectives internes ne sont qu'une illusion. En d'autres termes, les partisans de ce point de vue n'acceptent pas réellement le problème difficile de la conscience, car ils prétendent que la matière et les processus physiques sont tout ce qui est nécessaire pour expliquer quoi que ce soit. Néanmoins, la matière et les processus physiques ne peuvent rien nous dire sur ce que cela fait d'avoir une expérience consciente subjective interne. De plus, la matière ne peut expliquer l'émergence de l'expérience consciente subjective car la matière est froide, aveugle et non consciente. Quelque chose ne peut donner naissance à quoi que ce soit à moins de contenir cette chose au départ ou d'avoir la capacité d'y donner naissance. La matière et les processus physiques sont non conscients et ne peuvent donc pas donner naissance à l'expérience consciente subjective puisqu'ils ne la contiennent pas. Frank Jackson et Philip Pettit soutiennent que l'affirmation du matérialiste éliminativiste — selon laquelle l'histoire de la science a montré qu'un langage physicaliste remplacera notre psychologie populaire primitive — n'en découle pas logiquement. Le fondement de leur argument est qu'il est déraisonnable de rejeter les conclusions d'une théorie en raison de la découverte potentielle d'une autre théorie qui pourrait avoir une portée et une puissance explicatives plus grandes. Il se pourrait que les affirmations de la théorie « plus faible » soient toujours vraies malgré une manière scientifiquement meilleure d'expliquer les mêmes phénomènes. Jackson et Pettit utilisent la théorie cinétique des gaz comme exemple. La théorie cinétique des gaz étudie « le comportement microscopique des molécules et les interactions qui mènent à des relations macroscopiques ».215 Cette théorie utilise l'analyse statistique pour fournir des « résultats précis pour les manifestations macroscopiques de phénomènes microscopiques ». (Ibid) Jackson et Pettit postulent que si une théorie hypothétique « Super Cinétique » fournissait des calculs non statistiques et déterministes de la « position exacte, de la masse, de la vitesse et de la taille de chaque molécule de gaz », elle ne fournirait pas de base pour rejeter le fait que les gaz ont une température et une pression.216 La raison est que la théorie super cinétique ne contient pas d'« informations qui soutiennent la partie pertinente de l'ancienne théorie. »217 Jackson et Pettit résument leur argument :
However, physical and chemical processes tell us nothing about what it is like for a particular conscious being to have an internal subjective experience. This implies that, for the eliminative materialist, inner subjective experiences are just an illusion. In other words, proponents of this view do not really accept the hard problem of consciousness, because they claim that matter and physical processes are all that is required to explain anything. Nevertheless, matter and physical processes cannot tell us anything about what it is like to have an inner subjective conscious experience. Furthermore, matter cannot explain the emergence of subjective conscious experience because matter is cold, blind and non-conscious. Something cannot give rise to anything unless it contains that thing in the first place or has the ability to give rise to it. Matter and physical processes are non-conscious and therefore cannot give rise to subjective conscious experience as they do not contain it. Frank Jackson and Philip Pettit maintain that the eliminative materialist’s claim—that the history of science has shown that a physicalist language will replace our primitive folk psychology—does not logically follow. The basis of their argument is that it is unreasonable to reject the conclusions of a theory due to the potential discovery of another theory that may have greater explanatory scope and power. It could be that the claims of the ‘weaker’ theory are still true despite a scientifically better way of explaining the same phenomena. Jackson and Pettit use the kinetic theory of gases as an example. The kinetic theory of gases studies “the microscopic behavior of molecules and the interactions which lead to macroscopic relationships”.215 This theory uses statistical analysis to provide accurate “results for macroscopic manifestations of microscopic phenomena”. (Ibid) Jackson and Pettit postulate that if a hypothetical “Super Kinetic” theory provided non-statistical, deterministic calculations of the “exact position, mass, velocity, and size of every gas molecule” it would not provide a basis to reject the fact that gases have temperature and pressure.216 The reason is that the super kinetic theory does not contain “information that supports the relevant part of the old theory.”217 Jackson and Pettit summarise their argument:
« Et pourtant, aucune identification réductrice de la température et de la pression avec les propriétés fondamentales de la théorie super cinétique n'est possible. La température, par exemple, n'est pas la masse, la vitesse ou la position de n'importe quelle molécule individuelle. Il n'y aura aucun isomorphisme, même selon les normes les plus souples, entre les lois des gaz formulées en termes de température, de pression et de volume et les lois formulées en termes de masse, de position et de vitesse des molécules de la théorie super cinétique. Les principes taxonomiques de base des deux théories sont très différents. »218
“And yet no reductive reductive identifications of temperature and pressure with fundamental properties of the super kinetic theory are possible. Temperature, for instance, is not the mass, velocity, or position of any individual molecule. There will be no isomorphism even by the most relaxed standards between gas laws framed in terms of temperature, pressure, and volume and the laws framed in terms of mass, position, and velocity of molecules of the super kinetic theory. The basic taxonomic principles of the two theories are very different.”218
À la lumière de cela, le matérialisme éliminativiste n'est pas une explication adéquate du problème difficile de la conscience, car il ignore ce qui nécessite d'être expliqué en premier lieu. Les conclusions du matérialisme éliminativiste peuvent être réduites à l'absurdité suivante : nous n'avons pas de subjectivité intérieure. Or, notre capacité à avoir des expériences subjectives intérieures est un fait à la première personne ; il est ridicule de le nier.
In light of this, eliminative materialism is not an adequate explanation of the hard problem of consciousness as it ignores what requires explaining in the first place. The conclusions of eliminative materialism can be reduced to the following absurdity: we do not have inner subjectivity. However, our ability to have inner subjective experiences is a first-person fact; it is ludicrous to deny it.
Le matérialisme éliminativiste est devenu populaire avec le philosophe Daniel Dennet lorsqu'il a publié son livre, Consciousness Explained. Dans cet ouvrage fortement critiqué, il a redéfini la conscience en ignorant ce qui nécessite une explication : nos états conscients subjectifs. Selon Dennet, nous n'avons aucune véritable expérience subjective personnelle ; nous sommes simplement des robots biologiques. En d'autres termes, nous sommes des zombies avec l'illusion d'une expérience subjective. La critique de l'approche de Dennet, également connue sous le nom de théorie des Multiple Drafts, a été résumée par le professeur Antti Revonsuo dans son livre, Consciousness: The Science of Subjectivity :
Eliminative materialism became popular with the philosopher Daniel Dennet when he published his book, Consciousness Explained. In this heavily criticised book, he redefined consciousness by ignoring what requires explaining: our subjective conscious states. According to Dennet, we have no real personal subjective experiences; we are simply biological robots. In other words, we are zombies with the illusion of subjective experience. Criticism of Dennet’s approach, also known as Multiple Drafts theory, has been summarised by Professor Antti Revonsuo in his book, Consciousness: The Science of Subjectivity:
« La théorie de Dennet a été vivement critiquée car elle semble redéfinir la "conscience" de telle sorte que le terme finit par signifier quelque chose de très différent de ce que nous avions initialement cherché à expliquer. Le célèbre livre de Dennet de 1991 est intitulé "Consciousness Explained", mais beaucoup ont estimé qu'il aurait dû s'appeler "Consciousness Explained Away". Ce que la plupart des gens voulaient trouver comme explication, c'était la conscience phénoménale, les qualia et la subjectivité, mais Dennet les rejette comme de simples illusions. »
“Dennet’s theory has been heavily criticized because it seems to redefine ‘consciousness’ in such a way that the term comes to mean something very different from what we originally set out to explain. Dennet’s famous 1991 book is titled ‘Consciousness Explained’, but many felt it should have been called ‘Consciousness Explained Away’. What most people wanted to find an explanation for is phenomenal consciousness, qualia and subjectivity, but Dennet dismisses them as mere illusions.”219.
« La subjectivité existe, mais elle n'est que matière » : Le matérialisme réducteur. Le matérialisme réducteur affirme qu'il existe un fossé de connaissances entre les processus physiques et les expériences conscientes subjectives. Cependant, il soutient que ce fossé peut être expliqué au sein d'une philosophie matérialiste. Les partisans de ce point de vue affirment que l'expérience consciente subjective existe, mais qu'elle n'est pas distincte des processus physiques. Le fondement de leurs arguments est qu'il existe un lien entre certaines activités du cerveau et certaines expériences de la conscience ; par conséquent, la conscience peut être réduite à des processus physiques. Le matérialisme réducteur, contrairement au matérialisme éliminativiste, accepte que la conscience subjective existe, mais qu'elle peut être réduite à des événements physiques dans notre cerveau. De cette manière, la conscience subjective est identique à l'activité neurochimique.220 Bien qu'il n'existe actuellement aucun moyen de réduire tous les états conscients subjectifs à des phénomènes physiques, le matérialisme réducteur repose sur l'attente que les neurosciences suivront les autres sciences, de sorte que d'anciens termes, tels que « chaleur », seront remplacés par « la science de l'énergie cinétique moyenne des molécules ». De même, les neurosciences pourraient remplacer des mots comme « amour » par un équivalent neurochimique. En essence, « la conscience n'est rien de plus qu'un ensemble complexe d'activités neurales se déroulant dans notre cerveau ».22.
‘Subjectivity exists, but it’s just matter’: Reductive materialism Reductive materialism asserts that there is a knowledge-gap between physical processes and subjective conscious experiences. However, they maintain that the gap can be explained within a materialistic philosophy. Proponents of this view assert that subjective conscious experience exists, but is not distinct from physical processes. The basis for their arguments is that there is a link between certain activities in the brain and certain experiences of consciousness; therefore, consciousness can be reduced to physical processes. Reductive materialism, unlike eliminative materialism, accepts that subjective consciousness exists, but can be reduced to physical happenings in our brains. In this way, subjective consciousness is identical with neurochemical activity.220 Although there is currently no way of reducing all subjective conscious states to physical phenomena, reductive materialism is based on the expectation that neuroscience will follow the other sciences in that old terms, such as ‘heat’, will have been replaced with ‘the science of mean kinetic energy of molecules’. Similarly, neuroscience may replace words like ‘love’ with a neurochemical equivalent. In essence, “consciousness is nothing over and above a complex set of neural activities going on in our brain”.22.
Cette vue n'est pas une explication adéquate des états de conscience subjectifs, car elle repose sur l'hypothèse que les expériences subjectives sont réelles, mais qu'elles seront expliquées à l'avenir par les développements des neurosciences. Essentiellement, le matérialisme réducteur soutient que les états de conscience subjectifs seront réduits à des états cérébraux physiques. Cela ne résout pas le problème difficile de la conscience. Il est impossible de savoir ce que cela fait à un organisme particulier de vivre un état subjectif simplement en observant un groupe de neurones s'activer. Le matérialisme réducteur n'explique pas non plus la source de l'expérience consciente. La neurobiologie et l'expérience subjective sont complètement différentes. Le simple fait d'expliquer que la conscience émerge de processus physiques non conscients n'est pas adéquat. Tout comme les matérialistes éliminativistes, les matérialistes réducteurs ne peuvent pas résoudre le problème difficile. Les réalités subjectives intérieures de l'être humain sont une fois de plus ignorées. Le professeur Revonsuo explique :
This view is not an adequate explanation for subjective conscious states, because it is based on the assumption that subjective experiences are real, but will be explained in the future by developments in neuroscience. Essentially, reductive materialism argues that subjective conscious states will be reduced to physical brain states. This does not solve the hard problem of consciousness. It is impossible to know what it is like for a particular organism to experience a subjective state simply by observing a bunch of neurons firing. Reductive materialism also doesn’t explain the source of conscious experience. Neurobiology and subjective experience are completely different. Simply explaining that consciousness emerges from non-conscious physical processes is not adequate. Just like the eliminative materialists, reductive materialists cannot solve the hard problem. The inner subjective realities of the human being are once again being ignored. Professor Revonsuo explains:
« Pourtant, il semble clair que parler de décharges neuronales, d'activations et de désactivations dans différentes zones du cerveau ou de la synchronie oscillatoire dans des assemblages neuronaux n'est pas du tout la même chose que de parler de sensations de douleur, de perceptions de couleurs, d'émotions passionnées ou de pensées intérieures — et ne le sera jamais. Ce qui est laissé de côté, avant tout, est l'aspect subjectif des événements mentaux conscients. »222
“Still, it seems clear that to talk about neural firings, activations and deactivations in different brain areas or oscillatory synchrony in neural assemblies is not at all the same thing as talking about feelings of pain, sensations of colour, passionate emotions or inner thoughts—and never will be. What is being left out is, first and foremost, the subjective aspect of the conscious mental events.”222
La différence entre le matérialisme éliminativiste et le matérialisme réducteur est assez subtile. Le matérialisme éliminativiste soutient que la conscience subjective est une illusion et qu'elle n'existe pas. Selon cette approche, l'illusion de la conscience subjective n'est rien de plus que l'activation de neurones. Le matérialisme réducteur accepte que la conscience subjective existe, mais soutient qu'elle n'est rien de plus qu'une activité physique dans le cerveau. Tous deux échouent à aborder le fait à la première personne de la conscience subjective.
The difference between eliminative materialism and reductive materialism is quite subtle. Eliminative materialism argues that subjective consciousness is an illusion and does not exist. According to this approach, the illusion of subjective consciousness is nothing more than neurons firing. Reductive materialism accepts that subjective consciousness exists, but maintains that it is nothing more than physical activity in the brain. Both fail to address the first-person fact of subjective consciousness.
« C'est ce que vous faites » : Le béhaviorisme. Une autre approche qui partage les conclusions du matérialisme éliminativiste est le béhaviorisme. Le béhaviorisme postule que la conscience est définie en termes comportementaux. Les béhavioristes affirment qu'une personne ne possède un certain état de conscience que s'il peut être vérifié par le comportement de cette personne (par exemple, Susan ressent de la douleur si, après avoir été frappée par quelque chose, elle s'écrie « aïe ! »). Le béhaviorisme nie l'expérience consciente subjective et définit la conscience comme la manière dont nous agissons plutôt que la manière dont nous sommes. Cette approche nie le problème difficile de la conscience car elle ne parvient pas à reconnaître que les humains peuvent avoir des états mentaux sans manifester de comportement. Comme l'argumente le philosophe David Lund, nous ne pouvons pas ignorer le fait que nous faisons l'expérience d'états subjectifs intérieurs qui ne sont pas toujours révélés par nos comportements.223
‘It’s what you do’: Behaviourism Another approach that shares the conclusions of eliminative materialism is behaviourism. Behaviourism postulates that consciousness is defined in behavioural terms. Behaviourists assert that a person only has a certain conscious state if it can be verified by that person’s behaviour (for example, Susan is in pain if, after being struck with something, she cries ‘ouch!’). Behaviourism denies subjective conscious experience, and defines consciousness as the way we act rather than the way we are. This approach denies the hard problem of consciousness because it fails to acknowledge that humans can have mental states without displaying any behaviour. As the philosopher David Lund argues, we cannot dismiss the fact that we do experience inner subjective states that are not always revealed via our behaviours.223
Le béhaviorisme rend un état conscient identique à un état physique. Le problème avec cette approche est qu'elle ignore le fait que c'est l'état conscient qui cause le comportement. Par exemple, c'est la douleur qui pousse Susan à dire « aïe ! », donc la douleur et le fait de dire « aïe ! » ne sont pas identiques l'un à l'autre.
Behaviourism makes a conscious state identical to a physical state. The problem with this approach is that it ignores the fact that it is the conscious state that causes the behaviour. For example, it is the pain that provokes Susan to say ‘ouch!’, so pain and saying ‘ouch!’ are not identical to each other.
« Juste un ensemble d'entrées, d'états mentaux et de sorties » : Le fonctionnalisme. Les fonctionnalistes postulent que la conscience est définie par les fonctions ou les rôles qu'elle joue, émergeant d'un ensemble de relations au sein d'un organisme ou d'un système, tout comme un ordinateur. Une fonction est définie comme une relation d'entrées, d'états mentaux et de sorties. Par exemple, si je vois mon bus arriver (entrée), je ressens l'état mental de l'inquiétude de pouvoir être en retard en raison de la possibilité de manquer mon bus (état mental) ; je cours ensuite vers l'arrêt de bus (sortie). Les fonctionnalistes affirment que la conscience est similaire à un programme informatique, qui surgit de motifs complexes au sein du cerveau.224 Le fonctionnalisme a fait l'objet d'un certain nombre d'objections.225
‘Just a bunch of inputs, mental states and outputs’: Functionalism Functionalists postulate that consciousness is defined as the functions or roles it plays, emerging from a set of relations within an organism or system, just like a computer. A function is defined as a relation of inputs, mental states and outputs. For example, if I see my bus arriving (input), I experience the mental state of worrying that I may be late due to the possibility of missing my bus (mental state); I then run towards the bus stop (output). Functionalists assert that consciousness is similar to a computer program, which arises from complex patterns within the brain.224 Functionalism has faced a number of objections.225
L'un de ces points est que le fonctionnalisme est incapable de prendre en compte les états de conscience subjectifs parce qu'ils ne peuvent pas être compris de manière fonctionnelle.226 Il ne s'ensuit pas que le simple fait de connaître toutes les entrées, les états mentaux et les sorties nous permettra de savoir, d'une manière ou d'une autre, ce que cela fait pour un organisme particulier de vivre un état mental. Je peux comprendre que lorsque quelqu'un voit un chien dangereux courir vers lui (entrée), il ressentira de la peur (état mental) et il fuira inévitablement pour se mettre à l'abri (sortie). Cependant, en connaissant les relations entre l'entrée, l'état mental et la sortie, je ne suis pas plus proche de comprendre ce que cela fait pour cette personne d'être dans un état mental particulier. Cela ne me dit rien non plus sur la manière et la raison pour lesquelles les états mentaux surgissent de cet ensemble de relations. En se référant à l'exemple ci-dessus, je ne peux pas savoir ce que cela fait pour quelqu'un d'autre de ressentir le sentiment d'être menacé par un animal dangereux. Comprendre comment les états mentaux se rapportent aux entrées et aux sorties ne permet pas de savoir ce que cela fait d'être dans cet état mental.
One of these is that functionalism is unable to consider subjective conscious states because they cannot be understood functionally.226 It does not follow that just by knowing all of the inputs, mental states and outputs we will somehow know what it is like for a particular organism to experience a mental state. I can understand that when someone sees a dangerous dog running towards them (input), they will experience fear (mental state), they will inevitably run for safety (output). However, by knowing the relations between the input, mental state and output, I am no closer to understanding what it is like for that person to be in a particular mental state. It also tells me nothing about how and why mental states arise from the set of relations. Referring back to the above example, I cannot know what it is like for someone else to experience the feeling of being threatened by a dangerous animal. Understanding how mental states relate to inputs and outputs does not give rise to knowing what it is like to be in that mental state.
De nombreux universitaires soutiennent que, malgré sa popularité, le fonctionnalisme ne possède pas un poids considérable en tant que solution au problème difficile de la conscience.227.
Many academics maintain that despite its popularity, functionalism does not carry much weight as a solution to the hard problem of consciousness.227.
« C'est dans la complexité » : le matérialisme émergent.
‘It’s in the complexity’: Emergent materialism.
Cette idée est basée sur le concept d'émergence. L'émergence se produit lorsque les choses s'organisent de telle manière qu'elles se transforment en entités complexes et présentent des relations causales compliquées à partir desquelles de nouveaux phénomènes apparaissent.228 Il existe deux types de matérialisme émergent : le fort et le faible.
This idea is based on the concept of emergence. Emergence occurs when things become arranged in such a way that they transform into complex entities and have complicated causal relationships from which new phenomena appear.228 There are two types of emergent materialism: the strong and the weak.
La forme faible affirme que nous finirons par comprendre la conscience subjective une fois que tous les processus physiques complexes seront compris. La forme faible peut expliquer comment la conscience émerge des processus physiques, mais il ne s'ensuit pas qu'elle mènera à la connaissance de ce que cela fait, pour un organisme conscient, d'avoir une expérience subjective intérieure. Le mystère de la conscience subjective disparaîtra-t-il une fois que nous aurons compris comment elle émerge de tous les processus physiques complexes ? Si tel est le cas, cela semble nier ce qui nécessite une explication en premier lieu. Si la conscience subjective subsiste, alors le matérialisme émergent souffre des mêmes problèmes que le matérialisme réducteur ; la conscience subjective peut avoir une base physique sans rien nous dire sur ce que cela fait de vivre ces expériences conscientes subjectives.229
The weak form asserts that we will eventually understand subjective consciousness once all of the complex physical processes are understood. The weak form may explain how consciousness emerges from physical processes, but it does not follow that it will lead to knowledge of what it is like for a conscious organism to have an inner subjective experience. Will the mystery of subjective consciousness disappear once we have understood how it emerges from all of the complex physical processes? If it does, then it seems to be denying what requires explaining in the first place. If subjective consciousness remains, then emergent materialism suffers from the same problems as reductive materialism; subjective consciousness may have a physical basis without telling us anything about what it is like to have these subjective conscious experiences.229
Une variante du matérialisme émergent faible soutient que nous ne comprendrons jamais tous les processus physiques qui sous-tendent la conscience subjective. Cependant, d'un point de vue théorique, si nous parvenions un jour à une compréhension parfaite du fonctionnement du cerveau, nous pourrions comprendre la conscience subjective. Cette forme de matérialisme émergent faible n'explique absolument rien. Dans le contexte de l'argument présenté dans ce chapitre, accepter une explication qui explique réellement le problème difficile de la conscience est plus rationnel que d'accepter une approche qui ne le fait pas.
A variant of weak emergent materialism maintains that we will never understand all of the physical processes that underpin subjective consciousness. However, theoretically speaking, if we were ever to have a perfect understanding of how the brain works, we could understand subjective consciousness. This form of weak emergent materialism does not explain anything at all. In the context of the argument presented in this chapter, accepting an explanation that actually explains the hard problem of consciousness is more rational than accepting an approach that does not.
La forme forte du matérialisme émergent soutient que la conscience subjective est un phénomène naturel ; cependant, toute théorie physicaliste qui tente d'aborder sa réalité dépasse les capacités de l'intellect humain. Cette forme d'émergence soutient que nous pouvons obtenir un nouveau phénomène X à partir de Y, sans savoir comment X émerge de Y. Le matérialisme émergent fort maintient que nous pouvons obtenir quelque chose de nouveau à partir de processus physiques complexes, mais le fossé dans notre compréhension de la manière dont cette nouvelle chose émerge ne sera jamais comblé. Cette approche n'explique pas le problème difficile de la conscience, car elle admet qu'elle ne peut être expliquée. À mon avis, cela ne diffère en rien de dire : « Cela arrive, tout simplement. C'est si complexe que personne ne sait. » Revonsuo soutient que le matérialisme émergent fort ne sera jamais capable d'aborder la conscience subjective, et même si l'on nous donnait la théorie correcte, elle « équivaudrait à ce que des hamsters pourraient faire de l'ouvrage *Origins of Species* de Charles Darwin si un exemplaire était placé dans leur cage. »230 Puisque nous essayons d'expliquer le problème difficile de la conscience, rejeter la conscience subjective comme un mystère ne fait rien pour empêcher une personne rationnelle d'accepter une approche qui, elle, l'explique de manière cohérente. La science finira-t-elle par expliquer la conscience subjective ? Comme on peut le voir à partir des approches matérialistes susmentionnées, l'argument principal est qu'une explication scientifique comblera un jour le fossé actuel dans nos connaissances. Cette approche, cependant, ne fournit pas une explication adéquate de la conscience, car je pense qu'il s'agit d'une forme de sophisme du « dieu des lacunes » (ou science des lacunes). Si nous examinons la méthode scientifique et la philosophie des sciences, nous comprendrons que la conscience subjective est hors de portée de la science. Les succès passés de la science découlaient du fait qu'ils étaient capables d'observer de nouveaux phénomènes ou de fournir de nouveaux modèles théoriques expliquant des données observables existantes. La ressemblance d'un organisme conscient particulier ne peut être comprise par la science. Les scientifiques sont limités par les observations dont ils disposent, car la science est « contrainte de restreindre son attention aux problèmes que les observations peuvent résoudre ».
The strong form of emergent materialism argues that subjective consciousness is a natural phenomenon; however, any physicalist theory that attempts to address its reality is beyond the capacity of the human intellect. This form of emergence argues that we can get a new phenomenon X from Y, without knowing how X emerges from Y. Strong emergent materialism maintains that we can get something new from the complex physical processes, but the gap in our understanding of how this new thing emerges will never be closed. This approach does not explain the hard problem of consciousness, as it admits that it cannot be explained. In my view this is no different to saying, “It just happens. It is so complex that no one knows.” Revonsuo argues that strong emergent materialism will never be able to address subjective consciousness, and even if we were to be given the correct theory, it “would equal what hamsters could make of Charles Darwin’s Origins of Species if a copy was placed in their cage.”230 Since we are trying to explain the hard problem of consciousness, dismissing subjective consciousness as a mystery does nothing to prevent a rational person from accepting an approach that actually does coherently explain it. Will science eventually explain subjective consciousness? As seen from the above materialist approaches, the main argument is that a scientific explanation will someday close the current gap in our knowledge. This approach, however, does not provide an adequate explanation of consciousness, as I believe it is a form of the ‘science of the gaps’ fallacy. If we examine the scientific method and the philosophy of science, we will understand that subjective consciousness is beyond the reach of science. The previous successes of science stemmed from the fact that they were able to observe new phenomena or provide new theoretical models that explained existing observable data. The likeness of a particular conscious organism cannot be understood by science. Scientists are limited to the observations they have, because science is “forced to restrict its attention to problems that observations can solve”.
231 Puisqu'il est impossible d'observer la conscience subjective (perspective à la première personne) du point de vue de la troisième personne, la science ne peut pas aborder la conscience subjective. Comme mentionné précédemment, même si nous connaissions tout sur le cerveau, nous ne serions toujours pas en mesure d'aborder le problème difficile de la conscience. L'activité cérébrale indique seulement que quelque chose se produit, et non ce que cela fait que cette chose se produise. Même si toute l'activité neurochimique était cartographiée dans le cerveau de quelqu'un et corrélée avec les récits à la première personne de son expérience subjective, la science serait incapable de déterminer l'expérience de cette personne particulière ou pourquoi elle résulte de processus physiques.
231 Since it is impossible to observe subjective consciousness (first-person perspective) from the perspective of the third person, science cannot address subjective consciousness. As mentioned before, even if we were to know everything about the brain we would still not be able to address the hard problem of consciousness. Brain activity only indicates that something is happening, not what it is like for that something to happen. Even if all of the neurochemical activity were mapped out in someone’s brain and correlated with first-person accounts of his or her subjective experience, science would be unable to determine that particular person’s experience or why it results from physical processes.
Même si, dans dix ans, une nouvelle théorie scientifique ou une explication biologique de la conscience était développée, elle ne serait toujours pas capable de déterminer ce que l'on ressent lorsqu'une personne a une expérience subjective, ni pourquoi cette expérience subjective particulière émerge de processus physiques. L'expérience consciente subjective est en dehors du champ d'application d'une explication scientifique. À la lumière de ce qui précède, les tentatives matérialistes pour expliquer la conscience échouent de manière globale. Le neurophysiologiste John C. Eccles résume de manière appropriée cet échec : « Je soutiens que le mystère humain est incroyablement dénigré par le réductionnisme scientifique, avec sa prétention au matérialisme promissoire... »232.
Even if, ten years from now, a new scientific theory or biological explanation for consciousness is developed, it would still not be able to determine what it is like for a person to have a subjective experience, or why that particular subjective experience emerges from physical processes. Subjective conscious experience is outside of the scope of a scientific explanation. In light of the above, materialistic attempts to explain consciousness fail comprehensively. The neurophysiologist John C. Eccles aptly summarises this failure: “I maintain that the human mystery is incredibly demeaned by scientific reductionism, with its claim in promissory materialism….”232.
Approches non matérialistes Ces approches admettent qu'il y a plus dans la réalité que la matière. C'est une vision que l'Islam, et le théisme en général, reconnaît. Nous sommes plus que de la matière et de l'énergie ; il y a une composante spirituelle à notre existence. Cependant, plusieurs de ces stratégies visent à expliquer la conscience sans admettre, ou invoquer, l'existence de Dieu. Je critiquerai celles-ci et expliquerai comment le théisme offre la manière la plus rationnelle d'expliquer la conscience.
Non-materialistic approaches These approaches admit that the.re is more to reality than matter. This is a view that Islam, and theism in general, recognises. We are more than matter and energy; there is a spiritual component to our existence. However, several of these strategies aim to explain consciousness without admitting, or invoking, the existence of God. I will criticise these and explain how theism provides the most rational way of explaining consciousness.
« Ils sont différents, mais nous ne savons pas comment » : le Dualisme de la Substance.
‘They’re different, but we do not know how’: Substance Dualism.
Le dualisme des substances est la conception selon laquelle il existe deux substances différentes : l'une est physique et l'autre est non physique. Ces substances sont fondamentalement distinctes et existent indépendamment l'une de l'autre. Dans le contexte de notre discussion, le dualisme des substances soutient que la conscience et le cerveau sont différents et ne sont pas issus de la même substance ; l'un est matériel et l'autre est immatériel, pourtant ils interagissent l'un avec l'autre. Ce compte rendu de la conscience est très intuitif, donnant un sens à nos expériences quotidiennes. Par exemple, nous expérimentons que des états conscients peuvent causer des états physiques, et vice versa. Si je vis l'expérience consciente subjective de la tristesse, cela peut causer l'état physique du froncement de sourcils ou des pleurs. À l'inverse, si je me cogne la tête contre un objet, je ressentirai l'expérience subjective intérieure de la douleur. Une objection clé au dualisme des substances est que, puisque les états conscients et le cerveau sont radicalement différents, savoir comment ils interagissent est impossible. C'est ce que l'on appelle le problème de l'interactionnisme ; il n'existe pas — selon certains philosophes — de compte rendu cohérent de la manière et de la raison pour lesquelles le cerveau matériel et la conscience immatérielle interagissent.233
Substance dualism is the view that there are two different substances: one is physical and the other is non-physical. These substances are fundamentally distinct and exist independently of each other. In the context of our discussion, substance dualism maintains that consciousness and the brain are different and are not from the same substance; one is material and the other immaterial, yet they interact with each other. This account of consciousness is very intuitive, making sense of our everyday experiences. For instance, we experience that conscious states can cause physical states, and vice versa. If I have the subjective conscious experience of sadness, it can cause the physical state of frowning or crying. On the converse side, if I bump my head on an object, I will feel the inner subjective experience of pain. A key objection to substance dualism is that since conscious states and the brain are radically different, then knowing how they interact is impossible. This is known as the interactionist problem; there is— according to some philosophers—no coherent account of how and why the material brain and the immaterial consciousness interact.233
Cependant, cette objection repose sur l'hypothèse erronée selon laquelle si nous ne savons pas comment X cause Y, alors nous ne sommes pas justifiés à croire que X cause Y. Il existe de nombreux cas d'interactions causales dans lesquels nous savons qu'une chose en cause une autre sans savoir comment.
However, this objection is based on the false assumption that if we do not know how X causes Y, then we are not justified to believe that X causes Y. There are many cases of causal interactions in which we know one thing causes another without knowing how.
Bien que le dualisme des substances soit un sérieux concurrent de l'alternative théiste, si le dualisme des substances est adopté au sein d'un paradigme non théiste, il ne répond pas à certaines questions fondamentales : d'où vient la substance immatérielle ? Comment existe-t-elle dans l'univers physique ? De plus, une explication théiste fournit un compte rendu plus cohérent de la manière dont le cerveau physique et la conscience non physique interagissent. C'est pourquoi un type de dualisme théiste est l'approche la plus cohérente (voir la section God Is the Best Explanation ci-dessous).
Although substance dualism is a strong contender to the theistic alternative, if substance dualism is adopted within a non-theistic paradigm, it does not address some fundamental questions: Where did the immaterial substance come from? How does it exist in the physical universe? Moreover, a theistic explanation provides a more coherent account of how the physical brain and non-physical consciousness interact. This is why a theistic type of dualism is the most coherent approach (see God Is the Best Explanation section below).
« C'est un accident chanceux » : l'Épiphénoménalisme. Avec cette théorie, les états de conscience sont distincts des états physiques, et les états physiques causent les états de conscience, mais pas l'inverse. De cette manière, les états de conscience sont causalement impuissants. Les rejets populaires de l'épiphénoménalisme incluent le fait que, si cette théorie était vraie, une sensation de douleur dans ma main (expérience consciente) due à une flamme brûlante ne jouerait aucun rôle causal dans le retrait de ma main (état physique). Un autre exemple inclut le fait que si vous aviez la malheureuse expérience d'être poursuivi par un ivrogne déterminé à vous lancer une bouteille cassée, la vue de la bouteille se dirigeant vers vous pourrait créer l'expérience consciente de la peur, mais le sentiment de peur ne vous pousserait pas à vous baisser pour vous protéger ; votre mouvement défensif se produirait suite à un quelconque accident aléatoire. Cela contredit notre compréhension fondamentale de la réalité humaine. Nous savons que nous avons des réactions physiques dues à des états de conscience subjectifs, et nous expérimentons également des sentiments et des expériences subjectifs dus à des causes physiques. Si l'épiphénoménalisme était vrai, la psychologie humaine serait en ruine. Imaginez simplement un patient souffrant de dépression disant à son psychothérapeute que ses sentiments internes de dépression causent ses crises d'anxiété, pour s'entendre répondre que cela n'a rien à voir avec cela.
‘It’s a lucky accident’: Epiphenomenalism With this theory, conscious states are distinct from physical states, and physical states cause conscious states, but not the other way around. In this way, conscious states are causally impotent. Popular rejections of epiphenomenalism include that, if true, a sensation of pain in my hand (conscious experience) due to a hot flame plays no causal role in my hand moving away (physical state). Another example includes that if you were to have the unfortunate experience of being chased by a drunkard hell-bent on throwing a broken bottle at you, the sight of the bottle moving towards you might create the conscious experience of fear, but the feeling of fear would not cause you to duck and protect yourself; your defensive move would occur due to some random accident. This contradicts our basic understanding of the human reality. We know that we have physical reactions due to subjective conscious states, and we also experience subjective feelings and experiences due to physical causes. If epiphenomenalism were true, human psychology would be in ruin. Just imagine a patient with depression telling his psychotherapist that his internal feelings of depression cause his anxiety attacks, only to be told that it has nothing to do with it.
« Tout est conscient » : le panpsychisme.
‘Everything is conscious’: Panpsychism.
Le panpsychisme est quelque peu similaire au dualisme des propriétés, qui affirme qu'une seule substance existe (la substance physique), mais qu'elle contient deux propriétés (physiques et non physiques ou propriétés conscientes subjectives). Le panpsychisme affirme que la matière contient une forme de conscience subjective. De ce point de vue, il soutient que la conscience est une propriété intrinsèque de l'univers et qu'elle joue un rôle causal. Les partisans du panpsychisme incluent les professeurs David Chalmers et Thomas Nagel. Puisque chaque composant de la matière contient une conscience, la conscience du cerveau n'est qu'une accumulation de ces composants de conscience. Une forme de panpsychisme stipule que toute la matière est consciente de la même manière que les humains. L'autre forme de panpsychisme affirme que la conscience contenue dans la matière est dans un état de base, également connu sous le nom de protoconscience.
Panpsychism is somewhat similar to property dualism, which asserts that one substance exists (physical substance), but contains two properties (physical and non-physical or subjective conscious properties). Panpsychism asserts that matter contains a form of subjective consciousness. From this perspective, it argues that consciousness is an intrinsic property of the universe and it plays a causal role. Advocates of panpsychism include professors David Chalmers and Thomas Nagel. Since each component of matter contains consciousness, the brain’s consciousness is just an accumulation of these components of consciousness. One form of panpsychism states that all matter is conscious in the same way humans are. The other form of panpsychism asserts that consciousness contained in matter is in a basic state, also known as protoconsciousness.
Le panpsychisme présente un certain nombre de problèmes. • Premièrement, il y a une absence de preuves pour l'affirmation selon laquelle la matière contient une conscience subjective. Les protons, les électrons, les quarks et les atomes ne présentent aucun signe de conscience subjective.234.
There are a number of problems with panpsychism. • Firstly, there is an absence of evidence for the claim that matter contains subjective consciousness. Protons, electrons, quarks and atoms do not exhibit any signs of having subjective consciousness.234.
• Deuxièmement, cette approche ne parvient pas à fournir une explication métaphysique ou physique adéquate de la manière dont la matière contient la conscience. D'où provient la propriété de la conscience ? Comment la matière contient-elle cette propriété consciente subjective ? L'incapacité du panpsychiste à répondre à ces questions mine toute explication métaphysique et physique.
• Secondly, this approach fails to provide an adequate metaphysical or physical explanation of how matter contains consciousness. Where did the property of consciousness come from? How does matter contain this subjective conscious property? The panpsychist’s failure to answer these questions undermines any metaphysical and physical explanation.
• Troisièmement, il n'existe aucun exemple de conscience existant en dehors de l'expérience subjective d'une entité vivante. Par exemple, que signifie la douleur sans un soi ou un « Je » ? Que signifie être conscient d'une pensée sans quelqu'un qui pense ? Ces questions suggèrent fortement que la conscience n'a de sens qu'avec un être conscient unifié expérimentant une série d'états subjectifs.
• Thirdly, there are no examples of consciousness existing outside of the subjective experience of a living entity. For instance, what does pain mean without a self or an ‘I’? What does being conscious of a thought mean without someone who is thinking? These questions strongly suggest that consciousness only makes sense with a unified conscious being experiencing an array of subjective states.
• Enfin, comment une expérience consciente unifiée peut-elle émerger de nombreux morceaux de matière qui contiennent tous une forme de conscience ? Comment les morceaux de matière individuels qui contiennent une conscience subjective parviennent-ils à s'additionner pour former une expérience unifiée et significative ? Si nos expériences conscientes n'étaient que le résultat de nombreux éléments conscients contenus dans les parties physiques qui constituent le cerveau, notre expérience serait incohérente, ou moins unifiée. Le professeur Edward Feser commente la signification unifiée d'une seule expérience consciente. Il explique que nos expériences ne sont pas seulement une somme de nombreux éléments conscients différents ; nos expériences ont un ressenti unifié. Il présente son argument en utilisant l'expérience consciente de la lecture d'un livre :
• Finally, how can a unified conscious experience emerge from many pieces of matter that all contain a form of consciousness? How do individual pieces of matter that contain subjective consciousness manage to add up to a meaningful, unified experience? If our conscious experiences were just a result of many conscious elements contained in the physical parts that make up the brain, our experience would be incoherent, or less unified. Professor Edward Feser comments on the unified meaning of a single conscious experience. He explains that our experiences are not just a summation of many different conscious elements; our experiences have a unified feel. He presents his case using the conscious experience of reading a book:
« L'expérience possède une signification ou un sens cohérent, et une signification ou un sens pour un sujet unique de l'expérience. Vous n'êtes pas seulement conscient de la forme, de la texture, des couleurs, etc., en tant qu'éléments séparés, mais vous en êtes conscient en tant que livre ; et c'est vous qui en êtes conscient, plutôt qu'une myriade d'événements neuronaux qui seraient chacun, d'une certaine manière, "conscients" d'un aspect particulier du livre. » 235.
“The experience has a coherent significance or meaning, and significance or meaning for a single subject of experience. You are not only aware of the shape, texture, colors, etc. as separate elements, but are aware of them as a book; and it is you who are aware of them, rather than myriad neural events somehow each being ‘aware’ of one particular aspect of the book.” 235.
Il existe de nombreux débats académiques autour des approches que j'ai résumées ci-dessus. Cependant, l'intention principale était de présenter brièvement ces approches et de mettre en lumière certaines critiques qui sapent leur capacité à expliquer la conscience subjective aussi suffisamment que le théisme.
There is a lot of academic discussion around the approaches I have summarised above. However, the main intention was to briefly introduce these approaches and bring to light some criticisms which undermine their ability to explain subjective consciousness as sufficiently as theism does.
Dieu est la meilleure explication.
God is the best explanation.
Comment expliquer la conscience à la lumière des tentatives infructueuses d'expliquer de manière exhaustive nos expériences personnelles subjectives ? Une approche théiste est l'explication la plus adéquate. Il est bien plus raisonnable de postuler qu'un agent conscient, Omniscient, doté de volonté et de dessein, est l'auteur de toute conscience. Voici trois raisons principales pour lesquelles Dieu est la meilleure explication :
How do we explain consciousness in light of the failed attempts to comprehensively explain our subjective personal experiences? A theistic approach is the most adequate explanation. It is far more reasonable to postulate that an All-Aware, conscious agent with volition and purpose is the author of all consciousness. Here are three main reasons why God is the best explanation:
Premièrement, cela répond à une question à laquelle aucune des opinions existantes n'a répondu : d'où vient la conscience ? Le professeur J. P. Moreland explique comment elle n'aurait pas pu provenir de processus physiques naturels : « Notre connaissance du monde naturel nous donnerait des raisons positives de ne pas croire qu'une conscience irréductible puisse y apparaître, par exemple, le réarrangement géométrique d'entités physiques inertes en différentes structures spatiales semble difficilement suffisant pour expliquer l'apparition de la conscience. »236
Firstly, it answers a question that none of the existing views have answered: Where did consciousness come from? Professor J. P. Moreland explains how it could not have been via natural physical processes: “Our knowledge of the natural world would give us positive reasons for not believing that irreducible consciousness would appear in it, e.g., the geometrical rearrangement of inert physical entities into different spatial structures hardly seems sufficient to explain the appearance of consciousness.”236
Si la matière et la conscience sont distinctes, il s'ensuit que la conscience n'aurait pas pu émerger de la matière. Cependant, si la matière contient des propriétés conscientes, alors comment ces propriétés sont-elles apparues ? Nous devons poser cette question ontologique car la conscience est très différente des choses matérielles. Afin d'expliquer le fait que des expériences conscientes subjectives existent, Dieu a dû créer la conscience. Il est bien plus cohérent de postuler un agent conscient et Omniscient pour expliquer la conscience. De ce point de vue, le théisme offre une explication bien plus riche. Moreland soutient que les explications physicalistes et matérialistes de la conscience n'ont « ...aucune manière plausible d'expliquer l'apparition de propriétés/événements mentaux irréductibles et authentiques dans le cosmos... lorsqu'on les compare aux riches ressources explicatives du théisme... ».237
If matter and consciousness are distinct, it follows that consciousness could not have emerged from matter. However, if matter contains conscious properties, then how did these properties arise? We need to ask this ontological question because consciousness is very different from material stuff. In order to explain the fact that subjective conscious experiences exist, God must have created consciousness. It is far more coherent to postulate an All-Aware conscious agent to explain consciousness. From this point of view, theism offers a far richer explanation. Moreland argues that physicalist and materialist accounts of consciousness have “…no plausible way to explain the appearance of irreducible, genuine mental properties/events in the cosmos… when compared to the rich explanatory resources for theism….”237.
Deuxièmement, le théisme répond à la question de savoir comment la conscience a pu entrer dans le monde physique. Il surprend souvent les gens de voir comment des entités non physiques, telles que l'âme, peuvent interagir avec des aspects physiques, comme les corps des humains et des animaux, et même les contrôler. Cependant, le théisme explique cela de manière très naturelle. La volonté globale de Dieu et l'activité Divine assurent un monde où le physique et le non physique interagissent. Charles Taliaferro explique :
Secondly, theism answers how consciousness could have entered the physical world. It often surprises people how non-physical entities like the soul can interact, and in fact control, physical aspects like the bodies of humans and animals. However, theism explains this very naturally. God’s comprehensive will and Divine activity ensure a world where the physical and non-physical interact. Charles Taliaferro explains:
« Mais dans une vision théiste de la conscience, il n'y a ni tour de passe-passe ni acte miraculeux distinct de Dieu derrière l'émergence de la conscience. La conscience émerge du cosmos physique à travers une volonté divine et globale et constante de Dieu pour qu'il existe un monde d'objets, de propriétés et de relations physiques et non physiques. La relation entre la matière, l'énergie, la conscience, les lois de l'espace-temps, tout court, découle tous d'une activité divine et écrasante. »238
“But in a theistic view of consciousness, there is no parlor trick or discrete miraculous act of God behind the emergence of consciousness. Consciousness emerges from the physical cosmos through an abiding comprehensive will of God that there be a world of physical and non-physical objects, properties, and relations. The relation between matter, energy, consciousness, the laws of space-time, tout court, all stem from an overwhelming, divine, activity.”238
Selon une approche non théiste de la conscience, celle-ci semble être apparue miraculeusement sans aucune explication physique adéquate. Cependant, le théisme n'est pas confronté à ce problème, car l'émergence de la conscience est considérée comme faisant partie de la réalité. Puisque Dieu est conscient, Vivant et Omniscient, il est plausible que le monde qu'Il a créé contienne des êtres dotés d'une conscience d'eux-mêmes. Taliaferro conclut de la même manière :
According to a non-theistic approach to consciousness, consciousness seems to have miraculously popped into existence without any adequate physical explanation. However, theism does not face this problem, as the emergence of consciousness is viewed as part of reality. Since God is conscious, Ever-Living and All-Aware, it is plausible that the world He created contains beings with a conscious awareness of themselves. Taliaferro similarly concludes:
« Du point de vue d'une cosmologie fondamentalement matérialiste, l'émergence de la conscience semble étrange ; elle s'apparente à affirmer que "alors un miracle se produit". Mais du point de vue du théisme, l'émergence de la conscience peut être perçue comme quelque chose de profondément enraciné dans la nature même de la réalité. La création de la conscience animale et humaine n'est pas un miracle isolé, mais un reflet de la structure sous-jacente de la réalité. »239
“From the vantage point of a fundamentally materialist cosmology, the emergence of consciousness seems strange; it is likened to claiming ‘then a miracle happens.’ But from the vantage point of theism, the emergence of consciousness may be seen as something deeply rooted in the very nature of reality. The creation of animal and human consciousness is not some isolated miracle, but a reflection of the underlying structure of reality.”239
Le théisme explique l'interaction entre les états mentaux non physiques et les états cérébraux physiques. La volonté et la puissance de Dieu ont permis une telle interaction, car cette interaction fait partie intégrante de la réalité que Dieu a créée. Simplement, si, au commencement du cosmos, seule la matière existait, alors la conscience n'existerait pas. Cependant, si au commencement, un type de conscience a créé le monde physique, alors l'interaction entre les états mentaux non physiques et les états cérébraux physiques devient cohérente.
Theism explains the interaction between nonphysical mental and physical brain states. God’s will and power have enabled such interaction to take place, as this interaction is part and parcel of the reality that God has created. Simply, if, in the beginning of the cosmos, only matter existed, then consciousness would not. However, if in the beginning a type of consciousness created the physical world, then the interaction between nonphysical mental states and physical brain states makes sense.
Troisièmement, le théisme explique notre capacité à avoir des états de conscience subjectifs et le fait que nous ayons une conscience de ce que cela signifie d'être nous-mêmes, en faisant l'expérience de goûts, de sons et de textures. Puisque l'univers a été créé par un Être Vivant, Vivant et Omniscient, il s'ensuit que cette capacité à être conscients de nos états subjectifs intérieurs nous a été donnée :
Thirdly, theism explains our ability to have subjective conscious states and the fact that we have an awareness of what it is to be like ourselves, experiencing tastes, sounds and textures. Since the universe was created by an Ever-Living, Alive, All-Aware Being, it follows that we have been given this capacity to be aware of our inner subjective states:
« Dieu, il n'y a de divinité que Lui, le Vivant. »240.
“God, there is no god except Him, the Ever Living.”240.
« Et Il est le Subtil, le Parfaitement Connaisseur. »241.
“And He is the All-subtle, the All-aware.”241.
Une explication théiste de l'émergence de la conscience possède un pouvoir explicatif supérieur aux explications concurrentes. Je dois toutefois souligner ici que je ne nie pas l'utilité des explications biologiques pour mettre au jour des neuro-corrélations. Les neurosciences peuvent être menées tout aussi vigoureusement et fructueusement dans un contexte théiste. Ce que je préconise, c'est d'ajouter le théisme comme base philosophique pour expliquer pleinement ce que les explications non-théistes ne peuvent expliquer : le problème difficile de la conscience. En ce sens, mon approche est une forme de dualisme, que l'on peut appeler le dualisme théiste. Dans le dualisme théiste, les neurosciences ne sont pas sapées, et tous les projets de recherche peuvent continuer à fournir leurs incroyables perspectives et conclusions sur le sujet. Cependant, le dualisme théiste est une thèse métaphysique qui fournit une explication complète. Le professeur Taliaferro préconise une position similaire : « Je ne vois pas pourquoi les sciences du cerveau ne pourraient pas poursuivre leur étude de l'interaction psycho-physique. L'échec de l'identification métaphysique de la conscience aux états cérébraux n'empêche pas, ne serait-ce qu'une nanoseconde, l'étude de la corrélation. De plus, on peut être dualiste et traiter la conscience et les états cérébraux, la personne et le corps, comme des unités fonctionnelles sans supposer qu'il n'y a qu'un seul type de chose métaphysiquement en jeu. Le dualisme esprit-corps (ou, comme je préfère l'appeler, intégratif) est une thèse en métaphysique... le dualisme intégratif n'est pas une hypothèse scientifique qui entre en compétition avec des affirmations scientifiques. » 242, l'existence de Dieu est requise pour expliquer l'existence et l'émergence de l'expérience consciente subjective. De plus, le problème difficile de la conscience et l'existence d'expériences subjectives intérieures pointent clairement vers un Être Omniscient, qui a créé l'univers et la capacité pour vous et moi d'avoir une conscience de nos états conscients subjectifs.
A theistic explanation for the emergence of consciousness has greater explanatory power than competing explanations. I must stress here, however, that I am not denying the usefulness of biological explanations in unearthing neuro-correlations. Neuroscience can be conducted just as vigorously and fruitfully in a theistic context. What I am advocating is adding theism as a philosophical basis to fully explain what non-theistic explanations cannot: the hard problem of consciousness. In this sense, my approach is a form of dualism, which can be called theistic-dualism. In theistic-dualism, neuroscience is not undermined, and all the research projects can continue to provide their amazing insights and conclusions on the topic. However, theistic-dualism is a metaphysical thesis that provides a comprehensive explanation. Professor Taliaferro advocates a similar position: “I do not see why the brain sciences cannot continue with its study of psycho-physical interaction. The failure to identify metaphysically consciousness with brain states does not for a nanosecond impede the study of correlation. Moreover one may be a dualist and treat consciousness and brain states, the person and body, as functional units without supposing that there is only one kind of thing metaphysically that is in play. Mind-body (or, as I prefer to call it, integrative) dualism is a thesis in metaphysics… integrative dualism is not a scientific hypothesis that competes with any scientific claims.” 242, God’s existence is required to explain the existence and emergence of subjective conscious experience. In addition, the hard problem of consciousness and the existence of inner subjective experiences clearly point to an All-Aware Being, that created the universe and the ability for you and me to have an awareness of our subjective conscious states.
Il ne nous est pas destiné de savoir grand-chose sur l'âme.
We are not meant to know much about the soul.
Les lecteurs musulmans se demanderont à juste titre si cet argument est compatible avec la théologie islamique normative. L'objection courante inclut généralement le fait que le Coran stipule explicitement que le rooh (signifiant l'âme, l'esprit, la conscience ou ce qui anime le corps) relève de l'affaire ou du commandement de Dieu et que l'humanité n'en a reçu que très peu de connaissances. Par conséquent, nous devrions garder le silence sur cette question : « Et ils t'interrogent, [ô Muhammad], au sujet de l'âme. Dis : "L'âme relève de l'affaire de mon Seigneur. Et vous n'avez reçu que peu de connaissance." »243
Muslim readers will rightly ask if this argument is compatible with normative Islamic theology. The common objection usually includes the fact that the Qur’an explicitly states that the rooh (meaning soul, spirit, consciousness or the thing that animates the body) is the affair or command of God and humanity has been given very little knowledge about it. Therefore, we should keep silent on the matter: “And they ask you, [O Muhammad], about the soul. Say, ‘The soul is of the affair of my Lord. And you have not been given of knowledge except a little.’”243
Pour réconcilier ce conflit théologique apparent, il faut comprendre que ce verset concerne l'essence de la conscience ou de l'âme, et non son existence. Le verset affirme qu'une substance immatérielle anime le corps — en d'autres termes, une âme ou une conscience. C'est précisément ce que l'argument de ce chapitre a présenté : que l'existence de la conscience ne peut être expliquée que par une vision du monde non matérialiste. Le chapitre ne traite de rien qui dépasse ce qui est déjà impliqué par les textes sources islamiques. Par exemple, le Qur’an affirme que le rooh est différent de notre univers matériel, qu'il anime le corps, qu'il est un « Je » unifié, et qu'il a été créé par Dieu. Par conséquent, rien ici ne contredit les principes fondamentaux de l'orthodoxie islamique.
To reconcile this apparent theological conflict, it must be understood that this verse concerns the essence of consciousness or the soul, not its existence. The verse affirms that an immaterial substance animates the body—in other words, a soul or consciousness. This is exactly what the argument in this chapter has presented: that the existence of consciousness can only be explained by a non-materialist worldview. The chapter is not discussing anything beyond what is already implied by Islamic source texts. For instance, the Qur’an affirms that the rooh is different from our material universe, that it animates the body, that it is a unified ‘I’, and that it was created by God. Therefore, nothing here contradicts core orthodox Islamic principles.
Pour conclure, je pense que nous devons considérer le fait que Dieu nous demande de méditer en nous-mêmes, et ce faisant, nous pourrions conclure que s'il n'y a pas de Dieu, alors nous ne pourrions avoir aucune expérience consciente subjective — en d'autres termes, en niant Dieu, nous nous nions nous-mêmes !
To conclude, I think we must consider the fact that God tells us to ponder within ourselves, and by doing so we may conclude that if there is no God, then we could not have any subjective conscious experience—in other words, by denying God, we deny ourselves!.
« Ne méditent-ils pas sur eux-mêmes ? »244
“Do they not reflect within themselves?”244