Préface : Mon voyage
Preface: My Journey
Quel est l'intérêt d'écrire un livre sur Dieu, l'Islam et l'athéisme ? Des philosophes, des penseurs et des universitaires de diverses confessions ont déjà écrit des livres sur des sujets similaires, alors pourquoi réinventer la roue ? Pour expliquer cela, permettez-moi d'élaborer un peu sur le chemin que j'ai parcouru jusqu'à présent dans ma vie.
What is the point of writing a book about God, Islam and atheism? Philosophers, thinkers and academics from various religious backgrounds have already written books on similar topics, so why reinvent the wheel? To explain this, let me elaborate a little on the journey that I have taken so far in my life.
Je suis né à London de parents grecs. Tous deux sont arrivés au Royaume-Uni dans les années soixante-dix pour des raisons différentes. Mon père voulait principalement échapper à la vie à Athens. Ma mère n'avait pas vraiment le choix ; elle était une réfugiée chassée par l'invasion turque de Cyprus en 1974. Mes parents ont subi de nombreuses épreuves, mais avec amour, patience et détermination, ils sont devenus aujourd'hui deux des personnes les plus heureuses, les plus aimantes, les plus compatissantes et les plus tolérantes que je connaisse. Je suis éternellement reconnaissant de les avoir dans ma vie. Malgré tous leurs revers, ce qui préoccupait le plus mon père était de résoudre sa propre version de ce que les gens appellent une crise existentielle. Il était à la recherche de réponses aux questions fondamentales de la vie. Son voyage l'a conduit à acquérir une multitude de livres. À la maison, j'avais accès à une large gamme de littérature, de *The Power of Positive Thinking* à *The Science of the Mind*. Mon père était toujours plongé dans ses livres et partageait constamment ses idées avec nous. Je suis l'enfant du milieu de ses trois enfants, et aucun d'entre nous n'avait à l'époque l'esprit assez mature pour saisir pleinement ce qu'il disait. Ayant grandi dans ce contexte, j'ai hérité de l'angoisse existentielle de mon père, et j'ai commencé à me poser des questions sur le fondement de ma propre existence. Je me souviens encore comment, vers l'âge de onze ans, j'allais dans le bain et restais assis dans la baignoire pendant un moment, en pleurant. Je me sentais si seul. Ce qui me venait à l'esprit, c'est que j'étais le seul conscient de mon existence (voir Chapitre 7). Seul moi savais ce que c'était que d'être moi, que je sois seul dans le bain ou en train de jouer avec des amis dans le parc. Cela a créé un sentiment de doute quant à l'existence de la vie consciente des autres personnes. Étaient-ils vraiment conscients ? Existaient-ils de manière réelle ? Que ressentaient-ils ? Quelles étaient leurs expériences conscientes lorsque je n'étais pas là pour en être témoin ? Plus tard dans ma vie, j'ai appris qu'il s'agissait d'une forme de solipsisme, qui est la vision selon laquelle on ne peut être certain que de l'existence de son propre esprit. Néanmoins, ce fut une expérience profondément solitaire, qui fut, selon moi, la force motrice émotionnelle m'ayant poussé à trouver des réponses à des questions très importantes de ma vie. Cette expérience a ancré en moi le fait que le concept de vérité est très important. Dans ma quête de vérité, j'avais l'habitude d'échanger avec mes amis et de leur poser des questions sur leurs croyances. J'ai eu la chance d'avoir des liens avec des personnes de myriades d'ethnies et de cultures. Ce fut l'une des bénédictions d'avoir grandi dans le district londonien de Hackney. Je sentais que sans connaître la vérité, la vie semblait irréelle et illusoire. De nombreux psychologues ont reconnu que les êtres humains veulent avoir raison et cherchent à apprendre des normes sociales lorsqu'ils sont incertains de certaines choses. De ce point de vue, la recherche de la vérité est très importante car elle offre la possibilité de façonner qui nous sommes ou la personne que nous voulons être.
I was born in London to Greek parents. Both of them came to the UK in the seventies for different reasons. My father mainly wanted to escape life in Athens. My mother did not have much of a choice; she was a refugee driven out by the Turkish invasion of Cyprus in 1974. My parents suffered many hardships, but with love, patience and determination they have become now two of the happiest, most loving, compassionate and tolerant people I know. I am eternally grateful to have them in my life. Despite all their setbacks, what concerned my father the most was solving his version of what people call an existential crisis. He was in search of answers to life’s key questions. His journey led him to acquire an array of books. At home, I had access to a wide range of literature, from The Power of Positive Thinking to The Science of the Mind. My father was always immersed in his books and constantly shared his ideas with us. I am the middle of his three children, and none of us at the time had mature enough minds to comprehensively grasp what he was saying. Being brought up in this background, I picked up my father’s existential anguish, and I began to ask questions about the basis of my own existence. I still remember how, at around the age of eleven, I would go into the bath and sit in the tub for a while, crying. I felt so lonely. What occurred to me was that I was the only one conscious of my existence (see Chapter 7). Only I knew what it was like to be me, whether I was alone in the bath or playing with friends in the park. This created a sense of doubt about the existence of other people’s conscious lives. Were they really conscious? Did they exist in a real sense? What were they feeling? What were their conscious experiences when I was not there to witness them? Later in life, I learnt that this was a form of solipsism, which is the view that you can only be certain that your mind exists. Nevertheless, it was a profoundly lonely experience, which I believe was the emotional driving force to find answers to very important questions in my life. This experience instilled within me that the concept of truth is very important. In my search for truth, I used to engage with my friends and ask them questions about their beliefs. I was so fortunate to have connections with people from myriad ethnicities and cultures. This was one of the blessings of being brought up in the London borough of Hackney. I felt that without knowing the truth, life seemed unreal and illusory. Many psychologists have acknowledged that human beings want to be right and seek to learn from social norms when they are unsure about things. From this perspective, the search for truth is very important as it offers the possibility of shaping who we are or the person we want to be.
J'avais le sentiment que ne pas chercher la vérité équivalait à me mentir à moi-même, ou à accepter un mensonge. Par conséquent, la recherche de la vérité était un moyen de tenter d'être sincère envers ma propre existence, car je chercherais à établir la vérité de cette vie et ma place en son sein. Pour moi, s'accrocher à la vision sceptique de la vérité, qui soutient qu'il n'existe aucune vérité, était une impasse. C'est parce que le concept selon lequel il n'y a pas de vérité est en soi une affirmation ; alors comment pourrais-je affirmer que le scepticisme est vrai mais que tout le reste ne l'est pas ? C'est là l'incohérence de la vision sceptique ; un sceptique revendiquerait la vérité du scepticisme, tout en niant toutes les autres vérités. Par conséquent, quelle que soit la position que je tenais, je devais tout de même accepter une vérité.
I felt that not searching for the truth was tantamount to lying to myself, or accepting a lie. Therefore, the search for truth was a means of trying to be sincere with my own existence, as I would be seeking to establish the truth of this life and my place within it. For me, holding on to the sceptical view of the truth, which argues that there is no truth, was self-defeating. This is because the concept that there is no truth is actually a claim itself, so how could I claim that scepticism is true but everything else is not? This is the inconsistency of the sceptical view; a sceptic would claim the truth of scepticism, but would deny all other truths. Consequently, no matter what position I held, I still had to accept a truth.
Lorsque j'ai découvert l'Islam pour la première fois, deux aspects m'ont fasciné. Le premier était la certitude qui émanait de mes amis musulmans. Le second était leurs pratiques sociales et spirituelles ; les deux m'ont finalement conduit à accepter l'Islam. Ce n'est pas l'endroit pour entrer dans les détails de ma conversion. Cependant, il y eut un moment où je fus intellectuellement convaincu par les fondements rationnels de l'Islam, mais cela ne suffisait toujours pas pour que j'embrasse la religion. J'ai donc commencé à adopter deux pratiques. Premièrement, j'ai commencé à apprendre certains chapitres du Qur’an en arabe, et à accomplir plusieurs des cinq prières quotidiennes que les musulmans effectuent dans le cadre de leur pratique spirituelle. Lorsque je me prosternais, ce qui est une partie de la prière islamique, je parlais à Dieu, Lui demandant Sa guidance. J'ai fait cela après avoir reçu une intuition spirituelle de l'ami de mon frère, Amir Islahi. Il étudiait la médecine à l'université, mais il venait sur le campus de mon collège pour nous donner des conseils. Comme j'avais des amis musulmans, je l'écoutais ; faisant écho aux paroles du Prophète Muhammad ﷺ, Amir a dit un jour que l'on est plus proche de Dieu pendant la prosternation, alors parlez-Lui. J'ai trouvé cela profond car le visage reflète qui nous sommes. Bien souvent, il représente notre ego et notre vanité, pourtant les musulmans s'humilient et reconnaissent qu'ils ne sont rien comparés à Dieu. Dans cette soumission, ils se trouvent véritablement ; serviteurs de l'Unique qui les a créés. Dans la prosternation, position physique d'humilité et d'absence d'ego, les musulmans parlent à Dieu. J'ai donc commencé à Lui parler aussi, et j'ai imploré la guidance. Le Dr Amir Islahi est aujourd'hui mon ami, mais je ne pense pas qu'il connaisse l'impact de ces quelques mots qu'il m'a transmis il y a plus de 15 ans. Deuxièmement, j'ai commencé à avoir plus de conversations avec un ami d'école, Moynul Ahmed. Il venait chez moi et me parlait de l'Islam, et je lui posais des questions. Cependant, au début du processus, j'étais intellectuellement convaincu, mais mon cœur était mort. Rien de ce que je savais sur la vérité de l'Islam n'avait été intériorisé. Dans cette lutte pour combiner ce que je savais avec ce que je ressentais, j'ai rencontré Moynul devant chez moi et nous nous sommes assis dans sa voiture le 4 octobre 2002. Pour être honnête, je ne me souviens pas vraiment de ce qu'il m'a dit, mais je me souviens de ce que j'ai ressenti. Il a exprimé une description profonde et poétique de la certitude de la mort. Je ne peux me rappeler les mots exacts ; le faire reviendrait à essayer d'attraper un chat noir dans l'obscurité. Cependant, cela m'a frappé de plein fouet et a, d'une certaine manière, ouvert une porte qui semblait avoir été verrouillée, permettant à ma certitude dans la vérité de l'Islam d'affecter mon cœur.
When I first learnt about Islam, two aspects fascinated me. The first was the certainty that emanated from my Muslim friends. The second was their social and spiritual practices; both eventually led me to accept Islam. This is not the space to go into detail about my conversion. However, there was a point when I became intellectually convinced in the rational foundations of Islam, yet it still was not enough for me to embrace the religion. So I started adopting two practices. First, I started to learn some chapters of the Qur’an in Arabic, and pray several of the five daily prayers that Muslims carry out as part of their spiritual practice. When I used to prostrate, which is a part of the Islamic prayer, I would talk to God, asking for His guidance. I did this after receiving a spiritual insight of my brother’s friend, Amir Islahi. He was studying medicine at university, but he would visit my college campus and give us advice. Since I had Muslim friends, I would listen to him; echoing the words of the Prophet Muhammad صلى الله عليه وسلم, Amir once said that you are closest to God during prostration, so speak to Him. I found this profound because the face reflects who we are. Many times it represents our ego and vanity, yet Muslims humble themselves and acknowledge that they are nothing compared to God. In that submission they truly find themselves; servants of the One that created them. In prostration, the physical station of humility and egolessness, Muslims speak to God. So I started talking to Him too, and begged for guidance. Dr. Amir Islahi is now my friend, but I do not think he knows the impact of those few words he conveyed to me over 15 years ago. Second, I began to have more conversations with a school friend of mine, Moynul Ahmed. He would come to my house and speak to me about Islam, and I would ask him questions. However, early on in the process I was intellectually convinced, but my heart was dead. Nothing I knew about the truth of Islam had been internalised. In this struggle to combine what I knew with what I felt, I met Moynul outside my house and sat in his car on 4 October 2002. To be honest, I do not really remember what he told me, but I remember how I felt. He expressed a profound and poetic description of the certainty of death. I cannot recall the exact words; to do so would be like catching a black cat in the dark. However, it hit me hard and somehow opened a door that seemed to have been locked, allowing my certainty in the truth of Islam to affect my heart.
Les êtres humains n'aiment pas penser à la mort. Elle crée en nous la réalisation que tous les attachements que nous avons construits dans ce monde cesseront d'être. De manière significative, elle nous éveille au fait brutal que nous n'existerons plus sur cette planète. Nous devons faire face à la réalité d'une apocalypse personnelle inévitable. Il y a eu de nombreuses théories philosophiques sur la mort. Par exemple, certains penseurs soutiennent que la mort est comme un sommeil permanent. D'autres ont expliqué que la mort doit être considérée comme faisant partie de la vie, quelque chose avec quoi chaque personne doit composer afin de bien vivre ; une partie de ce qui est impliqué dans l'acceptation de notre finitude. Certains penseurs ont affirmé que la mort est une transition de cette vie vers une vie après la mort, laquelle inclut la vie éternelle de félicité via la miséricorde Divine, ou la douleur en raison de notre insistance à rejeter la miséricorde et la guidance de Dieu.
Human beings do not enjoy thinking about death. It creates the realisation within us that all of the attachments we have built in this world will cease to be. Significantly, it awakens us to the brutal fact that we will no longer exist on this planet. We have to face the reality of an inevitable personal apocalypse. There have been many philosophical theories about death. For example, some thinkers hold the view that death is like a permanent sleep. Others have explained that death is to be considered part of life, something which every person must come to terms with in order to live well; part of what is involved in accepting our finitude. Some thinkers have claimed that death is a transition from this life to an afterlife, which includes the eternal life of bliss via Divine mercy, or pain because of our insistence on rejecting the mercy and guidance of God.
Quelles que soient nos opinions sur la mort, nous pouvons tous convenir qu'il s'agit d'un sujet auquel nous ne pensons pas assez. Cela peut paraître morbide, mais il y a un bénéfice profond à réfléchir à la mort — cela amène la prise de conscience que la vie est courte. Méditer sur notre nature finie aide à diminuer nos egos et nos désirs égoïstes ne semblent plus aussi importants. Nos attachements éphémères au monde matériel sont remis en perspective et nos vies sont remises en question — tout cela offre un grand bénéfice. Comme l'a dit le théologien du XIe siècle Al-Ghazali, « ...dans le souvenir de la mort, il y a récompense et mérite. »2 Contempler la mort provoque la réflexion et nous offre une opportunité de réfléchir à la nature de notre existence.
Whatever our views on death are, we can all agree it is a subject that we do not think about enough. This may sound morbid, but there is a profound benefit in reflecting on death—it brings about the realisation that life is short. Pondering our finite nature helps diminish our egos and our selfish desires no longer seem that important. Our ephemeral attachments to the material world are put into perspective and our lives are questioned—all of which offer great benefit. As the 11th century theologian Al-Ghazali said, “…in the recollection of death there is reward and merit.”2 Contemplating death provokes thought and gives us a window of opportunity to reflect on the nature of our existence.
Réfléchir à la mort a apporté des réponses aux questions sur la manière dont je devrais percevoir la vie. Cela m'a appris à mesurer l'importance que je devrais accorder aux choses matérielles. En observant ma vie à travers le prisme de la mort, je suis entré dans un espace émotionnel et intellectuel où je pouvais évaluer ma situation sur cette planète. Comment suis-je venu au monde ? Que devrais-je faire ici ? Où vais-je ? La mort a été la force motrice derrière ces questions cruciales, car au moment où j'ai reconnu que cette vie est courte, qu'un jour je rendrai mon dernier souffle, cela a permis de remettre chaque chose à sa juste place.
Reflecting on death, answered questions on how I should view life. It taught me to measure how much importance I should attach to material things. In viewing my life through the lens of death, I entered an emotional and intellectual space where I could assess my situation on this planet. How did I come to be? What should I be doing here? Where am I going? Death was the driving force behind these critical questions, because the moment I recognised that this life is short, that one day I will breathe my last, it put everything into perspective.
Pour comprendre ce que j'ai traversé, je veux que vous réfléchissiez à la mort ; imaginez que vous soyez là une minute et que la suivante, vous ne soyez plus. Vous avez probablement connu des êtres chers qui sont décédés ; qu'avez-vous ressenti ? Avez-vous ressenti de la solitude, du vide et un manque d'attachement aux choses que vous preniez si au sérieux ? Maintenant, si vous deviez goûter à la mort à cet instant précis, comme tout être humain finira par le faire, qu'est-ce que cela signifierait pour vous ? Que feriez-vous différemment de votre vie si vous aviez la chance de revenir en arrière ? Quelles pensées et quelles idées prendriez-vous plus au sérieux ? Quelle serait votre vision des choses si vous pouviez revivre votre vie après avoir fait l'expérience de la tragique réalité de la mort ?
To understand what I went through, I want you to reflect on death; imagine you are here one minute and the next you are no more. You have probably experienced loved ones that have passed away; how did you feel? Did you feel loneliness, emptiness and lack of attachment to the things you used to take so seriously? Now, if you were to taste death this instant, as every human being eventually will, what would that mean to you? What would you do differently with your life if you were given the chance to go back? What thoughts and ideas would you take more seriously? What would your outlook be if you could relive your life having experienced the tragic reality of death?
Ce qui est triste à propos de la mort, c'est que nous ne pouvons pas revenir en arrière. Cette prise de conscience pesait lourdement sur mon esprit. Une réflexion profonde sur la mort m'a conduit à la conclusion que la vie est courte, et que je voulais la transformer pour le mieux sans tarder. Dès le lendemain matin, j'ai pris un taxi pour la London Central Mosque et j'ai embrassé l'Islam. La date était le 5 octobre 2002.
The sad thing about death is that we cannot go back. This realisation weighed heavily on my mind. Deeply reflecting on death led me to the conclusion that life is short, and that I wanted to transform it for the better without delay. The very next morning I took a taxi to London Central Mosque and embraced Islam. The date was October 5, 2002.
Mon besoin de connaître la vérité s'est transformé en un désir de parler de la vérité aux autres. Dans ma naïveté, je m'accrochais à tout ce qui me semblait soutenir l'Islam et ses fondements rationnels. J'étudiais les œuvres de divers philosophes chrétiens parce que rien de ce genre n'était accessible aux musulmans dans la langue anglaise — la plupart des écrits intellectuels islamiques les plus profonds sont en arabe. Cela a inévitablement rendu mon processus d'apprentissage difficile. Adopter les arguments soutenus par les philosophes chrétiens n'était pas la meilleure façon d'imprégner le théisme islamique. Bien que les deux confessions aient beaucoup de points communs, il existe des différences énormes et subtiles. Tout au long de mes années en tant que musulman, j'ai appris les choses à la dure. J'ai commis de nombreuses erreurs et fautes, et une grande partie de ce livre se compose des leçons que j'ai apprises. Beaucoup de mes erreurs sont visibles par tous sur Internet. Ce processus d'essais et d'erreurs a eu ses avantages ainsi que ses conséquences négatives. Les aspects négatifs sont que tous mes impairs, faux pas et oublis sont visibles par tous. Cependant, en lisant ce livre, vous pouvez apprendre de mes erreurs et vous n'avez pas à apprendre les choses à la dure. Les essais et erreurs ont affiné, développé et renforcé les arguments que j'ai adoptés. Ce voyage m'a également fait apprécier que la tolérance et la compassion figurent parmi nos vertus les plus élevées. Ces expériences ont également remis en question mes vues sur ma propre foi, et ont aidé à ouvrir la porte pour découvrir que l'Islam possède une tradition de compassion. À travers les enseignements du Prophète Muhammad ﷺ, j'ai compris que la compassion embellit tout.
My need to know the truth transformed into a desire to tell others about the truth. In my naivety, I would latch onto anything that I felt supported Islam and its rational foundations. I would study the works of various Christian philosophers because nothing of that sort was accessible to Muslims in the English language—most profound Islamic intellectual writings are in Arabic. This inevitably made my learning process hard. Adopting the arguments espoused by Christian philosophers was not the best way to imbibe Islamic theism. Although the two faiths have a lot in common, there are huge and subtle differences. Throughout my years as a Muslim, I have learnt things the hard way. I have made many mistakes and errors, and much of this book consists of the lessons that I have learnt. Many of my mistakes are available for all to see on the Internet. This process of trial and error has had its benefits as well as its negative consequences. The negatives are that all of my blunders, slip-ups and oversights are available for all to see. However, by reading this book, you can learn from my mistakes and you do not have to learn things the hard way. Trial and error have refined, developed and strengthened the arguments I have adopted. This journey has also made me appreciate that tolerance and compassion are among our highest virtues. These experiences also challenged my views on my own faith, and helped open the door to find out that Islam has a compassionate tradition. Through the Prophet Muhammad’s صلى الله عليه وسلم teachings, I understood compassion beautifies everything.
J'ai testé mes idées et mes arguments auprès de certains des esprits athées les plus brillants au monde. J'ai débattu avec d'éminents universitaires et penseurs athées issus d'un large éventail de milieux intellectuels. Certains de mes interlocuteurs ont été le professeur Simon Blackburn, le Dr Brendan Larvor, le Dr Stephen Law, le professeur Richard Norman, le Dr Nigel Warburton, le professeur Peter Simons, le professeur Lawrence Krauss, le professeur Graham Thompson, le Dr Peter Cave et Dan Barker. J'ai même eu une brève discussion de rue avec le professeur Richard Dawkins, mais malheureusement nous avons été interrompus et Dawkins s'est éclipsé rapidement. Les sujets que nous avons débattus vont de « Pouvons-nous mener de meilleures vies sans la religion ? » à « La conscience peut-elle être mieux expliquée par l'existence de Dieu ? » en passant par « L'Islam ou l'Athéisme : lequel est le plus sensé ? ». Ces débats ont facilité l'amélioration de mes arguments. Cela a été une immense bénédiction, et ceux qui sont familiers avec mon travail ont vu que j'ai évolué, passant du simple reflet des arguments des philosophes analytiques au développement de positions ancrées dans la tradition islamique. Cela ne signifie pas que j'ai « jeté le bébé avec l'eau du bain ». Comme vous le verrez dans ce livre, j'ai conservé tous les arguments sains, universels et robustes, tout en leur donnant une saveur islamique, ainsi qu'en les affinant pour m'assurer qu'ils soient théologiquement et rationnellement cohérents.
I have tested my ideas and arguments with some of the brightest atheist minds in the world. I have debated prominent atheist academics and thinkers from a wide range of intellectual backgrounds. Some of my interlocutors have been Professor Simon Blackburn, Dr. Brendan Larvor, Dr. Stephen Law, Professor Richard Norman, Dr. Nigel Warburton, Professor Peter Simons, Professor Lawrence Krauss, Professor Graham Thompson, Dr. Peter Cave and Dan Barker. I have even had a brief street discussion with Professor Richard Dawkins, but unfortunately we were interrupted and Dawkins made a quick exit. The topics we have debated range from “Can we live better lives without religion?”, “Can consciousness be best explained by God’s existence?” to “Islam or Atheism: Which Makes More Sense?”3 These debates have facilitated improvements to my arguments. It has been a huge blessing, and those who are familiar with my work have seen that I have evolved from mirroring the arguments of analytical philosophers to developing positions rooted in the Islamic tradition. This does not mean I have ‘thrown away the baby with the bathwater’. As you will see in this book, I have kept all the sound, universal and robust arguments, while giving them an Islamic flavour, as well as refining them to ensure that they are theologically and rationally coherent.
L'obtention de mon Master en philosophie à l'University of London s'est avérée très bénéfique. Ma capacité à remettre en question de manière critique et à soutenir des points de vue philosophiques s'est améliorée. Je poursuis actuellement des études de troisième cycle dans ce domaine, et j'ai l'intention d'utiliser ce que j'ai appris pour articuler un argumentaire intelligent et compatissant en faveur de l'Islam traditionnel auprès d'un large éventail de publics. Ces expériences académiques ont façonné et influencé le flux logique et le contenu des arguments présentés dans ce livre. Elles ont également renforcé ma conviction que la théologie, la pensée et la philosophie islamiques — fondées sur le Qur'an et les enseignements prophétiques — sont intuitives, cohérentes et robustes.
Completing my Master’s degree in philosophy at the University of London has proven to be very beneficial. My ability to critically challenge and support philosophical views has improved. I am currently continuing postgraduate studies in this field, and it is my intention to use what I have learnt to articulate an intelligent and compassionate case for traditional Islam to a wide range of audiences. These academic experiences have shaped and influenced the logical flow and content of the arguments presented in this book. They have also strengthened my view that Islamic theology, thought and philosophy—grounded in the Qur’an and the prophetic teachings—are intuitive, coherent and robust.
Aucun autre livre disponible en langue anglaise n'articule un argument intelligent et nuancé en faveur du théisme islamique, tout en abordant l'incohérence de l'athéisme. Il ne s'agit pas de faire l'éloge de ce livre ; cela souligne plutôt le manque d'écrits sur ce sujet. Lors des conférences que j'ai données dans des campus universitaires à travers le monde, j'ai interagi avec des milliers d'étudiants et d'universitaires, musulmans et non-musulmans. Ces interactions, en plus de la montée de l'athéisme, ont rendu très clair le fait que les gens ont une soif intellectuelle concernant la vision islamique de Dieu, le rôle de la révélation et la personnalité du Prophète Muhammad ﷺ. Ce livre vise à étancher cette soif, fournissant ainsi au lecteur anglophone un ensemble cohérent d'arguments sur l'existence de Dieu, Son unicité et les raisons pour lesquelles Il est digne de notre adoration, incluant un argumentaire convaincant pour le Qur'an et la prophétie de Muhammad ﷺ. Il répond également à une large gamme d'arguments et d'objections, tant académiques que populaires, qui favorisent le déni du Divin.
No other book available in the English language articulates an intelligent and nuanced case for Islamic theism, while addressing the incoherence of atheism. This is not to praise this book; rather, it highlights the lack of writing on this topic. During the lectures that I have delivered at university campuses all around the world, I have interacted with thousands of Muslim and non-Muslim students and academics. These interactions, in addition to the rise of atheism, have made it quite clear that people have an intellectual thirst concerning the Islamic view of God, the role of revelation and the personality of the Prophet Muhammad صلى الله عليه وسلم. This book aims to quench that thirst, thereby providing an English reader with a coherent set of arguments for God’s existence, oneness and why He is worthy of our worship, including a compelling case for the Qur’an and the prophethood of Muhammad صلى الله عليه وسلم. It also responds to and addresses a wide range of academic and popular arguments and objections that favour the denial of the Divine.
Ce livre contient une combinaison d'arguments universels et islamiques pour l'existence de Dieu, le Qur'an et la prophétie de Muhammad ﷺ. Beaucoup de ces arguments ont été éprouvés et testés auprès d'universitaires et de penseurs au fil des années. Chaque chapitre contient des références islamiques pertinentes pour montrer le fondement islamique de chaque argument, ce qui garantit qu'ils sont non seulement philosophiquement solides mais aussi islamiquement cohérents. Environ cinquante pour cent des références de ce livre proviennent de la tradition islamique ; cela inclut des références du Qur'an et des Traditions Prophétiques.4
This book contains a combination of universal and Islamic arguments for God’s existence, the Qur’an and the prophethood of Muhammad صلى الله عليه وسلم. Many of these arguments have been tried and tested with academics and thinkers over the years. Each chapter has relevant Islamic references to show the Islamic basis for each argument, which ensures that they are not only philosophically sound but Islamically coherent. Approximately fifty percent of the references in this book come from the Islamic tradition; this includes references from the Qur’an, the Prophetic Traditions4
(connu sous le nom de hadith ; ahadith au pluriel) et la tradition savante islamique. Ce livre ne se concentre pas seulement sur le théisme islamique et une réponse à l'athéisme ; il aborde un argument clé en faveur de l'auteur divin du Qur'an et explique comment, en examinant les expériences de vie, les enseignements et l'impact du Prophète Muhammad ﷺ, nous ne pouvons conclure qu'il était le dernier messager de Dieu. De manière significative, il développe en détail pourquoi Dieu est digne de notre adoration, ce qui est la raison de notre existence.
(known as hadith; ahadith, pl) and the Islamic scholarly tradition. This book does not just focus on Islamic theism and a response to atheism; it addresses a key argument for the Divine authorship of the Qur’an and explains how, by looking at the life experiences, teachings and impact of the Prophet Muhammad صلى الله عليه وسلم, we can only conclude that he was the final messenger of God. Significantly, it elaborates in detail on why God is worthy of our worship, which is the reason for our existence.
Que vous vous considériez comme musulman, athée ou sceptique, je vous invite à lire ce livre avec un cœur et un esprit ouverts. Je crois sincèrement que si vous répondez à cette invitation, l'une des conclusions auxquelles vous parviendrez est que l'athéisme est un mirage intellectuel et que la conception islamique de Dieu est cohérente et vraie. Une fois que vous aurez lu ce livre, vous verrez que l'expression « mirage intellectuel » est une description appropriée de l'athéisme. Un mirage est une illusion d'optique que nous expérimentons en raison de conditions atmosphériques. De même, les conditions qui facilitent le déni du Divin sont basées sur de fausses hypothèses sur le monde, des arguments incohérents, des postulations pseudo-intellectuelles qui voilent des enjeux émotionnels et, occasionnellement, l'égocentrisme. L'athéisme n'est pas fondé sur un engagement envers la raison ; à bien des égards, il en est l'adversaire (voir le Chapitre 3).
Irrespective of whether you consider yourself a Muslim, atheist or sceptic, I invite you to read this book with an open heart and mind. I truly believe that if you respond to this invitation, one of the conclusions you will reach is that atheism is an intellectual mirage and that the Islamic conception of God is coherent and true. Once you read this book you will see that the phrase ‘intellectual mirage’ is an apt description for atheism. A mirage is an optical illusion that we experience due to atmospheric conditions. Likewise, the conditions that facilitate the denial of the Divine are based on false assumptions about the world, incoherent arguments, pseudointellectual postulations that veil emotional issues and on occasion, egocentricity. Atheism is not based on a commitment to reason; in many ways, it is its adversary (see Chapter 3).