33 La politique intérieure de l'État islamique
33 The Domestic Policy of the Islamic State
La politique intérieure de l'État islamique consiste à appliquer les règles de l'Islam en interne. L'État islamique mettrait en œuvre ces règles dans les terres qui sont sous sa juridiction. Il organise et supervise les relations et les transactions, applique les peines légales (Hudud), exécute les châtiments, fait respecter la haute moralité, assure l'accomplissement des rites islamiques et des actes d'adoration, tout en veillant aux affaires des citoyens conformément aux règles de l'Islam. L'Islam a déterminé la méthode par laquelle ses règles doivent être appliquées aux personnes qui se soumettent à son autorité, qu'elles soient musulmanes ou autres. L'État islamique applique les règles de l'Islam en suivant cette méthode spécifique. En effet, la méthode est en soi un statut légal (Hukm) Sharii, tout comme les règles concernant les questions traitées. L'Islam est venu s'adresser à tous les peuples, car Allah (SWT) s'est adressé à toute l'humanité avec l'Islam en tant qu'êtres humains et rien d'autre. Allah (SWT) dit,
The domestic policy of the Islamic State is to execute the rules of Islam internally. The Islamic State would implement these rules in the land which were under its jurisdiction. It organized and supervised relationships and transactions, implemented the hudud, carried out punishments, enforced high morals, ensured the performance of the Islamic rituals and acts of worship, as well as looking after the citizens’ affairs according to the rules of Islam. Islam has determined the method by which its rules are to be implemented on the people who submit to its authority, whether Muslims or otherwise. The Islamic State implemented the rules of Islam following this specific method. Since, the method is by itself a Hukm Sharii, as well as the rules concerning the issues. Islam came to address all people, for Allah (swt) addressed all mankind with Islam as human beings and nothing else. Allah (swt) says,
« Ô hommes ! Adorez votre Seigneur, qui vous a créés, vous et ceux qui vous ont précédés, afin que vous deveniez Al-Muttaqun (les pieux). » [Al-Baqarah, 2:21].
“O Mankind! Worship your Lord (Allah), Who created you and those who were before you so that you may become Al-Muttaqun (the pious).” [Al- Baqarah, 2:21].
Il dit également,
He I also says,
« Ô homme ! Qu'est-ce qui t'a rendu insouciant à l'égard de ton Seigneur, le Très Généreux ? » [Al-Infitar, 82:6].
“O man! What has made you careless concerning your Lord, the Most Generous?” [Al-Infitar, 82:6].
Les savants de la fondements de la jurisprudence (Usul al-Fiqh) ont considéré que la Shari’yah s'adressait à tout esprit humain capable de comprendre, qu'il soit musulman ou non. L'imam al-Ghazali a dit dans son livre Al-Mustasfa fi al-Usul,
The scholars of Usul ul-Fiqh (foundation of jurisprudence) considered the Shari’yah as being addressed to every human mind capable of understanding, be it Muslim or not. Imam al-Ghazali said in his book Al-Mustasfa fi al- Usul,
« En vérité, celui qui est gouverné doit être une personne responsable sur le plan juridique, à condition qu'il soit sain d'esprit et capable de comprendre l'adresse du Législateur. Ce qui qualifie la personne à être tenue d'observer les règles est sa nature humaine qui lui permet d'accueillir la capacité mentale par laquelle elle reçoit et comprend les commandements d'Allah. »
“Verily the governed must be a responsible person in a legal capacity, the condition being that he is sane and able to understand the address of the Legislator. What qualifies the person to be liable to observe the rules is his human nature which enables him to accommodate the mental capability by which he receives and understands the commandments of Allah.”.
Par conséquent, tous les êtres humains ont été interpellés par l'Islam. Cette interpellation a pris la forme d'une invitation et d'une obligation, la première étant destinée à inviter les gens à embrasser l'Islam et la seconde visant à obliger les gens à adhérer à ses règles ; ceci concerne les gens en général. Quant à ceux sur lesquels l'État Islamique exerce son autorité, l'Islam les considère comme un groupe d'êtres humains qui se soumettent à cette règle, quels que soient leur secte, leur race ou leur croyance. Tout ce qui leur est demandé est simplement l'allégeance à l'État et au système de gouvernance.
Therefore, all humans have been addressed by Islam. This address has taken the form of an invitation and an obligation, the first one being intended to invite people to embrace Islam and the latter intending to oblige people to adhere to its rules; this is regarding people in general. As for those whom the Islamic State rules over, Islam considers these as a group of humans who abide by that rule, regardless of their sect, race or creed. All that is required from them is simply allegiance to the State and the ruling system.
Les minorités ethniques n'existent pas, car tous les individus sont considérés d'un point de vue humaniste et sont des citoyens de l'État islamique tant qu'ils remplissent leurs devoirs de citoyenneté. Toute personne détenant la citoyenneté de l'État jouit de la pleine mesure des droits décrétés pour elle par la charia, qu'elle soit musulmane ou non. Quiconque ne détient pas cette citoyenneté est privé de ces droits, même s'il était musulman. Par exemple, si un homme musulman avait une mère chrétienne détenant la citoyenneté islamique et un père qui ne la détenait pas, alors sa mère serait qualifiée pour recevoir l'entretien de sa part, tandis que son père ne le serait pas. Si la mère le réclamait auprès de lui, le juge trancherait en sa faveur car elle serait classée comme citoyenne de l'État islamique, alors que si le père tentait de faire de même, le juge rejetterait sa demande car il ne serait pas classé comme l'un de ses citoyens. Par conséquent, la charia considère ceux qui sont régis par l'Islam comme des citoyens et a fait de la citoyenneté une chose qu'ils détiennent tous en commun et qui les qualifie pour jouir des droits de tutelle et de protection décrétés par l'Islam en vivant dans l'État islamique en tant que citoyens.
Ethnic minorities do not exist as all people are viewed from a humanistic point of view and are citizens of the Islamic State so long as they fulfill the duties of citizenship. Every person holding the citizenship of the State enjoys the full rights decreed for him by the Shari’ah, whether he is Muslim or not. Anyone not holding that citizenship is deprived of these rights, even if he were Muslim. For instance, if a Muslim man had a Christian mother who held the Islamic citizenship and a father who did not, then his mother would qualify to receive sustenance from him and his father would not. If the mother claimed it from him the judge would rule in her favor because she would be classified as a citizen of the Islamic State, whereas if the father attempted to do likewise the judge would reject his claim because he would not be classified as one of its citizens. Therefore, the Shari’ah considers those ruled by Islam as citizens and made the citizenship something which they all hold in common and which qualifies them to enjoy the rights of guardianship and welfare decreed by Islam by living in the Islamic State as citizens.
Ceci concerne leur position d'un point de vue de la sentence et de la tutelle. Quant à l'application des lois islamiques, cela est considéré d'un point de vue juridique et non d'un point de vue religieux. Cela est dû au fait que les textes de la charia doivent être examinés sous un aspect juridique, car le texte a été décrété pour traiter des problèmes. Le but du Législateur pour nous est de suivre le sens et le contenu et non de s'arrêter au sens apparent du texte. Par conséquent, la cause juridique (Illah) derrière la sentence est prise en considération lors de l'extraction d'une règle. En d'autres termes, c'est le côté législatif du texte qui est pris en considération lors de l'examen d'un verdict. Ce verdict, s'il est adopté par le calife, devient une loi et chacun est obligé par elle et de l'exécuter.
This is regarding their position from a ruling and guardianship point of view. As for the application of the Islamic laws, this is considered from a legal point of view and not from a religious point of view. This is so, because the Shari’ah texts should be viewed from a legal aspect and the text has been decreed to deal with problems. The Legislator’s aim for us is to follow the meaning and the content and not to stop at the apparent meaning of the text. Therefore the ‘illah (reason) behind the ruling is taken into consideration when extracting a rule. In other words, it is the legislative side of the text that is taken into consideration when viewing a verdict. This verdict, if adopted by the Khaleefah, becomes law and everyone is obliged by it and to execute it.
Par conséquent, la soumission de toutes les personnes vivant dans l'État islamique à la charia est concluante et irrévocable. Pour les musulmans, c'est leur croyance et leur embrassement de l'Islam qui les engage à respecter toutes ses lois, car la soumission à la croyance signifie la soumission à toutes les règles qui émanent de cette croyance (Aqeedah) ; ainsi, leur embrassement de cette croyance (Aqeedah) les oblige à respecter de manière concluante toutes les lois apportées par cette croyance (Aqeedah). Ainsi, pour les musulmans, la charia est la partie législative de l'Islam. Ils sont engagés à mettre en œuvre toutes ses règles, qu'elles soient liées à leur relation avec Allah, lesquelles sont des actes d'adoration (Ibadah), ou celles liées à leur relation avec eux-mêmes, telles que leur morale et leur régime alimentaire, ou celles liées à leur relation avec autrui, ces dernières concernant les transactions et les sanctions.
Therefore, the submission of all people living in the Islamic State to the Shari’yah is conclusive and irrevocable. For the Muslims, it is their belief and their embracing of Islam which covenants them to abide by all its laws because the submission to the belief means submission to all the rules which emanate from that ‘Aqeedah, so their embracing of that ‘Aqeedah obliges them to conclusively abide by all the laws brought by that ‘Aqeedah. Thus, for the Muslims, the Shari’ah is the legislative part of Islam. They are covenanted to carry out all of its rules, whether those related to their relationship with Allah, which are acts of ‘Ibadah (worship), or those related to their relationship with themselves, such as their morals and diet, or those related to their relationship with others, these being concerned with transactions and penalties.
Les musulmans sont unis sous la croyance (Aqeedah) islamique et par le fait que le Coran et la sunna sont les sources de la charia, tandis que les principes et les verdicts en sont dérivés. Aucun d'entre eux n'a divergé sur cette question. Cependant, en raison de l'effort d’interprétation (Ijtihad), ils ont divergé dans la compréhension du Coran et de la sunna, et il en a résulté l'émergence de différentes écoles de pensée et sectes. Cela était dû au fait que l'Islam a encouragé les musulmans à pratiquer l'effort d’interprétation (Ijtihad) et au fait qu'il existe des variations naturelles dans la compréhension. Par conséquent, des divergences sont apparues dans la compréhension de la croyance (Aqeedah), de la législation et de la méthodologie des 'Usul ul Fiqh. Le Messager d'Allah ﷺ avait encouragé l'effort d’interprétation (Ijtihad) et a souligné que si l'interprète qualifié (Mujtahid) pratique l'effort d’interprétation (Ijtihad) et qu'il se trompe, il reçoit une récompense, et s'il a raison, sa récompense est doublée. Par conséquent, il n'était jamais surprenant de trouver les Sunna, les Shi’ah, les Mu’tazilah et d'autres sectes. Il n'était pas non plus surprenant d'assister à l'émergence de plusieurs écoles juridiques (Madhahib) telles que la Shafi’i, la Hanafi, la Maliki, la Hanbali, la Ja’fari, la Zaydi et d'autres. Toutes ces sectes et écoles juridiques (Madhahib) islamiques embrassaient une seule et unique croyance (Aqeedah), à savoir la croyance (Aqeedah) islamique ; elles avaient toutes reçu l'ordre de suivre les obligations et de s'abstenir des interdits d'Allah (SWT). Elles étaient toutes dans l'obligation de se conformer à la charia et non à une école juridique (Madhhab) particulière.
The Muslims are united under the Islamic ‘Aqeedah and by the fact that the Qur’an and the Sunnah are sources of Shari’ah, whereas the principles and verdicts are derived from it. None of them has differed on this issue at all. However, due to Ijtihad, they have differed in the understanding of the Qur’an and the Sunnah, and as a result of this difference different schools of thought and sects emerged. This was due to the fact that Islam encouraged the Muslims to make Ijtihad and to the fact that there are natural variances in understanding. Therefore, differences emerged in the understanding of the ‘Aqeedah, the legislation, and methodology of ‘Usul ul Fiqh. The Messenger of Allah (pbuh) had encouraged Ijtihad and stressed that if the Mujtahid (one qualified to extract rules) makes Ijtihad and he errs, he receives a reward and if he is right his reward is doubled. Therefore, it was never surprising to find the Sunnah, Shi’ah, Mu’tazilah, and other sects. Nor was it surprising to witness the emergence of several Madhahib such as the Shafi’i, the Hanafi, the Maliki, the Hanbali, the Ja’fari, the Zaydi and others. All these Islamic sects and Madhahib embraced one single ‘Aqeedah, i.e. the Islamic ‘Aqeedah, they were all commanded to follow the obligations and abstain from the prohibitions of Allah (swt).They were all under the obligation to abide by the Shari’ah and not by any particular Madhahib .
Les écoles juridiques (Madhahib) ne sont qu'une compréhension particulière du verdict de la charia, laquelle est suivie par le Muqallid (celui qui n'est pas un interprète qualifié (Mujtahid)) s'il est incapable de faire son propre effort d’interprétation (Ijtihad). Le musulman est commandé par la règle divine et non par l'école juridique (Madhhab). Il adopte la règle par le biais de l'effort d’interprétation (Ijtihad) s'il le peut, sinon il l'adopte en suivant une école juridique (Madhhab) s'il est incapable de faire l'effort d’interprétation (Ijtihad). Par conséquent, toutes les sectes et écoles juridiques (Madhahib) qui ont embrassé la croyance (Aqeedah) islamique, et ont cru au Coran et à la sunna — comme unique source de la charia — sont toutes islamiques. Leurs défenseurs sont tous des musulmans et les lois islamiques doivent être appliquées à eux. L'État ne doit donc pas interférer avec ces groupes ni avec les partisans des diverses écoles juridiques (Madhahib) tant qu'ils ne s'écartent pas de la croyance (Aqeedah) islamique, mais s'ils s'écartaient de la croyance (Aqeedah) islamique, que ce soit individuellement ou collectivement, cela serait considéré comme un acte d'Irtidad (apostasie) de l'islam et la peine des apostats serait appliquée à leur encontre. Les musulmans sont contraints par toutes les lois islamiques. Certaines de ces lois sont définitives avec une seule opinion valide, comme la coupe de la main du voleur, l'interdiction de l'usure, l'obligation de l'aumône obligatoire (Zakah), et le fait que les prières obligatoires soient au nombre de cinq, etc. Ces lois sont contraignantes pour tous les musulmans suivant une seule et même compréhension, car elles sont définitives et décisives.
The Madhahib is only a particular understanding of the Shari’ah verdict which is followed by the Muqallid (the one who is not a Mujtahid) if he is unable to make his own Ijtihad. The Muslim is commanded by the Divine rule and not by the Madhab. He takes the rule by means of Ijtihad if he can, otherwise he takes it by following a Madhab if he is unable to make Ijtihad. Therefore, all the sects and Madhahib which embraced the Islamic ‘Aqeedah, and believed in the Qur’an and Sunnah - as the sole source of Shari’ah - are all Islamic. Their advocates are all Muslims and the Islamic laws are to be implemented on them. The State should not, therefore, interfere with these groups nor with the followers of various Madhahib as long as they do not deviate from the Islamic ‘Aqeedah, but if they deviated from the Islamic ‘Aqeedah, whether individually or collectively, this would be considered an act of Irtidad (apostasy) from Islam and the punishment of apostates would be carried out on them. The Muslims are compelled by all Islamic laws. Some of these laws are definite with only one valid opinion, like the cutting of the hand of the thief, the prohibition of usury, the obligation of Zakah, and the obligatory prayers being five, etc. These laws are binding on all Muslims following one single understanding, for they are definite and decisive.
Il existe plusieurs règles et réflexions sur lesquelles les musulmans ont divergé, en raison de chaque interprète qualifié (Mujtahid) comprenant une question différemment de l'autre. Par exemple, la condition préalable du calife ou la perception de la dîme sur la terre soumise à l'impôt foncier (Kharaj) ou la location de terres, entre autres. Dans le cas de telles lois, le calife adopte une opinion et l'obéissance devient obligatoire pour tous. Quiconque détient une opinion différente de celle adoptée par le calife doit abandonner cette opinion et se conformer à l'opinion de l'imam. Ainsi, l'opinion de l'imam règle toutes les divergences et l'obéissance à l'imam est obligatoire pour tous. Les musulmans sont tous tenus d'exécuter l'ordre du calife concernant les opinions qu'il adopte, et son opinion leur est contraignante, tant publiquement que privément. Quiconque met en œuvre une règle divine autre que celle adoptée par l'imam commettra un péché. Une fois que le calife promulgue une règle de la charia, celle-ci devient contraignante pour tous les musulmans. La règle de la charia concernant une question ne peut être multiple pour une même personne.
There are several rules and thoughts on which the Muslims differed, due to each Mujtahid understanding an issue differently from the other. For example, the prerequisite of the Khaleefah or the taking of the tithe on the Kharaj land or the rental of land, amongst others. In the case of such laws, the Khaleefah adopts an opinion and obedience becomes compulsory on everyone. Everyone who holds a different opinion to that adopted by the Khaleefah should abandon that opinion and comply with the Imam’s opinion. Thus the opinion of the Imam settles all the differences and the obedience to the Imam is compulsory on everyone. The Muslims are all obliged to execute the order of the Khaleefah concerning the opinions which he adopts and his opinion is binding on them, both publicly and privately. Whoever implements a Divine rule other than the one adopted by the Imam will be sinful. Once the Khaleefah enacts a Shari’ah rule it becomes binding upon all Muslims. The Shari’ah rule concerning one issue cannot be multiple for one person.
Cependant, le calife ne doit pas adopter une loi particulière concernant des questions liées à la croyance (Aqeedah), car cela causerait une difficulté aux musulmans. Mais si des innovations et des tendances basées sur des croyances (Aqa’id) erronées émergeaient, l'État tiendrait les coupables pour responsables par des mesures fermes, tant que ces innovations ne mènent pas à la mécréance. Si tel était le cas, les individus responsables seraient traités comme des apostats. De même, le calife ne doit adopter aucune loi particulière concernant des questions liées à l'adoration, car cela aussi mènerait à une difficulté pour les musulmans.
However, the Khaleefah should not adopt a particular law which concerns matters related to the ‘Aqeedah, because this would cause hardship on the Muslims. But if innovations and tendencies based on erroneous ‘Aqa’id emerged, the State would hold accountable the culprits with firm measures as long as these innovations do not lead to disbelief. If they did, the responsible individuals would be treated as apostates. Also, the Khaleefah should not adopt any particular law which concerns matters related to worship because this too would lead to a hardship for the Muslims.
Par conséquent, le calife ne doit adopter aucune opinion particulière dans les questions de croyance (Aqeedah) tant qu'elles sont islamiques, et il n'adopte aucune loi particulière dans les questions d'adoration, à l'exception de l'aumône obligatoire (Zakah), tant que ces actes d'adoration sont des lois divines approuvées. En dehors de cela, le calife peut adopter et promulguer toute loi particulière relative aux transactions, allant de l'achat et de la vente, à la location, au mariage, au divorce, à la pension alimentaire, à l'association commerciale, à la garde d'enfants, etc. Il peut également promulguer et adopter une loi particulière concernant le code pénal, ou concernant l'alimentation, l'habillement ou les questions morales, et les musulmans sont obligés de lui obéir dans tout ce qu'il adopte.
Therefore, the Khaleefah should not adopt any particular opinion in matters of ‘Aqeedah as long as these were Islamic, and he does not adopt any particular law in matters of worship, except for Zakat, as long as these acts of worship are approved Divine laws. Other than that, the Khaleefah can adopt and enact any particular law related to transactions, ranging from buying and selling, renting, marriage, divorce, alimony, business partnership, custody, etc. He can also enact and adopt a particular law concerning the penal code, or concerning diet, clothing or moral issues, and the Muslims are obliged to obey him in whatever he adopts.
Le calife doit mettre en œuvre la Shari’yah relative aux actes d'adoration rituelle. Il punit ceux qui abandonnent la prière et ceux qui n'observent pas le jeûne durant le mois de ramadan. Il applique toutes les lois concernant les actes d'adoration en plus de l'ensemble de la Shari’yah, et cela est son devoir. L'obligation de la prière n'est pas une question ouverte à l'effort d’interprétation (Ijtihad) et ne peut être considérée comme une loi adoptée ; il s'agit manifestement de la mise en œuvre d'une règle divine qui a été établie de manière concluante auprès de tous. Quant au code pénal, le calife adopte une loi à laquelle tous les musulmans recevront l'ordre de se conformer, de la même manière que pour tout autre code pénal. En ce qui concerne les musulmans, tel est le principe. Quant aux non-musulmans, ce sont les personnes qui ont embrassé un credo autre que l'islamique, et ils sont classés selon les catégories suivantes :
The Khaleefah has to implement the Shari’yah related to the acts of ritual worship. He punishes those who abandon the prayer and those who do not observe fasting in the month of Ramadhan. He implements all laws regarding acts of worship in addition to all of the Shari’yah and this is his duty. The obligation of prayer is not a matter open for Ijtihad and cannot be considered as a law being adopted, it is plainly the implementation of a Divine rule that has been conclusively established among everyone. As for the penal code, the Khaleefah adopts a law which all Muslims will be ordered to comply with, the same as for any other penal code. This is as far as the Muslims are concerned. As for the non-Muslims, these are the people who have embraced a creed other than the Islamic one, and they are classified under the following categories:
1) Ceux qui prétendent être musulmans tout en croyant à certaines questions dans leur dogme qui contredisent la croyance (Aqeedah) islamique.
1) Those who claim to be Muslims while believing in some issues in their creed which contradicts the Islamic ‘Aqeedah.
2) Les Gens du Livre.
2) The People of the Book.
3) Les polythéistes, parmi lesquels figurent les Majus (adorateurs du feu), les Hindous, les Bouddhistes et tous ceux qui ne sont pas des Gens du Livre.
3) The Polytheists, among whom are the Majus (fire worshippers), Hindus, Buddhists and all those who are not People of the Book.
Ces personnes seront laissées tranquilles et il n'y aura aucune ingérence dans leurs croyances ou leur culte. Il leur sera permis de se conformer à leurs propres lois en matière de mariage et de divorce selon leur religion. L'État nommera un juge issu de leur propre peuple pour régler leurs litiges sur la base de leur religion au sein de tribunaux appartenant à l'État. Quant à leur régime alimentaire et à leur parure, ils seront traités selon leurs propres règles dans le respect de l'ordre public. Les personnes autres que les Gens du Livre seront traitées de la même manière. Le Messager d'Allah ﷺ a dit concernant les Majus : « Traitez-les de la même manière que vous traitez les Gens du Livre. » Quant aux transactions et au code pénal, ils sont appliqués aux musulmans comme aux non-musulmans de la même manière. Les jugements pénaux seront prononcés contre les non-musulmans de la même manière que contre les musulmans, sans aucun préjugé. Tous ceux qui détiennent la citoyenneté de l'État islamique sont obligés de se conformer à la Shari’yah relative aux transactions et aux codes pénaux, quelle que soit leur religion, leur race ou leur secte. Ils doivent tous respecter la Shari’yah. Cependant, leur adhésion aux lois sera législative et juridique plutôt que religieuse ou spirituelle. Ils ne seront donc pas obligés d'y croire, car cela constituerait une contrainte à embrasser l'Islam ; Allah (SWT) dit :
These people will be left alone and there is no interference with their beliefs or their worship. They will be allowed to adhere to their own laws in matters of marriage and divorce according to their religion. The State will appoint a judge from their own people to settle their disputes based on their religion in courts belonging to the State. As for their diet and adornment, they will be treated according to their own rules within the public order. People other than the People of the Book will be treated in the same way. The Messenger of Allah (pbuh) said concerning the Majus, “Treat them in the same way you treat the People of the Book.” As for transactions and penal code, they are implemented on Muslims and non-Muslims alike. Penal judgments will be passed on non-Muslims in the same way as on Muslims without any prejudice. All those who hold the citizenship of the Islamic State are obliged to comply with the Shari’yah related to transactions and penal codes regardless of their religion, race, or sect. They all have to abide by the Shari’yah. However, their adherence to the laws would be legislative and legal rather than religious or spiritual. They would therefore not be obliged to believe in them because that would constitute them being forced to embrace Islam; Allah (swt) says,
« Nulle contrainte en la religion (Deen). » [Al-Baqarah, 2:256].
“No compulsion in the Deen.” [Al-Baqarah, 2:256].
Le Messager d'Allah ﷺ a interdit aux musulmans de s'immiscer dans la croyance des Gens du Livre ou de les persécuter à ce sujet, mais ils seraient tenus de se conformer aux lois islamiques d'un point de vue législatif et juridique.
The Messenger of Allah (pbuh) has forbidden the Muslims from interfering with or persecuting the People of the Book about their belief, but they would be obliged to comply with the Islamic laws from a legislative and legal point of view.
En conclusion, la politique intérieure de l'État islamique consisterait à mettre en œuvre la charia islamique pour tous ceux qui détiennent la citoyenneté de l'État, qu'ils soient musulmans ou non-musulmans. Les lois seraient appliquées comme suit :
In conclusion, the Islamic State’s domestic policy would be to implement the Islamic Shari’ah on all those who hold the State’s citizenship, whether they were Muslims or non-Muslims. The laws would be implemented as follows:
1) Toutes les lois islamiques seraient appliquées aux musulmans.
1) All Islamic laws would be implemented upon the Muslims.
2) Les non-musulmans ne feraient l'objet d'aucune ingérence concernant leurs croyances et leur culte.
2) Non-Muslims would not be interfered with regarding their beliefs and worship.
3) Les non-musulmans seraient traités selon leurs croyances en ce qui concerne les questions relatives à l'alimentation et à la parure, dans le cadre général de la loi.
3) The non-Muslims would be treated according to their beliefs in matters related to diet and adornment within the general frame work of the law.
4) Les litiges relatifs au mariage et au divorce pour les non-musulmans seraient traités par la nomination de juges issus de leurs propres rangs dans des tribunaux établis par l'État et non dans des tribunaux privés ; des litiges similaires entre eux et les musulmans seraient traités selon la loi islamique par des juges musulmans.
4) Disputes related to marriage and divorce for non-Muslims would be dealt with by appointing judges from themselves in courts set up by the State and not in private courts; similar disputes between them and the Muslims would be dealt with according to Islamic law by Muslim judges.
5) L'État appliquera toutes les autres questions de la charia relatives aux transactions économiques, sociales et juridiques à chaque citoyen, musulman comme non-musulman, sans préjugé.
5) The State will enforce all other Shari’ah matters related to economic, social, and legal transactions on every citizen Muslim and non-Muslim alike without prejudice.
6) Tous ceux qui détiennent la citoyenneté islamique sont des sujets de l'État ; leur tutelle et la gestion de leurs affaires sont le devoir de l'État, sans aucune discrimination.
6) All those who hold the Islamic citizenship are subjects of the State, their guardianship and the management of their affairs is the duty of the State, without any discrimination.