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Le Califat Islamique Bookmark

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44 La Destruction de l'État Islamique

44 The Destruction of the Islamic State

par Taqiuddin an-Nabhani9 min de lectureVu 14 fois


Au lendemain de la Première Guerre mondiale, après qu'une trêve eut été déclarée et une fois que les alliés eurent assuré leur victoire écrasante, l'État ‘Uthmani fut détruit et fragmenté en de petits micro-États. Les alliés s'emparèrent de toutes les terres arabes, l'Égypte, la Syrie, la Palestine, la Transjordanie et l'Irak, les arrachant à l'État de sorte que tout ce qui restait entre les mains des ‘Uthmanis était la Turquie, et même celle-ci avait été envahie par les alliés. Des navires de guerre britanniques s'emparèrent du Bosphore et l'armée britannique occupa des parties de la capitale, Istanbul, toutes les forteresses des Dardanelles, et la plupart des points stratégiques à travers toute la Turquie.

In the wake of the First World War, after a truce had been declared and once allies had secured their sweeping victory, the ‘Uthmani State was destroyed and fragmented into small statelets. The allies seized all the Arab lands, Egypt, Syria, Palestine, TransJordan and Iraq, stripping them from the State so that all that remained in the hands of the ‘Uthmanis was Turkey, and even she had been invaded by the allies. British warships seized the Bosporus and the British army occupied parts of the capital, Istanbul, all the Dardanelle fortresses, and most of the strategic points throughout the whole of Turkey.

Les Français avaient, entre-temps, également occupé des parties d'Istanbul et leurs soldats sénégalais en remplissaient les rues. L'armée italienne occupa Bira et les chemins de fer, et les forces alliées prirent en charge la gestion de la police, de la garde nationale et des ports. Ils dépouillèrent toutes les forteresses de leur armement et réformèrent une partie de l'armée turque. Le « Union and Progress Party » fut dissous et Jamal Pasha ainsi qu'Anwar Pasha fuirent le pays. Le reste de ses membres passa à la clandestinité. Un gouvernement fantoche fut ensuite formé, dirigé par Tawfeeq Pasha, pour exécuter les ordres des forces d'occupation.

The French meanwhile had also occupied parts of Istanbul and their Senegalese soldiers filled its streets. The Italian army occupied Bira and the railways, and the allied forces took over the running of the police, the national guard and the ports. They stripped all the fortresses of their weaponry and discharged part of the Turkish army. The “Union and Progress Party” was dissolved and both Jamal Pasha and Anwar Pasha fled the country. The rest of its members went underground. A puppet government was then formed, headed by Tawfeeq Pasha, to execute the orders of the occupying forces.

Le calife à cette époque était Waheed al-Deen ; il réalisa qu'il devait faire face à la réalité et remédier à la situation de manière sage. Il dissout le parlement et confia le poste de Premier ministre à l'un de ses amis les plus fidèles, Farid Pasha, qui le soutint dans sa politique de clémence envers les alliés de peur qu'ils ne détruisent le pays, ce dont il était plus que particulièrement vulnérable, maintenant que la guerre était terminée. Il exécuta son plan et la situation resta ainsi pendant un certain temps, avec les alliés dominant et la Turquie dans un état de calme. Cela continua jusqu'en 1919, lorsque les choses commencèrent à changer et que la position des alliés s'affaiblit. Une série de crises frappa l'Italie, la France et la Grande-Bretagne sur leur propre sol, suffisamment graves pour menacer leur stabilité interne, et bientôt des différends émergèrent entre eux. Cela fut évident à Istanbul, où ils se disputèrent le butin, chacun voulant la plus grande part des positions militaires et des avantages économiques. À ce stade, la Turquie était en position de saisir une dernière chance et de sauver son existence. Maintenant qu'une rupture était survenue entre les alliés et que leurs faiblesses étaient révélées, un point fut atteint où chacun d'eux commença à inciter les Turcs les uns contre les autres, et ce faisant, ils apportèrent leur assistance aux Turcs.

The Khalifah at the time was Waheed al-Deen, he realised he had to face the reality and rescue the situation in a wise manner. He dissolved the parliament and assigned the Prime Minister’s post to one of his most faithful friends, Farid Pasha, who backed him in his policy of being lenient with the allies lest they destroy the country, which it was more than especially vulnerable to, now that the war had ended. He executed his plan and the situation remained as such for a while with the allies dominating and Turkey in a state of lull. This continued until 1919, when things began to change and the position of the allies weakened. A series of crises hit Italy, France and Britain at home, serious enough to threaten their internal stability, and soon differences emerged between them. This was evident in Istanbul, where they fought over the booty, each of them wanting the lion’s share of military positions and economic advantages. At this point, Turkey was in a position to seize a last chance and save her existence. Now that a rift had occurred between the allies and their weaknesses were revealed, a point was reached whereby each one of them began inciting the Turks against the other, and in the process they gave the Turks assistance.

La conférence de paix, qu'ils avaient planifiée, n'avait pas encore eu lieu et ses conditions n'avaient pas encore été fixées. Par conséquent, une lueur d'espoir apparut à l'horizon et les gens commencèrent à croire qu'ils pourraient organiser un mouvement de résistance sérieux. Plus de dix associations secrètes furent établies à Istanbul. Leur but était d'acquérir des armes et des dépôts sous le contrôle de l'ennemi et de les envoyer aux organisations secrètes à l'intérieur du pays. Certains fonctionnaires étaient également impliqués dans ce travail. Ismat, un député au ministère de la Guerre ; Fawzi, le chef d'état-major ; Fathi, le ministre de l'Intérieur ; et Ra’uf, ministre de la Marine, figuraient parmi ceux qui aidèrent ces mouvements. Ainsi, la tâche de résister secrètement à l'ennemi fut entreprise par les nombreuses associations formées dans ce dessein ; le « Union and Progress Party » devint également très actif à nouveau. Ces mouvements furent rejoints par certains militaires jusqu'à ce qu'ils finissent par être unifiés sous un seul mouvement dirigé par Mustafa Kemal. Il établit un mouvement pour combattre les alliés et les expulser du pays et il jura de combattre l'armée du calife si elle se mettait en travers de son chemin.

The peace conference, which they had been planning, had not yet taken place and its conditions not laid down. Therefore, a glimmer of hope appeared on the horizon and people began to believe that they could organize a serious resistance movement. More than ten secret associations were established in Istanbul. Their aim was to acquire weapons and depots under the control of the enemy and send them to secret organizations within the country. Some officials were also involved in this work. Ismat, a deputy in the War Ministry; Fawzi, the Chief of Staff; Fathi, the Interior Minister; and Ra’uf, Minister of the Navy were amongst those who helped these movements. Thus, the task of secretly resisting the enemy was taken up by the many associations formed with that purpose in mind; the “Union and Progress Party” also became very active again. These movements were joined by some of the military until eventually they came to be unified under one movement headed by Mustafa Kemal. He established a movement to fight the allies and expel them from the country and he vowed to fight the Khalifah’s army if it stood in his way.

Le succès de Mustafa Kemal dans cette quête fut remarquable. Ayant réalisé que le gouvernement central et l'autorité à Istanbul étaient sous le contrôle de l'ennemi, il décida d'établir un gouvernement national en Anatolie. Il organisa donc une conférence nationale (rassemblement) à Sywas, où les politiques et les moyens de sauvegarder l'indépendance de la Turquie furent discutés. La conférence adopta quelques résolutions et un comité exécutif fut formé, sous la direction de Mustafa Kemal. La conférence envoya un avertissement au Sultan exigeant le renvoi du Premier ministre Farid et la tenue d'élections parlementaires libres. Sous une telle pression, le Sultan fut contraint de se soumettre aux exigences de la conférence ; il révoca donc le Premier ministre et nomma Ali Redha comme son successeur, puis ordonna la tenue de nouvelles élections. Les délégués de la conférence participèrent aux élections en tant que groupe avec un manifeste conçu pour sauver le pays, et ils obtinrent une majorité écrasante au sein du nouveau parlement.

Mustafa Kemal’s success in this quest was remarkable. Having realized that the central government and the authority in Istanbul were under the enemy’s control he decided to establish a national government in Anatolia. So he organized a national conference (rally) in Sywas, where the policies and means to safeguard Turkey’s Independence were discussed. The conference adopted a few resolutions and an executive committee was formed, to be headed by Mustafa Kemal. The conference sent a warning to the Sultan demanding the removal of Prime Minister Farid and the holding of free parliamentary elections. Under such pressure, the Sultan was forced to submit to the conferences’ demands, and so he dismissed the Prime Minister and appointed Ali Redha as his successor, then he ordered new elections to be held. The delegates from the conference entered the elections as a group with a manifesto designed to salvage the country and they achieved a sweeping majority in the new parliament.

Après leur succès, ils se sont rendus à Ankara et y ont établi leur quartier général, où ils ont tenu une réunion et proposé que le parlement se réunisse à Istanbul et que leur Conseil des Représentants soit dissous, puisque ses membres étaient désormais devenus des députés officiels. Cependant, Mustafa Kemal s'est fermement opposé à ces deux propositions en disant : « Le Conseil des Représentants devrait continuer jusqu'à ce que l'engagement et l'intégrité du parlement soient clarifiés et jusqu'à ce que sa politique devienne connue. Quant au déménagement vers la capitale, ce serait une pure folie, car si vous faisiez cela, vous seriez à la merci de l'ennemi. Les Britanniques contrôlent toujours le pays et les autorités s'immisceront sans aucun doute dans vos affaires et vous arrêteront peut-être. Le parlement devrait donc se réunir ici à Ankara afin de rester indépendant. » Mustafa Kemal a persisté et a défendu fermement son opinion, mais n'a pas réussi à convaincre les députés de tenir les sessions du parlement à Ankara. Les députés se sont dûment rendus à la capitale, ont exprimé leur loyauté envers le calife et ont poursuivi leur travail. Cela s'est passé en janvier 1920.

After their success they moved on to Ankara and established their headquarters there where they held a meeting and proposed that the parliament should meet in Istanbul and their Council of Representatives should be dissolved since its members had now become official deputies. However, Mustafa Kemal strongly opposed these two proposals saying, “The Council of Representatives should continue until the parliament’s commitment and integrity is made clear and until its policy becomes known. As for the move to the capital, this would be sheer madness, for if you did this you would be under the mercy of the enemy. The British still control the country and the authorities will undoubtedly meddle in your affairs and perhaps arrest you. The parliament should therefore convene here in Ankara so that it remains independent.” Mustafa Kemal persisted and defended his opinion strongly, but failed to persuade the deputies to hold the parliament’s sessions in Ankara. The deputies duly went to the capital and expressed their loyalty to the Khalifah, and continued on with their work. This was in January 1920.

Le calife a tenté d'imposer sa volonté aux députés, mais ceux-ci ont résisté et ont manifesté leur volonté de préserver les droits du pays. Lorsque la pression des alliés s'est intensifiée sur eux, ils ont mobilisé l'opinion publique en faveur du pacte qu'ils avaient accepté lors de la conférence de Sywas. Le pacte incluait les conditions selon lesquelles ils étaient prêts à accepter la paix. La plus importante de ces conditions était que la Turquie devienne un État libre et indépendant dans des frontières spécifiées. Les alliés, en particulier les Britanniques, se sont réjouis, car c'était précisément ce qu'ils visaient. De plus, ils voulaient que cela vienne des Turcs eux-mêmes.

The Khalifah tried to impose his will on the deputies but they resisted and showed their willingness to hold on to the country’s rights. When pressure from the allies mounted on them, they rallied public opinion for the covenant which they had agreed upon during the Sywas conference. The covenant included the conditions according to which they were prepared to accept peace. Most important of these conditions was that Turkey should become a free and independent state within specified borders. The allies, especially the British, rejoiced, for this was exactly what they had been aiming at. Moreover, they wanted it to come from the Turks themselves.

Il convient de mentionner ici que tous les pays que l'État 'Uthmani gouvernait en tant que province (Wilayah) en sa qualité d'État islamique avaient chacun, à la suite de la Première Guerre mondiale, un pacte élaboré pour eux par les Alliés, lequel proclamait pour eux l'indépendance de la partie que les Alliés souhaitaient maintenir séparée. L'Irak, par conséquent, avait un pacte comprenant l'indépendance de l'Irak, tout comme la Syrie, la Palestine, l'Égypte et ainsi de suite. Ainsi, il était tout naturel pour les Alliés, en particulier les Britanniques, de se réjouir de ce pacte nationaliste turc, car c'était exactement ce qu'ils voulaient : le démembrement de l'État 'Uthmani et sa division en micro-États de peur qu'il ne revienne un jour en tant qu'État fort et unique. Leur rêve de détruire l'État des musulmans semblait sur le point de se réaliser.

It is worth mentioning here that all the countries which the ‘Uthmani State used to rule over as Wilayat in her capacity, as the Islamic State, had each had, in the wake of the First World War, a covenant drawn up for them by the allies and which proclaimed for them the independence of the part which the allies wanted to keep separate. Iraq, therefore, had a covenant comprising the independence of Iraq, as did Syria, Palestine, Egypt and so on. Thus, it was only natural for the allies, especially the British, to rejoice at this Turkish Nationalistic Covenant, for it was exactly what they wanted; the dismembering of the ‘Uthmani State and its division into statelets lest it return again as one strong State. Their dream of destroying the Muslims’ State looked as though it would now come to fruition.

Si les pactes, que les alliés avaient réussi à établir partout, n'avaient pas existé, la situation aurait pris un tournant différent. La raison en était que l'État ‘Uthmani était une entité unique qui considérait toutes ses provinces (Wilayah) comme faisant partie d'elle. Il avait adopté un système d'Unité (c'est-à-dire une fédération) et non d'Union (c'est-à-dire une confédération), et ainsi il n'y avait aucune différence dans la politique de l'État entre le Hijaz ou la Turquie, ni entre le district d'al-Quds et le district d'Iskandarona. Tous faisaient partie d'un seul et même État.

Had it not been for the covenants, which the allies managed to set up everywhere, the situation would have taken a different turn. The reason for this was because the ‘Uthmani State was a single entity which considered all of its Wilayat as part of it. It had adopted a system of Unity (i.e., a federation) and not Union (i.e., a confederation) and so there was no difference in the State’s policy between Hijaz or Turkey, nor between the district of al-Quds and the district of Iskandarona. All of them were part of one single State.

De plus, la situation aurait dû être davantage compliquée par les conditions imposées aux puissances vaincues à la fin de la guerre. Cela s'expliquait par le fait que la défaite de la Turquie était similaire à celle de l'Allemagne, puisqu'elles étaient alliées ensemble durant la guerre, et les conditions de paix imposées à un pays auraient dû s'appliquer à l'autre. Ainsi, si le peuple d'Allemagne a résisté à l'idée de devoir céder ne serait-ce qu'une main de son territoire et s'est battu contre le démembrement de son pays, il aurait dû en être de même pour l'État ‘Uthmani, et elle non plus n'aurait jamais dû être démembrée. Les alliés étaient conscients de ces réalités et en ont tenu compte. Cependant, lorsque les ‘Uthmanis eux-mêmes ont demandé le démembrement de leur pays, une demande sollicitée tant par les Arabes que par les Turcs, les alliés ont saisi l'occasion et ont ardemment encouragé de telles initiatives ; particulièrement au centre de l'État (la Turquie) où la majeure partie du pouvoir au sein de l'État prenait origine et où il était représenté.

In addition, the situation should have been further complicated by the conditions imposed on the defeated powers at war’s end. This was because the defeat of Turkey was similar to that of Germany, since they were allies in the war together, and the conditions of peace laid down on one country should have applied to the other. Thus, if the people of Germany resisted the idea of having to part with as much as a handspan of their land, and fought against their country being dismembered, so should have been the case for the ‘Uthmani State, and she too should never have been dismembered. The allies were aware of these realities and took them into account. However, when the ‘Uthmanis themselves requested their country to be dismembered, a request sought by Arabs and Turks alike, the allies leaped at the chance and ardently encouraged such moves; especially in the State’s center (Turkey) where most of the rule within the State originated and where it was represented.

Par conséquent, les alliés considérèrent le pacte comme leur victoire finale. Les Turcs se virent ainsi accorder la liberté de résistance, une fois celui-ci publié, et les alliés commencèrent alors à retirer leurs troupes de chaque recoin du pays. Les troupes britanniques et françaises furent retirées du pays. Simultanément, les Turcs commencèrent à rassembler des forces. Un mouvement de résistance fut formé, qui finit par se transformer en une révolution contre le calife, le contraignant ainsi à envoyer une armée pour écraser le mouvement. Il y parvint jusqu'à ce que tout le peuple se range du côté du Sultan, excepté ceux d'Ankara, où se trouvait le bastion de la révolution. Finalement, Ankara elle-même se retrouva au bord de la défaite. Face à l'armée du calife, les villages environnants tombèrent les uns après les autres puis la rejoignirent. Mustafa Kemal et ceux qui l'accompagnaient furent placés dans une situation très critique, mais Mustafa Kemal était déterminé à continuer le combat et incita ainsi les nationalistes. Ces derniers répondirent et rassemblèrent des forces. Des rumeurs se répandirent dans les provinces et les villages turcs selon lesquelles l'armée britannique était sur le point d'occuper la capitale, d'arrêter les nationalistes et de fermer la chambre du parlement par la force.

Therefore, the allies considered the covenant to be their final victory. The Turks were thus allowed the freedom of resistance, once it had been published, and the allies then began to pull their troops out from every corner of the land. The British and the French troops were removed from the country. Concomitantly, the Turks began gathering strength. A resistance movement was formed which eventually turned into a revolution against the Khalifah, thus forcing him to send in an army to crush the movement. This it managed to do until all the people stood by the Sultan except those in Ankara where the stronghold of the revolution was. Eventually, Ankara itself was on the brink of defeat. In the face of the Khalifah’s army, the surrounding villages fell one after the other and then joined it. Mustafa Kemal and those with him were placed in a very critical situation, but Mustafa Kemal was determined to fight on and so he incited the nationalists. They responded and gathered strength. Rumors were spread in the Turkish provinces and villages that the British army was about to occupy the capital, arrest the nationalists and shut down the house of parliament by force.

Des rumeurs selon lesquelles le calife et son gouvernement soutenaient l'occupation ont également circulé. La situation changea bientôt. Les gens commencèrent à déserter le calife et l'opinion publique bascula en faveur des nationalistes à Ankara. Des hommes et des femmes dérivèrent vers Ankara, se portant volontaires pour défendre la Turquie. De nombreux soldats désertèrent l'armée du calife pour rejoindre l'armée de Mustafa Kemal, qui était alors devenu un héros pour les Turcs et un symbole de leurs espoirs. Sa position gagna en force et presque tout le pays passa sous son contrôle. Il publia un tract appelant à l'élection d'un Conseil national des représentants qui établirait Ankara comme son quartier général. L'élection eut lieu et les membres nouvellement élus se réunirent, se faisant appeler l'Assemblée nationale. Ils se considéraient comme le gouvernement légitime. Ils élurent Mustafa Kemal président du Conseil des représentants. Ankara devint le centre du gouvernement national et tous les Turcs l'approuvèrent. Mustafa Kemal se déplaça ensuite et détruisit ce qui restait de l'armée du calife, mettant fin à la guerre civile. Il se concentra ensuite sur la lutte contre les Grecs, et plusieurs batailles sanglantes s'ensuivirent. Les Grecs eurent l'avantage au début, mais bientôt l'équilibre bascula en faveur de Mustafa Kemal.

Rumors about the Khalifah and his government supporting the occupation were also spread. The situation soon changed. People began deserting the Khalifah and public opinion shifted towards the nationalists in Ankara. Men and women drifted towards Ankara volunteering to defend Turkey. Many soldiers deserted the Khalifah’s army and joined the army of Mustafa Kemal, who by then had become a hero for the Turks and a symbol of their hopes. His position gathered strength and almost the entire country came under his control. He issued a leaflet calling for the election of a national Council of Representatives that would position Ankara as its headquarters. The election took place and the newly elected members convened, calling themselves the National Assembly. They considered themselves the legitimate government. They voted Mustafa Kemal as president of the Council of Representatives. Ankara became the center of the national government and all the Turks approved of it. Mustafa Kemal then moved and destroyed what remained of the Khalifah’s army, putting an end to the civil war. He then concentrated on fighting the Greeks, and several bloody battles ensued. The Greeks had the upper hand at first but soon the balance shifted in Mustafa Kemal’s favor.

En août 1921, il lança une attaque rapide et réussie contre les Grecs qui occupaient à l'époque Izmir et d'autres parties des côtes turques. Au début du mois de septembre, il fit appeler Ismat pour rencontrer Harrington et régler les détails. Lors de cette réunion, les alliés acceptèrent d'expulser les Grecs de Tarees et de se retirer eux-mêmes d'Istanbul et de toute la Turquie. Si nous suivons de près les mouvements de Mustafa Kemal, nous déduisons que les alliés n'acceptèrent ses demandes que lorsqu'ils obtinrent la promesse qu'il détruirait le pouvoir islamique en retour. Cela fut clarifié lorsque l'Assemblée nationale discuta avec lui de l'avenir de la Turquie à la suite des victoires qu'il avait remportées. Il répondit : « Je ne crois ni en une ligue de pays islamiques, ni en une ligue du peuple 'Uthmani, et chacun de nous est libre d'embrasser l'opinion qu'il souhaite. Cependant, le gouvernement devrait adhérer à une politique fixe et élaborée, basée sur les réalités. Une politique qui porte un objectif unique, à savoir protéger le pays et son indépendance dans ses frontières naturelles. Les sentiments et les illusions ne devraient pas affecter notre politique, et maudits soient les rêves et les mythes, car ils nous ont coûté cher par le passé. »

By August 1921, he launched a swift and successful attack on the Greeks who at the time occupied Izmir and other parts of the Turkish coasts. In the beginning of September, he sent for Ismat to meet Harrington and work out the details. At that meeting, the allies agreed to expel the Greeks from Tarees and to withdraw themselves from Istanbul and the whole of Turkey. If we closely followed Mustafa Kemal’s moves, we deduce that the allies agreed to his demands only when they secured a promise that he would destroy Islamic rule in return. This was made clearer when the National Assembly discussed with him the future of Turkey in the wake of the victories he had achieved. He replied, “I do not believe in a league of Islamic countries, nor in a league of the ‘Uthmani people, and each one of us is free to embrace any opinion he wishes. However, the government should adhere to a fixed and devised policy based on realities. A policy that carries one single objective, that is to protect the country and its independence within its natural borders. Sentiments and illusions should not affect our policy, and damn to the dreams and the myths, they have in the past cost us dearly.”.

Par cette déclaration, il voulait forger l'indépendance de la Turquie sur la base d'être un pays pour le peuple turc et non pour la communauté (Ummah) islamique. Certains députés et politiciens l'ont interrogé sur la manière dont le gouvernement de la nouvelle Turquie devait être façonné, car il serait inconcevable qu'elle ait deux gouvernements comme c'était le cas à cette époque : un gouvernement de transition doté du pouvoir avec Ankara comme siège, et un gouvernement officiel mais nominal dans la capitale dirigé par le calife et ses ministres. Les politiciens ont insisté auprès de Kemal pour qu'il exprime clairement son opinion sur cette question. Il ne leur a pas répondu et a dissimulé ses intentions. Au lieu de cela, il a commencé à inciter l'opinion publique contre le calife Waheed al-Deen, l'accusant de collaborer avec les Britanniques et les Grecs. Les gens étaient en colère contre le calife et, au milieu de l'euphorie publique qui le soutenait, Mustafa Kemal a appelé à une réunion de l'Assemblée nationale pour esquisser son plan concernant le Sultan et le gouvernement. Il avait su tout au long qu'il était capable de convaincre les députés de destituer Waheed al-Deen et de dépouiller le calife de son autorité, mais il ne pouvait pas être assez audacieux pour risquer une attaque directe contre le califat, car cela aurait déclenché le sentiment islamique. Il n'a donc pas dissous le califat et a évité d'aborder la question de front. Au lieu de cela, il a suggéré sournoisement de dépouiller le calife de tout pouvoir.

By this declaration, he wanted to forge the independence of Turkey on the basis of being a country for the Turkish people and not the Islamic Ummah. Some of the deputies and politicians asked him about how the government of the new Turkey should be shaped, for it would be inconceivable for her to have two governments as was the case at that time: a transitional government with power and Ankara as its headquarters and an official yet nominal government in the capital headed by the Khalifah and his ministers. The politicians insisted upon Kemal that he should clearly state his opinion about this issue. He did not answer them and concealed his intentions. Instead he began to incite public opinion against Khalifah Waheed al-Deen, accusing him of collaborating with the British and the Greeks. People were enraged against the Khalifah and amidst the public euphoria behind him, Mustafa Kemal called for a meeting of the National Assembly to outline his plan regarding the Sultan and the government. He had known all along that he was capable of convincing the deputies to remove Waheed al-Deen and strip the Khalifah of authority, but he could not be so daring as to risk a direct attack on the Khilafah, since this would have triggered Islamic sentiment. He did not therefore dissolve the Khilafah and avoided tackling the issue head on. Instead, he slyly suggested stripping the Khalifah of all power.

Ainsi, le Sultanat pouvait être dissous et Waheed al-Deen destitué. Dès que les députés apprirent cela, ils restèrent sans voix et réalisèrent rapidement les implications dangereuses de la proposition qu'on leur avait demandé d'approuver, et ils décidèrent de débattre d'abord de la question en cours. Mustafa Kemal était extrêmement appréhensif et craignait un tel débat, il demanda donc plutôt qu'un vote concernant la proposition ait lieu. Il reçut le soutien de quatre-vingts députés, qui comptaient parmi ses partisans personnels.

Thus, the Sultanate could be dissolved and Waheed al-Deen removed. As soon as the deputies heard this they became speechless, and quickly realized the dangerous implications of the proposal which they had been asked to endorse and they moved to first debate the issue at hand. Mustafa Kemal was exceedingly apprehensive and fearful of such a debate, so he asked instead for a motion (vote) regarding the proposal to take place. He received the backing of eighty of the deputies, who were from among his personal supporters.

Cependant, l'Assemblée nationale refusa de satisfaire son souhait et renvoya alternativement la proposition à la commission juridique pour examen. Lorsque la commission se réunit le lendemain, Mustafa Kemal assista à la séance et suivit de près le cours des événements. La commission, composée de savants et de juristes, débattit de la question pendant quelques heures et réalisa bientôt que la proposition violait les textes de la charia (Shari’ah), car en Islam, il n'existe rien de tel qu'une autorité religieuse et une autorité temporelle ; le « Sultanat et le califat (Khilafah) » sont une seule et même chose. Le concept de séparation de la religion (Deen) et de l'État n'existe pas en Islam et n'a jamais existé tout au long de son histoire. Il y avait un Système islamique et l'État mettait en œuvre ce Système. Inévitablement, la commission juridique ne put trouver aucune justification pour une telle séparation, pas plus qu'elle ne put trouver de raison de mener un débat sur la question, car les textes islamiques sont clairs et décisifs (non ouverts à l'interprétation) à ce sujet. Sans surprise, la commission rejeta la proposition.

However, the National Assembly refused to grant him his wish and alternatively referred the proposal to the legal committee to look into. When the committee convened the next day, Mustafa Kemal attended and watched the course of events closely. The committee, comprising of scholars and lawyers, debated the issue for a few hours and soon realized that the proposal violated the Shari’ah texts, since in Islam there is nothing called religious authority and temporal authority, “Sultana and Khilafah”, are one and the same. The concept of separating the Deen from the State does not exist in Islam and had never existed throughout its history. There was an Islamic System and the State implemented the System. Inevitably, the legal committee could not find any justification for such a separation nor could it find a reason for conducting a debate on the issue because the Islamic texts are clear-cut and decisive (not open to interpretation) about this issue. Not surprisingly, the committee rejected the proposal.

Cependant, Mustafa Kemal était déterminé à séparer la religion (Deen) de l'État en séparant le Sultanat du califat, ce qui était l'accomplissement des objectifs des Alliés ; la destruction des restes de l'État islamique par les mains de son propre peuple. Sa culture colonialiste, qui le poussait à imiter les Occidentaux dans leur séparation du pouvoir temporel du pouvoir spirituel, l'a conduit à séparer le Sultanat du califat, tout comme l'Église était devenue séparée de l'État en Occident. Lorsque Mustafa Kemal réalisa que le débat du comité prenait une direction différente de la sienne, il perdit son sang-froid et bondit de son siège ; il se tint debout sur une chaise, bouillonnant de rage, et interrompit le débat du comité en criant : « Excellences ! Le Sultan ottoman s'est emparé de l'autorité du peuple par la force, et c'est par la force que le peuple a décidé de la reconquérir. Le Sultanat doit être séparé du califat et dissous, cela se produira que vous soyez d'accord ou non, tout ce qu'il en est, c'est que certaines de vos têtes tomberont au cours du processus. » Il parla comme un dictateur, puis la réunion du comité fut levée. L'Assemblée nationale fut immédiatement convoquée pour se réunir et discuter de la proposition.

However, Mustafa Kemal was determined to separate the Deen from the State by separating the Sultanate from the Khilafah, which was the fulfillment of the aims of the allies; the destruction of the remains of the Islamic State by the hands of its own people. His colonialist culture, which makes him imitate the Westerners in their separation of the temporal power from the spiritual one drove him to separate the Sultanate from the Khilafah, just as the Church had come to be separated from the state in the West. When Mustafa Kemal realized that the debate of the committee was taking a course different to his, he lost his temper and leaped off his seat, he stood on a chair fuming with rage and interrupted the debate of the committee by shouting, “Your excellencies! The ‘Uthmani Sultan has seized the authority of the people by force, and it is by force that the people have decided to regain it. The Sultanate must be separated from the Khilafah and dissolved, this shall take place whether you agree or not, all there is to it is that some of your heads will fall in the process.” He spoke like a dictator, then the meeting of the committee broke up. The National Assembly was immediately called for to meet and discuss the proposal.

Tout au long du débat, Mustafa Kemal réalisa que la majorité des députés était opposée à la proposition, il rassembla donc ses partisans autour de lui et appela à un vote sur la proposition en procédant par levée de mains une seule fois. Les députés s'y opposèrent et dirent : « S'il est absolument nécessaire de voter, que cela se fasse en appelant le nom de chaque député. » Mustafa Kemal refusa cela et s'écria d'un ton menaçant : « Je suis convaincu que l'Assemblée Nationale approuvera la proposition par consensus général et qu'il suffira de voter par simple levée de mains. » La proposition fut soumise au vote et seules quelques mains furent levées. Cependant, le résultat fut annoncé comme si l'Assemblée Nationale avait accepté la proposition à une majorité claire. Les députés furent stupéfaits par cela et certains d'entre eux bondirent de leurs sièges en protestant et en criant : « Ce n'est pas vrai, nous n'avons pas été d'accord ! » Les partisans de Mustafa Kemal leur crièrent dessus et les retinrent, des insultes furent échangées, puis le Président de l'Assemblée Nationale déclara le résultat du vote une fois de plus, affirmant que l'Assemblée Nationale avait approuvé à une majorité claire la dissolution du Sultanat. La séance fut levée. Mustafa Kemal quitta le centre de conférence entouré de ses partisans. Lorsque Waheed al-Deen, le calife, apprit la nouvelle, il fuit le pays et peu après, son neveu, ‘Abdul Majid, fut nommé calife des musulmans, bien que dépouillé de toute autorité. Le pays, cependant, resta sans dirigeant légitime.

Throughout the debate, Mustafa Kemal realized that the majority of the deputies were against the proposal, so he gathered his supporters around him and called for a vote on the proposal by raising hands once. The deputies objected to this and said, “If it is absolutely necessary to vote, let this take place by calling out the name of each deputy.” Mustafa Kemal rejected this and shouted out menacingly, “I am confident that the National Assembly will endorse the proposal by general consensus and it will be sufficient to take votes by raising hands only.” The proposal was put to the vote and only a few hands were raised. However, the result was declared as though the National Assembly had accepted the proposal by a clear majority. The deputies were stunned by this and some of them leaped from their seats protesting and shouting, “This is not true, we did not agree!” The supporters of Mustafa Kemal shouted back at them and restrained them, insults were exchanged then the President of the National Assembly declared the result of the vote once more stating that the National Assembly had approved by a clear majority the dissolution of the Sultanate. The meeting was adjourned. Mustafa Kemal left the conference center surrounded by his supporters. When Waheed al-Deen, the Khaleefah, received news of this he fled the country and soon after his nephew, ‘Abdul Majid, was nominated as the Khalifah of the Muslims, albeit stripped of any authority. The country, however, remained without a legitimate ruler.

Si le Sultanat avait été séparé du califat, qui était alors le dirigeant légal ? Mustafa Kemal avait tout au long été très anxieux de séparer le Sultanat du califat, et il l'a fait sans révéler la structure de gouvernement que la Turquie allait adopter. Avec la dissolution du Sultanat, il était devenu nécessaire de décider du format du nouveau gouvernement. Mustafa Kemal formerait-il le gouvernement et deviendrait-il le Président d'un gouvernement constitutionnel tout en conservant le calife comme figure d'autorité ? Si tel était le cas, la décision de dissoudre le Sultanat n'aurait-elle pas été inefficace dès le départ ?

If the Sultanate was separated from the Khilafah, who then was the legal ruler? Mustafa Kemal had all along been very anxious to separate the Sultanate from the Khilafah, and he did so without revealing the structure of government which Turkey was to adopt. With the dissolution of the Sultanate it had become necessary to decide the format of the new government. Would Mustafa Kemal form the government and become the President of a constitutional government while keeping the Khalifah as the authoritative figure? If so, then would not the decision to dissolve the Sultanate have been ineffectual in the first place?

Mustafa Kemal refusa de former un gouvernement et ne révéla pas ses intentions. Appuyé par son pouvoir et son autorité, grâce auxquels il exerçait un contrôle sur le peuple, il finit par former un parti qu'il appela le « Parti du Peuple ». Son intention était de gagner l'opinion publique en sa faveur car, malgré son pouvoir, la grande majorité au sein du Conseil des Représentants restait opposée à lui, même après la déclaration de la séparation du Sultanat du califat. Cela le conduisit à envisager de divulguer la forme du nouveau gouvernement qu'il avait décidé de former, déclarant la Turquie comme une république avec lui-même comme Président. Il commença par lancer une campagne de dénigrement contre l'Assemblée Nationale, ce qui provoqua une crise politique embarrassante, menant ainsi à la démission du gouvernement en place. Le gouvernement présenta sa démission à l'Assemblée Nationale, créant un vide de pouvoir. Au milieu de l'aggravation de la crise, certains députés suggérèrent au Conseil des Représentants de nommer Mustafa Kemal à la tête du gouvernement afin de résoudre la crise. Au début, il fit semblant de n'avoir aucune ambition pour ce poste, puis il accepta et monta à la tribune pour s'adresser à l'Assemblée Nationale.

Mustafa Kemal refused to form a government and did not reveal his intentions. Backed up by his power and authority, through which he had control over the people, he went on to form a party which he called the “People’s Party”. His intention was to gain public opinion in his favor because despite his power, the sweeping majority in the Council of Representatives were still against him even after the declaration of the separation of the Sultanate from the Khilafah. This led him to consider disclosing the shape of the new government which he had decided to form, declaring Turkey to be a republic with himself as its President. He started by initiating a smear campaign against the National Assembly and this produced an embarrassing political crisis, thus leading to the resignation of the government in office. The government tendered its resignation to the National Assembly creating a power vacuum. Amidst the deepening crisis, some of the deputies suggested to the Council of Representatives that it should appoint Mustafa Kemal as the head of the government in order to solve the crisis. At first he pretended that he held no ambitions for the job, then he agreed and went up to the stand to address the National Assembly.

Dans son discours, il dit aux députés : « Vous m'avez fait appel pour venir au secours en cette heure critique. Cependant, cette situation critique est de votre propre fait. Par conséquent, cet état de choses n'est pas un incident passager, mais une erreur de jugement fondamentale dans le système de notre gouvernement. L'Assemblée Nationale a pour le moment deux fonctions, législative et exécutive. Chaque député veut prendre part à chaque décision ministérielle et mettre son nez dans chaque département gouvernemental et chaque décision prise par un ministre. Vos Excellences, aucun ministre ne peut se familiariser avec son travail et sa responsabilité, et accepter un poste dans de telles circonstances. Vous devez réaliser qu'un gouvernement fondé sur cette base est impossible à établir, et s'il l'était, vous ne l'appelleriez pas un gouvernement, mais un désordre, et nous devons apprécier cet état de choses. Par conséquent, j'ai décidé de transformer la Turquie en une république, avec un Président élu. » Une fois son discours terminé, on réalisa bientôt qu'il avait déjà préparé un décret, faisant de la Turquie une république et s'élisant lui-même comme le premier Président de la république turque. Il se transforma ainsi en le dirigeant légal du pays.

In his speech he said to the deputies, “You have sent for me to come to the rescue at this critical hour. However, the critical situation is of your own doing. Therefore, this state of affairs is not a passing incident, but a fundamental error of judgment in the system of our government. The National Assembly has at the moment two functions, legislative and executive. Each deputy wants to take part in every ministerial decision and stick his nose into every government department and every decision made by a minister. Your excellencies, no minister can become familiar with his job and responsibility, and accept a post in such circumstances. You have to realize that a government founded on this basis is impossible to establish, and if it were established, you would not call it a government, but shambles, and we have to appreciate this state of affairs. Therefore, I have decided to turn Turkey into a republic, with an elected President.” Once he had finished his speech, it was soon realized that he had already prepared a decree, making Turkey a republic and electing himself as the first President of the Turkish republic. He turned himself into the lawful ruler of the country.

Cependant, les choses ne se déroulèrent pas aussi aisément que Mustafa Kemal l'avait souhaité. D'une part, le peuple turc est musulman et ce que Mustafa Kemal a fait contredit l'Islam. Un sentiment selon lequel Mustafa Kemal avait l'intention de détruire l'Islam se propagea, alimenté par les propres actions personnelles de Kamal. Dans sa vie privée, il méprisait l'Islam, violant toutes les règles de la charia (Shari’ah) divine, se moquant de tout ce que les musulmans considèrent avec estime et sainteté. Les gens comprirent bientôt que les nouveaux dirigeants d'Ankara étaient de maudits mécréants (Kafireen) et ils commencèrent à se rassembler autour du calife ‘Abdul Majid. Ils tentèrent de lui rendre l'autorité et de faire de lui le dirigeant effectif afin qu'il puisse se débarrasser de ces apostats. Mustafa Kemal pressentit le danger croissant et réalisa que la majorité du peuple le méprisait, l'accusant d'être un Zindiq et un mécréant (Kafir). Il réfléchit longuement à la question et, en conséquence, intensifia sa campagne de dénigrement contre le calife et le califat (Khilafah), attisant la ferveur de l'Assemblée nationale, jusqu'à ce qu'elle adopte et promulgue une loi stipulant que toute opposition à la république et tout ralliement au Sultan seraient considérés comme un acte de trahison, passible de la peine de mort. Mustafa Kemal commença alors à parler des inconvénients du califat (Khilafah) à chaque réunion, en particulier à l'Assemblée nationale. Il commença à préparer le terrain pour abolir le califat (Khilafah). Certains députés contrèrent cette menace en s'exprimant sur les avantages diplomatiques du califat (Khilafah), ils furent à leur tour confrontés à une attaque féroce de la part de Mustafa Kemal. Il dit à l'Assemblée nationale : « N'est-ce pas à cause du califat (Khilafah), de l'Islam et du clergé que les paysans turcs ont combattu et sont morts pendant cinq siècles ? Il est grand temps que la Turquie veille sur ses propres intérêts et ignore les Indiens et les Arabes. La Turquie devrait se débarrasser de la direction des musulmans. »

However, things did not run as smoothly for Mustafa Kemal as he had wished. For one thing, the Turkish people are Muslim and what Mustafa Kemal did contradicts Islam. A feeling that Mustafa Kemal intended to destroy Islam spread, fueled by Kamal’s own personal actions. In his private life, he held Islam in contempt, violating all the Divine Shari’ah rules, mocking everything that Muslims hold in high esteem and sanctity. People soon realized that the new rulers of Ankara were damned Kafireen and they began to gather around the Khalifah ‘Abdul Majid. They attempted to hand him back the authority and make him the effective ruler so that he could get rid of these apostates. Mustafa Kemal sensed the growing danger and realized that the majority of the people despised him, accusing him of being a Zindiq and Kafir. He thought long and hard about the matter and as a result intensified his smear campaign against the Khalifah and the Khilafah, inciting the fervor of the National Assembly, until it adopted and enacted a law stating that any opposition to the republic and any siding with the Sultan would be considered an act of treachery, carrying the death penalty. Mustafa Kemal then began to talk about the disadvantages of the Khilafah at every meeting, especially the National Assembly. He started to prepare the ground to abolish the Khilafah. Some of the deputies countered this threat by speaking out about the diplomatic advantages of the Khilafah, they were met in turn by a fierce attack from Mustafa Kemal. He said to the National Assembly, “Was it not because of the Khilafah, Islam and the clergy, that the Turkish peasants fought and died for five centuries? It is high time Turkey looked after her own interests and ignored the Indians and the Arabs. Turkey should rid itself of leading the Muslims.”.

Mustafa Kemal a poursuivi sa campagne de dénigrement contre le califat, en soulignant ses inconvénients pour le peuple turc. Il a également calomnié le calife lui-même en le présentant, lui et ses partisans, comme les véritables traîtres et comme des marionnettes des Britanniques. Mustafa Kemal ne s'est pas arrêté là, mais a continué en parrainant une campagne de terreur contre ceux qui défendaient le califat. Sa réaction envers l'un des députés qui avait ouvertement déclaré l'obligation de s'accrocher au califat et de sauvegarder la religion (Deen) fut d'engager quelqu'un pour le tuer la nuit même où il devait prendre la parole. Ainsi, l'un de ses partisans l'a assassiné cette nuit-là alors qu'il rentrait chez lui de l'Assemblée nationale. Un autre député a prononcé un discours islamique, alors Mustafa Kemal l'a convoqué et l'a menacé de pendaison s'il ouvrait encore la bouche.

Mustafa Kemal pursued his smear campaign against the Khilafah, highlighting its disadvantages to the Turkish people. He also smeared the Khalifah himself by portraying him and his supporters as the real traitors and as British puppets. Mustafa Kemal did not stop there, but went on to sponsor a terror campaign against those who championed the Khilafah. His reaction towards one of the deputies who openly declared the obligation of holding onto the Khilafah and safeguarding the Deen was to hire someone to kill him the very night that he was meant to speak. So one of his followers assassinated him that night while he was on his way back home from the National Assembly. Another deputy delivered an Islamic speech, so Mustafa Kemal summoned him and threatened him with hanging if he opened his mouth again.

Mustafa Kemal sema la terreur partout. Avec le temps, il ordonna au Gouverneur d'Istanbul de réduire le protocole et les apparats cérémoniels qui entouraient le cortège du calife lors de la prière (Salah) du vendredi. Il réduisit également le salaire du calife au minimum et exhorta ses partisans à l'abandonner. Lorsque certains des partisans modérés de Mustafa Kemal furent témoins de cela, leurs sentiments islamiques s'éveillèrent de nouveau et ils craignirent l'annulation du califat. Ils proposèrent à Mustafa Kemal l'idée de se nommer lui-même calife sur les musulmans. Il refusa catégoriquement. Ensuite, il reçut la visite de deux délégations, l'une d'Égypte et l'autre d'Inde, lui demandant de se nommer calife des musulmans, le suppliant à maintes reprises, mais en vain. Mustafa Kemal avait désormais préparé le terrain pour sonner le glas et porter le coup de grâce au califat.

Mustafa Kemal spread terror everywhere. In time, he ordered the Governor of Istanbul to scale down the protocol and ceremonial display that surrounds the Khalifah’s cortege during Salat ul Jumu’ah. He also cut down the Khalifah’s salary to the minimum and exhorted his followers to desert him. When some of Mustafa Kemal’s moderate supporters witnessed this, their Islamic feelings began to run high again and they feared the annulment of the Khilafah. They proposed to Mustafa Kemal the idea of appointing himself as Khalifah over the Muslims. He flatly refused. Then he was visited by two delegations, one from Egypt and the other from India, asking him to appoint himself as Khalifah of the Muslims, pleading with him repeatedly but to no avail. Mustafa Kemal had by now prepared the way to ring the death knell and deal his final blow to the Khilafah.

La haine et le mépris envers les étrangers, l'ennemi et leur prétendu allié, le calife, furent propagés par Kemal parmi le peuple, les forces armées et l'Assemblée nationale. Inciter au sentiment de haine envers les étrangers n'était qu'un stratagème destiné à accuser le calife d'être leur allié. Lorsque l'opinion publique s'était tournée vers lui et que les sentiments contre le calife étaient à leur comble, Mustafa Kemal présenta à l'Assemblée nationale, le 3 mars 1924, une motion stipulant l'annulation du califat ainsi que le retrait et l'expulsion du calife, séparant ainsi formellement la religion (Deen) de l'État.

Hatred and contempt for foreigners, the enemy and their supposed ally the Khalifah was spread by Kemal amongst the people, the armed forces and the National Assembly. Inciting the feeling of hatred towards foreigners was merely a ploy intended to accuse the Khalifah of being their ally. When public opinion had shifted towards him and with feelings against the Khalifah running high, Mustafa Kemal presented to the National Assembly on March 3rd, 1924 a motion stating the annulment of the Khilafah and the removal and expulsion of the Khalifah, thereby formally separating the Deen from the State.

Certaines des paroles qu'il a prononcées lorsqu'il a présenté la motion aux députés étaient les suivantes : « À quel prix la république menacée doit-elle être sauvegardée et établie sur une base scientifique solide ? Le calife et l'héritage des "Ahl ul Uthman" doivent disparaître, les anciens tribunaux religieux et leurs lois doivent être remplacés par des tribunaux modernes et des lois modernes, les écoles du clergé doivent céder la place aux écoles gouvernementales laïques. » Il poursuivit ensuite en attaquant la religion (Deen) et ce qu'il appelait les hommes religieux. Faisant preuve d'une véritable autorité dictatoriale, il adopta lui-même la motion et obtint l'approbation de l'Assemblée nationale sans aucun débat. Il envoya ensuite un ordre au gouverneur d'Istanbul stipulant que le calife, ‘Abdul Majid, devait quitter la Turquie avant l'aube le lendemain. Le gouverneur lui-même se rendit avec un groupe de policiers et de soldats au palais du calife à minuit. Ils le forcèrent à monter dans une charrette et l'escorterent jusqu'à la frontière, ne lui permettant de prendre qu'une seule valise contenant quelques vêtements et un peu d'argent.

Some of the words which he said when he presented the motion to the deputies were as follows, “At what cost should the threatened republic be safeguarded and be established on a strong scientific basis? The Khalifah and the legacies of “Ahl ul Uthman” must go, the ancient religious courts and their laws must be replaced by modern courts and modern laws, the schools of the clergy must give way to secular government schools.” He then went on to attack the Deen and what he called religious men. Displaying real dictatorial authority, he adopted the motion himself and secured the National Assembly’s approval without any debate. He then sent an order to the Governor of Istanbul stating that the Khalifah, ‘Abdul Majid, should leave Turkey before dawn the following day. The Governor himself, went with a group of policemen and soldiers to the Khalifah’s Palace at midnight. They forced him to get into a cart and escorted him to the border not allowing him to take more than one suitcase containing some clothing and a little money.

C'est ainsi que Mustafa Kemal a aboli l'État islamique et le système islamique, et qu'à sa place, il a établi un État capitaliste et un système capitaliste. En détruisant l'État islamique, il a réalisé le rêve des mécréants qu'ils nourrissaient depuis les Croisades.

This is how Mustafa Kemal abolished the Islamic State and the Islamic System, and in its place established a Capitalist state and a Capitalist system. By destroying the Islamic State, he fulfilled the dream of the disbelievers which they had nurtured ever since the Crusades.

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Chapitres (47)
  1. 11 Introduction
  2. 22 Le point de départ
  3. 33 La construction des compagnons (Sahabah)
  4. 44 Le lancement de l'appel à l'islam (Da’wah)
  5. 55 Hostilité contre l'appel à l'islam (Da’wah)
  6. 66 L'interaction de l'appel à l'islam (Da’wah)
  7. 77 Les deux étapes de l'appel à l'islam (Da’wah)
  8. 88 L'expansion de l'appel à l'islam (Da’wah)
  9. 99 Le premier pacte d'Al-Aqabah
  10. 1010 L'appel à l'islam (Da’wah) à Médine
  11. 1111 Le second serment d'Al-Aqabah
  12. 1212 Établir l'État islamique
  13. 1313 Bâtir la société
  14. 1414 La préparation pour le jihad
  15. 1515 Le jihad commence
  16. 1616 La vie à Madinah
  17. 1717 Débattre avec les Juifs et les Chrétiens
  18. 1818 La bataille de Badr
  19. 1919 Le traitement avec Banu Qaynuqa’
  20. 2020 Gérer la dissension
  21. 2121 La Bataille d'Al-Ahzab
  22. 2222 Le Traité d'Al-Hudaybiyah
  23. 2323 La bataille de Khaybar
  24. 2424 délégués vers les pays voisins
  25. 2525 La bataille de Mu’tah
  26. 2626 La Libération de Makkah
  27. 2727 La bataille de Hunayn
  28. 2828 La bataille de Tabuk
  29. 2929 Dominer la Péninsule
  30. 3030 La structure de l'État islamique
  31. 3132 La continuité de l'État islamique
  32. 3233 La politique intérieure de l'État islamique
  33. 3334 La politique étrangère de l'État islamique
  34. 3435 jihad pour porter l'Islam
  35. 3536 Consolidation des conquêtes islamiques
  36. 3637 Façonner les gens en une seule communauté (Ummah)
  37. 3738 Les causes et les facteurs de la faiblesse de l'État
  38. 3839 Les causes et les facteurs de la faiblesse de l'État
  39. 3940 L'invasion missionnaire
  40. 4041 La haine des Croisés
  41. 4142 Les effets de l'invasion missionnaire
  42. 4243 Le siège politique du monde islamique
  43. 4344 La Destruction de l'État Islamique
  44. 4445 Empêcher l'établissement de l'État islamique
  45. 4546 Le devoir négligé
  46. 4647 Obstacles dans l'établissement de l'État
  47. 4748 Comment l'État islamique s'élèverait