4.1 Une bombe à retardement monétaire
4.1 A Monetary Time Bomb
En novembre 2008, le NY Times a rapporté que le Trésor américain avait effectivement (et jusqu'à présent) engagé la somme stupéfiante de 7,8 billions de dollars dans divers plans de sauvetage, conçus pour sauver l'économie des États-Unis et permettre au système de perdurer.
In November 2008 the NY Times reported that the US Treasury had effectively (and so far) committed a staggering 7.8 Trillion Dollars to assorted bailout schemes, designed to save the US economy and enable the system to continue.
1,7 billion de dollars en prêts (Les entreprises empruntent auprès du gouvernement, en utilisant des titres difficiles à vendre comme garantie).
$1.7 Trillion in loans (Companies are borrowing from the government, using hard-to-sell securities as collateral).
3,0 billions de dollars d'investissements (le gouvernement a acheté des actions et de la dette d'entreprise et achètera des prêts hypothécaires).
$3.0 Trillion in investments (The government has bought stock and corporate debt and will buy mortgages).
3,1 billions de dollars de garanties (Le gouvernement garantit les obligations d'entreprise, les fonds du marché monétaire et l'argent dans certains comptes de dépôt) 3.
$3.1 Trillion in guarantees (The government is guaranteeing corporate bonds, money market funds and money in some deposit accounts) 3.
En plus de ce qui précède, l'action de nationaliser les deux principales sociétés hypothécaires Fannie Mae et Freddie Mac ajoute effectivement 5,3 billions de dollars supplémentaires de passifs hypothécaires aux comptes du gouvernement américain.
In addition to the above, the action of nationalising the two main mortgage companies Fannie Mae and Freddie Mac effectively adds another $5.3 Trillion in mortgage liabilities to the US government books.
Il existe peu de consensus sur l'ampleur ultime des pertes qui devront être absorbées au sein du système financier. Le FMI avait initialement estimé les pertes à environ 1 billion de dollars et affirme désormais que ce chiffre sera trop bas. Nouriel Roubini a estimé les pertes finales à plus de 2 billions de dollars, tandis que d'autres évoquent plus de 5 billions de dollars. Même une faible dépréciation de la montagne de produits dérivés, estimée entre 500 et 1 000 billions de dollars, pourrait rendre ces chiffres élevés dérisoires. Le risque de contrepartie porté par le système bancaire est bien plus important que ce qui peut être couvert, même par les plus grands gouvernements agissant de concert. Le PIB des États-Unis est de 14 billions de dollars, et les États-Unis sont déjà la plus grande nation débitrice avec un déficit public de plus de 10 billions de dollars, et son déficit budgétaire pour l'année à venir pourrait gonfler pour dépasser 1 billion de dollars, particulièrement avec le plan de relance que le nouveau président Barack Obama promet. Il y a également une inquiétude croissante quant au manque de transparence dans les actions des gouvernements. Bloomberg a rapporté le 10 novembre : « La Réserve fédérale refuse d'identifier les bénéficiaires de près de 2 billions de dollars de prêts d'urgence provenant des contribuables américains ou les actifs problématiques que la banque centrale accepte en garantie. Malgré les assurances données au Congrès concernant la transparence du plan de sauvetage de 700 milliards de dollars du système bancaire. Deux mois plus tard, la Fed prête bien plus que cela dans le cadre de programmes de sauvetage distincts qui n'ont pas nécessité l'approbation du Congrès ; les Américains n'ont aucune idée de la destination de l'argent ou des titres que les banques mettent en gage en retour ».
There is little consensus on the ultimate scale of losses to be absorbed within the Financial system. The IMF originally estimated about $1 trillion in losses and now says that will be too low. Nouriel Roubini has estimated eventual losses of over $2 trillion and others talk of more than $5 trillion. Even a small percentage write down on the 500 to 1,000 trillion derivatives mountain could make these large figures look tiny. The counterparty risk carried within the banking system is far greater than that which can be covered by even the largest governments acting together. US GDP is $14 trillion, and the US is already the greatest debtor nation with a more than $10 trillion government deficit, and its budget deficit in the coming year may balloon to more than $1 trillion, particularly with the stimulus package that the new President Barack Obama is promising. There is also growing disquiet over the lack of transparency in the governments actions. Bloomberg reported on the 10th of November, “The Federal Reserve is refusing to identify the recipients of almost $2 trillion of emergency loans from American taxpayers or the troubled assets the central bank is accepting as collateral. Despite assurances given to Congress over transparency in the $700 billion bailout of the banking system. Two months later the Fed is lending far more than that in separate rescue programs that didn’t require approval by Congress, Americans have no idea where the money is going or what securities the banks are pledging in return4".
Le Dr Ronald Solberg d'Armored Wolf Asset Managers a souligné que le gouvernement américain est effectivement devenu une banque et, pire encore, qu'il propose des prêts sans aucune garantie. Le bilan de la Fed croît de manière spectaculaire — au cours des 8 semaines précédant le 08 octobre, la base monétaire a augmenté de façon inédite de 38 % pour atteindre 1,142 billion de dollars et ne montre aucun signe de ralentissement 5.
Dr Ronald Solberg of Armored Wolf Asset Managers highlighted that the US government has effectively become a bank and worst still is offering loans without any security. The Fed’s balance sheet is dramatically growing - in the 8 weeks to Oct 08 the monetary base grew an unprecedented 38% to $1.142 trillion and shows no signs of slowing down 5.
Cependant, les réserves injectées dans les bilans des banques n'ont pas été diffusées dans l'économie réelle.
However, reserves injected into the balance sheets of the banks have not been disseminated into the broader economy.
Les banques utilisent les liquidités pour réparer et réduire leurs bilans – c'est-à-dire pour passer en pertes leurs créances douteuses.
The banks are using the cash to repair and shrink their balance sheets – ie write off their bad debts.
Il existe donc de sérieuses questions quant à l'efficacité des plans de sauvetage et à la rapidité avec laquelle la crise du crédit prendra fin, à mesure que les banques réduisent leur levier financier et apurent leurs pertes.
So there are serious questions over how effective the bailout schemes will be and how soon the credit crunch will be over as banks deleverage and write off their losses.
L'engagement à faire tout ce qui est nécessaire pour sauver l'économie d'un effondrement absolu et de la liquidation des principales institutions financières des États-Unis est incontestable. L'origine de ces fonds est moins certaine. Le gouvernement américain est confronté au choix suivant : réduire massivement les dépenses liées aux projets sociaux, de santé et de protection sociale, augmenter considérablement les impôts, accroître l'emprunt à l'étranger, ou littéralement imprimer de la monnaie. Étant donné que les deux premières options, à savoir la réduction des dépenses et l'augmentation des impôts, ne sont pas tenables et ne peuvent générer les milliers de milliards nécessaires, l'argent proviendra soit de prêts étrangers, y compris par la détention de bons du Trésor américain, soit par l'impression de monnaie, ce qui dévaluera effectivement la devise et provoquera une hausse de l'inflation. Il est questionnable de savoir si les gouvernements étrangers continueront à financer les États-Unis, d'autant plus que la consommation américaine ralentira dans l'achat de produits chinois et japonais. Le gouvernement chinois, qui détient déjà 1,8 billion de dollars en obligations américaines, est également peu susceptible de vouloir augmenter davantage ses avoirs dans une devise qui pourrait s'effondrer.
The commitment to do whatever is necessary to save the economy from absolute collapse and the winding up of the major financial institutions of the US is unquestioned. Where this money would come from is less certain. The US government is faced with the choice of: massively curtailing expenditure on social, health and welfare projects, raising taxes dramatically, increasing borrowing from overseas, or literally printing the money. As the first two options of cutting spending and raising taxes is not tenable and cannot raise the necessary trillions needed, the money will come from either foreign loans including the holding of US Treasury bills or via printing money which will effectively devalue the currency and cause a hike in inflation. It is questionable as to whether foreign governments will continue to fund the US particularly as the US consumer will slow down in its purchase of Chinese and Japanese goods. The Chinese government which already holds $1.8 Trillion in US bonds is also unlikely to want to further increase its holdings of a currency which could go into meltdown.
3 Les États-Unis détaillent des plans de prêts de 800 milliards de dollars, 25 novembre 2008, New York Times, http://www.nytimes.com/2008/11/26/business/economy/26fed.html?pagewanted=1&_r=2.
3 U.S. Details $800 Billion Loan Plans, 25 November 2008, New York Times, http://www.nytimes.com/2008/11/26/business/economy/26fed.html?pagewanted=1&_r=2.
4 La Fed défie l'objectif de transparence en refusant de divulguer (Mise à jour 2), 10 novembre 2008, Bloomberg News, http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601087&sid=aatlky_cH.tY&refer=worldwide 5 Source : US Federal Reserve 30 oct. 2008, BCA Research
4 Fed Defies Transparency Aim in Refusal to Disclose (Update2), 10 November 2008, Bloomberg News, http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601087&sid=aatlky_cH.tY&refer=worldwide 5 Source: US Federal Reserve Oct 30, 2008, BCA Research