4.3 Instabilité inhérente
4.3 Inherent Instability
L'instabilité est un manque d'équilibre – une relation raisonnable entre la valeur de l'argent et celle des biens. Une vue prédominante est l'hypothèse de l'instabilité financière, qui stipule que l'économie possède des régimes financiers sous lesquels elle est stable, et des régimes de financement dans lesquels elle est instable, et que, durant les périodes de prospérité prolongée, l'économie passe de relations financières qui favorisent un système stable à des relations financières qui favorisent un système instable10. De plus, si une économie dotée d'un corps important d'unités financières spéculatives se trouve dans un état inflationniste, et que les autorités tentent d'exorciser l'inflation par une contrainte monétaire, alors les unités spéculatives s'évaporeront rapidement, entraînant un effondrement de la valeur des actifs. L'hypothèse de l'instabilité financière est un modèle d'économie capitaliste qui ne repose pas sur des chocs exogènes pour générer des cycles économiques de gravité variable.
Instability is a lack of balance – a reasonable relationship between value of money and goods. A prominent view is the financial instability hypothesis, which states that the economy has financial regimes under which it is stable, and financing regimes in which it is unstable, and that, in periods of prolonged prosperity, the economy transits from financial relations that make for a stable system to financial relations that make for an unstable system10. Furthermore, if an economy with a sizeable body of speculative financial units is in an inflationary state, and the authorities attempt to exorcise inflation by monetary constraint, then the speculative units will quickly evaporate leading to a collapse of asset values. The financial instability hypothesis is a model of capitalist economy, which does not rely upon exogenous shocks to generate business cycles of varying severity.
Les Autrichiens acceptent l'hypothèse de l'instabilité comme une description de ce qui se passe, mais estiment également qu'elle ne fournit pas une explication satisfaisante, et ne peuvent donc pas incriminer le capitalisme en tant que tel. Ils concluent que l'instabilité est un énième échec de l'intervention massive de l'État par le biais des banques centrales. Par exemple : si Jack dépose 100 £ d'épargne réelle (disons issue de l'agriculture) dans une banque. Jack a le droit d'exiger ses 100 £ à tout moment. Supposons que la banque prête ensuite 50 £ à Jill. À ce stade, nous avons 150 £ garantis par 100 £ (une pratique universelle dans la banque moderne appelée système de réserves fractionnaires). Pour être clair, disons que Jack et Jill achètent pour 100 £ et 50 £ de marchandises par chèque dans un magasin. La banque est alors confrontée à un déficit de 50 £. Les Autrichiens soutiennent que dans un marché libre, si une banque s'engage dans une expansion de crédit non garantie, elle court le risque d'être prise, et par conséquent, la menace de la faillite est susceptible de servir de moyen de dissuasion. Ainsi, l'hypothèse de l'instabilité de Minsky ne s'applique qu'à l'économie capitaliste moderne avec sa structure institutionnelle, et non au capitalisme de marché libre dépourvu de grands gouvernements11.
The Austrians accept the instability hypothesis as describing what is happening, but also feel it does not provide a satisfactory explanation, hence cannot indict capitalism as such. They conclude that the instability is yet another failure of big government intervention through central banks. For example: if Jack deposits £100 of real savings (say from farming) in a bank. Jack has the right to demand his £100 at any time. Let us say that the bank then lends £50 out to Jill. At this stage, we have £150 backed by £100 (a universal practice in modern banking called fractional reserve banking). To make it clear, let us say Jack and Jill purchase £100 and £50 worth of goods with cheque payments from a shop. The bank now faces a shortfall of £50. The Austrians argue that in a free market, if a bank engages in unbacked expansion of credit, it runs the risk of being caught, and therefore the threat of bankruptcy is likely to serve as a deterrent. Hence Minsky’s instability hypothesis only applies to the modern capitalist economy with its institutional setup and not free market capitalism devoid of big governments11.
Les causes citées par l'hypothèse de l'instabilité sont de nature psychologique et pathologique, tandis que la cause citée par les Autrichiens est de nature institutionnelle. Toutes deux ne proposent pas d'alternatives fondées qui assurent la stabilité. L'anarchie du marché libre absolu ne pourrait jamais être durable, ne serait jamais acceptée par une quelconque communauté et est contradictoire en soi, car celui qui fait appliquer le marché libre intervient par définition. Quant aux keynésiens et aux post-keynésiens, il y aurait toujours des disputes sur les réglementations et les limites appropriées. Le marché évoluerait perpétuellement, faisant face à crise après crise, en adaptant ses idées basées sur la réalité (souvent de manière parcimonieuse), rendant l'économie vulnérable aux fluctuations internes et externes.
The causes cited by the instability hypothesis is psychological and pathological in nature, and the cause cited by the Austrians is institutional in nature. Both do not provide founded alternatives that provide stability. Absolute free market anarchy could never be sustainable, would never be accepted by any community and is self-contradictory, for the one who enforces the free market is intervening by definition. As for the Keynesians and the post Keynesians, there would always be disputes on what regulations and limits are appropriate. The market would evolve perpetually, facing crisis after crisis, as it suits its ideas based in reality (often parsimoniously) rendering the economy vulnerable to internal and external fluctuations.
Il est indéniable que le modèle de la banque centrale est au cœur du problème auquel l'économie est confrontée. En effet, il permet à la banque d'emprunter directement ou de vendre certains de ses actifs contre des liquidités. La question clé est de savoir d'où la banque centrale tire sa liquidité ? – elle se contente de l'imprimer sans aucune garantie. La banque pourrait également emprunter auprès d'autres banques, mais cela pourrait augmenter les taux d'intérêt, ce qui ralentirait la demande des emprunteurs. Le système bancaire moderne est guidé et coordonné par la banque centrale, qui assure une liquidité suffisante pour les investissements et les dépenses en injectant de l'argent par une expansion conjointe du crédit non garanti.
It is undeniable that the central bank model is central to the problem facing the economy. For it allows the bank to directly borrow or sell some of its assets for cash. The key question is where does the central bank get its liquidity? – it just prints it with no backing. The bank could also borrow from other banks, but that could increase interest rates, which slows down demand from borrowers. The modern banking system is guided and coordinated by the central bank, which ensures sufficient liquidity for investments and expenditures by injecting money through a joint expansion of unbacked credit.
Il est évident que c'est la politique monétaire accommodante de la Fed entre décembre 2000 et juin 2004, c'est-à-dire la baisse du taux des fonds fédéraux (le taux d'intérêt des prêts de fonds fédéraux) de 6,5 % à 1 %, qui a jeté les bases de l'émergence des activités de bulle. Puis, entre juin 2004 et septembre 2007, la Fed a augmenté le taux des fonds fédéraux de 1 % à 5,25 %. Ce resserrement de la liquidité a sapé le marché immobilier de la bulle (qui avait reçu de nombreux avertissements), accumulant une pression de niveau de krach à la fin de 2007. Le taux des fonds fédéraux est l'un des leviers du marché ouvert pour réguler l'économie. Le volume massif, la mondialisation, la titrisation et une véritable explosion des dérivés complexes se sont combinés de manière à provoquer un krach calamiteux, rivalisant avec la Grande Dépression de 1929. Ce qui précède offre un contexte raisonnable pour mettre en lumière deux éléments systémiques fondamentaux qui sous-tendent les causes de l'expansion et du krach :
Evidently, it was the loose monetary policy of the Fed between Dec. 2000 and Jun. 2004 i.e. lowering Fed funds rate (interest rate of lending federal funds) from 6.5% to 1% that laid the foundation for the emergence of the bubble activities. And then between Jun. 2004 and Sep. 2007, the Fed raised the Fed funds rate from 1% to 5.25%. This tightening of liquidity undermined the bubble housing market (which had ample warnings); gaining bust-level pressure by the end of 2007. The Fed funds rate is one of the open market levers to regulate the economy. The sheer volume, globalisation, securitisation and a veritable explosion in complex derivatives have combined in a way to make for a calamitous bust, rivalling the great depression of 1929. The above provides a reasonable backdrop to highlight two fundamental systemic elements, which underlie the causes of boom and bust:
1. L'absence d'un étalon tel que l'étalon-or (permet une frappe non adossée).
1. Lack of a standard such as the gold standard (allows unbacked minting).
2. Le système bancaire basé sur l'intérêt (qui encourage l'accumulation de dettes pour des rendements élevés).
2. Interest based banking (which encourages debt accumulation for high returns).
Il existe déjà une inquiétude considérable, même en Occident, concernant les deux points susmentionnés. Le retour à l'étalon-or est soutenu par beaucoup, y compris les partisans de l'École autrichienne d'économie, les objectivistes et les libertariens, principalement en raison de leurs idéaux de libre marché, c'est-à-dire leur objection au rôle du gouvernement dans l'émission de monnaie fiduciaire par le biais des banques centrales. Même Alan Greenspan avait attesté de l'importance de l'étalon-or : « L'abandon de l'étalon-or a permis aux partisans de l'État-providence d'utiliser le système bancaire comme un moyen d'expansion illimitée du crédit... En l'absence de l'étalon-or, il n'y a aucun moyen de protéger l'épargne de la confiscation par l'inflation... Les dépenses déficitaires ne sont qu'un stratagème pour la confiscation des richesses. L'or s'oppose à ce processus insidieux. Il se dresse comme un protecteur des droits de propriété. Si l'on saisit cela, on n'a aucune difficulté à comprendre l'antagonisme des partisans de l'État envers l'étalon-or. » 12.
There is already considerable concern, even in the west, over both of the above. The return to the gold standard is supported by many including followers of the Austrian School of Economics, objectivists and libertarians largely because their free market ideals i.e. their objection to the role of the government in issuing fiat currency through central banks. Even Alan Greenspan had attested to the importance of the gold standard, “The abandonment of the gold standard made it possible for the welfare statists to use the banking system as a means to an unlimited expansion of credit... In the absence of the gold standard, there is no way to protect savings from confiscation through inflation… Deficit spending is simply a scheme for the confiscation of wealth. Gold stands in the way of this insidious process. It stands as a protector of property rights. If one grasps this, one has no difficulty in understanding the statists' antagonism toward the gold standard.” 12.
Tout autre modèle ne devrait pas présenter ces faiblesses. L'étalon monétaire fixe et la banque sans intérêt constituent certains des piliers institutionnels clés d'un système durable.
Any alternative model should not possess these weaknesses. The fixed currency standard and interest free banking form some of the key institutional basis for a sustainable system.
10 Minsky H P, 1992, The financial instability hypothesis, The Jerome Levy Economics Institute Working Paper No. 74. Disponible sur SSRN : http://ssrn.com/abstract=161024.
10 Minsky H P, 1992, The financial instability hypothesis, The Jerome Levy Economics Institute Working Paper No. 74. Available at SSRN: http://ssrn.com/abstract=161024.
11 Shostak F, 2007, Does the Current Financial Crisis Vindicate the Economics of Hyman Minsky?, article du Ludwig von Mises Institute, http://mises.org/story/2787.
11 Shostak F, 2007, Does the Current Financial Crisis Vindicate the Economics of Hyman Minsky?, Ludwig von Mises Institute article, http://mises.org/story/2787.
12 Greenspan A, 1966, Gold and Economic Freedom, paru pour la première fois dans The Objectivist, réimprimé en 1967 dans Capitalism: the unknown ideal, Signet, New York.
12 Greenspan A, 1966, Gold and Economic Freedom, First appeared in The Objectivist, reprinted 1967 in Capitalism: the unknown ideal, Signet, New York.