2.1 Émergence de la pensée occidentale
2.1 Emergence of Western Thought
Les Occidentaux ont des points de vue variés concernant l'histoire de leur pensée, c'est-à-dire les étapes de l'émergence de leur civilisation et de leur culture moderne, décrite comme le « Siècle des Lumières » et le « Modernisme ». Certains Occidentaux ont catégorisé l'histoire en trois âges : l'Antiquité, le Moyen Âge et l'Époque moderne. Cette catégorisation globale est prédominante. D'autres, comme Morris Bishop dans son livre, *The Middle Ages*, affirment que le Moyen Âge a commencé avec la chute de Rome, classant les âges en Âges sombres et Haut Moyen Âge. Bishop considérait le « 29 mai 1453 », jour de la prise de Constantinople, comme l'une des « dates charnières » de l'histoire occidentale, « pour marquer la fin du Moyen Âge et le début de l'époque moderne ». À la fin du Moyen Âge ou de la période médiévale, l'ère de la Renaissance, de la Réforme et de la raison commença, comme l'a affirmé Herbert Albert Laurens Fisher dans son ouvrage en trois volumes, *A History of Europe*. H. A. L. Fisher a souligné qu'il n'est pas simple pour le chercheur de déterminer la délimitation historique entre le Moyen Âge et l'Époque moderne. Parmi les Occidentaux, il y a ceux qui développent les étapes par lesquelles la pensée occidentale est passée, tels que Will Durant dans son *The Story of Civilization*, et Roland N. Stromberg dans son livre, *European Intellectual History since 1789*, dans lequel Stromberg divise les étapes en Moyen Âge, période de la Renaissance, période de la Réforme et période Baroque. Selon Stromberg, la philosophie de la période Baroque est celle de l'ère post-Renaissance, ou d'un autre point de vue, c'est l'ère du mouvement post-Réforme religieuse, commençant approximativement vers l'an 1570 de l'ère commune et se poursuivant au-delà de 1650 de l'ère commune. Stromberg souligne ensuite le XVIIe siècle comme un âge de raisonnement, « Frappée par la terrible crise de la Réforme, l'Europe a engendré la renaissance scientifique et intellectuelle du XVIIe siècle. » Stromberg cite Galileo, Newton, Descartes, Spinoza, Hobbes, Locke et Leibniz pour affirmer que le dix-septième siècle de l'ère commune fut l'âge de la raison. Stromberg s'enthousiasme ensuite pour « ce chapitre extraordinaire de l'histoire intellectuelle, le Siècle des Lumières du dix-huitième siècle », avant de parler du caractère idéologique du dix-neuvième siècle de l'ère commune.
Westerners have varying views regarding the history of their thought i.e. stages of the emergence of their civilization and their modern culture, described as ‘Enlightenment’ and ‘Modernism.’ Some of the Westerners categorized history into three ages: Antiquity, the Middle Ages and the Modern Age. This comprehensive categorization is predominant. Others, like Morris Bishop in his book, The Middle Ages, assert that the Middle Ages began with the Fall of Rome, categorizing the ages into the Dark Ages and High Middle Ages. Bishop considered “the 29th of May 1453,” the day that Constantinople was opened, as one of the “hinge-dates” of Western history, “to mark the end of the Middle Ages and the beginning of modern times.” By the end of Middle Ages or the medieval period, the age of renaissance, reformation and reason began, as asserted by Herbert Albert Laurens Fisher in his three-volume, A History of Europe. H. A. L. Fisher emphasized that it is not straightforward for the researcher to determine the delineation in history between the Middle and Modern Ages. Amongst the Westerners, there are those who elaborate upon the stages that Western thought passed through, such as Will Durant in his The Story of Civilization, and Roland N. Stromberg in his book, European Intellectual History since 1789, in which Stromberg divided the stages into the Middle Ages, the renaissance period, the reformation period and the Baroque period. According to Stromberg, the philosophy of the Baroque period is that of the post-renaissance era, or from another perspective, it is the era of the post religious reformation movement, beginning in approximately on the year 1570 CE and continued beyond 1650 CE. Stromberg then highlights the seventeenth century as an age of reasoning, “Battered by the terrific crisis of the Reformation, Europe came up with the scientific and intellectual renaissance of the seventeenth century.” Stromberg cites Galileo, Newton, Descartes, Spinoza, Hobbes, Locke and Leibniz to assert that the seventeenth century CE was the age of reasoning. Stromberg enthuses then of “that extraordinary chapter of intellectual history, the eighteenth century Enlightenment,” before speaking of the ideological character of the nineteenth century CE.
Le Siècle des Lumières (en français : Siècle des Lumières) est la terminologie utilisée pour exprimer la philosophie qui a prévalu en Europe au XVIIIe siècle de l'ère commune, de 1715 à 1789 de l'ère commune, spécifiquement en France, en Angleterre et en Allemagne. Ainsi, l'historien français Pierre Chaunu, auteur de *The Civilization of Europe of Enlightenment* (en français : *La civilisation de l'Europe des Lumières*), a parlé de l'éveil de l'Europe, en trois langues, classées par importance : le français, l'anglais et l'allemand. Le *Cambridge Dictionary of Sociology* de Bryan S. Turner déclare concernant les Lumières que : « Dans la tradition occidentale, les Lumières (*eclaircissement*, *aufklarung*) font référence au processus de devenir rationnel dans la pensée et l'action. Cela peut être individuel ou à l'échelle de la société. Dans les deux cas, la raison est représentée comme une lumière qui illumine la compréhension et dissipe les ténèbres de l'ignorance et de la superstition. »
The Age of Enlightenment (French: Siecle des Lumieres) is the terminology used to express the philosophy that prevailed in Europe in the eighteenth century CE, from 1715 to 1789 CE, specifically in France, English and Germany. Thus, the French historian Pierre Chaunu, author of The Civilization of Europe of Enlightenment (French: La civilisation de I'Europe des Lumieres) spoke of the enlightenment of Europe, in three languages, ordered by significance as French, English and German. Bryan S. Turner’s The Cambridge Dictionary of Sociology states regarding Enlightenment that “In the western tradition, Enlightenment (eclaircissement, aufklarung) refers to the process of becoming rational in thought and action. It can be individual or society-wide. Either way, reason is figured as a light that illuminates the understanding and dispels the darkness of ignorance and superstition.”.
Roland N. Stromberg dépeint l'intense débat durant le Siècle des Lumières, dans European Intellectual History Since 1789, se référant à ceux qui ont adopté « l'anticléricalisme déiste » ainsi que décrivant le point de vue de William James comme suit : « les divers mythes ou conceptualisations dans lesquels les religions sont objectivement incarnées ne sont pas fondamentaux ; ils ne sont que les simples enveloppes de la religion. Ce qui est fondamental, c'est l'instinct de croire, le besoin de l'esprit humain de s'exprimer. ».
Roland N. Stromberg depicts the intense debate during the Enlightenment, European Intellectual History Since 1789, referring to those who adopted “deistic anticlericalism” as well as describing William James’ viewpoint as “the various myths or conceptualizations in which religions are objectively embodied are not fundamental; they are the mere husks of religion. What is basic is the instinct to believe, the need for the human spirit to express itself.”.
Gunnar Skirbekk et Nils Gilje ont écrit dans leur livre, *A History of Western Thought from Ancient Greece to the Twentieth Century* : « La période des Lumières fut ainsi marquée par un optimisme progressiste au sein d'une classe moyenne en pleine expansion : une confiance nouvellement éveillée en la raison et en l'homme. Il y avait un messianisme sécularisé, dans lequel la raison suppléait l'Évangile. Grâce à l'aide de la raison, l'homme allait désormais découvrir l'essence la plus profonde de la réalité et réaliser le progrès matériel. L'homme deviendrait progressivement autonome, se passant d'une autorité sans fondement et d'une tutelle théologique. La pensée était libérée parce que l'homme se sentait capable de se gouverner lui-même et indépendant de la révélation et de la tradition. L'athéisme devint à la mode. »
Gunnar Skirbekk and Nils Gilje wrote in their book, A History of Western Thought from Ancient Greece to the Twentieth Century, “The period of the Enlightenment was thus marked by progressive optimism within the expanding middle class: a newly awakened confidence in reason and in man. There was a secularized Messianism, in which reason supplanted the Gospel. By the aid of reason, man would now uncover the innermost essence of reality and achieve material progress. Man would gradually become autonomous, dispensing with groundless authority and theological tutelage. Thought was liberated because man felt himself to be self-governed and independent of revelation and tradition. Atheism became fashionable.”.
Le concept des Lumières dans la pensée occidentale est interconnecté au concept de la modernité. Il y a ceux qui considèrent les Lumières comme un précurseur de la modernité. Il y a ceux qui considèrent les deux comme synonymes. Il y a ceux qui estiment que les Lumières ont émergé de la modernité. Il y a ceux qui disent que le terme Lumières est la description d'une pensée qui a éclairé les ténèbres de l'Occident, avec la lumière de la raison et de la connaissance. Quant à la modernité, elle est la description de la pensée qui a introduit la contemporanéité dans ses connaissances et ses méthodes, en rupture avec l'Antiquité.
The concept of Enlightenment in the Western thought is interconnected to the concept of modernity. There are those who consider Enlightenment a precursor to modernity. There are those who consider both to be synonymous. There are those who view that enlightenment emerged from modernity. There are those who say the term enlightenment is a description of a thought that enlightened the darkness of the West, with the light of reason and knowledge. As for modernity, it is the description of the thought that introduced contemporariness in its knowledge and methods, in a break from antiquity.
Indépendamment des diverses théories, le fondement et la pierre angulaire de la modernité sont l'abolition, la mise à l'écart ou la séparation de la religion de la vie, comme l'illustre la position du philosophe allemand Martin Heidegger, et cela est conforme aux Lumières. Cela indique également que la modernité et les Lumières sont toutes deux la description du même phénomène. Le sociologue français Alain Touraine dit dans son *Critique of Modernity* (français : *Critique de la modernité*) que : « L'idée de modernité fait de la science, plutôt que de Dieu, le centre de la société, et au mieux relègue les croyances religieuses au domaine intérieur de la vie. Ceci d'un côté, et de l'autre, la simple présence d'applications technologiques de la science ne nous permet pas de parler d'une société moderne. L'activité intellectuelle doit également être protégée à la fois de la propagande politique et des croyances religieuses... l'idée de modernité est donc étroitement associée à celle de la rationalisation. »
Irrespective of the various theories, the foundation and cornerstone of modernity is religion’s abolition, sidelining or separation from life, exemplified in the stance of the German philosopher Martin Heidegger, and it is in accordance with Enlightenment. This also indicates that both modernity and Enlightenment are a description of the same phenomenon. The French sociologist Alain Touraine says in his Critique of Modernity (French: Critique de la modernite) that, “The idea of modernity makes science, rather than God, central to society, and at best relegates religious beliefs to the inner realm of life. This is on one side and on the other side, the mere presence of technological applications of science does not allow us to speak of a modern society. Intellectual activity must also be protected from both political propaganda and religious beliefs... the idea of modernity is therefore closely associated with that of rationalization.”.
Voici la question qui se pose : pourquoi l'histoire de la pensée occidentale, décrite comme étant celle des Lumières et de la modernité, gravite-t-elle autour du sujet du rejet, de la séparation, de la mise à l'écart et du détachement de la religion ?
Here the question arises: Why does the history of Western thought, that is described as Enlightenment and modernity, revolve around the subject of rejecting, separating, sidelining and detaching religion?
La réponse nécessite de se référer à la période de l'histoire occidentale appelée le Moyen Âge, distincte de l'ère de la modernité. Bertrand Russell a déclaré dans son livre, *A History of Western Philosophy*, que « La période de l'histoire que l'on appelle communément "moderne" possède une vision mentale qui diffère de celle de la période médiévale de bien des manières. Parmi celles-ci, deux sont les plus importantes : l'autorité déclinante de l'Église et l'autorité croissante de la science. » L'Europe durant le Moyen Âge était une Europe où l'Église détenait une souveraineté absolue et une autorité unique, dominant la vie, l'homme, la société et l'État. Morris Bishop affirme dans son livre, *The Middle Ages*, que « L'Église était, en somme, plus que le mécène de la culture médiévale ; elle était la culture médiévale. » Bishop déclare également : « L'Église et ses enseignements imprégnaient toute la vie de l'homme. On ne pouvait conclure un marché, se couper le doigt ou perdre un outil agricole sans invoquer la faveur céleste. »
The answer necessitates our referring to the time period of Western history called the Middle Ages, distinct from the era of modernity. Bertrand Russell stated his book, A History of Western Philosophy, that “The period of history which is commonly called “modern” has a mental outlook which differs from that of the medieval period in many ways. Of these, two are the most important: the diminishing authority of the Church, and the increasing authority of science.” Europe during the Middle Ages was a Europe with the Church having absolute sovereignty and sole authority, dominating life, man, society and the state. Morris Bishop states in his book, The Middle Ages that “The church was, in sum, more than the patron of medieval culture; it was medieval culture.” Bishop also states, “The church and its teachings pervaded man’s entire life. One could not strike bargain, cut finger, or lose farm tool without invoking celestial favor.”.
Au Moyen Âge, l'Église étendait sa souveraineté et son hégémonie sur la société au nom de la religion, selon la vision philosophique scolastique qui s'est formée au treizième siècle, suite à l'adoption d'une pensée conciliant la philosophie aristotélicienne et la théologie chrétienne. Cette pensée était associée à un certain nombre de concepts et d'enseignements erronés sur l'homme, la nature, l'univers et la vie. Elle était adoptée et revendiquée comme absolue, tandis que des certitudes émanaient de l'autorité sainte et infaillible. Aucune interprétation, aucun développement ni aucun changement n'étaient acceptés. Il fallait y croire, s'y soumettre et s'y conformer. L'Église refusait toute vue ou parole qui contredisait ses enseignements. Elle rejetait toute pensée qui sapait sa crédibilité. Ainsi, l'Église utilisait des moyens de punition pour ceux qui abandonnaient ses enseignements. Elle adoptait la méthode de l'excommunication et l'accusation de blasphème contre l'hétérodoxie et l'hérésie. Elle réprimait tout mouvement intellectuel ou scientifique qui contestait ses interprétations et réfutait ses concepts.
In the Middle Ages, the Church was extending its sovereignty and hegemony over the society in the name of religion, according to the scholastic philosophical vision that formed in the thirteenth century, upon the adoption of thought reconciled between the philosophy of Aristotelian and Christian theology. This thought was associated with a number of erroneous concepts and teachings about man, nature, universe and life. It was adopted and claimed as absolute, whilst certainties emerged from the holy infallible authority. No interpretation or development or change was accepted. One must believe in it, submit to it and be compliant to it. The Church used to refuse any view or saying that contradicted its teachings. It rejected any thought that undermined its credibility. Thus the Church used means of punishment for those who left its teachings. It adopted the method of excommunication and charging blasphemy against heterodoxy and heresy. It suppressed any intellectual or scientific movement that challenged its interpretations and refuted its concepts.
Ainsi commença le mouvement de persécution ecclésiastique contre les penseurs qui critiquaient ses enseignements et sa corruption rampante. En l'an 1415 de l'ère chrétienne, le Tchèque John Huss (Iohannes Hus), qui critiquait la corruption de l'Église et l'accusait de s'écarter de ses principes, fut brûlé vif sur le bûcher. En l'an 1498 de l'ère chrétienne, Girolamo Savonarola fut torturé, pendu puis brûlé en Italie. En l'an 1612, Bartholomew Legate et Edward Wightman furent brûlés en Angleterre, en raison d'accusations d'hérésie. Georges Minois a déclaré dans son livre, *The Church and Science: History of Conflict* (français : *L’Eglise et la science. Histoire d’un malentendu*) que « Depuis 1544, l'École de théologie de Paris condamnait les Observations aristotéliciennes, rédigées par Pierre de La Ramee, qui critiquait le philosophe Aristote, et il fut interdit d'enseigner. En l'an 1546, Etienne Dolet fut torturé. À la fin du siècle, les poursuites se sont multipliées. Patrizi fut soumis à certains harcèlements de la part du Saint Office en 1595. Campanella fut arrêté pour la première fois en 1594 après que l'Inquisition (le Saint Office) eut volé ses papiers. Giordano Bruno fut exécuté en 1600. L'année 1601 fut suivie de l'année 1602, l'Université de Paris fut établie, suivie par le parlement pour réitérer l'autorité de la doctrine péripatéticienne. Campanella fut condamné à la prison à vie en 1601... En 1616, la pensée de l'école de Copernicus (polonais : Kopernik) fut déclarée comme une école de pensée hérétique. La langue de Vanini fut coupée et il fut brûlé vif, suite au verdict rendu par le Parlement de Toulouse le décrivant comme astrologue, occultiste et athée. En 1624, trois auteurs opposés à l'aristotélisme furent expulsés en l'espace de vingt-quatre heures sur demande de la Faculté de théologie de Paris. En 1629, des mesures furent prises contre certains chimistes anti-aristotéliciens... le Saint Office condamna Galilée et le contraignit à être en résidence surveillée. ».
Thus the movement of ecclesiastical persecution began against the thinkers who criticized its teachings and rampant corruption. In the year 1415 CE, the Czech John Huss (lohannes Hus), who criticized the corruption of the Church and accused it of departing from its principles, was burned at the stake. In the year 1498 CE Girolamo Savonarola was tortured, hanged and then burnt in Italy. In the year 1612, Bartholomew Legate and Edward Wightman were burnt in England, due to the accusation of heresy. Georges Minois stated in his book, The Church and Science: History of Conflict (French: L’Eglise et la science. Histoire d’un malentendu) that “Since 1544, The Paris School of Theology had been condemning the Aristotelian Observations, authored by Pierre de La Ramee, who criticized the philosopher Aristotle, and he was prohibited to teach. In the year 1546, The Etienne Dolet was tortured. By the end of the century, the prosecutions were multiplied. Patrizi was subjected to some harassment from the Holy Office in 1595. Campanella was arrested for the first time in 1594 after the Inquisition (the Holy Office) had stolen his papers. Giordano Bruno was executed in 1600. In the year 1601 followed by the year 1602, the University of Paris was established followed by the parliament to reiterate the authority of peripatetic doctrine. Campanella was sentenced with life imprisonment in 1601...In 1616, Copernicus (Polish: Kopernik) school of thought was declared as a heretical school of thought. The tongue of Vanini was cut out and he was burnt alive, upon the verdict passed by the Parliament of Toulouse describing him as an astrologer, occultist, and atheist. In 1624, three authors opposed to Aristotelianism were expelled within twenty-four hours based on the request of the Faculty of Theology in Paris. In 1629, measures were taken against some anti-Aristotelian chemists... The holy office condemned Galileo and forced him to be under house arrest.”.
Néanmoins, une série de découvertes scientifiques furent entreprises par les pionniers des mouvements scientifiques en Occident, tels que Copernicus (mort en 1543), Johannes Kepler (mort en 1630) et Galileo Galilei (mort en 1642), qui ébranlèrent la confiance dans le concept de l'Église et sapèrent sa crédibilité. Celles-ci renforcèrent la confiance envers les penseurs occidentaux en vertu de leur capacité et de leur succès scientifiques. La recherche scientifique et le défi lancé à l'Église se poursuivirent. L'émergence de chaque nouvelle découverte et de chaque pensée moderne agit comme un pic qui contribua à la destruction de l'édifice intellectuel de l'Église. Ainsi, l'Église reçut des coups douloureux de la part de Newton (mort en 1757), Linnaeus (mort en 1778), Lavoisier (mort en 1794), Claude Bernard (mort en 1878) et Darwin (mort en 1882), de sorte que la domination de l'Église s'affaiblit progressivement. Il n'était plus nécessaire de réformer l'Église, comme l'indiquèrent le mouvement de Martin Luther (mort en 1546) et de Jean Calvin (mort en 1564) qui aboutit à la guerre de Trente Ans (1618-1648), dont le résultat fut catastrophique pour les nations européennes. Il ne s'agissait plus simplement de réformer l'Église. Au contraire, il fallait la démolir. L'affaire se conclut par la diffamation de l'intégralité des enseignements ecclésiastiques sacerdotaux, réfutant absolument ses concepts, ses enseignements et ses perceptions intellectuelles.
Nevertheless, a series of scientific discoveries were undertaken by the pioneers of scientific movements in the West, such as Copernicus (d. 1543), Johannes Kepler (d. 1630) and Galileo Galilei (d. 1642), that shook trust in the concept of the Church and undermined its credibility. These strengthened trust in Western thinkers by virtue of their scientific ability and success. The scientific research and the defiance of the Church continued. The emergence of every new discovery and every modern thought acted as a pickaxe that contributed to the destruction of the Church’s intellectual edifice. Thus there were painful blows to the Church from Newton (d. 1757), Lisnnaeus (d. 1778), Lavoisier (d 1794), Claude Bernard (d. 1878), and Darwin (d. 1882), such that the dominance of the church gradually waned. The Church was no longer required to be reformed, as apparent in the movement of Martin Luther (d. 1546) and Jean Calvin (d. 1564) that resulted into the Thirty Years’ War (1618-1648), whose result was catastrophic to the European nations. It was no longer required to merely reform the Church. Instead, it was required to demolish it. The matter concluded with the defamation of priestly ecclesiastical teachings in its entirety, refuting its concepts, teachings and intellectual perceptions, absolutely.
La célèbre phrase du philosophe écossais David Hume (mort en 1776) dans son livre, *An Enquiry Concerning Human Understanding*, résume la vue des savants sur l'Église, sa connaissance et ses méthodes au XVIIIe siècle de notre ère, en disant : « Si nous prenons en main n'importe quel volume — de théologie ou de métaphysique scolaire, par exemple — demandons-nous, contient-il un quelconque raisonnement abstrait sur la quantité ou le nombre ? Non. Contient-il un quelconque raisonnement expérientiel sur des questions de fait et d'existence ? Non. Alors jetez-le au feu, car il ne peut contenir rien d'autre que de la sophistique et de l'illusion. »
The famous phrase of the Scottish philosopher David Hume (d. 1776) in his book, An Enquiry Concerning Human Understanding, summarizes the view of scholars about the Church, its knowledge and methods in the eighteenth century CE, by saying, “If we take in our hand any volume - of divinity or school metaphysics, for instance - let us ask, does it contain any abstract reasoning about quantity or number? No. Does it contain any experiential reasoning about matters of fact and existence? No. Then throw it in the fire, for it can contain nothing but sophistry and illusion.”.
La chute de l'Église s'est accompagnée de l'évolution de ses enseignements et de ses concepts concernant l'univers, l'homme, la vie et la société. Cela s'est accompagné d'une confiance croissante en Occident quant aux capacités de l'esprit humain à révéler les secrets de l'univers, de la nature et de l'homme. Ainsi, la raison en Occident a commencé à remplacer progressivement l'Église « divine » et sa théologie. Le rationalisme est apparu pour expliquer les phénomènes cosmiques, tandis que les paramètres sociétaux étaient analysés selon des points de vue rationnels, libérés de toutes les restrictions sacerdotales ou religieuses. Will Durant a exprimé dans son livre, The Story of Civilization Volume 7, que « la science a alors commencé à se libérer du placenta de sa mère, la philosophie. Elle a rejeté Aristote de son dos, a détourné son visage de la métaphysique vers la Nature, a développé ses propres méthodes distinctives et a cherché à améliorer la vie de l'homme sur terre. Ce mouvement appartenait au cœur de l'Âge de la Raison, mais il n'a pas placé sa foi dans la "raison pure" — la raison indépendante de l'expérience et de l'expérimentation. Trop souvent, un tel raisonnement avait tissé des toiles mythiques ».
The fall of the Church accompanied its teachings and concepts about universe, man, life and society. This was accompanied by a growing confidence in the West about the abilities of the human mind to reveal the secrets of the universe, nature and man. Thus, reason in the West began replacing the “divine” church and its theology, gradually. Rationalism emerged to explain the cosmic phenomena, whilst societal parameters were analyzed according to rational views, free from all priestly or religious restrictions. Will Durant expressed in his book, The Story of Civilization Volume 7 that “Science now began to liberate itself from the placenta of its mother, philosophy. It shrugged Aristotle from its back, turned its face from metaphysics to Nature, developed its own distinctive methods, and looked to improve the life of man on the earth. This movement belonged to the heart of the Age of Reason, but it did not put its faith in “pure reason”- reason independent of experience and experiment. Too often such reasoning had woven mythical webs.”.
Ainsi, les nouvelles pensées concernant l'humanité, le raisonnement, la connaissance, la société, la politique, l'économie, l'État, le gouvernement et les canons sont devenues prééminentes. Les vues de Francis Bacon (mort en 1626), Rene Descartes (mort en 1650), Blaise Pascal (mort en 1662), Baruch Spinoza (mort en 1677), Thomas Hobbes (mort en 1679), John Locke (mort en 1704), Montesquieu (mort en 1755), Voltaire (1778), Jean-Jacques Rousseau (1778), Adam Smith (mort en 1790), Immanuel Kant (mort en 1804), Jeremy Bentham (mort en 1832), John Stuart Mill (mort en 1873) et d'autres ont contribué à poser les fondements de la pensée occidentale moderne.
Thus the new thoughts about humankind, reasoning, knowledge, society, politics, economy, state, ruling and canons became prominent. The views of Francis Bacon (d. 1626), Rene Descartes (d. 1650), Blaise Pascal (d. 1662), Baruch Spinoza (d. 1677), Thomas Hobbes (d. 1679), John Locke (d. 1704), Montesquieu (d. 1755), Voltaire (1778), and Jean-Jacques Rousseau (1778), Adam Smith (d. 1790), Immanuel Kant (d. 1804), Jeremy Bentham (d. 1832), John Stuart Mill (d. 1873) and others contributed to laying the foundations of modern Western thought.
Ceci est le résumé de la formation de la pensée occidentale moderne, tel que raconté par les historiens occidentaux. Indépendamment de l'exactitude de l'histoire de la pensée occidentale, et de la difficulté de distinguer les faits du mythe exagéré servant la propagande du prétendu miracle occidental, qui a produit la civilisation des Lumières et de la modernité, et ce malgré tout cela, il est préférable pour nous d'examiner la nature de cette pensée occidentale, afin d'en connaître la réalité puis d'en exposer la corruption.
This is the summary of the formation of modern Western thought, as narrated by the Western historians. Regardless of the accuracy in the history of Western thought, distinguishing facts from exaggerated myth serving the propaganda of the so-called Western miracle, that produced the civilization of Enlightenment and modernity, regardless of all of that, it is best for us to examine at the nature of this Western thought, to know its reality and then expose its corruption.