7.2 Réfutation de la pensée de la liberté
7.2 Refuting the Thought of Freedom
Le concept originel de liberté pour l'ensemble de l'humanité est qu'il s'oppose à l'esclavage ou à l'asservissement. C'est le sens véritable du terme qui a été mentionné dans l'héritage linguistique de l'humanité depuis sa toute première utilisation. Puis, au fil du temps, sa connotation s'est étendue à d'autres domaines. Ainsi, le terme a été utilisé pour exprimer des sens métaphoriques qui traduisent l'état paradoxal de l'esclavage selon les langues, les cultures et les civilisations des nations.
The original concept of freedom for all of humankind is that it is the opposite to slavery or enslavement. This is the real meaning of the term that has been mentioned in the linguistic heritage of humankind, since the term was first used. Then, over time, its connotation extended to other matters. So the term was used to express metaphorical meanings that express the paradox state of slavery according to the languages, cultures and civilizations of the nations.
Dans les dictionnaires de l'Occident, le mot liberté revêt le sens de l'opposé de l'esclavage. Jacqueline Russ déclare dans *Methods in Philosophy* (français : *Les méthodes en philosophie*) : « La liste concernant le terme liberté est encore plus significative et plus riche : dépendance, esclavage, servitude, assujettissement, contrainte, entrave, oppression, déterminisme, destin, fatalité, etc., sont autant de termes ou concepts à cerner. » Il a le sens de l'absence de contraintes externes. Les Occidentaux y ont remarqué le sens qui confère l'absence de contraintes, de nécessité ou de coercition sur un choix ou une action. Il est également utilisé chez les Occidentaux avec le sens d'indépendance et de souveraineté. Ainsi, un homme libre est celui qui n'est soumis à aucune contrainte externe ou force coercitive venant de l'extérieur de lui-même. Il ne suit aucun maître.
In the dictionaries of the West, the word freedom comes with the meaning of opposite to slavery. Jacqueline Russ states in Methods in Philosophy (French: Les methodes en philosophie), states, “The list concerning the term freedom is even more significant and richer: dependence, slavery, servitude, subjugation, constraint, hindrance, oppression, determinism, fate, fatalism, etc., are all terms or concepts to be defined.” (French: La liste concernant le terme liberte est encore plus significative et plus riche: dependance, esclavage, servitude, assujettissement, contrainte, entrave, oppression, determinisme, destin, fatalite, etc., sont autant de termes ou concepts a cerner). It has the meaning of the absence of external constraints. Westerners have noticed in it the meaning that gives the absence of constraints or necessity or coercion, over a choice or action. It is also used amongst Westerners with the meaning of independence and sovereignty. Thus a free man is the one who is not subjected to external constraints or coercive force from outside of him. He follows no master.
D'après l'usage linguistique du mot, parmi la quasi-totalité de l'humanité, il est apparent que le sens consensuel du mot liberté est l'émancipation des contraintes, qu'elles soient matérielles ou morales. Depuis l'Antiquité, son concept a été associé aux spécificités de la civilisation et de la culture prévalant dans toute société. Malgré cela, le terme n'a été défini que par son opposé, c'est-à-dire l'esclavage. Ses sens dérivés, générés ou modernes n'ont été construits qu'en observant le sens de l'émancipation, par opposition à l'esclavage. Comme l'énonce Aristote dans sa Politics, en disant : « Qu'est-ce que cela signifie sinon qu'ils distinguent la liberté et l'esclavage, la noble et l'humble naissance, par les deux principes du bien et du mal ? ».
From the linguistic usage of the word, amongst almost all of humankind, it is apparent that the consensus meaning of the word freedom is the emancipation from constraints, whether they are material or moral. Since ancient times, its concept has been associated with the specifics of the civilization and culture prevalent in any society. Despite that, the term was defined only with its opposite i.e. slavery. Its derivative or generated or modern meanings were only built by observing the meaning of emancipation, as opposed to slavery. As Aristotle states in his Politics, by saying, “What does this mean but that they distinguish freedom and slavery, noble and humble birth, by the two principles of good and evil?”.
L'humanité n'a perçu le sens de la liberté qu'après avoir observé le sens de l'esclavage ou d'autres concepts similaires qui lui sont attachés, tels que l'oppression, la coercition, la contrainte et la force, selon certains philosophes. Les philosophes et penseurs occidentaux de l'ère des Lumières ne se sont pas écartés de cette méthode lorsqu'ils ont adopté l'idée de la liberté, avec ses concepts intellectuels et politiques modernes, au XVIIIe siècle de l'ère commune. Ils ont dépeint leur vie au Moyen Âge comme la vie d'esclaves qui n'ont ni volonté ni pouvoir. Ils ont dépeint l'Église, avec son autorité religieuse, et les rois, avec leurs autorités politiques, comme des maîtres qui asservissent les gens, usurpant la volonté du peuple de penser, de s'exprimer, de posséder et de jouir de la vie.
Humanity has perceived the meaning of freedom only after observing the meaning of slavery or other similar meanings attached to it such as oppression, coercion, compulsion and force, according to some of the philosophers. Western philosophers and thinkers of the Enlightenment era did not deviate from this method when they adopted the idea of freedom, with its modern intellectual and political concepts, in the eighteen century CE. They depicted their life in the Middle Ages as the life of slaves who have no will or power. They depicted the Church, with its religious authority, and kings, with their political authorities, as masters who enslave people, usurping the people’s will to think, express, possess and enjoy life.
Ainsi, leur lutte était pour la volonté et la souveraineté. Ils cherchaient la libération, c'est-à-dire l'émancipation des contraintes de l'Église et de ses enseignements, ainsi que l'émancipation des chaînes des dirigeants et de leur tyrannie. Ainsi, le mot liberté englobait tout cela. La liberté est devenue l'un des piliers de la civilisation occidentale. Andrew Heywood affirme dans son livre, Key Concepts in Politics and International Relations, que : « La liberté est souvent considérée comme la valeur politique suprême dans les sociétés libérales occidentales. Sa vertu est que, attachée à l'idée que les êtres humains sont des créatures dotées d'une volonté rationnelle, elle promet la satisfaction des intérêts humains ou la réalisation du potentiel humain. En bref, la liberté est le fondement du bonheur et du bien-être. »
Thus, their struggle was for the sake of will and sovereignty. They sought liberation i.e. the emancipation from the constraints of the Church and its teachings, as well as the emancipation from the shackles of the rulers and their tyranny. So the word freedom encapsulated all of this. Freedom became one of the pillars of the Western civilization. Andrew Heywood states in his book, Key Concepts in Politics and International Relations, that, “Freedom is often considered to be the supreme political value in Western liberal societies. Its virtue is that, attached to the idea that human beings are rationally self- willed creatures, it promises the satisfaction of human interests or the realization of human potential. In short, freedom is the basis for happiness and well-being.”.
Cependant, l'Occident, dans son ère des Lumières, ne s'est pas concentré sur la liberté absolue. Il s'est plutôt concentré sur une liberté personnelle en harmonie avec l'idée de l'individualisme, qui a établi que le point de départ de l'homme dans cette vie terrestre passe par son isolement vis-à-vis de l'Au-delà, puisqu'il est le maître de l'univers. En conséquence, la liberté connue sous le nom de liberté naturelle ou de liberté personnelle, qui fut recherchée aux XVIIIe et XIXe siècles de l'ère commune, se distingue des connotations des libertés précédentes, telles que la liberté connue par les Grecs. Cela est manifeste, par exemple, dans les écrits de Hobbes, Locke, Mill, Adam Smith et Bentham. Cela est fortement souligné par Benjamin Constant dans son célèbre discours de 1819, « La Liberté des Anciens comparée à celle des Modernes », mettant en évidence la différence marquée entre la liberté antique et la liberté moderne.
However, the West, in its era of Enlightenment, did not focus on absolute freedom. Instead, it focused on a personal freedom in harmony with the idea of individualism, which settled upon the launching point of man in this worldly life is through isolating him from the Hereafter, as he is the master of the universe. Accordingly, the freedom known to be natural liberty or personal freedom that was sought in the eighteenth and nineteenth centuries CE, is distinct from the connotations of previous freedoms, such as freedom known by the Greeks. It is apparent, for example, in the writings of Hobbes, Locke, Mill, Adam Smith and Bentham. This is strongly emphasized by Benjamin Constant in his famous speech, “The Liberty of Ancients Compared with that of Moderns” of 1819, highlighting the stark difference between ancient and modern freedom.
Ainsi, selon le concept occidental des XVIIIe et XIXe siècles de l'ère commune, la liberté consiste à lever les restrictions pesant sur un individu, en laissant ses affaires à lui-même, afin qu'il puisse exercer ses droits naturels et réaliser ses intérêts personnels de la manière qu'il souhaite. Cela ne peut être possible qu'en freinant l'hégémonie de l'État et en limitant son ingérence dans ses affaires intellectuelles, économiques, sociales et politiques. S'il doit y avoir des lois pour transformer l'homme de l'état de nature en l'état civil, régulant son comportement dans une société civile, alors elles ne doivent l'être qu'à la mesure de leur nécessité absolue. Sur la base de ce concept, les droits de l'individu ont été établis dans les chartes et constitutions occidentales, après la Révolution française, d'une manière qui préserve la liberté individuelle, sous une forme qui se rapproche de la liberté absolue. Un exemple en est la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 (français : Declaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789) qui stipule : « Article IV - La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ; ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui permettent aux autres membres de la société de jouir des mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi. ».
Thus, according to the Western concept of the eighteenth and nineteenth centuries CE, freedom is to lift restrictions upon an individual, by leaving his affairs to his self, to exercise his natural rights and to realize his personal interests in a way that he wishes. This can only be possible by curbing the hegemony of the state and limiting its interference in his intellectual, economic, social and political affairs. If there have to be laws to transform man from the state of nature into the civil state, regulating his behavior in a civil society, then they must be only to the extent that they are absolutely necessary. Based on this concept, the rights of the individual were established in the Western charters and constitutions, after the French revolution, in a manner that preserves individual freedom (liberty), in a form that is closer to absolute freedom. An example of this was France's Declaration of the Rights of Man and of the Citizen of 1789 (French: Declaration des droits de I'homme et du citoyen de 1789) which states, “Article IV - Liberty consists of doing anything which does not harm others: thus, the exercise of the natural rights of each man has only those borders which assure other members of the society the fruition of these same rights. These borders can be determined only by the law.”.
En fait, ce concept de liberté naturelle ou individuelle est semblable à l'idée d'individualisme. Ce n'était qu'une réaction à l'oppression subie par les individus occidentaux. Ce n'était pas une perception intellectuelle profonde et cristallisée qui prenait en compte la réalité de l'homme, de la société et de la nature des relations entre eux. L'homme ne peut vivre au sein de la société sans restrictions, sinon la société se transformerait en une jungle où le fort dominerait le faible. Ce fait a été réalisé par l'Occident et c'est pourquoi il a abandonné le concept de liberté tel qu'il était perçu durant les XVIIIe et XIXe siècles de l'ère commune. Il a forgé le terme de liberté négative par opposition à une liberté positive nouvellement théorisée. Andrew Heywood affirme dans son livre, *Key Concepts in Politics and International Relations*, que : « les libéraux et les socialistes modernes ont eu tendance à souscrire à une vision positive de la liberté qui justifie l'élargissement des responsabilités de l'État, particulièrement en ce qui concerne la protection sociale et la gestion économique. L'État est considéré comme l'ennemi de la liberté lorsqu'il est perçu comme une contrainte externe sur l'individu, mais comme une garantie de liberté lorsqu'il établit les conditions du développement personnel et de la réalisation de soi. » Au XXe siècle de l'ère commune, après le changement des conditions politiques, sociétales et économiques mondiales, avec le déclenchement de la Première Guerre mondiale et le succès de la Révolution bolchevique en 1917, ainsi que l'émergence de diverses crises, l'Occident a commencé à réexaminer le concept de liberté. Il s'est arrêté sur un autre concept appelé liberté civile, qui inclut à son tour la liberté personnelle, religieuse, économique et politique.
In fact, this concept of natural or individual freedom is like the idea of individualism. It was only a reaction to the oppression suffered by the Western individuals. It was not a deep and crystallized intellectual perception that takes account of the reality of man, society and the nature of relationships between them. Man cannot live within society, without restrictions, otherwise, society would turn into a jungle, where the strong would dominate the weak. This matter was realized by the West and so it abandoned the concept of freedom as perceived during the eighteenth and nineteenth centuries CE. It coined the term negative liberty as opposed to a newly theorized positive liberty. Andrew Heywood states in his book, Key Concepts in Politics and International Relations, that, “modern liberals and socialists have tended to subscribe to a positive view of freedom that justifies widening the responsibilities of the state, particularly in relation to welfare and economic management. The state is regarded as the enemy of freedom when it is viewed as an external constraint on the individual, but as a guarantee of freedom when it lays down the conditions for personal development and self realization.” In the twentieth century CE, after the change of global political, societal and economic conditions, with the outbreak of the First World War and the success of Bolshevik Revolution in 1917, as well as the emergence of various crises, the West began to review the concept of freedom. It settled on another concept called civil liberty, which in turn includes personal, religious, economic and political freedom.
Dans son livre, *Principles of Political Science*, Robert Niven Gilchrist affirme au sujet de la liberté civile que « cela peut signifier l'État de droit, c'est-à-dire la limitation des pouvoirs du gouvernement par une loi établie, que ce soit sous la forme d'une constitution contenant des principes fondamentaux pour guider et limiter le gouvernement, ou, comme en Angleterre, le fait que la loi s'applique de manière égale et impartiale à tous, aux plus grands comme aux plus humbles. Ce sens du terme peut être appelé Liberté Civile ». La signification de cette déclaration est que l'Occident a abandonné l'idée de liberté telle qu'elle était conçue à l'ère des Lumières. L'Occident a commencé à voir la nécessité d'imposer des restrictions par l'État via des lois réglementaires, même si celles-ci sont devenues nombreuses. Ramsay Muir a déclaré dans son essai « The Prospect for British Liberalism » que « la liberté de l'individu de vivre sa propre vie à sa manière dépend de l'existence d'un système de lois, appliqué par la volonté commune, qui peut empêcher les forts d'abuser de leur force aux dépens de leurs voisins ».
In his book, Principles of Political Science, Robert Niven Gilchrist states of civil liberty that “it may mean the Rule of Law, that is, the limitation of the powers of government by established law, whether it be in the form of a constitution which contains fundamental principles to guide and limit the government, or, as in England, the fact that law applies equally and impartially, to all, to the greatest and humblest alike. This sense of the term may be, called Civil Liberty.” The meaning of this statement is that the West abandoned the idea of freedom, as conceived in the era of Enlightenment. The West began to see the necessity of imposing restrictions by the state with regulatory laws, even if they became many laws. Ramsay Muir said in his essay “The Prospect for British Liberalism” that “the freedom of the individual to live his own life in his own way depends upon the existence of a system of law, enforced by the common will, which can restrain the strong from abuse of their strength at the expense of their neighbors.”.
De cette manière, la liberté en Occident est devenue assujettie à un ordre social, qui permettait aux individus d'exercer leurs actions et leurs activités dans certaines limites. Elle est devenue une liberté conditionnelle ou restreinte, limitée par son lien avec les lois et l'État. Harold J Laski, dans son livre, Reflection on the Revolution of Our Time, déclare : « C'est la réalité pour la masse de l'humanité, que notre ordre social actuel demande au peuple commun d'accepter comme étant la liberté ; et même cette réalité doit être défendue par la guerre contre un cauchemar encore plus hideux. » Montesquieu a préconisé, dans son livre, The Spirit of the Laws, l'idée de la contrainte sur la liberté en disant : « La liberté du commerce n'est pas un pouvoir accordé aux marchands de faire ce qu'ils veulent : ce serait plus proprement son esclavage. La contrainte du marchand n'est pas la contrainte du commerce. »
In this way, the freedom in the West became subject to a social order, which allowed individuals to exercise their actions and activities within limitations. It became a conditional or restricted freedom, limited by its connection with the laws and the state. Harold J Laski in his book, Reflection on the Revolution of Our Time, states “This is the reality for the mass of humankind which our present social order bids the common people accept as freedom; and even this reality must be defended by war against a nightmare even more hideous.” Montesquieu advocated, in his book, The Spirit of the Laws, the idea of constraint upon freedom saying, “The freedom of commerce is not a power granted to the merchants to do what they please: This would be more properly its slavery. The constraint of the merchant is not the constraint of commerce.”.
En fait, cette conception occidentale moderne de la liberté n'est pas seulement une aversion pour l'ancienne conception formelle. Au contraire, il s'agit en fait d'une aversion pour la liberté elle-même. Elle contredit complètement l'essence de la liberté, même si l'Occident le nie. La liberté est en fait l'émancipation des contraintes. La liberté ne peut être appelée ainsi que dans ce sens. Ainsi, lorsqu'un esclave est émancipé de son maître, on dit qu'il est libre. Lorsqu'une terre est libérée des colonialistes, on dit qu'elle est libre. C'est le sens qui vient à l'esprit de chacun lorsque le mot liberté est prononcé. C'est le sens cité dans les dictionnaires de l'Occident. C'est aussi le sens voulu par les penseurs et les philosophes d'Europe, pour lequel ils se sont battus lors de leur conflit avec l'Église et les rois.
In fact, this modern Western conception of freedom is not just aversion to the old formal conception. Instead, it is in fact an aversion to freedom itself. It is completely contradicting the essence of freedom, even though the West denies that. Freedom is in fact the emancipation from constraints. Freedom can only be called such in this sense. Thus, when a slave is emancipated from his master, he is said to be free. When a land is liberated from colonialists, it is said to be free. This is the meaning that comes to every mind when the word freedom is uttered. It is the quoted meaning in the dictionaries of the West. It is also the meaning intended by the thinkers and philosophers of Europe, for which they fought during their conflict with the Church and kings.
Par conséquent, la position actuelle de l'Occident, selon laquelle la liberté ne signifie pas l'absence de restrictions ni l'émancipation de celles-ci, détruit le fondement même sur lequel la civilisation occidentale a été bâtie, effaçant son histoire fondée sur une lutte aristotélicienne pour que l'individu occidental puisse faire tout ce qu'il souhaite, se libérant ainsi des chaînes de la loi qui entravaient ses désirs et ses aspirations. Si la liberté actuelle en Occident, appelée liberté civile, est définie comme une loi souveraine, comme mentionné dans les livres de science politique occidentale, c'est-à-dire si la liberté est soumise à la loi et à la conformité avec la loi, alors quelle est la différence entre une telle liberté et la liberté des Romains, par exemple ?
Hence, the current stance of the West, that freedom does not mean the absence of restrictions and emancipation from them, destroys the basis upon which the Western civilization was built, erasing its history based on an Aristotelian struggle for the Western individual to do whatever he wishes, liberating himself from the shackles of the law that restrained his desires and aspirations. If the current freedom in the West, called civil liberty, is defined as sovereign law, as mentioned in the books of Western political science, i.e. if freedom is subjected to the law and conformity with the law, then what is the difference between such a freedom and the freedom of the Romans for example?
N'est-ce pas la liberté romaine telle que définie dans le Digest de Justinien, dans son Volume 1, Livre 1, sous la rubrique « Statut Humain », qui stipule que : « La liberté est le pouvoir naturel de chacun de faire ce qui lui plaît, sauf dans la mesure où cela est exclu soit par la contrainte, soit par la loi » ? Cela signifie-t-il que la civilisation romaine est la civilisation de la liberté ? Cela signifie-t-il que les peuples européens étaient déjà libres avant l'éclatement de la révolution pour la liberté ? Cela signifie-t-il également que les rois et César avaient pour habitude de défendre la liberté en soumettant les gens à la loi et en combattant les penseurs qui contestaient la loi ? Si la liberté, dans la tradition occidentale moderne, doit signifier la souveraineté de la loi, alors cela signifie que tous les peuples du monde sont libres et qu'ils jouissent de la liberté. Alors pourquoi parer le seul monde capitaliste du titre de monde libre ? Qu'y a-t-il de quoi se vanter, quand toutes les civilisations sont égales en cela ? De plus, pourquoi les révolutions occidentales des Lumières ont-elles eu lieu, à l'origine ?
Is it not the Roman freedom as defined in The Digest of Justinian, in its Volume 1, Book 1, under “Human Status,” which states that, “Freedom is one’s natural power of doing what one pleases, save insofar as it is ruled out either by coercion or by law.”? Does this mean that Roman civilization is the civilization of freedom? Does it mean that European people were already free, before the outbreak of the revolution for liberty? Does it also mean that kings and Caesar used to defend freedom, by making people submit to the law and fighting thinkers who challenged the law? If freedom in the modern Western tradition is to mean sovereignty of the law, then it means that all the people of the world are free and they enjoy freedom. So why adorn the capitalist world alone with the title of the free world? What is there to boast about, when all civilizations are equal in this? Moreover, why did the Western revolutions for Enlightenment take place in the first place?
Le terme liberté, au regard de l'histoire de son usage parmi l'humanité, est inatteignable dans les actions des créatures, quoi qu'il en soit dit quant à sa définition. Il n'est pas possible pour un individu d'exister dans une société sans s'imposer des restrictions sur son comportement appelées loi, ordre, règles, coutumes, responsabilité ou autres. Il n'est pas possible pour un individu d'exister dans une communauté tout en vivant dans un état d'émancipation vis-à-vis des restrictions qui organisent les relations, à moins qu'il ne choisisse l'isolement et la vie solitaire. En tant que telle, la liberté absolue n'existe que dans le sens d'un état de nature imaginaire.
The term freedom, within the history of its usage amongst humankind, is unachievable in the actions of the created, whatever is said about its definition. It is not possible for an individual to exist in a society without imposing restrictions upon his behavior called law, order, rules, customs, responsibility or others. It is not possible for an individual to exist in a community, whilst living in a state of emancipation from the restrictions that organize the relationships, unless he chooses isolation and living alone. As such, absolute freedom exists only in the sense of an imaginary natural state.
Quant à l'état réel de l'homme, qu'il soit ancien ou moderne, qu'il soit en Orient ou en Occident, il s'agit d'un état de discipline, c'est-à-dire d'un état de non-liberté. En conséquence, le concept de liberté occidentale n'est pas crédible. Il est possible de déterminer sa validité sémantique uniquement en liant la pensée occidentale elle-même à la liberté, ce qui signifie que la liberté occidentale n'est pas définie selon ses propres termes absolus, mais qu'elle est qualifiée dans un contexte. En effet, c'est une idée relative définie par son contexte particulier, qui est l'idée de l'Occident et ses concepts, ou l'idéologie occidentale et sa civilisation. Ainsi, l'homme libre en Occident est celui qui adopte le sécularisme et vit selon le modèle occidental, tel que limité et restreint par les barons de la finance, des médias et du sexe. L'illusion de la liberté est connue même chez l'homme occidental lui-même, qui est restreint non pas par des centaines, mais par des milliers de lois. Les plus dures et les plus lourdes d'entre elles sont les lois fiscales. Ainsi, l'Occident a déchaîné la pornographie comme une distraction pour couvrir la contradiction au sein de l'Occident, empêchant ainsi les gens de chercher une alternative.
As for the real state of man, whether it is ancient or modern, whether in the East or the West, it is the state of discipline i.e. in the state of non-freedom. Accordingly, the concept of Western freedom is not credible. It is possible to determine its semantic validity only by linking the Western thought itself to freedom, meaning that Western freedom is not defined on its own absolute terms but is qualified within a context. Indeed, it is a relative idea defined by its particular context, which is the idea of the West and its concepts or the Western ideology and its civilization. Thus the free man in the west is the one who adopts secularism and lives according to the Western model, as limited and restricted by the barons of finance, media and sex. The delusion of freedom is known even amongst the Western man himself who is restricted by not hundreds, but thousands of laws. The hardest and heaviest of them are the tax laws. Thus, the West has unleashed pornography as a distraction to cover the contradiction within the West, preventing people from searching for the alternative.
Puisque la réalité de l'homme est qu'il est un être social vivant en communauté, il lui est impossible, tant rationnellement que pratiquement, d'être libéré des restrictions du système, ou des lois réglementaires, afin de vivre avec les autres. L'Islam a détourné l'homme de la quête de l'impossible pour l'amener à accepter le possible, qui est la servitude envers Allah (SWT) seul. Ainsi, le sujet d'étude n'est pas lié à la possibilité de vivre sans restrictions, car cela n'est pas possible. Il est plutôt lié à celui qui impose de telles restrictions. En conséquence, l'Islam libère l'homme de la servitude envers les humains, en lui accordant la soumission à la Souveraineté d'Allah (SWT). L'Islam élève l'homme à la sublimité de la servitude envers le Créateur des humains. Ainsi, la servitude n'est qu'envers le Créateur et non envers les créatures. L'Islam assure la soumission de l'homme au Créateur. Le respect et l'obéissance au système du Créateur ont la plus haute valeur et élèvent l'homme aux rangs les plus élevés. L'Islam seul réalise la sagesse de la raison pour laquelle l'homme a été créé. Allah (SWT) dit,
Since the reality of man is that he is a social being living in a community, it is impossible for him, both rationally and practically, to be liberated from the restrictions of the system, or regulatory laws, in order for him to live with others. Islam has diverted man from looking after the impossible into accepting the possible, which is servitude to Allah (swt) alone. So the subject of study is not related to the possibility of living without restrictions, as it is not possible. Instead, it is related to who places such restrictions. Accordingly, Islam liberates man from the servitude of humans, by granting him the submission to the Sovereignty of Allah (swt). Islam raises man to the sublimity of servitude to the Creator of humans. So servitude is only to the Creator and not to the creations. Islam ensures man’s submission to the Creator. Abidance and obedience to the system of the Creator are of the highest value and raises man to the highest ranks. Islam alone realizes the wisdom of why man was created. Allah (swt) says,
« Et Je n'ai créé les djinn et les hommes que pour M'adorer. » [TMQ sourate Adh-Dhariyat 51:56],
“And I did not create the jinn and mankind except to worship Me.” [TMQ Surah Adh-Dhariyat 51:56],