6.2 Réfutation du système de gouvernance démocratique
6.2 Refuting the Democratic Ruling System
En examinant le concept d'autorité et son transfert de l'Église vers le peuple, les philosophes occidentaux ont adopté une idée imaginaire et hypothétique qui n'a aucun fondement dans la réalité. Au lieu de cela, cette idée n'est qu'une construction mentale des Occidentaux, selon laquelle l'Homme vivait autrefois dans un état naturel et sauvage, puis est passé à un état civilisé et urbain par le biais d'un contrat social. Au sein du contrat social, les individus ont accepté de renoncer à une partie de leur volonté afin de former une volonté collective, laquelle est une volonté publique constituant la souveraineté. L'accord des individus pour renoncer à (une partie de) leur volonté est appelé contrat social, qui est le fondement de l'État, le fondement de l'autorité et le fondement de la liberté publique. Ils considéraient que le système qui incarne cette idée, selon leur perception, est le système démocratique, en tant qu'entité politique pour exercer la souveraineté de la population. En conséquence, le système de gouvernance de l'Occident est basé sur la démocratie. Le mot démocratie est un mot composé d'origine grecque, *SppoKpcma, demokratia*, qui provient de *demos* (peuple) et *kratos* (pouvoir), ce qui signifie donc « le pouvoir du peuple ». La démocratie est généralement définie par la célèbre citation d'Abraham Lincoln (mort en 1865), qui a déclaré, lors de son discours de Gettysburg : « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ».
When examining the concept of authority and its transfer from the Church to the people, the Western philosophers adopted an imaginary, hypothetical idea that has no basis in reality. Instead, the idea is merely a mental construct of Westerners, in which it is claimed that Man used to live in a natural, feral state, then moved to an urbanized, civil state through a social contract. Within the social contract, individuals agreed to give up part of their will, to form a collective will, which is a public will constituting sovereignty. The agreement of individuals to give up their (part of) will is called social contract, which is the fundamental of the state, the fundamental of authority and the fundamental of public freedom. They viewed that the system that embodies this idea, as they perceive, is the democratic system, as a political entity to exercise the sovereignty of the populous. Accordingly, the ruling system of the West is based on Democracy. The word Democracy is a Greek-origin composite word, SppoKpcma, demokratia, which is from demos (people) and kratos (rule), so it means “rule of the people.” Democracy is usually defined by the famous saying of Abraham Lincoln (d 1865), who said, “government of the people, by the people, for the people” during his Gettysburg Address.
Dans son concept global et contemporain tel que promu par l'Occident, la démocratie est indissociable de l'idée de liberté. Cette question n'est pas nouvelle et n'est pas issue de la pensée occidentale moderne, contrairement à ce que l'on soutient. Elle est au contraire simplement héritée des Grecs. Aristote dit dans son livre Politics : « Car si la liberté et l'égalité, comme le pensent certains, se trouvent principalement dans la démocratie, elles seront mieux atteintes lorsque toutes les personnes participeront de la même manière au gouvernement dans la plus grande mesure. Et puisque le peuple est la majorité, et que l'opinion de la majorité est décisive, un tel gouvernement doit nécessairement être une démocratie. » Cependant, le concept de liberté moderne diffère de celui des Grecs. C'est un élément qui distingue l'Occident, à partir de l'ère des Lumières et de l'émergence de la philosophie libérale occidentale.
In its global, contemporary concept as promoted by the West, Democracy is inseparable from the idea of freedom (liberty). This matter is not new and has not emerged from modern Western thinking, as is held. Instead it is merely inherited from the Greeks. Aristotle says in his book Politics, “For if liberty and equality, as is thought by some, are chiefly to be found in democracy, they will be best attained when all persons alike share in the government to the utmost. And since the people are the majority, and the opinion of the majority is decisive, such a government must necessarily be a democracy.” However, the concept of modern freedom (liberty) differs from that of the Greeks. This is something that distinguishes the West, starting from the era of Enlightenment and the emergence of the Western liberal philosophy.
En conséquence, la démocratie s'exprime dans un terme moderne sous le nom de démocratie libérale, se distinguant des autres démocraties, qu'elles soient anciennes ou modernes, telles que la démocratie sociale. La véritable démocratie, selon la perception occidentale, est une démocratie liée au concept de liberté, reconnu par l'Occident à son époque des Lumières. Par conséquent, elle est décrite comme un ensemble de pensées et de principes relatifs à la liberté, selon leur perception. Certains penseurs la considèrent comme une institutionnalisation de la liberté. On peut dire qu'il existe un consensus parmi les Occidentaux qui soutiennent la démocratie, selon lequel elle est inséparable d'un groupe de questions considérées comme les piliers de la démocratie, à savoir : la souveraineté du peuple, la séparation des pouvoirs, les libertés, les droits de l'homme, l'égalité, le pluralisme, des élections libres et équitables suivies d'une transition pacifique du pouvoir, l'état de droit et la règle de la majorité tout en préservant les droits des minorités.
Accordingly, Democracy is expressed in a modern term as liberal democracy, distinct from other democracies, whether ancient, or modern, such as social democracy. True democracy according to the Western perception is Democracy connected to the concept of freedom, acknowledged by the West in its era of Enlightenment. Therefore, it is described as a collection of thoughts and principles related to freedom, as they perceive. Some thinkers consider it as an institutionalization of freedom. It can be said that there is a consensus amongst Westerners who support Democracy, that it is inseparable from a group of matters that are considered as the pillars of Democracy, which are: Sovereignty of the people, separation of powers, freedoms, human rights, equality, pluralism, free and fair elections followed by peaceful transition of power, rule of law and majority rule whilst preserving the rights of minorities.
Voici la démocratie, de manière concise. Il convient de mentionner qu'elle a été et demeure un sujet de critique parmi les penseurs occidentaux eux-mêmes. C'est ce à quoi Jacques Rancière fait allusion dans son livre, Hatred of Democracy : « La haine de la démocratie n'est certainement pas une chose nouvelle. » La base de la critique de la théorie démocratique, formulée par la plupart des critiques occidentaux, repose sur le terme « peuple ». Celui-ci est critiqué comme étant un terme vague, dont la définition de la signification diffère. Au-delà de cela, le désaccord se déplace pour se concentrer sur l'aspect procédural afin de déterminer le concept de gouvernement du peuple. L'aspect procédural affirme pratiquement l'idée irréaliste du gouvernement du peuple. En examinant la signification linguistique de la démocratie par rapport au gouvernement du peuple, nous constatons que ce sens est dépourvu de réalité, et ce, depuis l'époque des Grecs eux-mêmes. Les Grecs furent les premiers à s'adonner à cette idée, dans laquelle le mot « peuple » était restreint aux hommes libres parmi les Grecs, tout en excluant les femmes, les esclaves et ceux qui n'étaient pas athéniens. Lorsque l'idée de démocratie fut rétablie au XVIIIe siècle de l'ère chrétienne, certains penseurs réalisèrent la nature irréaliste de la théorie, d'un point de vue théorique. Cela est dû au fait que le consensus de tout le peuple sur le gouvernement et l'administration de l'État est impossible. Ils ont donc développé son aspect procédural, créant ce qu'on appelle la démocratie représentative, qui est la démocratie des députés élus.
This is Democracy, concisely. It is worth mentioning that it was and is still the subject of criticism amongst the Western thinkers themselves. This is what Jacques Ranciere alludes to in his book, Hatred of Democracy, “Hatred of democracy is certainly nothing new.” The basis of criticism towards the democratic theory levelled, by most of the Western critics, arises over the term ‘people.’ It is criticized as a vague term, differing in the definition of its meaning. Beyond that, disagreement moves on to focus on the procedural aspect to determine the concept of rule of the people. The procedural aspect practically affirms the unrealistic idea of the rule of the people. Upon looking at the linguistic meaning of Democracy with regards to the rule of the people, we find this meaning to be devoid of reality, since the days of the Greeks themselves. The Greeks were the first to indulge in this idea, wherein the word ‘people’ was restricted to the free people amongst the Greeks, whilst excluding women, slaves and those who were non-Athenians. When the idea of Democracy was reinstated in the eighteenth century CE, some thinkers realized the unrealistic nature of the theory, from a theoretical standpoint. This is because consensus of all the people over ruling and administration of the state is impossible. So they developed its procedural aspect, creating the so-called representative democracy, which is democracy of elected deputies.
Celui qui suit le mouvement intellectuel occidental peut observer l'existence d'une tendance cristallisée depuis des décennies parmi le groupe de penseurs, concernant l'adoption d'une procédure réaliste pour gouverner. Il s'agit d'une tendance qui rejette le concept théorique de la Démocratie, après que la nature irréaliste de la Démocratie théorique est devenue claire. Cette tendance est menée par un groupe de penseurs, parmi lesquels figurent Vilfredo Pareto, Gaetano Mosca, Robert Michels, C. Wright Mills et d'autres. Ils ont adopté la théorie de l'élite qui est basée sur l'idée de l'acquisition du pouvoir par une minorité de la population dans la société. Dans le livre, Foundations of Modern Sociological Theory (italien : Elementi di scienza politica), dans son essai, « The Ruling Class (italien : La Classe Politica) », Gaetano Mosca résume cette réalité en disant : « ceux qui appartiennent à la classe dirigeante commenceront à acquérir un esprit de groupe. Ils deviendront de plus en plus exclusifs et apprendront de mieux en mieux l'art de monopoliser à leur avantage les qualités et les capacités qui sont essentielles pour acquérir le pouvoir et le maintenir. Puis, enfin, la force qui est essentiellement conservatrice apparaît — la force de l'habitude. Beaucoup de gens se résignent à une position basse, tandis que les membres de certaines familles ou classes privilégiées deviennent convaincus qu'ils ont presque un droit absolu à une position élevée et au commandement. (italien : coloro che fanno parte della classe politica vanno acquistando Io spirito di corpo e di esclusivismo ed imparano I'arte di monopolizzare a loro vantaggio le qualita e le attitudini necessarie per arrivare al potere e per mantenerlo : infine, col tempo, si forma la forza conservatrice per eccellenza, quella dell'abitudine, per la quale molti si rassegnano a stare in bassoA ed i membri di cede famiglie o classi privilegiate acquistano la convinzione che per loro e quasi un diritto assoluto Io stare in alto ed il comandare.) » Dans ce contexte, le politologue et juriste français Maurice Duverger propose dans son essai « Political Parties » (en français : Les Partis Politiques) que la démocratie ne peut être un « gouvernement du peuple par le peuple » mais seulement un « gouvernement du peuple par une élite issue du peuple ». Les critiques les plus importantes adressées à la démocratie par les penseurs occidentaux eux-mêmes sont :
One who follows the Western intellectual movement can observe the existence of a crystallized trend for decades amongst the group of thinkers, about adopting the realistic procedure for ruling. It is a trend of rejecting the theoretical concept of Democracy, after the unrealistic nature of theoretical Democracy became clear. This trend is led by a group of thinkers, amongst them are, Vilfredo Pareto, Gaetano Mosca, Robert Michels, C. Wright Mills and others. They adopted the elite theory which is based on the idea of acquisition of power by a minority of the people in society. In the book, Foundations of Modem Sociological Theory (Italian: Elementi di scienza politica), in his essay, “The Ruling Class (Italian: La Classe Politica)” Gaetano Mosca summarizes this reality by saying, “those who belong to the ruling class will begin to acquire a group spirit. They will become more and more exclusive and learn better and better the art of monopolizing to their advantage the qualities and capacities that are essential to acquiring power and holding it. Then, at last, the force that is essentially conservative appears—the force of habit. Many people become resigned to a lowly station, while the members of certain privileged families or classes grow convinced that they have almost an absolute right to high station and command. (Italian: coloro che fanno parte della classe politica vanno acquistando Io spirito di corpo e di esclusivismo ed imparano I'arte di monopolizzare a loro vantaggio le qualita e le attitudini necessarie per arrivare al potere e per mantenerlo : infine, col tempo, si forma la forza conservatrice per eccellenza, quella dell'abitudine, per la quale molti si rassegnano a stare in bassoA ed i membri di cede famiglie o classi privilegiate acquistano la convinzione che per loro e quasi un diritto assoluto Io stare in alto ed il comandare.)” In this context, the French political and legal scholar Maurice Duverger proposes in his essay “Political Parties” (French: Les Partis Politiques) that democracy cannot be “government of the people by the people” but only “government of the people by an elite rising from the people.” The most important criticism levelled at Democracy by Western thinkers themselves are:
1. L'oppression par la majorité, avec la perte des droits de la minorité.
1. Oppression by the majority, with loss of minority rights.
2. Le danger d'étendre le pouvoir de l'opinion publique, puisque les élections et les décisions sont soumises à une opinion publique contrôlée par certains pouvoirs, parmi les parties prenantes et les lobbies.
2. The danger of expanding the power of public opinion, since elections and decisions are subject to public opinion that is controlled by certain powers, from amongst the stakeholders and lobbyists.
3. La « loi de fer de l'oligarchie » qui stipule le monopole du pouvoir et des partis politiques entre les mains de quelques groupes de capitalistes.
3. The "iron law of oligarchy" that stipulates the monopoly of power and political parties, in the hands of a few groupings of capitalists.
4. Avec le temps, la démocratie se transforme en bureaucratie. Au fil des années, la démocratie devient de plus en plus complexe, de sorte que le pouvoir finit par se concentrer entre les mains des seuls professionnels de carrière.
4. Over time, democracy turns into bureaucracy. As time goes by, democracy becomes more and more complex so that the power transpires in the hands of career professionals alone.
Voici quelques-unes des critiques adressées à la démocratie par les penseurs occidentaux eux-mêmes. Cependant, la plupart d'entre eux ne présentent pas d'alternative. Au lieu de cela, ils considèrent la démocratie comme un principe fixe pour lequel on ne peut même pas concevoir d'alternative. Le politicien britannique Anthony Birch l'a reconnu dans son livre, *The Concepts and Theories of Modern Democracy*. Ainsi, d'une part, Birch soutenait que la majorité est incapable de gouverner en disant : l'un des nombreux commentaires précis de Dahl sur le gouvernement fédéral était que, dans une large mesure, « la majorité numérique est incapable d'entreprendre toute action coordonnée. Ce sont les diverses composantes de la majorité numérique qui ont les moyens d'agir ». Cependant, d'autre part, Birch insiste toujours en disant : « Je crois que la démocratie représentative est le meilleur arrangement institutionnel pour le gouvernement conçu à ce jour ». Ainsi, nous trouvons beaucoup de penseurs qui tentent de développer les procédures de la démocratie et de raviver ses concepts et ses valeurs, convenant que la démocratie est la meilleure malgré de fortes critiques. Dans son livre, *Democracy and Its Critics*, Robert Alan Dahl soutient la démocratie. Il affirme que la démocratie maximise la liberté en embrassant les droits et libertés politiques fondamentaux, tels que la libre expression, et permet aux « personnes de vivre sous des lois de leur propre choix ». Il prétend que la participation politique du public dans une démocratie favorise les qualités souhaitables d'« indépendance, d'autonomie et de sens de l'intérêt public ». Robert Dahl réaffirme le processus démocratique « comme le moyen le plus fiable pour protéger et faire progresser le bien et les intérêts de toutes les personnes soumises à des décisions collectives ».
These are some of the criticisms directed towards democracy from Western thinkers themselves. However, most of them do not present an alternative. Instead, they deemed democracy as a fixed principle for which one cannot even conceive of an alternative. The British politician Anthony Birch recognized this in his book, The Concepts and Theories of Modern Democracy. So on the one hand Birch maintained that the majority is incapable of ruling by saying, One of Dahl’s many accurate comments on the federal government was that, to a large extent, ‘the numerical majority is incapable of undertaking any co ordinated action. It is the various components of the numerical majority that have the means for action.’ However, on the other hand Birch still insists “I believe that representative democracy is the best institutional arrangement for government yet devised.” Thus we find many of the thinkers who attempt to develop the procedures of democracy and revive its concepts and values, agreeing that democracy is the best despite strong criticism. In his book, Democracy and Its Critics, Robert Alan Dahl endorses Democracy. He asserts Democracy maximizes freedom by embracing basic political rights and liberties, such as free expression, and allows “persons to live under laws of their own choosing.” He claims that political participation by the public in a democracy fosters the desirable qualities of “independence, self-reliance, and public-spiritedness.” Robert Dahl reaffirms the democratic process “as the most reliable means for protecting and advancing the good and interests of all the persons subject to collective decisions.”.
Il ressort clairement de ce qui précède que les penseurs occidentaux eux-mêmes ont examiné l'idée de la démocratie et l'ont critiquée, en soulignant ses failles selon leurs perceptions. Malgré cela, leur consensus unanime est que la démocratie est la meilleure chose créée par l'esprit humain en matière de gouvernance et qu'il n'existe aucune alternative à celle-ci.
It is clear from the above that Western thinkers themselves examined the idea of Democracy and criticized it, pointing out its flaws according to their perceptions. Despite that, their unanimous consensus is that Democracy is the best thing created by the human mind in ruling and that there is no alternative for it.
En fait, un regard approfondi sur la réalité de la démocratie telle qu'elle est perçue par l'Occident nous montre que le mot démocratie symbolise pour eux deux dimensions : une dimension intellectuelle et civilisationnelle, et une dimension politique.
In fact, a deep look into the reality of democracy as perceived by the West shows us that the word democracy for them symbolizes two dimensions: an intellectual, civilizational dimension and a political dimension.
Quant à la première dimension, il s'agit du système de valeurs qui cadre les valeurs occidentales et ses concepts sur la vie tels que la liberté, l'égalité, le pluralisme et le laïcisme, entre autres. Il s'agit du cadre politique comprenant un groupe de concepts civilisationnels adoptés par l'Occident, approuvés avec emphase par les Occidentaux. Dans son livre, *The End of History*, Francis Fukuyama a affirmé : « À la fin de l'histoire, il ne reste plus de sérieux concurrents idéologiques à la démocratie libérale. Par le passé, les gens rejetaient la démocratie libérale parce qu'ils croyaient qu'elle était inférieure à la monarchie, à l'aristocratie, à la théocratie, au fascisme, au totalitarisme communiste, ou toute autre idéologie en laquelle ils croyaient. Mais désormais, en dehors du monde islamique, il semble y avoir un consensus général qui accepte les prétentions de la démocratie libérale à être la forme de gouvernement la plus rationnelle. » Tandis que, dans son livre, *The Western Political Systems* (français : *Les régimes politiques occidentaux*), Jean-Louis Quermonne a affirmé que « En tant que principe de légitimité, la démocratie occidentale n’est pas une idée neuve. Elle est héritière des civilisations qui l’ont précédée : la cité grecque et la Rome républicaine. Et, après avoir été supplantée pendant des siècles par des empires, des seigneuries et des monarchies absolues, après avoir failli disparaître, après quelques décennies de fonctionnement, pendant la Seconde Guerre mondiale, au profit des régimes totalitaires, elle n’est plus contestée aujourd’hui. » Ainsi, la démocratie doit être étudiée sous cet angle, en tant que groupe de concepts et de valeurs ou idéal primaire sur la vie. Cela s'inscrit dans l'étude des fondements civilisationnels adoptés par l'Occident et sur lesquels l'entité politique de la Démocratie est établie.
As for the first dimension, it is the value system that frames the Western values and its concepts about life such as freedom, equality, pluralism and secularism, amongst others. It is the political framework comprising a group of civilizational concepts adopted by the West, endorsed emphatically by the Westerners. In his book, The End of History, Francis Fukuyama asserted, “At the end of history, there are no serious ideological competitors left to liberal democracy. In the past, people rejected liberal democracy because they believed that it was inferior to monarchy, aristocracy, theocracy, fascism, communist totalitarianism, or whatever ideology they happened to believe in. But now, outside the Islamic world, there appears to be a general consensus that accepts liberal democracy's claims to be the most rational form of government.” Whilst, in his book, The Western Political Systems (French: Les regimes politiques occidentaux) Jean-Louis Quermonne asserted that “As a principle of legitimacy, Western democracy is not a new idea. It is the heir to the civilizations that preceded it: the Greek city and Rome republic. After being supplanted for centuries by empires, lordships and monarchies absolute, after having almost disappeared, after a few decades during the Second World War, for the benefit of totalitarian regimes, it is no longer contested today. (French: En tant que principe de legitimite, la democratie occidentale n’est pas une idee neuve. Elie est heritiere des civilisations qui I’ont precedee: la cite grecque et la Rome republicaine. Et, apres avoir ete supplantee pendant des siecles par des empires, des seigneuries et des monarchies absolues, apres avoir failli disparaftre, apres quelques decennies de fonctionnement, pendant la Seconde Guerre mondiale, au profit des regimes totalitaires, elle n’est plus contestee aujourd’hui.) Thus, Democracy must be studied from this angle, as a group of concepts and values or the primary ideal about life. This falls within the study of the civilizational foundations adopted by the West and upon which Democracy's political entity is established.
Quant à la deuxième dimension, elle est liée à l'évaluation de la démocratie comme étant le système le plus supérieur, optimal ou le meilleur possible, comme l'affirment les Occidentaux. Ceux qui sont d'accord avec cet angle ne s'intéressent pas à la composition civilisationnelle, c'est-à-dire ses concepts, ses valeurs ou son idéologie, dont les points de vue sont sujets au changement, à la différence ou à la contradiction. Ils ne s'intéressent qu'à la composition de la démocratie ou à la signification abstraite de l'idée, sans examiner d'autres questions. Ainsi, ils considèrent la démocratie comme un système politique qui organise la question du gouvernement dans n'importe quel État, régulant les questions politiques de n'importe quelle société. Ce sujet est, en fait, lié à ce qu'ils appellent le contrat social, qui est considéré comme l'origine des questions politiques. Ce sujet révèle les lacunes de l'esprit occidental au niveau politique et intellectuel ainsi que ses erreurs, dès l'instant de son établissement.
As for the second dimension, it is related to evaluating democracy as the most superior or optimal or the best possible system, as the Westerners claim. Those who agree with this angle do not look into the civilizational composition i.e. its concepts, values or ideology whose views are subject to change or difference or contradiction. They only look into democracy's composition or the abstract meaning of the idea, without looking into any other matters. Thus, they look into democracy as a political system that organizes the matter of ruling in any state, regulating the political issues of any society. This subject is, in fact, related to the so-called social contract, in their words, which is considered as the origin of political matters. This subject reveals the shortcomings of the Western mind at the political and intellectual level and its errors, right from the moment of its establishment.
Ainsi, l'homme, par sa vertu d'être un être humain ou un individu, en ce qui concerne le fait de mener une vie dans ce monde, est un homme politique qui s'engage à la fois dans la politique et en est affecté, car il prend soin de ses propres affaires, ou des affaires de ceux qui sont sous sa responsabilité, ou des affaires d'une nation. Prendre soin des affaires d'une nation, d'un peuple ou d'un groupe auquel cet homme politique appartient l'oblige à considérer la question du pouvoir.
Thus a man by virtue of being a human or an individual, in terms of living a life in this world, is a politician who both engages in politics and is affected by it, because he takes care of his own affairs, or the affairs of those who are under his responsibility, or the affairs of a nation. Taking care of the affairs of a nation or people or a group in which this political man belongs to obliges him to consider the issue of ruling.
Le processus de prise en charge des affaires passe par une entité politique ou un État seul. Cela est ainsi, indépendamment de l'examen de sa définition et de celui qui appelle à son établissement. L'État est fondé sur un système qui définit ses formes, ses appareils, ses structures et ses institutions, ainsi que les pensées, les concepts et les critères pour prendre en charge les affaires, parallèlement aux lois constitutionnelles à mettre en œuvre et à d'autres questions relevant du gouvernement. Cela est appelé le système politique ou le système de gouvernance.
The process of taking care of the affairs comes through a political entity or a state alone. This is so regardless of looking into its definition and the one who calls for its establishment. The state is founded upon a system that defines its forms, apparatus, structures and institutions, as well as the thoughts, concepts and criteria to take care of the affairs, alongside constitutional laws to be implemented and other matters that fall within ruling. This is called the political system or ruling system.
La conception de l'homme concernant le système de gouvernance, qui lui permet pratiquement de prendre en charge les affaires, est en réalité structurée autour de trois questions : Avec quoi doit-on gouverner ? Qui est le dirigeant ? Comment le dirigeant gouverne-t-il ?
Man’s conception of the ruling system, which practically enables him to take care of the affairs, is actually framed within three questions: With what to be ruled? Who is the ruler? How does the ruler rule?
Quant à ce par quoi on doit gouverner, le cas naturel est qu'il y ait un gouvernement par une idéologie acceptée par un groupe de personnes. En conséquence, le rôle du dirigeant ou du gouvernement est de mettre en œuvre ou d'appliquer l'ensemble des concepts, des critères et des convictions adoptés par ce groupe. Cette question est proposée tant au dirigeant qu'aux gouvernés une fois que l'État est établi. Cette proposition n'est pas réexaminée à chaque élection, référendum, session parlementaire ou considération politique. Elle n'est donc pas proposée de nouveau, sauf dans une condition, à savoir lorsque l'ancien système s'effondre et qu'il existe une volonté de changement. Cette condition unique est donc le cas d'un nouvel établissement. En conséquence, l'État occidental, quel que soit son nom, sa forme et son modèle, a été établi sur des pensées et des concepts spécifiques considérés comme fixes, sans considération pour leur changement. Il en est tout de même de même pour l'État islamique, l'État du califat, qui a été établi sur des pensées et des concepts spécifiques différents, qui ne sont pas les pensées et les concepts occidentaux. Ainsi, le fait d'être établi sur une idéologie, en spécifiant ce par quoi on doit gouverner, n'est pas en soi une caractéristique distinctive du système de gouvernement occidental qui le rendrait distinct des autres systèmes de gouvernement.
As for what to be ruled with, the natural case is that there is ruling by an ideology that is accepted by a group of people. Accordingly, the role of the ruler or the government is to implement or apply the group of concepts, criteria and convictions adopted by the group. This matter is proposed to both the ruler and ruled once the state is established. This proposal is not reviewed upon every election or referendum or parliamentary session or policy consideration. So it is not newly proposed except in one condition, which is when the previous system falls and there exists a will to change. So the one condition is the case of a new establishment. Accordingly, the Western state, regardless of its name, form and model, was established upon specific thoughts and concepts that are deemed to be fixed, with no consideration for their change. This is just like the Islamic state, the Khilafah (Caliphate) State that was established upon differing specific thoughts and concepts, that are not the Western thoughts and concepts. Thus, being established upon an ideology, specifying what to be ruled with, is not in itself a distinguishing characteristic of the Western ruling system, making it distinct from other ruling systems.
On ne peut pas dire ici que la distinction occidentale réside dans la nature de l'homme occidental, qui exprime sa propre souveraineté par sa propre détermination des concepts et des valeurs de gouvernance, de sorte qu'il choisit avec quoi il doit être gouverné et qu'il légifère lui-même ses lois. On ne peut pas dire cela car le sujet ici n'est pas lié à la source de la gouvernance. Au lieu de cela, le sujet est lié à l'existence des pensées et des concepts concernant la gouvernance. Ainsi, tout comme l'Occident possède une idéologie pour gouverner, d'autres possèdent également d'autres idéologies pour gouverner, quelles que soient leurs sources. Il n'y a donc pas de distinction entre eux de ce point de vue. Au contraire, la distinction n'apparaît que lorsqu'on étudie la source de la gouvernance, en termes de véracité, de validité et de bonté de l'idéologie. Cette question n'est pas pertinente ici en termes d'étude, bien que nous en ayons examiné une partie auparavant et que nous en discuterons davantage dans le sujet de la Civilisation Occidentale à venir. Le sujet d'étude ici est la réponse à la question : avec quoi l'homme doit-il être gouverné ? Tous les systèmes politiques connus de l'humanité répondent à cette question sans exception. Cela signifie que la pensée politique occidentale, croyant au système démocratique, n'est pas distincte de ce point de vue.
It cannot be said here that the Western distinctiveness lies in the nature of Western man, who expresses his own sovereignty by his own determination of concepts and values of ruling, so he chooses what is to be ruled with and he himself legislates his laws. This cannot be said because the subject here is not related to the source of ruling. Instead, the subject is related to the existence of the thoughts and concepts regarding ruling. So just as the West has an ideology to rule with, others also have other ideologies to rule with, regardless of their sources. So there is no distinction between them from this perspective. Instead, the distinction appears only when studying the source of ruling, in terms of the truthiness, validity and goodness of the ideology. This issue is not relevant here in terms of study, whilst we have looked at some of it before and we discuss further in the subject of Western Civilization to come. The subject of study here is the answer to the question: with what is man to be ruled? All the political systems known by humankind answer this question without exception. This means the Western political thought, believing in the democratic system, is not distinct from this perspective.
On ne peut pas non plus dire que le système de gouvernance démocratique occidental se distingue par un pluralisme garantissant la non-conformité et l'exclusivité, permettant à de multiples cultures et idéologies d'exister. Cela ne peut être affirmé, car le pluralisme occidental est un pluralisme qui s'inscrit uniquement dans les limites de sa propre idéologie. Ainsi, l'Occident n'accepte aucune idée provenant de l'extérieur de son idéologie pour influencer la société, et l'Occident n'accepte pas non plus de concepts qui sont contradictoires avec son idéologie. En conséquence, l'Occident a combattu les partis communistes par le passé et continue de combattre ce qu'il appelle l'islam politique, le dépeignant comme du terrorisme, du radicalisme et du fondamentalisme. Il s'agit donc d'un pluralisme formel et non d'un pluralisme réel au sens absolu.
It cannot also be said that the Western democratic ruling system is distinguished by pluralism, guaranteeing non-conformity and exclusivity, allowing multiple cultures and ideologies to exist. This cannot be said, because Western pluralism is pluralism within the confines of its ideology alone. So the West neither accepts any idea from outside of its ideology to influence the society, nor does the West accept concepts that are contradictory to its ideology. Accordingly, the West fought with communist parties in the past and is continues to fight the so-called political Islam, depicting it as terrorism, radicalism and fundamentalism. Thus it is a formal pluralism and not actual pluralism in an absolute sense.
Si ce que l'on entend par pluralisme est la différence de vues, de perceptions, de projets et de compréhensions intellectuelles et politiques dans les limites d'une même idéologie, alors la pensée occidentale ne présente aucune distinction sous cet angle. Un tel pluralisme existe également dans d'autres systèmes, tels que le système de gouvernance islamique.
If what is intended by pluralism is the difference in views, perceptions, projects and intellectual and political understandings within the confines of the same ideology, then there is no distinctiveness in the Western thought from this perspective. Such pluralism also exists in other systems, such as the Islamic ruling system.
Il y a ensuite la question de la prise en compte du pluralisme en examinant les soi-disant minorités, leurs droits et leurs devoirs, au sein de deux domaines sociétaux, le privé et le public, une classification mentionnée dans les sciences politiques et sociales occidentales. Il est affirmé que la démocratie moderne se distingue en permettant la vie privée et la diversité dans le domaine privé, tandis que dans le domaine public, elle est contrôlée par des principes généraux auxquels tout le monde adhère. Si c'est ce qui est entendu par le pluralisme en tant que caractéristique distinctive, alors cela est également erroné pour deux raisons. La première raison est d'un point de vue pratique. L'État occidental aujourd'hui impose ses concepts et ses valeurs même dans le domaine privé. Il surveille les musulmans, jeunes et vieux, les tenant responsables de chaque pensée, les interrogeant selon sa culture et sa civilisation et les forçant à s'intégrer dans sa civilisation. Cela est loin de ce qui est prétendu être le pluralisme. Quant à la seconde raison, elle provient de la perspective théorique de l'idée, à savoir la différence entre la soumission au domaine public à des principes généraux, tout en vivant selon des religions et des convictions différentes dans le domaine privé. Cette distinction se retrouve également dans le système islamique. Il n'y a donc rien d'unique à la Démocratie à cet égard. De plus, le concept de Dhimma (la protection des citoyens non-musulmans) prescrit par l'Islam est une pensée et une procédure qui sont supérieures, plus justes et meilleures pour garantir les droits que le concept occidental des minorités.
Then there is the matter of considering pluralism by looking at so-called minorities, their rights and their duties, within two societal domains, the private and the public, a classification mentioned in Western political and social sciences. It is claimed that modern democracy is distinguished by allowing privacy and diversity in the private domain, whilst in public domain, it is controlled by general principles that everyone adheres to. If this is what is intended by pluralism being a distinguishing feature, then this is also is wrong for two reasons. The first reason is from a practical perspective. The Western state today is imposing its concepts and values even in the private domain. It monitors Muslims both young and old, holding them accountable for every thought, interrogating according to its culture and civilization and forcing them to integrate into its civilization. This is far from what is claimed to be pluralism. As for the second reason, it is from the theoretical perspective of the idea, the difference between submission within the public domain to general principles, whilst living according to differing religions and convictions in the private domain. This distinctiveness is also found in the Islamic system. So there is nothing unique about Democracy in this regard. Moreover, the concept of Dhimma (protecting the non-Muslim citizens) mandated by Islam is a thought and procedure which is superior, fairer and better in securing rights than the Western concept of minorities.
Quant à la question de savoir qui gouverne et comment il gouverne, les penseurs politiques et les sociologues en Occident qui ont abordé la question du pouvoir et de son système ont examiné l'histoire politique humaine et sa réalité, énumérant les formes de gouvernement et les modèles de leadership. Ils ont ainsi divisé les systèmes de gouvernement connus de l'homme, selon leur point de vue, en diverses classifications, selon les critères adoptés dans le commandement. La plupart d'entre eux étaient hérités des Grecs. En résumé, le système accepte soit les gens comme étant aptes à gouverner, soit ne les les accepte pas.
As for the matter of who rules and how he rules, the political thinkers and sociologists in the West who addressed the issue of ruling and its system, looked into human political history and its reality, enumerating the forms of ruling and the models of leadership. So they divided the ruling systems known by man, according to their view, into various classifications, according to the criteria taken in the ruling. Most of them were inherited from the Greeks. The summary is, the system either accepts people as eligible to rule or not.
Quant aux systèmes qui ne considèrent pas les gens comme éligibles au pouvoir, ils incluent, entre autres : la méritocratie — le gouvernement de ceux qui possèdent le talent, l'effort et la réussite ; l'oligarchie — le gouvernement par un petit nombre de personnes dans leur propre intérêt ; l'aristocratie — le gouvernement par une petite classe dirigeante privilégiée, les aristocrates ; et l'autocratie — le gouvernement d'un seul individu ; la théocratie — le gouvernement d'élites religieuses bénéficiant d'une sanction divine. Quant au système basé sur le droit de gouverner pour le peuple ou basé sur l'idéologie de la souveraineté du peuple, affirmant l'éligibilité du peuple à déterminer le pouvoir, il s'agit du système démocratique. Selon l'Occidental, la démocratie est le seul système au sein de cette classification qui soit considéré comme le meilleur et le plus optimal.
As for the systems that do not accept people as eligible to rule, they include, amongst others; meritocracy - rule of those of talent, effort, and achievement, oligarchy - ruling by a small number of people for the sake of their benefit, aristocracy - ruling by a small, privileged ruling class, the aristocrats and the autocracy- rule of a single individual, theocracy - the rule of religious elites with divine sanction. As for the system based on the right of ruling for the people or based on the ideology of the sovereignty of the people, asserting the eligibility of the people to determine the ruling, it is the democratic system. According to the Westerner, democracy is the only system within the classification, that is to be considered the best and optimal.
Il y a ensuite ces penseurs occidentaux qui classent les systèmes selon des normes juridiques telles que la gouvernance, la méthode d'accession au pouvoir, l'administration dirigeante et le modèle de pouvoir exercé et sujet à négociation. En conséquence, les systèmes sont alors classés en trois groupes principaux : le totalitaire, le régime autoritaire et le démocratique. Selon les penseurs occidentaux, la démocratie est toujours et à jamais placée comme un idéal, face à de terribles modèles autoritaires.
Then there are those Western thinkers who classify the systems according to legal standards such as, governance, the method of achieving the power, the ruling administration and model of power that is exercised and subject to negotiation. Accordingly, the systems are then classified into three main groups, the totalitarian, the authoritarian regime and the democratic. According to the Western thinkers, democracy is always and forever placed as an ideal, against awful authoritarian models.
Après avoir conféré à l'homme le droit de souveraineté, afin qu'il détermine lui-même son système et sa législation, l'Occident séculier lui confère le droit d'autorité, lui donnant ainsi le choix de choisir le dirigeant par le biais d'élections. Ainsi, les Occidentaux ont entremêlé toutes les composantes du commandement, sans différencier la souveraineté, l'autorité et le pouvoir. Ils ont limité l'étude à graviter autour d'un seul point de l'ordre du jour, selon leur perception. Ils ont négligé de remarquer soit la possibilité de différenciation et de séparation, soit l'existence de systèmes différents et distincts. Au lieu de cela, ils ont fait de la démocratie un critère de bonté pour tous les systèmes politiques. Cette vision est subjective, comme ils l'admettent eux-mêmes. Elle n'est donc pas objective, elle est partielle et superficielle, manquant de profondeur intellectuelle et de la compréhension correcte de la réalité du commandement.
After conferring the right of sovereignty to man, so as to determine his system and legislation himself, the secular West confers the right of authority upon him, so it gives him a choice to choose the ruler through elections. Thus the Westerners intertwined all the components of rulings, without differentiating between sovereignty, authority and power. They limited the study to revolving around a single agenda point, as they perceive it. They neglected to notice either the possibility of differentiation and separation, or the existence of systems that are different and distinct. Instead they made democracy a criteria of goodness for all political systems. This view is subjective, as they themselves admit. It is also therefore not objective, partial and superficial, lacking intellectual depth and the correct understanding of the reality of ruling.
La souveraineté, selon eux, est utilisée dans le sens où l'homme possède sa volonté et l'exerce, de sorte qu'il choisit qui est le dirigeant et avec quoi il gouverne. L'homme doit déterminer ses lois et ses systèmes, légiférer ces lois et choisir celui qui les met en œuvre. Si le sens de l'Homme signifie l'Homme en général ou son espèce, c'est-à-dire l'humanité tout entière, alors une telle souveraineté appartient pratiquement à l'Homme, selon eux. Celui qui légifère et choisit le dirigeant en Occident fait partie de l'humanité. Cependant, quant au sens de l'homme avec sa caractérisation d'être un individu, ce qui est leur véritable intention, de sorte que chaque homme soit maître de lui-même, alors une telle souveraineté est inexistante en Occident. Cela est dû au fait que les systèmes et les législations occidentaux sont proposés par un groupe ou par quelques individus au sein de l'humanité. Ils ne sont pas proposés par tous les individus collectivement. La réalité pratique de l'Occident démocratique est que les législations sont établies par un gouvernement, un organe ou un conseil de quelques individus. Ensuite, elles sont promulguées en tant que lois contraignantes auxquelles tous les individus se soumettent.
Sovereignty, according to them, is used in the sense that man possesses his will and exercises it, so he chooses who the ruler is and what he rules with. Man is to determine his laws and systems, legislate those laws and choose the one who implements them. If the meaning of Man is to mean Man generally or his kind, the whole of humanity, then such sovereignty does practically belong to Man, according to them. The one who legislates and chooses the ruler in the West is of humankind. However, as for meaning man with his characterization of being an individual, which is their actual intended meaning, such that each man is a master of himself, then such sovereignty is non-existence in the West. This is because Western systems and legislations are put forward by a grouping or few within humankind. They are not put forward by all individuals collectively. The practical reality of the democratic West is that the legislations are set by a government, a body or a council of a few individuals. Then they are enacted as binding laws to which all the individuals submit.
Ainsi, le concept de souveraineté tel qu'ils le conçoivent ne correspond pas à la réalité du pouvoir parmi eux, bien qu'ils insistent sur cette compréhension. La réalité de tout pouvoir dans ce monde est qu'il existe à la fois le gouvernant et le gouverné. Le pouvoir est entre les mains d'un individu ou d'un groupe de personnes. Tous les individus ne peuvent pas être simultanément le gouvernant et le gouverné. En conséquence, il n'existe pas de telle chose qu'une souveraineté du peuple au sens d'une souveraineté de tous les individus. La souveraineté peut soit appartenir à un individu spécifique ou à un groupe d'individus, qui exercent leur volonté en déterminant la législation et les lois pour les gouvernés, soit elle peut appartenir au Créateur, le Tout-Puissant, de sorte que les lois et les législations sont dérivées de la Révélation Divine seule, sans aucun autre choix. Cependant, l'Occident séculier, avec son conflit historique avec l'Église chrétienne et ses expérimentations de systèmes de gouvernement théocratiques qui contrôlaient les gens par le concept du droit divin, a aveuglé la clairvoyance de l'Occident. Ainsi, l'Occident a refusé la servitude de l'homme envers son Créateur et a accepté la servitude des hommes envers d'autres hommes, en appelant cela la souveraineté.
Thus the concept of sovereignty as they conceive does not match the reality of ruling amongst them, even though they insist upon this understanding. The reality of all the ruling in this world is that there is both the ruler and the ruled. Ruling is in the hand of an individual or a group of people. All the people cannot be both the ruler and the ruled simultaneously. Accordingly, there is no such thing as sovereignty of the people by the meaning of sovereignty of all individuals. Sovereignty can either belong to a specific individual or a group of individuals, who exercise their will by determining legislation and laws for the ruled, or it can belong to the Creator, the Almighty so that the laws and legislations are derived from the Divine Revelation alone, without any other choice. However, the secular West, with its historical conflict with the Christian Church, and its experimentation with theocratic ruling systems that controlled people by the conception of divine right, blinded the insight of the West. So the West refused the servitude of man to his Creator and accepted the servitude of men to other men, calling sovereignty.
Une fois que l'homme affirme le système qui régit sa relation, la source du système et de la législation, définissant ce par quoi il doit être gouverné, il passera alors naturellement au sujet d'étude consistant à savoir qui l'implémente. Il s'agit du sujet de celui qui gouverne en son sein. Puisque les gens ne sont pas capables d'assurer collectivement cette mise en œuvre, elle est déléguée à certains individus au nom du collectif, pour entreprendre l'application, avec leur choix et leur consentement. C'est là le sens du pouvoir ou de l'autorité appartenant à un peuple ou à une nation. Encore une fois, ce sens n'est pas propre à la démocratie ni ne la distingue. Au contraire, une telle conception de l'autorité se retrouve également dans d'autres systèmes. En effet, c'est le cœur du système de gouvernance islamique, car le califat est défini comme un contrat de consentement et de choix. Cela est dû au fait que le califat repose sur le serment d’allégeance (Bay’ah) d'obéissance donné à celui qui a le droit d'être obéi, parmi ceux qui sont investis de l'autorité. Il doit y avoir un consensus tant sur celui à qui le serment d’allégeance (Bay’ah) pour assumer le pouvoir est donné, que sur ceux qui donnent le serment d’allégeance (Bay’ah). Bien que l'Occident confère l'autorité au peuple d'un point de vue théorique, car les gens sont ceux qui choisissent leur dirigeant par des élections libres et équitables, comme ils le disent, la réalité pratique indique que le choix du dirigeant par le peuple en Occident est un choix, nominalement et non en réalité. C'est parce qu'en réalité, les détenteurs d'une immense richesse de capitaux, les riches et les puissants, sont ceux qui décident réellement de qui est le dirigeant. Eux seuls déterminent et dirigent des systèmes et des procédures électorales complexes. Eux seuls sont capables d'influencer l'opinion publique, de la diriger pour élire qui qu'ils veulent. Eux seuls sont capables de financer les campagnes électorales les plus coûteuses. C'est une question connue et constatée par tous. Ainsi, l'Occident n'a pas donné la souveraineté au peuple d'un point de vue pratique. Au contraire, la souveraineté appartient à un petit groupe d'influents qui asservissent le peuple. De la même manière, l'Occident n'a pas garanti que l'autorité appartienne au peuple. Au lieu de cela, l'autorité est entre les mains de quelques groupes d'influents. Ainsi, il est clair que les gens en Occident sont asservis, car ils ne sont ni maîtres d'eux-mêmes sur une base individuelle, ni ne possèdent une autorité réelle. Cependant, les influents ont été capables de manipuler le peuple, en le trompant en le convainquant qu'ils sont les maîtres et les détenteurs de l'autorité ! Quant à la manière dont le dirigeant gouverne, cette question est liée à deux aspects. L'aspect de la manière dont il accède à l'autorité ou au pouvoir, et la manière dont il gère les affaires du gouvernement.
Once man affirms the system that governs his relationship, the source of the system and legislation, defining what to be ruled with, he will then naturally move to the subject of study as to who implements it. That is the subject of who rules within it. Since the people are not able to collectively perform this implementation, it is delegated to some individuals on behalf of the collective, to undertake implementation, with their choice and consent. This is the meaning of power or authority belonging to a people or a nation. Again, this meaning is not unique to democracy or makes it distinct. Instead, such a conception of authority is also found in other systems. Indeed, it is the core of the Islamic ruling system, as the Khilafah is defined as a contract of consent and choice. This is because the Khilafah is upon the Bay’ah (pledge) of obedience given to the one who has the right to be obeyed, from amongst those charged with authority. There must be consensus both over the one to whom Bay’ah to assume power is given, as well as over those who give the Bay’ah. Although the West confers authority to the people from a theoretical perspective, as people are the ones who choose their ruler through free and fair elections, as they say, the practical reality indicates that the choice of the ruler by the people in the West is a choice, nominally and not in reality. That is because in reality the owners of immense capital wealth, the rich and the powerful, are the ones who really decide who the ruler is. They alone determine and direct complex electoral systems and procedures. They alone are capable of influencing public opinion, directing it to elect whoever they want. They alone are capable of funding the costliest electoral campaigns. It is a matter known and witnessed by everyone. So the West did not give sovereignty to people from a practical perspective. Instead, sovereignty belongs to a few grouping of the influential who enslave the people. Similarly, the West did not ensure authority belongs to the people. Instead, authority is in the hands of few grouping of the influential. So, it is clear that people in the West are enslaved, as they neither are masters for themselves on an individual basis, nor do they possess actual authority. However, the influential were able to manipulate the people, deceiving them by convincing them that they are the masters and people of authority! As for how the ruler rules, this question is related to two matters. The matter of how he arrives at authority or ruling and how he manages the affairs of ruling.
En ce qui concerne la manière dont le pouvoir est acquis, il existe de nombreux modes tels que le vote, la nomination, l'héritage, l'usurpation du pouvoir et d'autres. Aujourd'hui, les coutumes des gens ont établi que l'élection est le meilleur mode. C'est le mode suivi en Occident. Malgré la mauvaise mise en œuvre dont le système de gouvernance islamique a été témoin sur une période de l'histoire, le mode électoral figure parmi les modes qui sont conformes à l'Islam. Ce mode a été mis en pratique pour choisir les Khulafaa’ (califes) selon les procédures possibles de l'époque. En conséquence, la démocratie n'est ni unique ni distincte dans son mode d'élection pour choisir le dirigeant. Au contraire, le mode d'élection est commun à d'autres systèmes de gouvernance. L'unicité et la distinction de la démocratie résident dans sa vision de la gestion des affaires de l'État, à travers sa perception du concept de leadership.
In relation to how the power is arrived at, it has many styles such as voting, appointment, inheritance, usurpation of power and others. Today, people’s customs have settled to consider that the election is the best style. It is the style followed in the West. Regardless of the misimplementation witnessed by the Islamic ruling system over a period of history, the election style is amongst the styles that accords with Islam. The style had been practically implemented to choose Khulafaa’ (caliphs) according to the possible procedures of that time. Accordingly, democracy is neither unique nor distinct in style of election to choose the ruler. Instead, the style of elections is common with other ruling systems. The uniqueness and distinctiveness of democracy lies in its view of how to manage the affairs of rulings, through its perception about the concept of leadership.
Le leadership, selon la vision occidentale, est classé en trois modèles. Premièrement, le leadership démocratique qui encourage et permet la participation d'un groupe à toutes les décisions. Deuxièmement, le leadership autoritaire ou autocratique dans lequel les décisions sont prises par un individu tyran. Troisièmement, le leadership anarchique qui permet aux membres du groupe de gérer leurs propres affaires et de prendre des décisions par eux-mêmes. Sur la base de ces divisions, ils affirment que le leadership démocratique, le leadership collectif, est le meilleur modèle de leadership. Ce concept est erroné pour deux raisons.
Leadership in the Western view is classified into three models. Firstly, democratic leadership that encourages and allows the participation of a group in all the decisions. Secondly, authoritarian leadership or autocratic leadership in which decisions are made by an individual tyrant. Thirdly, anarchic leadership that allows members of the group to manage their affairs and take decisions by themselves. Based on these divisions, they say that democratic leadership, the collective leadership, is the best model of leadership. This concept is wrong for two reasons.
C'est d'abord erroné d'un point de vue réaliste et pratique. Ce que l'on appelle le leadership collectif n'existe pas. La réalité du pouvoir est qu'il est, en fin de compte, entre les mains d'une seule personne, ce que les Occidentaux savent et constatent même en Occident lui-même, que l'on soit président de la république ou Premier ministre d'une démocratie parlementaire. Lorsqu'il assume le pouvoir, il impose l'autorité lui-même individuellement, de sorte que toute l'autorité passe sous les mains du Premier ministre ou du président, tandis que les autres détenteurs d'autorité deviennent des assistants, des employés ou des consultants.
It is firstly wrong from the realistic, practical perspective. So-called collective leadership does not exist. The reality of ruling is that it is ultimately in the hands of a single person, which the Westerners know and witness even in the West itself, whether one is the president of the republic or the prime minister of the parliamentary democracy. When he assumes ruling, he imposes authority himself individually, such that all authority comes under the hands of the prime minister or president, whilst the remaining people of authority become assistants, employees or consultants.
Par exemple, le pouvoir est pratiquement entre les mains du président aux États-Unis, tout comme il est entre les mains des premiers ministres en Angleterre et en Allemagne. Même la direction collective apportée par Lénine aux communistes de l'ancienne Union soviétique n'était qu'une direction collective nominale, sur le papier et rien de plus. En réalité, le leadership est toujours individualiste. Cette question est naturelle car le pouvoir, la présidence ou le leadership est une expression de l'administration résultant du concept. L'origine de ses concepts et la réalisation des faits sont liés au cerveau en termes de sensation, de lien, de faiblesse et de force, et en termes d'information, qu'elle soit vraie ou abondante. Cela diffère d'un cerveau à l'autre. Il est impossible que deux cerveaux ou plus s'accordent pour avancer dans toutes les questions, pour juger des choses afin de les gérer. C'est ici que la différence survient. Il devient alors obligatoire pour l'un de faire des compromis avec l'autre, et dans un tel cas, le leadership devient individualiste, même entre deux personnes. Ainsi, il ne peut jamais y avoir de direction collective. Au lieu de cela, il n'est possible d'avoir qu'un leadership singulier et individuel.
For instance, the ruling is practically in the hands of the president in America, just as it is in the hands of prime ministers in England and Germany. Even the collective leadership brought by Lenin to the communists of the previous Soviet Union was only a nominal collective leadership, on paper and nothing more. In reality, leadership is always individualistic. This matter is natural because ruling or presidency or leadership is an expression of administration resulting from the concept. The origin of its concepts and realization of facts are related to the brain in terms of sensation, linkage, weakness and strength, in terms of information whether it is true or abundant. This differs from one brain to another. It is impossible for two brains or more to agree to proceed in all matters, to judge upon things in order to manage them. Here the difference occurs. So it becomes mandatory for one to compromise with the other, in such a case the leadership becomes individualistic, even amongst two. Thus there can never be a collective leadership. Instead, it is only possible to ever have singular, individual leadership.
Quant à la seconde raison de cette longueur, ils ont confondu deux questions liées à l'organisation de la sentence, de l'avis et de la décision, entre lesquelles l'Islam a établi une distinction précise, rendant l'Islam distinct et unique à cet égard. La sentence passe par deux phases : la phase de l'avis et la phase de la prise de décision. Dans la première phase, l'avis est recherché pour traiter le problème, il y aura donc de multiples points de vue qui seront soumis à des délibérations et à des recherches. Ceci s'ajoute aux détails concernant les moments où les avis sont obligatoirement contraignants et ceux où ils sont informatifs. Cela relève de ce qui est connu dans le système de la sentence islamique sous le nom de consultation (Shura). Allah (SWT) dit,
As for the second reason for being long, they confused in the two matters related to the organization of ruling, opinion and decision, between which Islam differentiated precisely, making Islam distinct and unique in this regard. Ruling passes through two phases, the phase of opinion and the phase of decision-making. In the first phase, the opinion is sought for treating the problem, so there will be multiple views which will be subject to deliberations and research. This is in addition to details about when the views are mandatorily binding and when they are informative. This falls within the realm of what is known in the Islamic ruling system as Shura (consultation). Allah (swt) says,
« qui consultent entre eux pour régler leurs affaires. » [TMQ sourate Ash-Shura 42:38]. La deuxième phase est la phase de prise de décision. Il s'agit d'une question individuelle dans laquelle les décisions sont prises par une seule personne autorisée, de sorte que les décisions ne sont pas prises collectivement. Allah (SWT) dit,
“who conduct their affairs by mutual consultation.” [TMQ Surah Ash-Shura 42:38]. The second phase is the decision making phase. It is an individual matter in which decisions are made by a single authorized person, so decisions are not made collectively. Allah (swt) says,
« Et consulte-les sur l'affaire. Puis, quand tu as pris une décision, place ta confiance en Allah. » [TMQ sourate Aali Imran 3:156]. Ainsi, la gouvernance en Islam n'est ni autocratique ni démocratique. Au lieu de cela, le système de gouvernance de l'Islam est un modèle unique, qui est réaliste et non nominal ou idéaliste.
“And consult them on the matter. When you have decided, then rely upon Allah.” [TMQ Surah Aali Imran 3:156]. Thus the ruling in Islam is neither autocratic nor democratic. Instead, the ruling system of Islam is a unique model, which is realistic and not nominal and idealistic.
En conclusion, la démocratie en tant que système de gouvernance n'a aucune primauté en soi, que ce soit en termes de formes théoriques ou procédurales. Cela est particulièrement vrai lorsque la démocratie est comparée au système de gouvernance islamique. En fait, la sacralité et la préférence de la démocratie proviennent de son peuple à travers ses composantes, à savoir les concepts et les valeurs qu'elle représente, tels que la liberté. Nous réfuterons cela également sous peu.
In conclusion, Democracy as a ruling system has no primacy in itself in terms of either theoretical or procedural forms. This is particularly so when Democracy is compared with the Islamic ruling system. In fact, Democracy’s sanctity and preference originates within its people through its components, namely its concepts and values it represents, such as freedom. We will refute this too shortly.