La deuxième étape
The Second Stage
UNE NOUVELLE PHASE DE L'ACTION ISLAMIQUE
A NEW PHASE OF ISLAMIC ACTION
La trêve d'Al-Hudaibiyah a marqué une nouvelle phase dans le processus de l'action islamique et de la vie des musulmans. Quraish, ennemi acharné de l'islam, se retire désormais de l'arène de la guerre et adopte un règlement pacifique avec les musulmans ; ainsi, le troisième soutien d'un ennemi tripartite (Quraish, Ghatfan et les Juifs) est brisé, et étant le détenteur de la bannière du paganisme en Arabie, les sentiments agressifs des autres païens envers l'islam ont considérablement diminué. La tribu de Ghatfan ne constituait plus de menace notable, et leurs actes provocateurs étaient principalement des actions instiguées par les Juifs. Les Juifs, après avoir été bannis de Madinah, ont eu recours à Khaibar pour en faire un foyer d'intrigues contre le Prophète ﷺ. Là-bas, ils avaient l'habitude de tramer leurs complots, d'attiser le feu de la dissension et de séduire les Arabes vivant à proximité de Madinah pour qu'ils les rejoignent dans le but d'exterminer le nouvel État islamique, ou du moins d'infliger de lourdes pertes aux musulmans. Le Prophète ﷺ, n'étant pas insouciant de leurs machinations diaboliques, a placé une guerre décisive contre eux comme priorité absolue à son ordre du jour peu après la ratification du traité susmentionné. Le traité d'Hudaibiyah a permis aux musulmans d'intensifier leur mission islamique et de redoubler leurs efforts incessants pour propager leur appel à l'islam (Da’wah), et par conséquent, de donner la prépondérance à ce type d'action sur les activités militaires. Par conséquent, nous jugeons impératif de diviser cette étape post-traité en deux sections :
Al-Hudaibiyah Truce marked a new phase in the process of Islamic action and life of the Muslims. Quraish, a bitter enemy of Islam, now withdraws from the war arena and embraces a peaceful settlement with the Muslims, thus the third support of a tripartite enemy (Quraish, Ghatfan and the Jews) is broken, and being the holder of the banner of paganism in Arabia, the other pagans’ aggressive feelings towards Islam considerably subsided. Ghatfan Tribe no longer constituted any remarkable threat, and their provocative deeds were mainly Jewish-instigated actions. The Jews, after being banished from Madinah, resorted to Khaibar to change it into a hot bed of intrigues against the Prophet (Peace be upon him). There, they used to hatch their plots, ignite the fire of dissension and allure the Arabs living in the vicinity of Madinah to join them with the aim of exterminating the new Islamic state, or at least inflict heavy losses on the Muslims. The Prophet (Peace be upon him), not heedless of their devilish schemes, placed a decisive war with them as a first priority on his agenda shortly after the endorsement of the above-mentioned treaty. The treaty of Hudaibiyah allowed the Muslims to intensify their Islamic career and double up their ceaseless efforts in propagating their Da‘wah, and consequently give this sort of action preponderance over the military activities. Hence, we deem it imperative to divide this post-treaty stage into two sections:
1. Des efforts pacifiques incessants pour la propagation de l'appel à l'islam (Da’wah) et l'instauration d'une sorte de correspondance avec les rois et les princes des entités politiques voisines.
1. Ceaseless peaceful efforts in propagating the Islamic Da‘wah (Call) and initiating a sort of correspondence with kings and princes of the neighbouring political entities.
2. Activités militaires.
2. Military activities.
LES PROJETS DU PROPHÈTE ﷺ POUR DIFFUSER LE MESSAGE DE L'ISLAM AU-DELÀ DE L'ARABIE
THE PROPHET'S PLANS TO SPREAD THE MESSAGE OF ISLAM BEYOND ARABIA
À la fin de la sixième année de l'Hégire, lors de son retour de Hudaibiyah, le Prophète ﷺ décida d'envoyer des messages aux rois au-delà de l'Arabie pour les appeler à l'Islam. Afin d'authentifier les lettres de créance de ses envoyés, un sceau en argent fut fabriqué sur lequel étaient gravés les mots : « Muhammad le Messager d'Allah » selon la disposition suivante :
Late in the six year A.H., on his return from Hudaibiyah, the Prophet (Peace be upon him) decided to send messages to the kings beyond Arabia calling them to Islam. In order to authenticate the credentials of his envoys, a silver seal was made in which were graven the words: “Muhammad the Messenger of Allâh” in the following formation:
محمد.
محمد.
رســول.
رســول.
االله.
االله.
Les envoyés furent choisis sur la base de leur expérience et de leur savoir, et envoyés en mission en Muharram de l'an 7 de l'Hégire, quelques jours avant de se diriger vers Khaibar.
Envoys were chosen on the basis of their experience and knowledge, and sent on their errands in Muharram in the year 7 A.H., a few days before heading for Khaibar.
1. Une délégation en Abyssinie (Éthiopie) :
1.A Deputation to Abyssinia (Ethiopia):
Le Négus, roi d'Abyssinie (Éthiopie), dont le nom était Ashama bin Al-Abjar, reçut le message du Prophète ﷺ, envoyé par Amr bin Omaiyah Ad-Damari, ce qu'At-Tabari mentionne, soit à la fin de la sixième année, soit au début de la septième année AH. Un examen approfondi de la lettre montre qu'il ne s'agissait pas de celle envoyée après l'événement d'Al-Hudaibiyah. La formulation de la lettre indique plutôt qu'elle fut envoyée à ce roi lorsque Ja‘far et ses compagnons émigrèrent en Abyssinie (Éthiopie) durant la période mecquoise. L'une de ses phrases disait : « J'ai envoyé mon cousin, Ja‘far, avec un groupe de musulmans, vers vous. Soyez généreux envers eux et renoncez à l'orgueil. »
Negus, king of Abyssinia (Ethiopia), his name was Ashama bin Al-Abjar, received the Prophet’s message, despatched by Amr bin Omaiyah Ad-Damari, which At-Tabari referred to, either late in the sixth year or early in the seventh year A.H. Deep scrutiny into the letter shows that it was not the one sent after Al-Hudaibiyah event. Wording of the letter rather indicates that it was sent to that king when Ja‘far and his companions emigrated to Abyssinia (Ethiopia) during the Makkan period. One of its sentences read “I have despatched my cousin, Ja‘far with a group of Muslims, to you. Do be generous towards them and give up haughtiness.”.
Al-Baihaqi, d'après Ibn Ishaq, a rapporté le récit suivant de la lettre du Prophète ﷺ envoyée au Negus :
Al-Baihaqi, on the authority of Ibn Ishaq, gave the following narration of the Prophet’s letter sent to Negus:
« Cette lettre est envoyée de Muhammad ﷺ, le Prophète, au Negus Al-Ashama, le roi d'Abyssinie (Éthiopie). Que la paix soit sur celui qui suit la guidance véritable et croit en Allâh et en Son Messager. J'atteste qu'il n'y a de divinité qu'Allâh Seul, sans aucun associé, qu'Il n'a ni épouse ni fils, et que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Je vous appelle à l'Islam ; si vous embrassez l'Islam, vous serez en sécurité. »
“This letter is sent from Muhammad, the Prophet to Negus Al-Ashama, the king of Abyssinia (Ethiopia). Peace be upon him who follows true guidance and believes in Allâh and His Messenger. I bear witness that there is no god but Allâh Alone with no associate, He has taken neither a wife nor a son, and that Muhammad is His slave and Messenger. I call you unto the fold of Islam; if you embrace Islam, you will find safety.
• « Dis [O Muhammad ﷺ] : "Ô gens du Livre (Juifs et Chrétiens), venez à une parole commune entre nous et vous : Nous n'adorerons que Allâh, Nous ne Lui associerons rien, et aucun de nous ne prendra d'autres maîtres qu'Allâh." Puis, s'ils se détournent, dites : "Soyez témoins que nous sommes Musulmans." » [3:64] Si vous rejetez cette invitation, alors vous serez tenus responsables de tous les maux des Chrétiens de votre peuple.
2. Lettre au vice-régent d'Égypte, appelé Muqawqas :
2.Letter to the Vicegerent of Egypt, called Muqawqas:
Le Prophète ﷺ a écrit à Juraij bin Matta, appelé Muqawqas, vice-roi d'Égypte et d'Alexandrie, en disant :
The Prophet (Peace be upon him) wrote to Juraij bin Matta, called Muqawqas, vicegerent of Egypt and Alexandria saying:
Au Nom d'Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
“In the Name of Allâh, the Most Beneficent, the Most Merciful.
De Muhammad, serviteur d'Allâh et de Son Messager ﷺ, à Muqawqas, vicegerent de l'Égypte. Que la paix soit sur celui qui suit la guidance véritable. Ensuite, je vous invite à accepter l'Islam. Par conséquent, si vous voulez la sécurité, acceptez l'Islam. Si vous acceptez l'Islam, Allâh, le Sublime, vous récompensera doublement. Mais si vous refusez de le faire, vous porterez le fardeau de la transgression de tous les Coptes. • « Dis [O Muhammad ﷺ] : "Ô gens du Livre (Juifs et Chrétiens), venez à une parole commune entre nous et vous : ne servir que Allâh, ne rien Lui associer, et ne prendre personne d'autre que Allâh comme seigneur." Puis, s'ils se détournent, dis : "Soyez témoins que nous sommes Musulmans." » [3:64].
From Muhammad slave of Allâh and His Messenger to Muqawqas, vicegerent of Egypt. Peace be upon him who follows true guidance. Thereafter, I invite you to accept Islam. Therefore, if you want security, accept Islam. If you accept Islam, Allâh, the Sublime, shall reward you doubly. But if you refuse to do so, you will bear the burden of the transgression of all the Copts. • “Say [O Muhammad (Peace be upon him)]: ‘O people of the Scripture (Jews and Christians), come to a word that is just between us and you, that we worship none but Allâh, and that we associate no partners with Him, and that none of us shall take others as lords besides Allâh.’ Then, if they turn away, say: ‘Bear witness that we are Muslims.’ ” [3:64].
Hatib bin Abi Balta‘a, qui avait été choisi pour transmettre le message, demanda une audience auprès de Muqawqas avant de lui communiquer le contenu de la lettre. Il s'adressa au vice-roi d'Égypte en disant : « Il y avait quelqu'un avant vous qui s'était arrogé le statut du Seigneur Suprême, alors Allâh l'a puni et a fait de lui un exemple dans l'au-delà, ainsi que dans cette vie ; par conséquent, tirez-en leçon et ne soyez jamais un mauvais exemple pour les autres. » Muqawqas répondit : « Nous ne sommes pas en position d'abandonner notre religion, sauf pour une meilleure. » Hatib poursuivit : « Nous vous invitons à embrasser l'Islam, qui vous suffira pour tout ce que vous pourriez perdre. Notre Prophète ﷺ a appelé les gens à professer cette Foi ; les Quraish et les Juifs se sont dressés contre lui comme des ennemis acharnés, tandis que les Chrétiens se sont montrés les plus proches de son Appel. Sur ma vie, les nouvelles de Moïse concernant le Christ sont identiques aux bonnes nouvelles de ce dernier concernant l'avènement de Muhammad ﷺ ; de même, notre invitation à embrasser l'Islam est semblable à votre invitation faite au peuple de la Torah d'accepter le Nouveau Testament. Lorsqu'un Prophète se lève au sein d'une nation, il est digne d'une réponse positive, par conséquent, vous êtes soumis à la même Loi Divine. Gardez à l'esprit que nous ne sommes pas venus pour vous détourner de la religion du Christ, mais plutôt pour vous enjoindre à en adhérer aux principes. » Muqawqas médita profondément sur le contenu de la lettre et dit : « Je suis arrivé à la conviction que ce Prophète ﷺ ne prône rien d'abominable ; il n'est ni un magicien égaré, ni un devin menteur. Il porte les véritables et manifestes semences de la Prophétie, et ainsi je considérerai l'affaire avec attention. » Il prit le parchemin et ordonna qu'il soit conservé dans un coffret d'ivoire. Il appela un scribe pour écrire la réponse suivante en arabe :
3. Une lettre à Chosroes, Empereur de Perse :
3. A Letter to Chosroes, Emperor of Persia:
« Au nom d'Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux, de Muhammad ﷺ, le Messager d'Allâh, à Chosroes, roi de Perse. »
“In the Name of Allâh, the Most Beneficent, the Most Merciful, From Muhammad, the Messenger of Allâh to Chosroes, king of Persia.
Paix sur celui qui suit la guidance véritable, croit en Allâh et en Son Messager ﷺ et témoigne qu'il n'y a de divinité qu'Allâh Seul, sans associé, et que Muhammad est Son serviteur et Son Messager ﷺ. Je vous invite à accepter la religion d'Allâh. Je suis le Messager d'Allâh ﷺ envoyé à tous les peuples afin d'insuffler la crainte d'Allâh en chaque être vivant, et afin que la preuve soit établie contre ceux qui rejettent la Vérité. Acceptez l'Islam comme religion afin que vous puissiez vivre en sécurité, sinon, vous serez responsables de tous les péchés des Magiens.
Peace be upon him who follows true guidance, believes in Allâh and His Messenger and testifies that there is no god but Allâh Alone with no associate, and that Muhammad is His slave and Messenger. I invite you to accept the religion of Allâh. I am the Messenger of Allâh sent to all people in order that I may infuse fear of Allâh in every living person, and that the charge may be proved against those who reject the Truth. Accept Islam as your religion so that you may live in security, otherwise, you will be responsible for all the sins of the Magians.”.
‘Abdullah bin Hudhafa As-Sahmi fut choisi pour porter la lettre. Cet envoyé l'emporta au roi de Bahreïn, mais nous ne savons pas encore si ce dernier l'a fait parvenir à Chosroes par l'un de ses hommes ou s'il a choisi ‘Abdullah lui-même.
‘Abdullah bin Hudhafa As-Sahmi was chosen to carry the letter. This envoy carried it to the king of Bahrain but we do not know as yet if the latter despatched to Chosroes by one of his men or chose ‘Abdullah himself.
Le monarque orgueilleux fut enragé par le style de la lettre, car le nom du Prophète ﷺ avait été placé au-dessus du sien. Il déchira la lettre en lambeaux et dicta aussitôt un ordre à son vice-roi au Yémen pour envoyer quelques soldats arrêter le Prophète ﷺ et le conduire devant sa présence. Le gouverneur, nommé Bazan, envoya immédiatement deux hommes à Madinah à cette fin. Dès que les hommes atteignirent Madinah, le Prophète ﷺ fut informé par une Révélation Divine que Pervez, l'empereur de Perse, avait été assassiné par son fils. Le Prophète ﷺ leur révéla la nouvelle et ils furent stupéfaits. Il ajouta en leur demandant de dire à leur nouveau monarque que l'Islam prévaudrait partout et surpasserait la souveraineté de Chosroes lui-même. Ils se précipitèrent de retour vers Bazan et lui communiquèrent ce qu'ils avaient entendu. Pendant ce temps, Sherweh, le nouveau monarque, envoya une lettre à Bazan confirmant la nouvelle et lui ordonnant d'interrompre toute procédure concernant le Prophète ﷺ jusqu'à nouvel ordre. Bazan, avec les Perses au Yémen, embrassa l'Islam et signifia avec joie son adhésion au Prophète ﷺ.
4. L'Envoyé de César, Roi de Rome :
4.The Envoy to Caesar, King of Rome:
Al-Bukhari a rapporté une longue narration du contenu de la lettre envoyée par le Prophète ﷺ à Héraclius, le roi des Byzantins :
Al-Bukhari gave a long narration of the contents of the letter sent by the Prophet (Peace be upon him) to Hercules, king of the Byzantines:
Au nom d'Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
“In the Name of Allâh, the Most Beneficent, the Most Merciful.
De Muhammad, le serviteur d'Allâh et Son Messager ﷺ à Héraclius, roi des Byzantins. Bénis sont ceux qui suivent la guidance véritable. Je vous invite à embrasser l'Islam afin que vous puissiez vivre en sécurité. Si vous entrez dans l'Islam, Allâh vous accordera une double récompense, mais si vous lui tournez le dos, alors le fardeau des péchés de tout votre peuple reposera sur vos épaules.
From Muhammad, the slave of Allâh and His Messenger to Hercules, king of the Byzantines. Blessed are those who follow true guidance. I invite you to embrace Islam so that you may live in security. If you come within the fold of Islam, Allâh will give you double reward, but in case you turn your back upon it, then the burden of the sins of all your people shall fall on your shoulders.
• « Dis [O Muhammad ﷺ] : "Ô gens du Livre (Juifs et Chrétiens), venez à une parole commune entre nous et vous : Nous n'adorerons que Allâh, Nous ne Lui associerons rien, et nul d'entre nous ne prendra d'autres maîtres qu'Allâh." Puis, s'ils se détournent, dites : "Soyez témoins que nous sommes Musulmans." » [3:64].
• “Say [O Muhammad (Peace be upon him)]: ‘O people of the Scripture (Jews and Christians), come to a word that is just between us and you, that we worship none but Allâh, and that we associate no partners with Him, and that none of us shall take others as lords besides Allâh.’ Then, if they turn away, say: ‘Bear witness that we are Muslims.’ ” [3:64].
L'envoyé musulman, Dihyah bin Khalifah Al-Kalbi, reçut l'ordre de remettre la lettre au roi de Busra, qui l'enverrait à son tour à César.
The Muslim envoy, Dihyah bin Khalifah Al-Kalbi, was ordered to hand the letter over to king of Busra, who would in turn, send it to Caesar.
Par hasard, Abu Sufyan bin Harb, qui à cette époque n'avait pas encore embrassé l'Islam, fut convoqué à la cour et Héracle lui posa de nombreuses questions sur Muhammad ﷺ et sur la religion qu'il prêchait. Le témoignage que cet ennemi déclaré du Prophète ﷺ donna concernant l'excellence personnelle du caractère du Prophète ﷺ et le bien que l'Islam faisait à la race humaine, laissa Héracle stupéfait.
5. Une lettre à Mundhir bin Sawa, gouverneur de Bahreïn :
5. A Letter to Mundhir bin Sawa, Governor of Bahrain:
Le Prophète ﷺ dépêcha ‘Al-‘Ala’ bin Al-Hadrami auprès du gouverneur de Bahreïn, portant une lettre l'invitant à embrasser l'Islam. En réponse, Al-Mundhir bin Sawa écrivit la lettre suivante :
The Prophet (Peace be upon him) despatched ‘Al-‘Ala’ bin Al-Hadrami to the governor of Bahrain, carrying a letter inviting him to embrace Islam. In reply, Al-Mundhir bin Sawa wrote the following letter:
« Le Messager d'Allah ﷺ ! J'ai reçu vos injonctions. Avant cela, j'ai lu votre lettre, que vous avez écrite aux gens de Bahrain pour leur adresser une invitation à l'Islam. L'Islam a séduit certains d'entre eux et ils sont entrés dans la religion de l'Islam, tandis que d'autres ne l'ont pas trouvé séduisant. Dans mon pays, vivent des Magiens et des Juifs, et par conséquent, vous pouvez m'informer du traitement qui doit leur être accordé. »
“Allâh’s Messenger (Peace be upon him)! I received your injunctions. Prior to this, I read your letter, which you wrote to the people of Bahrain extending to them an invitation to Islam. Islam appealed to some of them and they entered the fold of Islam, while others did not find it appealing. In my country, there live Magians and Jews, and therefore you may inform me of the treatment to be extended to them.”.
Le Prophète ﷺ a écrit la lettre suivante en réponse à son :
The Prophet (Peace be upon him) wrote the following letter in reply to his:
Au Nom d'Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
“In the Name of Allâh, the Most Beneficent, the Most Merciful.
De Muhammad ﷺ, Messager d'Allâh, à Mundhir bin Sawa. Que la paix soit sur vous ! Je loue Allâh sans aucun associé, et je témoigne que Muhammad est Son serviteur et Son Messager ﷺ.
From Muhammad, Messenger of Allâh to Mundhir bin Sawa. Peace be on you! I praise Allâh with no associate, and I bear witness that Muhammad is His slave and Messenger.
Ensuite, je vous rappelle Allâh, le Puissant, le Glorieux. Quiconque accepte l'exhortation, le fait pour son propre bien. Quiconque suit mes messagers ﷺ et agit conformément à leur guidance, il accepte en fait mon conseil.
Thereafter, I remind you of Allâh, the Mighty, the Glorious. Whoever accepts admonition, does it for his own good. Whoever follows my messengers and acts in accordance with their guidance, he, in fact, accepts my advice.
Mes messagers ont hautement loué votre comportement. Vous continuerez dans vos fonctions actuelles. Donnez aux nouveaux musulmans toute la possibilité de prêcher leur religion. J'accepte votre recommandation concernant les gens de Bahrain, et je pardonne les fautes des contrevenants ; par conséquent, vous pouvez également leur pardonner. Des gens de Bahrain, quiconque souhaite persévérer dans sa foi juive ou magienne, devra payer la capitation (Jizyah).
6. Une lettre à Haudha bin ‘Ali, gouverneur de Yamama :
6. A Letter to Haudha bin ‘Ali, Governor of Yamama:
Au Nom d'Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
“In the Name of Allâh, the Most Beneficent, the Most Merciful.
De Muhammad ﷺ, Messager d'Allah, à Haudha bin ‘Ali :
From Muhammad, Messenger of Allâh to Haudha bin ‘Ali:
« Paix sur celui qui suit la guidance véritable. Sache que ma religion prévaudra partout. Tu devrais accepter l'Islam, et tout ce qui est sous ton commandement restera tien. » L'envoyé choisi était Sulait bin ‘Amr Al-‘Amiri qui, après avoir communiqué son message, rapporta la réponse suivante au Prophète ﷺ :
Peace be upon him who follows true guidance. Be informed that my religion shall prevail everywhere. You should accept Islam, and whatever under your command shall remain yours.” The envoy chosen was Sulait bin ‘Amr Al-‘Amiri, who after communicating his message, carried back the following reply to the Prophet (Peace be upon him):
« La foi vers laquelle vous m'invitez est très bonne. Je suis un orateur et un poète célèbre, les Arabes me respectent grandement et j'ai de l'importance parmi eux. Si vous m'incluez dans votre gouvernement, je suis prêt à vous suivre. »
“The Faith, to which you invite me, is very good. I am a famous orator and poet, the Arabs highly respect me and I am of account among them. If you include me in your government, I am prepared to follow you.”.
Le gouverneur fit ensuite un don à Sulait et lui offrit des vêtements confectionnés en tissu Hajr. Bien entendu, il confia tous ces présents à la garde du Prophète ﷺ :
The governor then bestowed a reward on Sulait and presented him with clothes made of Hajr fabric. Of course, he put all those presents in the trust of the Prophet (Peace be upon him):
Le Prophète ﷺ n'a pas accepté la demande de Haudha. Il rejetait habituellement ce ton péremptoire et disait que toute chose était entre les Mains d'Allah, qui donne Sa terre à qui Il veut. Gabriel vint plus tard avec la Révélation annonçant que Haudha était mort. Le Prophète ﷺ, dans le contexte de son commentaire sur cette nouvelle, dit : « Yamama donnera certainement naissance à un menteur qui s'arrogera la prophétie, mais il sera ensuite tué. » En réponse à une question concernant l'identité du meurtrier, le Prophète ﷺ dit : « C'est l'un de vous, les partisans de l'Islam. »
The Prophet (Peace be upon him) did not accept Haudha’s demand. He usually turned down such peremptory tone, and would say that the whole matter was in the Hand of Allâh, Who gave His land to whoever He desired. Gabriel later came with the Revelation that Haudha had died. The Prophet (Peace be upon him), in the context of his comment on this news, said: “Yamama is bound to give rise to a liar who will arrogate Prophethood to himself but he will subsequently be killed.” In reply to a question relating to the identity of the killer, the Prophet said “It is one of you, followers of Islam.”
7. Une lettre à Harith bin Abi Shamir Al-Ghassani, roi de Damas :
7. A Letter to Harith bin Abi Shamir Al-Ghassani, King of Damascus:
Au nom d'Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
“In the Name of Allâh, the Most Beneficent, the Most Merciful.
De Muhammad ﷺ, Messager d'Allâh, à Al-Harith bin Abi Shamir. Que la paix soit sur celui qui suit la guidance véritable, y croit et la considère comme vraie. « Je vous invite à croire en Allâh Seul, sans aucun associé, après quoi votre royaume restera le vôtre. »
From Muhammad, Messenger of Allâh to Al-Harith bin Abi Shamir. Peace be upon him who follows true guidance, believes in it and regards it as true. I invite you to believe in Allâh Alone with no associate, thenceafter your kingdom will remain yours.”.
Shuja‘ bin Wahab eut l'honneur d'apporter la lettre à Harith qui, en entendant la lettre lue devant son assemblée, fut follement furieux et s'écria : « Qui ose me déposséder de mon pays, je me battrai contre lui (le Prophète ﷺ) », et rejeta avec arrogance l'invitation du Prophète ﷺ à rejoindre l'Islam.
Shuja‘ bin Wahab had the honour of taking the letter to Harith, who upon hearing the letter read in his audience, was madly infuriated and uttered: “Who dares to disposs me of my country, I’ll fight him (the Prophet),” and arrogantly rejected the Prophet’s invitation to the fold of Islam.
8. Une lettre au Roi d'Oman, Jaifer, et à son frère 'Abd Al-Jalandi :
8. A Letter to the King of ‘Oman, Jaifer, and his Brother ‘Abd Al-Jalandi:
Au Nom d'Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
“In the Name of Allâh, the Most Beneficent, the Most Merciful.
De Muhammad bin ‘Abdullah à Jaifer et ‘Abd Al-Jalandi. Paix sur celui qui suit la guidance véritable ; après quoi, je vous invite tous deux à l'Appel de l'Islam. Embrassez l'Islam. Allâh m'a envoyé en tant que Prophète ﷺ à toutes Ses créatures afin que je puisse insuffler la crainte d'Allâh dans le cœur de Ses créatures désobéissantes, de sorte qu'il ne reste aucune excuse pour ceux qui nient Allâh. Si vous deux acceptez l'Islam, vous resterez aux commandes de votre pays ; mais si vous refusez mon Appel, vous devez vous rappeler que tous vos biens sont périssables. Mes cavaliers s'approprieront votre terre, et ma Prophétie ﷺ l'emportera sur votre royauté. ‘Amr bin Al-’As, qui fut choisi pour porter la lettre, a raconté l'histoire suivante qui s'est produite avant qu'il ne soit admis dans l'audience de Jaifer.
From Muhammad bin ‘Abdullah to Jaifer and ‘Abd Al-Jalandi. Peace be upon him who follows true guidance; thereafter I invite both of you to the Call of Islam. Embrace Islam. Allâh has sent me as a Prophet to all His creatures in order that I may instil fear of Allâh in the hearts of His disobedient creatures so that there may be left no excuse for those who deny Allâh. If you two accept Islam, you will remain in command of your country; but if you refuse my Call, you’ve got to remember that all your possessions are perishable. My horsemen will appropriate your land, and my Prophethood will assume preponderance over your kingship.” ‘Amr bin Al-’As, who was chosen to carry the letter, narrated the following story that happened before he was admitted into the audience of Jaifer.
« Lorsque je suis arrivé à ‘Oman, je contactai ‘Abd, qui était connu pour être plus doux que son frère, l ‘Amr : Je suis le messager du Prophète d’Allâh ﷺ, venant pour vous voir, vous et votre frère. ‘Abd : Tu dois voir mon frère et lui lire la lettre que tu portes. Il est mon aîné tant par l'âge que par la royauté. Au fait, quel est l'objet de ta mission ? ‘Amr : Le Prophète ﷺ vous appelle à croire en Allâh Seul, sans aucun associé, à rejeter toute autre divinité et à témoigner de la servitude et de la Messagerie de Muhammad ﷺ. ‘Abd : Ô ‘Amr ! Tu viens d'une famille noble, mais avant tout, dis-moi quelle était l'attitude de ton père concernant cette Foi ? Tu sais, nous avions l'habitude de suivre ses traces. ‘Amr : La mort l'a surpris avant qu'il ne croie en la mission de Muhammad ﷺ ; je souhaiterais qu'il ait embrassé l'Islam et qu'il y soit resté sincère avant sa mort. Moi-même, j'avais adopté la même attitude jusqu'à ce qu'Allâh me guide vers l'Islam. »
“When I arrived in ‘Oman I contacted ‘Abd, who was known to be more mild-tempered than his brother: l ‘Amr: I am the messenger of Allâh’s Prophet coming to see both, you and your brother. ‘Abd: You have to see my brother and read to him the letter you are carrying. He is my senior in both age and kingship. Incidentally, what is the purport of your mission? ‘Amr: The Prophet calls upon you to believe in Allâh Alone with no associate, discard any other deities and testify to the slavehood and Messengership of Muhammad. ‘Abd: O ‘Amr! You come from a noble family, but first of all, tell me what was your father’s attitude concerning this Faith? You know, we used to follow his steps. ‘Amr: Death overtook him before believing in Muhammad’s mission; I wish now he had embraced Islam and been truthful to it before his death. I myself had adopted the same attitude until Allâh guided me towards Islam.
HOSTILITÉS POST-HUDAIBIYAH INVASION DE DHU QARAD :
POST-HUDAIBIYAH HOSTILITIES DHU QARAD INVASION:
Ce n'était en fait pas une bataille mais plutôt une escarmouche menée contre un peloton de Bani Fazarah. Le lieu où elle fut combattue est connu sous le nom de Dhu Qarad, un réservoir d'eau situé à une journée de voyage de Madinah. Selon la majorité des savants, cet incident a eu lieu trois jours avant la bataille de Khaibar. Il a été rapporté d'après Salamah bin Al-Akwa‘, le héros de cette bataille, que le Messager d'Allâh ﷺ envoya son travailleur Rabah, avec ses chameaux, vers un pâturage voisin. Moi, prenant le cheval de Talhah, j'y suis allé dans le même but. Lorsque le jour se leva, ‘Abdur Rahman Al-Fazari fit un raid, fit fuir tous les chameaux et tua l'homme qui s'en occupait. Je dis à Rabah de monter le cheval, de l'apporter à Talhah et d'informer le Messager d'Allâh ﷺ que les polythéistes s'étaient emparés de ses chameaux. Ensuite, je me tins sur une colline et, tournant mon visage vers Madinah, je criai trois fois : « Venez à notre aide ! » Après cela, je me mis à la poursuite des assaillants, leur tirant des flèches et chantant un vers (d'auto-éloge) :
It was in fact not a battle but rather a skirmish carried out against a platoon of Bani Fazarah. The place by which it was fought is known as Dhu Qarad, a reservoir of water at a day’s journey from Madinah. According to the majority of scholars, this incident took place three days before the battle of Khaibar. It has been narrated on the authority of Salamah bin Al-Akwa‘, the hero of this battle, that the Messenger of Allâh (Peace be upon him) sent his hireling Rabah, with his camels to a nearby pasture. I, taking Talhah’s horse, went there for the same purpose. When the day dawned, ‘Abdur Rahman Al-Fazari made a raid, drove away all the camels, and killed the man who looked after them. I told Rabah to ride the horse, take it to Talhah and inform the Messenger of Allâh (Peace be upon him) that the polytheists had made away with his camels. Then I stood upon a hillock and turning my face to Madinah, shouted thrice: “Come to our help!” After that I set out in pursuit of the raiders, shooting at them with arrows and chanting (self-eulogatory) verse:
Je suis le fils d'Al-Akwa‘. Aujourd'hui est le jour de la défaite pour les médiocres.
I am the son of Al-Akwa‘ Today is the day of defeat for the mean.
Par Allâh, j'ai continué à tirer sur eux et à trancher les tendons de leurs animaux. Chaque fois qu'un cavalier se tournait vers moi, je me cachais au pied d'un arbre, je tirais sur lui et je tranchais le tendon de son cheval. Enfin, ils entrèrent dans une étroite gorge montagneuse. Je montai cette montagne et je les tins à distance en leur lançant des pierres. Je continuai à les poursuivre de cette manière jusqu'à ce que je libère tous les chameaux, sans que personne ne reste avec eux. Ils s'enfuirent dans toutes les directions et je les poursuivis en tirant continuellement sur eux jusqu'à ce qu'ils abandonnent plus de trente manteaux et trente lances, allégeant ainsi leur fardeau. Sur chaque chose qu'ils abandonnaient, je marquais l'emplacement avec une pierre afin que le Messager d'Allâh ﷺ et ses Compagnons puissent les reconnaître (qu'il s'agissait de butin laissé par l'ennemi). Ils continuèrent jusqu'à ce qu'ils arrivent dans une vallée étroite. Ils s'assirent pour manger quelque chose, et je m'assis au sommet d'un rocher effilé. Quatre d'entre eux montèrent la montagne en venant vers moi. Lorsqu'ils furent assez proches pour m'entendre, je criai : « Me reconnaissez-vous ? » Ils dirent : « Non. Qui es-tu ? » Je dis : « Je suis Salamah fils d'Al-Akwa‘. Je peux tuer n'importe lequel d'entre vous si je le souhaite, mais aucun de vous ne peut me tuer. » Ils retournèrent donc en arrière. Je ne bougeai pas de ma place avant de voir les cavaliers du Messager d'Allâh ﷺ, qui arrivaient en chevauchant à travers les arbres. Le premier d'entre eux était Akhram, derrière lui se trouvait Abu Qatadah Al-Ansari suivi d'Al-Miqdad bin Al-Aswad. Akhram et ‘Abdur Rahman Al-Fazari se rencontrèrent en combat. Akhram trancha le tendon du cheval de ‘Abdur Rahman, mais ce dernier réussit à le frapper avec sa lance et à le tuer. ‘Abdur Rahman fit demi-tour en montant le cheval d'Akhram. Abu Qatadah, voyant cela, s'engagea dans un combat acharné avec ‘Abdur Rahman, le frappa avec sa lance et ce fut fatal. Les polythéistes s'enfuirent par conséquent et je fus à leur poursuite jusqu'à ce qu'avant le coucher du soleil, ils atteignent une vallée avec une source d'eau appelée Dhu Qarad. Ils s'y reposèrent pour boire. Moi, cependant, les poursuivant à grands pas, je les ai expulsés de la vallée avant qu'ils ne puissent boire une seule goutte d'eau. Plus tard, le Prophète ﷺ, accompagné de ses Compagnons, m'a rattrapé. Je m'adressai à lui en disant : « Messager d'Allah ﷺ, laissez-moi choisir cent hommes parmi notre peuple et je poursuivrai les pillards pour les achever. » En réponse, le Prophète ﷺ dit : « Ibn Al-Akwa‘, tu en as assez pris, il te faut maintenant faire preuve de magnanimité ; ils ont désormais atteint l'habitation de Ghatfan où ils sont fêtés. » Il ajouta en disant : « Notre meilleur cavalier aujourd'hui est Abu Qatadah, et notre meilleur fantassin aujourd'hui est Salamah. » Il m'attribua deux parts du butin — la part destinée au cavalier et l'autre destinée au fantassin — et les combina pour moi. Ayant l'intention de retourner à Madinah, il me fit monter derrière lui sur sa chamelle appelée Al-‘Adba’.