Chaque fois que les savants ou leurs étudiants se rencontraient, ils échangeaient leurs réflexions sur divers problèmes islamiques apparus dans leurs domaines respectifs. S'il y avait une divergence d'opinion majeure concernant une solution particulière, ils débattaient de manière contradictoire jusqu'à ce qu'une conclusion commune soit atteinte ou que diverses options soient acceptées.
Whenever scholars or their students met, they would exchange thoughts on various Islamic issues which had arisen in their particular areas. If there was a major difference of opinion about a particular solution, they would debate back and forth until a common conclusion was reached or various options were accepted.
Ces débats juridiques ont également eu lieu par courrier, comme ce fut le cas pour le débat entre l'imam Maalik et l'imam al-Layth concernant les coutumes médinoises.114
These legal debates also took place by mail, as in the case of the debate between Imaam Maalik and Imaam al-Layth about Madeenite customs.114
L'augmentation considérable du nombre de sessions de débat, que ce soit par courrier ou lors de rencontres en face à face entre les fondateurs et les étudiants de divers Madh-habs, a permis la clarification de certaines questions importantes et l'élimination des avis ou jugements erronés parmi les savants de la loi islamique.
The huge increase in the number of debating sessions, whether by mail or in face to face meetings between founders and students of various Madh-habs resulted in the clarification of certain important issues and the seeding out of mistaken rulings or judgements among scholars of Islamic law.
À ce stade précoce du développement des écoles juridiques (Madhhabs), on constatait un manque marqué de rigidité ou de dogmatisme de la part des savants et de leurs étudiants. C'est-à-dire que les questions étaient analysées objectivement et que les conclusions étaient tirées sur la base de la validité des preuves présentées. En fait, l'imam Abu Haneefah et l'imam Shafi’ee avaient déclaré que si un hadith était connu pour être authentique, alors cela devait être considéré comme leur école juridique (Madhhab). Un exemple notable concerne la loi relative à la consommation de Khamr et d'autres substances intoxicantes. L'imam Abu Haneefah, fondateur de l'école juridique (Madhhab) hanafite, avait statué que l'interdiction islamique du Khamr ne couvrait que le produit du jus de raisin fermenté (le sens littéral de Khamr).
In this early stage in the development of Madh-habs there was a marked lack of rigidity or dogmatism on the part of scholars and their students. That is, issues were objectively analyzed and conclusions arrived at on the basis of the validity of the proofs presented. In fact Imaam Abu Haneefah and Imaam Shafi’ee were on record as stating that if a Hadeeth was known to be accurate, then that should be considered their Madh-hab. A noteworthy example concerns the law relating to the drinking of Khamr and other intoxicants. Imaam Abu Haneefah, founder of the Hanafee Madhhab, had ruled that the Islamic prohibition of Khamr covered only the product of fermented grape juice (the literal meaning of Khamr)
et ne s'étendait pas aux substances intoxicantes en général. Selon cette règle, les boissons enivrantes provenant d'autres sources étaient autorisées tant que le consommateur ne devenait pas ivre.115 Cependant, les trois principaux étudiants d'Abu Haneefah (Abu Yoosuf, Muhammad ibn al-Hasan et Zufar) ont rejeté plus tard la règle de leur enseignant, car ils ont rencontré des Hadeeths authentiques du Prophète ﷺ indiquant clairement que tous les intoxicants devaient être inclus dans le sens de Khamr.
and did not extend to intoxicants in general. According to this ruling, intoxicating drinks made from other sources were allowable so long as the consumer did not become drunk.115 However, Abu Haneefah’s three main students (Abu Yoosuf, Muhammad ibn al-Hasan and Zufar) later rejected the ruling of their teacher, since they encountered reliable Hadeeths of the Prophet (s.w.) clearly indicating that all intoxicants were to be included in the meaning of Khamr.
Cet échange libre d'idées et cette volonté de modifier même les avis juridiques des fondateurs des Madh-habs illustrent de manière frappante l'absence de cette rigidité et de ce sectarisme qui caractérisaient la méthodologie des savants ultérieurs des Madh-habs.
This free exchange of ideas and willingness to change even the rulings of the founding fathers of the Madh-habs vividly illustrates the absence of that rigidity and sectarianism which characterized the methodology of later scholars of the Madh-habs.