5 Les Madh-habs : Les écoles de pensée juridique islamique
5 The Madh-habs: Schools Of Islamic Legal Thought
Dans les chapitres précédents, nous avons vu l'évolution du Madh-hab¹²⁷ dans le contexte historique du développement global de la jurisprudence islamique (Fiqh). Durant l'ère de la prophétie, les fondements de la jurisprudence islamique (Fiqh) furent posés dans les ijtihâds (décisions fondées sur le raisonnement) du Prophète Muhammad ﷺ ainsi que dans ceux de ses compagnons (Sahabah). Durant cette étape, la révélation divine sous la forme du Qur'aan et de la sunna (le mode de vie du Prophète ﷺ) constituait l'unique source de la loi islamique. En d'autres termes, il n'y avait qu'une seule école de pensée (Madh-hab) : celle du Prophète ﷺ.
In The Previous Chapters We Have Seen The Evolution Of The Madh-hab127 Within The Historical Context Of The Overall Development Of Fiqh. During The Era Of Prophethood, The Foundations Of Fiqh Were Laid Down In The Prophet Mohammed’s Ijtihaads (reasoned Rulings) As Well As Those Of His Sahaabah (followers). During That Stage, Divine Revelation In The Form Of The Qur’aan And The Sunnah (the Life Style Of The Prophet (s.w.) Constituted The Only Source Of Islamic Law. In Other Words, There Was Only One School Of Thought (Madh-hab): That Of The Prophet (s.w.).
Lors de l'étape suivante, celle des Califes Bien Guidés, le principe de jurisprudence islamique (Fiqh) du consensus (Ijma’) (décisions prises à l'unanimité) a évolué et l'effort d'interprétation (Ijtihad) est devenu un principe indépendant de la jurisprudence islamique (Fiqh) sous le nom de raisonnement par analogie (Qiyas). Le Madh-hab durant cette période était, en réalité, celui de chacun des Califes Bien Guidés, puisque le dernier mot en matière juridique leur appartenait. Cependant, toutes les décisions juridiques étaient sujettes à modification sur la base des propos ou des pratiques rapportés du Prophète ﷺ : c'est-à-dire, le hadith. Par conséquent, il n'y avait aucune place pour la rigidité du factionnalisme.
In the following stage, that of the Righteous Caliphs, the Fiqh principle of Ijmaa’ (decisions by unanimity) evolved and Ijtihaad became an independent principle of Fiqh under the name Qiyaas. The Madh-hab during theis period was, in rality, that of each of the Righteous Caliphs, since the final say in legal matters rested with them. However, all legal decisions were subject to alteration on the basis of recorded statements or practices of the Prophet (s.w.): that is, Hadeeth. Therefore there was no room for rigidity of factionalism.
La période initiale de la dynastie omeyyade a vu la division des savants de la jurisprudence islamique (Fiqh) en deux principales écoles juridiques (Madhhabs) concernant l'effort d’interprétation (Ijtihad) : Ahl ar-Ra’i et Ahl al-Hadeeth. Ces deux écoles juridiques (Madhhabs) ont évolué en un certain nombre de nouvelles écoles juridiques (Madhhabs) lors du passage du califat à la monarchie, lorsque le calife/roi n'était plus le chef de l'école juridique (Madhhab). Puisque les savants et leurs étudiants étaient dispersés à travers l'État omeyyade, leur effort d’interprétation (Ijtihad) personnel s'est accru afin de résoudre les problèmes locaux. Il convient toutefois de noter que, tant durant la période des Omeyyades que celle des premiers Abbassides, les étudiants de la jurisprudence islamique (Fiqh) changeaient librement et fréquemment de maîtres et échangeaient des opinions juridiques. En effet, par conséquent, la flexibilité de la période précédente a été maintenue.
The early period of the Umayyad dynasty saw the division of Fiqh scholars into two main Madh-habs with respect to Ijtihaad: Ahl ar-Ra’i and Ahl al-Hadeeth. These two Madh-habs evolved into a number of new Madh-habs during the shift from caliphate to monarchy when the caliph/King was no longer the head of the Madhhab. Since scholars and their students were dispersed throughout the Umayyad state, their personal Ijtihaad increased in order to solve local issues. It should be noted, however, that during both the period of the Umayyads and that of the early ‘Abbaasids, students of Fiqh freely and frequently changed teachers and exchanged legal opinions. In effect, therefore, the flexibility of the previous was maintained.
127 La somme totale des avis juridiques des savants, ainsi que les avis de leurs étudiants et de tous les savants qui ont adhéré à leur approche.
127 The sum total of the scholars legal rulings as well as the rulings of his students and that of all the scholars who adhered to their approach.