Sa propriété et ses moyens de subsistance
His Property And Means Of Subsistence
Aḥmad—que Dieu soit satisfait de lui—hérita de son père de quelques logements et de la maison où il vivait. Il loua les logements et vécut des loyers, sans avoir à demander quoi que ce soit à quiconque.208 40.1
Aḥmad—God be pleased with him—inherited from his father some tenements and the house where he lived. He rented out the tenements and lived off the rents, without having to ask anyone for anything.208 40.1
[Muḥammad ibn ʿUbayd Allāh :] Aḥmad ibn Ḥanbal m'a dit : « Chaque année, j'inspecte la maison dans laquelle je vis et je paie la zakat sur celle-ci, en suivant ce que ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb a dit à propos de la Terre Noire en Iraq. »209
[Muḥammad ibn ʿUbayd Allāh:] Aḥmad ibn Ḥanbal told me, “Every year I survey the house I live in and pay the alms-tax on it, following what ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb said about the Black Land in Iraq.”209
Aḥmad vivait dans une partie de la propriété et en louait une partie à d'autres. Aḥmad ibn Jaʿfar a rapporté que quelqu'un lui a demandé comment il savait qu'il en était le propriétaire légitime.
Aḥmad lived in one part of the property and rented part of it out to others. Aḥmad ibn Jaʿfar reported that someone asked him how he knew that he was the rightful owner.
« C'est quelque chose que j'ai hérité de mon père », a-t-il répondu. « Si quelqu'un vient et prouve que cela lui appartient, je partirai et je le lui donnerai. » [Al-Marrūdhī :] J'ai entendu Aḥmad dire : « Cette propriété ne nous suffit pas, mais je reste avec elle jusqu'à ce qu'elle produise quelque chose. » 210 40.2
“It’s something I inherited from my father,” he replied. “If anyone comes and proves it’s his, I’d move out and give it to him.” [Al-Marrūdhī:] I heard Aḥmad say, “This property doesn’t support us, but I’m staying with it until it yields something.”210 40.2
J'ai dit : « J'ai entendu quelqu'un suggérer qu'il préférerait que tu t'en désistions et que tu laisses un ami le gérer pour toi. » « C'est une invitation au désastre », a dit Aḥmad, ou peut-être ce qu'il a dit était : « Ce n'est pas une bonne idée. » Il a poursuivi : « Une fois que l'on s'habitue à ce genre d'arrangement, on ne peut plus s'en passer. » Il a ajouté : « Je préfère que ce soit ainsi plutôt que de toute autre manière », en faisant référence à la propriété qui générait le revenu. Enfin, il m'a dit : « Tu sais que ce revenu ne nous fait pas vivre. Je ne le prends que parce que je le dois. » [Al-Baladī :] Une fois, alors que j'étais assis avec Aḥmad, l'un de ses locataires lui a apporté un dirham et demi. Dès qu'il tomba entre ses mains, il se leva, me laissant là où j'étais, et entra dans sa maison l'air satisfait. J'avais le sentiment qu'il en avait besoin pour quelque chose d'important. 40.3
I said, “I heard someone suggest that he’d like it better if you gave it up and let a friend manage it for you.” “That’s an invitation to disaster,” said Aḥmad, or perhaps what he said was, “That’s no good.” He continued: “Once you get used to that sort of arrangement you can’t live without it.” He added, “I’d rather have it this way than any other,” referring to the property that generated the income. Finally he said to me, “You know the income doesn’t support us. I only take it because I have to.” [Al-Baladī:] Once, when I was sitting with Aḥmad, one of his tenants brought him a dirham and a half. As soon as it fell into his hands, he got up, leaving me where I was, and went into his house looking pleased. I had the feeling he needed it for something important. 40.3
Addendum
Addendum
Aḥmad était parfois si nécessiteux qu'il devait glaner dans les champs.211 40.4
Aḥmad was sometimes so needy that he had to glean from the fields.211 40.4
[Al-Ṭarasūsī :] L'homme qui a logé Aḥmad m'a dit : « Lorsqu'il est venu séjourner ici, il est sorti glaner. Il est revenu n'ayant collecté que très peu. Je lui ai dit : "Tu as mangé plus que ce que tu as glané !" » Il a dit : « Je les ai vus faire quelque chose que je ne pouvais me résoudre à faire : lorsqu'ils glanaient, ils rampaient à quatre pattes. Mais moi, je me traînais en restant assis. » [Al-Marrūdhī :] Aḥmad m'a dit : « Je suis allé à la frontière à pied et nous sommes allés glaner. J'ai vu des gens dévaster les champs. Mais nul ne doit pénétrer sur la terre d'autrui sans permission. » 40.5
[Al-Ṭarasūsī:] The man who gave lodging to Aḥmad told me: “When he came to stay here he went out to glean. He came back having collected only a little. I said to him, ‘You’ve eaten more than you gleaned!’ “He said, ‘I saw them doing something I couldn’t bring myself to do: when they gleaned, they would crawl on all fours. But I dragged myself along sitting down.’” [Al-Marrūdhī:] Aḥmad told me, “I walked out to the frontier on foot and we went gleaning. I saw people tearing up the fields. But no one should cross onto another’s land without permission.” 40.5
Il m'a également dit : « J'ai marché tout le long jusqu'à Tarsus. Nous avions l'habitude de sortir pour glaner. »
He also told me, “I walked all the way to Tarsus. We used to go out and glean.”
Addendum
Addendum
Aḥmad était parfois si pauvre qu'il devait copier des manuscrits contre rémunération. Pour couvrir ses frais de voyage, il s'est un jour fait engager par des conducteurs de chameaux. Cet épisode sera décrit dans le chapitre suivant, si Dieu le veut. 40.6
Aḥmad was sometimes so poor that he had to copy manuscripts for a fee. To meet his expenses while traveling, he once hired himself out to some camel drivers. This episode will be described in the next chapter, God willing. 40.6