Première partie : Le caractère obligatoire de l'aumône obligatoire (Zakah) et sa place dans l'Islam
1. Part One : The Obligatory Nature Of Zakah And Its Place In Islam
INTRODUCTION
INTRODUCTION
Avant que j'expose le caractère obligatoire de la zakah et sa place dans cette religion de l'islam, il est utile d'examiner la condition des pauvres dans les structures de classes des sociétés antérieures à l'islam, l'ampleur de la réponse à leurs besoins et le souci de leurs problèmes dans les lois et religions anciennes. Par là, on peut montrer dans quelle mesure l'islam a dépassé les autres religions dans sa prise en charge des pauvres et dans l'établissement de la justice sociale, de l'assurance sociale et de la solidarité sociale, sur le fondement solide énoncé dans le Livre de Dieu et dans la sunna de Son Messager, ﷺ.
Before I delineate the obligatory nature of zakah and its position in this religions of Islam, it is useful to examine the position of the poor in the class structures of the societies before Islam, the extent of response to their needs, and the care about their Problems in ancient laws and religions. By so doing, one can show how much Islam superseded other religions in its care of the poor and in the establishment of social justice, social insurance, and social solidarity on the strong basis stated in the Book of God and in the Sunnah of His Messenger, (p).
Pauvres dans les civilisations anciennes
Poor in Ancient Civilizations
La pauvreté et le dénuement sont aussi anciens que l'histoire. On peut dire que toutes les communautés humaines comptent des personnes qui réclament la prise en charge des pauvres. La compassion envers les souffrances d'autrui n'a jamais cessé tout au long de l'histoire de l'humanité, et les efforts pour apporter un soulagement et résoudre les problèmes se poursuivent dans toutes les civilisations. Malgré tout cela, la situation des pauvres a été extrêmement mauvaise. Elle a toujours constitué une tache sombre dans l'histoire humaine. Toutes les sociétés ont connu une telle injustice et n'ont pas suivi les conseils humanitaires de leurs philosophes et de leurs prophètes. Un historien évoque en ces termes les relations entre les riches et les pauvres démunis dans les civilisations anciennes : « Dans chaque nation ayant existé sur terre, on pouvait aisément reconnaître deux classes de personnes, les riches et les pauvres.
Poverty and destitution are as old as history. It is fair to say that all human communities have some people who call for the care of the poor. Feeling for others' sufferings never ceased throughout the history of humanity and attempts to provide relief and to solve Problems continue in all civilizations. In spite of all that, the situation of the poor has been extremely bad. It has always been a dark spot in human history. All societies had such injustice and did not follow the humanitarian advice of their philosophers and prophets. One historian talks about the relations between the rich and the deprived poor in ancient civilizations in the following way: "In every nation that existed on earth one could easily recognize two classes of people, the rich and the poor.
La classe riche exerçait le pouvoir et devenait toujours plus riche et plus gonflée d'orgueil tandis que la classe démunie était faible et écrasée jusqu'à terre. Face à cette contradiction, la structure sociale de cette civilisation finirait par s'effondrer, les riches se demandant pourquoi tout se détériorait.1 L'Égypte, dans son histoire ancienne, ressemblait à un paradis divin sur terre, produisant toutes sortes de biens en quantité plus que suffisante pour son peuple, et pourtant ses classes pauvres ne trouvaient même pas la simple subsistance alimentaire, car la classe riche ne leur laissait rien de substantiel. Lorsque la grande famine frappa l'Égypte sous le règne de la XIIe dynastie, les pauvres se vendirent comme esclaves aux riches, qui leur firent subir encore davantage de souffrances. Dans la Babylone antique, la situation était la même. Les pauvres n'avaient aucun droit sur les fruits de leur terre, malgré une production abondante. La Perse antique, la Grèce et d'autres royaumes étaient également semblables. Les pauvres étaient poussés à coups de fouet et de bâton vers les travaux les plus bas, et punis sévèrement, parfois sauvagement massacrés pour la moindre erreur. À Sparte, les riches laissaient aux pauvres des terres rocailleuses et infertiles, de sorte qu'ils vivaient dans la souffrance. À Athènes, les riches vendaient les pauvres comme esclaves lorsqu'ils ne parvenaient pas à payer les taxes qui leur étaient imposées. À Rome, source du droit occidental, les riches dominaient toute la nation, distincts et de haut rang, réduisant les autres au rang d'intouchables en comparaison d'eux. Les pauvres étaient contraints d'obéir, ce qui les poussait souvent à s'enfuir et à chercher leur salut hors de Rome. Comme le décrit Mitchle à propos de l'Empire romain :
La préoccupation des religions pour les pauvres
The Concern of Religions for the Poor
Toutes les religions, y compris les religions d'origine humaine, n'ont pas négligé cette question sociale humanitaire, sans laquelle la fraternité et la qualité de vie ne pourraient être réalisées. Il y a plus de quatre mille ans, à Babylone, Hammourabi, en promulguant la première loi écrite connue sur terre, déclara : « Dieu m'a envoyé pour empêcher les puissants d'opprimer les sujets sans défense, pour guider les hommes et assurer la prospérité des créatures. » Il y a des milliers d'années, dans l'Égypte ancienne, les gens exprimaient le sentiment que c'était leur devoir religieux de donner du pain à celui qui avait faim, un vêtement à celui qui était nu, et un passage sur leurs bateaux à ceux qui étaient incapables, ou d'être un père pour l'orphelin, un époux pour la veuve, et un protecteur pour le rejeté dans le froid de l'hiver.3
All religions, including man-made religions, did not neglect this humanitarian social issue, without which brotherhood and quality of life would not be realized. More than four thousand years ago in Babylon, Hamurabi, in introducing the first known recorded law on earth, stated "God's had sent me to prevent the omnpotents from suppressing the powerless subjects and to guide people and secure prosperity for creatures." Thousands of years ago, people, in ancient Egypt, expressed the sentiment that it was their religious duty to give bread to the hungry, cloth to the naked, and passage on their boats to the incapable, or to be father of the fatherless, husband of the widow, and a protector to the outcast in cold winter.3
Le souci des religions révélées
The Concern of the Heavenly Religions
La voix des religions révélées s'est fait entendre plus fort que celle des autres systèmes laïques en appelant à la sollicitude envers les pauvres et les démunis, car les premières ont eu des effets plus profonds que n'importe quelle philosophie humaine ou loi établie par les hommes. Je ne puis croire qu'un Messager de Dieu ait traversé le monde sans appeler à prendre soin des pauvres, ce qu'on appelle dans le Coran l'aumône obligatoire (Zakah). Dans le Saint Coran, qui est le document révélé le plus authentique qui existe aujourd'hui sur terre, nous trouvons mention des messages d'Ibrahim, d'Ishaq et de Ya'qub. Dieu dit :
The voice of heavenly religions was Iouder in calling for care of the poor and powerless than other secular systems, for the former had deeper effects than any human philosophy or man-made law. I cannot believe any Messenger of God to have passed through the world without calling for the care of the poor, which is called in the Qur'an zakah. In the Holy Qur'an, which is the most authentic heavenly document existing on earth today, we find mention of the messages of Ibrahim, Ishaq, and Ya'qub. God says:
« Et Nous fîmes d'eux des guides qui guident les hommes selon Notre ordre, et Nous leur inspirâmes de faire de bonnes actions, d'accomplir la prière et de donner l'aumône obligatoire (Zakah) ; et ils Nous adoraient constamment. »4 Le message d'Isma'il est décrit ainsi : « Et mentionne aussi dans le récit d'Isma'il, qui fut strictement fidèle à ses promesses. Il était un messager et un prophète, et il ordonna à son peuple la prière et l'aumône obligatoire (Zakah), et il était le plus agréé auprès de son Seigneur. »5 Nous voyons également le pacte des Enfants d'Israël : « Et Nous prîmes un engagement des enfants d'Israël : n'adorer que Dieu, être bienveillants envers vos parents, vos proches, les orphelins et tous les nécessiteux, parler avec droiture aux gens, persévérer dans la prière et donner l'aumône obligatoire (Zakah). Puis vous vous êtes détournés, à l'exception d'un petit nombre parmi vous, et vous avez reculé. »6 Dans un autre verset, ce pacte est décrit ainsi : « Dieu prit jadis un engagement des enfants d'Israël, et Nous désignâmes parmi eux douze chefs. Dieu dit : Je suis avec vous si vous accomplissez la prière, donnez l'aumône obligatoire (Zakah), croyez en Mes messagers, les honorez et les soutenez, et faites à Dieu un beau prêt. Certes, Je effacerai vos mauvaises actions et Je vous ferai entrer dans des jardins où coulent les rivières par-dessous. Mais quiconque d'entre vous, après cela, renie la foi, s'est assurément égaré du droit chemin. »7 Le message de Jésus-Christ est décrit par ses propres paroles alors qu'il n'était qu'un nourrisson dans le berceau : « Et Il m'a enjoint la prière et l'aumône obligatoire (Zakah) tant que je vivrai. » À propos des Gens du Livre en général, Dieu a dit : « Il ne vous a été ordonné que ceci : adorer Dieu, Lui vouant un culte exclusif… »
Notes sur la position des religions à l'égard de la pauvreté
Notes on the Stand of Religions Towards Poverty
Ce sont là de superbes exemples du soin que les religions antérieures portaient aux pauvres et aux nécessiteux, et c'était là l'essence du message des Écritures célestes avant le Coran. Quelques remarques, cependant, doivent être consignées.
These are supreb examples of the care of previous religions toward the poor and the needy and this was the essence of the message of heavenly scripts before the Qur'an. Some observations, however, must be recorded.
Ces textes ne vont pas au-delà de recommandations et d'encouragements à faire preuve de miséricorde envers les pauvres et à se garder de l'égoïsme et de l'avarice. C'est un appel vibrant à la charité volontaire et individuelle.
1. These texts do not go beyond recommendations and encouragement to be merciful toward the poor and wary of selfishness and miserlihood. It is a loud call to voluntary and individual charity.
2. Ces énoncés relatifs à l'aumône ne la rendent pas obligatoire, afin que ceux qui s'abstiennent de faire l'aumône ne ressentent pas qu'ils ont négligé une partie essentielle de leur religion et qu'ils seraient châtiés par Dieu dans cette vie comme dans l'au-delà.
2. These statements on charity do not make it compulsory so that those who abstain from charity do not feel that they have left an essential part of their religion and that they would be punished by God in this life and in the afterlife.
3. Il est laissé à la conscience de l'homme le soin de donner l'aumône : l'État ne reçoit aucune autorité en matière de sa collecte et de sa distribution.
3. It is left to the human conscience to give charity: the state is not given any authority in its collection and distribution.
4. Le montant à donner, les catégories de biens soumis à cette aumône, ainsi que les circonstances et conditions de son accomplissement ne sont pas précisés. Il est donc impossible pour l'État de l'institutionnaliser sur des fondements religieux.
4. The amount that should be given, the kinds of wealth that are subject to give from and circumstances and conditions of the fulfillment of this charity are not specified. This makes it impossible for state to institutionalize it on any religious grounds.
5. La prise en charge des pauvres n'atteint pas le niveau d'une tentative rigoureuse de traiter le problème de la pauvreté, de l'éliminer, d'en tarir les sources ou de transformer les pauvres en propriétaires de biens et de terres. Ces appels se sont limités à atténuer la misère et la souffrance des pauvres.
5. Caring for the poor does not reach the extent of a rigorous attempt to deal with the problem of poverty, to eliminate it, to dry its sources or to transform the poor into property owners and landowners. These calls ended at attenuation of the misery and suffering of the poor.
La bienveillance de l'Islam dans le traitement du problème de la pauvreté
The Benevolence of Islam in Dealing with Problem of Poverty
L'islam se distingue sans précédent par l'étendue de sa sollicitude envers les pauvres et par son zèle à résoudre le problème de la pauvreté, qu'il s'agisse de directives et de recommandations qui exhortent les musulmans à faire preuve de miséricorde envers les pauvres, de législation et de lois, ou de mise en œuvre et d'application concrète.
Islam is unprecedented in the extent of its care for the poor and its zest to solve the problem of poverty whether through directives and recommendations that exhort Muslims to have mercy on the poor, by means of legislation and laws, or through implementation and application.
Le soin accordé aux pauvres dans le Coran durant la période mecquoise
The Care Provided in the Qur'an for the Poor in the Makkan Period
Il est manifeste que, dès les premiers mois de la période mecquoise, alors que les musulmans n'étaient qu'une poignée d'hommes et de femmes empêchés de pratiquer et d'appeler à cette nouvelle religion, et ne constituaient pas encore une entité politique, l'aspect social humain de l'islam, qui consiste à se soucier des pauvres et des démunis, était fortement présent. Ce concept est exprimé dans le Coran par « nourrir le pauvre », « dépenser de ce que Dieu a accordé en subsistance », « un droit pour celui qui demande et pour le démuni qui ne demande pas », ou encore « un droit pour le dénué de ressources et le voyageur », et parfois le terme « acquitter l'aumône obligatoire (Zakah) » est employé.
It is apparent that as early as the first few months of the Makkan period when Muslims were still a handful of men and women prevented from practicing and calling for this new religion and not constituting a political entity, that the humane social aspect of Islam -- caring about the poor and the destitute, was highly evident. This concept is expressed in the Qur'an as "feeding the poor", "spending of the sustenance that God has provided", "a right to he who asks and to the deprived who does not ask", or "a right to the destitute and the wayfarer", and sometimes, the term "establishing zakah", is used.
Il suffit de lire dans les sourates mecquoises les grands versets suivants :
It suffices to read in the Makkan suras the following great verses:
Nourrir les pauvres est une exigence de la foi
Feeding the Poor is a Requirement of Faith
Dans la sourate Al-Muddathir, l'une des toutes premières révélations du Coran, on voit une scène du jour du Jugement. Les gens du bien, dans leurs jardins célestes, interrogent les mécréants et les menteurs, que les feux de l'Enfer encerclent, sur les raisons de leur châtiment. Parmi ces raisons figurent la négligence envers les droits des pauvres, le fait de les laisser être frappés par la faim, la nudité et la souffrance, et le fait de détourner son visage d'eux.
In sura al Muddathir, one of the very early revelations of the Qur'an, we see a scene from the day of judgment. The righteous people in their heavenly gardens inquire of the dis-believers and liars whom the fires of Hell encompasses, what were the reasons for their punishment. Among those reasons are neglecting the rights of the poor, letting him be beaten by hunger, nakedness, and suffering, and turning their faces away from him.
Dieu dit : « Toute âme sera tenue pour responsable de ses actes, excepté les gens de la droite, qui seront dans des jardins de délices. Ils s'interrogeront mutuellement, et demanderont aux criminels : "Qu'est-ce qui vous a menés dans le Feu ?" Ils diront : "Nous n'étions pas de ceux qui priaient, et nous ne nourrissions pas le pauvre, mais nous nous engagions dans des discours vains avec ceux qui tenaient des propos vains, et nous traitions de mensonge le Jour du Jugement."10 Semblable à nourrir le pauvre est le fait de le vêtir, de l'abriter et de lui fournir le nécessaire. Dans la sourate al-Qalam, Dieu raconte l'histoire de ceux qui possédaient un jardin et en cueillaient les fruits pendant la nuit, afin d'empêcher les pauvres et les nécessiteux qui venaient le jour de la récolte de recevoir une part de l'aumône. C'est pour cela que Dieu leur envoya un châtiment rapide. Les versets disent : "Alors un fléau venant de ton Seigneur s'abattit sur le jardin, tandis qu'ils dormaient, et il fut détruit ; au matin, le jardin était comme une terre noire et désolée, dont les fruits avaient été cueillis. Au point du jour, ils s'appelèrent les uns les autres : "Allez de bon matin à votre champ, si vous voulez cueillir les fruits", et ils partirent en se parlant à voix basse : "Qu'aucun pauvre ne pénètre aujourd'hui chez vous dans le jardin", et ils se levèrent de bonne heure, résolus à en priver les pauvres. Mais quand ils virent le jardin, ils dirent : "Nous nous sommes certainement égarés. Non, nous sommes privés du fruit de notre travail." L'un d'eux, le plus juste, dit : "Ne vous avais-je pas dit : pourquoi ne glorifiez-vous pas Dieu ?" Ils dirent : "Gloire à notre Seigneur, nous avons vraiment été injustes." Puis ils se reprochèrent mutuellement. Ils dirent : "Malheur à nous, nous avons certainement transgressé. Peut-être notre Seigneur nous donnera-t-il en échange un jardin meilleur que celui-ci, car nous revenons à Lui repentants." Tel est le châtiment dans cette vie, mais le châtiment de l'au-delà est plus grand, s'ils le savaient. »11
Encouragement à prendre soin des indigents
Encouragement to Take Care of the Indigent
Les versets mecquois ne se concluaient pas par un appel à la miséricorde envers les indigents, par une incitation à les soutenir et à subvenir à leurs besoins, ni par la mise en garde contre la négligence ou la dureté à leur égard. Les versets mecquois allaient plus loin : ils considéraient que chaque croyant a un devoir envers le nécessiteux, c'est-à-dire que les croyants doivent exhorter autrui à venir en aide aux pauvres. Le Coran considérait le fait de s'abstenir d'encourager autrui à secourir les nécessiteux comme une caractéristique liée à l'incroyance en Dieu, qui entraîne Sa colère et Son châtiment dans l'au-delà. Dieu (s)
The Makkan verses did not concluded by calling for mercy on the indigents, encouraging and providing for their needs, and making it fearful to neglect or be harsh to them. The Makkan verses went farther, in considering that on each believer there is a duty to the indigent, i.e., believers should urge others to help the poor. The Qur'an considered abstention from encouraging others to aid the needy a feature related to disbelief in God, that implicates His resentmen and punishment in the Hereafter. God (s)
Dans la sourate al-Haqqah, il est dit : « Et celui à qui son livre sera remis de la main gauche dira : "Ah, si seulement on ne m'avait pas remis mon livre, et si je n'avais jamais su quel était mon compte ! Ah, si seulement la mort avait tout achevé ! Ma fortune ne m'a servi à rien, mon pouvoir a disparu de moi." »12 Puis Dieu, le Seigneur des mondes, rend Son juste jugement en châtiment de ceux qui le méritent : « Saisissez-le et jetez-le dans le feu ardent ; puis enchaînez-le dans une chaîne dont la longueur est de soixante-dix coudées. »12 La raison de son châtiment et de son humiliation aux yeux des témoins est : « C'était lui qui ne croyait pas en Dieu, le Très-Haut, et qui n'encourageait pas à nourrir le pauvre et le nécessiteux. »12 Ces versets, qui promettent si fortement le châtiment de ceux qui n'encouragent pas à nourrir les nécessiteux, ont tellement motivé le compagnon Abu al-Darda' qu'il dit à son épouse : « Ô Umm al-Darda', Dieu possède une chaîne qui bout dans le Feu ardent depuis que Dieu a créé l'enfer, et elle y demeurera jusqu'à ce qu'elle soit jetée sur les cous des gens ; Dieu nous a épargné la moitié de sa douleur en nous amenant à croire en Lui, le Très Grand. Encourage donc à nourrir les pauvres, ô Umm al-Darda' » (afin de remplir l'autre condition mentionnée dans le verset ci-dessus).13 Avant le Coran, le monde n'avait jamais connu d'écrit qui considère l'abstention d'encourager la prise en charge des nécessiteux comme un péché pouvant conduire l'abstinent en Enfer. Dans la sourate al-Fajr, Dieu interpelle les gens des âges préislamiques qui prétendent avoir une religion qui les rapproche de Dieu et s'accrochent aux vestiges de la religion d'Ibrahim : « Non, mais vous n'honorez pas les orphelins, et vous n'encouragez pas les uns les autres à nourrir le pauvre. »14 S'encourager mutuellement est un appel adressé à toute l'humanité pour coopérer et se soutenir dans la prise en charge des pauvres.
Le droit de celui qui demande, de celui qui ne demande pas, du pauvre et du voyageur
The Right of He Who Asks, He Who Does Not, The Destitute and the Wayfarer
Dans la sourate al-Dhariyat, Dieu mentionne les croyants sincères qui méritent les jardins du paradis. L'une de leurs caractéristiques les plus évidentes est : « dans leurs biens, il y a un droit pour celui qui demande et pour celui qui est privé 20 ». Celui qui n'a aucune richesse propre, ni moyen de gagner sa vie, ni métier pour subsister, a lui aussi un droit. Ces croyants sincères ont compris que leurs biens ne sont pas destinés à leur seul usage. Ils ont compris qu'une part de ces biens appartient en réalité aux nécessiteux, non pas comme un don charitable accordé avec condescendance, mais comme un droit clairement établi, sans humilité de la part du bénéficiaire ni orgueil de la part de celui qui donne. Dans la sourate al-Ma'arij, cette même caractérisation est reprise, avec une légère différence dans la scène décrite. Elle est évoquée à propos des croyants qui ont triomphé, par la force de leur foi et de leur sens éthique, de la faiblesse de l'être humain : « Certes, l'homme a été créé très impatient, angoissé lorsque le mal le touche, et avare lorsque le bien lui parvient. Non, ceux qui s'acquittent de la prière, qui persévèrent dans leur prière, et dans les biens desquels il y a un droit connu pour celui qui demande et pour celui qui est privé 21 ». Ici, le droit sur leurs biens est décrit comme connu et bien défini. Cela a conduit certains savants à affirmer que ce verset se réfère à la zakat, parce qu'elle est le droit connu et bien défini sur les biens des riches. Il est toutefois établi que cette sourate est mecquoise, alors que la zakat, telle que définie dans la charia, a été prescrite à Médine, comme nous le verrons plus loin. Ce droit connu et bien défini ne peut donc être autre chose qu'une part mise de côté par les croyants sur leurs biens, destinée à celui qui demande et au démuni 22. La différence entre ce droit et la zakat est donc la suivante : il s'agit d'une portion déterminée par les croyants eux-mêmes et mise de côté par leur propre initiative, alors que la aumône obligatoire (Zakah) est définie et déterminée par la charia. Dans la sourate al-Isra, Dieu dit : « Accorde à ton proche son droit, ainsi qu'au pauvre et au voyageur, mais ne gaspille pas tes biens de façon dissipée. »23 Et dans la sourate ar-Rum : « Donne donc ce qui est dû au proche, au besoin et au voyageur. C'est meilleur pour ceux qui recherchent la face de Dieu. »24 Par ces paroles, le Coran a ancré dans la conscience des musulmans, dès la période mecquoise, l'idée que les proches et les nécessiteux ont des droits bien définis sur les biens du croyant. Il ne s'agit pas d'une simple charité volontaire que celui-ci peut acquitter ou laisser de côté selon son bon plaisir.
In sura al Dhariyat, God mentions sincere believers that deserve the gardens of heaven. One of their most obvious characteristics is "in their wealth there is a right for he who asks and he who is deprived."20 He who has no wealth of his own, nor means of earning, nor a profession to live on, has also a right. Those sincere believers have realized that their wealth is not only for their own use. They have realized that part of it belongs, in fact to the needy, not as a charitable gift given with condescendence but as a clear-cut right, without humbleness on the part of the receiver or pride on the part of the payer. In sura al Ma'arij, this same characterization is repeated with a slight difference in the scene pictured. It came with reference to the characters of the believers who have overcome by the strength of their faith and sense of ethics, the weakness of the human being, "Truly, man was created very impatient, fretful when evil touches him and niggardly when good reaches him. Not so those devoted to prayer, those who remain steadfast in their prayer, and in whose wealth is a recognized right for the needy who asks and he who is prevented."21 Here the right on their wealth is described as recognized and well-defined. This led some scholars to state that this verse refers to zakah because it is the recognized, well-defined right on the wealth of the rich. It is known however that this sura is Makkan while zakah as defined in Shari'ah was prescribed in Madinah, as we shall see later. This recognized and well-defined right could not be anything except a part put aside by the believers out of their wealth to be given to he who asks and to the deprived.22 The difference therefore, between this right and zakah is that this is a portion determined by the believers themselves and put aside by their own action, while zakah is defined and determined by Shari'ah. In Suras al 'Isra God says "And render to the kindred their due rights and also to those in want and to the wayfarer but squander not your wealth in the manner of a spendthrift."23 And in al Rum "so give what is due to kindred, the needy and the wayfarer. that is best for those who seek the continence of God."24 By these statements Qur'an instilled in the being of Muslims as early as the Makkan period that kindred and those who are in need have well-defined rights on the believer's funds. It is not a mere voluntary charity which he can pay or refrain from paying according to whim.
Le droit dû sur les récoltes au moment de la moisson
The Due Right On Crops at the Time of Harvest
Dans la sourate al-An'am, Dieu dit : « C'est Lui qui produit des jardins en treilles et sans treilles, les palmiers et les champs aux récoltes variées, les oliviers et les grenadiers, semblables et dissemblables. Mangez de leurs fruits lorsqu'ils donnent du fruit, et acquittez-vous de leur droit le jour de la moisson, mais ne gaspillez pas, car Dieu n'aime pas les gaspilleurs. »25 Dieu attire l'attention de Ses serviteurs sur le fait qu'il existe un droit prescrit sur les fruits de la terre. Ce droit doit être acquitté le jour de la récolte.
In sura al An'am God said, "It is He who produceth gardens with trellises and without, and palm-trees and tilth with produce of all kinds, and olives and pomegranates similar in kind and different in variety, eat of their fruit in their season but render the dues that are proper on the day the harvest is gathered but waste not by excess for God loves not the waster."25 God brings to the attention of His servants that there is a prescribed right on the fruits of earth. This right should be paid on the day of harvest.
Sa'id bin Jubair a relevé qu'« avant la révélation de la zakah, une personne était tenue de donner une part de ses récoltes aux orphelins et aux indigents ». Ce droit n'était pas fixé à un dixième ni à la moitié d'un dixième. Il était laissé à la sincérité du cultivateur et selon le besoin des indigents. Plus tard, à Médine, le Messager de Dieu ﷺ fixa le taux de ce droit en le rendant égal à un dixième ou à la moitié d'un dixième sur les récoltes qui dépassent cinq wasq. Certains commentateurs ont vu dans cette décision du Prophète ﷺ une explication des redevances sur les céréales et les fruits, comme nous le verrons plus loin dans ce livre.
Sa'id bin Jubair noted that "before zakah was revealed, a person was required to give out of the crops to orphans and indigents." This is a right that is not determined to be one-tenth or one half of a tenth. It is left to the sincerity of the farmer, and according to the need of the indigents. Later in Madinah the Messenger of God, (p), determined the rate of this right by making it one-tenth or one half of a tenth on crops that are in excess of five wasq. Some commentators found in this action of the Prophet an explanation of the dues on crops and fruit as we shall discuss later in this book.
Paiement de l'aumône obligatoire (Zakah) à La Mecque
Payment of Zakah in Makkah
Il existe de nombreux exemples, dans les versets mecquois, de la prescription d'un droit reconnu sur les biens en faveur des pauvres et des indigents, afin que ceux-ci ne soient pas délaissés au sein de la communauté musulmane. À cela s'ajoutent des versets louant ceux qui s'acquittent de ce droit, et blâmant ceux qui le négligent. Dans la sourate Ar-Rum, Dieu établit une comparaison entre l'effet de l'usure (Riba), qui semble accroître la richesse alors qu'elle la réduit en réalité, et l'effet de l'aumône obligatoire (Zakah), qui semble diminuer la richesse alors qu'elle la fait en réalité croître davantage.
There are many examples of the provision of the Makkan verses for the poor and destitute in assigning them a recognized right on funds so they may not be lost in the Muslim community. This was crowned by verses offering praise for those who pay it, and vituperation for those who neglect it. In sura al Rum, God holds a comparison between the effect of riba, which seems to increase wealth while it in fact shrinks it, and the effect of zakah which seems to reduce wealth while it in fact, makes It grow best.
Dieu dit : « Donne donc ce qui est dû au proche, au nécessiteux et au voyageur. Cela est meilleur pour ceux qui recherchent la face de Dieu, et ce sont eux qui réussiront. Ce que vous prêtez à usure (Riba) pour qu'il s'accroisse aux dépens de la pauvreté d'autrui n'aura aucun accroissement auprès de Dieu, mais ce que vous donnez en aumône obligatoire (Zakah), en recherchant la face de Dieu, celui-là s'accroîtra ; ce sont eux qui recevront une récompense multipliée. »26
God says, "So give what is due to kindred, the needy, and the wayfarer. That is best for those who seek the countenance of God and it is they who will prosper. That which you lend in riba for increase throughout the poverty of other people will have no increase with God but that which you lay out for zakah, seeking the countenance of God, will increase, it is they who will get the recompense multiplied."26
Au début de la sourate an-Naml, Dieu décrit les croyants pour qui Il a fait de Son livre un guide et une bonne nouvelle comme « ceux qui accomplissent la prière, qui s'acquittent de l'aumône obligatoire (Zakah) et qui ont une pleine certitude quant à la vie future ».27 En reliant le fait de s'acquitter de l'aumône obligatoire (Zakah) à l'accomplissement de la prière, on trouve une indication claire que ce qui est visé ici est la Zakah prescrite sur les biens. Au début de la sourate Luqman, Dieu dit : « Le Livre est un guide et une miséricorde pour les bienfaisants, ceux qui accomplissent la prière, qui s'acquittent de l'aumône obligatoire (Zakah) et qui ont au fond de leurs cœurs la certitude de la vie future ».28 Dans la sourate al-Mu'minun, Il décrit les croyants comme « ceux qui s'acquittent de l'aumône obligatoire (Zakah) ».29 Dans la sourate al-A'raf, en racontant l'histoire de Moïse et de son peuple, Dieu dit : « Mais Ma miséricorde s'étend à toute chose. Je la prescrirai à ceux qui font le bien, qui s'acquittent de l'aumône obligatoire (Zakah) et qui croient en Nos signes, à ceux qui suivent le Messager, le Prophète illettré ﷺ »30, et en décrivant les mécréants, Dieu mentionne « ceux qui ne s'acquittent pas de l'aumône obligatoire (Zakah) et qui nient même la vie future ».31
Zakah dans la période mecquoise prend une forme non définie
Zakah In The Makkan Period Takes an Undefined Form
La zakat qui est mentionnée dans les versets mecquois revêtait la forme générale de dons volontaires. Elle n'a pas pris les définitions précises que nous lui connaissons aujourd'hui avant d'être prescrite à Médine, lorsque les taux, le minimum exempté et les biens soumis à la aumône obligatoire (Zakah) ont été déterminés. C'est alors qu'on a envoyé des collecteurs et des distributeurs de aumône obligatoire (Zakah) pour recenser tous les musulmans, percevoir la aumône obligatoire (Zakah) et la répartir, et que l'État est devenu responsable de la aumône obligatoire (Zakah) en tant qu'institution. À La Mecque, la aumône obligatoire (Zakah) était laissée à la foi et aux sentiments fraternels des individus, et le montant à verser n'était pas déterminé.
The zakah which is mentioned in Makkan verses was in the general form of voluntary payments. It did not take the specific definitions as we know it now until it was prescribed in Medina when the rates, minimum exempt, and funds subject to zakah were determined. That is when zakah collectors and distributors were sent to survey all Muslims and to collect zakah and distribute it, and when the state became responsible for zakah as an institution. In Makkah zakah was left to the faith and the brotherly feelings of individuals, and the amount that was to be paid was not determined.
Certains savants déduisent des termes coraniques des versets mecquois, tels que « le droit du démuni », « le droit de celui qui demande et de celui qui est privé », « un droit reconnu », qu'à La Mecque il revenait au Prophète ﷺ de fixer les montants de l'aumône obligatoire (Zakah) sur les biens des musulmans.36 Mais une telle déduction n'est étayée par aucun rapport selon lequel le Prophète ﷺ l'aurait fait, alors qu'il existe au contraire des rapports qui disent le contraire.
Some scholars infer from the Qura'nic terms of the Makkan verses like: "destitute's rights", "right for he who asks and he who is deprived", "a recognized right", that in Makkah it was left to the Prophet, (p) to determine the amounts of zakah on the funds of Muslims.36 But such inference is not supported by any reports that the Prophet did so, while there are reports to the contrary.
Il semble qu'à La Mecque il n'y ait pas eu besoin d'une détermination particulière, car les musulmans persécutés sacrifiaient alors tout ce qu'ils possédaient, y compris leur propre vie.
It seems that in Makkah there was no need for any specific determination because persecuted Muslims were then sacrificing all they had including their own lives.
Cependant, les montants peuvent être déterminés par les payeurs de la zakah, comme le rapportent certains commentateurs. Al-Hafiz Ibn Kathir dit dans son commentaire de la sourate al-Mu'minin au sujet de ceux qui s'acquittent de la zakah : « L'avis de la majorité est que ce qui est visé ici est la zakah sur les biens, bien que le verset soit mecquois, alors que la zakah fut prescrite à Médine la deuxième année de l'émigration (Hijrah). » Apparemment, la deuxième année de l'émigration (Hijrah), la zakah fut prescrite sous sa forme précise, avec des pourcentages et un minimum exempté, tandis que le principe de la zakah fut donné à La Mecque, comme dans le verset de la sourate al-An'am : « et acquittez son dû le jour de sa récolte ».37 Ce que Ibn Kathir considère comme le sens évident est appuyé par les nombreux versets mentionnés précédemment.
La aumône obligatoire (Zakah) durant la période médinoise
Zakah in the Madinan Period
À Médine, la communauté musulmane avait édifié sa propre société, son pouvoir politique et un État. Ce n'était pas le cas à La Mecque. Par conséquent, les prescriptions islamiques prirent une forme nouvelle, adaptée à cette étape. Ces prescriptions devinrent alors des lois et règlements précis et bien définis, alors qu'à La Mecque elles étaient des orientations et des conseils généraux. L'autorité de l'État pouvait désormais être mise à contribution pour l'exécution de ces prescriptions, en plus de la motivation de la foi. Les caractéristiques de cette nouvelle époque médinoise apparaissent clairement dans le traitement de l'aumône obligatoire (Zakah). La loi détermine les types de biens soumis à l'aumône obligatoire (Zakah), les conditions de son obligation, ses taux et ses proportions, ainsi que les domaines de répartition de ses recettes, de même que l'institution qui organise et administre l'aumône obligatoire (Zakah).
In Madina , Muslims community had constructed their own society, political power and a state. This was not so in Makkah. Consequently, Islamic requirements took a new form that was suitable to this stage. These requirements now became specific and well-defined laws and regulations, while they were, in Makkah, general directions and advices. The authority of the state could now be counted on in the execution of these requirements, in addition to the motivation of faithfulness. The characteristics of this new Madinan era are clear in the treatment of zakah. The law determines the kinds of wealth on which zakah is required, the conditions for its obligation, its percentages and ratios, and the areas of dispersement of its receipts, as well as the institution that organizes and administers zakah.
Les versets médinois imposent l'obligation de l'aumône obligatoire (Zakah) et en définissent les règles
Madinan Verses Impose The Obligation of Zakah and Delineate Its Rules
Dans les sourates médinoises, il existe une directive très claire concernant le paiement de la aumône obligatoire (Zakah), qui est soulignée de différentes manières, comme dans la sourate al-Baqarah : « et accomplissez la prière et acquittez la aumône obligatoire (Zakah) ».38 Les versets médinois sur la aumône obligatoire (Zakah) sont trop nombreux pour être tous cités ici ; j'ai donc choisi la sourate at-Tawbah (le repentir (Tawbah)) à titre d'exemple, une sourate qui fait partie des dernières révélations.
In Madinan suras, there is a very clear directive for the payment of zakah which is emphasized in different styles as in sura al Baqarah, "and establish prayers and practice zakah."38 Madinan verses on zakah are too numerous to list here, therefore I have selected sura al Tawbah as an example, a sura which is among the latest revelations.
Sourate al-Tawbah, un exemple de sourates médinoises au sujet de l'aumône obligatoire (Zakah)
Sura al Tawbah an Example of Madinan Suras About Zakah
À l'ouverture de cette sourate, les versets évoquent le combat contre les mécréants qui ont rompu leurs engagements envers le Prophète ﷺ, en précisant : « S'ils se repentent, accomplissent la prière et acquittent l'aumône obligatoire (Zakah), alors laissez-leur le champ libre, car Dieu est Celui qui pardonne à profusion, le Très Miséricordieux. »39
A. At the outset of this sura, the verses speak of fighting unbelievers who broke their covenants with the Prophet, stating "but if they repent and establish prayers and practice zakah, then open the way for them, for God is oft forgiving, most merciful."39
Ainsi, trois conditions sont posées pour mettre fin aux combats contre les païens : premièrement, la repentance du paganisme. Il s'agit de témoigner qu'il n'y a de divinité que Dieu et que Muhammad ﷺ est le messager de Dieu. Deuxièmement, l'accomplissement de la prière, qui est la caractéristique de la foi et le plus grand pilier de l'islam, le critère qui distingue les musulmans des non-musulmans, le lien spirituel entre tous les musulmans. Troisièmement, la pratique de l'aumône obligatoire (Zakah), prescrite sur les biens des riches au profit de ceux qui sont dans le besoin, pour l'intérêt commun de toute la communauté. Elle constitue le lien politique, social et financier entre tous les musulmans.
Thus three conditions are set to bring an end to fighting with pagans: Firstly, repentance from paganism. This is, bearing witness that there is no deity but God and Muhammad is the messenger of God. Secondly, the establishment of prayer, which is the characteristic of faith and the greatest pillar of Islam, the criteria on that distinguishes Muslims from non-Muslims, the spiritual bond among all Muslims. Thirdly, the practice of zakah, prescribed on the funds of the rich for those who are in need, for the common benefit of the whole community. It is the political, social, and financial bond among all Muslims.
B. Après six autres versets, Dieu parle encore d'un autre groupe d'incroyants :
B. After another six verses, God speaks about yet another group of nonbelievers:
« Mais malgré cela, s'ils se repentent, accomplissent la prière et s'acquittent de l'aumône obligatoire (Zakah), ce sont vos frères dans la foi. Ainsi exposons-nous en détail les signes pour ceux qui comprennent. »40 La conversion de l'incroyance pour devenir membre de la communauté musulmane ne peut se faire sans le repentir d'avoir associé des associés à Dieu, l'établissement de la prière, par laquelle tous les musulmans partagent la soumission à Dieu, et l'acquittement de l'aumône obligatoire (Zakah), par laquelle les musulmans s'entraident et établissent une solidarité socio-économique. Les savants, dès l'époque des Compagnons, relèvent une question importante dans le style coranique, à savoir l'association continue de l'aumône obligatoire (Zakah) et de la prière. L'une n'est que rarement mentionnée sans l'autre.
La sunna confirme les détails des directives générales du Coran
Sunnah Affirms Details to the General Directives of the Qur'an
Le Coran, en tant que principale charte de l'islam et sa référence fondamentale, ne donne généralement que les principes majeurs, sans détails minutieux, sauf dans quelques domaines où l'on craint une mauvaise compréhension. La sunna est la manifestation pratique du Coran. Elle explique, donne des détails, précise la portée et les modalités des versets généraux du Coran, conformément à la compréhension que Dieu a accordée à Son Messager. Dieu dit : « Et Nous t'avons révélé le Rappel, afin que tu expliques clairement aux gens ce qui leur a été révélé. »59
The Qur'an, as the main charter of Islam, and its basic reference, gives usually only the main principles without minute details except in a few areas where there is fear of misconception. Sunnah is the practical manifestation of the Qur'an. It explains, gives details, provides the scope and the specifications of the general verses of the Qur'an, in accordance with the understanding given by God to His Messenger. God says, "And we have sent unto thee the message, that thou mayest explain clearly to mankind what is sent for them."59
En ce qui concerne l'aumône obligatoire (Zakah), la sunna a incontestablement affirmé son caractère obligatoire dès la période mecquoise. Ja'far bin Abi Talib, informant le roi d'Éthiopie au sujet du Prophète ﷺ au nom des émigrants musulmans, déclara : « Il nous ordonne de prier, de verser l'aumône obligatoire (Zakah) et de jeûner. »60 Ceci fait référence aux concepts généraux, ainsi qu'à l'aumône obligatoire (Zakah) spécifiquement prescrite.
As far as zakah is concerned, Sunnah undeniably asserted its obligation as early as the Makkan period. Ja'far bin Abi Talib, informing the king of Ethiopia about the Prophet on behalf of the Muslim migrants, said, "And he ordains us to pray, pay zakah, and fast."60 This is a reference to the general concepts, and the specific obligated zakah.
À Médine, l'occasion était offerte à la sunna de détailler l'aumône obligatoire (Zakah), son minimum exonéré, ses taux, ses conditions, son rôle et son importance dans la vie des musulmans, ainsi que des exemples pratiques de la mise en œuvre de ce pilier majeur de l'islam.
In Madinah, the opportunity was open for Sunnah to give details of zakah, its minimum exempt, its ratios, its conditions and its role and importance in the life of Muslims, as well as practical examples of the execution of this major tenet of Islam.
La sunna détermine les modalités de l'aumône obligatoire (Zakah)
Sunnah Determines Specifications of Zakah
minimum exempt de chacun d'entre eux, ainsi que les taux applicables. La sunna a également donné les détails des catégories qui reçoivent l'aumône obligatoire (Zakah). « Cette section est consacrée à la recherche de l'histoire de l'obligation de l'aumône obligatoire (Zakah) en tant que devoir défini. »
minimum exempt of each of them, and the applicable rates. Sunnah also gave the details of the categories that receive zakah."This section is devoted to finding out the history of the obligation of zakah as a defined due.
Nous savons que le principe général de l'aumône obligatoire (Zakah) a été prescrit à La Mecque sans que ses détails ne soient fixés. C'est ce que je crois le plus raisonnable et le plus acceptable, en accord avec de nombreux savants, puisque cela est indiqué par de nombreux versets du Coran et de nombreuses paroles du Messager ﷺ. D'ailleurs, il a été montré précédemment que les sourates médinoises ont insisté sur cette obligation et en ont donné certaines définitions et certains détails.
We know that the general principle of zakah was prescribed in Makkah without determination of its details. This is what I believe most reasonable and acceptable, in accordance with many scholars, since it is indicated by many verses of the Qur'an and many sayings of the Messenger. Moreover it was shown earlier that Madinan suras emphasized this obligation and gave some of the definitions and details of zakah.
La sunna s'est chargée de préciser les modalités minutieuses déterminant les catégories de biens soumises à la zakat, les taux de la zakat et les méthodes de perception. La question de la détermination de l'année exacte où la zakat, en ce sens précis, fut prescrite trouve sa réponse durant la période médinoise.
Sunnah took the task of delineating the minute specifications determining zakatable kinds of wealth, percentages of zakah, and methods of collection. The question of determining the exact year in which zakah in this specific sense was prescribed finds an answer during the Madinan period.
Il est largement reconnu que la zakat (aumône obligatoire) a été rendue obligatoire la deuxième année après l'hégire. On dit que la zakat a été prescrite avant que le jeûne du ramadan ne soit prescrit. Nawawi l'a souligné dans le chapitre sur la siyar (autobiographie) de son livre al-Rawdah.
It is overwhelmingly recognized that zakah was made compulsory in the second year after migration. It is said that zakah was prescribed before the fasting of Ramadan was prescribed. Nawawi pointed this out in the chapter on siyar (autobiography) of his book al Rawdah.
D'autre part, il est rapporté de manière authentique par Ahmad Ibn Khuzaymah, al Nasai, Ibn Majah et Al Hakim, de Qays bin Sa'id bin Ubadah, qu'il a dit : « Le Messager de Dieu ﷺ nous a ordonné de verser la sadaqah de al Fitr (aumône obligatoire de rupture du jeûne) avant que la zakah ne soit révélée. Par la suite, l'obligation de la zakah a été révélée. » Al Hafiz a noté que la chaîne de transmission de ce propos est correcte. Ce propos montre que l'obligation de l'aumône obligatoire de rupture du jeûne a précédé celle de la zakah ordinaire. Par conséquent, la zakah aurait été rendue obligatoire après le jeûne du ramadan.62 Il n'est toutefois pas contesté que le jeûne du ramadan a été rendu obligatoire après l'émigration (Hijrah), puisque le verset qui en parle est incontestablement médinois.62 Ibn al Athir, dans son Histoire, affirme que la zakah a été rendue obligatoire la neuvième année de l'émigration (Hijrah). Cela est appuyé, selon certains, par le récit de Tha'labah bin Hatib, qui rapporte : « Lorsque le verset sur la sadaqah fut révélé, le Prophète ﷺ envoya un collecteur prélever la zakah auprès de Tha'labah. Il répondit : "Ce n'est apparemment rien d'autre qu'une capitation (Jizyah) ou la sœur de la capitation." La capitation (Jizyah) fut rendue obligatoire la neuvième année de l'émigration (Hijrah), la zakah doit donc se situer à peu près à la même époque. L'auteur de Fath al Bari a dit : « Ce propos est faible et ne constitue pas un argument. »63
1. Le regretté savant Muhammad Farid Wajdi, auteur de l'Encyclopédie du vingtième siècle et, pendant de nombreuses années, rédacteur en chef de la Revue d'al-Azhar. Son livre « L'Islam, une religion universelle et éternelle » est cité ci-dessus, pp. 179-181, première édition.
1. The late scholar Muhammad Farid Wajdi, author of the Encyclopedia of the Twentieth Century and for many years editor of the al Azhar Review. His book Islam a Universal and Eternal Religion, is quoted above, pp 179-181, first print.
2. Ibid.
2. Ibid.
3. Extrait d'une conférence du Dr Karl Schobens, séminaire sur les sciences sociales, troisième session, p. 546.
3. from a lecture by Dr. Karl Schobens in the Seminar on Social Studies, third session, p 546.
4. Sourate al-Anbiya', 21:73.
4. Sura al Anbiya', 21:73.
5. Sourate Maryam, 19:54.
5. Sura Maryam, 19:54.
6. Sourate al-Baqara, 2:83.
6. Sura al Baqara, 2:83.
7. Sourate Al-Ma'idah, 5:12.
7. Sura al Ma'idah, 5:12.
8. Sourate Maryam, 19:31.
8. Sura Maryam, 19:31.
9. Sourate Al-Bayyina, 98:5.
9. Sura al Bayinah, 98:5.
10. Sourate al-Muddaththir, 74:38-46.
10. Sura al Muddaththir, 74:38-46.
11. Sourate Al-Qalam, 68:19-33.
11. Sura al Qalam, 68:19-33.
12. Sourate Al-Haqqah, 69:25-29 et 30-34.
12. Sura al Haqqah, 69:25-29 and 30-34.
13. Al Amwal, p. 350.
13. Al Amwal, p. 350.
14. Sourate al-Fajr, 89:17-18.
14. Sura al Fajr, 89:17-8.
15. Le commentaire de la trentième partie (juz') du Coran, p. 83, Misr Press.