4.1 Chapitre premier Les pauvres et les nécessiteux
4.1 Chapter One The Poor And The Needy
Les pauvres et les nécessiteux sont les deux premières catégories des bénéficiaires de l'aumône obligatoire (Zakah) mentionnées dans la sourate Tawbah, ce qui montre que le premier objectif de l'aumône obligatoire (Zakah) est d'éliminer la pauvreté et le dénuement de la société. Cet objectif, étant le plus important, est parfois mentionné seul dans certains hadiths, comme le hadith rapporté par Mu'adh, lorsque le Prophète ﷺ l'envoya au Yémen : « Informe-les que Dieu leur a prescrit une aumône (Sadaqah), prélevée sur les riches d'entre eux et distribuée aux pauvres d'entre eux. »
The poor and the needy are the first two categories of zakah deservants mentioned in sura al Tawbah, which illustrates that the first target of zakah is to eliminate poverty and destitution from society. This purpose of zakah, being the most important, is mentioned alone in some sayings, such as the saying narrated by Mu'adh, when the Prophet sent him to Yemen: "Inform them that God has prescribed on them a sadaqah, taken from the rich among them and rendered to the poor among them."
Définitions du pauvre et du nécessiteux
Definitions of the poor and needy
Abu Yusuf, le disciple d'Abu Hanifah, et Ibn al-Qasim, le disciple de Malik, estiment que les pauvres et les nécessiteux forment une seule et même catégorie.1 La majorité des savants ne partagent pas cet avis. En effet, les pauvres et les nécessiteux sont deux sous-ensembles d'une même catégorie. Les juristes et les exégètes du Coran divergent quant au sens précis de « les pauvres » et « les nécessiteux », surtout lorsque les deux termes sont mentionnés ensemble. Beaucoup de savants soutiennent que ces deux mots sont liés entre eux, de sorte que si l'un des deux est mentionné, il englobe les deux, mais que lorsqu'ils sont mentionnés ensemble dans une même phrase, ils portent des sens légèrement différents. Dans le verset « Les aumônes (Sadaqah) sont destinées uniquement aux . . . . », les deux termes apparaissent ensemble.
Abu Yusuf, the disciple of Abu Hanifah, and Ibn al Qasim, the disciple of Malik, believe the poor and the needy are one category.1 The majority of scholars disagree. In fact, the poor and the needy are two subsets of one category. Jurists and commentators on the Qur'an differ as to the specific meaning of "the poor" and "the needy", especially when the two words are mentioned together. Many scholars argue that these two words are inter-related, so that if one of them is mentioned, it includes both, but when they are mentioned together in one statement, they carry slightly different meanings. In the verse "The sadaqat are only for . . . ." the two words appear together.
Al-Tabari retient l'avis selon lequel le mot « pauvre » (miskin) désigne la personne qui est dans le besoin mais qui est assez modeste pour ne pas mendier,2 tandis que le « nécessiteux » (faqir) est celui qui est dans le besoin et qui s'abaisse en mendiant. Il soutient que le mot « besoin » (faqr) a cette connotation, comme dans le verset : « Ils étaient dans l'humiliation et la misère [besoin]. »3 La parole juste : « Le nécessiteux n'est pas celui qui se satisfait d'une ou deux dattes, mais [...] celui qui est modeste », n'est pas une explication linguistique du mot « nécessiteux », mais plutôt une affirmation du Prophète ﷺ sur la valeur de la modestie. C'est comparable à son style dans la parole : « Le fort n'est pas celui qui terrasse les autres à la lutte, mais celui qui se maîtrise lorsqu'il est en colère. »4 Commentant la parole sur le nécessiteux, al-Khattabi soutient à juste titre que « le nécessiteux est celui qui va de porte en porte en mendiant, car le Prophète ﷺ a attiré l'attention de son auditoire sur le fait que les besoins du mendiant peuvent être satisfaits par ce qu'il reçoit, alors que la personne dans le besoin qui ne mendie pas peut être oubliée, si bien que son besoin demeure non satisfait. »5
Opposition entre les pauvres et les nécessiteux d'une part, et les riches d'autre part
Contrasting the poor and needy with the rich
Il peut être nécessaire d'examiner la définition de la richesse donnée par les juristes, car, par ce contraste, on peut déterminer exactement la limite de la catégorie des pauvres et des nécessiteux.
It may be necessary to look at the definition of richness as given by jurists, since by such contrast one may determine exactly the boundary of the poor and needy category.
La Zakah ne doit pas être donnée aux riches. Le Prophète ﷺ a dit : « ... à prélever sur les riches et à remettre aux pauvres », et « L'aumône (Sadaqah) n'est pas licite pour les riches ».11 Donner la aumône obligatoire (Zakah) aux riches signifie qu'un pauvre ne la reçoit pas, ce qui contrevient à l'objectif de la aumône obligatoire (Zakah), tel qu'énoncé par Ibn Qudamah.12 En sachant qui sont les riches, nous pouvons définir par élimination les pauvres et les nécessiteux.
Zakah must not be given to the rich. The Prophet said ". . . to be taken from the rich and rendered to the poor," and "The sadaqah is not lawful to the rich."11 Giving the rich zakah means some poor person is not being given zakah, and this violates the objective of zakah, as stated by Ibn Qudamah.12 By knowing who the rich are, we can as define by way of elimination the poor and needy.
Ici encore, les juristes n'ont pas une décision unanime. Selon Suffian Al Thory, Ibn al Mubarak et Ishaq Ibn Rahawah, la richesse qui exclut une personne de la liste des bénéficiaires de la zakah est de cinquante dirhams, soit le quart du seuil minimal (Nisab) en argent. Ibn Mas'ud rapporte : « Le Messager de Dieu ﷺ a dit : "Celui qui demande alors qu'il possède de quoi se suffire, ce qu'il aura reçu apparaîtra au Jour du Jugement comme des entailles sur son visage." On demanda au Prophète ﷺ : "Qu'est-ce que la richesse ?" Il répondit : "Cinquante dirhams, ou leur équivalent en or." » Ahmad aurait partagé cette définition uniquement lorsque le bien est exprimé en valeur monétaire, mais les critiques du hadith jugent faible ce propos d'Ibn Mas'ud.15
Here again jurists do not have one unanimous decision. According to Suffian Al Thory and Ibn al Mubarak, and Ishaq Ibn Rahawah,13 richness that excludes a person from a zakah recipient14 is fifty dirhams, one-fourth the nisab of money. Ibn Mas'ud narrates, "The Messenger of God (p) said 'A person who asks while he has what makes him rich, whatever he gets appears on the Day of Judgement as cuts on his face.' The Prophet was asked, 'What is richness?' He answered, 'Fifty dirhams or its equivalent in gold.'" Ahmad is reported to share this definition only if the property is in money terms, but critics of hadith grade this saying from Ibn Mas'ud weak.15
Les pauvres qui sont capables de gagner leur vie
The poor who are capable of earning
Une personne qui choisit de rester oisive et de vivre aux dépens de la société grâce à la charité et à l'aide financière, alors qu'elle est assez forte et capable de travailler et de gagner sa vie, n'a pas droit à l'aumône obligatoire (Zakah) selon les savants chafi'ites et hanbalites, qui affirment que l'aumône obligatoire (Zakah) ne doit pas être dépensée, sous le titre de pauvre et de nécessiteux, en faveur d'un riche ou d'une personne capable de travailler dans un emploi dont le revenu suffit aux besoins personnels et familiaux.25 À mon avis, cette position est soutenue par les textes et les principes de la charia, au point que certains hanafites, qui permettent de donner l'aumône obligatoire (Zakah) au pauvre capable de gagner sa vie, disent qu'il n'est pas bien pour une telle personne de recevoir l'aumône obligatoire (Zakah) ; c'est-à-dire que si le versement lui est permis, il n'est pas licite de sa part de la recevoir. La majorité des hanafites soutiennent que recevoir l'aumône obligatoire (Zakah) n'est pas interdit dans ce cas, mais seulement réprouvé.26 Quelques malikites rejoignent les chafi'ites et les hanbalites dans leur position.27
A person who chooses to be idle and to live at the expense of society through charity and financial help despite being strong enough and capable of working and earning, is not eligible for zakah according to Shafi'ite and Hanbalite scholars, who say zakah must not be expended under the title of poor and needy to a rich person or a person capable of working at a job whose income is adequate to for personal and family need.25 In my opinion, this view is supported by the texts and principles of Shari'ah, to the extent that some Hanafites, who permit giving zakah to the poor person capable to earning, say it is not good for such a person to take zakah; i.e. if paying him is permissible, it is not lawful on his part to receive zakah. The majority of Hanafites maintain that receiving zakah is not prohibited here, but undesirable.26 Some Malikites support the Shafi'ites and Hanbalites in their view.27
En principe, l'Islam impose de travailler à tout homme capable. L'État est censé fournir des emplois et des opportunités économiques pour que les gens travaillent et gagnent leur subsistance.
In principle, Islam obligates working on each capable man. The state is supposed to provide jobs and economic opportunities for people to work and earn their sufficiency.
Le Prophète a dit : « Personne ne mange de nourriture meilleure que celle gagnée par le travail de ses propres mains »28. Il n'est pas permis à une personne qui trouve un emploi à sa portée, lui procurant des revenus suffisants, de le refuser et de vivre de l'aumône (Sadaqah) ou de la mendicité. Dans l'un de ses dits, le Messager de l'Islam ﷺ déclare franchement : « L'aumône (Sadaqah) n'est pas licite pour une personne riche, ni pour une personne capable et non handicapée »29. Al Tabari rapporte de Zuhayr al 'Amiri qu'il rencontra 'Abd Allah bin 'Amr bin al 'As et lui demanda à qui revient l'aumône obligatoire (Zakah). 'Abd Allah répondit : « Elle revient aux boiteux, aux aveugles et à toute personne handicapée ou infirme. » Zuhayr demanda : « N'y a-t-il pas aussi un droit pour les administrateurs de l'aumône obligatoire (Zakah) et pour les combattants dans le sentier de Dieu ? » 'Abd Allah dit : « Les combattants et les administrateurs ont droit à l'aumône obligatoire (Zakah) dans la mesure où leur travail le mérite », et ajouta : « L'aumône (Sadaqah) n'est pas licite pour le riche ni pour l'homme fort qui n'est pas handicapé. » Cette dernière phrase de 'Abd Allah est rapportée comme attribuée au Prophète ﷺ par 'Abd Allah lui-même et par plusieurs autres Compagnons.
Les personnes totalement vouées à l'adoration ne sont pas éligibles.
Individuals totally devoted to worship are not eligible
L'un des jugements admirables consignés par les juristes musulmans est que les personnes capables de gagner leur vie mais qui passent tout leur temps à adorer, prier, jeûner, etc., sans avoir de revenu ni de ressources propres, ne sont pas éligibles à recevoir l'aumône obligatoire (Zakah), car la récompense de l'adoration est réservée à celui qui adore, et parce qu'il ou elle est enjoint dans le Coran de travailler et de parcourir les contrées de la terre à la recherche de subsistance. L'Islam ne reconnaît ni l'ascétisme ni le monachisme. Travailler pour assurer une subsistance suffisante est une forme d'adoration de haut rang, à condition d'être accomplie avec une bonne intention et dans le respect des limites fixées par Dieu.
One of the admirable rulings recorded by Muslim jurists is that persons who are able to earn but spend all their time worshiping, praying, fasting, etc., without having an income or resources of their own, are not eligible to receive zakah, because the reward of worship is confined to the worshiper,36 and because he or she is ordained in the Qur'an to work and walk through the tracts of the earth in search of sustenance. Islam does not recognize asceticism or monasticism. Working to earn sufficiency in sustenance is a high-ranking form of worship, provided it is performed with a good intention and commitment to the boundaries of God.
Les étudiants à temps plein sont éligibles
Full-time students are eligible
Consacrer tout son temps à l'acquisition d'une branche utile du savoir ne retire pas une personne à son éligibilité à l'aumône obligatoire (Zakah). Une telle personne peut recevoir l'aumône obligatoire (Zakah) afin de l'aider à atteindre ce but, y compris le coût des livres nécessaires, que la branche du savoir recherchée soit profane ou religieuse. La recherche du savoir est une obligation collective que certains membres de la société doivent assumer. Le bénéfice de ce savoir s'étend à toute la société, et l'aumône obligatoire (Zakah) est due à deux catégories de personnes : celles qui sont dans le besoin et qui ont besoin d'aide, et celles dont la société musulmane a besoin.
Devoting one's time fully to acquiring a useful branch of knowledge does not remove a person from eligibility for zakah. Such a person may be given zakah in order to help him or her achieve that purpose, including the cost of necessary books, regardless of whether the branch of knowledge sought is earthly or religious. Seeking knowledge is a social obligation that some-members of the society must undertake. The benefit of this knowledge extends to the whole society, and zakah is due to two kinds of persons--those in need of relief and those needed by the Muslim society.
Certains juristes ajoutent la condition qu'un étudiant, s'il est capable de gagner sa vie, doit être exceptionnel pour pouvoir bénéficier de l'aumône obligatoire (Zakah).37 Ils ont raison sur ce point. C'est généralement la pratique des gouvernements aujourd'hui lorsqu'ils accordent des bourses d'études.
Some jurists add the condition that a student, if able to earn, must be outstanding in order to be eligible for zakah.37 They have a point. This is usually practiced by governments today when they offer scholarships.
Les pauvres modestes, que l'on reconnaît à peine, ont la préférence.
The modest poor who can hardly be recognized have preference
Il faut souligner que les personnes qui méritent le plus l'aumône obligatoire (Zakah) ne sont pas les mendiants, d'autant que beaucoup d'entre eux font de la mendicité un métier, mais plutôt ceux dont la pudeur les empêche de demander de l'aide. Le Prophète ﷺ insiste : « Le nécessiteux est celui qui est pudique. Lisez, si vous le voulez : ils ne mendient pas avec insistance auprès de tous et de chacun. »38 Le verset décrit les pauvres émigrés de Médine qui servaient la foi et ne disposaient pas de ressources suffisantes pour satisfaire leurs besoins essentiels, mais qui ne demandaient rien aux gens et ne mendiaient pas, par pudeur.39 De telles personnes méritent davantage l'aide de l'aumône obligatoire (Zakah), comme le Messager de Dieu ﷺ nous le enseigne. Dans une autre version du même hadith, le Prophète ﷺ dit : « Le nécessiteux n'est pas celui qui circule en mendiant auprès des gens, celui qu'une bouchée ou deux, ou une datte ou deux, peuvent satisfaire. Le véritable nécessiteux est celui qui ne trouve pas de quoi se suffire et dont on ne se souvient pas, pour qu'on lui donne, et qui ne se tient pas debout à mendier auprès des gens. »40 Cela attire notre attention sur de nombreuses personnes et familles qui connaissent des difficultés financières mais qui rarement laissent les autres les découvrir. Al Hasan al Basri fut interrogé sur la question de savoir si une personne qui possède une maison et un serviteur pouvait recevoir l'aumône obligatoire (Zakah). Sa réponse fut affirmative, si la personne est dans le besoin.41 Muhammad ibn al Hasan donne une réponse semblable lorsqu'on l'interroge au sujet d'une personne qui possède des terres et des bâtiments dont le revenu ne suffit pas à couvrir tous ses besoins, comme le rapporte Ibn Abidin.42
It must be underlined that the people who deserve zakah most are not beggars, especially since many of them take begging as a profession, but rather those whose modesty prevents them from asking for help. The Prophet (p) emphasizes that "A needy person is one who is modest.. Read if you like they beg not importunately from all and sundry.38 The verse describes the poor migrants in Madinah who were serving the faith and did not have sufficient resources to satisfy their essential needs, but did not ask people or beg for help, out of modesty.39 Such people deserve the help of zakah more, as the Messenger of God guides us. In another version of the same saying, the Prophet says "The needy person is not one who goes around begging people, who can be satisfied by a bite or two or a date or two. The [true] needy person is one who finds not sufficiency but is not remembered by others, so that they give him, nor does he stand begging people."40 This brings our attention to many individuals and families who have financial difficulties but rarely let them be known by others. Al Hasan al Basri was asked whether a person who owns a house and servant can take zakah. His answer was a affirmative, if the person is in need.41 Muhammad bin al Hasan gives a similar answer when asked about a person who owns land and buildings whose income does not fulfill all his needs, as reported by Ibn Abidin.42
Combien les pauvres et les nécessiteux reçoivent-ils ?
How much are the poor and needy given?
Les différents avis des juristes sur cette question peuvent se ranger en deux grandes tendances. La première consiste à donner ce qui suffit à satisfaire les besoins essentiels communément connus dans la société, sans fixer de montant précis ; la seconde consiste à donner un montant déterminé, dont la fixation fait l'objet de divergences entre les juristes.
The different views of jurists on this issue can be grouped into two major trends. The first is to give as much as is sufficient to satisfy the essential needs commonly known in society, without determining any specific amount, and the second is to give a specific amount in whose determination jurists differ.
La première tendance semble plus conforme aux textes et aux objectifs de l'aumône obligatoire (Zakah).
The first trend seems to be more consistent with the texts and objectives of zakah.
Deux opinions majeures peuvent être relevées dans ce courant, à savoir : donner ce qui satisfait les besoins essentiels pour toute la vie, ou seulement pour une année.
Two major opinions can be pointed out in this trend, namely, to give what satisfies essential needs for the lifetime, or only for one year.
La première opinion : satisfaire les besoins de la vie
The first opinion: satisfying lifetime needs
Cet avis vise à donner aux pauvres de quoi les sortir durablement du seuil de pauvreté, de sorte qu'ils n'aient pas besoin d'aumône obligatoire (Zakah) à l'avenir. Al-Nawawi dit dans al-Majmu' :
This opinion aims at giving the poor what is sufficient to remove them from the poverty level forever, in such a way that they would not need zakah in the future. In al Majmu', al Nawawi says:
Nos collègues irakiens, ainsi que beaucoup de Khurasan [au nord-est de l'actuel Iran], estiment que les pauvres et les nécessiteux doivent recevoir de telle manière qu'ils soient durablement sortis de la pauvreté pour accéder à l'aisance. Telle est précisément l'opinion d'al-Shafi'i. Ils invoquent comme preuve à l'appui la parole rapportée de Qubaysah ibn al-Mukhariq al-Hilali, selon laquelle le Messager de Dieu ﷺ a dit : « Demander n'est pas permis, sauf dans l'un de trois cas. Il est permis à celui qui se porte garant d'une charge financière [pour la réconciliation de] personnes en conflit de demander jusqu'à ce qu'il obtienne de quoi subvenir à ses besoins ; celui qui est frappé par un désastre qui anéantit sa richesse est autorisé à demander jusqu'à ce qu'il atteigne de quoi subvenir à ses besoins ; et celui qui est frappé par la pauvreté au point que trois personnes sages de son clan attestent qu'il est réellement touché par la pauvreté est autorisé à demander jusqu'à ce qu'il obtienne de quoi subvenir à ses besoins. Ô Qubaysah, toute demande au-delà de ces trois cas est un mal de la part de celui qui demande. » Rapporté par Muslim dans son recueil authentique.
Our Iraqi colleagues, along with many from Khurasan [northeast of what is today Iran] believe that the poor and the needy must be given in such a way that they are permanently removed from poverty into sufficiency. This is the very opinion of al Shafi'i. They provide as supportive evidence the saying from Qubaysah bin al Mukhariq al Hilali that the Messenger of God said "Begging [or asking] is not permissible, except for one of three cases, It is lawful for a person who carries a financial charge [in reconciliation of] disputing people, to ask until he obtains sufficiency of sustenance; a person who is struck by a disaster that wipes his health out is permitted to ask until he reaches sufficiency of sustenance, and a person struck by poverty to the extent that three wise clansmen confirm that he is really hit by poverty is permitted to ask until he obtains sufficiency of sustenance. O Qubaysah, any asking beyond these three cases is evil on the part of the person who asks." Reported by Muslim in his correct collection.
Nos collègues soutiennent que demander est permis par le Messager de Dieu jusqu'à ce que la suffisance soit atteinte. Cela signifie que le but de la distribution de la zakat est de permettre aux pauvres et aux nécessiteux d'atteindre leur suffisance, comme indiqué ci-dessus. Un artisan se verrait donner une somme suffisante pour acheter les outils et l'équipement qui lui permettent de travailler et de gagner sa subsistance. Cela varie certainement selon le temps, le pays et la capacité des individus. Certains de nos collègues donnent pour exemple qu'une personne qui vend des légumes peut recevoir cinq ou dix dirhams, tandis qu'une personne dont la profession est la vente de bijoux se verrait accorder dix mille dirhams, si elle ne peut atteindre la suffisance avec une somme inférieure. Les personnes exerçant d'autres professions recevraient selon les besoins de leur métier. Les agriculteurs recevraient des terres agricoles ou des portions de terres qui suffiraient à leur assurer une subsistance suffisante. Quant à ceux qui n'ont ni métier ni capacité, ils doivent recevoir de quoi subvenir à leurs besoins pour le reste de leur vie, sans la limite d'une année.
Le deuxième avis : donner la subsistance d'une année
The second opinion: giving one year's sustenance
Telle est l'opinion des Malikites, de la plupart des Hanbalites et de la plupart des autres juristes.
This is the view of the Malikites, most of the Hanbalites, and most other jurists.
Ils soutiennent que les pauvres et les nécessiteux doivent recevoir de quoi suffire à leurs besoins pendant une année entière, ni plus ni moins, au motif que le Prophète ﷺ gardait pour sa famille de quoi se nourrir pendant une année⁵³, et que l'aumône obligatoire (Zakah) se perçoit annuellement, si bien que sa distribution doit elle aussi se faire sur une base annuelle.54
They argue that the poor and needy must be given their sufficiency for one full year, no more and no less, on the grounds that the Prophet used to keep for his family food needed for one year,53 and that zakah is collected on a yearly basis, so its distribution must be on a yearly basis too.54
Le suffisance pour une année ne peut être déterminée par un montant donné, car elle dépend des circonstances, des besoins et de la taille de la famille.55
Sufficiency for one year cannot be determined by any given amount, since it depends on circumstances, needs, and size of family.55
Enrichissement du concept de suffisance
Enrichment of the concept of sufficiency
Pour bien comprendre la notion de suffisance ou de satisfaction des besoins essentiels telle qu'elle est employée dans la jurisprudence islamique, nous devons mentionner plusieurs points. Premièrement, les besoins essentiels comprennent, outre la nourriture, les vêtements et le logement, la satisfaction d'autres pulsions humaines essentielles, en particulier la pulsion sexuelle. L'Islam, d'une part, n'autorise pas le célibat, et, d'autre part, interdit les pratiques sexuelles débridées. L'Islam prescrit le mariage à quiconque en a les moyens, comme le dit le Prophète ﷺ : « Que celui qui en a les moyens et la capacité se marie, car cela permet de baisser le regard et de préserver sa pudeur. »56
In order to fully understand the concept of sufficiency or satisfaction of essential needs as used in Islamic jurisprudence, we must mention several points. First, essential needs include, in addition to food, clothes, and shelter, the fulfillment of other essential human drives, especially the sexual drive. Islam, on one hand, does not allow celibacy, and on the other hand forbids wanton sexual practices. Islam ordains marriage for everyone who can afford it, as the Prophet says "He who has the means and ability must get married, because this helps one lower one's gaze and guard one's modesty."56
Par conséquent, la charia est censée venir en aide à ceux qui souhaitent se marier mais ne disposent pas des moyens financiers nécessaires. Les savants soutiennent que les dépenses liées au mariage entrent dans le niveau de suffisance pour ceux qui n'ont pas de conjoint et ont besoin de se marier.57
Consequently, Shari'ah is expected to help those who want to be married but do not have the necessary financial means. Scholars argue that marriage expenses are included in the level of sufficiency for those who have no spouses and need to get married.57
Certains savants vont jusqu'à supposer que, pour un homme qui n'est pas satisfait d'une seule épouse, le coût du mariage d'une seconde épouse fait également partie de son niveau de suffisance.58
Some scholars go as far as assuming that, for a man who is not satisfied with one wife, the cost of marrying a second wife is also part of his level of sufficiency.58
'Umar bin 'Abd al-'Aziz, qui est généralement appelé le cinquième des Califes bien guidés, ordonna de rechercher les nécessiteux, ceux qui sont accablés par des dettes et ceux qui cherchent à se marier, afin de les aider sur le trésor de l'État musulman.59
Discussion et analyse
Discussion and analysis
En comparant ces deux points de vue, il faut remarquer qu'ils ne s'excluent pas mutuellement. Chacun d'eux peut être le meilleur lorsqu'il est appliqué dans le domaine qui lui convient.
In comparing these two views, one must note that they are not exclusive. Each of them may be the best when applied in the proper arena.
Les pauvres et les nécessiteux peuvent être classés en deux sous-catégories. Premièrement, il y a les pauvres et nécessiteux qui peuvent travailler et gagner leur subsistance, tels que les artisans et ceux qui connaissent quelque métier nécessitant un capital ou un équipement pour son exercice. Il est obligatoire de leur donner ce dont ils ont besoin afin de leur permettre de gagner leur subsistance pour le reste de leur vie, de sorte qu'ils ne figurent plus sur la liste des bénéficiaires de l'aumône obligatoire (Zakah). Deuxièmement, il y a ceux qui sont incapables de gagner leur vie à cause d'un handicap physique, comme les personnes âgées, ou d'un handicap social, comme les veuves qui élèvent des enfants. On peut leur accorder de quoi vivre suffisamment pendant un an, à condition que cela soit renouvelé chaque année. Il peut même être conseillé de leur verser des paiements mensuels plutôt que des paiements annuels.
The poor and the needy may be classified into two subcategories. First are the poor and needy who can work and earn sustenance, such as craftsman and those who know any kind of business that needs capital or equipment for its practice. It is obligated to give them what they need in order to enable them to earn their sustenance for the rest of their lives, so that they are no longer on the list of zakah recipients. Second, there are those who are incapable of earning because of a physical handicap, like the elderly, or social handicap, like widows who are raising children. They may be given sufficiency for one year, provided that it is repeated every year. It may even be advisable to give them monthly payments instead of yearly payments.
Il est intéressant de noter qu'après avoir établi cette distinction entre les sous-catégories des pauvres et des nécessiteux, j'ai découvert que j'avais été devancé par certains savants hanbalites. Le commentateur de Ghayat al Muntaha, après avoir mentionné l'avis d'Ahmad sur le cas d'une personne qui possède un bien immobilier dont les revenus ne suffisent pas à subvenir à ses besoins, écrit : « Une telle personne a le droit de recevoir de l'aumône obligatoire (Zakah) de quoi se suffire, comme un montant nécessaire à l'achat d'un équipement, ou un capital nécessaire, si cette personne est un homme d'affaires. En revanche, les autres catégories de pauvres et de nécessiteux doivent recevoir de quoi leur suffire pendant un an, car l'aumône obligatoire (Zakah) se renouvelle chaque année. »67
It is interesting to note that after I made this distinction of the sub-categories of the poor and needy, I discovered that I was preceded by some Hanbalite scholars. The commentator on Ghayat al Muntaha, after mentioning the opinion of Ahmad on the case of a person who owns real estate which yields returns that are not sufficient for the person's living, writes, "Such a person has the right to be given his sufficiency from zakah, such as an amount needed to buy equipment, or needed capital, if the person is a businessman. On the other hand, other kinds of the poor and needy should be given what suffices them for one year, since zakah is repeated every year."67
La tendance qui suggère de donner un montant déterminé
The trend that suggests giving a definite amount
Abu Hanifah et ses disciples soutiennent qu'on ne peut donner à aucun pauvre ou nécessiteux plus de deux cents dirhams par personne. D'autres décident qu'un maximum de cinquante dirhams peut être donné ; d'autres encore affirment qu'il faut donner la nourriture d'une journée. Ibn Hazm rejette ces avis, car « le paiement de la aumône obligatoire (Zakah) peut être très important ou très faible, sans aucune limitation, puisque ni le Coran ni la sunna n'imposent de limite ».68
Abu Hanifah and his disciples argue that no more than two hundred dirhams per person can be given to any poor or needy individual. Others decide a maximum of fifty dirhams can be given; yet others argue that food for one day is to be given. Ibn Hazm rejects these opinions because "payment of zakah may be very large or very small, without any limitation, since both Qur'an and Sunnah do not obligate any limit."68
L'avis d'al-Ghazali
The opinion of al Ghazali
Dans son al-Ihya', al-Ghazali retient le fait de donner de quoi suffire pour une année entière, et il soutient que cela trouve son origine dans le fait que le Messager d'Allah ﷺ gardait de quoi nourrir sa famille pendant une année.69 Par ailleurs, une année est un laps de temps raisonnable pour évaluer les besoins de la personne. Al-Ghazali ajoute :
In his al Ihya' al Ghazali selects giving what is sufficient for one full year and argues that this has its origin in the fact that the Messenger (p) used to keep food sufficient for one year for his own family.69 Moreover, one year is a reasonable span of time for estimating the needs of the person. Al Ghazali adds:
Il existe différents avis quant au montant qui doit être donné. Certains savants affirment qu'il peut s'agir de la simple subsistance d'un jour et d'une nuit, en se fondant sur le hadith rapporté de Sahl bin al Hanzaliyah selon lequel le Prophète ﷺ interdisait la mendicité aux riches. Interrogé sur ce qu'était la richesse, il répondit : « Le dîner et le souper. »70 D'autres soutiennent que le versement doit aller jusqu'à la limite de la richesse, telle que déterminée par le seuil minimal (Nisab), puisque Dieu n'impose l'aumône obligatoire (Zakah) qu'aux riches. Ces savants ajoutent que les pauvres peuvent prélever sur l'aumône obligatoire (Zakah) une somme égale au seuil minimal (Nisab) pour chaque personne de la famille. D'autres juristes encore fixent la richesse à cinquante dirhams ou à leur équivalent en or, en s'appuyant sur le hadith rapporté d'Ibn Mas'ud selon lequel le Messager ﷺ a dit : « Celui qui mendie alors qu'il possède de quoi se suffire verra venir le Jour du Jugement avec des entailles sur le visage. » On demanda au Prophète ﷺ : « Qu'est-ce que la richesse ? » Il répondit : « Cinquante dirhams ou leur équivalent en or. »71 Il est toutefois avancé que la chaîne de transmission n'est pas assez solide.
There are different opinions as to how much should be given. Some scholars say as little as sustenance for one day and night, arguing that this is indicated by the saying reported from Sahl bin al Hanzaliyah that the Prophet (p) prevented begging for the rich, whereupon he was asked what was richness, and answered "Dinner and supper.70 Others argue that payment must be up to the limit of richness, as determined by nisab, since God obligates zakah on the rich only. These scholars add that the poor may take from zakah an amount equal to nisab for each person in the family. Yet other jurists determine richness at fifty dirhams or its equivalent in gold, on the grounds of the saying reported from Ibn Mas'ud that the Messenger (p) said, "He who begs while he has what makes him rich will appear on the Day of Judgement with cuts on his face." The Prophet was asked, "What is richness?" He answered, "Fifty dirhams or its equivalent in gold."71 It is argued that the chain is not strong enough.
Abu 'Ubaid préfère donner davantage.
Abu 'Ubaid prefers giving more
Après avoir évoqué l'histoire du don du verger par Abu Talhah à Hasan et Abu Qatadah, Abu 'Ubaid demande quelle serait la valeur d'un tel verger, d'autant plus qu'il est ajouté qu'Abu Talhah tentait de dissimuler son aumône par crainte que quelqu'un ne pense que son acte relevait de l'ostentation de sa part, car elle était importante. Abu 'Ubaid ajoute : « Bien que cette aumône ne fût que volontaire, ce qui s'applique à elle s'applique à l'obligation de l'aumône obligatoire (Zakah), car s'il était interdit de prélever de grosses sommes sur le produit de l'aumône obligatoire (Zakah), il serait encore plus interdit de prélever de grosses sommes sur l'aumône volontaire ; et s'il est licite de prendre autant en aumône, il devrait être tout aussi licite de prendre autant sous la forme de l'aumône obligatoire (Zakah). »73 Abu 'Ubaid poursuit en mentionnant les propos de 'Umar, de 'Ata' et d'autres, évoqués plus haut dans ce chapitre, puis dit : « Toutes les narrations et les preuves indiquent que ce qui est donné aux pauvres et aux nécessiteux n'a pas de limite. Il est même préférable de donner davantage, pourvu que les distributeurs prennent leurs décisions sans partialité ni préférences personnelles. Un homme riche qui voit qu'une famille vertueuse a besoin d'un logement et qui lui achète ce logement, en versant une somme importante afin de procurer à cette famille un foyer décent, prélevé sur son aumône obligatoire (Zakah), accomplit non seulement son devoir de Zakah, mais fait aussi le meilleur de ce qui plaît à Dieu. Il en va de même pour un homme riche qui affranchit un esclave opprimé, bien qu'il doive peut-être verser une somme forfaitaire élevée. »74
After mentioning the story of Abu Talhah's giving of the orchard to Hasan and Abu Qatadah, Abu 'Ubaid asks how much the value of such an orchard would be, especially if it is added that Abu Talhah tried to hide his charity out of fear that somebody might think of his action as showing off on his part, because it was big. Abu 'Ubaid adds "although this charity was only voluntary, what applies to it applies to the obligation of zakah, since if it were forbidden to take big amounts from the proceeds of zakah, it would be more forbidden to take big amounts from voluntary charity, and if it is lawful to take that much in charity, it should be as lawful to take that much in the form of obligatory zakah."73 Abu 'Ubaid goes on to mention the statements of 'Umar, 'Ata', and others, referred to earlier in this chapter, then says, "All narrations and evidence indicate that what is given to the poor and needy has no limit. Rather, it is preferred that more be given, as long as the distributors make their decisions without bias or personal preferences. A rich man who sees that a righteous family is in need of a residence and buys that residence for them, paying a big amount in order to provide that family with a decent home out of his zakah, would not only be performing his zakah, but also doing the best that would please God. The same applies to a rich man who liberates a slave who is under oppression, although he may have to pay a big lump sum."74
Le but est d'assurer un niveau de vie adéquat
The aim is providing an adequate level of living
La discussion précédente montre que l'objectif de la répartition de la aumône obligatoire (Zakah) est de réaliser un niveau de vie suffisant et convenable, et d'aider les musulmans à demeurer au-dessus du seuil de pauvreté. Le minimum de ces niveaux de vie est la fourniture d'une nourriture, d'un habillement et d'un logement raisonnables, comme l'ont affirmé Ibn Hazm, al Nawawi et beaucoup d'autres.
The preceding discussion shows that the objective of zakah distribution is to realize an adequate and suitable standard of living and to help Muslims stay above the poverty level. The minimum of such standards is the provision of reasonable food, clothing, and shelter, as stated by Ibn Hazm, al Nawawi, and many others.
Selon l'avis de nos collègues de l'école chaféite, la considération se fait pour la nourriture, les vêtements, le logement et les autres besoins, selon un niveau convenable mais non excessif, pour le pauvre et tous les membres de sa famille.75
Al Nawawi says, "According to the view of our colleagues in the Shafi'i school, the consideration is for food, clothes, shelter and other needs, at a standard that is suitable but not extravagant for the poor person and all members of his family."75
Utilisant des termes contemporains, les autres besoins doivent inclure l'éducation, les soins de santé et d'autres nécessités sociales qui ne peuvent être déterminées que par le temps et le lieu ; aucune définition absolue ne peut s'appliquer à tous les cas.
Using contemporary terms, the other needs must include education, health care, and other social necessities that can only be determined by time and locale; no absolute definition can be applied to all cases.
L'aumône obligatoire (Zakah) apporte une aide régulière
Zakah provides regular help
Il est essentiel de remarquer que la discussion précédente conduit à considérer la zakat comme une aide régulière et continue aux pauvres, qu'il s'agisse de personnes récemment appauvries ou de personnes invalides et handicapées : celles qui doivent être sorties de la pauvreté reçoivent ce qui satisfait leurs besoins, tandis que celles qui ne peuvent pas gagner leur vie reçoivent une aide régulière à intervalles réguliers. Examinons un incident survenu à l'époque de 'Umar, qui éclaire la manière dont la zakat était distribuée. 'Umar faisait la sieste à midi à l'ombre d'un arbre. Une femme bédouine vint, regarda autour d'elle, puis s'approcha de lui. Elle dit : « Je suis une femme dans le besoin et j'ai des enfants. 'Umar, le Prince des croyants, a envoyé Muhammad ibn Maslamah distribuer la zakat dans notre région, mais il ne nous en a rien donné. Voudrais-tu, s'il te plaît, lui parler en notre faveur ? » 'Umar dit à son serviteur Yarfa' : « Amène-moi Muhammad ibn Maslamah. » La femme, ne sachant pas à qui elle parlait, dit : « Il serait plus utile que tu viennes avec moi chez Muhammad ibn Maslamah. » 'Umar dit : « Il viendra, s'il plaît à Dieu. » Yarfa' revint alors avec Muhammad auprès de 'Umar et dit : « Que la paix soit sur toi, ô Prince des croyants… » La femme fut gênée en découvrant qu'elle s'était adressée au calife. 'Umar dit : « Par Dieu, j'ai toujours choisi le meilleur d'entre vous pour être mes agents. Que répondrons-nous à Dieu lorsqu'Il nous interrogera au sujet de cette dame ? » Les yeux de Muhammad se remplirent de larmes, et 'Umar poursuivit : « Dieu nous a envoyé Son Prophète ﷺ, et nous avons cru en lui et l'avons suivi, alors qu'il accomplissait ce que Dieu lui avait ordonné. Il distribuait la sadaqah (aumône) à ses bénéficiaires parmi les nécessiteux, jusqu'à ce que Dieu rappelle son âme ; puis Dieu nous donna Abu Bakr comme dirigeant, qui suivit la tradition du Messager jusqu'à sa mort. Ensuite Dieu fit de moi le dirigeant, et j'ai fait de mon mieux pour choisir le meilleur d'entre vous comme mes agents. Lorsque vous retournerez dans sa région, donnez-lui la sadaqah (aumône) de l'année dernière et de l'année d'avant. Je ne sais même pas si je veux encore vous envoyer quoi que ce soit. » Puis 'Umar demanda un chameau à donner à la femme, ainsi que de la farine et de l'huile, et s'adressa à elle : « Prends ceci et rejoins-nous à Khaibar, car nous nous y rendons. » Lorsque la femme le rejoignit à Khaibar, il lui donna deux autres chameaux, en disant : « Cela pourra te suffire jusqu'à ce que Muhammad ibn Maslamah te rejoigne. Je lui ai ordonné de te remettre ton dû de l'année dernière et de celle d'avant. »76
It is essential to observe that the preceding discussion leads to the view of zakah as regular and continuous relief to the poor, whether newly impoverished or disabled and handicapped, whereby people who need to be removed from poverty are given what satisfies their needs, while people who cannot earn are given regular relief at certain intervals. Let us look at an incident from the time of 'Umar, which provides insight into the distribution of zakah. 'Umar was napping at midday in the shade of a tree. A bedouin woman came and looked around, then approached him. She said, "I am a needy woman and I have children, 'Umar, the Prince of the Believers, sent Muhammad bin Maslamah to distribute zakah in our area, but he did not give us any. Would you please talk to him on our behalf?" 'Umar told his servant Yarfa' "Bring me Muhammad bin Maslamah." The woman, not knowing to whom she was talking, said, "It would be more helpful if you went with me to Muhammad bin Maslamah." 'Umar said,. "He will come, God willing." Then Yarfa' came with Muhammad to 'Umar, and said, "Peace be upon you, O Prince of Believers . . . ." The woman felt embarassed upon discovering she had been addressing the Caliph. 'Umar said, "By God, I have always selected the best of you as officers. What will we answer God when He asks about this lady?" The eyes of Muhammad were filled with tears, and 'Umar continued, "God sent to us His Prophet, and we believed and followed him as he was doing what God ordained him to do. He distributed the sadaqah to its deservants among needy people until God took his soul; then God gave us Abu Bakr as a ruler, who followed the tradition of the Messenger until he died. Then God made me ruler, and I did my best to select the best of you as my officers. When you go next time to her area, give her the sadaqah of last year and the year before. I don't even know whether I want to send you any more." Then 'Umar asked for a camel to give her along with some flour and oil, and addressed the woman, "Take these and meet us in Khaibar, for we are heading there." When the woman met him in Khaibar, he gave her two more camels, saying, "This might sustain you until Muhammad bin Maslamah reaches you. I have ordered him to give you your right from last year and the year before it."76
1. Hashiyat al Dusuqi, vol. 1, p. 492, et Sharh al Azhar, vol. 1, p. 509.
1. Hashiyat al Dusuqi, Vol. 1, p. 492, and Sharh al Azhar, Vol.1, p. 509.
2. Tafsir al-Tabari, vol. 14, p. 308-309.
2. Tafsir al Tabari, Vol. 14, pp. 308-309.
3. Sourate al-Baqara, 2:61.
3. Sura al Baqarah, 2:61.
4. Le hadith est rapporté d'un commun accord, transmis par Abu Hurayrah. Voir Bulugh al-Maram, p.
4. The saying is agreed upon as narrated by Abu Hurayrah. See Bulugh al Maram, p.
302. Voir aussi al-Mughni, vol. 6, p. 457.
302. See also al Mughni, Vol. 6, p. 457.
5. Ma'alim al Sunnan, vol. 2, p. 232.
5. Ma'alim al Sunnan, Vol. 2, p. 232.
6. L'orientaliste Joseph Schacht se laisse aller à des insultes bon marché dans l'Encyclopédie de l'Islam lorsqu'il aborde la différence entre le pauvre et le nécessiteux. Il écrit : « La différence généralement avancée entre le pauvre et le nécessiteux est simplement arbitraire. Quoi qu'il en soit, les savants musulmans ont coutume d'interpréter les définitions de telle sorte qu'ils se rangent eux-mêmes dans l'une de ces deux catégories. » Voir l'Encyclopédie de l'Islam, traduction arabe, vol. 10, p. 360.
6. The orientalist Joseph Schacht stoops to cheap slurs in the Encyclopedia of Islam when he discusses the difference between the poor and the needy. He writes, "The difference usually stated between the poor and the needy is merely arbitrary. Any how, Muslim scholars are accustomed to interpret definitions in such a way that they themselves are included in one of these two categories." See the Encyclopedia of Islam, Arabic translation Vol. 10, p. 360.
Cette accusation insensée émane de quelqu'un qui manque de la rigueur d'un savant. Des érudits tels qu'al-Sarakhsi, Ibn al-'Arabi, al-Nawawi, Ibn Qudamah, Ibn Hazm et d'autres juristes qui ont traité de ces définitions n'avaient manifestement aucune ambition de recevoir l'aumône obligatoire (Zakah). Tous ces savants étaient riches et connus pour leurs dons généreux à la charité, en plus de leur modestie de vie renommée. Cela est évident pour quiconque étudie leurs biographies.