3.8 Chapitre huit : aumône obligatoire (Zakah) sur les biens exploités
3.8 Chapter Eight Zakah On Exploited Assets
Section 1 : La zakatabilité des biens exploités.
Section 1: Zakatability of exploited assets.
Section 2 : Calcul de cette aumône obligatoire (Zakah).
Section 2: Computation of this zakah.
Section 3 : La prise en compte du seuil minimal (Nisab).
Section 3: The consideration of nisab.
SECTION PREMIÈRE : LA ZAKATABILITÉ DES BIENS SPOLIÉS
SECTION ONE ZAKATABILITY OF EXPLOITED ASSETS
Les biens exploités sont définis comme des formes de richesse utilisées pour produire des services ou des biens échangeables qui sont vendus à profit, sans que les biens exploités eux-mêmes ne soient épuisés. Ils comprennent les biens loués à profit, tels que les immeubles d'habitation, les moyens de transport, les bijoux et autres matériels utilisés à des fins de location. Entrent également dans cette catégorie le bétail élevé pour le lait, la laine ou la viande, ainsi que les usines, les installations ou les équipements servant à la production de biens. Au chapitre six, j'ai traité des produits animaliers et conclu qu'ils doivent être traités comme le miel, c'est-à-dire qu'un dixième est prélevé sur le produit net, mais que les animaux producteurs sont exemptés. Par conséquent, je n'inclurai pas de discussion sur le bétail dans ce chapitre.
Exploited assets are defined as forms of wealth used to produce exchangeable services or goods that are sold for profit without exhausting the exploited assets themselves. They include assets rented for profit, such as residential buildings, means of transportation, jewelry, and other material used for rental purposes. Also in this category are livestock raised for milk, wool, or meat, and factories, plants, or equipment used for producing goods. In chapter six, I discussed livestock products and concluded that they must be treated like honey, whereby one-tenth is charged on the net output, but the producing animals are exempted. Therefore, I will not include a discussion of livestock in this chapter.
La différence entre les biens utilisés pour l'exploitation et ceux utilisés pour le commerce réside dans le fait que les premiers demeurent un capital permanent, tandis que les seconds changent de mains. Les biens exploités dans les secteurs industriel, des transports et des services représentent une part importante de l'économie contemporaine.
The difference between assets used for exploitation and those used for trading is that the former remain as permanent capital, while the latter change hands. Exploited assets used in the industrial, transportation, and service sectors represent a large portion of the contemporary economy.
Ceux qui restreignent l'assujettissement à la zakat
Those who restrict zakatability
Deux opinions extrêmes existent chez les juristes. Il y a ceux qui étendent la notion d'aumône obligatoire (Zakah) à l'ensemble ou à la plupart des biens, et ceux qui limitent l'aumône obligatoire (Zakah) à seulement quelques catégories de richesses. Ceux qui tendent à restreindre l'assujettissement à l'aumône obligatoire (Zakah) avancent que :
Two extreme opinions exist among jurists. There are those who expand the concept of zakah to include all or most assets, and those who limit zakah to only a few kinds of wealth. Those who tend to limit the zakatability argue that:
1. Le Messager de Dieu ﷺ a défini les biens soumis à la zakât, et n'a pas mentionné parmi eux ces biens exploités tels que les bâtiments, les animaux de location et les machines productives. Le principe est que les gens ne doivent pas être obligés de payer une quelconque redevance sans un texte clair. Il n'existe aucun texte de ce genre.
1. The Messenger of God (p) defined the zakatable assets, and did not mention among them these exploited ones such as buildings, rented animals, and productive machinery. The principle is that people must not be obligated to pay any charge without a clear text. There is no such text.
2. Les juristes tout au long de l'histoire de l'islam et dans tous ses différents pays n'ont pas rendu obligatoire l'aumône obligatoire (Zakah) sur ces biens.
2. Jurists throughout the history of Islam and in all its various countries did not obligate zakah on those assets.
3. Nous disposons d'avis de savants qui nient le caractère zakatable des biens exploités. Les juristes ont affirmé que les maisons d'habitation, les outils de l'artisan, les animaux de transport, le mobilier domestique, etc., sont tous exonérés de aumône obligatoire (Zakah). Cela signifie que les usines, les bâtiments, les voitures, les avions et les navires ne sont pas soumis à la aumône obligatoire (Zakah), quelle que soit leur taille, leur valeur ou leurs revenus.
3. We have on hand scholarly opinions that negate the zakatability of exploited assets. Jurists have stated that residential homes, craftsman's tools, transportation animals, home furnishings, etc., are all exempt from zakah. This means factories, buildings, cars, planes, and ships are not zakatable, regardless of their size, value, or income.
Lorsque les revenus de ces biens sont perçus, conservés pendant un an, et dépassent le seuil minimal (Nisab), ils deviennent alors soumis à la zakat, à l'instar de l'argent.
When the earnings of these assets are received, retained for one year, and exceed nisab, they are then zakatable, like money.
Ceux qui élargissent la notion d'assujettissement à la zakat
Those who expand the concept of zakatability
De l'autre côté, il y a des juristes qui élargissent la catégorie des biens soumis à la zakat et établissent l'obligation de la zakat sur les biens exploités, comme les usines et les bâtiments. C'est l'avis de certains malikites, hanbalites et des partisans d'al-Hadi parmi les zaydites. C'est aussi le point de vue de certains savants contemporains, notamment Abu Zahra, 'Abd al-Wahhab Khallaf et 'Abd al-Rahman Hasan, comme nous le verrons dans cette section. À mon avis, cette approche est plus valable, pour les raisons suivantes.
On the other side there are jurists who expend the category of zakatable assets and establish the zakatability of exploited assets like factories and buildings. This is the position of some Malikites, Hanbalites, and the followers or al Hadi among Zaidis. It is also the view of some contemporary scholars, including Abu Zahra, 'Abd al Wahhab Khallaf, and 'Abd al Rahman Hasan, as we shall see in this section. In my opinion, this approach is more valid, for the following reasons:
1. Dieu impose une part déterminée sur chaque bien : « Et dans leurs biens il y a une part déterminée », « Prends une aumône (Sadaqah) de leurs biens. » Le Prophète ﷺ exhorte aussi à « Acquitter l'aumône obligatoire (Zakah) sur vos biens. » Ces textes ne font pas de distinction entre les différentes sortes de biens.
1. God obligates a defined due on each asset: "and in their wealth there is a defined due," "Out of their assets take a sadaqah." The Prophet (p) also exhorts us to "Pay the zakah on your assets." These texts do not distinguish between the different kinds of assets.
Ibn al 'Arabi réfute l'avis des Zahirites, qui nient le caractère zakatable des biens commerciaux faute de texte probant. « Le verset « Prélève sur leurs biens une aumône (Sadaqah) » est général, dit-il. Il englobe toutes sortes de biens, quelle que soit leur classification, leur nom et leur destination. Quiconque souhaite imposer une restriction à cette généralité est tenu d'apporter une preuve. »2
Ibn al 'Arabi disproves the opinion of the Zahiris, who negate the zakatability of trade assets for lack of a correct text. "The verse 'Out of their wealth take a sadaqah' is general," he says. "It includes all kinds of wealth, regardless of classification, name, and purpose. Whoever wishes to impose any restriction on this generality is asked to bring proof."2
2. La raison pour laquelle l'aumône obligatoire (Zakah) est imposée sur les biens est la croissance, comme l'ont relevé les juristes qui recherchent les motifs des règles de la charia afin de les utiliser par analogie. (Ils comprennent pratiquement tous les juristes de la nation islamique, à l'exception de quelques Zahirites, Mu'tazilites et chiites.) En conséquence, l'aumône obligatoire (Zakah) n'est pas due sur les maisons habitées par leurs propriétaires, les vêtements, les bijoux, les outils des artisans, ni les chevaux utilisés pour le combat, par accord unanime. C'est aussi pour cette raison que l'aumône obligatoire (Zakah) est levée sur les chameaux et les vaches utilisés comme moyens de transport personnels, ainsi que sur tout bien qui ne croît ni de lui-même ni par l'action humaine.
Réfuter les preuves de ceux qui restreignent
Disproving the evidence of the restricters
1. Le fait que le Prophète (p) ne mentionne pas un certain bien comme étant soumis à la zakat n'est pas une indication de sa non-assujettissement, car le Prophète n'a mentionné que les biens productifs courants dans la société arabe de son temps, tels que les chameaux, les vaches, les moutons, le blé, l'orge, les dattes, les raisins secs et l'argent monnayé. Les musulmans, à travers les générations, ont rendu l'aumône obligatoire (Zakah) sur de nombreux biens par analogie avec ceux mentionnés par le Prophète ﷺ, en raison des termes généraux employés dans les textes et en considération des objectifs de l'aumône obligatoire (Zakah). Voici quelques exemples :
1. The fact that the Prophet (p) does not mention a certain asset as zakatable is not in indication of non-zakatability, because the Prophets only mentions growing assets common in Arab society at his time, such as camels, cows, lambs, wheat, barley, dates, raisin, and silver money. Muslims throughout generations obligated zakah on many assets by analogy to these mentioned by the Prophet, because of the general terms used in the texts, and in consideration of the objectives of zakah. Some examples are:
A. Al Shafi'i dit dans al Risalah au sujet de l'assujettissement à la zakat de l'or : « Le Messager de Dieu ﷺ a imposé la zakat sur l'argent. Par la suite, les musulmans ont prélevé la zakat sur l'or, soit en vertu d'un texte du Prophète ﷺ qui ne nous est pas parvenu, soit par analogie, puisque l'or est utilisé par les gens comme mesure de la valeur dans leurs échanges, avant et après l'Islam. »3 La possibilité qu'il existe une parole qui n'est pas parvenue à al Shafi'i est très lointaine. La seule raison est donc l'analogie, comme l'affirme Abu Bakr bin al 'Arabi dans Sharh al Tirmidhi : « Le commerce des Arabes à l'époque du Prophète ﷺ utilisait la monnaie d'argent, de sorte que le Prophète ﷺ la mentionne pour désigner toute monnaie utilisée. Sa mention de l'argent était comprise comme incluant toutes sortes de monnaies, mais lorsque les gens des générations suivantes se mirent à réclamer un texte spécifique pour chaque chose, Dieu ferma devant eux la porte de la guidée et ils s'écartèrent de la voie de leurs prédécesseurs. »4
A. Al Shafi'i says in al Risalah about the zakatability of gold, "The Messenger of God (p) imposed zakah on silver. Afterward, Muslims collected zakah on gold, either by virtue of a text from the Prophet that did not reach us, or by analogy, since gold is used by people as a determinant of value for their exchange, before and after Islam."3 The possibility that there is a saying that did not reach al Shafi'i is very remote. The only reason, then, is analogy, as stated by Abu Bakr bin al 'Arabi in Sharh al Tirmidhi: "The Arabs' trade at the time of the Prophet used silver currency, so the Prophet mentions it to mean all money used. His mentioning of silver was understood as inclusive of all kinds of money, but when people in later generations started asking for a specific text on everything, God shut in their faces the door of guidance and they deviated from the track of their predecessors."4
SECTION DEUXIÈME : LE CALCUL DE L'AUMÔNE OBLIGATOIRE (Zakah) SUR LES BÂTIMENTS, LES USINES ET AUTRES BIENS SEMBLABLES
SECTION TWO THE CALCULATION OF ZAKAH ON BUILDINGS, FACTORIES, AND SIMILAR ITEMS
Les biens qui croissent et sont soumis à la zakat, dont il a été question dans les chapitres précédents, sont de deux sortes :
Zakatable growing assets discussed in previous chapters are of two kinds:
Premièrement, il y a les biens dont l'aumône obligatoire (Zakah) est calculée sur le capital et ses accroissements ensemble, chaque année, comme l'aumône obligatoire (Zakah) sur le bétail et les biens de commerce. Dans ce cas, le bien et son accroissement sont très étroitement liés, et le taux de l'aumône obligatoire (Zakah) est de deux virgule cinq pour cent.
First are assets whose zakah is calculated on the principal and its increments together one every year, such as zakah on livestock and trade assets. In this case, the asset and its increment are integrated very closely, and the rate of zakah is two-and-a-half percent.
Deuxièmement, il y a les biens dont l'aumône obligatoire (Zakah) n'est calculée que sur la croissance ou l'augmentation obtenue une fois la récolte réalisée. Ce bien peut être matériellement fixe, comme la terre, ou non fixe, comme les abeilles. Le taux de l'aumône obligatoire (Zakah) sur ce type de bien est de dix pour cent ou de cinq pour cent, comme nous l'avons vu précédemment dans ce livre.
Second are assets whose zakah is calculated only on the growth or increase once the harvest is obtained. The asset may be materially fixed, such as land, or non-fixed, such as bees. The rate of zakah on this kind of asset is ten percent or five percent as we have seen earlier in this book.
Si les bâtiments et les usines sont soumis à l'aumône obligatoire (Zakah), sur quelle base l'aumône obligatoire (Zakah) doit-elle être calculée et comment ces biens doivent-ils être traités au regard de l'aumône obligatoire (Zakah) ?
If buildings and factories are zakatable, on what basis must zakah be calculated and how are these assets to be treated with regard to zakah?
Deux tendances établies
Two established trends
Beaucoup de gens peuvent penser que les jurisconsultes précédents n'ont pas traité de la zakatabilité des maisons louées parce que cette pratique n'était pas courante dans le passé. Cette justification est généralement valable, mais l'on peut trouver quelques jurisconsultes qui ont exprimé l'avis que de telles maisons sont soumises à la zakah, bien qu'ils aient des méthodes différentes de calcul de la aumône obligatoire (Zakah). Certains suggèrent que les maisons louées soient traitées comme les marchandises de commerce, évaluées chaque année et soumises à la aumône obligatoire (Zakah) sur la valeur d'estimation au taux de deux et demi pour cent, tandis que d'autres calculent la aumône obligatoire (Zakah) sur le revenu que ces biens procurent, pour voir s'il atteint le seuil minimal (Nisab) et remplit les autres conditions de zakatabilité.
Many people may think that preceding jurists did not discuss the zakatability of rented houses because the practice was not common in the past. This justification is generally valid, but one may find a few jurists who expressed the view that such houses are zakatable, although they have different ways of calculating zakah. Some suggest that rented houses be treated like trade inventory, appraised every year and zakated on the appraisal value at a rate of two-and-a-half percent, while others calculate zakah on the income these assets bring in, to see if it reaches nisab and fulfills other conditions for zakatability.
La première tendance : un traitement similaire à celui des actifs commerciaux
The first trend: treatment similar to that of trade assets
Cette opinion exige une évaluation, chaque année, de l'actif utilisé pour générer des revenus, tel que les immeubles loués, les avions, les navires, etc. L'aumône obligatoire (Zakah) est alors prélevée sur la base de cette évaluation, ainsi que sur les bénéfices nets restant à la fin de l'année, au taux de deux virgule cinq pour cent. Cet avis est partagé par des juristes des écoles sunnite et chiite.
This view requires an appraisal of the asset used for income such as rented buildings, airplanes, ships, etc., every year. Zakah is then charged on the basis of this appraisal plus whatever net earnings remain at the end of the year, at a rate of two-and-a-half percent. This view is shared by jurists from Sunni and Shi'i schools of thought.
Ibn 'Aqil, un grand juriste hanbalite à l'esprit vif, soutient ce point de vue, qu'Ibn al-Qayim cite avec approbation dans son livre Bada'i al-Fawa'id : « Ibn 'Aqil, en application de la croyance d'Ahmad selon laquelle les bijoux utilisés pour la location sont soumis à la aumône obligatoire (Zakah), affirme que la aumône obligatoire (Zakah) doit également s'appliquer aux bâtiments destinés à la location, ainsi qu'à tout bien ou marchandise utilisé à des fins locatives. » Ibn al-Qayim poursuit : « Ibn 'Aqil fait remarquer que ce point de vue est l'extension logique de notre traitement des bijoux. Les bijoux, selon notre école, ne sont pas soumis à la aumône obligatoire (Zakah), mais si les bijoux sont utilisés comme objets de location, la aumône obligatoire (Zakah) devient obligatoire. Si la destination à la location rend obligatoire la aumône obligatoire (Zakah) sur un bien qui n'y était pas initialement soumis, cela doit s'appliquer à tous les biens non soumis à la aumône obligatoire (Zakah), c'est-à-dire que la soumission d'un bien à la aumône obligatoire (Zakah) dépend de son état. L'or et l'argent sont soumis à la aumône obligatoire (Zakah), mais lorsqu'ils sont transformés en parures féminines destinées à un usage personnel, la aumône obligatoire (Zakah) est levée sur eux. Si, à nouveau, ce même bijou change d'état pour devenir un objet de location, la aumône obligatoire (Zakah) lui est de nouveau imposée. Cela indique nécessairement que les bâtiments, les animaux de monture, les ustensiles et le mobilier deviennent soumis à la aumône obligatoire (Zakah) lorsqu'ils sont loués. »7
Ibn 'Aqil, a great, sharp-minded Hanbali jurist, exposses this view, as quoted approvingly by Ibn al Qayim in his book Bada'i al Fawa'id: "Ibn 'Aqil, in application of Ahmad's belief in the zakatability of jewelry used for rent, says that zakah must also be applied to buildings designated fro rent and every assets or commodity that is used for rental purposes." Ibn al Qayim continues, "Ibn 'Aqil points out that this view is the logical extension of our treatment of jewelry. Jewelry, according to our school, is not subject to zakah, but if jewelry is used as a rental item, zakah becomes obligated. If the designation for rent obligates zakah on an item that was originally not zakatable, this must apply to all non-zakatable items, i.e., the zakatability of an item depends on its state. Gold and silver are zakatable, but when they are made into women's ornaments designated for personal use, zakah is abolished on them. If again that same piece of jewelry changes its state into a rental item, zakah is imposed on it again. This necessarily indicates that buildings, animals used for riding, utensils, and furniture become zakatable when they are rented out."7
L'école de Hadawi
The school of Hadawi
L'auteur d'al-Bahr al-Zakhkhar écrit que les Hadawis, qui sont des chiites zaïdites, imposent la zakah sur tous les biens utilisés pour réaliser un profit, en se fondant sur le verset « Prélève une aumône sur leurs biens » qui est général et s'applique à ces biens. Ces biens sont destinés à générer des revenus et doivent être traités de la même manière que les biens commerciaux, et être soumis à la aumône obligatoire (Zakah) s'ils atteignent le seuil minimal (Nisab).9 L'auteur de Matn al-Azhar et ses commentateurs, également zaïdites, adoptent la même opinion concernant tous les biens dont les bénéfices se renouvellent sans épuiser le bien lui-même. Ainsi, la aumône obligatoire (Zakah), selon eux, n'est pas due sur les chevaux, les mulets, les ânes, les maisons, etc., sauf lorsqu'ils sont utilisés pour le commerce ou l'exploitation productive.
The author of al Bahr al Zakhkhar writes that the Hadawis, who are Zaidi Shi'ites, obligate zakah on all items used for making profit, on the basis that the verse "Out of their wealth take sadaqah" is general and applies to these assets. These assets are intended for income generation, and must be treated similarly to trade assets and zakated if they reach nisab.9 The author of Matn al Azhar and its commentators, also Zaidi, adopt the same opinion regarding all assets whose benefits renew without exhausting the asset itself. Thus zakah, according to them is not obligated on horses, mules, donkeys, houses, etc., except when they are used for trade or productive exploitation.
Al-Hadi a rapporté que si une personne achète un cheval dans le but de vendre sa progéniture, le cheval et sa progéniture sont tous soumis à la zakat. Al-Mu'ayyad Abu al-'Abbas et Abu Talib disent que c'est « parce que tous deviennent comme des biens de commerce ». Al-Mu'ayyad poursuit : « Il en va de même pour le ver à soie. » Al-Huqaini dit que la même règle s'applique aussi à la personne qui a acheté un arbre afin d'en vendre les fruits. On dit également qu'elle s'applique aux vaches et aux moutons élevés pour leur reproduction, leur lait, leurs produits laitiers et leur laine.10
Al Hadi is reported to have said that if a person purchases a horse for the purpose of selling its reproduction, the horse and its offspring are all zakatable. Al Mu'ayyad Abu al 'Abbas and Abu Talib say this is "because all become like trade assets." Al Mu'ayyad continues, "The same applies to the silkworm." Al Huqaini says the same also applies to the person who has purchased a tree in order to sell its fruits. It is also said to be applied to cows and sheep bred for their reproduction, milk, and dairy products and wool.10
L'auteur d'al-Bahr al-Zakhkhar cite comme preuve à l'appui de cet avis :
The author of al Bahr al Zakhkhar states as evidence supporting this view:
Objections des opposants
Objections of the opponents
Les savants qui tendent à restreindre l'obligation de l'aumône obligatoire (Zakah), tels qu'al-Shawkani et Siddiq Hasan Khan, s'opposent à cet avis. Cela n'a rien de surprenant, car ils s'opposent aussi à l'assujettissement à l'aumône obligatoire (Zakah) des biens commerciaux et des légumes. Leur argumentation se concentre sur deux points :
Scholars who tend to restrict the obligation of zakah, such as al Shawkani and Siddiq Hasan Khan, object to this opinion. This is no surprise, because they also object to the zakatability of trade assets and vegetables. Their argument concentrates on two points:
A. Le texte du hadith « Le musulman n'est pas tenu de verser une aumône obligatoire (Zakah) sur ses esclaves ni sur ses juments » est général dans son exemption des chevaux de l'aumône obligatoire (Zakah). Cette exemption couvre aussi les cas où les chevaux sont utilisés pour la location ou pour le commerce.
A. The text of the saying "No zakah is obligated on a Muslim's slaves and mares" is general in its exemption of horses from zakah. This exemption includes cases in which horses are used for renting or for trade.
B. L'obligation de l'aumône obligatoire (Zakah) sur des biens notoirement exemptés, tels que les maisons, les bâtiments et les animaux de monte, au seul motif qu'ils sont loués, était inconnue parmi les Compagnons et les générations qui les ont suivis, sans parler de son absence d'appui dans le Coran et la sunna. Bien qu'ils louaient leurs maisons, leurs vergers et leurs animaux, il ne vint à l'idée d'aucune de ces personnes de payer, à la fin de l'année, un impôt de 2,5 % sur leurs biens immobiliers ou sur leurs animaux. Ils quittèrent ce monde sans que leur tranquillité d'esprit fût troublée par de telles obligations rigoureuses, jusqu'à la fin du troisième siècle de l'émigration (Hijrah), lorsque cette forme d'aumône obligatoire (Zakah) fut revendiquée sur la seule base d'une analogie avec les biens commerciaux, analogie elle-même douteuse. De plus, cette analogie est incorrecte, car en location on échange l'usufruit du bien, tandis que dans le commerce on échange le bien lui-même.11
B. The obligation of zakah on assets known to be exempted such as houses, buildings, and riding animals, simply because they are being rented, was unheard of among the Companions and the generations that followed them, not to mention its lack of support from Qur'an and Sunnah. In spite of the fact that they used to hire and rent their houses, orchards and animals, it never occurred to any of these people to pay, at the end of the year, a 2,5% tax on their real estate or animals, They passed away with their peace of mind unbroken by such harsh obligations, until the end of the third century of Hijrah when this form of zakah was claimed on the basis of mere analogy to trade assets, which itself is dubious. Moreover, this analogy is itself incorrect because in renting one exchanges the benefit of the asset, while in trade one exchanges the asset itself.11
Pesée et discussion
Weighing and discussion
On peut soutenir que la parole « Aucune aumône obligatoire (Zakah) n'est due sur les esclaves et les juments d'un musulman » fonde l'exemption sur le fait que ces biens sont destinés à un usage personnel répondant à des besoins essentiels, pour le service et le transport. La grande majorité des savants, dès la troisième génération, rendent l'aumône obligatoire (Zakah) exigible sur eux lorsqu'ils sont destinés au commerce.
One can argue that the saying "No zakah is obligated on a Muslim's slaves and mares" founds the exemption on the basis that these items are for personal use that satisfies essential needs for services and transportation. The great majority of scholars, as early as the third generation, obligate zakah on them if they are designated for trade.
Ibn al Mundhir mentionne même qu'il existe un ijma' à ce sujet (consensus (Ijma’)). La formulation de la parole n'a jamais empêché une telle compréhension. L'absence de rapports provenant des Compagnons concernant la zakatabilité des biens loués et productifs peut être attribuée à la rareté de tels cas à leur époque. L'utilisation de biens fixes à des fins productives ou de location n'était pas si courante qu'il soit assez important pour que les gens expriment leur avis à ce sujet. L'auteur d'al Bahr al Zakhkhar note que l'affirmation selon laquelle les Hadawis contredisent l'ijma' sur ces questions est infondée, car il n'existe aucun rapport de nos prédécesseurs sur ces questions, dans un sens ou dans l'autre. L'auteur de Sharh al Azhar commente : « Je pense que l'avis d'al Hadi ne contredit pas l'ijma', car les Compagnons et les Suivants ont soit discuté de cette question et divergé à son sujet, soit se sont accordés sur un avis [rien n'est rapporté], soit n'ont pas du tout discuté de cette question. Il n'est pas nuisible d'en discuter à nouveau et d'exprimer des avis à ce sujet. »13
Ibn al Mundhir even mentions that there is ijma' on this. The wording of the saying never prevented such understanding, The lack of reports from the Companions concerning the zakatability of rented and productive assets may be attributed to the rarity of such incidents at their time. The use of fixed assets for productive purposes or rent was not so common as to make it important enough for people to give their opinions about it. The author of al Bahr al Zakhkhar notes that the claim that Hadawis contradict ijma' on this issues is baseless, because there are no reports from our predecessces on this issues either way.12 The author of Sharh al Azhar comments, "I believe that the view of al Hadi does not contradict ijma', because the Companions and the Followers either discussed this issue and differed on it or agreed on an opinion [nothing is reported] or did not discuss this issue at all. No harm is done by discussing it a new and expressing opinions on it."13
La deuxième tendance : l'aumône obligatoire (Zakah) prélevée sur le revenu des biens
The second trend: Zakah taken on an assets' income
Ahmad a rapporté que l'aumône obligatoire (Zakah) est due sur le loyer des maisons louées dès que le loyer est perçu. Cette position est citée par Ibn Qudamah.14 Dans les écrits des Malikites, Zarruq déclare dans Sharh al Risalah : « Il existe deux avis sur la zakatabilité des biens utilisés pour générer un revenu, tels que les logements locatifs. Premièrement, l'aumône obligatoire (Zakah) est due sur leur valeur perçue lors de la vente, et deuxièmement, l'aumône obligatoire (Zakah) est due sur leur revenu au moment où il est acquis. »15
Ahmad is reported to have said that zakah is obligated on the rent of rented houses whenever the rent is received. This is quoted by Ibn Qudamah.14 In the writings of the Malikites, Zarruq states in Sharh al Risalah that "There are two opinions on the zakatability of assets used for income, such as rental housing. One, zakah is due on their value received when sold, and two, zakah is due on their income when it is acquired."15
Cet avis second est important et trouve ses racines dans des opinions plus anciennes, émanant de certains Compagnons et de certains Suivants.
This second opinion is important and has its roots in older views from some Companions and Followers.
La position d'un groupe de Compagnons et de Suivants
The view of a group of Companions and Followers
Tous ceux qui affirment que les fonds gagnés sont soumis à la aumône obligatoire (Zakah) dès leur acquisition (sans que se soit écoulée une année) appliquent la même règle à la aumône obligatoire (Zakah) sur les revenus tirés de la production des usines et sur les revenus locatifs des voitures, bâtiments, avions, équipements, meubles et autres biens semblables. Nous verrons dans le chapitre consacré aux textes que tel est l'avis d'Ibn 'Abbas, d'Ibn Mas'ud, de Mu'awiyah, d'al Nasir, d'al Baqir et de Daud. Il est également attribué à 'Umar bin 'Abd al 'Aziz, al Hasan al Basri, al Zuhri, Makhul et al Awza'i.16
All those who say that earned funds are zakatable when acquired (without the passage of one year) apply the same rule with regard to zakah on income earned from the output of factories and rental income of cars, buildings, planes, equipment, furniture, and the like. We shall see in the text chapter that this is the opinion of Ibn 'Abbas, Ibn Mas'ud, Mu'awiyah, al Nasir, al Baqir, and Daud. It is also attributed to 'Umar bin.'Abd al 'Aziz, al Hasan al Basri, al Zuhri, Makhul, and al Awza'i.16
La preuve de cette opinion est la généralité de la parole : « Un quart d'un dixième est obligatoire sur l'argent monnayé. » Certains juristes ajoutent l'argument donné par al-Hadi, l'analogie entre les biens destinés à la location ou à la production et les biens destinés à la vente, au motif que vendre le bénéfice d'un bien revient à vendre une marchandise.
The evidence for this opinion is the generality of the saying ''One-quarter of onetenth is obligated on minted silver." Some jurists add the same argument given by al Hadi, the analogy of assets designated for renting or production and assets designated for sale, on the grounds that selling the benefit of the item is like selling a commodity.
Mais cette analogie implique que le seuil minimal (Nisab) des biens loués devrait être le même que celui de l'argent, soit deux cents dirhams, et que le taux devrait être de 2,5 %, comme l'affirme l'auteur d'al-Hasir fi Madhhab al-Nasir.17 Il est à noter que, selon cette position, la condition du passage d'une année ne s'applique pas.
But this analogy implies that rented assets' nisab should be the same nisab of money, two hundred dirhams, and the rate should be 2.5%, as stated by the author of al Hasir Fi Madhhab al Nasir.17 Notably, according to this view, the condition of the passage of one year does not apply.
Une opinion contemporaine : le revenu du travail est soumis à la zakat, comme les récoltes et les fruits
A contemporary view: Earned income is zakatable like crops and fruits
Cet avis rejoint le second courant parmi les juristes ayant fait jurisprudence, selon lequel l'aumône obligatoire (Zakah) est due sur le revenu tiré des biens exploités, loués et productifs, mais il estime que le taux applicable est celui de l'agriculture, soit un dixième ou un vingtième, par analogie avec les terres agricoles. Il existe une similitude entre le propriétaire d'une terre qui récolte ses fruits et ses produits, et le propriétaire d'un immeuble ou d'une usine qui perçoit son loyer ou sa production.
This opinion agrees with the second trend among the precedent-setting jurists in that zakah is due on earned income from exploited, rented, and productive assets, but it suggests that the applicable rate is that of agriculture, one-tenth or one-twentieths by analogy to agricultural land. There is similarity between owner of land who collects its fruits and produce, and the owner of a building or factory who collects its rent or output.
Tel est l'avis des savants défunts Abu Zahrah, 'Abd al Wahhab Khallaf et 'Abd al Rahman Hasan, exprimé lors d'une conférence sur l'aumône obligatoire (Zakah) à Damas, en 1952.18 Ils répartissent les biens en trois catégories :
This is the opinion of the late scholars Abu Zahrah, 'Abd al Wahhab Khallaf and 'Abd al Rahman Hasan, which they expressed in a lecture on zakah in Damascus, 1952.18 They classify assets into three categories:
1. Les biens acquis pour la satisfaction des besoins personnels et familiaux, tels que les maisons habitées par leur propriétaire, les denrées alimentaires conservées à la maison pour un usage quotidien, etc. Ceux-ci ne sont pas soumis à la zakat.
1. Assets acquired for the satisfaction of personal and family needs, such as houses inhabited by the owner, foodstuffs stored at home for daily use, etc. These ar not zakatable.
2. Les biens acquis dans le but d'en tirer un profit, ou par leur intermédiaire. Ces biens sont généralement conservés dans des coffres ou des lieux de stockage. Ils sont unanimement soumis à la zakat.
2. Assets acquired for the purpose of making profit with them or with their help. These assets are usually stored in vaults or storage places. They are unanimously zakatable.
Elles comprennent les biens mentionnés par le Prophète ﷺ comme soumis à la zakat. D'autres biens sont ajoutés à cette catégorie par analogie.
They include the items mentioned by the Prophet (p) as zakatable. Other items are added to this category on the basis of similarity.
3. Les biens qui sont parfois utilisés pour la croissance ou le profit et parfois pour les besoins personnels, tels que les bijoux et les animaux domestiques. Les juristes divergent quant à l'assujettissement de ces biens à la zakat.
Discussion et considération
Discussion and consideration
Le point de vue de ces trois éminents savants est conforme au second courant établi par nos prédécesseurs, qui consiste à prélever l'aumône obligatoire (Zakah) sur le revenu des bâtiments et des usines. La seule différence réside dans le taux appliqué. Cet avis est le plus convaincant, car il repose sur l'analogie solide entre le revenu des biens immobiliers et celui des terres agricoles. C'est l'avis que je retiens, avec les remarques suivantes.
The view of these three respected scholars is consistent with the second trend established by our predecessors in charging zakah on the income of buildings and factories. The only difference is in the rate applied. This opinion is most persuasive, since it is based on the sound analogy between the income of fixed assets and that of agricultural land. This is my selected view with the following remarks:
Cet avis inclut les usines et les bâtiments parmi les biens soumis à la aumône obligatoire (Zakah), sans fournir de critères généraux applicables à l'ensemble des capitaux productifs semblables. Notre époque connaît d'autres formes d'investissement rentable, telles que les élevages de bétail et de volaille et les entreprises de location de moyens de transport. Toutes ces formes de capitaux investis sont semblables aux usines et aux bâtiments et doivent être traitées de la même manière, sans distinction entre les différentes formes que peut prendre le capital investi. Nous avons relevé que le Prophète ﷺ a prélevé la aumône obligatoire (Zakah) sur le miel, qui est le produit des abeilles, un bien mobilier, contrairement aux bâtiments.
This opinion includes factories and buildings among zakatable assets, without providing general criteria that can be applied to all similar productive capital. This era of ours witnesses other forms of profitable investment, such as cattle and poultry farms and transportation rental firms. All these forms of invested capital are similar to factories and buildings and should be treated like them, without distinction between the different forms invested capital may take. we have noted that the Prophet (p) collected zakah from honey, which is the output of bees, a mobile asset, unlike buildings.
Par ailleurs, la comparaison entre les maisons louées et les terres agricoles n'est pas exempte de controverse. L'affirmation selon laquelle il n'y a aucune différence entre un propriétaire qui tire un revenu de ses terres agricoles et un propriétaire qui perçoit un revenu de bâtiments est rejetée, au motif que l'aumône obligatoire (Zakah) sur les produits agricoles ne repose pas sur la propriété de la terre, mais sur la propriété des récoltes elles-mêmes, laquelle peut exister même si la terre est louée. L'analogie valable doit être établie entre le propriétaire d'une terre louée, qui ne perçoit que son loyer, et le propriétaire d'un bâtiment loué, qui perçoit également un loyer. Une telle analogie doit assurément être précédée d'une discussion sur l'assujettissement à l'aumône obligatoire (Zakah) du loyer des terres agricoles, discussion menée dans les chapitres précédents, et de la conclusion qui y a été atteinte, à savoir qu'il doit être soumis à la Zakah.
SECTION TROIS : SEUIL MINIMAL (Nisab) DES BÂTIMENTS ET ACTIFS SEMBLABLES
SECTION THREE NISAB OF BUILDINGS AND SIMILAR ASSETS
Les trois éminents professeurs ne traitent pas de la question du seuil minimal (Nisab) sur le revenu des immeubles et des usines. Quel devrait être ce seuil minimal ? Est-il comparable à celui des récoltes et des fruits, c'est-à-dire cinq wasq, ou à celui de l'argent ? Il semble que le seuil minimal (Nisab) doive être fixé de manière similaire à celui de l'argent, dans la mesure où les propriétaires d'immeubles et d'usines perçoivent leurs revenus sous forme monétaire, à travers les loyers.
The three renowned professors do not discuss the issue of nisab on the income of buildings and factories. How much should this nisab be? Is it like that of crop and fruits, i.e. five wasq, or is it like the nisab of money? It seems that nisab should be set as similar to that of money, as long as owners of buildings and factories receive their income from rent in monetary form.
La période pendant laquelle les conditions du seuil minimal (Nisab) sont remplies
The period in which the nisab conditions is fulfilled
Puisque le flux de revenus est toujours lié au temps, se pose la question de la période d'accumulation des revenus. Faut-il appliquer le seuil minimal (Nisab) sur le revenu mensuel, hebdomadaire ou annuel ? Il semble que la période annuelle soit la plus appropriée pour l'examen du seuil minimal (Nisab), d'autant que les revenus des individus et des États, ainsi que les loyers, sont généralement évalués et considérés sur une base annuelle. Il est mentionné que certains savants, qui estiment que le revenu du travail est soumis à la zakat dès son acquisition, considèrent également que si le loyer annuel atteint le seuil minimal (Nisab), il doit être acquitté au moment où le loyer est perçu.
Since the flow of income is always time related, the question of the time for the accumulation of income arises. Should we apply nisab on the monthly, weekly, or yearly income? It seems that the yearly interval is the most suitable period of time for the consideration of nisab, especially since incomes of individuals and states, as well as rental proceeds, are usually estimated and considered on a yearly basis. It is mentioned that some of the scholars who believe that earned income is zakatable when acquired believe also that if the yearly rent reaches nisab, it must be zakated when rent is obtained.
Par conséquent, les loyers et revenus perçus mensuellement seront traités comme des fruits récoltés périodiquement, et toutes les récoltes seront alors additionnées ensemble, ce qui est l'avis de l'école d'Ahmad. L'auteur d'al-Mughni dit : « Les fruits récoltés en plusieurs cueillettes sont additionnés tant qu'ils proviennent de la récolte de la même année, qu'ils mûrissent tous en même temps ou non. Lorsque vient la première récolte, la seconde pousse des mêmes plantes au cours de l'année doit être ajoutée à la première, comme dans le cas des palmiers qui donnent des fruits deux fois par an. Les deux récoltes sont additionnées ensemble. »21
Consequently, monthly earned rent and income will be treated like fruits that are collected periodically and then all the collections are added together, which is the opinion of the school of Ahmad. The author of al Mughni says, "Fruits collected on several pickings are added together as long as they are of the same year's harvest, whether they all ripen together or not, and when the first harvest comes, the second growing of the same plants during the year must be added to the first, like in the case of palm trees that carry fruit twice a year. Both harvests are added together."21
Déduction des dépenses et des dettes sur le revenu
Deduction of expenses and debts from income
À mon avis, l'aumône obligatoire (Zakah) doit être calculée sur la base du revenu net, après déduction des dépenses et des coûts tels que les salaires, l'entretien, les impôts, etc. De plus, les dettes dues à autrui ainsi que les dépenses personnelles et familiales sont déductibles, selon l'avis de 'Ata et d'autres. 'Ata dit : « Déduisez vos dépenses et acquittez l'aumône obligatoire (Zakah) sur le reste. » Cet avis est également soutenu par Ibn al-'Arabi dans son Sharh al-Tirmidhi.
My opinion is that zakah must be calculated on the basis of net income, after deducting expenses and costs such as wages, maintenance, taxes, etc. Additionally, debts that are due to others and personal and family expenses are deductible, according to the opinion of 'Ata and others. 'Ata says to "Deduct your expenses and pay zakah on the rest." This is also supported by Ibn al 'Arabi in his Sharh al Tirmidhi.
Déduction d'un coût de la vie minimum
Deduction of a minimum cost of living
Il ne fait aucun doute qu'il existe des personnes dont la seule source de revenu est le loyer d'une maison, les bénéfices d'un petit atelier artisanal, ou quelque chose de similaire. De tels revenus peuvent appartenir à une personne âgée retraitée, à une veuve, ou à des enfants orphelins. Ces propriétaires, et d'autres semblables, dont la seule source de revenu provient de la location ou du produit d'actifs fixes, ont-ils droit à un certain montant déduit pour leur coût de la vie ? Ou l'aumône obligatoire (Zakah) doit-elle être calculée sur le revenu brut ?
Undoubtedly, there exist people whose only source of income is the rent from a house, the earnings from a small craftshop, or something similar. Such incomes may belong to an old retired person, a widow, or orphaned children. Are these and similar owners whose only source of income is rent of output derived from fixed assets allowed a certain amount as a deduction for their cost of living. Or must zakah be calculated on the gross income?
Il est évident qu'une exemption correspondant à un minimum de subsistance est conforme à la justice de l'Islam, à condition que ce minimum soit déterminé par des experts pieux et intègres.
It is obvious that an exemption of a minimum cost of living is consistent with the justice of Islam, so long as such a minimum is determined by experts who are righteous.
L'aumône obligatoire (Zakah) ne doit être calculée sur le reliquat que si celui-ci atteint le seuil minimal (Nisab). Cet avis est appuyé sur deux points :
Zakah must be calculated on the residual only if it equals nisab. This opinion is substantiated by two points:
1. Les juristes considèrent que les biens dont les propriétaires ont besoin pour satisfaire leurs besoins essentiels sont épuisés et, en ce qui concerne la aumône obligatoire (Zakah), inexistants. Ils donnent l'exemple de l'eau pour une personne assoiffée. Une personne assoiffée peut faire ses ablutions avec de la terre [tayammum] malgré la présence d'eau, car tant que l'eau est épuisée par la soif de cette personne, elle ne peut être comptée.
1. Jurists consider assets which are needed by owners to satisfy basic needs as exhausted and, with respect to zakah, non-existing. They give the example of water for thirsty person. A thirsty person can make ablution with soil [tayammum] in spite of the presence of water, because as long as the water is exhausted by the thirst of the person, it cannot be counted.
2. Les hadiths mentionnés précédemment ordonnent aux estimateurs de dattes et de raisins de procéder à une déduction, afin de faciliter la tâche aux propriétaires. Le Prophète ﷺ leur a dit de « déduire un tiers, et si vous ne déduisez pas un tiers, alors déduisez un quart ». Cette déduction sur la quantité totale soumise à la zakat tient compte de ce que les propriétaires consomment pour subvenir à leurs besoins. Il pourrait même être plus facile et plus simple, sur le plan du calcul, de déduire un tiers ou un quart, conformément à l'esprit de ces hadiths.
1. Al Rawdah al Nadiyah, tome 1, p. 194.
1. Al Rawdah al Nadiyah, Vol. 1, p. 194.
2. Sharh al Tirmidhi, vol. 3, p. 104.
2. Sharh al Tirmidhi, Vol. 3, p. 104.
3. Al Risalah, éd. Ahmad Shakir, p. 193-194.
3. Al Risalah, ed. Ahmad Shakir, pp. 193-194.
4. Sharh al Tirmidhi, vol. 3, p. 104.
4. Sharh al Tirmidhi, Vol. 3, p. 104.
5. Al Hidayah avec Fath al Qadir, vol. 1, p. 487.
5. Al Hidayah with Fath al Qadir, Vol. 1, p. 487.
6. Al 'Inayah, p. 487.
6. Al 'Inayah, p. 487.
7. Badai' al Fawa'id, vol. 3, p. 143.
7. Badai' al Fawa'id, Vol. 3, p. 143.
8. Bidayat al Mujtahid, vol. 1, p. 237.
8. Bidayat al Mujtahid, Vol. 1, p. 237.
9. Al Bahr al Zakhkhar, vol. 2, p. 147.
9. Al Bahr al Zakhkhar, Vol. 2, p. 147.
10. Sharh al Azhar, d'Ibn Miftah et ses commentaires, pp. 450-451, et 475.
10. Sharh al Azhar, by Ibn Miftah and its commentaries, pp. 450-451, and 475.
1. Al Rawdah, op. cit.
11. Al Rawdah, op. cit.
12. Al Bahr al Zakhkhar, Vol. 2, p. 148.
12. Al Bahr al Zakhkhar, Vol. 2, p. 148.
13. Sharh al Azhar, Vol. 1, p. 450.
13. Sharh al Azhar, Vol. 1, p. 450.
14. Al Mughni, pp. 29 et 47.
14. Al Mughni, pp. 29 and 47.
15. Sharh al Risalah, Vol. 1, p. 329.
15. Sharh al Risalah, Vol. 1, p. 329.
16. Voir « La zakatabilité du revenu gagné » dans le chapitre suivant.
16. See "Zakatability of Earned Income" in the next chapter.