Chapitre six : Pour l'amour de Dieu
4.6 Chapter Six For The Sake Of God
La septième catégorie de répartition de la zakat est exprimée dans le Coran par l'expression « fi sabil Allah » [dans le sentier d'Allah]. À qui cette part de la zakat est-elle versée ? Le sens linguistique du terme est assez évident. « Sabil » signifie chemin, et « sabil Allah » est le chemin qui mène à l'agrément d'Allah. Ibn al-Athir dit : « … "sabil Allah" est suffisamment général pour couvrir toute action ou tout acte accompli sincèrement en vue d'Allah, y compris l'accomplissement des obligations religieuses et des actes d'adoration et de bienfaisance surérogatoires. Lorsque l'expression "fi sabil Allah" n'est pas qualifiée, elle signifie généralement le jihad [combat pour la cause d'Allah], de sorte que le terme semble souvent restreint au sens de jihad. » Cette analyse de l'expression « fi sabil Allah » par Ibn al-Athir fait apparaître deux points importants :
The seventh category of zakah distribution is expressed in the Qur'an as "fi sabil Allah" [in the way of God]. To whom is this share of zakah paid? The linguistic meaning of the term is quite obvious. "Sabil" means way, and "sabil Allah" is the way that leads to pleasing God. Ibn al Athir says ". . . 'sabil Allah' is general enough to cover every action or deed sincerely intended for the sake of God, including fulfilling religious obligations and voluntary worships and deeds. When the term 'fi sabil Allah' is not modified, it usually means jihad [fighting for the sake of God], so the term often appears to be restricted to the meaning of jihad." This analysis of the term 'fi sabil Allah' by Ibn al Athir shows two important points:
Le terme désigne à l'origine toute action accomplie dans le seul but de servir la cause de Dieu, y compris toutes les bonnes œuvres, individuelles et collectives.
1. The term originally means every action intended solely to serve the cause of God, including all good deeds, individual and collective.
2. Sans modification, le terme est communément compris comme signifiant le combat pour la cause de Dieu, car l'usage fréquent en restreint presque le sens au combat pour la cause de Dieu.
2. Unmodified, the term is commonly understood to mean fighting for the sake of God, since frequent usage almost restricts the meaning to fighting for the sake of God.
Ces deux significations du terme racontent toute une histoire de divergences entre les juristes au sujet de cette septième catégorie de répartition de l'aumône obligatoire (Zakah). Il est évident que tous s'accordent à considérer que combattre pour la cause de Dieu relève de cette catégorie ; leurs divergences portent sur la question de savoir si elle peut aussi englober d'autres bonnes œuvres accomplies pour plaire à Dieu. La discussion qui suit expose les avis des juristes sur ce point.
These two meanings of the term tell a whole story of differences among jurists on this seventh category of zakah distribution. Obviously, all agree that fighting for the sake of God is included in this category; their differences center on whether this category may also cover other good deeds intended to please God. The following discussion describes the opinions of jurists on this matter.
L'avis hanafite
The Hanafite view
Selon Abu Yusuf, la catégorie de fi sabil Allah comprend les combattants qui ne disposent pas de fonds suffisants pour leurs montures et leurs dépenses, au point que cela les empêche de combattre. L'aumône (Sadaqah) leur est licite même s'ils sont capables de gagner un revenu, car le travail les détournerait du combat. Muhammad entend ce terme comme incluant ceux qui veulent accomplir le pèlerinage mais ne le peuvent pas faute d'argent. Il présente comme preuve un récit selon lequel un homme qui avait consacré sa chamelle dans la voie d'Allah (fi sabil Allah) fut ordonné par le Messager d'Allah ﷺ de transporter des pèlerins sur celle-ci. En outre, le pèlerinage est accompli pour l'amour d'Allah, car il est une obéissance à Ses ordonnances.
According to Abu Yusuf, the category of fi sabil Allah includes fighters who do not have sufficient funds for rides and expenses in such a way that impedes them from fighting. Sadaqah is lawful to them even if they are able to earn income, since working would deter them from fighting. Muhammad understands the term to include those who want to perform pilgrimage but cannot do so for lack of money. He presents as evidence a report that a man who devoted his camel in the way of God (fi sabil Allah) was ordered by the Messenger of God (p) to carry pilgrims on it. Additionally, pilgrimage is for the sake of God, as it is an obedience to his ordinances.
Certains hanafites soutiennent que cette catégorie inclut les étudiants à plein temps. L'auteur d'al Fatawa al Zahiriyyah ne mentionne que cette catégorie dans son interprétation de l'expression fi sabil Allah. D'autres rejettent cette interprétation au motif que, lorsque le verset a été révélé, la notion d'étudiant à plein temps n'existait pas. D'autres répondent qu'étudier à plein temps peut signifier acquérir la connaissance de la charia, comme le pratiquaient à plein temps ces Compagnons qui accompagnaient le Prophète ﷺ pour recevoir son enseignement à Médine, connus sous le nom de gens d'as-Suffah [nom du lieu situé devant la mosquée du Prophète ﷺ à Médine, où ces gens vivaient sous des tentes]. Dans al Bada'i', al Kasani affirme que toutes les personnes qui accomplissent des actes d'obéissance à Dieu et encouragent les bonnes actions peuvent être aidées au titre de fi sabil Allah, suivant le sens linguistique originel de l'expression. Ibn Nujaim commente dans al Bahr : « Il est évident que la condition de pauvreté est nécessaire dans tous les cas », mais Rashid Rida soutient qu'une telle restriction supprime toute la catégorie de fi sabil Allah en tant que groupe distinct de bénéficiaires, puisque la première catégorie couvre toutes les personnes pauvres.4
Some Hanafites argue that this category includes full-time students. The author of al Fatawa al Zahiriyyah mentions only this category in his interpretation of the term fi sabil Allah. Others reject this interpretation on the grounds that when the verse was revealed, the concept of full-time students did not exist. Others reply that studying full time can mean acquiring knowledge of Shari'ah, as practiced full-time by those Companions who accompanied the Prophet (p) to receive knowledge from him in Madinah, known as the people of al Suffah [the name of the place in front of the Prophet's mosque in Madinah where these people used to live in tents]. In al Bada'i', al Kasani says all those who do deeds of obedience to God and promote good actions can be helped as fi sabil Allah, following the original linguistic meaning of the term. Ibn Nujaim in al Bahr comments, "It is obvious that the condition of poverty is necessary in all cases,"2 but Rashid Rida argues that such a restriction eliminates the whole category of in the way of God as a separate group of recipients, since the first category covers all poor persons.3,4
La position malikite
The Malikite view
Dans Ahkam al Qur'an, Ibn al 'Arabi cite la remarque de Malik : « Les voies d'Allah sont multiples, mais je ne connais aucun désaccord sur le fait que ce qui est visé ici par fi sabil Allah est le combat, par opposition aux autres voies d'Allah. » Muhammad bin 'Abd al Hakam dit : « Sur l'aumône (Sadaqah), on peut payer la valeur de la nourriture, des armes et autres outils de guerre [des combattants]. Cela inclut le fait d'empêcher les ennemis d'envahir les terres musulmanes, puisque toutes ces actions relèvent du combat pour la cause d'Allah. Le Prophète ﷺ a donné cent chameaux prélevés sur l'aumône (Sadaqah) en réconciliation après l'attaque contre Sahl bin Abi Khathamah. Il l'a fait afin d'empêcher un grave trouble violent. »6
In Ahkam al Qur'an, Ibn al 'Arabi quotes Malik's remark, "The ways of God are manifold, but I know of no disagreement that what is meant by fi sabil Allah here is fighting, as distinct from other ways of God," Muhammad bin 'Abd al Hakam's says "From sadaqah, the value of food, arms, and other tools of war [of the fighters] can be paid. This includes preventing enemies from invading Muslim lands, since all these are actions related to fighting for the sake of God. The Prophet (p) gave one hundred camels from sadaqah in reconciliation after the attack against Sahl bin Abi Khathamah. He did so in order to prevent a major violent disturbance."6
L'auteur du Sharh al Dardir sur le Matn Khalil écrit : « L'aumône obligatoire (Zakah) peut être donnée aux combattants et aux gardes-frontières, et servir à acheter du matériel de guerre, tel que les armes et les chevaux.
The author of Sharh al Dardir on Matn Khalil writes, "Zakah can be given to fighters and border guards, and to buy war machinery, such as weapons and horses.
Les combattants peuvent recevoir l'aumône obligatoire (Zakah) même s'ils sont riches, car elle leur est donnée parce qu'ils combattent dans le sentier de Dieu et non en raison de la pauvreté. Les espions peuvent également recevoir l'aumône obligatoire (Zakah), même s'ils sont mécréants.7
Fighters may take zakah even if they are rich, since they are given because they are fighting for the sake of God and not because of poverty. Spies can also be given zakah, even if they are unbelievers."7
La position malikite peut se résumer ainsi :
The Malikite view can be summarized as follows:
1. Ils s'accordent à dire que « dans le sentier de Dieu » se limite au combat et à la défense des terres musulmanes.
1. They agree that "in the way of God" is restricted to fighting and guarding Muslim land.
La position chaféite
The Shaifi'ite view
Avec al-Nawawi dans al-Minhaj, et Ibn Hajar al-Haithami dans son commentaire de celui-ci, les chafi'ites considèrent que « dans la voie de Dieu » inclut les combattants volontaires qui ne reçoivent pas de salaire du gouvernement. Pour reprendre les mots d'Ibn Hajar, « les combattants volontaires combattent sans salaire lorsqu'ils sont motivés, et sinon ils travaillent dans le commerce et les métiers ». Il ajoute : « Sabil Allah signifie, linguistiquement, la voie qui mène à Lui. Il est souvent employé pour désigner le combat pour Sa cause, qui peut signifier le martyre menant à l'agrément de Dieu. »
Along with al Nawawi in al Minhaj and Ibn Hajar al Haithami in his commentary on the same, Shafi'ites believe "in the way of God" includes voluntary fighters who do not receive salaries from the government. To use Ibn Hajar's words, "volunteer fighters fight without salaries when motivated, and otherwise they work in businesses and crafts." He adds, "Sabil Allah linguistically means the way that leads to Him. It is often used to mean fighting for His cause, which may mean martyrdom that leads to pleasing God.
« Ensuite, le terme a été appliqué à ceux qui combattent sans rémunération, puisqu'ils consentent à de plus grands sacrifices que les soldats salariés et méritent qu'on leur accorde ce qui les aide à assumer ce devoir, même s'ils sont riches. »9
Then the term was applied to those who fight without compensation, since they sacrifice more than salaried soldiers and deserve to be given what helps them undertake this duty, even if they are rich."9
Al-Shafi'i dit dans al-Umm : « Les voisins de la zone où est perçue l'aumône obligatoire (Zakah) qui combattent peuvent recevoir cette part pour la cause de Dieu, qu'ils soient pauvres ou riches. Les personnes autres que les combattants ne doivent pas recevoir cette part, à moins qu'elles ne défendent ou ne protègent les combattants. »
Al Shafi'i in al Umm says, "Neighbors of the area where zakah is collected who fight can be given the share for the sake of God whether they are poor or rich. People other than fighters must not be given this share unless they defend or guard the fighters.
Zakah peut être donnée à ceux qui empêchent les mécréants de les attaquer.10 Sa condition selon laquelle seuls les voisins peuvent la recevoir repose sur son principe selon lequel l'aumône obligatoire (Zakah) ne doit pas être transférée d'une région à une autre. Dans al Rawdah, al Nawawi dit : « Les combattants peuvent recevoir leurs frais et leurs vêtements pour la période allant de leur départ au combat jusqu'à leur retour, même s'ils restent longtemps aux postes frontaliers. Deux avis existent quant au paiement de toutes leurs dépenses ou seulement des surcoûts occasionnés par le voyage vers la guerre. Le combattant peut aussi recevoir de l'argent pour acheter une jument, des armes et d'autres équipements de guerre. Ce qu'il achète lui appartient définitivement. Toutefois, il est permis de louer la monture et les armes auprès d'autrui et de les fournir aux combattants ; cela dépend de la disponibilité des fonds. Les combattants qui ne savent pas combattre à cheval ne doivent pas recevoir la valeur d'une jument. » Al Nawawi ajoute : « Dans certains commentaires sur al Miftah, il est indiqué que le combattant peut recevoir ses frais ainsi que ceux de sa famille pendant toute la période de son absence. La plupart des savants ne mentionnent pas les frais de la famille, mais cela semble raisonnable. L'État peut donner au combattant sa monture et ses armes en propriété permanente, les louer ou les prendre à bail pour les combattants, ou les acheter et les conserver en waqf, qui, après la fin de la guerre, seraient restitués à l'État pour être utilisés par d'autres combattants.11
La position hanbalite
The Hanbalite view
Comme les chaféites, les hanbalites limitent l'expression fi sabil Allah aux combattants volontaires qui ne reçoivent pas de salaire régulier, ou qui reçoivent moins que ce qui leur suffit, même s'ils sont riches. Les gardes-frontières sont assimilés aux combattants. Il est indiqué dans le Ghayat al-Muntaha et son commentaire que l'État peut acheter des chevaux avec l'aumône obligatoire (Zakah) et les remettre aux combattants, même si le combattant est lui-même un payeur de l'aumône obligatoire (Zakah). Il est permis d'acheter des navires de guerre, ainsi que tout autre équipement, selon la décision de l'État. En revanche, un payeur individuel de l'aumône obligatoire (Zakah) n'a aucune autorité pour acheter un cheval et le consacrer au combat dans la voie de Dieu, car les payeurs individuels de l'aumône obligatoire (Zakah) sont tenus de s'acquitter de la Zakah, et cela ne constitue pas un paiement.13
Like Shafi'ites, Hanbalites restrict the term fi sabil Allah to volunteer fighters who receive no regular salaries, or who receive less than what is sufficient for them, even if they are rich. Border guards are included with fighters. It is stated in Ghayat al Muntaha and its commentary that the state may buy horses with zakah and give them to the fighters, even if the fighter is a zakah payer. It is permissible to buy warships, as well as all other equipment, as decided by the state. On the other hand, an individual zakah payer has no authority to buy a horse and devote it to fighting for the sake of God, because individual zakah payers are required to pay zakah and this is not payment.13
Il existe deux rapports d'Ahmad concernant le pèlerinage. Le premier est que le pèlerinage fait partie de cette catégorie. Un pauvre peut recevoir l'aumône obligatoire (Zakah) pour accomplir le pèlerinage obligatoire, d'après une parole d'Umm Ma'qil al Asdiyyah. Son mari avait consacré un chameau pour l'amour de Dieu, et elle projetait d'accomplir le petit pèlerinage (Umrah) [visite de la Grande Mosquée de La Mecque pour un rite autre que le pèlerinage]. Lorsqu'elle demanda à utiliser le chameau, son mari refusa. Elle en fit part au Prophète ﷺ. Le Prophète (p)
There are two reports from Ahmad concerning pilgrimage. The first is that pilgrimage is included in this category. A poor person may be given zakah to perform obligatory pilgrimage, based on a saying from Umm Ma'qil al Asdiyyah. Her husband had devoted a camel for the sake of God, and she planned to make 'Umrah [visiting the Grand Mosque in Makkah for a ritual other than pilgrimage]. When she asked to use the camel, her husband refused. She mentioned this to the Prophet. The Prophet (p)
Il lui ordonna de la laisser utiliser la chamelle, en disant : « Le pèlerinage et le petit pèlerinage (Umrah) sont pour Dieu. »15 Cela est rapporté d'Ibn Abbas et d'Ibn 'Umar. C'est aussi l'avis d'Ishaq.
Points d'accord entre les quatre écoles
Points of agreement of the four schools
Les quatre écoles s'accordent sur trois points :
The four schools agree on three points:
1. Le jihad (combattre dans le sentier d'Allah) est assurément compris dans la catégorie « fi sabil Allah ». 2. Il est permis de remettre l'aumône obligatoire (Zakah) aux combattants. Affecter l'aumône obligatoire (Zakah) à l'achat d'équipements et d'armes ne fait pas l'objet d'un consensus.
1. Jihad (fighting for God's sake) is definitely included in the category "fi sabil Allah." 2. It is lawful to give the fighters zakah. Spending zakah on equipment and arms is not agreed upon.
3. Il n'est pas permis de dépenser la aumône obligatoire (Zakah) pour des intérêts publics ou de bonnes œuvres générales, tels que les canaux d'irrigation, les barrages, les mosquées, les écoles, les routes et les autoroutes, etc. Ces dépenses doivent être financées à partir d'autres fonds de l'État, tels que le fay' et l'impôt foncier (Kharaj). Les Hanafites ne l'autorisent pas, au motif que les bénéficiaires doivent posséder ce qui leur est versé, tandis que d'autres ne l'autorisent pas au motif que de telles dépenses ne figurent pas parmi les huit catégories. Quant à la déclaration d'al-Kasani citée ci-dessus, elle est restreinte par sa condition selon laquelle la aumône obligatoire (Zakah) doit être possédée par le bénéficiaire.
3. It is not permissible to spend zakah on public interests or general good deeds such as irrigation canals, dams, mosques, schools, roads, and highways, etc. These must be paid for from other state funds, such as fai' and kharaj. Hanafites do not allow this on the grounds that the recipients must own what is paid them, while others do not allow it on the grounds that such spending is not included in the eight categories. As for al Kasani's above-quoted statement, it is restricted by his condition that zakah must be made owned by the recipient.
Abou Hanifa est le seul à exiger que les combattants soient pauvres pour recevoir l'aumône obligatoire (Zakah), et Ahmad est le seul à autoriser le versement de celle-ci aux pèlerins et aux visiteurs de la Mosquée sacrée de La Mecque.
Abu Hanifah alone requires that the fighters be poor in order to be given zakah, and Ahmad alone allows payment to pilgrims and visitors of the Sacred Mosque in Makkah.
Les Chafiites et les Hanbalites partagent la condition que les combattants soient volontaires, tandis que tous, à l'exception des Hanafites, s'accordent à affecter l'aumône obligatoire (Zakah) à l'équipement, aux armes et aux autres nécessités du jihad.
Shafi'ites and Hanbalites share the condition that fighters be volunteers, while all but the Hanafites agree on spending zakah on equipment, arms, and other necessities of jihad.
Ceux qui élargissent le sens de « pour l'amour de Dieu »
Those who expand the meaning of "for the sake of God"
Certains savants, anciens et contemporains, tendent à élargir le sens de l'expression « dans le sentier de Dieu » pour y inclure les bonnes œuvres en général, conformément à l'indication première du terme. Al Razi, dans son commentaire du Coran, remarque que le sens apparent de l'expression fi sabil Allah n'est pas limité aux combattants. Il ajoute : « C'est pourquoi l'explication qu'al Qaffal donne du verset mentionne que certains juristes autorisent de dépenser des aumône (Sadaqah) pour toutes sortes de bonnes œuvres, y compris la fourniture de cercueils pour les défunts, la construction de fortifications et de mosquées, puisque “dans le sentier de Dieu” couvre tout cela. »18 Mais al Razi ne nomme pas ces juristes et ne fait aucun commentaire sur sa citation d'al Qaffal.
Some scholars, early and contemporary, tend to expand the meaning of the term "for the sake of God," to include good deeds in general, in accordance with the original indication of the term. Al Razi in his commentary on the Qur'an remarks that the apparent meaning of the term fi sabil Allah is not restricted to fighters. He adds, "For this reason, al Qaffal's explanation of the verse mentions that some jurists allow spending sadaqat on all kinds of good deeds, including supplying coffins for the deceased and building fortifications and mosques, since 'in the way of God' covers all these."18 But al Razi does not name these jurists, and makes no comment on his quote from al Qaffal.
Ibn Qudamah attribue cette opinion à Anas bin Malik et à al-Hasan al-Basri, qui disent : « La zakah donnée sur les ponts et les grandes routes est acceptable. »19 Il en conclut que cette déclaration autorise l'emploi de la aumône obligatoire (Zakah) pour la construction et la réparation des ponts et des routes, mais l'élucidation du contexte de cette déclaration par Abu 'Ubaid lui donne un sens différent. Il explique que des marchands musulmans passaient devant le poste des agents de l'ushr sur les ponts et les grandes routes pour acquitter les droits sur les marchandises introduites dans le pays (25 % de la valeur des marchandises). Abu 'Ubaid rapporte que certains Tabi'un, dont Ibrahim et al-Sha'bi, affirment qu'il est permis de comptabiliser ce qui est versé à ces percepteurs comme aumône obligatoire (Zakah). Cela est explicitement attribué à al-Hasan, qui, selon Abu 'Ubaid, s'accorde avec Anas, Ibrahim, al-Shaibah et Muhammad bin 'Ali.20 Un récit semblable est rapporté par Ibn Abi Shaibah d'après Anas et al-Hasan, sous le titre de « comptabiliser comme aumône obligatoire (Zakah) ce qui est versé aux agents de l'ushr ».21 La compréhension qu'Ibn Qudamah fait de la déclaration d'Anas et d'al-Hasan est donc erronée, puisque « donnée sur les ponts » signifie versée aux ponts et non dépensée pour la construction ou la réparation des ponts.
Ibn Qudamah attributes this opinion to Anas bin Malik and al Hasan al Basri, who say "Zakah given on bridges and highways is acceptable."19 He concludes that this statement allows expending zakah on building and repairing bridges and roads, but Abu 'Ubaid's elucidation of the context of this statement gives it a different meaning. He explains that Muslim merchants used to pass through the 'ushr officers' booth on bridges and highways to pay dues on merchandise brought in the country (25% percent of the value of the merchandise). Abu 'Ubaid reports that some Followers, including Ibrahim and al Sha'bi say it is permissible to count what is paid to those tax officers as obligated zakah. This is explicitly attributed to al Hasan, who, Abu 'Ubaid argues, agrees with Anas, Ibrahim, al Shaibah, and Muhammad bin 'Ali.20 A similar story is reported by Ibn Abi Shaibah from Anas and al Hasan, under the title of "counting what is paid to 'ushr officers as zakah."21 Ibn Qudamah's understanding of the statement by Anas and al Hasan is thus incorrect, since "given on bridges" means paid at bridges and not spent on bridge construction and repair.
L'avis ja'fari
The Ja'fari view
Le livre al Mukhtasar al Nafi' explique que « dans le sentier de Dieu » englobe tout ce qui profite aux musulmans ou les rapproche de Dieu, tel que le pèlerinage, le combat et la construction de systèmes d'irrigation. Certains Ja'farites affirment que cela concerne uniquement le jihad.22
The book al Mukhtasar al Nafi' explains that "in the way of God" includes everything that benefits Muslims or brings them closer to God, such as pilgrimage, fighting, and building irrigation systems. Some Ja'farites say it only relates to jihld.22
L'auteur de Jawahir al Kalam fi Sharh Shara'i' al Islam, une encyclopédie ja'farite de jurisprudence, affirme que les intérêts publics tels que l'irrigation, les mosquées, le pèlerinage et toutes les bonnes œuvres sont compris dans l'expression « dans le chemin de Dieu ». Il ajoute : « Tel est l'avis de la majorité des savants postérieurs, appuyé par le sens même du terme, car « sabil » signifie chemin, et le chemin de Dieu englobe tout ce qui Lui est agréable, qu'il s'agisse de combattre pour Sa cause ou d'autres choses. »23
The author of Jawahir al Kalam fi Sharh Shara'i' al Islam, a Ja'fari encyclopedia of jurisprudence, states that public interests such as irrigation, mosques, pilgrimage, and all good deeds are included under "in the way of God". He adds, "This is the view of the majority of later scholars, supported by the implication of the term itself, since 'sabil' is way, and the way of God includes everything that pleases God, whether fighting for His cause or other things."23
La position zaïdite
The Zaidi view
Il est mentionné dans al Rawd al Nadir, un ouvrage de jurisprudence zaïdite, que l'aumône obligatoire (Zakah) ne doit pas être dépensée pour l'achat de cercueils pour les défunts ou la construction de mosquées. Les zaïdites qui autorisent cela soutiennent que de telles bonnes œuvres sont incluses dans « la voie de Dieu », et que, bien que ce terme soit souvent employé pour désigner le combat, en particulier durant les premières époques de l'islam, cet usage populaire ne doit pas restreindre le sens originel du terme. Tout ce qui rapproche une personne de Dieu doit être inclus, sauf lorsque le terme est limité par des qualificatifs. L'auteur d'al Bahr convient que le terme est manifestement général, sauf lorsqu'il est restreint par une preuve spécifique.24
It is mentioned in al Rawd al Nadir, a book of Zaidi jurisprudence, that zakah must not be spent on buying coffins for the deceased or building mosques. Zaidis who allow this argue that such good deeds are included in 'the way of God', and although the term is often used for fighting, especially in the early eras of Islam, this popular usage must not restrict the original meaning of the term. All that brings a person closer to God must be included, except when the term is restricted by qualifiers. The author of al Bahr agrees that the term is clearly general, except when restricted by specific evidence.24
L'auteur du Sharh al Azhar est en partie d'accord, affirmant qu'il est permis de dépenser le reliquat de cette part dans l'intérêt public des musulmans, comme le rapporte al-Hadi. Abu Talib insiste : « Cela ne peut être fait qu'après avoir satisfait les besoins des pauvres. » Certains commentateurs du Sharh al Azhar proposent que non seulement le reliquat de cette part soit dépensé pour l'intérêt général des musulmans, mais aussi ce qui reste des sept autres catégories.25
The author of Sharh al Azhar partially agrees, saying it is permissible to spend the residue of this share on the public interest of Muslims, as stated by al Hadi. Abu Talib emphasizes, "This can be done only after satisfying the needs of the poor." Some commentators on Sharh al Azhar purpose that not only this share's residue be spent for the general interest of Muslims, but also what is left from the other seven categories.25
L'avis de Siddiq Hasan Khan
The opinion of Siddiq Hasan Khan
Dans al Rawdah al Nadiyyah, Siddiq Hasan Khan, un adepte de l'école des ahl al hadith à l'esprit indépendant, affirme : « Sabil Allah signifie la voie vers Lui. Sans aucun doute, la plus grande voie vers Dieu est de combattre pour Sa cause, mais rien ne prouve que cette part de la aumône obligatoire (Zakah) soit limitée à ce seul sens. Il est permis de dépenser dans toute voie vers Dieu. Puisque tel est le sens linguistique du terme, nous devons nous y tenir, à moins de disposer de preuves contraires. » Il poursuit : « Parmi les voies vers Dieu figure le soutien aux savants qui servent les intérêts publics et religieux pour l'amour de Dieu, qu'ils soient riches ou pauvres. Cela est d'autant plus important que les savants sont les héritiers des prophètes et les porteurs du flambeau de la religion. C'est par eux que cette religion de l'Islam est préservée. »26
In al Rawdah al Nadiyyah, Siddiq Hasan Khan, a follower of ahl al hadith with an independent mind, says, "Sabil Allah means the way to Him. No doubt the greatest way to God is fighting for His sake, but there is no proof that this share of zakah is restricted to this meaning alone. It is permissible to spend on any way to God. Since this is the linguistic meaning of the term, we must stick to it, unless we have evidence to the contrary." He continues, "among the ways to God is supporting scholars who achieve public and religious interests for the sake of God, whether they are rich or poor. This is especially important, because scholars are the heirs of the prophets and the torchbearers of religion. Through them this religion of Islam is preserved."26
Opinions contemporaines
Contemporary opinions
Dans son commentaire du Coran, le regretté Jamal al-Din al-Qasimi cite sans commentaire la déclaration de al-Razi selon laquelle le sens apparent du terme n'est pas limité aux combattants, la déclaration attribuée par al-Qaffal à certains juristes, et une déclaration de al-Taj, selon laquelle toute voie visée pour Dieu qui est bonne en soi est incluse sous l'expression « pour la cause de Dieu ».27
In his commentary on the Qur'an, the late Jamal al Din al Qasimi quotes without comment al Razi's statement that the apparent meaning of the term is not restricted to fighters, the statement attributed by al Qaffal to some jurists, and a statement from al Taj, that every way intended for God which is good in itself is included under "for the sake of God."27
Rashid Rida, dans al Manar, affirme : La vérité est que la cause de Dieu (fi sabil Allah) englobe tous les intérêts publics des musulmans nécessaires à l'établissement de la religion et de l'État, à l'exclusion des intérêts individuels. Ainsi, le pèlerinage n'y est pas inclus, car il s'agit d'une obligation individuelle incombant à ceux qui en ont les moyens, mais l'établissement général du pilier du pèlerinage y est inclus. L'emploi de l'aumône obligatoire (Zakah) pour construire des routes menant au pèlerinage et pour fournir aux pèlerins de l'eau et des services de santé y est inclus, s'il n'existe pas d'emplois meilleurs dans la voie de Dieu. »28 Il poursuit : « La cause de Dieu couvre tous les intérêts publics légitimes par lesquels la religion et l'État sont préservés. Il ne fait aucun doute que le combat, l'achat d'armes et les dépenses pour les soldats figurent en tête de cette liste. Le combat visé ici est celui que l'on mène afin de faire triompher la parole de Dieu sur terre. Un avis semblable est rapporté de Muhammad bin 'Abd al Hakam, qui inclut dans cette part de l'aumône obligatoire (Zakah) la construction d'hôpitaux militaires et caritatifs, de routes, d'armées, de lignes de chemin de fer non commerciales, d'aéroports militaires, de fortifications et de navires de guerre. Sont également inclus les frais de formation et de déplacement des orateurs, écrivains et autres personnes qui se rendent dans les terres des incroyants pour informer ceux-ci au sujet de l'Islam et répandre la parole de Dieu. Dieu dit : « Qu'il y ait parmi vous un groupe qui appelle au bien... »2930
Rashid Rida, in al Manar, says: The truth is that the sake of God includes all public interests of Muslims necessary for the establishment of religion and state, not including individual interests. Thus pilgrimage is not included because it is an individual obligation required from those who can afford it, but the general establishment of the pillar of pilgrimage is included. Spending zakah on building highways for pilgrimage and providing pilgrims with water and health services are included if there are no better uses in the way of God."28 He continues, "The sake of God covers all legitimate public interests by which religion and state are maintained. No doubt fighting and buying weapons and spending on soldiers top this list. Fighting that is meant here is that which is done in order to make God's word supreme on earth. A similar view is reported from Muhammad bin 'Abd al Hakam, who includes in this share of zakah building military and charitable hospitals, roads and armies, non-commercial railroads, military airports, fortifications, and military ships. Also included are expenses of training and travelling for speakers, writers, and the like who go to the lands of unbelievers to inform them about Islam and spread the word of God. God says 'let there be among you a group that calls for good . . . .'29,30
Analyse et pesée
Analysis and weighing
Ceux qui élargissent le sens de « dans la voie de Dieu » s'appuient sur le sens linguistique original du terme, tandis que ceux qui restreignent ce sens au combat pour la cause de Dieu (qui sont la majorité des savants des quatre écoles juridiques) ...
Those who expand the meaning of "in the way of God" depend on the original linguistic meaning of the term, while those who restrict the meaning to fighting for God's cause (who are the majority of scholars from the four schools of jurisprudence)
dépend de deux points : que la zakah doit être remise en propriété au bénéficiaire,34 et que les projets d'intérêt public ne font pas partie des huit catégories. Le verset est exclusif puisqu'il commence par « Les aumônes obligatoires ne sont destinées qu'aux... » [Les sadaqat ne sont que pour...], de même que le hadith : « Dieu a Lui-même tranché au sujet de la zakah et l'a divisée en huit parts... ». Ibn Qudamah présente cela comme argument dans al-Mughni.35
depend on two points: that zakah must be made owned by the recipient,34 and that public interest projects are not one of the eight categories. The verse is exclusive because it begins, "The sadaqat are only for . . ." as is the saying, "Indeed, God gives His ruling on zakah, and divides it into eight parts. . . ." This is presented as argument by Ibn Qudamah in al Mughni.35
En ce qui concerne le premier point, la préposition utilisée pour la catégorie « dans le sentier de Dieu » est « fi » [fī], qui n'implique pas la propriété. Sur la base de cette distinction, les savants affirment qu'il est permis d'acheter et d'affranchir des esclaves, ou de payer les dettes du défunt, au moyen de l'aumône obligatoire (Zakah), bien que l'aumône obligatoire (Zakah) ainsi versée dans ces cas ne soit pas possédée par les bénéficiaires. Par ailleurs, l'exigence de rendre l'aumône obligatoire (Zakah) possédée par les bénéficiaires est satisfaite lorsque celle-ci est versée à l'agence de l'aumône obligatoire (Zakah) de l'État. Une fois reçue par l'État, elle peut être dépensée à la discrétion de celui-ci.
As for the first point, the preposition used with the category of the sake of God is "in" [fi], which dose not imply ownership. Based on this distinction, scholars say it is permissible to buy and free slaves or pay debts of the deceased from zakah, although zakah paid in these cases is not owned by the recipients. Moreover, the requirement of making zakah owned by the recipients is fulfilled when zakah is paid to the government's zakah agency. Once received by the state, it can be spent at the state's discretion.
As for the second point, the restriction of the expenditure of aumône obligatoire (Zakah) proceeds to the eight categories cannot convince those who expand the meaning of "for the sake of God", because they always argue that things like building mosques are included in the share of fi sabil Allah. It is necessary to determine whether this category is restricted to fighting and defending Muslims or covers other public interests too. To do this, we must survey the use of this term in the Qur'an.
« Sabil Allah » dans le Coran
The term 'sabil Allah' in Qur'an
Le terme « sabil Allah » apparaît dans le Coran plus de soixante fois,36 de deux manières : le plus souvent précédé de la préposition « dans » [fi], comme dans le verset sur la distribution de la aumône obligatoire (Zakah), et vingt-trois fois précédé de la préposition « de » ['an]. Dans ces vingt-trois passages, le terme est précédé de l'un de deux verbes signifiant empêcher ou égarer, comme dans « Ceux qui ne croient pas et détournent (les gens) du chemin de Dieu se sont certainement égarés très loin du droit chemin », « Les incroyants dépensent leurs biens pour détourner (les gens) du chemin de Dieu... » et « Mais parmi les gens, il en est qui achètent des propos futiles, sans savoir (ni signification), pour égarer (les gens) du Chemin de Dieu. » Lorsque le terme sabil Allah est précédé de « dans », comme dans les versets « Dépensez dans la voie de Dieu », « ceux qui émigrent dans la voie de Dieu », « combattre dans la voie de Dieu », « ceux qui combattent dans la voie de Dieu, ils tuent et ils sont tués », et « et ne dites pas de ceux qui ont été tués dans la voie de Dieu : "ils sont morts" », comment ce terme doit-il être interprété ?
The term 'sabil Allah' appears in the Qur'an more than sixty times,36 in either of two ways: more frequently preceded by the preposition "in" [fi] as in the verse on zakah distribution, and twenty-three times preceded by the preposition "from" ['an]. In those twenty-three places the term is preceded by one of two verbs that mean to prevent or mislead, such as "Those who reject faith and keep off (people) from the way of God have verily strayed far, far away from the path," "The unbelievers spend their wealth to hinder (people) from the path of God . . ." and "But there are among people those who purchase idle tales, without knowledge (or meaning) to mislead (people) from the Path of God." When the term sabil Allah is preceded by. "in", as in the verses "Spend in the way of God," and those who migrate in the way of God," "fighting in the way of God," "those who fight in the way of God," they kill and they are killed," and "and do not say about those killed in the way of God 'they are dead,'" how should the term be interpreted?
Le mot sabil signifie « voie », et « sabil Allah » désigne la voie qui recherche la proximité et l'agrément de Dieu. Dieu a envoyé des prophètes pour guider Ses créatures vers Lui, et Il a ordonné que le dernier de Ses messagers « appelle à la voie de ton Seigneur par la sagesse et une exhortation bienveillante », et Il a ordonné à Son Messager ﷺ de dire : « Voici ma voie ; j'appelle vers Dieu avec une preuve claire comme la vue elle-même, moi et ceux qui me suivent. » S'opposer à la voie de Dieu, c'est suivre la voie du taghut, c'est-à-dire de la transgression mauvaise, vers laquelle appellent Satan et ses partisans, et qui mène au Feu et attire la colère de Dieu. En comparant ces deux voies, Dieu dit : « Ceux qui croient combattent dans la cause de Dieu, et ceux qui rejettent la foi combattent dans la cause du mal. » Ceux qui appellent à la voie de Dieu sont peu nombreux, tandis que ceux qui en détournent les gens sont nombreux : « Ils dépensent leurs biens pour détourner (les gens) de la voie de Dieu », « et il est des gens qui achètent des propos futiles pour détourner de la voie de Dieu », « et si tu obéis à la plupart de ceux qui sont sur terre, ils t'égareront de la voie de Dieu. » Les responsabilités et les exigences de la voie de Dieu sont considérables, et les désirs mondains des gens s'y opposent généralement. Le Coran met en garde contre la poursuite de ces désirs : « Ne suis pas tes passions, car elles t'éloigneraient de la voie de Dieu. » Si les ennemis de Dieu dépensent de l'argent et de l'effort pour détourner les gens de la voie de Dieu, il incombe aux soutiens de la cause de Dieu de sacrifier leur effort et leur richesse dans la voie de Dieu. C'est pourquoi l'Islam consacre une part de l'aumône obligatoire (Zakah) à cette cause, en plus de l'encouragement général des croyants à dépenser pour l'amour de Dieu.
« Sabil Allah » associé à la dépense
The term "sabil Allah" associated with spending
Le terme « sabil Allah », lorsqu'il est associé à la dépense dans le Coran, est employé de deux manières :
The term "sabil Allah," when associated in the Qur'an with spending, is used in two ways:
1. Le sens général, issu du sens linguistique originel, englobe toutes les vertus et bonnes actions, comme dans les versets : « La parabole de ceux qui dépensent leurs biens dans le sentier de Dieu est celle d'un grain de blé : il produit sept épis, et chaque épi porte cent grains. Dieu multiplie largement pour qui Il veut », et « Ceux qui dépensent leurs biens dans la cause de Dieu, sans faire suivre leurs dons de rappels ni d'offenses, auront leur récompense auprès de leur Seigneur. Ils n'auront aucune crainte et ne s'affligeront point. » Nul ne peut prétendre que « sabil Allah » se limite au combat pour la cause de Dieu dans ces versets. La condescendance et l'offense envers le bénéficiaire mentionnées dans le verset ne peuvent se pratiquer qu'envers les pauvres et les nécessiteux. « Sabil Allah » a un sens large dans le verset : « Et ceux qui thésaurisent l'or et l'argent sans les dépenser dans le sentier de Dieu, annonce-leur un châtiment douloureux », comme l'a affirmé Ibn Hajar, et il ne se limite pas au combat. Sinon, donner de la richesse au pauvre, au nécessiteux et au voyageur serait une forme de thésaurisation.37 Certains auteurs contemporains affirment que « sabil Allah », lorsqu'il est associé à la dépense, se limite au combat,38 mais une telle affirmation n'est étayée par aucune preuve.
1. The general meaning, derived from the original linguistic one, covers all virtues and good deeds, as in the verses, "The parable of those who spend their substance in the way of God is that of a grain of corn: it groweth seven ears, and each ear hath a hundred grains. God giveth manifold increase to whom He pleases," "Those who spend their substance in the cause of God, and follow not up their gifts with reminders of their generosity or with injury, their reward is with their Lord. On them shall be no fear, nor shall they grieve." No one can claim that "sabil Allah" is restricted to fighting for God's cause in these verses. Condescension and insult to the recipient mentioned in the verse can only be done toward the poor and needy. "Sabil Allah" has a broad meaning in the verse, "and those who hoard in treasures gold and silver, and spend it not in the way of God, promise them severe punishment," as stated by Ibn Hajar, and is not restricted to fighting. Otherwise, giving wealth to the poor, needy, and wayfarer would be a form of hoarding.37 Some contemporary writers claim that "sabil Allah," when associated with spending, is restricted to fighting,38 but such a claim is unsupported by evidence.
Le second sens restreint l'expression « sabil Allah » à la défense de la religion de Dieu, au combat contre ses ennemis et à l'élévation de la parole de Dieu sur terre. C'est le contexte dans lequel le terme est employé qui détermine s'il renvoie au sens large ou au sens restreint.
Quel sens s'applique au verset sur la répartition de l'aumône obligatoire (Zakah) ?
Which meaning applies to the zakah distribution verse?
À mon avis, le sens général ne convient pas à ce verset, puisque le verset énumère les bénéficiaires spécifiques de la zakah, comme le confirme la parole du Prophète ﷺ : « Dieu n'accepte pas que la répartition des sadaqat soit décidée par un prophète ou quiconque d'autre ; Il a Lui-même décidé de leur répartition et l'a divisée en huit parts. » Par ailleurs, le sens général de « sabil Allah » inclut en fait les sept autres catégories. Pourquoi alors Dieu énumérerait-Il les sept autres ? Les paroles glorieuses de Dieu sont exemptes de répétitions inutiles ou de redondance. Il doit donc exister un sens distinct pour la catégorie « dans le sentier de Dieu ». C'est pourquoi les juristes musulmans et les commentateurs du Coran ont, pendant des siècles, compris ce terme comme signifiant le jihad (le combat pour Sa cause), ainsi que le soutien au combat. Les savants affirment : « Chaque fois que l'expression « sabil Allah » est employée sans restriction, elle désigne le combat pour la cause de Dieu. » Ibn al-Athir dit : « Le terme est devenu spécifique au jihad par suite de son usage fréquent. » Cette compréhension est appuyée par un récit d'al-Tabarani selon lequel, un jour, certains Compagnons se trouvaient avec le Messager de Dieu ﷺ et virent un jeune homme robuste.
In my opinion, the general meaning is not suitable to this verse, since the verse lists specific deservants of zakah, as confirmed by the saying of the Prophet (p), "Indeed, God does not accept the ruling of a prophet, or anybody else on [the distribution of] sadaqat so he Himself gave His ruling, and divided it into eight parts." Moreover, the general meaning of "sabil Allah" includes in fact the other seven categories. Why then does God ennumerate the other seven? The glorious words of God are void of useless repetition or redundancy. There must be a distinct meaning for the category of "in the way of God." Therefore, Muslim jurists and Qur'an commentators have for centuries understood this term to means jihad (fighting for His cause), as well as supporting fighting. Scholars state, Whenever the term "sabil Allah" is left unrestricted, it means fighting for God's sake." Ibn al Athir says, "The term became specific to jihad as a result of frequent use." This understanding is supported by a report of al Tabarani that one day, some Companions were with the Messenger of God and saw a strong young man.
Ils dirent : « Nous espérons que cette jeunesse et cette force seront employées dans la voie de Dieu », 43 c'est-à-dire dans le jihad.
They said, "We hope this youth and strength are used in the way of God,"43 meaning in jihad.
Plusieurs paroles authentiques du Prophète ﷺ et de ses Compagnons indiquent que le sens immédiat de l'expression « sabil Allah » est le jihad. Parmi elles, figure la parole correcte rapportée au sujet de 'Umar : « J'ai donné une jument dans la voie de Dieu », c'est-à-dire pour le jihad ; la parole rapportée par al-Bukhari et Muslim : « Partir le matin ou revenir le soir dans la voie de Dieu vaut mieux que le monde et tout ce qu'il contient » ; la parole rapportée par al-Bukhari : « Celui qui donne une jument dans la voie de Dieu, par foi en Lui et croyance en Sa promesse, verra la nourriture, la boisson, les excréments et l'urine de la jument ajoutés à la balance de ses bonnes actions le Jour du Jugement » ; la parole rapportée par al-Nasa'i et al-Tirmidhi : « Celui qui dépense une somme dans la voie de Dieu, il lui est inscrit sept cents fois autant » ; et la parole rapportée par al-Bukhari : « Celui dont les pieds se sont couverts de poussière dans la voie de Dieu ne sera jamais touché par le Feu ».44 Personne ne comprend « sabil Allah » dans ces citations autrement que comme le jihad.
Activités incluses dans « pour l'amour de Dieu » aujourd'hui
Activities included under "for the sake of God" today
Les guerres auxquelles ont pris part les Compagnons et les Successeurs n'avaient pour seul but que de libérer les gens de l'adoration des créatures humaines pour les conduire à l'adoration de Dieu, le Créateur, d'éradiquer l'oppression et d'établir la justice de l'islam. Certains pensent que ce type de guerre n'existe plus et que les guerres contemporaines dans les pays musulmans sont uniquement nationalistes, sans aucun rapport avec la religion, si bien que l'aumône obligatoire (Zakah) ne doit pas être donnée aux musulmans qui mènent de telles guerres.
The wars in which the Companions and Followers battled were fought solely to help people quit the worship of human creatures for the worship of God, the creator, to eradicate oppression and establish the justice of Islam. Some people think this kind of war does not happen anymore and that contemporary wars in Muslim countries are merely nationalistic, having nothing to do with religion, so zakah must not be given to Muslims who fight such wars.
Un tel raisonnement est gravement erroné, car, avant tout, le jihad islamique ne se limite pas aux guerres auxquelles ont pris part les Compagnons. Il est vrai que les guerres menées par les Compagnons et les Successeurs sont uniques dans l'histoire de l'humanité, tant par les objectifs des combattants musulmans que par leurs manières et leur conduite morale pendant et après les guerres. Sans aucun doute, les guerres des Compagnons sont les plus idéales de l'histoire musulmane, mais l'histoire a connu de nombreuses autres guerres au cours desquelles les musulmans ont défendu leurs valeurs, leurs lieux saints et leurs communautés, lesquels ne sont pas moins sacrés que les guerres des Compagnons et des Successeurs, et ont défendu les terres musulmanes contre les agresseurs mongols et croisés. Si les combats des Compagnons et des Successeurs avaient pour cause l'Islam, les combats de dirigeants tels que Nur al-Din, Salah al-Din et Qutuz étaient une défense de la terre de l'Islam. Le jihad est obligatoire pour protéger la terre musulmane, tout comme il est obligatoire de protéger la foi islamique. Combattre pour défendre la terre musulmane est légitime en Islam, à condition que cela ne repose pas simplement sur l'amour d'un pays. Un musulman peut quitter la patrie de ses ancêtres et aller vivre là où l'Islam est pleinement appliqué, comme le Prophète ﷺ et ses Compagnons l'ont fait en émigrant de La Mecque vers Médine pour l'amour de Dieu.
Such thinking is grossly erroneous, because, first of all, Islamic jihad is not restricted to the wars in which the Companions fought . It is true that the wars fought by the Companions and Followers are unique in the history of humanity, in regard to the goals of the Muslim fighters, their manners, and their moral behavior during and after the wars. No doubt the wars of the Companions are the most ideal wars in Muslim history, but history has witnessed many other wars in which Muslims defended their values, sacred places, and communities, which are no less sacred than the wars of the Companions and Followers, and which defended Muslim lands against Mogul and Crusader aggressors. If the fighting of the Companions and Followers were for the cause of Islam, the fighting of leaders like Nur al Din, Salah al Din, and Qutuz were in defense of the home of Islam. Jihad is obligatory in order to protect Muslim land as much as it is obligatory to protect the Islamic faith. Fighting in defense of Muslim land is legitimate Islamically, if it is not based simply on love of a country. A Muslim may leave the homeland of his ancestors and go live where Islam is fully implemented, as the Prophet and his Companions did by migrating from Makkah to Madinah for the sake of God.
Tous les combats menés par des musulmans ne se font pas dans la voie de Dieu.
Not all fighting by Muslims is in the way of God
Certains pensent que toute action militaire entreprise par des musulmans se fait dans la voie de Dieu, quels que soient ses objectifs. Il faut établir une distinction essentielle entre le combat pour l'amour de Dieu et les guerres nationalistes ou de classe. Combattre pour l'amour de Dieu est motivé uniquement par la vision islamique et vise à faire triompher la parole de Dieu, ou à défendre la patrie de l'Islam et des musulmans. Toute guerre dépourvue de ce contenu spirituel est une guerre terrestre, qu'elle soit menée par des musulmans ou par des incroyants. Les guerres détachées des buts et des orientations ci-dessus ne peuvent pas être financées par la zakah (aumône obligatoire). Supposons qu'un groupe de communistes albanais ou d'Asie centrale d'origine musulmane décide de combattre les communistes soviétiques afin de libérer leur patrie et d'établir un État communiste nationaliste et indépendant. Une telle guerre est-elle un jihad dans la voie de Dieu, et la zakah (aumône obligatoire) peut-elle être dépensée pour une telle guerre ? Ma réponse est un non catégorique, car un communiste d'Asie centrale, bien qu'd'origine musulmane, ne vaut pas mieux qu'un communiste russe, puisque l'Islam ne tient aucun compte des différences nationales et raciales. Une guerre de libération menée par un groupe d'oppresseurs au profit d'un autre groupe d'oppresseurs n'est pas une guerre islamique. Seul le combat pour l'établissement de la religion de Dieu sur terre est sacré en Islam, et seul ce type de guerre mérite le sacrifice des âmes humaines et des richesses matérielles. Combattre pour la libération des musulmans et de la terre musulmane du colonialisme et des autres formes d'oppression est acceptable comme moyen d'établir l'Islam sur terre, mais combattre pour libérer le sol et la boue afin d'instaurer d'autres idéologies n'est pas reconnu comme jihad et ne peut pas être financé par la zakah (aumône obligatoire). Abu Muhammad 'Abd al Ghani al Hafiz rapporte, par sa propre chaîne de transmission, d'après 'Abd al Rahman bin Abi Na'm : « J'étais assis avec 'Abd Allah bin 'Umar lorsqu'une femme vint et dit : "Ô Abu 'Abd al Rahman, mon mari, dans son testament, dit que ses biens doivent être dépensés dans la voie de Dieu." Ibn 'Umar dit : "Qu'ils soient dépensés comme il l'a souhaité, dans la voie de Dieu." — « 'Abd al-Rahman a dit : "Tu n'as pas répondu à sa question." 'Abd Allah a dit : "Que veux-tu que je lui dise ? Dois-je lui dire de donner l'argent à ces troupes qui détruisent les terres et coupent les routes ?" J'ai dit : "Que lui dirais-tu alors ?" 'Abd Allah a répondu : "Je lui dirais de le donner aux gens vertueux, aux pèlerins de la Maison sacrée de Dieu. Ce sont les venants vers al-Rahman, ce sont les venants vers al-Rahman ; ce sont les venants vers al-Rahman." 48 Ibn 'Umar hésitait à décrire la guerre de son temps comme étant dans la voie de Dieu, bien que les troupes n'aient alors eu qu'une seule bannière, un seul mot d'ordre et une seule direction, celle de l'islam. Que dirait Ibn 'Umar des armées de notre temps, qui ne mentionnent même pas le nom de Dieu ni le mot islam, des armées dont les hommes ne prient pas et n'adorent pas Dieu, et dont les généraux sont plongés dans la boisson et l'immoralité ? Que dirait-il des armées dont les idéologies reposent sur la laïcité, qui n'a pas de place pour Dieu, pour Son Messager ou pour Son Livre sacré ? »
Le rétablissement de l'État islamique est jihad
Re-establishment of the Islamic state is jihad
La meilleure façon de dépenser la part « dans le sentier de Dieu » aujourd'hui est, comme le suggère le réformiste Rashid Rida, de fonder une association de militants islamiques chargée de collecter la aumône obligatoire (Zakah) et de la dépenser pour rétablir l'État islamique. Il suggère que le jihad pour l'établissement de l'État islamique est encore plus important que le jihad pour le protéger, et que l'une des voies pour rétablir l'État islamique est de promouvoir l'appel à l'Islam et de défendre son idéologie, lorsque la défense par l'épée n'est pas nécessaire.50
The best way to spend the share of "in the way of God" today is, as the reformist Rashid Rida suggests, to establish an association of Islamic activists to collect zakah and spend it to re-establish the Islamic state. He suggests that "Jihad for establishing the Islamic state is even more important than jihad to protect it, and that one of the ways to re-establish the Islamic state is to promote the call for Islam and defend its ideology, when defending it by the sword is not needed.50
La forme la plus importante du jihad aujourd'hui est un travail sérieux, méthodique et organisé visant à reconstruire la société et l'État islamiques, et à mettre en œuvre le mode de vie islamique dans les domaines politique, culturel et économique. C'est assurément le domaine le plus digne de bénéficier de l'aumône obligatoire (Zakah).
The most important form of jihad today is serious, purposive organized work to re-build the Islamic society and state and to implement the Islamic way of life in the political, cultural, and economic areas. This is certainly the most deserving area of zakah.
Les armées sont normalement financées par les ressources régulières de l'État. Ce fut le cas dans l'État islamique primitif, qui finançait son armée au moyen du fay' et de l'impôt foncier (Kharaj). Il en va de même aujourd'hui, le budget général du gouvernement prévoyant les dépenses de son armée. Financer une armée régulière exige des ressources considérables, qui dépassent de loin le produit de l'aumône obligatoire (Zakah). Si les armées modernes devaient dépendre de la Zakah, celle-ci suffirait peut-être à peine à les couvrir, et il leur faudrait encore davantage.
Armies are normally financed by the state's regular resources. This was the case in the early Islamic state, which financed its army from fai' and kharaj. It is also the case today that the government's general budget provides for its army. Financing a regular army requires huge resources that by far exceed the proceeds of zakah. If modern armies were to depend on zakah, they would take perhaps all of its proceeds and still need more.
C'est pourquoi je crois qu'aujourd'hui, le jihad culturel, éducatif et informationnel dans la voie de Dieu devrait être considéré comme prioritaire, à condition qu'il s'agisse d'un effort purement islamique visant à rétablir l'État islamique. Parmi les activités qui ont désespérément besoin de financement issu de la aumône obligatoire (Zakah) pour servir la cause de l'élévation de la parole de Dieu, on compte la construction de centres pour l'appel à l'islam (Da’wah), qui fournissent à des hommes et des femmes du monde entier une information islamique correcte et pure, ainsi que la création de centres islamiques, y compris dans les pays musulmans, pour dispenser une éducation et une formation islamiques et protéger la foi des jeunes musulmans contre l'égarement, l'agnosticisme et la corruption des comportements. Ces centres sont essentiels, car ils préparent les jeunes musulmans à soutenir l'islam et à résister à l'agression de ses ennemis. Un autre exemple est la fondation d'un journal purement islamique, qui guiderait les hommes et les femmes musulmans dans leur vie quotidienne et développerait la conscience politique et sociale islamique. La publication de livres islamiques constitue encore un domaine où le jihad dans la voie de Dieu peut être mis en pratique, car il est crucial de révéler les trésors de cette religion comme une meilleure manière de vivre. Un autre exemple de jihad consiste à fournir des travailleurs à plein temps dans la voie de Dieu. Ces activités et d'autres semblables méritent la part de la aumône obligatoire (Zakah) pour l'amour de Dieu.
1. Al Nihayah, d'Ibn Athir, vol. 2, p. 156.
1. Al Nihayah, by Ibn Athir, Vol. 2, p. 156.
2. Al Ikhtiyar li Ta'lil al Mukhtar, Vol. 1, p. 119, al Bahr al Ra'iq, Vol. 2, p. 260, et Radd al Muhtar, Vol. 2, pp. 83-84.
2. Al Ikhtiyar li Ta'lil al Mukhtar, Vol. 1, p. 119, al Bahr al Ra'iq, Vol. 2, p. 260, and Radd al Muhtar, Vol. 2, pp. 83-84.
3. Tafsir al-Manar, vol. 1, p. 580, deuxième édition.
3. Tafsir al Manar, Vol. 1, p. 580, second edition.
4. Les juristes hanafites soulèvent cette objection et n'y apportent pas de réponse satisfaisante. L'auteur d'al-Bahr cite al-Nihayah : « Pour les combattants isolés et les pèlerins : s'ils n'ont pas de richesse chez eux, ils sont pauvres, et s'ils en ont, ils sont des voyageurs. Ce sont donc seulement une catégorie particulière de pauvres, c'est-à-dire des pauvres isolés et séparés. » Voir al-Bahr, vol. 2, p. 260, et Radd al-Muhtar, vol. 2, p. 84. Néanmoins, une catégorie particulière de pauvres reste des pauvres à tous égards. Al-Alusi, dans son commentaire, vol. 3, p. 328, affirme : « L'avis correct est celui mentionné par al-Jassas dans al-Ahkam : celui qui est riche chez lui ne mérite pas la zakah, mais si une telle personne prend part au combat dans le sentier de Dieu, elle a besoin d'armes, de moyens de transport et d'entretien, choses dont elle n'a pas besoin lorsqu'elle est chez elle. Une telle personne peut recevoir la zakah, malgré sa richesse. » 5. Radd al-Muhtar, vol. 2, p. 85.
4. Hanafite scholars raise this objection and do not give a satisfactory answer. The author' of al Bahr quotes from al Nihayah, "Take detached isolated fighters and pilgrims: If they have no wealth in their homes, they are poor, and if they do, they are wayfarers. Then they are but a special category of poor, that is, detached and isolated poor." See al Bahr, Vol. 2, p. 260, and Radd al Muhtar, Vol. 2, p. 84, Nevertheless, a special kind of poor is poor anyway. Al Alusi, in his commentary, Vol. 3, p. 328, says, "The correct view is that mentioned by al Jassas in al Ahkam: He who is rich in his home does not deserve zakah, but if such a person joins the fighting in the way of God, he needs weapons, transportation, and maintenance, things not needed when he is home. Such a person may be given zakah, in spite of his wealth." 5. Radd al Muhtar, Vol. 2, p. 85.
6. Ahkam al Qur'an, vol. 2, p. 957.
6. Ahkam al Qur'an, Vol. 2, p. 957.
7. Al Sharh al Saghir, avec Hashiyat al Sawi, pp. 233-234.
7. Al Sharh al Saghir, with Hashiyat al Sawi, pp. 233-234.