Chapitre sept : Est-il permis de lever des impôts en plus de l'aumône obligatoire (Zakah) ?
9.7 Chapter Seven Is It Permissible To Levy Taxes Beside Zakah?
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9.7 Chapter Seven Is It Permissible To Levy Taxes Beside Zakah?
La aumône obligatoire (Zakah) est prélevée à des fins particulières, prescrite par Dieu, sur les richesses des musulmans, et elle est perçue et distribuée par l'État islamique. Dans l'État islamique, est-il permis d'imposer d'autres taxes en plus de l'aumône obligatoire (Zakah) ? Ou bien l'aumône obligatoire (Zakah) est-elle le seul devoir sur les richesses des musulmans ? Un devoir qui ne doit pas coexister avec d'autres impôts ? Nous étudierons dans les trois sections suivantes les preuves qui permettent d'imposer des taxes en plus de l'aumône obligatoire (Zakah), les conditions nécessaires à la perception de telles taxes, et les objections soulevées par les opposants.
Zakah is levied for particular purposes, decreed by God, on the wealth of Muslims, and is collected and distributed by the Islamic state. In the Islamic state permitted to impose other taxes in addition to zakah? Or, is zakah the only duty on the wealth of Muslims? A duty that must not co-exist with other taxes. We will study in the following three sections the evidence that allows imposing taxes in addition to zakah, the necessary conditions for levying such taxes, and the objections raised by opponents.
SECTION ONE EVIDENCE PERMITTING LEVYING TAXES BESIDE ZAKAH
1. La solidarité sociale est indispensable Il n'est pas nécessaire de revenir sur l'importance de la solidarité sociale entre les membres de la société musulmane, traitée dans les chapitres précédents. Toutefois, la solidarité et la fraternité entre musulmans, qui sont les fondements de l'aumône obligatoire (Zakah) elle-même, posent aussi les bases de l'imposition d'autres taxes lorsque le besoin se fait sentir.
1. Social solidarity is a must There is no need to repeat talking about the importance of social solidarity between members of the Muslim society, discussed in previous chapters. However, solidarity and brotherhood of Muslims, that are the foundations for zakah itself, also lay the grounds for imposing other taxes when the need arises.
2. La répartition de la zakah est prédéterminée, puisque la zakah ne peut être dépensée que pour les huit catégories décrites dans la quatrième partie de ce livre. Les savants musulmans soutiennent que la zakah doit disposer d'un budget autonome. Abu Yusuf, par exemple, dit : « Le produit de l'impôt foncier (Kharaj) ne doit pas être ajouté au produit de l'aumône (Sadaqah), car l'impôt foncier (Kharaj) doit servir à tous les musulmans, tandis que l'aumône obligatoire (Zakah) ne doit servir que les catégories nommées par Dieu. »1 Les savants s'accordent généralement sur le fait que « la aumône obligatoire (Zakah) ne doit pas être dépensée pour la construction de ponts, de routes, de canaux, de mosquées, d'écoles, etc. »2
2. Distribution of zakah is pre-determined Since zakah can only be expended to the eight categories described in part four of this book. Muslim scholars argue that zakah must have an autonomous budget. Abu Yusuf, for example, says "The proceeds of kharaj must not be added to the proceeds of sadaqat, since kharaj is to serve all Muslims while zakah must only serve the categories named by God."1 Scholars usually agree that "Zakah must not be spent on building bridges, highways, canals, mosques, schools, etc."2
Fiqh al Zakah (Vol. II), Dr. Yusuf al Qardawi 298 Note: "Fiqh al Zakah" is a book title, so I keep it as the original writes it, while applying the rule for the terms. Fiqh al Zakah (Vol. II), Dr. Yusuf al Qardawi 298
Fiqh al Zakah (Vol. II), Dr. Yusuf al Qardawi 298
Nul ne peut contester le fait que les services pour lesquels la zakat ne peut être affectée comprennent certaines nécessités publiques, comme les écoles et les mosquées, et que celles-ci exigent des ressources financières. Si les produits de l'impôt foncier (Kharaj), du ghanimah et du fai' sont suffisants, il n'est pas nécessaire d'imposer d'autres taxes ; mais si ces sources n'existent pas ou ne rapportent pas un montant suffisant, d'autres impôts doivent être levés, puisque la règle des usul dit : « Ce sans quoi une obligation ne peut être accomplie est également obligatoire. » Nous avons vu plus haut dans ce livre que les Shafi'ites n'autorisent pas le versement de la zakat à l'armée régulière, et restreignent ce versement aux combattants volontaires. Lorsque al-Nawawi fut confronté au problème de l'insuffisance des autres ressources pour financer l'armée régulière, il suggéra, comme le font beaucoup d'autres Shafi'ites, que les musulmans aisés soient dans l'obligation de financer l'armée régulière.3
No one can argue with the fact that services for which zakah cannot be appropriated include certain public necsseities, like schools and mosques, and these require financial resources. If the proceeds of kharaj, ghanimah, and fai' are sufficient, there is no need for imposing taxes, but if such sources do not exist or do not yield sufficient amount, other taxes need to be levied, since the rule of usul states, "That without which an obligation cannot be fulfilled is also obligatory." We have seen earlier in this book that Shafi'ites do not allow payment of zakah to the regular army, and restrict payment to voluntary fighters. When al Nawawi was faced with the problem of insufficiency of other resources to finance the regular army, he suggested, as do many other Shafi'ites, that rich Muslims be obligated to finance the regular army.3
3. Règles générales de la charia La licéité d'imposer des taxes en plus de la aumône obligatoire (Zakah) ne repose pas uniquement sur la règle susmentionnée selon laquelle « ce sans quoi une obligation ne peut être accomplie est obligatoire ». Les règles et principes généraux de la charia permettent de prélever des impôts lorsque le besoin se présente. Parmi les principes qui impliquent une telle possibilité figurent la responsabilité de l'État de veiller aux intérêts publics des musulmans, ainsi que les règles selon lesquelles « écarter le mal a la priorité sur l'obtention des bienfaits » et « un petit avantage peut être sacrifié au profit d'un grand avantage », et « un préjudice individuel peut être toléré afin de prévenir un préjudice collectif ».4
3. General rules in Shari'ah The permissibility of imposing taxes besides zakah does not only depend on the above mentioned rule stating, "That without which an obligation cannot be fulfilled is obligatory." The general rules and principles of Shari'ah allow the levy of taxes when need arises. Principles which imply such possibility include the state's responsibility to care for the public interests of Muslims, the rules that "avoiding evil has priority over bringing benefits" and "small benefit can be sacrificed for the great benefit," and " individual harm may be tolerated in order to prevent common harm."4
Il est indubitable que l'application de ces règles générales laisse une place à l'imposition de taxes. En effet, on peut déduire de ces règles que des textes doivent, en certaines occasions, être imposés afin de garantir des intérêts importants de la société et de l'État, et de prévenir le préjudice et le danger. Si un État islamique contemporain, qui ne dispose pas de ressources minérales considérables, était privé de taxes, il serait voué à disparaître en très peu de temps, faute de services internes, sans même parler des dangers militaires extérieurs. Pour de telles raisons, dérivées des principes de la charia, les savants musulmans estiment que le financement du trésor public par des taxes imposées par le gouvernement islamique est obligatoire lorsqu'il est nécessaire de prévenir un danger ou de réaliser un bénéfice important.
Undoubtedly, application of these general rules leaves room for imposing taxes. In fact it may be deducted from these rules that texts, on certain occasions, must be imposed to secure important interests of society and state, and to prevent harm and danger. If a contemporary Islamic state, that does not have huge mineral resources, is left without taxes, it is bound to be wiped out in a very short time because of lack of internal services, let alone outside military dangers. For such reasons derived from Shari'ah principles, Muslim scholars opine that financing the public treasury with taxes imposed by the Islamic government is obligatory when there is need to prevent a danger or fulfill an important benefit.
Al-Ghazali, un chaféite connu pour ses positions restrictives en matière de fonds publics, affirme : « Lorsqu'il n'y a pas de fonds et que les revenus de l'État ne suffisent pas à couvrir les besoins de l'armée, et qu'il y a un danger qu'un ennemi attaque la terre des musulmans ou que de méchants rebelles ne surgissent, le gouvernement islamique est autorisé à imposer aux riches des impôts suffisants pour payer les soldats, car nous connaissons la règle selon laquelle, lorsqu'il faut choisir entre deux maux ou deux préjudices, il faut éviter le plus dangereux d'entre eux. »
Al Ghazali, a Shafi'ite known for his restrictive views, when it comes to public funds, says, "when there are no funds and the state income is not sufficient to pay for army needs, and there is danger that an enemy may transgress against the Muslim land or that evil rebels may arise, the Islamic government is allowed to impose on the rich taxes sufficient to pay for the soldiers, since we know the rule that when one must choose between two evils or two harms, the most dangerous of them must be avoided.
Chaque sacrifice consenti par les riches, y compris le sacrifice de vies et de biens, constitue un moindre mal que le manque de moyens pour défendre la société islamique contre l'agression ou la rébellion coupable.⁵ Al-Shatibi, un malikite, affirme : si nous avons un gouvernement islamique qui doit accroître le nombre de ses soldats afin de défendre les frontières et les terres des musulmans, et que le trésor public est vide, le dirigeant, à condition qu'il soit juste, a le droit d'imposer aux riches ce qui suffit à couvrir les besoins de la défense, jusqu'à ce que le trésor dispose à nouveau de fonds. Le gouvernement a le droit de prélever ces impositions sur l'agriculture ou sur d'autres produits. Si aucun avis de ce genre n'est rapporté des savants des premières générations, c'est en raison de l'abondance des fonds du trésor à leur époque. Si le gouvernement islamique n'impose pas de tels impôts, sa force disparaîtrait et notre pays serait exposé aux agressions des incroyants. L'épine dorsale du gouvernement et de la défense est l'armée. Ceux qui éludent le paiement des impôts levés comprendraient que, si l'armée était abolie, ils seraient eux-mêmes lésés et que toute leur richesse, et non plus seulement une partie, serait confisquée par les agresseurs. Si un tel préjudice énorme est mis en balance avec le préjudice du paiement de l'impôt, nul ne peut soutenir que ce dernier soit de loin le moindre.6
Every sacrifice made by the rich including the sacrifice of lives and wealth, is a lesser harm than lack of means to defend the Islamic society against aggression or sinful rebellion."5 Al Shatibi, a Malikite, says, If we happen to have an Islamic government that needs to increase the number of its soldiers in order to defend Muslim borders and lands and the treasury is empty, the leader, provided he is just, has the right to impose on the rich what is sufficient to fulfill defense needs, until the treasury has funds again. The government has the right to make these impositions on agriculture or other products. The reason no such opinion is reported from the scholars of the early generations is the abundance of treasury funds during their times. If the Islamic government does not impose such taxes, its strength would vanish and our country would be exposed to unbelievers' aggressions. The backbone of the government and defense is the army. Those who evade the payment of levied taxes would realize that if the army were abolished, they will be hurt personally and all their wealth, not only a part of it, would be confiscated by the aggressors if such enormous harm is contrasted with the harm of tax payment, no one can argue that the latter is much lesser.6
4. Le jihad et ses exigences financières L'islam prescrit le jihad à la fois sur les personnes et sur leurs biens. Dieu dit : « Partez, légers ou lourds, et luttez avec vos biens et vos personnes »7. « Les vrais croyants sont seulement ceux qui ont cru en Dieu et en Son Messager, et qui n'ont jamais douté par la suite, mais ont lutté avec leurs biens et leurs personnes dans la cause de Dieu : ce sont les sincères »8. « Afin que vous croyiez en Dieu et en Son Messager ﷺ, et que vous luttiez (de toutes vos forces) dans la cause de Dieu avec vos biens et vos personnes »9
4. Jihad and its financial requirements Islam prescribes jihad on both persons and their wealth. God says, "Go ye forth (whether equiped) lightly or heavily, and strive and struggle with your wealth and your persons,"7 "Only those true believers who have believed in God and His Apostle and have never since doubted but have striven with their wealth and their persons in the cause of God, such are the sincere ones,"8 "That ye believe in God and His Apostle and that ye strive (your utmost) in the cause of God with your wealth and your persons,"9
« Et dépensez de vos biens dans la cause de Dieu, et ne jetez pas vous-mêmes par vos mains dans la destruction. »10 Tous ces versets ordonnent de dépenser de ses richesses et de ses biens dans la voie de Dieu. Le jihad par les biens est en soi une obligation, à l'instar de l'obligation de l'aumône obligatoire (Zakah). Le gouvernement islamique a le droit de déterminer la part de chaque personne dans ce jihad financier. C'est également l'essence d'une citation d'Ibn Taymiyya, tirée de l'auteur de Ghiyath al Umam.
"And spend of your substance in the cause of God, and make not your own hands contribute to your destruction."10 All these verses ordain spending of wealth and property in the way of God. Jihad in wealth is an obligation in itself, like the obligation of zakah. The Islamic government has the right to determine the share of each person in this financial jihad. This is also the essence of a quotation by Ibn Taimiyah from the author of Ghiyath al Umam.
Les dépenses d'armement et militaires sont aujourd'hui énormes. En outre, la puissance d'une nation ne se mesure pas seulement à la taille de son armée. La force nationale exige la supériorité dans plusieurs domaines, notamment la recherche scientifique, l'industrie et l'économie générale. Tout cela nécessite d'abondantes ressources financières, qui ne peuvent être obtenues qu'en imposant des impôts. Ces impôts constituent une forme de jihad par la richesse, par laquelle chaque individu contribue à la force et à la défense de son État. Ces contributions reviennent sous forme de protection pour l'individu lui-même, pour sa religion et pour ses biens.
Armament and army expenditures today are huge. in addition to the fact that the might of a nation is not only measured by the size of its army. National strength requires superiority in several areas, including scientific research, industry, and the general economy. All these require abundant financial resources which cannot be secured except by imposing taxes. These taxes are a form of jihad in wealth whereby all individuals contribute to the strength and defense of their state. Such contributions pay back in the form of protection for the individual himself, his religion, and his assets.
5. Partager les charges comme on partage les gains Les ressources collectées sous forme d'impôts sont dépensées pour des services publics qui profitent à tous les membres de la société, tels que la défense et la sécurité, les institutions judiciaires, l'éducation, les services de santé, le transport, l'irrigation, etc. Chaque individu bénéficie de la présence et de la puissance de l'État, ainsi que des services qu'il fournit. Ainsi, chacun doit partager le fardeau financier qui permet d'assurer ces services. De même que chaque individu bénéficie des services de l'État et de sa présence, il est tenu de payer les impôts nécessaires, en application du principe selon lequel les gains doivent être proportionnels aux sacrifices.
5. Sharing the burdens as the gains are shared Resources collected in the form of taxes are spent on public services which benefit all members of the society, such as defense and security, judicial institutions, education, health services, transportation, irrigation, etc. Each individual benefits from the presence and power of the state as well as from the services it provides. Thus each must share the financial burden that allows these services to be performed. Just as each individual benefits from the state's services and its presence, he or she is required to pay the necessary taxes, in application of the principle that gains must be comparable to sacrifices.
SECTION TWO CONDITIONS FOR IMPOSING TAXES
Il existe quatre conditions pour l'imposition de taxes : le besoin réel, une répartition juste, l'utilisation licite des fonds, et l'approbation de l'organe de consultation (Shura) de l'État.
There art four conditions for imposing taxes: True need, just distribution, lawful use of funds, and approval of the shura body of the state.
The first condition: true need for funds
Il doit y avoir un besoin réel que les services soient financés par des ressources financières supplémentaires, ainsi qu'une insuffisance des fonds du Trésor public et des autres ressources de l'État.
There should be real need for the services to be financed by additional financial resources as well as inadequacy of treasury funds and other state resources.
En principe, la richesse privée est protégée et ne doit être soumise à aucun prélèvement au-delà de l'aumône obligatoire (Zakah). Il est illicite de violer cette règle, sauf en cas de nécessité extrême. Si une telle nécessité n'existe pas, ou si le gouvernement dispose d'autres ressources financières, il n'est pas licite d'imposer des taxes.
In principle, private wealth is protected and should not be charged any duties above zakah. It is unlawful to violate this rule except in dire need. If such necessity does not exist or if the government has other financial resources, it is not lawful to impose taxes.
Des savants de premier plan ont insisté sur cette condition pendant des siècles. Certains vont jusqu'à exiger que le trésor public soit entièrement vide, afin de dissuader les dirigeants d'imposer des taxes sans nécessité. L'histoire islamique révèle plusieurs cas où des savants musulmans se sont fermement opposés à des dirigeants qui voulaient imposer des taxes alors qu'ils disposaient encore d'autres ressources.
Leading scholars have emphasized this condition for centuries. Some go as far as requiring that the treasury be completely empty, in order to deter rulers from imposing taxes without need. Islamic history reveals several instances in which Muslim scholars stood fast confronting rulers who wanted to impose taxes while they still had other resources.
Lorsque le sultan Qutuz d'Égypte préparait ses troupes à combattre les Mongols, qui avaient alors occupé la majeure partie de la Syrie, il réunit tous les savants, juristes et juges afin de les consulter sur la possibilité d'imposer des taxes pour le jihad. Parmi eux se trouvaient Izz al-Din ibn 'Abd al-Salam et Badr al-Din al-Sinjari. Après discussion, les chefs d'opinion convinrent que Izz al-Din parlerait en leur nom. Il dit : « Si l'ennemi porte atteinte aux terres de l'Islam, tous les musulmans sont tenus de combattre. Il vous est alors permis de collecter auprès des gens des taxes d'un montant qui vous aide dans ce jihad, à condition qu'il n'y ait rien dans le trésor public et que vous vendiez tous les vêtements ornés d'or, ainsi que tous les objets et ustensiles de luxe que vous, vos courtisans et vos soldats possédez, de sorte que chaque personne de l'armée n'ait plus qu'une jument et une arme, et que tous deviennent égaux au commun du peuple. Quant à réclamer des fonds au public alors que vos hommes et vos soldats possèdent encore des biens et des choses luxueuses, non, cela n'est pas permis. » Une position semblable fut prise plus tard par al-Nawawi devant le sultan al-Zahir Baybars. Lorsque le sultan voulut combattre les Tatars en Syrie, il manquait de fonds dans son trésor ; il demanda donc aux savants de Syrie s'il pouvait imposer des taxes pour aider le gouvernement et l'armée à combattre les ennemis de l'Islam. Tous les savants présents approuvèrent et adressèrent leur approbation au roi. Al-Nawawi était alors absent, et le sultan demanda s'il y avait des savants qui n'avaient pas répondu à son appel. On lui répondit : « Oui, il y a al-Nawawi. » Lorsqu'il arriva, le sultan lui demanda d'ajouter son approbation à celles des autres, mais al-Nawawi refusa. Interrogé sur la raison, il dit : « Je sais que tu étais l'esclave du précédent souverain, Bandaqdar. Tu ne possédais alors rien, et Dieu t'a généreusement comblé et fait roi. J'apprends que tu possèdes mille esclaves, dont chacun porte un vêtement orné d'or, que tu possèdes aussi deux cents esclaves femmes, et que chacune d'elles a une corbeille de bijoux. Si vous dépensez tout cela, et que vos esclaves ne vivent qu'avec des vêtements de laine, et que vos esclaves femmes ne gardent que leurs habits, sans aucun bijou, alors j'approuve que vous leviez des impôts sur les gens. » Le sultan s'irrita et ordonna à al Nawawi de quitter la ville. Al Nawawi obéit et se retira dans son village, Nawa [à environ cinquante miles au sud de Damas]. Lorsque d'autres savants négocièrent son retour et que le sultan y consentit, al Nawawi refusa et déclara : « Je n'irai pas à Damas tant qu'al Zaher Bibars s'y trouvera », mais le roi mourut un mois plus tard.12 Al Nawawi écrivit à al Zaher une lettre expliquant : « Il n'est pas permis de prélever quoi que ce soit sur les gens tant que le trésor public possède des richesses sous quelque forme que ce soit : argent, biens, terres ou tout ce qui peut être vendu. Tous les savants sont d'accord sur ce point. Or le trésor dispose aujourd'hui, grâce à Dieu, de biens et de richesses considérables ; que Dieu daigne toujours les accroître. »13
When Sultan Qutuz of Egypt was preparing his troops to fight the Moguls, who by then had occupied most of Syria, he gathered all scholars, jurists and judges to consult with them on whether he could impose taxes for jihad. Among them were Izz al Din bin 'Abd al Salam and Badr al Din al Sinjari. After discussion, the opinion leaders agreed that Izz al Din speak for them. He said, If the enemy transgresses on the lands of Islam, all Muslim are obligated to fight. It is then permissible for you to collect taxes from people in the amount that helps you in this jihad, provided there be nothing in the public treasury and that you sell all gold ornamented clothes and all fancy tools and utensils that you and your courtiers and soldiers own, so that each person in the army has only a mare and a weapon, and all become equal to the common people. As for collecting funds from the public while your men and soldiers still have assets and luxurious things-no, it is not permissible." A similar stand was taken later by al Nawawi before Sultan al Zaher Bibars. When the sultan wanted to fight the Tatar in Syria, he had insufficient funds in his treasury, so he asked scholars in Syria whether he could impose taxes to help the government and the army fight the enemies of Islam. All the present scholars approved and wrote their approval to the king. Al Nawawi was then absent, and the Sultan asked if there were any scholars who did not respond to his appeal. They said, "Yes, there is al Nawawi." When he came, the Sultan asked him to add his approval to those of others, but al Nawawi refused. When asked for a reason, he said, "I know that you were a slave of the previous ruler, Bandaqdar. Then you owned nothing, and God generously gave you and made you a king. I hear that you own one thousand slaves, and each of them has a gold ornamented garment, that you also own 200 female slaves, and each of them has a basket of jewelry. If you spend all that, and your slaves live with woolen garments only, and your slave women keep only their clothes, without any jewelry, after that I approve of your collecting taxes from people." The Sultan was angered and ordered al Nawawi out of the city. Al Nawawi obeyed and went out to his village, Nawa [about fifty miles south of Damascus]. When some other scholars negotiated for his return and the Sultan permitted it, al Nawawi refused and announced, "I will not go to Damascus as long as al Zaher Bibars is there," but the king died after a month.12 al Nawawi wrote al Zaher a letter explaining, "It is not lawful to collect anything from people as long as the treasury has wealth in any form, money, property, land, or anything that can be sold. All scholars agree to this. And the treasury now, praise be to God, has much property and goods, may God always increase it."13
The second condition: just distribution of the burden
La charge des impôts doit être répartie équitablement entre les personnes, de sorte qu'aucune ne soit jamais accablée alors que d'autres sont exemptées sans motif raisonnable. La justice n'exige pas l'égalité entre les contribuables, car traiter de manière égale ce qui est différent est aussi injuste que traiter de manière différente ce qui est égal. Il doit exister des critères objectifs pour répartir la charge fiscale entre les membres aisés de la société.
The burden of taxes must be distributed justly among people, so that none is ever-burdened while others are exempted without reasonable cause. Justice does not require equality among taxpayers, since treating equally what is different is as unjust as treating differently what is equal. There must be objective criteria for distributing the tax burden among the rich members of society.
Abu 'Ubaid rapporte d'Ibn 'Umar que 'Umar prélevait auprès des Nabatéens [des marchands étrangers qui apportaient des marchandises dans le pays] la moitié d'un dixième sur l'huile et le blé, afin de les encourager à apporter davantage de ces marchandises à Médine, et un dixième sur les fèves."14 Il est connu que le principe général de cette taxe instaurée par 'Umar consistait à prélever un dixième auprès des marchands étrangers, la moitié d'un dixième auprès des marchands qui étaient des gens de l'alliance, et le quart d'un dixième auprès des marchands musulmans,13 comme le rapportent Anas et al-Sa'ib ibn Yazid, qui dit : « J'étais collecteur au marché de Médine à l'époque de 'Umar, et nous prélevions un dixième auprès des Nabatéens. »17
Abu 'Ubaid reports from Ibn 'Umar that 'Umar used to collect from the Nabatites [foreign merchants who used to bring goods into the country] half a tenth on oil and wheat, to encourage them to bring more of these goods to Madinah, and one tenth on beans."14 It is known that the general principle of this tax laid by 'Umar was to collect one-tenth from foreign merchants, one-half of a tenth from merchants who were people of the Pledge, and one-fourth of a tenth from Muslim merchants,13 as reported by Anas and by al Sa'ib bin Yazid, who says, I was a commissioner to the Madinah market during 'Umar's time, and we used to collect one-tenth from the Nabatites."17
Cependant, en ce qui concerne l'huile et le blé, 'Umar aurait réduit l'impôt à cinq pour cent pour une raison économique importante, à savoir encourager les importations de denrées alimentaires qui étaient nécessaires dans la Madinah en pleine croissance, capitale de l'État. Cette décision de 'Umar indique que les taux d'imposition peuvent être modifiés en fonction de l'objectif économique qu'ils visent à atteindre, qu'il s'agisse du commerce, des importations et des exportations, de l'industrie ou de l'agriculture.
But with regard to oil and wheat, 'Umar apparently reduced the tax to five percent for an important economic reason, i.e. encouraging food imports that were required in the fast growing Madinah, capital of the state. This action of 'Umar indicates that tax rates may be changed according to the economic target they aim at achieving, whether in trade, import and export, industry, or agriculture.
En outre, puisqu'un des objectifs du système économique islamique est de réduire les écarts économiques entre les musulmans et de décentraliser l'accumulation de richesses afin que la richesse et le revenu ne circulent pas uniquement entre les mains des riches, si aucun autre moyen que les impôts progressifs ne permet d'atteindre un tel but, ces impôts peuvent être bénis et soutenus par le système islamique. Il ne faut pas oublier que les aspects personnels de l'impôt doivent être pris en considération. Il s'agit notamment de l'exemption des frais de subsistance, des provisions familiales et des dettes de l'impôt, comme mentionné précédemment.
Furthermore, since one objective of the Islamic economic system is to reduce economic differences between Muslims and decentralize wealth accumulation so that wealth and income do not circulate among the rich alone, if there are no other means except progressive taxes to achieve such a purpose, such taxes can be blessed and supported by the Islamic system. One must not forget that the personal aspects of taxes must be taken into consideration. These include the exemption of living expenses, family provisions, and debts from taxes, as mentioned earlier.
Third condition: proceeds must benefit society
La collecte de l'impôt ne vise qu'au service de la nation. Ainsi, le produit des impôts ne doit pas être utilisé pour les caprices et les désirs des dirigeants et de leur entourage, ni pour servir des desseins dictatoriaux ou des ambitions personnelles. Dieu établit ce principe lorsqu'Il détaille la répartition de la zakah, ne laissant pas sa détermination à aucun dirigeant, pas même à un Prophète ﷺ. Les Califes bien guidés, ainsi que les grands Compagnons, étaient extrêmement stricts quant à la répartition des fonds publics. Ibn Sa'd rapporte dans ses Tabaqat, de Salman, que 'Umar bin al Khattab demanda une fois : « Suis-je un roi ou un calife ? » Salman répondit : « Si tu collectes un seul dirham sur la terre musulmane, ou moins, ou plus, et que tu le dépenses pour autre chose que son juste et convenable emploi, alors tu es un roi et non un calife. » 'Umar, en entendant cela, pleura. 18 Sufyan bin Abi al 'Awja' dit : « 'Umar bin al Khattab demanda une fois : "Par Dieu, je ne suis pas sûr : suis-je un calife ou un roi ? Si je suis un roi, c'est vraiment une chose terrible." Un homme répondit : "Ô Commandeur des croyants, il y a bien une grande différence entre les deux." 'Umar demanda : "Laquelle ?" L'homme dit : "Le calife ne prend que ce qui est juste et ne dépense que pour ce qui est juste. Toi, louange à Dieu, tu es de ceux-là. Les rois oppriment arbitrairement. Ils prennent à celui-ci et donnent à celui-là." 'Umar garda le silence. » 18 Al Tabari rapporte : « Un homme, parent de 'Umar, demanda à 'Umar une gratification. 'Umar la lui refusa et le fit sortir. Alors quelqu'un parla à 'Umar de lui : "Ô Commandeur des croyants, untel t'a demandé et tu le lui as refusé et tu l'as fait sortir." 'Umar répondit : "Il m'a effectivement demandé de lui donner du bien de Dieu [c'est-à-dire le bien de la société et de l'État]. Si je le fais, quelle serait l'excuse ? Je rencontrerais alors Dieu en tant que roi traître !" »19
Tax collection is aimed only at serving the nation. Thus tax proceeds must not be used for the whims and desires of the rulers and their inner circles, or to fulfill dictatorial purposes or individual ambitions. God establishes this principle when He details zakah distribution, not leaving it to be determined by any ruler, not even a Prophet. The Wise Successors, along with the great Companions, were extremely strict about the dispersement of public funds. Ibn Sa'd in his Tabaqat reports from Salman that 'Umar bin al Khattab once asked "Am I a king or a caliph?" Salman answered, "If you collect one single dirham from the Muslim land, or less, or more, and spend it on anything other than its right and proper dispersement, then you are a king and not a khalifah."Umar, hearing this, wept"18 Sufyan bin Abi al 'Awja' says, "Umar bin al Khattab once asked 'By God, I am not sure, am I a khalifah or a king? If I am a king, this is indeed an awful thing,' A man answered, 'O Prince of Believers, there is indeed a big difference between them.' 'Umar asked, 'What?' The man said, 'The khalifah does not take but what is right and does not spend it except on what is right. You, praise be to God, are of that kind. Kings oppress arbitrarily. They take from this and give to that.' 'Umar remained silent."18 Al Tabari reports, "A man who was a relative of 'Umar, asked Umar for some grant. 'Umar turned him down and asked him out. Then someone spoke to 'Umar about him, 'O Prince of Believers, so-and-so asked you but you turned him down and ordered him out.' 'Umar answered, He indeed asked me to give him from the property of God [meaning the property of the society and state]. If I do so, what would be the excuse? Then I would meet God as a betraying king!'"19
The fourth condition: approval of the shura body
Puisque la propriété privée est protégée par la loi islamique, tout prélèvement sur les individus doit être approuvé par l'organe consultatif de l'État. Il ne suffit pas que le dirigeant seul ou ses commissaires administratifs prennent une telle décision. La consultation (Shura) est exigée par le Coran et la sunna. Dieu loue « ceux qui répondent à leur Seigneur, accomplissent la prière, règlent leurs affaires par consultation mutuelle et dépensent de ce que Nous leur avons accordé comme subsistance ». 20 La consultation (Shura) est associée à l'acceptation du message de Dieu, à l'accomplissement de la prière et à la dépense pour Sa cause. Ce verset établit les principes essentiels du système islamique dès la période mecquoise. Plus tard, à Médine, Dieu fit descendre le verset : « Consulte-les dans les affaires, puis, lorsque tu as pris une décision, place ta confiance en Dieu ». 21 Révélé à Médine, à l'époque où furent fixés les détails de la loi et de la vie islamiques, ce verset posa les fondements généraux de la structure gouvernementale de cette société. Il fut révélé juste après la bataille d'Uhud, avant laquelle le Prophète ﷺ avait consulté ses Compagnons pour savoir s'il fallait rester à Médine et laisser l'ennemi venir jusqu'à elle, ou sortir combattre les envahisseurs hors de la ville. La majorité des Compagnons voulait sortir, tandis que l'avis du Prophète ﷺ était de rester à Médine et de la fortifier ; mais, suivant la majorité, il sortit, et le résultat fut une défaite : environ soixante-dix grands Compagnons furent tués. Malgré cela, le verset réaffirma que la consultation est une partie essentielle du système islamique, comme pour dire : vous devez continuer à les consulter et à prendre vos décisions par la consultation, même après ce qui est arrivé à la suite de la suite de l'avis de la majorité.
Since private property is protected by Islamic law, any levy on individuals must be approved by the consultative body of the state. It is not sufficient that the ruler alone or his administrative commissioners make such a decision. Shura consultation is required by Qur'an and Sunnah. God commends ". . . those who hearken to their Lord and establish prayer, who conduct their affairs by mutual consultation, and who spend out of what We bestow on them for sustenance."20 Shura is associated with accepting the message of God, establishing prayer, and spending for His sake. This verse establishes the essential principles of the Islamic system as early as the Makkan period. Later in Madinah, God sent down the verse, "And consult them in affairs, then when thou hast taken a decision, put thy trust in God."21 Revealed in Madinah, in the era when details of Islamic law and life were laid down, this verse gave the general foundations for the government structure of this society. This verse was revealed just after the battle of Uhud, before which the Prophet had consulted his Companions on whether to stay in Madinah and let the enemy reach there, or to go out and fight the invaders outside the city limits. The bulk of Companions wanted to go out, while the Prophet's opinion was to stay in Madinah and fortify it, but following the majority, he went out and the result was a defeat, about 70 great Companions were killed. Even despite that, the verse reaffirmed that consultation is an essential part of the Islamic system, as if to say: You must continue to consult them and make your decisions by consultation, even after what happened as a result of following the majority's opinion.
Le Prophète consultait ses Compagnons sur toutes les affaires importantes chaque fois qu'il ne recevait pas de révélation claire de Dieu à ce sujet. Lors de Badr, la première bataille de l'islam, le Prophète ﷺ demanda l'avis aussi bien des émigrés (Muhajirun) que des auxiliaires (Ansar) : fallait-il chercher la caravane des Quraych et où établir le camp pour cette bataille ? Lors de la bataille d'Uhud également, il fonda ses décisions sur la consultation. Lors de la bataille des Coalisés (al Ahzab), le Prophète ﷺ voulut accepter le traité de paix proposé par les incroyants, qui exigeait qu'il leur donne un tiers des récoltes de Médine ; mais des Compagnons de premier plan refusèrent, et il rejeta donc cette offre. Le jour de al Hudaybiya, il fonda sa décision de retenir les armes du combat sur la consultation, car Abou Bakr lui avait dit : « Nous ne sommes pas venus ici pour combattre, nous sommes venus seulement visiter la maison de Dieu. » Lorsque son épouse 'Aïcha fut accusée, il consulta également les musulmans, en disant : « Ô musulmans, donnez-moi votre avis : que dois-je faire de ceux qui accusent mon épouse ? » Il consulta 'Ali et Oussama sur la manière de traiter 'Aïcha. Ibn Kathir commente : « Le Prophète ﷺ consultait les Compagnons pour les batailles et pour d'autres décisions. Les juristes divergent sur le point de savoir si cela était obligatoire pour lui ou seulement recommandé (par Dieu) afin de les satisfaire. »23
The Prophet used to consult his Companions on all matters of substance whenever he was not given clear revelation from God about the matter. At the time of Badr, the first battle in Islam, the Prophet asked the opinion of both the Muhajirin and Ansar on whether they should seek out the Quraish caravan and where to camp in that battle. In the battle of Uhud as well, he based his decisions on consultation. At the battle of al Ahzab, the Prophet (p), wanted to accept the peace treaty offered by the unbelievers, which required that he give them one third of the produce of Madinah, but leading Companions did not accept, so he refused that offer. On the day of al Hudaibiyah, he based his decision to hold back the weapons from fighting on consultation, for he was told by Abu Bakr, "We did not come here to fight, we came only to visit the house of God." When his wife ''A'ishah was accused, he also consulted Muslims, saying, "O Muslims, give me your opinion, what should I do with those who accuse my wife?" and consulted 'Ali and Usamah on how to deal with ''A'ishah.22 Ibn Kathir comments "The Prophet (p) used to consult the Companions on battles and for other decisions. Jurists dispute whether this was obligatory for him or only recommended (by God) in order to keep them happy."23
Si cela peut faire l'objet d'une contestation s'agissant du Messager (ﷺ), qui est guidé par Dieu et par Sa révélation, cela ne peut pas être contesté à l'égard des autres dirigeants, qui ne sont que des hommes élus. Le verset ordonne explicitement la consultation, et les ordonnances signifient des obligations.
If this can be disputed when it comes to the Messenger (p) who is guided by God and His revelation, it cannot be disputed with respect to other leaders who are simply elected men. The verse explicitly ordains consultation, and ordinances mean obligations.
Ajoutez à cela l'empressement du Prophète ﷺ à appliquer ce verset dans toutes les affaires importantes. Tout cela rend la consultation obligatoire pour les dirigeants, surtout au vu de l'expérience historique de la nation islamique, qui a souffert de la tyrannie et des dictateurs.
Add to that the keenness of the Prophet (p) to implement this verse in all important matters. All this makes consultation obligatory for leaders especially in view of the Islamic nation's historical experience of suffering from tyrants and dictators.
Digression: Is consultative decision binding on the ruler?
La réponse est assurément affirmative, au motif que le Prophète ﷺ acceptait l'avis de la majorité de ses Compagnons après consultation. Ibn Kathir rapporte qu'Ibn Mardawaih transmet que 'Ali dit : « Le Messager de Dieu ﷺ fut interrogé sur le sens du verset : {Et quand tu as pris une décision...} et il répondit qu'il signifiait : consulte les gens d'opinion, puis suis-les. »24 Si la décision de la majorité, fondée sur la consultation (Shura), n'est pas contraignante pour le gouvernement, la consultation (Shura) perd son sens. Cela tourne la consultation (Shura) en dérision, dans la mesure où les dirigeants consultent les gens, puis font ce qu'ils veulent, indépendamment de l'avis de la majorité.
The answer is certainly affirmative, on the grounds that the Prophet used to accept the opinion of the majority of his Companions after consultation. Ibn Kathir mentions that Ibn Mardawaih reports that 'Ali says, "The Messenger of God (p) was asked about the meaning of the verse, 'Then when thou hast taken a decision . . .' and he answered that it meant 'consult people of opinion and then follow them."24 If the majority's decision based on consultation (shura) is not binding on the government, shura looses its meaning. This makes a mockery of consultation, whereby rulers consult people and then do what they want, regardless of the majority opinion.
De plus, les musulmans peuvent faire de la consultation (Shura) une règle toujours juridiquement contraignante par voie de législation, c'est-à-dire
Moreover, Muslims can make shura always indisputably binding by legislation, i.e.
incorporant une telle clause dans la constitution, selon laquelle le dirigeant est élu à la condition que l'avis de la majorité lie le gouvernement et le chef de l'État. Le Prophète ﷺ a dit que les musulmans sont liés par leurs conditions contractuelles."25 L'accomplissement loyal de telles conditions lie le gouvernement, sans le moindre doute, indépendamment des avis des juristes sur la question de savoir si la consultation (Shura), lorsqu'elle n'est pas associée à de telles conditions, est seulement consultative ou contraignante.
incorporating such a clause in the constitution, whereby the leader is elected on the condition that the majority's view shall be binding on the government and the head of state. The Prophet (p) says Muslims are bound by their contractual conditions."25 Honest fulfillment of such conditions are binding on the government, without the slightest doubt, regardless of jurist opinions on whether shura, when unassociated with such conditions, is only informative or is binding.
Les versets ne précisent pas sur quelles affaires la consultation (Shura) est requise. Sans aucun doute, les termes « affaires » ou « matières » employés dans le verset sont généraux et englobent toutes les affaires, mais les plus importantes sont celles qui touchent la société musulmane et son avenir. Assurément, les impôts sont d'une importance telle qu'ils exigent une consultation.
The verses do not specify on what affaire shura is required. No doubt the words "matters" or "affairs" in the verse are general and include all affairs, yet the most important are those affairs that affect the Muslim society and its future. Certainly, taxes are of such importance as to require consultation.
SECTION THREE ARGUMENTS AGAINST TAXES
Certains savants estiment qu'il est illicite d'imposer d'autres impôts que l'aumône obligatoire (Zakah). Ils s'appuient sur trois arguments principaux pour soutenir leur position. Premièrement, la règle selon laquelle rien n'est dû sur la richesse en dehors de l'aumône obligatoire (Zakah) est couramment connue parmi les juristes. Deuxièmement, la propriété privée est protégée, et toute charge qui la grève doit être fondée sur un texte. Le Prophète ﷺ a dit : « Celui qui est tué en défendant ses biens est un martyr ».26 Il est donc illicite de prélever une part quelconque de la propriété privée des musulmans sans leur consentement. Troisièmement, plusieurs hadiths désapprouvent les prélèvements sur les gens et interdisent la perception de la dîme [ushr], tel que le suivant :
Some scholars believe it is unlawful to impose any taxes besides zakah. They use three main arguments to support their views: First, the rule that nothing is obligated on wealth except zakah is commonly know among jurists. Second, private property is protected and any charge on it must be supported by a text. The Prophet says, "He who is killed while defending his wealth is a martyr."26 It is, therefore, unlawful to take any part of Muslims' private property without their consent. Third, several sayings discredit levies on people and prohibit the collection of tenth ['ushr], such as the following:
Abu al Khair rapporte que Maslamah bin Mukhallad, qui était gouverneur d'Égypte, proposa à Ruwaifi' bin Thabit le poste de collecteur de la dîme (*'ushr*). Ruwaifi' refusa en disant : « J'ai entendu le Messager de Dieu ﷺ dire : "Les collecteurs d'impôts sont dans le Feu." »27 'Uqbah bin 'Amir affirme avoir entendu le Messager de Dieu ﷺ dire : « Les collecteurs d'impôts n'entreront pas au Paradis. »28 Bien que ces deux propos soient critiqués par les spécialistes de la critique du hadith, ils sont appuyés par une parole rapportée par Muslim à la fin d'un récit concernant une femme mariée qui commit l'adultère et fut lapidée. Le Prophète ﷺ dit : « Elle s'est repentie d'un repentir si sincère que si un collecteur d'impôts s'était repenti de la sorte, il aurait certainement été pardonné. » Cela montre que le péché des collecteurs d'impôts est en réalité plus grave que celui de la femme adultère. Cela est encore corroboré par plusieurs paroles blâmant les collecteurs de la dîme. Bien qu'aucune de ces paroles n'atteigne le degré de bon ou de correct, elles se soutiennent mutuellement : Al Tabarani, dans son *al Mu'jam al Kabir*, rapporte de 'Uthman bin Abi al 'As que le Prophète ﷺ dit : « Dieu se rapproche de Ses créatures et pardonne à quiconque demande pardon, à l'exception d'une prostituée [qui gagne sa vie par son corps] et d'un collecteur de la dîme. »29 Ibn al Athir, dans son *al Nihayah*, explique que le collecteur de la dîme (*'ushr*) est un collecteur d'impôts.30 Al Bighawi ajoute : « Un collecteur d'impôts est l'agent qui perçoit auprès des marchands qui passent devant lui un impôt appelé *'ushr*. »31 Al Mundhiri ajoute : « De nos jours, ils perçoivent un impôt appelé *'ushr*, en plus d'autres taxes sans nom qu'ils prélèvent illégalement. »
Abu al Khair says "Maslamh bin Mukhlid, who was governor of Egypt, offered Ruwaifi' bin Thabit the position of 'ushr commissioner. Ruwaifi' refused, saying, "I heard the Messenger of God (p) say, 'Levy collectors are in the Fire.'"27 'Uqbah bin 'Amir says he heard the Messenger of God (p) say, "Levy collectors do not enter Heaven."28 Although these two sayings are criticized by hadith critics, they are supported by a saying reported by Muslim at the end of a story about a married woman who committed adultery and was stoned. The Prophet said, "She made such sincere repentance that if similar repentance was made by a levy collector, he certainly would be forgiven." This shows that the sin of levy collectors is in fact more severe than that of the woman who committed adultery. This is further supported by several sayings that censure 'ushr collectors. Although none of these sayings reach the level of good or correct, they support each other: Al Tabarani in his al Mu'jam al Kabir reports from 'Uthman bin Abi al 'As that the Prophet (p) says, "God descends close to his creatures and forgives anyone who asks forgiveness, except a prostitute [who earns] by her body, and a 'ushr collector."29 Ibn al Athir in his al Nihayah explains that an 'ushr collector is a tax collector.30 Al Bighawi adds, "A tax collector is the officer who collects from merchants who pass by him a tax called 'ushr."31 Al Mundhiri adds, "Nowadays, they collect a tax named 'ushr, in addition to other nameless taxes that they take unlawfully.
C'est comme s'ils mangeaient du feu dans leurs ventres. Ils n'auront aucune justification lorsqu'ils rencontreront leur Seigneur, que la colère de Dieu soit sur eux, et ils seront certainement châtiés sévèrement."32 Al Munawi dit : « Le collecteur d'impôts est le collecteur de la 'ushr, c'est un agent qui perçoit des impôts auprès des gens. » Al Munawi cite al Tibi disant : « Ces paroles indiquent que la perception d'un tel prélèvement fait partie des péchés les plus graves. » Al Dhahabi considère cela comme un grand péché.33 Al Munawi poursuit : « Un collecteur d'impôts est comme un brigand de grand chemin, qui est pire que les voleurs ordinaires, puisque opprimer les gens et leur imposer des taxes injustes est plus lourd que le vol. Le collecteur d'impôts, son commis, les policiers qui l'aident, et même ceux qui reçoivent des salaires et des subventions prélevés sur de tels impôts, sont tous associés dans la prise de biens illicites.34
It is like they eat fire in their stomachs. They shall have no justification when they meet their Lord, may the wrath of God be upon them, and indeed they will be severely punished."32 Al Munawi says "the tax collector is the 'ushr collector, he is an officer who collects taxes from people. Al Munawi quotes al Tibi as saying, "The sayings indicate that collecting such a levy is among the most dangerous sinse." Al Dhahabi considers it a great sin.33 Al Munawi continues, "A tax collector is like a highway robber, who is worse than normal thieves, since oppressing people and imposing undue taxes on them is heavier than stealing. The tax collector, his clerk, policemen who aid him, and even those who receive salaries and grants out of such taxes, are all partners in taking unlawful property.34
Par ailleurs, certains hadiths appellent à lever l'ushr des épaules des musulmans. Sa'id bin Zaid rapporte : « J'ai entendu le Messager de Dieu ﷺ dire : "Ô Arabes, remerciez Dieu qu'Il vous ait délivrés de l'ushr [le dixième]." »35 Un homme rapporte du Prophète ﷺ que « l'ushr ne concerne que les Juifs et les Chrétiens ; il ne doit y avoir aucun ushr sur les musulmans ». Une autre version dit : « et il n'y a aucun ushr sur les gens de l'Islam ».36 Al Munawi, dans at-Taysir, commente ce hadith : « Il dit explicitement que la taxe du dixième pèse sur les Juifs et les Chrétiens, s'ils ont conclu leur traité de reddition à cette condition, ou s'ils entrent dans notre pays pour commercer. Il n'existe aucune taxe de ce genre sur les musulmans, hormis ce qui est exigé au titre de l'ushr de la zakat sur l'agriculture. Ce texte interdit explicitement d'imposer quelque taxe que ce soit aux musulmans. »37
Additionally, there are sayings that call for the lifting of 'ushr off the shoulders of Muslim people. Sa'id bin Zaid says, "I heard the Messenger of God (p) say, 'O Arabs, thank God that He removed the 'ushr [ten percent] off you.'"35 A man narrates from the Prophet (p) that "The 'ushr are only on Jews and Christians; there should be no 'ushr on Muslims." An other version reads, "and there are no 'ushr on the people of Islam."36 Al Munawi in al Taisir comments on this saying of Islam. "It explicitly says the ten-percent levy is on Jews and Christians, if they made their treaty of surrender on that condition, or if they enter our country to trade. There is no such levy on Muslims, except what is required as the 'ushr of zakah on agriculture. This text explicitly prohibits imposing any levies on Muslims."37
Dans la suite de cette section, nous examinerons la deuxième et la troisième objection, la première objection ayant été longuement traitée dans la huitième partie de ce livre.
In the remainder of this section, we shall discuss the second and third objections, since the first objection was discussed at length in part eight of this book.
Discussion of the second objection against taxes
La protection de la propriété privée en Islam n'est pas contradictoire avec le fait de prélever certaines charges sur cette propriété. Les pauvres, les faibles et les nécessiteux ont un droit sur la richesse des riches, fondé sur leur fraternité dans l'humanité et dans la religion, comme cela a été montré lorsque nous avons étudié le fondement théorique de l'aumône obligatoire (Zakah). La société a également des droits sur la propriété privée, car les individus ne gagnent leur richesse que dans le cadre de la société, et, d'une manière ou d'une autre, la société contribue à l'acquisition de la propriété individuelle, et parce que, sans les services sociaux, la vie serait très incommode pour les citadins. Avant tout cela, Dieu a des droits sur la richesse privée. Il est le Créateur et le véritable Propriétaire de la richesse. Les biens appartiennent en réalité à Dieu avant toute chose, et les hommes ne sont que des lieutenants.
The protection of private ownership in Islam is not contradictory to charging certain dues on this ownership. The poor, weak, and needy, have right on the wealth of the rich based on their brotherhood in humanity and in religion, as was shown when we studied the theoretical foundation of zakah. Society also has rights on private property, since individuals earn their wealth only in the framework of society, and one way or another, society contributes to the earning of individual property, and since without social services, life would be very inconvenient for urban people. Before all this, God has rights on private wealth. He is the Creator and true Owner of wealth. Goods are in fact God's property before anything else, and people are merely vicegerents.
Si, dans la société islamique, il existe des personnes dans le besoin dont les besoins ne sont pas satisfaits par l'ensemble du produit de l'aumône obligatoire (Zakah), s'il existe des besoins publics, militaires, économiques et autres qui exigent des ressources, et si la diffusion et l'établissement de l'Islam requièrent des fonds, alors l'Islam approuve l'imposition de taxes sur les riches afin d'atteindre ces objectifs, en application de la règle « ce sans quoi une obligation ne peut être accomplie est également obligatoire ».
If, in the Islamic society, there exist needy persons whose needs are not satisfied with all the proceeds of zakah, if there are public needs, military, economic, and otherwise that require resources, and if the spread and establishment of Islam requires funds, Islam approves of imposing taxes on the rich to achieve these targets, in application of the rule "that without which an obligation cannot be fulfilled is also obligatory."
Discussion of the third objection
A. Les dires concernant le maks Les paroles qui discréditent les impôts sont pour la plupart non authentiques, comme nous l'avons vu précédemment. Même celles qui atteignent le niveau d'acceptation n'interdisent pas explicitement tout impôt, car le mot employé pour désigner l'impôt est l'arabe maks, qui possède plusieurs sens. Dans le Lisan al-'Arab (le dictionnaire arabe le plus respecté), le maks est défini comme l'argent perçu auprès des marchands dans les marchés préislamiques. Il est aussi défini comme ce qui est perçu par l'agent de l'ushr. Ibn al-'Arabi dit que le maks est un dirham supplémentaire perçu par l'agent de la zakat au-delà de la zakat due, perception que le Prophète ﷺ a interdite. Il mentionne le dicton « Un percepteur de maks n'entre pas au paradis. » Le maks est aussi défini comme l'impôt perçu par l'agent du maks. À l'origine, le mot maks signifie collecte. Maks signifie également réduction ; le maks est une diminution de la valeur d'une vente.38 Al-Baihaqi dit : « Le maks est une réduction. Si l'agent retient une part du produit de la zakat, il est appelé percepteur de maks. »39
A. The sayings about maks The saying that discredit levies are mostly inauthentic, as we have seen earlier. Even those which reach the level of acceptance do not explicitly prohibit every tax, since the word used in them for tax is the Arabic maks, which has several meanings. In Lisan al Arab (the most respected Arabic dictionary), "maks is defined as money collected from venders in pre-Islamic markets. It is also defined as what is collected by the 'ushr officer. Ibn al 'Arabi says that maks is an added dirham collected by the zakah officer above the due zakah, the collection of which the Prophet (p) prohibits. He mentions the saying 'A maks collector does not enter heaven.' Maks is also defined as the tax collected by the maks officer. Originally, the word maks means collection. Maks also means reduction; maks is a discount of the value of sale."38 Al Baihaqi says, "Maks is reduction. If the officer reduces from the proceeds of zakah, he is called a maks collector."39
En conséquence, le dénigrement des percepteurs de maks peut être compris comme un avertissement adressé aux agents chargés de la zakat, car un percepteur de maks est l'agent malhonnête et injuste de la zakat, qui prélève auprès des payeurs plus que ce qui est dû ou garde pour lui-même une partie des produits, qui appartiennent aux pauvres. Cette compréhension est étayée par l'explication de certains rapporteurs, selon laquelle les percepteurs de l'ushr mentionnés dans le hadith sont des agents qui prélèvent l'aumône (Sadaqah) de manière illégitime.40 Par ailleurs, Abu Daud a rapporté de tels hadiths au chapitre intitulé « La collecte de l'aumône (Sadaqah) ». Cette compréhension est également étayée par les hadiths qui menacent les percepteurs qui ne sont pas justes dans le calcul et la collecte de l'aumône (Sadaqah). (Certains de ces hadiths ont été mentionnés plus haut, au chapitre deux de la quatrième partie.) De tels hadiths ont involontairement conduit certains Compagnons à refuser les fonctions de percepteurs de l'aumône obligatoire (Zakah), en raison de la grande responsabilité qu'elles impliquent.
Accordingly, the demeaning of maks collectors can be understood as a warning to zakah officers, for a maks collector is the dishonest and unjust zakah officer, who takes from payers more than what is due or keeps part of the proceeds, that belong to the poor, for himself. This understanding is supported by some narrators' explanation of 'ushr collectors' in the saying as officers who take sadaqah improperly.40 Moreover, Abu Daud mentioned such sayings in the chapter on "collection of sadaqah." This understanding is also supported by sayings that threaten collectors who are not just in their calculation and collection of sadaqah. (Some of these sayings are mentioned earlier in chapter two of part four). Such sayings inadvertantly convinced some Companions to refuse positions as zakah collectors because of the great responsibility involved.
Cependant, il existe une autre compréhension des paroles relatives au maks, qui pourrait être plus convaincante. Le maks, dans ces paroles, est expliqué comme désignant les impôts injustes, qui étaient répandus partout dans le monde à l'époque de l'essor de l'Islam. Ces impôts étaient perçus sans droit légitime et dépensés uniquement selon les caprices du roi, des impôts dont le fardeau n'était pas réparti équitablement entre ceux qui pouvaient les supporter, dont le produit n'était pas employé au profit du peuple, des impôts qui frappaient principalement les pauvres, tandis que les seigneurs riches en étaient exemptés.
However, there is another understanding of sayings on maks which may be more convincing. Maks in these sayings is explained as unjust taxes, that were predominant all over the world at the time of Islam's rise. Taxes were collected without due right and spent only on whims of the king, taxes whose burdens were not distributed justly among those who could afford them, whose proceeds were not spent for the benefit of people, taxes that were mainly imposed on the poor, from which the rich lords were exempted.
L'auteur d'al-Tabyin, un hanafite, affirme que les textes qui déprécient les percepteurs de la dîme ('ushr) désignent ceux qui « prennent les biens des gens injustement, comme le font aujourd'hui les tyrans »41. On trouve des propos semblables dans al-Durr al-Mukhtar et d'autres ouvrages42. Ces impôts sont la meilleure interprétation du terme maks. De même, les percepteurs de la dîme menacés dans les hadiths sont les collecteurs employés par les tyrans et les oppresseurs pour lever des impôts injustes.
The author of al Tabyin, a Hanafite, says, texts that degrade 'ushr collectors are references to those who "take funds from people unjustly, as done by tyrants today."41 In al Durr al Mukhtar and other books, one finds similar statements.42 These taxes are the best interpretation of the word maks. Also, the 'ushr collectors threatened in the sayings are collectors used by tyrants and oppressors to collect unjust taxes.
Cette compréhension est conforme à l'avis d'al-Dhahabi, exprimé dans son al-Kaba'ir : « Le percepteur des maks est la main droite de l'oppresseur. De tels percepteurs sont en réalité eux-mêmes des oppresseurs, puisqu'ils prennent ce qui n'est pas dû et le donnent à ceux qui ne le méritent pas. »43
This understanding is consistent with al Dhahabi's opinion, expressed in his al Kaba'ir, that "The maks collector is the right hand of the oppressor. Such collectors are in fact themselves oppressors, since they take what is not due and give it to those who do not deserve it."43
Les impôts prélevés dans les conditions énumérées à la section deux de ce chapitre, afin de financer les services nécessaires dans l'intérêt public, pour améliorer le niveau de vie, instruire les ignorants, procurer des emplois aux chômeurs, nourrir les affamés, protéger les craintifs et soigner les malades, ne sont pas injustes. Ils sont licites, et le gouvernement islamique a le droit de les instaurer.
Taxes levied under the conditions listed in section two of this chapter to provide for needed services in the public interest to improve the standard of living, to educate the ignorant, to provide jobs for the jobless, to feed the hungry, to protect the frightened, and to cure the ill are not unjust. They are lawful, and the Islamic government has the right to impose them.
B. Le propos sur l'abolition de la 'ushr Le propos selon lequel la 'ushr aurait été abolie pour les musulmans, bien qu'il ne soit pas exact, n'indique pas explicitement que toutes les taxes sont interdites ; en effet, ce propos peut recevoir plusieurs autres interprétations qui le rendent compatible avec une fiscalité légitime.
B. Saying about elimination of 'ushr The saying that 'ushr are eliminated for Muslims, although not correct, is not explicit in indicating that all taxes are prohibited, in fact, there are several other interpretations of this saying that make it consistent with just taxation.
Abu 'Ubaid commente ces propos et d'autres semblables. Les propos dans lesquels les collecteurs de l'ushr et du maks sont dénoncés désignent clairement la pratique préislamique (Jahiliyyah) prédominante des rois arabes comme non arabes, qui imposaient des taxes (dix pour cent) aux marchands traversant leurs terres. Cela ressort des lettres que le Prophète ﷺ adressa aux différentes régions de l'Arabie, dans lesquelles il disait : « Que ce peuple ne soit pas contraint de se rassembler en cortèges, et qu'il ne soit pas soumis à l'ushr. » Nous savons donc qu'il s'agissait d'une pratique de la Jahiliyyah que Dieu abolit avec l'Islam, et qui fut remplacée par l'aumône obligatoire (Zakah), purificatrice, au taux d'un quart du dixième, soit cinq dirhams sur deux cents dirhams. Les agents qui perçoivent la Zakah selon ce qui est prescrit ne sont pas des collecteurs de l'ushr. Ils ne prélèvent pas l'ushr ; ils ne prélèvent qu'un quart de l'ushr. Cela est expliqué dans le propos qui dit : « Aucun ushr n'est imposé aux musulmans, l'ushr ne concerne que les Juifs et les chrétiens », ainsi que dans le propos rapporté jusqu'au Prophète ﷺ selon lequel le « collecteur d'ushr » est celui qui perçoit l'aumône (Sadaqah) sans en avoir le droit. C'est aussi pour cette raison qu'Ibn 'Umar répondit à la question : « As-tu connaissance que 'Umar ait prélevé l'ushr sur les musulmans ? » par ces mots : « Non, je ne le sais pas. » Le propos de Ziyad bin Hudair, selon lequel « nous ne prélevions pas l'ushr (dix pour cent) sur les musulmans ni sur les gens de l'alliance », signifie qu'il percevait des musulmans un quart du dixième, et des gens de l'alliance la moitié du dixième.44
Abu 'Ubaid comments on this and similar sayings, Sayings in which 'ushr and maks collectors are denounced clearly refer to the predominant Jahiliyah [pre-lslamic) practice of both Arab and non-Arab kings, imposing taxes (ten percent) on merchants who passed through their land. This is obvious from the messages the Prophet (p) wrote to the different regions of Arabia in which he said, "That people shall not be forced to gather in processions nor charged 'ushr. From this we know that it was a jihiliyah practice which God abolished with Islam, and which was substituted by the purifying obligation of zakah at the rate of one-fourth of a tenth, i.e. five dirhams out of each two hundred dirhams. Commissioners who collect zakah the way it is obligated are not 'ushr collectors. They do not take 'ushr; they only take one-fourth of 'ushr. This is explained in the saying that reads "No 'ushr are imposed on Muslims," 'ushr are only on Jews and Christians," and in the saying linked up to the Prophet that the 'ushr collector" is he who collects sadaqah without due right." Also, this is the reason Ibn 'Umar answered the question "Do you have any information that 'Umar collected 'ushr from Muslims.'" by replying "No, I do not." The saying of Ziyad bin Hudair that, "we used not to charge 'ushr (ten percent) on Muslims or people of the Pledge " means that he collected from Muslims one fourth of one-tenth and from people of the Pledge one-half of one tenth.44
Ainsi, l'abolition de la dîme (ʿushr) consiste à supprimer un impôt oppressif préislamique, fixé à dix pour cent et imposé par les rois arabes et non arabes, et à le remplacer par l'aumône obligatoire (Zakah) au taux de 2,5 pour cent sur les biens commerciaux. Et ce que l'on entend par les Juifs et les Chrétiens dans ce hadith ne désigne pas les gens de la dhimma, mais les Juifs et les Chrétiens étrangers venus de l'extérieur de l'État islamique avec des marchandises. On leur prélevait dix pour cent, comme le rapporte Abu ʿUbayd d'après ʿAbd al-Rahman ibn Maʿqil, qui dit : « J'ai demandé à Ziyad ibn Hudayr sur qui nous prélevions dix pour cent ? Il répondit : "Nous ne prélevions pas dix pour cent sur un musulman ni sur une personne de la dhimma." Je dis : "Sur qui prélevions-nous donc dix pour cent ?" Il répondit : "Sur les commerçants des pays non musulmans, car eux prélevaient dix pour cent sur nos commerçants lorsqu'ils se rendaient chez eux." »44 Il s'agit là d'un traitement fondé sur la réciprocité, pratique très répandue entre les nations, même aujourd'hui. Quant aux gens de la dhimma, Juifs et Chrétiens vivant en terre musulmane, ils n'étaient pas soumis à la dîme de dix pour cent, ni à l'aumône obligatoire de 2,5 pour cent comme les musulmans. On leur prélevait cinq pour cent, comme l'affirme Abu ʿUbayd, qui ajoute : « Au début, je n'en connaissais pas la raison. Puis j'ai étudié un rapport de ʿUmar et j'ai constaté qu'il avait conclu le traité avec eux sur cette base »45. Il semble que le doublement du taux qui leur était appliqué, par rapport à celui appliqué aux musulmans, constituait une compensation pour leur exemption de tout impôt sur le bétail et sur l'argent, alors que les musulmans devaient encore acquitter la Zakah sur ces biens.
Thus, abolishing 'ushr is the abolition of an oppressive pre-Islamic tax imposed at the rate of ten percent by kings of Arabs and non-Arabs, and substituting it by zakah at the rate of 2.5 percent on trade's assets. And what is meant by Jews and Christians in this saying is not people of the Pledge, but foreign Jews and Christians who came from outside the Islamic state with merchandise. They were charged ten percent, as reported by Abu 'Ubaid from 'Abd al Rahman bin Ma'qil, who says, "I asked Ziyad bin Hudair whom he used to charge ten percent? He answered, 'We did not charge ten percent on a Muslim or a person of the Pledge.' I said, 'Whom then did we used to charge ten percent?' He replied, 'Traders from non-Muslim countries, since they use to charge our merchants ten percent when they went there.'"44 This is on the basis of equal treatment, a very common practice among nations even today. As for people of the Pledge Jews and Christians within the Muslim land - they were not charged ten percent, nor were they charged 2.5 percent like Muslims. They were charged five percent, as stated by Abu 'Ubaid, who adds "At first I did not know the reason. Then I studied a report from 'Umar and found that he made the treaty with them on that basis.45 It seems that duplicating the rate for them as compared to the rate applied on Muslims was compensation for their exemption from any tax on livestock and money, while Muslims still had to pay zakah on these properties.
Al-Tirmidhi donne une autre interprétation de la parole qui abolit la 'ushr. Il soutient que les musulmans ne sont pas soumis à la 'ushr, car la 'ushr était une taxe sur les personnes et non sur les richesses, à l'instar de la jizya. Le Prophète ﷺ dit : « La 'ushr, c'est-à-dire la jizya, ne s'applique qu'aux Juifs et aux Chrétiens, et non aux musulmans. » Dans certaines versions de cette parole rapportées par Abu Dawud, les termes sont : « Il n'y a pas d'impôt foncier (Kharaj) sur les musulmans. » Le mot kharaj était utilisé pour désigner la jizya, qu'on appelait autrefois « kharaj sur les têtes ».47
Al Tirmidhi gives another interpretation of the saying abolishing 'ushr. He argues that Muslims are not charged 'ushr because 'ushr was the levy on persons and not on wealth, like jiziah. The Prophet says "'ushr i.e. jiziah is only on Jews and Christians and not on Muslims." In some versions of the saying reported by Abu Daud, the words are "There is no kharaj on Muslims." The word kharaj was used to mean jiziah, which used to be called "kharaj on heads."47
Étrangement, dans al Taisir al Munawii, on tente de conclure que les paroles susmentionnées interdisent toutes les taxes.
Strangely, in al Taisir al Munawii attempts to conclude that the above-mentioned sayings prohibit all taxes:
Il semble que ce hadith n'ait pas été connu de 'Umar, puisqu'il imposa le maks. Al-Maqrizi et d'autres rapportent que 'Umar fut informé que les marchands musulmans, lorsqu'ils se rendaient en Inde, étaient soumis à un prélèvement de dix pour cent. Il écrivit alors à Abu Musa al-Ash'ari, alors gouverneur de Bassorah : « Prélève sur chaque marchand musulman qui passe devant toi le taux de cinq dirhams pour chaque 200 dirhams, et sur les marchands des gens de l'Alliance le taux d'un dirham sur chaque 20 dirhams. » Plus tard, 'Umar ibn 'Abd al-'Aziz abolit ce maks.48
It seems that this saying did not reach 'Umar, since he imposed maks. Al Maqrizi and others say 'Umar was informed that when Muslim merchants went to India they were charged ten percent. He then wrote to Abu Musa al Ash'ari, then governor of Basrah, "collect from each Muslim merchant that passes by you at the rate of five dirhams from each 200 dirhams, and from people-of-the-Pledge merchants at the rate of one dirham out of each 20 dirhams." Later 'Umar bin 'Abd al 'Aziz abolished this maks.48
Ceci est une référence à ce qu'ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz écrivit à l'un de ses gouverneurs : « Abolissez le maks », et à un autre : « Chevauche jusqu'à la maison de la ville de Rafah qu'on appelle la maison du maks, et démolis-la. »49
This is a reference to what 'Umar bin 'Abd al 'Aziz wrote to one of his governors, "Abolish the maks," and to another "Ride to the house in the city of rafah that is called the house of maks, and demolish it."49
En fait, cet avis d'al-Munawi manque d'exactitude et de justesse pour les raisons suivantes :
In fact, this opinion of al Munawi lacks accuracy and correctness because of the following:
Il authentifie le hadith concernant le ‘ushr comme bon ou authentique. Ce hadith n'est ni authentique ni bon, comme il le mentionne lui-même dans ses commentaires sur Faid al-Qadir.
A. He grades the saying about 'ushr good or correct. The saying is neither correct nor good, as he himself mentions in his comments on Faid al Qadir.
B. Il suppose qu'Omar a pris une mesure contraire à une parole authentique, et qu'aucun Compagnon ne l'a porté à son attention, malgré leur grand nombre et leur empressement à appliquer les ordonnances du Prophète ﷺ, surtout dans une affaire qui concerne des masses de gens.
B. He presumes 'Umar took an action contradictory to a correct saying, and not one Companion brought that to 'Umar's attention, despite their large number and their keeness to fulfill the ordinances of the Prophet, especially in a matter that relates to masses of people.
C. Il suggère que 'Umar, avec l'approbation complète de tous les Compagnons, a commis un acte blâmé qui fait partie des grands péchés. Un percepteur de maks n'entre pas au Paradis.
C. He suggests that 'Umar, with full approval of all the Companions, committed a denounced action that is one of the great sins. A maks collector does not enter heaven.
Ceci est une contradiction manifeste avec l'ordre du Prophète ﷺ selon lequel nous devons suivre la tradition des Califes bien guidés, dont Umar fait partie.
This is an obvious contradiction to the order of the Prophet that we must follow the tradition of the Wise Successors of whom Umar is one.
D. Sa dernière affirmation implique que 'Umar bin 'Abd al 'Aziz a aboli cette règle oppressive de 'Umar bin al Khattab. C'est un fait historique que le second 'Umar s'efforçait de suivre les traces de 'Umar bin al Khattab, et pour cette raison de nombreux historiens le considèrent comme semblable à Ibn al Khattab. 'Umar bin 'Abd al 'Aziz a aboli les prélèvements oppressifs et les pratiques injustes des Omeyyades, sa propre famille, car son amour de Dieu et de Son messager ne lui permettait pas de suivre les siens. Il est évident que 'Umar bin 'Abd al 'Aziz a supprimé les taxes injustes qui dépassaient ce qui était juste et convenable, et il a ordonné aux percepteurs de l'aumône obligatoire (Zakah) d'être équitables et justes dans leur évaluation et leur collecte. Pour des raisons de ce genre, il est appelé par de nombreux savants musulmans le cinquième des Califes bien guidés. La position de 'Umar bin 'Abd al 'Aziz est éclaircie par Ibn Hazm, qui rapporte de Zuraiq bin Hayyan al Dimashqi, un commissaire en Égypte, que 'Umar bin 'Abd al 'Aziz lui a écrit : « Veille sur ceux des musulmans qui passent près de toi et prélève sur ce qui est apparent de leur richesse (l'inventaire commercial qu'ils gèrent) au taux d'un dinar sur chaque quarante dinars. Ce qui est en deçà de cela sera taxé proportionnellement. »50
D. His last statement implies that 'Umarr bin 'Abd al 'Aziz abolished this oppressive ruling of 'Umar bin al Khattab. It is a historical fact that the later 'Umar was keen to follow the footsteps of 'Umar bin al Khattab, and for that reason he is considered similar to Ibn al Khattab by many historians. 'Umar bin 'Abd al 'Aziz abolished oppressive levies and practices of the Umayyads, his own folks, because his love of God and his messenger would not allow him to follow his family. It is obvious that 'Umar bin 'Abd al 'Aziz abolished unjust dues that exceeded what was right and proper, and ordered zakah collectors to be fair and just in their estimation and collection. For reasons like this he is called the fifth of the Wise Successors by many Muslim scholars. The position of 'Umar bin 'Abd al 'Aziz is clarified by Ibn Hazm, who reports from Zuraiq bin Hayyan al Dimashqi, a commissioner in Egypt, that 'Umar bin 'Abd al 'Aziz wrote me, 'Look after whoever passes by you of Muslims and take from what is apparent of their wealth (the trade inventory they administer) at the rate of one dinar out of each forty dinar. What is less than that is charged proportionately.'"50
Ce qui concerne la présente étude, c'est que la parole « Il n'y a pas de 'ushr sur les musulmans » ne peut pas être utilisée pour interdire l'imposition d'impôts justes aux musulmans lorsque l'État islamique en a besoin. Cette parole n'est pas admise, tant du point de vue de son authenticité que de celui de son indication.
What concerns this study is that the saying "There are no 'ushr on Mulims" cannot be used to prohibit imposing just taxes on Muslim people when the Islamic state needs them. This saying is not accepted from the point of view of its authenticity as well as its indication.
Jurists from the four schools allow just taxes
Très rarement, les juristes emploient le terme arabe daribah, qui signifie impôt. Dans leurs écrits, ils désignent toutefois les prélèvements réguliers par d'autres noms. Parfois ils les appellent « charges gouvernementales », « droits », « kharaj » ou « allocations ». Les Hanafites, qu'ils soient des générations anciennes ou plus récentes, évoquent les impôts et distinguent les impôts justes et légitimes des impôts oppressifs. Ibn 'Abidin dit : « Certaines allocations sont justifiées, comme les redevances pour la construction de bassins d'eau sur les rivières, pour la distribution de l'eau, pour l'irrigation, pour rémunérer les gardes de nuit, pour financer l'armée, ou pour libérer des captifs, lorsque cela est nécessaire et que le trésor public ne dispose pas de fonds. Mais certaines allocations ne sont pas justes, comme bon nombre de celles qui sont perçues de nos jours. » Dans al Qunyah, Abu Ja'far al Balkhi est cité comme disant : « Ce qui est imposé par le gouvernement islamique aux gens pour financer les intérêts publics est un dû financier religieusement obligatoire, semblable au kharaj. Nos maîtres disent : "Ce qui est perçu par le gouvernement pour pourvoir aux intérêts publics devient obligatoire, comme les salaires des gardes qui protègent les routes, les bâtiments et les entrées des grands axes." Semblable à ces impôts justes est ce qui est prélevé à Khawarizm [une ville musulmane d'Asie centrale occupée par la Russie] pour réparer les berges du fleuve al Jihun et pour payer le garde-frontière. De tels droits sont obligatoires, car ils ne sont pas oppressifs. Chaque personne imposable doit les acquitter. Le gouvernement ne doit pas être blâmé pour de tels prélèvements, mais il ne doit pas être encouragé à dépasser ce qui est nécessaire. » Ibn 'Abidin, après avoir cité la déclaration d'al Balkhi dans son Radd al Muhtar, commente : « Cela ne s'applique que lorsqu'il n'existe pas dans le trésor public de fonds suffisants pour ces besoins. »52
Very seldom do jurists use the Arabic word daribah, which means tax. But in their writings they refer to regular levies using other names. Sometimes they call them "government charges" " duties," "kharaj," or "allotments." Hanafites, both early and later generations, mention taxes and distinguish between just and proper taxes and oppressive ones. Ibn 'Abidin says "Some allotments are justified, such as fees for making water pools on rivers, for distribution of water, for irrigation, to pay night watchmen to finance the aray, or to free captive, when this is needed and the public treasury does not have funds. But some allotments are not right, such as many which are collected in our times." In al Qunyah, Abu Ja'far al Balkhi is quoted as saying, "What is imposed by the Islamic government on people to pay for public interests is a religiously obligated financial due similar to kharaj. Our teachers say, 'What is collected by the government to provide for public interests become obligatory, such as salaries for guards that protect roads and buildings and entrances of highways'. Similar to these just taxes is what is collected in khawarizm [A Muslim city in Russian-occupied Central Asia] to repair the banks of the river al Jihun, and to pay the frontier guard. Such duties are obligatory, since they are not oppressive. Every taxable person must pay them. The government must not be denounced for such levies but must not be encouraged to exceed what is necessary."51 Ibn 'Abidin, after quoting al Balkhi's statement in his Radd al Muhtar, comments, "This only applies when there are no funds sufficient for these purposes in the public treasury."52
Al-Maliqi, un Malikite, affirme : « L'imposition d'un « kharaj » sur les musulmans est subordonnée aux intérêts publics en jeu. Il ne fait aucun doute dans notre école qu'elle est permise. Il est évident que nous avons aujourd'hui de tels besoins en Andalousie, d'autant plus que nous versons des butins de guerre aux ennemis des musulmans, en plus de ce qui est nécessaire aux services publics et compte tenu de la faiblesse du trésor. Tout cela fournit des motifs suffisants pour la licéité de tels impôts en Andalousie aujourd'hui. Ce qui est important, cependant, est de déterminer le montant nécessaire et de ne pas imposer de taxes au-delà de celui-ci. Cela relève du pouvoir d'appréciation du gouvernement islamique. » Note: the term "kharaj" is rendered as "impôt foncier (Kharaj)" per the glossary rule, so the translation should read: Al-Maliqi, un Malikite, affirme : « L'imposition d'un impôt foncier (Kharaj) sur les musulmans est subordonnée aux intérêts publics en jeu. Il ne fait aucun doute dans notre école qu'elle est permise. Il est évident que nous avons aujourd'hui de tels besoins en Andalousie, d'autant plus que nous versons des butins de guerre aux ennemis des musulmans, en plus de ce qui est nécessaire aux services publics et compte tenu de la faiblesse du trésor. Tout cela fournit des motifs suffisants pour la licéité de tels impôts en Andalousie aujourd'hui. Ce qui est important, cependant, est de déterminer le montant nécessaire et de ne pas imposer de taxes au-delà de celui-ci. Cela relève du pouvoir d'appréciation du gouvernement islamique. »53
Al Maliqi, a Malikite says, "Imposing 'kharaj' on Muslims is subject to the given public interests. There is no doubt in our school that it is permissible. It is obvious that we have such needs in Andalusia today, especially since we pay war booties to the enemies of Muslims, in addition to what is needed for public services and in regard to the weakness of the treasury. All this provides sufficient grounds for the lawfulness of such taxes in Andalusia today. What is important, though, is to determine the amount needed and not to impose taxes beyond that. This is left to the discretion of the Islamic government."53
Dans la première section de ce chapitre, ont été cités les avis d'al-Ghazali et d'al-Shatibi selon lesquels il est permis d'imposer des impôts en cas de besoin lorsque le trésor public ne dispose pas de fonds suffisants. Ibn Taymiyya partage un avis similaire : il approuve les impôts justes et conformes aux besoins, tout en désapprouvant certains autres, comme le rapporte l'auteur de Ghiyath al-Umam.54 Nous disposons donc d'avis provenant de chacune des quatre grandes écoles selon lesquels, lorsque des besoins existent et que le trésor public ne dispose pas de fonds suffisants, des impôts peuvent être prélevés sur les personnes riches, sous certaines conditions.
In section one of this chapter, the views of al Ghazali and al Shatibi that it is permissible to impose taxes if need arises and there are no funds in the public treasury were cited. Ibn Taimiyah has similar view, and approves of taxes that are just and consistent with needs, while he disapproves of some others, as mentioned by the author of Ghiyath al Umam.54 This means we have opinions from each of the four major schools that when needs exist and the public treasury does not have sufficient funds taxes -- within certain conditions - may be levied on rich people.
Comments on unjust taxes
Plusieurs décisions et avis de jurisprudence traitent des impôts injustes, tels que les suivants :
Several jurisprudence rulings and opinions deal with unjust taxes, such as the following:
1. Les transactions telles qu'un accord de caution portant sur des impôts injustes sont licites, en ce sens que si un garant a dû payer au gouvernement le montant des impôts injustes, il a le droit de réclamer à la personne cautionnée ce qu'il a payé. Cela ne signifie toutefois pas que le gouvernement ait le droit de réclamer des impôts injustes aux garants.55
1. Transactions such as a guarantee agreement of unjust taxes are legal, in the sense that if a guarantor had to pay the amount of unjust taxes to the government, he has the right to collect what he paid from the guaranteed person. This does not, however, mean the government has the right to collect unjust taxes from guarantors.55
2. Celui qui se charge de la répartition équitable du fardeau de telles taxes injustes est récompensé par Dieu, car laisser la répartition de ce fardeau à l'autorité oppressive conduit à une répartition très injuste du poids de ces impôts.56
2. Whoever takes responsibility for just distribution of the burden of such unjust levies is rewarded by God, since leaving distribution of the burden up to the oppressive authority leads to very unjust distribution of the burden of these levies.56
3. Il est permis de tromper le gouvernement au sujet de ces prélèvements, à moins qu'il ne soit connu que cette démarche finisse par faire peser une charge plus lourde sur les autres contribuables. Dans ce cas, il est préférable de ne pas frauder dans le paiement.57 Ibn Taymiyah dit : « Lorsque des communautés sont soumises à des prélèvements par des autorités oppressives, qu'ils portent sur les personnes, sur leurs bêtes, leurs arbres ou leurs biens, ou qu'il y a surcharge en aumône obligatoire (Zakah), en impôt foncier (Kharaj) ou en autres prélèvements qui ne sont pas justifiés par la charia (comme les taxes sur les ventes), ces charges doivent être réparties équitablement entre les opprimés. Nul parmi les personnes injustement imposées n'a le droit de reporter sa part du fardeau collectif sur autrui. Ils sont tenus de répartir le poids de ces impôts injustes de manière équitable, comme s'ils étaient légitimes, puisque, du point de vue de la perception et du paiement, les gens sont contraints de payer les impôts injustes de la même façon qu'ils sont contraints de payer les impôts justes. Le mal des impôts injustes incombe à ceux qui les imposent et les perçoivent, et non à ceux qui les paient. Dans de tels cas, les contribuables sont tenus de payer leur part du fardeau de manière équitable et juste. Nul n'a le droit d'échapper au paiement si cette échappatoire reporte le fardeau sur autrui. »58
3. It is lawful to cheat the government with regard to these levies, unless it is known that such an endeavor ends up putting more burden on other tax payers. If so, it is preferred that one not cheat in payment.57 Ibn Taimiyah says, "When communities are charged levies by oppressive authorities, whether on heads, or on their animals, trees or wealth, or are over-charged in zakah or kharaj or other levies that are not justified in Shari'ah (such as sales taxes), such charges must be justly distributed among the oppressed. No one of the people unjustly charged with such taxes has any right to throw his share of the collective burden on others. They are required to distribute the burden of those unjust taxes in a fair way, as if they were lawful, since from the point of view of collection and payment, people are forced to pay unjust taxes the same way they are forced to pay just taxes, The evil of unjust taxes is carried by those who impose and collect them and not by payers. Payers in such cases are required to pay their share of the burden fairly and justly. No one has the right to escape payment if such an escape throws the burden on others."58
Notes de bas de page.
Footnotes.
1. Al-Kharaj d'Abu Yusuf, p. 59.
1. Al kharaj by Abu Yusuf, p. 59.
2. Al Mughni, Vol. 2, p. 667.
2. Al Mughni, Vol. 2, p. 667.
3. Al Rawdah, vol. 2, p. 321, et Tuhfat al Muhtaj, vol. 3, p. 96.
3. Al Rawdah, Vol. 2, p. 321, and Tuhfat al Muhtaj, Vol. 3, p. 96.
4. Pour ces principes et règles similaires des ahkam, voir Al Ashbah wa al Naza'ir, d'Ibn Nujaim, section sur les règles générales. Voir aussi Usul al Tashri' d'al Khudari.
4. For these and similar principles and rules of ahkam, see Al Ashbah wa al Naza'ir, by Ibn Nujaim, section on general rules. See also Usul al Tashri' by al Khudari.
5. Al Mustasfa, vol. 1, p. 303.
5. Al Mustasfa, Vol. 1, p. 303.
6. Al I'tisam, vol. 2, p. 104.
6. Al I'tisam, Vol. 2, p. 104.
7. Sourate At-Tawba, 9:41.
7. Sura al Tawabah, 9:41.
8. Sourate Al-Hujurat, 49:15.
8. Sura al Hujurat, 49:15.
9. Sourate As-Saff, 61:11.
9. Sura al Saff, 61:11.
10. Sourate Al-Baqara, 2:195.
10. Sura al Baqarah, 2:195.
11. Al Nujum al Zahirah, vol. 7, p. 72-73. al Suluk li Ma'rifat Duwal al Muluk, vol. 1, p.
11. Al Nujum al Zahirah, Vol. 7, pp. 72-73. al Suluk li Ma'rifat Duwal al Muluk, Vol. 1, pp.
416-417 et Tabaqat al-Shafi'iyah, d'Ibn al-Subki, pour la biographie d'Izz al-Din ibn 'Abd al-Salam.
416-417 and Tabaqat al Shafi'iyah, by Ibn al Subki for the biography of Izz al Din bin 'Abd al Salam.
12. *Al Islam al Muftara Alaih*, de Muhammad al Ghazali, p. 222-223.
12. Al Islam al Muftara Alaih, by Muhammad al Ghazali, pp. 222-223.
13. Biographie d'al-Nawawî, par al-Sakhawî, imprimée par Jam'iyat al-Nashr wa al-Ta'lîf à al-Azhar, 1935.
13. Biography of al Nawawi, by al Sakhawi, printed by Jam'iyat al Nashr wa al Ta'lif in al Azhar, 1935.
14. Al Amwal, p. 533.
14. Al Amwal, p. 533.
15. Ibid.
15. Ibid.
16. Sur les routes empruntées pour le transport de marchandises d'une ville à une autre, des percepteurs de la dîme (ʿushr) se tenaient en place pour percevoir l'impôt requis. Dix pour cent étaient prélevés sur les étrangers, sur la base de l'égalité de traitement, puisque les marchands musulmans à l'étranger étaient eux aussi soumis à un prélèvement de dix pour cent, selon ce qu'Abu Musa écrivit à ʿUmar. (Voir Al-Kharaj d'Yahya bin Adam, p. 172.) Cinq pour cent étaient prélevés sur les marchands qui étaient des gens de l'alliance, conformément aux traités conclus avec eux. (Voir Al-Amwal, p. 532.) Cela ne s'applique toutefois pas aux chrétiens des Banu Taghlib, qui étaient traités différemment en vertu d'un accord spécial. Voir le chapitre un de la deuxième partie de ce livre.
16. On roads used for transporting goods from one town to another,'ushr collectors used to stand to collect the required tax. Ten percent was collected from foreigners, on the basis of equal treatment, since Muslim merchants abroad were also charged ten percent, according to what Abu Musa wrote 'Umar. (See al kharaj by Yahya bin Adam p. 172) Five percent was collected from merchants who were people of the Pledge, in accordance with the treaties signed with them. (See al Amwal, p. 532.) This however does not apply to the Christians of bani Taghlib, who were treated differently by special agreement. See chapter one of part two of this book.
17. Al Amwal, p. 533.
17. Al Amwal, p. 533.
18. Tabaqat Ibn Sa'd, vol. 3, p. 306-307.
18. Tabaqat Ibn Sa'd, Vol. 3, pp. 306-307.
19. Tarikh al Tabari, vol. 5, p. 19.
19. Tarikh al Tabari, Vol. 5, p. 19.
20. Sourate Ash-Shura, 42:38.
20. Sura al Shura, 42:38.
21. Sourate Al 'Imran, 3:59.
21. Sura al 'Imran, 3:59.
22. Tafsir Ibn Kathir, vol. 1, p. 420.
22. Tafsir Ibn Kathir, Vol. 1, p. 420.
23. Ibid.
23. Ibid.
24. Ibid.
24. Ibid.
25. Rapporté par Abu Daoud dans son chapitre sur les jugements, par Ibn Majah dans son chapitre sur les décisions, et par al-Hakim d'après Abu Hurairah. Al-Hakim le tient pour authentique selon les critères d'al-Bukhari et de Muslim. Il est également jugé authentique par Ibn Habban, et par al-Tirmidhi, par l'intermédiaire de Kathir bin 'Abd Allah bin 'Amr bin 'Awf al-Muzani, de son père, de son grand-père. Al-Tirmidhi commente : « bon et authentique ». La version d'al-Tirmidhi se lit ainsi : « Les musulmans sont liés par leurs conditions, sauf une condition qui rend illicite ce qui est licite ou rend licite ce qui est interdit. » On objecte que Kathir est très faible, mais Ibn Hajar commente : « Cette parole est considérée comme valable grâce à ses nombreuses chaînes de transmission. » Al-Hakim le rapporte d'Anas et de A'aishah par une chaîne faible, et al-Tabarani de Rafi bin Khadij par une bonne chaîne, comme l'indique al-Munawai dans al-Taisir, vol. 2, p. 457. Al-Shawkani commente : « Il n'est un secret pour personne que ces différentes paroles et chaînes se soutiennent mutuellement. Ainsi, le moins que l'on puisse dire du texte de ces récits est qu'il est bon. » Voir Nail al-Awtar, vol. 5, p. 254, Kashf al-Khafa, vol. 2, p. 209, et Faid al-Qadir, vol. 6, p. 272.
25. Reported by Abu Daud in his chapter on judgements, Ibn Majah's chapter on rulings, al Hakim from Abu Hurairah. Al Hakim grades it correct according to the criteria of al Bukhari and Muslim. It is also graded correct by Ibn Habban, and by al Tirmidhi, through Kathir bin 'Abd Allah bin 'Amr bin 'Awf al Muzani from his father from his grandfather. Al Trirmidhi comments, "good correct." The version of al Tirmidhi reads, " Muslims are bound by their conditions, except a condition that makes unlawful what is lawful or makes lawful what is prohibited." It is objected that Kathir is very weak, but Ibn Hajar comments, "This saying is considered by its numerous chains." Al Hakim reports it from Anas and A'aishah via a weak chain, and al Tabarani from Rafi bin Khadij via a good chain, as stated by al Munawai in al Taisir, Vol. 2, p. 457. Al Shawkani comments, "It is no secret that these different sayings and chains support each other. Thus, the least that can be said about the text of these narrations is that it is good." See Nail al Awtar, Vol. 5, p. 254, Kashf al Khafa, Vol. 2, p. 209, and Faid al Qadir, Vol. 6, p. 272.
26. Rapporté par le groupe.
26. Reported by the group.
27. Rapporté par Ahmad par l'intermédiaire d'Ibn Lahi'ah, et par al-Tabarani, qui ajoute : « Cela signifie collecteur de la dîme (ushr). » Voir al-Targhib, vol. 1, p. 568.
27. Reported by Ahmad via Ibn Lahi'ah, and by al Tabarani, who adds, "It means 'ushr collector." See al Targhib, Vol. 1, p. 568.
28. Rapporté par Abu Daud, Ibn Khuzaimah et al-Hakim par l'intermédiaire de Muhammad bin Ishaq. Al-Hakim le qualifie de « authentique selon les critères de Muslim ». Al-Mundhiri ajoute : « mais Muslim ne rapporte de Muhammad bin Ishaq que des narrations à l'appui. » Voir al-Targhib, vol. 1, pp.
28. Reported by Abu Daud, Ibn Khuzaimah, and al Hakim via Muhammad bin Ishaq. Al Hakim calls it "correct according the criteria of Muslim." Al Mundhiri adds, 'but Muslim only reports from Muhammad bin Ishaq supporting narrations." See al Targhib, Vol. 1, pp.
566-567.
566-567.
29. Dans Majma' al Zawa'id, vol. 3, p. 88, al Haithami mentionne la parole sous différentes versions, rapportées d'après al Mu'jam al Kabir et al Mu'jam al Awsat, tous deux d'al Tabarani, ainsi que d'Ahmad. Il ajoute : « Les rapporteurs de la chaîne d'Ahmad sont ceux des recueils authentiques, à l'exception de 'Ali bin Zaid, qui est critiqué, mais que certains considèrent néanmoins comme digne de confiance. » 30. An-Nihaya, d'Ibn al-Athir, vol. 4, p. 110.
29. In Majma' al Zawa'id Vol. 3, p. 88, al Haithami mentions the saying in different versions, as quoted from al Mu'jam al Kabir and al Mu'jam al Awsat both of al Tabarani and from Ahmad. He adds, "The people of the chain of Ahmad are those of the correct collections except 'Ali bin Zaid, who is criticized and who is nevertheless considered trustworthy by some." 30. Al Nihaya, by Ibn al Athir, Vol. 4, p. 110.
31. Al-Targhîb, vol. 1, p. 567.
31. Al Targhib, Vol. 1, p. 567.
32. Ibid.
32. Ibid.
33. Al-Kaba'ir d'al-Dhahabi, p. 119, édition al-Bayan, Beyrouth. Al-Dhahabi ne définit pas précisément le terme *maks* ; il dit seulement : « Le percepteur du *maks* est un véritable soutien des oppresseurs. Il est en fait l'un des oppresseurs, puisqu'il prend ce qui n'est pas dû et le donne à ceux qui ne le méritent pas. » Ibn Hajar al-Haytami, dans son *al-Zawajir*, adopte un point de vue similaire.
33. Al Kaba'ir by al Dhahabi, p. 119, al Bayan print, Beirut. Al Dhahabi does not define the word maks exactly; he only says "The maks collector is a real helper of oppressors. He is in fact one of the oppressors, since he takes what is not due and gives it to those who do not deserve it." Ibn Hajar al Haitami in his al Zawajir has a similar view.
34. Faid al Qadir, vol. 6, p. 449.
34. Faid al Qadir, Vol. 6, p. 449.
35. Al-Haythami, dans Majma' al-Zawa'id, vol. 3, p. 87, dit : « Rapporté par Ahmad, Abu Ya'la et al-Bazzar. Dans sa chaîne de transmission se trouve un narrateur dont le nom n'est pas mentionné, mais les autres narrateurs sont dignes de confiance. » 36. Rapporté par Ahmad, vol. 3, p. 474, par l'intermédiaire de 'Ata' ibn al-Sa'ib, d'un homme de la tribu de Bakr ibn Wa'il, de l'oncle de cet homme, qui dit : « Ô Messager de Dieu, dois-je percevoir la dîme ('ushr) auprès de mon clan ? » Le Prophète ﷺ répondit : « La dîme ('ushr) ne porte que sur . . . . » Le même hadith est rapporté par 'Ata', de Harb ibn 'Ubayd Allah al-Thaqafi, de son oncle, et par 'Ata', de Harb ibn Hilal al-Thaqafi, d'Abu Umayyah, qui appartient à la tribu de Taghlib et qui a entendu le Prophète ﷺ dire : « Il n'y a pas de dîme ('ushr) sur les musulmans . . . . » Il est également rapporté par Abu Dawud, de Harb ibn 'Ubayd Allah ibn 'Umayr, de son grand-père maternel, par l'intermédiaire du père de ce dernier, jusqu'au Prophète ﷺ. Voir Mukhtasar al-Sunan, hadiths n° 2924, 2926 et 2927, vol. 4, pp.
35. Al Haithami in Majma' al Zawa'id, Vol. 3, p. 87, says, "Reported by Ahmad, Abu Ya'la, and al Bazzar. In its chain is a narrator whose name is not given but the rest of the narrators are trustworthy." 36. Reported by Ahmad, Vol. 3, p. 474, via 'Ata bin al Sa'ib, from a man of the tribe of Bakr bin Wa'il from the man's uncle, who said, "O Messenger of God, should I collect 'ushr from my clan?" The Prophet said, "The 'ushr are only on . . . ." The same is reported via 'Ata from Harb bin 'Ubaid Allah al Thaqafi from his uncle, and from 'Ata' from Harb bin Hilal al Thaqafi from Abu Umayyah, who is from the tribe of Taghlib, and who heard the Prophet (p) says "There are no 'ushr on Muslims . . . ." Also reported by Abu Daud from Harb bin 'Ubaid Allah bin 'Umair from his maternal grandfather, from the latter's father linked up to the Prophet. See Mukhtasar al Sunan, sayings no. 2924, 2926, and 2927 Vol. 4, pp.
253-254, et les commentaires d'al-Mundhiri. 'Abd al-Haqq dit : « Ceci est un dire dont la chaîne de transmission est contestée, et je ne le connais pas par une chaîne acceptable. » Ibn al-Qaffal dit : « Ibn Ma'in fut interrogé au sujet de Harb et répondit : "Il est connu, mais cela ne suffit pas à le considérer comme digne de confiance. Beaucoup de personnes connues ne sont pas acceptées comme rapporteurs de dires. Quant au grand-père de Harb, personne ne le connaît, et c'est pire encore pour le père de ce dernier !" » Al-Munawi dit : « Al-Bukhari le rapporte dans son at-Tarikh al-Kabir, en mentionnant le trouble dans sa chaîne, et commente : "Il n'existe aucun appui pour cette narration." » At-Tirmidhi, dans le chapitre sur la zakah intitulé « Pas de jizya sur les musulmans », mentionne ce dire sans aucune chaîne. Ahmad le rapporte dans son Musnad. Al-Haythami dit : « Dans la chaîne figure 'Ata, qui souffrait de troubles mentaux, mais le reste de la chaîne est digne de confiance. » Voir al-Faid, vol. 2, p. 561. Étrangement, al-Munawi mentionne dans at-Taysir, vol. 1, p. 358, que sa chaîne est bonne ou correcte.
253-254, and the comments of al Mundhiri. 'Abd al Haqq says, "This is a saying whose chain is disputed and I know it not via an acceptable chain." Ibn al Qaffal says, "Ibn Ma'in was asked about Harb and answered, "he is know but this is not sufficient to consider him trustworthy. Many known persons are not accepted as narrators of sayings. As for Harb's grandfather, no one knows him, it is worse when it comes to the latter's father!" Al Munawi says, "Al Bukhari reports it in his al Tarikh al Kabir, mentioning the disturbance in its chain, and comments, 'There is no support for this narration.'" Al Tirmidhi, in the chapter on zakah under the title 'no jiziah on Muslims, mentions this saying without any chain. Ahmad in his Musnad reports it. Al Haithami says, "In the chain is 'Ata who was mentally disturbed, but the rest of the chain is trustworthy." See al Faid, Vol. 2, p. 561. Strangely enough, al Munawi mentions in al Taisir, Vol. 1, p. 358, that its chain is good or correct.
37. Al Taisir, Ibid.
37. Al Taisir, Ibid.
38. Lisan al-'Arab, à la lettre « m k s ». 39. Faid al-Qadir, tome 6, p. 449.
38. Lisan al 'Arab, under the letters "m k s." 39. Faid al Qadir, Vol. 6, p. 449.
40. Majma' al Zawa'id, vol. 3, p. 87-88.
40. Majma' al Zawa'id Vol. 3, pp. 87-88.
41. Al Bahr al Ra'iq, vol. 2, p. 249.
41. Al Bahr al Ra'iq, Vol. 2, p. 249.
42. Rada al Muhtar, vol. 2, p. 42.
42. Rada al Muhtar, Vol. 2, p. 42.
43. Al Kaba'ir d'al-Dhahabi, p. 119.
43. Al Kaba'ir by al Dhahabi, p.119.
44. Al Amwal, pp. 707-708, éd. Dar al Sharq.
44. Al Amwal, pp. 707-708, Dar al Sharq print.
45. Ibid, pp. 709 - 710.
45. Ibid, pp. 709 - 710.
46. *Ahkam al-Dhimmiyyin wa al-Musta'minin fi Dar al-Islam* de 'Abd al-Karim Zaydan, chapitre sur les taxes commerciales.
46. Ahkam al Dhimiyyn wa al Musta'minin fi Dar al Islam by 'Abd al Karim Zaidan, chapter on business taxes.
47. Sunan al-Tirmidhi, chapitre sur l'aumône obligatoire (Zakah), intitulé « Pas de jizya sur les musulmans ». 48. Al-Taysir, Sharh al-Jami' al-Saghir, Vol. 1, p. 368.
47. Sunan al Tirmidhi, chapter on zakah, title "no jiziah on Muslims." 48. Al Taisir, Sharh al Jam'al Saghir, Vol. 1, p. 368.
49. Al Amwal, op. cit, p. 704.
49. Al Amwal, op. cit, p. 704.
50. Al Muhalla, vol. 6, p. 66.
50. Al Muhalla, Vol. 6, p. 66.
51. Radd al-Muhtar, vol. 2, p. 58.
51. Radd al Muhtar, Vol. 2, p. 58.
52. Ibid, p. 59.
52. Ibid, p. 59.
53. *Tahdhib al-Furuq wa al-Qawa'id al-Saniyya*, de Muhammad 'Ali bin Husain, imprimé en marge d'al-Furuq d'al-Qarafi, vol. 1, p. 141.
53. Tahdhib al Furuq wa al Qawa'id al Saniyah, by Muhammad 'Ali bin Husain, printed on the margins of al Furuq by al Qarafi, Vol. 1, p. 141.
54. Ghiyath al-Umam, tel que mentionné dans le Kashf al-Zunun, vol. 2, p. 1213, chapitre sur le gouvernement, d'al-Juwaini, un shafi'ite, mort en l'an 478 de l'Hégire.
54. Ghiyath al Umam, as mentioned in Kashf al Zunun, Vol. 2, p.1213, chapter on government by al Juwaini, a Shafi'ite, who died the year 478 H.
55. Rad al Muhtar, vol. 2, p. 58-59.
55. Rad al Muhtar, Vol. 2, pp. 58-59.
56. Ibid, p. 59.
56. Ibid, p. 59.
57. Ibid., p. 58.
57. Ibid, p. 58.
58. Matalib Uli al Nuha, Vol. 3, pp. 569-570.
58. Matalib Uli al Nuha, Vol. 3, pp. 569-570.