3.9 Chapitre neuf : L'aumône obligatoire (Zakah) sur les gains des ouvriers et des professionnels
3.9 Chapter Nine Zakah On Earnings Of Laborers And Professionals
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3.9 Chapter Nine Zakah On Earnings Of Laborers And Professionals
Le travail est l'une des sources de revenus les plus importantes de nos jours. Les gains prennent la forme soit du revenu d'un professionnel indépendant, soit du salaire d'un ouvrier. Ce chapitre traite de la zakatabilité de ces deux formes de revenus, dont aucune n'était courante à l'époque des grands savants qui nous ont précédés. Ce chapitre comporte trois sections.
Labor is one of the most important source of income in our day. Earnings take the form of an independent professional's income or a laborer's wages. This chapter deals with the zakatability of these two forms of income, neither of which was common at the time of the great scholars who preceded us. This chapter has three sections:
La première section traite des avis des juristes sur l'assujettissement de cette source de revenu à la zakât.
Section one deals with jurists' opinions about the zakatability of this source of income.
La deuxième section traite de la détermination du seuil minimal (Nisab).
Section two deals with the determination of nisab.
La section trois traite du taux de l'aumône obligatoire (Zakah) sur ces revenus.
Section three discusses the rate of zakah on these incomes.
SECTION ONE JURISTS' CONSIDERATION OF THE INCOME FROM LABOR AND PROFESSIONS
A contemporary opinion
Les trois professeurs défunts, 'Abd al Rahman Hasan, Muhammad 'Abu Zahra et 'Abd al Wahhab Khallaf, évoquent cette question dans leur conférence à Damas en 1952, et concluent ce qui suit : « Les revenus du travail et des professions sont soumis à l'aumône obligatoire (Zakah) s'ils atteignent le seuil minimal (Nisab) et qu'une année s'écoule. Nous remarquons qu'Abu Hanifah, Abu Yusuf et Muhammad estiment que les conditions du seuil minimal (Nisab) doivent être satisfaites au moins au début et à la fin de l'année. Sur la base de cet avis, l'aumône obligatoire (Zakah) peut être imposée sur les revenus du travail sur une base annuelle. Les gains du travail sont soumis à l'aumône obligatoire (Zakah) pour la même raison que les autres gains y sont soumis. La prise en compte du seuil minimal (Nisab) est également indispensable, car l'aumône obligatoire (Zakah) est imposée aux riches, et le seuil minimal (Nisab) détermine la richesse. L'approche des Hanafites consistant à remplir cette condition aux deux extrémités de l'année est facile à satisfaire. » Abordant le taux de l'aumône obligatoire (Zakah) sur différents biens, les trois professeurs poursuivent : « Nous ne connaissons aucun cas semblable à celui de la soumission à l'aumône obligatoire (Zakah) des revenus du travail et des professions dans la jurisprudence existante. La seule exception est peut-être un avis d'Ahmad selon lequel le loyer, s'il est perçu et atteint le seuil minimal (Nisab), est soumis à l'aumône obligatoire (Zakah) au moment de son acquisition, indépendamment de la condition d'écoulement d'une année. Ceci est en fait semblable aux revenus du travail, et par conséquent ces derniers sont soumis à l'aumône obligatoire (Zakah) s'ils atteignent le seuil minimal (Nisab). À cela s'ajoute ce que nous avons remarqué plus haut, à savoir que les professionnels et les travailleurs ont très probablement un seuil minimal (Nisab) au moins au début et à la fin de l'année fiscale. »1
The three late professors, 'Abd al Rahman Hasan, Muhammad 'Abu Zahra, and 'Abd al Wahhab Khallaf mention this matter in their lecture in Damascus in 1952, and conclude the following: "Income from labor and professions is subject to zakah if it reaches nisab and one year passes. We note that Abu Hanifah, Abu Yusuf, and Muhammad believe that nisab conditions must be satisfied at least in the beginning and the end of the year. On the basis of this opinion, zakah can be imposed on income from labor on a yearly basis. Earnings from labor are zakatable because of the same reason other earning are subject to zakah. The considerations of nisab is also a must, because zakah is imposed on the rich and nisab determines richness. The Hanafites approach to the fulfillment of this condition at the two ends of the year is easy to satisfy.'' Discussing the rate of zakah on different items, the three professors continue, "We know of no case similar to that of zakatability of income from labor and professions in existing jurisprudence. Perhaps the only exception is an opinion from Ahmad that rent, if it is acquired and reaches nisab, is subject to zakah at the time of acquisition, regardless of the condition of the passage of a year. This, in fact, is similar to income from labor, and consequently the latter is zakatable if it reaches nisab. This is in addition to what we remarked earlier upon, that professionals and workers are most likely to have nisab at least at the beginning and end of the fiscal year."1
Wages and salaries are earned income
La conclusion de leur analyse est que l'aumône obligatoire (Zakah) sur les salaires ne s'applique qu'au dernier mois de l'année, car ils exigent que la condition du seuil minimal (Nisab) soit remplie au début de l'année et à sa fin ; autrement dit, ils n'imposent pas l'aumône obligatoire (Zakah) sur le flux des revenus eux-mêmes au cours de l'année, mais ne considèrent que ses deux extrémités.
The conclusion of their analysis is that zakah on salaries applies only to the last month of the year, because they require the fulfillment of the condition of nisab at the beginning of the year and at its end, i.e. they do not imposed zakah on the flow of income itself during the year, but only consider its two ends.
Il est assez étonnant qu'on prétende qu'il n'existe aucune similitude avec le cas de l'aumône obligatoire (Zakah) sur les salaires dans les écrits des juristes, si ce n'est le loyer, car le cas le plus proche des revenus du travail est le cas bien connu du revenu gagné, et je pense que cette similitude est le fondement de l'assujettissement des revenus du travail à l'aumône obligatoire (Zakah). Un groupe de Compagnons a cru à l'assujettissement du revenu gagné à l'aumône obligatoire (Zakah). Il s'agit notamment d'Ibn 'Abbas, d'Ibn Mas'ud et de Mu'awiyah. Quelques juristes les ont suivis, tels qu'al Sadiq, al Baqir, al Nasir et Daud. Cet avis est également rapporté de 'Umar bin 'Abd al 'Aziz, d'al Hasan, d'al Zuhri et d'al Awza'i. L'aumône obligatoire (Zakah) sur le revenu gagné est traitée dans plusieurs ouvrages largement diffusés, notamment al Muhalla (vol. 6, p. 8), al Mughni (vol. 2, p. 6), Nail al Awtar (vol. 4, p.
It is rather astonishing that they claim there is no similarity to the case of zakah on salaries in the writings of jurists except for rent, because the most similar case to earnings from labor is the well-known case of earned income, and I believe this similarity is the foundation for the zakatability or labor income. A group of Companions believed in the zakatability of earned income. This includes Ibn 'Abbas, Ibn Mas'ud, and Mu'awiyah. They are followed by a few jurists, such as al Sadiq, al Baqir, al Nasir, and Daud. This opinion is also reported from 'Umar bin 'Abd al 'Aziz, al Hasan, al Zuhri, and al Awza'i. zakah on earned income is discussed in several well-circulated books, including al Muhalla (vol. 6, p. 8), al Mughni (vol. 2, p. 6), Nail al Awtar (vol. 4, p.
148), al Rawd al Nadir (vol. 2, p. 412), et Subul al Salam (vol. 2, p. 129).
148), al Rawd al Nadir (vol. 2, p. 412), and Subul al Salam (vol. 2, p. 129).
Analysis of the different views concerning earned income
Il est extrêmement important de parvenir à un avis solide sur cette question, car le revenu gagné constitue une catégorie majeure de richesse à notre époque, incluant les salaires et traitements, les revenus professionnels, les gains issus du capital investi, etc. Le revenu gagné peut n'être qu'un accroissement d'un bien soumis à la aumône obligatoire (Zakah), comme un bénéfice tiré des biens de commerce ou une augmentation du nombre de bovins ou d'ovins. Ces accroissements s'ajoutent au capital principal et deviennent soumis à la aumône obligatoire (Zakah) à la fin de l'année fiscale du capital principal. En revanche, le revenu gagné peut être la valeur acquise d'un bien déjà soumis à la aumône obligatoire (Zakah), comme des récoltes vendues après que la aumône obligatoire (Zakah) a été acquittée sur elles. Ce revenu gagné n'est alors soumis à la aumône obligatoire (Zakah) qu'après l'écoulement d'une année, afin d'éviter la double imposition.
It is extremely important to reach a strong ruling on this matter, because earned income is a major category of wealth in our era, including wages and salaries, professional income, gains from invested capital, etc. Earned income may be merely an increase in a zakatable asset, such as a profit from trade assets or increase in the number of cattle or sheep. These increments are added to the principal and become subject to zakah at the end of the fiscal year of the principal. On the other hand, earned income may be the acquired value of an already zakated asset, such as crops sold after zakah is paid on them. This earned income is not subject to zakah until one year elapses, in order to avoid duplication.
Notre discussion porte sur le revenu gagné qui n'est pas couvert par les deux cas précédents, tels que les salaires des ouvriers, les plus-values et leurs dividendes, les dons, etc., que le revenu gagné soit de même nature que sa source ou non.
Our discussion is restricted to earned income not covered by the two previous cases, such as salaries of laborers, capital gains and its dividends, gifts, etc., whether the earned income is of the same kind as its source or not.
Pour de telles formes de revenus acquis, le passage d'une année est-il nécessaire, ou faut-il ajouter les revenus acquis à des biens similaires déjà possédés, en appliquant à ceux-ci l'année de cet actif sur les revenus nouvellement gagnés ? Ou bien les revenus acquis doivent-ils être soumis à la zakat au moment de leur acquisition, à condition que les conditions requises, telles que le seuil minimal (Nisab), l'absence de dettes et le fait qu'ils excèdent les besoins essentiels, soient remplies ? En effet, chacune de ces trois propositions est retenue par quelques juristes, alors qu'il est communément admis parmi les savants que le passage d'une année est une condition requise pour tous les biens soumis à la zakat, qu'il s'agisse de biens possédés ou de revenus acquis. Cela repose sur la portée générale des textes relatifs à cette question, telle que la comprennent de nombreux juristes. Par conséquent, une analyse de ces textes et de leurs indications est indispensable.
For such forms of earned income, is the passage of one year necessary, or must earned income be added to similar already-owned assets, applying the year of that asset on newly earned in cements? Or should earned income be zakated at the time of acquisition, provided that the necessary conditions such as nisab, non-existence of debts, and being in excess of essential needs, are met? In fact, each of these three propositions is taken up by a few jurists, although it is commonly known among scholars that the passage of one year is a required condition on all zakatable funds, whether they are owned assess or earned income. This is based on the general terms of the sayings on this matter, as understood by many jurists. Consequently, an analysis of these sayings and their indications is indispensable.
Sayings on the passage of one year are weak
La condition du passage d'une année est rapportée de quatre Compagnons, à savoir 'Ali, Ibn 'Umar, Anas et 'A'ishah (m), mais toutes ces paroles sont en réalité faibles et ne peuvent pas étayer le point en question.
The condition of the passage of one year is reported from four Companions, namely, 'Ali, Ibn 'Umar, Anas and 'A'ishah (m), but all these sayings are in fact weak and cannot substantiate the point on hand.
Le propos d'Ali est rapporté par Abu Daud sous le titre « De l'aumône obligatoire (Zakah) sur le bétail en pâture ». Abu Daud dit : « Sulaiman bin Daud al Muhri m'a informé que Ibn Wahb lui a dit que Jabir bin Hazim lui a dit (et il en nomma un autre) d'après Abi Ishaq, d'après 'Asim bin Damurah et al Harith al A'war, d'après Ali, que le Prophète ﷺ a dit : « Et si vous possédez deux cents dirhams et qu'une année s'écoule sur eux, il y a cinq dirhams [comme aumône obligatoire (Zakah)], et rien n'est obligatoire pour vous [concernant l'or] tant que vous n'avez pas vingt dinars. Lorsque vous avez vingt dinars et qu'une année s'écoule, il y a un demi-dinar [comme aumône obligatoire (Zakah)]. Ce qui dépasse cela se calcule au prorata. » » Le rapporteur ajoute : « Je ne sais pas si Ali a dit « au prorata » ou si il l'a attribué au Prophète ﷺ. » « Et il n'y a pas d'aumône obligatoire (Zakah) sur un fonds tant qu'une année ne s'est pas écoulée. » Jarir dit que Ibn Wahb ajoute dans le propos les mots « Et il n'y a pas… s'écoule. » Les critiques du hadith ont les remarques suivantes :
The saying from 'Ali is reported by Abu Daud under the title "Zakah on pastured livestock." Abu Daud says "Sulaiman bin Daud al Muhri informed me that Ibn Wahb told him that Jabir bin Hazim told him (and he named another) from Abi Ishaq, from 'Asim bin Damurah and al Harith al A'war from Ali that the Prophet (p) said, "And if you have two hundred dirhams and one year elapses on them, there is five dirhams [as obligated zakah], and nothing is obligated on you [concerning gold] until you have twenty dinars. When you have twenty dinars, and a year elapses, there is half a dinar [as obligated zakah]. What is above that is by proportion.'' The narrator adds, "I do not know whether 'Ali said 'by proportion' or attributed it to the Prophet (p)." "And there is no obligated zakah on a fund until one year elapses." Jarir says that Ibn Wahb adds in the saying the words "And there is no . . . elapses." Critics of hadith have the following to say:
A. Ibn Hazm, suivi par 'Abd al Haq dans ses Ahkam, commente : « Abu Ishaq mentionne 'Asim et al Harith ensemble dans sa narration, et al Harith est un menteur. Il peut passer inaperçu que al Harith est celui qui prolonge sa narration jusqu'au Prophète ﷺ, tandis que 'Asim ne le fait pas. Les associer ensemble est incorrect. Su'bah, Sufian et Mu'ammar rapportent la même parole de 'Asim, d'après 'Ali, en s'arrêtant là. C'est aussi la manière dont elle est rapportée par tout narrateur digne de confiance. Si c'était la narration de Jarir qui prolongeait la chaîne par 'Asim jusqu'au Prophète ﷺ, la parole aurait été acceptée. »2
A. Ibn Hazm, followed by 'Abd al Haq in his Ahkam comments "Abu Ishaq mentions 'Asim and al Harith together in his narration, and al Harith is a liar. It may pass unnoted by that al Harith is the one who extends his narration to the Prophet, while 'Asim does not. Associating them together is incorrect. Su'bah, Sufian, and Mu'ammar narrate the same saying from 'Asim from 'Ali stopping there. This is also the way it is narrated by any trustworthy narrator. If it had been the narration of Jarir that extends the chain through 'Asim to the Prophet, the saying would have been accepted."2
B. Dans al-Talkhis, al-Hafiz rapporte qu'at-Tirmidhi transmet ce propos d'Abu 'Uwanah, d'Abu Ishaq, d'Asim, d'Ali, qui le rapporte du Prophète ﷺ.3 J'affirme que la parole de ce propos rapportée par Abu 'Uwanah ne comporte pas la mention du passage d'une année. Aucune vérité n'est plus évidente. At-Tirmidhi rapporte les paroles suivantes :
B. In al Talkhis, al Hafiz says al Tirmidhi reports this saying from Abu 'Uwanah from Abu Ishaq from 'Asim from 'Ali, stated from the Prophet.3 I argue that the word of the saying from Abu 'Uwanah does not include the passage of a year. No truth is more evident. Al Tirmidhi reports the following words:
Sur chaque quarante dirhams, un dirham est à acquitter [en tant qu'aumône obligatoire (Zakah)] ; il n'est rien dû sur cent quatre-vingt-dix dirhams, mais s'ils atteignent deux cents dirhams, il faut en acquitter l'aumône obligatoire (Zakah) due, soit cinq dirhams.4
"On each forty dirhams, pay one dirham [as obligated zakah]; nothing is due on a hundred and ninety dirhams, but if it reaches two hundred dirhams, pay its due zakah, five dirhams."4
C. 'Asim lui-même n'échappe pas aux critiques. Al Mundhiri, dans son Mukhtasar, dit : « Al Harith et 'Asim ne sont pas acceptés. » Al Dhahabi dit : « Les quatre rapportent son récit ; Ibn Ma'in et Ibn al Madini le jugent digne de confiance. Ahmad le place au-dessus d'al Harith, et pour moi il est accepté. » Al Nasa'i dit qu'il est en tous points irréprochable. En revanche, Ibn 'Adi dit qu'il est seul à rapporter plusieurs propos de 'Ali ; le problème vient de lui. Ibn Habban dit : « Il avait une mauvaise mémoire et commettait de très graves erreurs. Il attribue souvent au Prophète ﷺ les propos de 'Ali, et il mérite d'être abandonné . . . . Quoi qu'il en soit, il vaut mieux qu'al Harith. » Cela soutient l'avis d'al Mundhiri.
C. 'Asim himself is not free of criticism. Al Mundhiri, in his Mukhtasar, says5 "Al Harith and 'Asim are not accepted." Al Dhahabi says "The four report his narration, Ibn Ma'in and Ibn al Madini grade him trustworthy. Ahmad grades him higher than al Harith, and to me he is accepted." Al Nasa'i says he is all rights. On the other hand, Ibn 'Adi says he is singled in several sayings from 'Ali; the problem comes from him. Ibn Habban says that "He had a bad memory and made very bad errors. He often attributes the statements of 'Ali to the Prophet, and he deserves to be abandoned . . . . Anyhow he is better than al Harith."6 This supports the opinion of al Mundhiri.
D. Le hadith présente un défaut dans sa chaîne de transmission, signalé par al-Hafiz dans al-Talkhis.7 Il avertit : « Le hadith qui vient d'être mentionné, rapporté par Abu Daud, présente un défaut relevé par Ibn al-Mawaq : Jarir n'a pas entendu de Abu Ishaq. Des disciples dignes de confiance d'Ibn Wahb, à savoir Suhnun, Harmalah, Yunus et Pahr, le rapportent de Jarir, de al-Hasan bin 'Amarah, de Abu Ishaq. Il semble que Sulaiman ait commis l'erreur d'omettre le nom de al-Hasan bin 'Amarah, qui est unanimement délaissé. »8 Al-Hafiz ne critique pas l'avis d'Ibn al-Mawaq, ce qui indique qu'il a probablement changé d'avis, qu'il avait exprimé plus tôt dans al-Talkhis lui-même, selon lequel « le propos rapporté de 'Ali est acceptable quant à sa chaîne ; il est corroboré par d'autres récits, au point de constituer une preuve recevable ».9
D. The saying has a defect in its chain, referred to by al Hafiz in al Talkhis.7 He warns, "The saying just mentioned from Abu Daud has a defect discovered by Ibn al Mawaq: Jarir did not hear from Abu Ishaq. Trustworthy disciples of Ibn Wahb, namely Suhnun, Harmalah, Yunus, and Pahr narrate it from Jarir from al Hasan bin 'Amarah from Abu Ishaq. It seems that Sulaiman made the mistake of omitting the name of al Hasan bin 'Amarah, who is agreeably abandoned"8 Al Hafiz does not criticize the opinion of Ibn Mawaq, which indicates that he probably changed his opinion, mentioned earlier in al Talkhis itself, that "the saying from 'Ali is all right as far as its chain is concerned; it is supported by other narrations, to the extent that makes it an acceptable evidence."9
En conclusion, ce dit n'est pas acceptable comme preuve. Il est manifeste que ce dit présente tant de problèmes que je suppose que ceux qui le jugent bon auraient changé d'avis s'ils avaient connu ces défauts, en particulier celui mentionné par Ibn al-Mawaq, qui est si bien étayé par des preuves correctes qu'il pèse de manière décisive sur l'acceptabilité de ce dit.
In conclusion, this saying is unacceptable as evidence. It is apparent that this saying has so many problems that I speculate those who grade it good would have changed their opinions had they known these defects, especially the one mentioned by Ibn al Mawaq, that is so substantiated by correct evidence as to be overwhelming in its effect on the acceptability of the saying.
D'après al-Hafiz, la parole d'Ibn 'Umar est rapportée par ad-Daraqutni et al-Bayhaqi. Dans cette chaîne de transmission figure Isma'il ibn 'Ayyash, et sa narration est faible lorsqu'elle provient de narrateurs autres que ceux de Syrie. Ibn Numayr et Mu'tamir la rapportent par 'Ubayd Allah ibn 'Umar, de Nafi', en s'arrêtant à Ibn 'Umar. Ad-Daraqutni juge correcte la narration qui s'arrête à Ibn 'Umar.9
The saying from Ibn 'Umar is, according to al Hafiz, reported by al Daraqutni and al Baihaqi. In this chain there is Isma'il bin 'Ayash, and his narration is weak when it comes from other than narrators in Syria. Ibn Numair and Mu'tamer report it via 'Ubaid Allah bin 'Umar, from Nafi' as stopping at Ibn 'Umar. Al Daraqutni grades the narration that ends at Ibn 'Umar as correct.9
La parole rapportée d'Anas est citée par ad-Daraqutni. Dans sa chaîne de transmission figure Hasan ibn Siyah, qui est faible. Il rapporte seul d'après Thabit, comme dans at-Talkhis, p. 175. Ibn Hibban dit dans son ad-Du'afa' que « ses récits sont très absurdes. Lorsqu'il rapporte seul, il ne peut être retenu comme acceptable ».10
The saying from Anas Is reported by al Daraqutni. It has Hasan bin Siyah in its chain. He is weak. He narrates alone from Thabit, as in al Talkhis, p. 175. Ibn Habban says in his al Du'afa' that "his narrations are very absurd. Whenever he is narrating alone, he cannot stand as acceptable.10
Le propos de 'Aïcha est rapporté par Ibn Majah, al-Daraqutni, al-Bayhaqi et al-'Aqili dans Ad-Du'afa. Ibn al-Rijal, qui est faible, figure dans sa chaîne de transmission.11 Ibn al-Qayyim dit : « Ce propos est rapporté d'après 'Aïcha par une chaîne de transmission authentique. Muhammad ibn 'Ubayd Allah ibn al-Munada rapporte que Abu Zayd Shuja' ibn al-Walid l'a informé... que 'Aïcha a dit : J'ai entendu le Messager de Dieu ﷺ dire : "Il n'y a pas d'aumône obligatoire (Zakah) sur aucun capital avant qu'une année ne se soit écoulée." Abu al-Husayn ibn Bishran le rapporte d'après 'Uthman ibn al-Sammak, d'après Ibn al-Munada. »12
The saying from 'A'ishah is reported by Ibn Majah, al Daraqutni, al Baihaqi, and al 'Aqili in Al Duafa. Ibn al Rijal, who is weak, is in its chain.11 Ibn al Qayim says, "This saying is reported from 'A'ishah via a correct chain. Muhammad bin 'Ubaid Allah bin al Munada says that Abu Zaid Shuja' bin al Walid informed him . . . that 'A'ishah said: I heard the Messenger of God (p) saying 'No zakah [is obligated] on any fund until one year elapses. Abu al Husain bin Bishran narrates it from 'Uthman bin al Sammak from bin al Munada."12
Je me demande comment Ibn al-Qayyim a pu juger correct cet énoncé alors que la chaîne de transmission est bonne, puisque Shuja' ibn al-Walid est classé comme faible, non fiable, et non acceptable selon Abu Hatim. Plus important encore, il rapporte d'Harithah, qui est classé faible par al-Daraqutni et al-Aqili. Selon adh-Dhahabi : « Ahmad et Ibn Ma'in le classent faible, an-Nasa'i dit qu'il est abandonné, al-Bukhari dit que ses rapports sont absurdes, et personne ne l'accepte comme transmetteur. Ibn al-Madani dit : "Nos confrères le classent toujours faible", et Ibn 'Adi dit : "La majorité de ce qu'il rapporte est absurde."» Cela signifie que le classement de faiblesse et l'abandon de ses rapports font consensus. Comment alors un rapport qu'il est seul à transmettre pourrait-il être jugé correct ? La confusion provoquée par le fait de ne pas mentionner le nom complet de son père a peut-être induit Ibn al-Qayyim en erreur.
I wonder how Ibn al Qayim could grade this saying as having a correct chain, since Shuja' bin al Walid is graded poor, not strong, and not acceptable by Abu Hatim. Even more importantly, he narrates from Harithah, who is graded weak by al Daraqutni and al Aqili. According to al Dhahbi, "Ahmad and Ibn Ma'in grade him weak, al Nasa'i says he is abandoned, al Bukhari says his narrations are absurd, and no one accepts him as narrator. Ibn al Madani says, 'Our colleagues still grade him weak,' and Ibn 'Adi says 'The bulk of what he narrates is absurd.'"13 This means grading him weak and abandoning his narrations are agreed upon. How then could a narration he alone gives be graded correct? Confusion caused by not mentioning the full name of his father may have caused this is in the mind of Ibn al Qayim.
Saying about earned income
Al-Tirmidhi rapporte d'après Abd al-Rahman ibn Zaid ibn Aslam, d'après son père, d'après Ibn 'Umar, que le Messager de Dieu ﷺ a dit : « Celui qui gagne un revenu n'est soumis à l'aumône obligatoire (Zakah) qu'au terme d'une année, comme l'a prescrit son Seigneur. » Al-Tirmidhi rapporte également d'après Ayyub, d'après Nafi', qu'Ibn 'Umar a dit : « Celui qui gagne un revenu... » etc., sans la faire remonter au Prophète ﷺ. Al-Tirmidhi affirme que la dernière parole est plus exacte que celle rapportée par Abd al-Rahman. Ayyub, 'Ubaid Allah ibn Umar et d'autres rapportent d'après Nafi', d'après Ibn 'Umar, la même parole, dite par Ibn 'Umar lui-même. Abd al-Rahman est jugé faible par Ahmad, Ibn al-Madini et d'autres, qui le considèrent comme commettant fréquemment des erreurs. La narration d'Abd al-Rahman est rapportée par al-Daraqutni et al-Bayhaqi ; al-Bayhaqi, Ibn al-Jawzi et d'autres concluent que la version s'arrêtant à Ibn 'Umar est correcte.
Al Tirmidhi reports from Abd al Rahman bin Zaid bin Aslam from his father from Ibn 'Umar that the Messenger of God (p) said, "He who earns income is not subject to zakah until a year elapses, as prescribed by his Lord." Al Tirmidhi also reports from Ayub from Nafi' that Ibn 'Umar said, "He who earns income . . . . " etc., without ascending it to the Prophet. Al Tirmidhi says that the last saying is more correct than the saying from 'Abd al Rahman. Ayub and 'Ubaid Allah bin Umar and others narrate from Nafi' from Ibn 'Umar the same saying as being said by Ibn 'Umar. 'Abd al Rahman is graded weak by Ahmad, Ibn al Madini, and others. He makes frequent mistakes.14 The narration of 'Abd al Rahman is reported by al Daraqutni and al Baihaqi; al Baihaqi, Ibn al Jawzi, and others conclude that as ending at Ibn 'Umar, the saying is correct.
[signifiant qu'il n'est pas attribué au Prophète]. Ad-Daraqutni mentionne parmi les particularités de Malik la même chose, et commente que « la parole est faible ». Cependant, Malik possède une narration correcte qui s'arrête à Ibn 'Umar. Al-Bayhaqi rapporte des paroles d'Abu Bakr, de 'Ali et de 'A'ishah semblables à celle d'Ibn 'Umar, et dit que l'on peut s'appuyer sur celles d'Abu Bakr, de 'Uthman, d'Ibn 'Umar et d'autres.15
[meaning it is not attributed to the Prophet]. Al Daraqutni mentions among the peculiarities of Malik, the same, and comments that "the saying is weak." However, Malik has a correct narration that stops at Ibn 'Umar. Al Baihaqi reports statements of Abu Bakr, 'Ali, and 'A'ishah similar to that of Ibn 'Umar, and says we can count on those of Abu Bakr, 'Uthman, Ibn 'Umar, and others.15
Il ressort de ce qui précède qu'il n'existe aucune parole authentique étayant la condition du passage d'une année concernant les revenus du travail, telle que la restreint al-Baihaqi. Même s'il existait une parole correcte concernant l'année, elle s'appliquerait aux biens autres que les revenus du travail, afin de concilier entre elles les différentes transmissions. Toutefois, il est admis que tout bien soumis à la aumône obligatoire (Zakah) ne doit pas être frappé d'une nouvelle aumône obligatoire (Zakah) avant l'écoulement d'une année. En ce sens, la aumône obligatoire (Zakah) est annuelle. Les propos impliquant que la aumône obligatoire (Zakah) n'est pas imposée avant l'écoulement d'une année peuvent être interprétés de cette manière, comme cela a été expliqué en détail dans le premier chapitre de cette partie. Enfin, le fait que les Compagnons ne soient pas d'accord sur cette condition concernant les revenus du travail implique qu'il n'existait pas de texte correct.
This makes it clear that there is no authentic saying supporting the condition of the passage of a year regarding earned income, as confined by al Baihaqi. Even if there were a correct saying about the year, it would be applied to assets other than earned income, in order to compromise the different texts together. However, it is agreed upon that any zakatable item must not be charged another zakah until one year elapses. In this sense, zakah is yearly. Saying that imply zakah is not imposed until one year elapses may be interpreted in this manner, as was explained in detail in chapter one of this part. Lastly, the fact that the Companions are not agreed on this condition with regard to earned income implies that there was no correct text.
Difference among Companion and Followers on earned income
Il est rapporté de manière correcte d'al-Qasim ibn Muhammad qu'Abu Bakr ne prélevait pas l'aumône obligatoire (Zakah) sur aucun fonds avant l'écoulement de l'année. 'Amrah bint 'Abd al-Rahman rapporte d'après 'A'ishah : « Aucune aumône obligatoire (Zakah) n'est due tant qu'une année ne s'est pas écoulée », à propos des revenus issus du travail. Il est rapporté que 'Ali a dit : « Celui qui perçoit un revenu n'est pas tenu de s'acquitter de l'aumône obligatoire (Zakah) sur celui-ci tant qu'une année ne s'est pas écoulée. » Une déclaration semblable est rapportée d'Ibn 'Umar.16 En revanche, Ibn Hazm cite Ibn Abi Shaibah et Malik dans al-Muwatta, qui disent : « Il est correctement rapporté d'Ibn 'Abbas que l'aumône obligatoire (Zakah) est due sur tout revenu dès lors qu'il est acquis par tout musulman. »17 Ibn Mas'ud et Mu'awiyah, tous deux Compagnons, ainsi que 'Umar ibn 'Abd al-'Aziz, al-Hasan et al-Zuhri, de la génération des Successeurs, sont également rapportés comme ayant rendu obligatoire l'aumône obligatoire (Zakah) sur les revenus du travail dès leur acquisition.18
It is reported correctly from al Qasim bin Muhammad that Abu Bakr did not take zakah from any fund until the year had elapsed. Amrah bint 'Abd al Rahman narrates from 'A'ishah that "No zakah is due until a year elapses" regarding earned income. 'Ali is reported to have said, "He who earns income is not obliged to pay zakah on it until one year passes." A similar statement is reported from Ibn 'Umar.16 On the other hand, Ibn Hazm quotes Ibn Abi Shaibah and Malik in al Muwatta as saying "It is correctly reported from Ibn 'Abbas that zakah is obligated on any income when acquired by any Muslim."17 Ibn Mas'ud and Mu'awiyah, both Companions, and 'Umar bin 'Abd al 'Aziz, al Hasan, and al Zuhri, Followers, are also reported to obligate zakah on earned income when acquired.18
Il est connu que lorsque les Compagnons divergent sur une question, l'affaire est renvoyée aux autres textes et aux principes généraux de l'Islam. Nul ne peut prétendre à un consensus (Ijma’) sur une question ainsi controversée.
It is known that when the Companions differ on an issue, the matter is rendered to other texts and to the general principles of Islam. No one can claim any ijma' on such a disputed matter.
Reports from Companions and Followers on this issue
A. Ibn 'Abbas : Abu 'Ubaid rapporte d'Ibn 'Abbas au sujet d'un homme qui perçoit des revenus : « Il doit acquitter son aumône obligatoire (Zakah) le jour où il les perçoit ».19 Des propos semblables sont rapportés par Ibn Abi Shaibah.20 Le rapport est correct d'Ibn 'Abbas, comme l'a confirmé Ibn Hazm. Il est évident qu'il n'exige pas l'écoulement d'une année pour que l'aumône obligatoire (Zakah) devienne due, contrairement à ce que comprend la plupart des gens d'après Ibn 'Abbas. Abu 'Ubaid est en désaccord, disant : « Les gens comprennent qu'Ibn 'Abbas voulait parler de l'or et de l'argent, mais je ne le crois pas. À mon avis, Ibn 'Abbas en sait plus que cela, car un tel avis le mettrait en opposition avec la majorité des gens. Je pense qu'il ne visait que les récoltes agricoles, parce que les gens de Médine appellent les terres « mal » [le mot employé dans le propos d'Ibn 'Abbas], et il ne semble pas y avoir d'autre interprétation à ses paroles » !21
A. Ibn 'Abbas Abu 'Ubaid reports from Ibn 'Abbas about a man who earns income, "He must pay its zakah the day he earns it.19 Similar statements are reported by Ibn Abi Shaibah.20 The report is correct from Ibn 'Abbas, as confirmed by Ibn Hazm. It obviously does not require the passage of one year for zakah to be obligated, as understood by most people from Ibn 'Abbas. Abu 'Ubaid disagrees, sayings that "People understand that Ibn 'Abbas meant gold and silver, but not believe that. In my opinion, Ibn 'Abbas knows better than that, because such a view would put him in opposition to the majority of people, I guess he only meant crops of agriculture, because people of Madinah call lands 'mal' [the word used in the saying of Ibn 'Abbas] and there seems to be no other interpretation to his statement"!21
Abu 'Ubaid est sans conteste un expert éminent en matière financière et possède une bonne connaissance de l'aumône obligatoire (Zakah), mais je pense que son interprétation de l'avis d'Ibn 'Abbas est faible. Elle contredit ce qui vient spontanément à l'esprit et la compréhension de la plupart des savants. Si l'avis concernait simplement les récoltes agricoles, cette déclaration n'aurait rien de nouveau et ne serait pas dignement relevée par de nombreuses personnes comme une particularité d'Ibn 'Abbas. En principe, les mots doivent être pris dans leur sens apparent, sauf lorsque cela devient impossible. Y a-t-il quelque chose dans cette déclaration qui nous empêche de prendre le sens apparent de mal ? Le motif avancé par Abu 'Ubaid n'est pas recevable pour les raisons suivantes :
Abu 'Ubaid is undoubtedly a leading expert in financial affairs and has a good insight into zakah, but I believe that his interpretation of Ibn 'Abbas view is weak. It contradicts what immediately comes to mind and the understanding of most scholars. If it were simply related to agricultural crops, nothing would be new about this statement and it would not be worth being pointed out by many people as distinguishing Ibn 'Abbas. In principle, words must be taken to mean their apparent meaning, except when that becomes impossible. Is there anything in this statement that prevents us from taking the apparent meaning of mal? The reason cited by Abu 'Ubaid is not acceptable for the following points:
Premièrement, Ibn 'Abbas n'est pas seul dans cet avis. Ibn Mas'ud et Mu'awiyah sont d'accord avec lui, en plus de certains Tabi'un.
Firstly, Ibn 'Abbas is not alone in this opinion. Both Ibn Mas'ud and Mu'awiyah agree with him, in addition to some Followers.
Deuxièmement, un Compagnon qui déploie des efforts pour trouver un jugement de la charia n'est pas tenu d'attendre l'accord ou l'approbation des autres savants pour exprimer sa propre conviction.
Secondly, a Companion who exerts efforts to find a Shari'ah ruling is not required to wait for agreement or approval of other scholars to express his or her own conviction.
Troisièmement, un Compagnon peut même être seul à exprimer certaines opinions, et cela n'est pas inhabituel dans l'histoire de la jurisprudence. Le fait qu'Ibn 'Abbas ait été seul à exprimer cette opinion ne doit pas servir de prétexte pour tordre le sens apparent de ses paroles afin de les rendre conformes aux opinions des autres Compagnons.
Thirdly, a Companion may even be alone in expressing certain opinions, and this is not unusual in the history of jurisprudence. The fact that Ibn 'Abbas was alone in expressing this opinion must not be an excuse to twist the apparent meaning of his words to make them consistent with the opinions of other Companions.
Enfin, il faut noter qu'Abu 'Ubaid n'affirme pas avec certitude son interprétation, car il emploie les mots « je suppose ». B. Ibn Mas'ud Abu 'Ubaid rapporte également, d'après Hubarrah, ses propos selon lesquels « 'Abd Allah bin Mas'ud nous versait nos traitements dans de petits sacs et en prélevait l'aumône obligatoire (Zakah) sur ceux-ci ».22 Abu 'Ubaid interprète également ce prélèvement comme se rapportant à l'aumône obligatoire (Zakah) due sur des biens autres que ces traitements.
At last, we must note that Abu 'Ubaid does not as certain his interpretation, because he uses the words "I guess." B. Ibn Mas'ud Abu 'Ubaid also reports from Hubarrah his saying that "'Abd Allah bin Mas'ud used to give us salaries in small bags and to collect zakah from them."22 Abu 'Ubaid also interprets this collection as related zakah that was due on assets other than these salaries.
Cette interprétation paraît très tirée par les cheveux. Elle contredit le sens apparent de la déclaration. De plus, elle est aussi en contradiction avec des rapports authentiques d'Ibn Mas'ud qui fournissent l'explication évidente. Hubairah dit : « Ibn Mas'ud avait coutume de prélever l'aumône obligatoire (Zakah) sur les salaires, à raison de vingt-cinq sur chaque mille », rapporté par Ibn Abi Shaibah,23 et al-Tabarani.24 Cette explication de la pratique d'Ibn Mas'ud est rapportée par Hubairah lui-même, mais on peut supposer qu'Abu 'Ubaid n'a pas eu connaissance de ce second rapport.25
This interpretation seems to be very far-fetched. It contradicts the apparent meaning of the statement. Moreover, it is also in contradiction with correct reports from Ibn Mas'ud which provide the obvious explanation. Hubairah says "Ibn Mas'ud used to collect zakah on salaries at the rate of twenty-five from each one thousand," as reported by Ibn Abi Shaibah,23 and al Tabarani.24 This explanation of the practice of Ibn Mas'ud is reported by Hubairah himself, but one may assume that Abu 'Ubaid did not hear of this second report.25
C. Mu'awiyah Dans al-Muwatta', Malik rapporte d'Ibn Shihab que « le premier à avoir prélevé l'aumône obligatoire (Zakah) sur les salaires fut Mu'awiyah ibn Abi Sufyan »26. Il veut probablement dire le premier chef d'État, puisque Ibn Mas'ud la prélevait avant lui, ou bien Ibn Shihab n'a pas entendu le récit concernant Ibn Mas'ud. Mu'awiyah, en tant que chef de l'État islamique, prélevait l'aumône obligatoire (Zakah) sur les salaires de l'administration d'État. De nombreux Compagnons vécurent à l'époque de Mu'awiyah, et aucun d'entre eux ne s'opposa à son action, bien que Mu'awiyah fasse l'objet de nombreuses critiques.
C. Mu'awiyah In al Muwatta', Malik reports from Ibn Shihab that "the first one who collected zakah from salaries was Mu'awiyah bin Abi Sufyan."26 He probably means the first head of state, since Ibn Mas'ud collected it before him, or perhaps Ibn Shihab did not hear the report about Ibn Mas'ud. Mu'awiyah, as head of the Islamic state, used to collect zakah from salaries in the state administration. Many Companions lived during the era of Mu'awiyah, and none of them objected to his action, although Mu'awiyah is the target of much criticism.
D. 'Umar bin 'Abd 'Aziz Vers la fin du premier siècle après l'émigration (Hijrah), 'Umar reprit la pratique de la perception de l'aumône obligatoire (Zakah) sur les salaires et les dotations. Abu 'Ubaid rapporte que lorsque 'Umar bin 'Abd al-'Aziz versait un salaire à quelqu'un, il prélevait sur celui-ci l'aumône obligatoire (Zakah). Il percevait également l'aumône obligatoire (Zakah) sur les dotations avant leur remise.27 . . . . Ibn Abi Shaibah rapporte aussi que 'Umar bin 'Abd al-'Aziz avait coutume de prélever l'aumône obligatoire (Zakah) sur les salaires et les primes.28
D. 'Umar bin 'Abd 'Aziz Around the end of the first century after Hijrah, 'Umar resumed the practice of collection of zakah from salaries and grants. Abu 'Ubaid reports that when 'Umar bin 'Abd al 'Aziz paid anyone a salary, he collected zakah out of it. He also collected zakah or grants before they were delivered.27 . . . . Abi Shaibah too reports that 'Umar bin 'Abd al 'Aziz used to collect zakah on salaries and prizes.28
Scholars from the Followers and otherwise
E. La soumission des revenus gagnés à la zakah est rapportée d'al-Zuhri, d'al-Hasan et de Makhul, et Ibn Hazm en fait également mention. Certaines de ces rapports seront mentionnés dans la section suivante. La même position est également rapportée d'al-Awza'i. Il est même rapporté qu'Ahmad a tenu des propos similaires concernant le loyer des terres. L'auteur d'al-Mughni dit : « Ahmad et plusieurs autres affirment que le loyer doit être soumis à la zakah au moment où il est perçu. »23
E. The subjection of earned income to zakah is reported from al Zuhri, al Hasan, and Makhul, also mentioned is Ibn Hazm. Some of these reports will be mentioned in the next section. The same is also reported from al Awza'i. Even Ahmad is reported to have said similar things concerning rent on land. The author of al Mughni says "Ahmad and several others say that rent should be zakated when earned."23
F. Al Baqir, al Sadiq, al Nasir et Daud. L'avis des trois premiers savants parmi les descendants du Prophète ﷺ, ainsi que celui de Daud, est que quiconque gagne l'équivalent du seuil minimal (Nisab) doit immédiatement acquitter son aumône obligatoire (Zakah).30
F. Al Baqir, al Sadiq, al Nasir, and Daud The view of the first three scholars from the descendants of the Prophet, and that of Daud, is that whoever earns the equivalent of nisab must pay its zakah immediately.30
Ils soutiennent que cela repose sur des textes généraux qui rendent obligatoire l'aumône obligatoire (Zakah) sur l'argent, tel que la parole « [Il y a une aumône obligatoire (Zakah)] sur la monnaie, un quart du dixième. » Hadith convenu.
They argue that this is based on general texts which obligate zakah on money, such as the saying "[There is obligatory zakah] on currency, one-quarter of one-tenth." Agreed upon.
Cela supprime la condition du passage d'une année, selon ces savants.
This removes the condition of the passage of one year, according to these scholars.
Le seuil minimal (Nisab) doit seulement être atteint à la fin de l'année, comme le montrent les pratiques du Prophète ﷺ et de ses collecteurs de l'aumône obligatoire (Zakah) qui prélevaient celle-ci à la fin de l'année, sans tenir de registres du début de l'année.31
nisab need only be fulfilled at the end of the year, as is apparent from the practices of the Prophet and his zakah collectors in taking zakah at the end of the year, without keeping records of the beginning of the year.31
Disagreement of the four schools about zakah on earned income
Ibn Hazm rapporte qu'Abu Hanifah estime que le revenu du travail n'est pas soumis à la zakat tant qu'une année ne s'est pas écoulée, sauf lorsque le propriétaire possède des biens de même nature que le revenu du travail, d'un montant égal au seuil minimal (Nisab) depuis le début de l'année. Dans ce cas, le revenu du travail est ajouté aux biens dans le calcul de l'aumône obligatoire (Zakah). Malik a un avis semblable concernant l'exigence du passage d'une année quant à la présence de biens de même nature, sauf en ce qui concerne le bétail. Si le propriétaire de bétail possède depuis le début de l'année des animaux de même espèce en quantité égale au seuil minimal (Nisab), le total devient soumis à la zakat à la fin de l'année. Al-Shafi'i affirme que le revenu du travail nécessite la condition du passage d'une année pour être soumis à la zakat, sauf dans le cas des petits du bétail, à condition que leurs mères atteignent le seuil minimal (Nisab).32
Ibn Hazm mentions that Abu Hanifah believes that earned income is not zakatable until a year passes, except when the owner has assets of the same kind as the earned income, in the amount of nisab from the beginning of the year. In this case, earned income is added to the assets in the calculation of zakah. Malik has a similar view on the requirement of the passage of a year regarding the presence of assets of the same kind, except when it comes to livestock. If the owner of livestock has assets of the same kind of animal from the beginning of the year in the amount of nisab, the total becomes zakatable at the end of the year. Al Shafi'i says earned income needs the condition of the passage of a year for zakatability, except in the case of baby cattle, provided that their mothers reach nisab.32
Ibn Hazm rejette toutes ces opinions, qu'il qualifie d'erronées, et affirme : « Leurs divergences sont elles-mêmes une preuve qu'elles ne reposent pas sur des preuves solides. Ce sont toutes des prétentions vides, non étayées par le Coran, la sunna, le consensus (Ijma’), le raisonnement par analogie (Qiyas) ni par une raison capable de tenir debout. » Ibn Hazm considère lui-même que la condition de l'année est obligatoire pour toutes les catégories de biens, qu'il s'agisse de biens de capital ou de revenus du travail, contredisant ainsi son condisciple Dawud, qui n'exige pas cette condition pour les revenus du travail.
Ibn Hazm objects to all these opinions, describing them all as erroneous, and says "Their differences are themselves evidence that they are not based on solid proofs. They are all empty claim not supported by Qur'an, Sunnah, ijma', qiyas, or rationality that can stand on its feet." Ibn Hazm himself considers the condition of the year obligatory with regard to all items, whether assets or earned income, thus contradicting his colleague Daud, who does not require this condition regarding earned income.
Zakatability of earned income when acquired outweighs other opinions
Au vu des textes relatifs à l'aumône obligatoire (Zakah) en général, de ses objectifs et des intérêts généraux de l'islam et des musulmans, je pense que les revenus du travail, qu'il s'agisse de salaires, de rémunérations, de revenus professionnels ou du rendement du capital investi dans des activités autres que le commerce, comme le transport maritime, les avions et les hôtels, sont soumis à l'aumône obligatoire (Zakah) dès leur perception, sans qu'il soit nécessaire qu'une année révolue se soit écoulée.
In view of the texts on zakah in general, its objectives, and the general interests of Islam and Muslims, I believe earned income, whether salaries, wages, professional income, or return on capital invested in other than trade, such as shipping, planes, and hotels, is zakatable when received, without the requirement of the passage of one year.
Cette opinion est étayée par les arguments suivants :
This opinion is substantiated by the following points:
1. L'exigence d'un écoulement d'une année sur l'ensemble des fonds, y compris les revenus gagnés, ne repose sur aucune parole authentique et bonne qui soit nécessaire pour établir une règle en charia, ou pour restreindre l'un de ses textes généraux. Il n'existe que des avis de certains Compagnons.
1. The requirement of the passage of one year with respect to all funds, including earned income, is not based on any correct or good saying, which is necessary in order to derive a ruling in Shari’ah, or to restrict one of its general texts. All that exists are opinions of some Companions.
2. Les Compagnons et les Successeurs ne se sont pas accordés pour exiger l'écoulement d'une année sur le revenu gagné. Certains obligent à l'aumône obligatoire (Zakah) dès que le revenu gagné est acquis. Lorsque les Compagnons et les Successeurs divergent, nul ne peut prétendre que l'avis de certains doit être suivi, et la question doit alors être tranchée par d'autres textes, conformément aux principes généraux de l'Islam. Dieu dit : « Si vous divergez sur quoi que ce soit, ramenez-le à Dieu et à Son Messager ﷺ. »33
2. Companions and Followers did not agree on requiring the passage of one year on earned income. Some obligate zakah when earned income is acquired. When Companions and Followers differ, no one can claim that the view of some must be taken, and the issue must then be settled by other texts in accordance with the general principles of Islam. God says, "If ye differ in anything among yourselves, refer it to God and His Apostle."33
3. L'absence d'un texte ou d'un ijma' permet aux écoles de jurisprudence de diverger sur la question du revenu gagné à un point tel qu'Ibn Hazm les accusa toutes d'être de simples prétentions, sans fondement dans des textes authentiques du Coran et de la sunna, ni dans le consensus (ijma'), ni dans l'analogie, ni dans un raisonnement solide. J'ai moi-même examiné ces divergences, ainsi que les divergences sur la même question au sein de chaque école, et j'ai relevé de nombreux détails superflus et complications, à tel point que je ne crois pas du tout probable que notre charia, aisée et accessible, qui s'adresse à tous les hommes, puisse admettre des détails aussi minutieux et complexes, surtout en ce qui concerne l'un de ses piliers essentiels et des plus prépondérants.
3. The lack of a text or ijma' allows for schools of jurisprudence to disagree on the issue of earned income to such a degree that Ibn Hazm accused them all of being mere claims, unfounded on correct texts from Qur'an Sunnah, ijma' analogy, or sound rationalization. I myself have examined these differences as well as differences on the same issue inside each school of thought, and noted many unnecessary details and complications, so many that I do not believe it is at all likely that our easy-flowing Shari’ah, which is addressed to all people, can accommodate such minute, complicated details, especially with regard to one of its essential and more predominant pillars.
4. L'avis selon lequel le passage d'une année n'est pas requis pour les revenus du travail est en fait plus proche de la généralité des textes. Les textes du Coran et de la Sunna qui rendent obligatoire la aumône obligatoire (Zakah) sont généraux et absolus, et ne mentionnent aucune condition de passage d'une année, comme les paroles : « Acquittez un quart du dixième de vos biens » et « Sur l'argent, un quarantième est exigible ». Cela est également confirmé par l'implication générale du verset : « Ô vous qui croyez, dépensez des bonnes choses que vous avez gagnées 34 ». Le terme « gagnées » dans le verset est général et s'applique au commerce, aux professions libérales ou à l'emploi salarié. Les juristes s'appuient sur ce verset pour soutenir l'assujettissement du commerce à la aumône obligatoire (Zakah) ; pourquoi ne pourrions-nous pas nous en servir pour soutenir l'assujettissement des revenus du travail à la aumône obligatoire (Zakah) ? Lorsque les juristes exigent le passage d'une année pour la aumône obligatoire (Zakah) sur les avoirs commerciaux, c'est uniquement pour permettre au capital de produire ses gains. Le cas des salaires est différent : ils sont acquis dès lors qu'ils sont perçus.
4. The view that the passage of one year is not required with regard to earned income is in fact closer to the generality of the texts. Texts of Qur'an and Sunnah that obligate zakah are general and absolute, and do not mention a condition of the passage of a year, such as the sayings, "Bring in one-fourth of one-tenth of your amwal" and "On money, one-fortieth is required." This is also supported by the general implication of the verse, "O ye who believe, give out of the good things which ye have earned.34 Earning in the verse is general, and applies to trade, professional, or employment. Jurists use this verse to support the zakatability of trade; why can we not use it to support the zakatability of earned income. When jurists require the passage of one year with regard to zakah on trade assets, it is only to allow for the principal to produce its earnings. The case of salaries is different. They are earned when they are received.
5. L'analogie de raisonnement soutient également notre position. Le revenu du travail ressemble le plus aux récoltes et aux fruits une fois moissonnés ; si les agriculteurs, y compris ceux qui ont loué la terre, sont soumis à la dîme ou au vingtième, pourquoi ne pas imposer aux employés et aux médecins un quarantième de leurs gains, d'autant que Dieu associe le gain au produit de la terre dans le verset cité ci-dessus, qui se poursuit par : « et des fruits de la terre que Nous avons fait produire pour vous ». Pourquoi traiter différemment des choses que Dieu associe, alors qu'elles relèvent toutes deux de la même grâce de Dieu ? Il est vrai que la grâce de Dieu se manifeste davantage dans les produits de la terre, et que la gratitude qui lui est due en est d'autant plus soulignée, mais cela ne suffit pas à exempter les autres revenus de l'obligation de l'aumône obligatoire (Zakah). La différence des taux applicables reflète suffisamment la différence d'accent mise sur la reconnaissance.
5. Sound analogy also supports our view. Earned income is most similar to crops and fruits when harvested; if farmers, even those who have rented the land, are charged on-tenth or one-twentieth, why not charge employees and physicians one-fortieth of their earnings, especially since God associates earning with the produce of land in the above-quoted verse that continues, "and of the fruits of the earth which we have produced for you." Why should we treat differently things that God associates together, while both of them are of the same grace of God. It is true that the grace of God is more dovioce in the produce of the earth, and consequently gratitude for that is more stressed, but this is not a sufficient grounds for exempting the other earnings from the obligation of zakah. The difference in applicable rates is sufficient reflection of the difference in the emphasis of thankfulness.
6. L'exigence d'un an écoulé pour les revenus du travail implique l'exemption de nombreux employés et professionnels très bien rémunérés de l'obligation de l'aumône obligatoire (Zakah). Ceux-ci peuvent soit dépenser tous leurs gains au cours de l'année, échappant ainsi totalement à toute aumône obligatoire (Zakah), soit épargner et investir une partie ou la totalité de leurs gains, devenant ainsi soumis à l'aumône obligatoire (Zakah) après un an. Cette approche aboutit à faire peser toute la charge de l'aumône obligatoire (Zakah) sur les personnes aux revenus modérés ou économes, et à exempter les dépensiers prodigues. Il est peu probable que notre charia, sage et juste, rende la situation difficile pour les dépensiers modérés tout en annulant la charge des dépensiers prodigues.
6. The requirement of the passage of one year regarding earned income implies the exemption of many highly paid employees and professionals from the obligation of zakah. These may either expend all their earnings during the year, thus escaping totally any zakah, or save and invest part or all of their earnings, thus becoming zakatable after one year. This approach results in putting all the burden of zakah on moderate or thrifty income earners and exempting extravagant spenders. It is improbable that our wise and just Shari’ah would make it difficult for the moderate spenders while making the burden of the extravagant spenders null.
7. L'exigence de l'écoulement d'une année sur le revenu gagné finit par créer un déséquilibre dans la répartition de la charge de l'aumône obligatoire (Zakah), ce qui est sans aucun doute contraire à la justice de l'islam. Prenons l'exemple d'un agriculteur qui loue sa terre. Il est tenu de payer dix pour cent, ou cinq pour cent si sa production totale atteint 653 kilos de céréales, alors que le propriétaire de la terre n'est pas tenu de payer la moindre aumône obligatoire (Zakah) sur l'argent du loyer qu'il perçoit. Une telle contradiction ne peut être conciliée qu'en appliquant l'aumône obligatoire (Zakah) au revenu gagné, indépendamment de l'écoulement d'une année.
7. The requirement of the passage of one year on earned income ends up creating imbalance in the distribution of the burden of zakah, which is undoubtedly contrary to the justice of Islam. Take the example of a farmer who rents his land. He is required to pay ten percent or five percent if his total output reaches 653 kilos of grain, while the owner of the land is not required to pay any zakah on the incoming rent money. Such contradiction cannot be reconciled except by applying zakah on earned income regardless of the passage of one year.
8. L'obligation de l'aumône obligatoire (Zakah) sur les revenus du travail profite davantage aux pauvres et aux autres catégories méritantes. Cette forme d'aumône obligatoire (Zakah) produit des recettes considérables, d'autant que le coût de collecte est minime, car elle peut être prélevée à la source, comme le faisaient Ibn Mas'ud, Mu'awiyah et 'Umar bin 'Abd al 'Aziz. Ibn Abi Shaibah rapporte, d'après Hubairah : « Ibn Mas'ud prélevait vingt-cinq sur chaque millier dans les salaires. » Al Tabarani le rapporte également.35 'Awn bin Muhammad dit : « J'ai vu les gouverneurs prélever l'aumône obligatoire (Zakah) lorsqu'ils versaient les salaires. »36 Il est rapporté que 'Umar bin 'Abd al 'Aziz prélevait l'aumône obligatoire (Zakah) sur les salaires et les subventions.36 Par ailleurs, Malik, dans al Muwatta, rapporte d'après Ibn Shihab que « le premier à prélever l'aumône obligatoire (Zakah) sur les salaires fut Mu'awiyah bin Abi Sufian ».37
8. The obligation of zakah on earned income is more beneficial to the poor and other deserving categories. This form of zakah produces huge proceeds, especially since the cost of collection is minimal, as zakah can be deducted at the source, as done by Ibn Mas'ud, Mu'awiyah, and 'Umar bin 'Abd al 'Aziz. Ibn Abi Shaibah reports from Hubairah, "Ibn Mas'ud used to deduct from salaries twenty-five out of each thousand." This is also reported by al Tabarani.35 'Awn bin Muhammad says "I saw the governors deducting zakah when they gave salaries."36 "Umar bin 'Abd al 'Aziz is reported to have been deducting zakah from salaries and grants.36 Moreover, Malik in al Muwatta reports from Ibn Shihab that "the first to take zakah from salaries was Mu'awiyah bin Abi Sufian."37
9. L'obligation de la zakah sur les revenus du travail est conforme à l'esprit de l'islam, qui cultive les valeurs de fraternité et de sollicitude. Dieu décrit les croyants comme ceux qui « dépensent de ce que Nous leur avons accordé » et ordonne : « Ô vous qui croyez, dépensez de ce que Nous vous avons accordé. » Le Prophète ﷺ a rendu obligatoires les aumônes des musulmans, prélevées sur leur richesse et sur leurs gains. Al-Bukhari rapporte d'Abu Musa al-Ash'ari, de la part du Prophète ﷺ : « Une sadaqah (aumône) est obligatoire pour chaque musulman. » Ses auditeurs demandèrent : « Ô Prophète de Dieu, et celui qui ne trouve rien à dépenser ? » Il répondit : « Il doit travailler de ses mains, afin de subvenir à ses besoins et de faire l'aumône. » « Et s'il ne trouve pas de travail ? » demandèrent-ils. Il répondit : « Il doit venir en aide à celui qui est dans le besoin et le désespoir. » Ils demandèrent : « Et s'il ne le peut pas ? » Le Prophète ﷺ répondit alors : « Il doit faire ce qui est connu comme bien et s'abstenir du mal ; ce sera pour lui une aumône. »38
9. The obligation of zakah on earned income is consistent with the spirit of Islam in nourishing the values of brotherhood and caring. God describes believers as those who "spend out of what We have provided for them" and orders "O ye who believe, spend out of what We have provided for you." The Prophet (p) obligated charities on Muslim out of their wealth and their earnings. Al Bukhari reports for Abu Musa al Ash'ari from the prophet (p) "A sadaqah is obligated on each Muslim." His listeners questioned, "O Prophet of God, what about the person who finds nothing to spend from?" He answered, He must work with his hands, so he can benefit himself and give charity." "And if he cannot find a job? they asked, "He replied, "He must help the person who is desperate for help." They asked, "What if he cannot?" The Prophet then answered, "He must do what is known as good and abstain from evil; this is a charity for him."38
L'exemption de ces revenus renouvelables de l'aumône obligatoire (Zakah) sous prétexte que l'année ne s'est pas écoulée permet à beaucoup de gens de gagner, de dépenser et de jouir sans partager les besoins d'autrui et sans réserver une part pour l'amour de Dieu.
The exemption of those renewable incomes from obligated zakah for the excuse of the passage of one year allows many people to earn, spend, and enjoy without sharing in the needs of others and without assigning part for the sake of God.
10. La suppression de la condition de l'écoulement d'une année pour le revenu gagné offre une commodité administrative et une simplicité procédurale dans le calcul et la perception de l'aumône obligatoire (Zakah), tant pour l'administration de la zakah que pour les payeurs de la zakah. La condition d'une année implique que les payeurs et l'administration tiennent des registres de chaque tranche de revenu perçue afin de suivre ses variations pendant une année entière, ce qui signifie que le paiement de l'aumône obligatoire (Zakah) devrait être aussi fréquent tout au long de l'année que la fréquence des tranches de revenu acquises. Cela est très contraignant et difficile à mettre en œuvre, sans compter le coût qu'implique un tel exercice.
10. The elimination of the condition of the year's passing with respect to earned income provides administrative convenience and procedural easiness in the calculation and collection of zakah for the zakah administration, as well as zakah payers. The condition of a year implies that payers and the administration must keep records of every segment of income earned in order to monitor its changes for one full year, which means that the payment of zakah shall be as frequent throughout the year as the frequency of the segments of income acquired. This is very cumbersome and difficult to pursue, in addition to the cost involved in such an exercise.
A contemporary view
À la fin de cette section, et par souci d'équité envers les auteurs musulmans contemporains, il est impératif de mentionner l'avis du Cheikh Muhammad al-Ghazali, exposé dans son livre, *L'Islam et les questions économiques*, il y a plus de vingt ans. Après avoir affirmé que l'aumône obligatoire (Zakah) porte soit sur le capital, c'est-à-dire sur l'argent et les biens d'affaires, soit sur le revenu, comme les récoltes et les fruits, il poursuit.
At the end of this section, and in fairness to contemporary Muslim writers, it is imperative to mention the opinion of Shaikh Muhammad al Ghazali, presented in his book, Islam and Economic Issues, more than twenty years ago. After stating that zakah is either on the stock of capital--such as zakah on money and business assets-- or on income--such as crops and fruits--continues.
La conclusion est que quiconque dispose d'un revenu égal à celui des agriculteurs soumis à la zakat doit être soumis à l'aumône obligatoire (Zakah) sur un pied d'égalité, indépendamment du capital et des conditions connexes. Par conséquent, les médecins, les avocats, ainsi que les autres professionnels et salariés, sont soumis à l'aumône obligatoire (Zakah) sur leur revenu, pour les deux personnes suivantes :
The conclusion is that whoever has an income equal to that of zakatable formers must be subject to zakah on equal footing regardless of capital and related conditions. Consequently, physicians, lawyers, and other professionals and employees are subject to zakah on their income for the following two persons:
Premièrement, les textes généraux : Le verset « Ô vous qui croyez, dépensez des bonnes choses que vous avez acquises »39. Il ne fait aucun doute que les revenus de ces catégories sont inclus dans le bon gain auquel fait référence le verset. C'est par cette dépense obligatoire qu'ils s'intègrent parmi les croyants décrits dans le verset : « Qui croient à l'invisible, accomplissent la prière, et dépensent de ce que Nous leur avons accordé. »40
Firstly, the general texts: The verse "O ye who believe, give of the good things which ye have earned."39 There is no doubt that the income of those categories is included in good earning referred to in the verse. It is by this obligatory spending that they become integrated among believers described in the verse, "Who believe in the unseen, are steadfast in prayers, and spend out of what We have provided for them."40
Deuxièmement, il est inconcevable de supposer que l'Islam impose l'aumône obligatoire (Zakah) à un pauvre agriculteur tout en exemptant le propriétaire d'immeubles dont les revenus sont plusieurs fois supérieurs à ceux de l'agriculteur, ou un médecin dont le revenu quotidien pourrait égaler celui de l'agriculteur pendant une année entière.
Secondly, it is beyond imagination to assume that Islam may impose zakah on a poor farmer and exempt the owner of buildings that produce manifold the income of the farmer, or a physician whose daily income may equal that of the farmer for one full year.
Par conséquent, l'aumône obligatoire (Zakah) doit être due sur tous ces biens tant qu'ils partagent la même raison de devoir l'aumône obligatoire (Zakah). Cette forme de raisonnement par analogie n'admet aucune manipulation hypocrite. Une question peut se poser concernant le calcul de l'aumône obligatoire (Zakah) et de ses taux.
Accordingly, zakah must be obligated on all of them as long as they share the same reason for zakatability. This form of analogy does not accept hypocritic manipulation. A question may arise regarding the calculation on zakah and its rates.
Sa réponse se trouve dans les règles mêmes de l'aumône obligatoire (Zakah). Le taux sur les récoltes et les fruits est d'un dixième ou d'un vingtième, selon les efforts engagés dans l'irrigation. L'aumône obligatoire (Zakah) sur le revenu peut de même être liée aux efforts déployés pour le gagner. Il est toujours possible d'établir des détails et des raffinements une fois le principe accepté, bien que cet exercice doive être accompli par un groupe de savants.41
Its answer is found in the rules of zakah themselves. The rate of crops and fruits is one-tenth or one-twentieth, according to efforts involved in irrigation. zakah on income may likewise be related to efforts in earning. It is always possible to make details and refinements once the principle is agreed upon, although such an exercise must be done by a group of scholars.41
Ces paroles sont excellentes et traduisent une profondeur de compréhension des principes islamiques. Les deux arguments probants avancés par al-Ghazali sont indubitablement solides, mais l'approche que j'ai retenue dans ce chapitre, consistant à apporter des preuves tirées de la pratique de certains Compagnons et de certains Successeurs, est plus conforme à la méthodologie des juristes. Même si nos résultats n'ont peut-être pas de précédent dans les quatre écoles juridiques connues, nous ne sommes pas tenus de suivre l'une quelconque de ces écoles.42
These are excellent words that reflect depth in understanding Islamic principles. The two substantiating arguments given by al Ghazali are undoubtedly strong, but the approach I selected in this chapter in providing evidence from the practice of some Companions and Followers is more consistent with jurists' methodology. Even though our results may not have precedents in the four known schools of jurisprudence, we are not obligated to follow any of these schools.42
SECTION TWO THE NISAB OF EARNED INCOME
La Zakah n'est imposée qu'aux riches, afin de réaliser le sens de l'excédent ou du surplus, mentionné dans le Coran comme objet de la dépense : « Ils t'interrogent sur ce qu'ils doivent dépenser ; dis : ce qui est au-delà de vos besoins. » Le Prophète ﷺ dit également : « Aucune aumône obligatoire (Zakah) n'est due, sauf sur une richesse. » Tout cela exige la condition du seuil minimal (Nisab) pour qu'un bien soit soumis à la zakat. Quel devrait être le seuil minimal (Nisab) concernant le revenu du travail ? Al-Ghazali, cité à la fin de la première section, détermine ce seuil minimal (Nisab) comme équivalent du seuil minimal (Nisab) des céréales et des fruits, mais qui peut être sûr que ce seuil minimal (Nisab) n'a pas été fixé dans un but particulier lié aux produits agricoles ? Pourquoi ne pas retenir le seuil minimal (Nisab) de l'argent, qui est de 200 dirhams d'argent, 20 dinars d'or, ou son équivalent, soit quatre-vingt-cinq grammes d'or, d'autant que le revenu du travail est généralement versé et calculé en termes monétaires ?
Zakah is only imposed on the rich, in order to realize the meaning of the excess or surplus, mentioned in the Qur'an as the subject of spending. "They ask thee how much they are to spend; say, 'what is beyond your need.'" The Prophet (p) also says, "No sadaqah is obligated except out of richness.'' All this requires the condition of nisab for zakatability. What should nisab be in regard to earned income? Al Ghazali, as quoted at the end of section one, determines this nisab as the equivalent of nisab of grains and fruits, but who can be sure whether or not this nisab was set for a special purpose related to agricultural products? Why not take the nisab of money, which is 200 dirhams of silver, 20 dinars of gold, or its equivalent, i.e., eighty-five grams of gold, especially since earned income is usually paid and calculated in money terms?
The time period for estimating nisab
Puisque nous parlons d'un flux de revenus, la question se pose de savoir s'il existe une période pendant laquelle le revenu s'accumule au regard du seuil minimal (Nisab), d'autant plus que les revenus du travail sont versés à intervalles, parfois réguliers comme les salaires, et parfois irréguliers comme les honoraires d'un médecin. Il existe deux avis sur cette question.
Since we are talking about a flow of income, the question arises of whether there is any time span through which income accumulates with regards to the amount of nisab, especially since earned income is paid at intervals, sometimes equal like salaries, and other times not equal, like physician's fees. There are two opinion on this matter.
La première est que chaque montant de revenu gagné est considéré isolément au moment où il est perçu. Les salaires mensuels, s'ils atteignent le seuil minimal (Nisab) ou le dépassent, sont soumis à l'aumône obligatoire (Zakah) ; les sommes perçues par les professionnels qui, chacune prise isolément, égalent le seuil minimal (Nisab), sont soumises à l'aumône obligatoire (Zakah), tandis que les petits revenus ou les fractions de revenu perçues à intervalles rapprochés ne sont pas soumis à l'aumône obligatoire (Zakah), à l'exception du paiement qui égale le seuil minimal (Nisab) ou le dépasse. Cet avis exempte apparemment de l'aumône obligatoire (Zakah) les petits salaires et rémunérations. Il est cohérent avec le sens apparent du rapport concernant la pratique des Compagnons et des Successeurs. En revanche, de nombreux professionnels très bien rémunérés, tels que les médecins, perçoivent leurs revenus par petits montants qui s'additionnent pour atteindre de grosses sommes en une semaine, et peut-être en une journée. Faudrait-il exempter de l'aumône obligatoire (Zakah) toutes ces petites sommes, alors qu'un salarié dont le revenu mensuel dépasse à peine le seuil minimal (Nisab) y est soumis ? Cela explique le bien-fondé du second avis.
The first is that each amount of earned income is considered alone when it is received. Monthly salaries, if they reach nisab or more, are zakatable, payments received by professionals that equal, each one alone, nisab, are zakatable, while small income or segments of income received at short intervals are not zakatable, except for the payment that is equal to nisab or more. This opinion apparently exempts small salaries and wages from zakah. It is consistent with the apparent meaning of the report about the practice of the Companions and Followers. On the other hand, many highly paid professionals, such as physicians, receive their income in small increments that add up to large amounts in one week and perhaps one day. Shall all these small amounts be exempted from zakah while a salaried employee whose monthly income is just above nisab is zakatable? This explains the merits of the second opinion.
La deuxième opinion est que les accroissements de revenus et d'autres fonds gagnés doivent être additionnés entre eux tant qu'ils sont perçus à de courts intervalles. Nous avons remarqué précédemment que, lorsqu'ils traitent des minéraux, les juristes affirment que les accroissements d'un minerai extrait à de courts intervalles sont additionnés afin de constituer le seuil minimal (Nisab). Il en va de même dans le cas de plusieurs récoltes de la moisson d'une même année.43 En conséquence, l'année doit être considérée comme la période de calcul du seuil minimal (Nisab), c'est-à-dire que les revenus gagnés perçus pendant toute l'année sont additionnés et que le seuil minimal (Nisab) est déterminé sur la base du revenu annuel.
The second opinion is that increments of income and other earned funds must be added to each other as long as they are received at short intervals. We noticed earlier that when talking about minerals, jurists state that increments of an ore extracted at short intervals are added together in order to make nisab. The same thing also applies in the case of several crops of the harvest of the same year.43 Consequently, the year must be considered as the time for the calculation of nisab, i.e. earned income received during the whole year is added together and nisab is considered on the basis of yearly income.
En fait, une période d'un an intervient à plusieurs reprises dans l'étude de l'aumône obligatoire (Zakah), comme la condition du passage d'une année. Il est utile, à la fin de cette sous-section, de mentionner certains rapports de nos prédécesseurs sur la manière dont les revenus gagnés sont soumis à l'aumône obligatoire (Zakah).
In fact, a period of one year occurs in zakah studies on more than one occasion, like the condition of the passage of one year. It is useful at the end of this sub-section to mention some of the reports from our predecessors about how earned income is zakated.
Az-Zuhri a rapporté : « Si une personne perçoit un revenu et souhaite le dépenser avant la fin de son année fiscale, elle doit acquitter son aumône obligatoire (Zakah) avant de le dépenser. Mais si elle prévoit de l'épargner, elle doit attendre la fin de son année fiscale pour acquitter la aumône obligatoire (Zakah) sur le total. »44
Al Zuhri is reported to have stated, "If a person earns income and wants to spend it before the end of his fiscal year, he must pay its zakah then spend it. But if he plans to save it, then he must wait to pay zakah on the total at the end of his fiscal year."44
De même, il est rapporté d'al-Awza'i que l'argent reçu de la vente de biens non soumis à l'aumône obligatoire (Zakah), comme une maison d'habitation ou un esclave, doit être soumis à l'aumône obligatoire (Zakah) dès sa réception, sauf lorsque le payeur a déjà établi une année fiscale concernant l'aumône obligatoire (Zakah), auquel cas l'aumône obligatoire (Zakah) de l'argent acquis peut être reportée jusqu'à la fin de l'année.45
Similarly, it is reported from al Awza'i that money received from the sale of nonzakatable items, like a residential house or a slave, must be zakated when received, except when the payer has already established a fiscal year with respect to zakah, in which case the zakah of the acquired money can be postponed till the end of the year.45
Makhoul a rapporté que si une personne a une année fiscale établie, les revenus du travail dépensés avant la fin de cette année fiscale ne sont pas soumis à l'aumône obligatoire (Zakah), mais les fonds reçus pendant les mois où l'aumône obligatoire (Zakah) devient due doivent être inclus dans le calcul de l'aumône obligatoire (Zakah). Lorsque la personne n'a pas d'année de l'aumône obligatoire (Zakah) établie, les revenus du travail doivent faire l'objet de l'aumône obligatoire (Zakah) dès leur acquisition.46
Makhul is reported to have said that if a person has an established fiscal year, earned income that is spent before the end of this fiscal year is not zakatable, but funds received in the months when zakah becomes due must be included in the calculation of zakah. When the person does not have an established zakah year, earned income must be zakated when acquired.46
Il est clair que l'avis de Makhul favorise le payeur qui a une année fiscale établie, ce qui est gênant, car ce privilège est accordé au riche, qui possède déjà une certaine richesse, tandis que ceux qui n'ont aucune richesse antérieure sont désavantagés.
It is clear that Makhul's opinion favors the payer who has an established fiscal year, which is awkward, because this privilege is given to the riche, who already owns some wealth, while those who have no previous wealth are disadvantaged.
C'est pourquoi je retiens l'avis d'al-Zuhri et d'al-Awza'i concernant le revenu gagné qui atteint le seuil minimal (Nisab), ainsi que l'avis de Makhul pour le revenu, bien qu'il n'atteigne pas le seuil minimal (Nisab), perçu dans le même mois où l'aumône obligatoire (Zakah) est due sur d'autres biens possédés par le bénéficiaire du revenu, étant toutefois entendu que le revenu nécessaire aux dépenses personnelles et familiales est exempt de l'aumône obligatoire (Zakah). Et dans le cas où le revenu perçu est inférieur au seuil minimal (Nisab) et que le travailleur ne possède pas auparavant de biens soumis à l'aumône obligatoire (Zakah), le revenu gagné doit s'accumuler jusqu'à atteindre le seuil minimal (Nisab), et alors l'aumône obligatoire (Zakah) devient due.
This is why I select the opinion of al Zuhri and al Awza'i with regard to earned income that reaches nisab, and the opinion of Makhul for income--although no nisab-- received in the same month when zakah is due on other wealth owned by the income receiver, observing, however, that income needed for personal and family expense is exempt from zakah. And for the case when received income is less than nisab, and the earner does not have previous assets that are zakatable, earned income must accumulate until it reaches nisab and then zakah becomes due.
Zakah applies on net earned income
L'aumône obligatoire (Zakah) sur les revenus du travail s'applique sur leur montant net. Les dettes ainsi qu'un niveau de vie minimal pour celui qui perçoit le revenu et sa famille sont déductibles, car ils font partie des besoins essentiels, et l'aumône obligatoire (Zakah) n'est due que sur un seuil minimal (Nisab) qui dépasse les besoins essentiels.
Zakah on earned income applies on its net amount. Debts and a minimum standard of living for the income earner and his family are deductible, because they are among essential needs, and zakah is only obligated on a nisab that is above essential needs.
Les dépenses professionnelles des salariés et autres revenus sont également déductibles, conformément à l'avis que je retiens concernant les cultures agricoles et les palmiers, selon lequel l'aumône obligatoire (Zakah) est due sur le reliquat après déduction des dépenses.47 Tel est l'avis de 'Ata et d'autres.
Business expenses, for professional and other income earners are also deductible, in accordance with the view I select with respect to farming and palm trees that zakah is due on the residual after payment of expenses.47 This is the opinion: of 'Ata and others.
Après les déductions mentionnées ci-dessus, si le reliquat des salaires ou des autres revenus gagnés atteint au cours de l'année un montant égal au seuil minimal (Nisab) de l'argent, alors ce reliquat est soumis à la zakat. Cela exempte les petits gains et les petits salaires.
After the above-mentioned deductions have been made if the residual of salaries or other earned income reaches during the year an amount equal to the nisab of money, then this residual is zakatable. That exempts small earnings and wages.
Il convient de noter que si le revenu du travail est soumis à la aumône obligatoire (Zakah) au moment où il est perçu, la aumône obligatoire suivante n'est pas exigible avant l'écoulement d'une nouvelle année, car deux aumônes obligatoires (Zakah) ne peuvent pas être imposées au cours d'une même année. Lorsqu'une personne a un exercice fiscal établi en ce qui concerne sa aumône obligatoire (Zakah), elle peut différer le paiement de la aumône obligatoire (Zakah) sur le revenu du travail jusqu'à la fin de cet exercice fiscal. Par exemple, une personne perçoit un revenu au deuxième mois de son exercice fiscal et en paie la aumône obligatoire (Zakah) au fur et à mesure qu'elle le perçoit. La aumône obligatoire (Zakah) sur la part épargnée de ce revenu du travail n'est pas due à la fin du douzième mois de l'exercice fiscal au cours duquel il a été perçu, mais devient exigible l'année suivante sur l'ensemble des biens alors possédés.
It should be noted that if earned income is zakated when received, the next zakah is not required untill one new year elapses, since two zakahs cannot be imposed in one year. When a person has an established fiscal year with respect to his or her zakah. He or she may delay the payment of zakah on earned income untill the end of that fiscal year. To give an example, a person earns income in the second month of his fiscal year, and pays its zakah as he earns it. zakah on the part saved from this earned income is not due at the end of the twelfth month of the fiscal year during which it is earned, but becomes due the next year on all assets then owned.
SECTION THREE ZAKAH RATE ON EARNED INCOME
Al-Ghazali appelle à une recherche collective de la part des savants musulmans afin de déterminer le taux applicable sur le revenu du travail. Mon avis personnel est de distinguer entre le revenu issu du seul capital investi, le revenu issu à la fois du capital et du travail, et le revenu issu du seul travail.
Al Ghazali calls for collective research on the part of Muslim scholars to determine the applicable rate on earned income. My personal opinion is to distinguish between earned income resulting from capital investment alone, earned income resulting from capital and labor together, and earned income resulting from labor alone.
Les revenus qui sont gagnés comme rendement du capital, ou du capital et du travail réunis, sont soumis à un dixième du revenu net, après déduction de toutes les dépenses, des dettes et de la somme allouée aux besoins essentiels. Ceci s'apparente aux récoltes agricoles produites sans frais d'irrigation. Cela s'applique aux revenus des usines, des immeubles, des imprimeries, des hôtels, de la location de voitures, des entreprises de transport et autres activités semblables. J'ai mentionné plus tôt l'avis d'Abu Zahra et de ses deux collègues, selon lequel le taux de la aumône obligatoire (Zakah) sur les immeubles et les usines devrait être de dix pour cent du revenu net, si les dépenses et les coûts peuvent être déterminés et déduits, ou de cinq pour cent du revenu brut si les dépenses ne peuvent pas être déterminées. Cette distinction me paraît acceptable. Il est toutefois noté que le capital, à cet égard, n'inclut pas les biens commerciaux évoqués précédemment au chapitre quatre.
Income that is earned as a return on capital or on capital and labor together is charged one-tenth of the net income, after the deduction of all expense, debts, and allowance for essential needs. This is in analogy to agricultural crops produced without irrigation costs. It applies to returns from factories, buildings, printings facilities, hotels, renting cars, transportation business, and the like. I mentioned earlier the opinion of Abu Zahra and his two colleagues that the rate of zakah on buildings and factories should be ten percent of the net income, if expenses and costs are determined and deducted, or five percent of gross income if expenses cannot be determined. This distinction is--in my opinions acceptable. It is noted, however, that capital in this regard does not include trade assets discussed earlier in chapter four.
Le revenu qui résulte du seul travail, comme la rémunération d'un emploi et les revenus professionnels, est soumis à un taux d'un quart de un dixième seulement, en application des textes généraux qui imposent un taux de 2,5 % sur l'argent, qu'il prenne la forme de biens ou de revenus du travail. Cela est également conforme au principe islamique de réduction du taux applicable en proportion de l'effort fourni, ainsi qu'aux pratiques d'Ibn Mas'ud, de Mu'awiyah et de 'Umar bin 'Abd al-'Aziz. L'assimilation des salaires et des revenus professionnels aux traitements versés par ces dirigeants est bien plus solide que l'assimilation prétendue aux revenus de l'agriculture.
Income that results from labor alone, such as employment compensation and professional income has a rate of one-fourth of one-tenth only, in application of general texts that obligate a rate of 2.5% on money, whether it takes the form of assets or earned income. It is also in accordance with the Islamic principle of reducing the applicable rate in proportion to effort spent, and with the practices of Ibn Mas'ud, Mu'awiyah, and 'Umar bin 'Abd al 'Aziz. Analogy of salaries and professional income with salaries paid by those leaders is much more sound than a claimed analogy with income from farming.
D'autre part, les revenus de l'agriculture peuvent être plus proches de ceux des bâtiments et des usines.
On the other hand, income from farming may be closer to income from buildings and factories.
Enfin, cette distinction signifie que le revenu du travail est traité en tenant compte de l'effort fourni, ce qui réduit le taux par rapport au revenu du capital. Ce principe est également suivi par les systèmes fiscaux contemporains, dans lesquels il est considéré comme juste d'appliquer des taux plus élevés aux revenus du capital qu'aux revenus du travail.48
Lastly, the distinction means that income from labor is treated with consideration of effort spent , which reduces the rate as compared to income from capital. This is a principle also followed by contemporary taxation systems, in which it is considered just to charge higher rates on the return of capital than on employment income.48
1. Halaqat al Dirasat al Ijtima'iyah, p. 248.
1. Halaqat al Dirasat al Ijtima'iyah, p. 248.
2. Al Muhalla, vol. 6, p. 3, et Nasb al Rayah, vol. 2, pp. 328-329.
2. Al Muhalla, Vol. 6, p. 3, and Nasb al Rayah, Vol. 2, pp. 328-329.
3. Al-Takhils, p. 182.
3. Al Takhils, p. 182.
4. Sunan al Tirmidhi, partie sur l'aumône obligatoire (Zakah), chapitre « L'aumône obligatoire (Zakah) sur l'or et l'argent ». 5. Mukhtasar al Sunan, Vol. 2, p. 191.
4. Sunan al Tirmidhi, part on zakah, chapter "Zakah on gold and silver." 5. Mukhtasar al Sunan, Vol. 2, p. 191.
6. Mizan al-I'tidal, vol. 2, p. 352-353, biographie n° 4052.
6. Mizan al I'tidal, Vol. 2, pp. 352-353, biography no. 4052.
7. Al Takhlis, p. 182.
7. Al Takhlis, p. 182.
8. Voir sa biographie dans le Mizan, vol. 1, pp. 513-515, n° 1918.
8. See his biography in Mizan, Vol. 1, pp. 513-515, no. 1918.
9. Al Takhlis, p. 175.
9. Al Takhlis, p. 175.
10. Nasb al Rayah, vol. 2, p. 530.
10. Nasb al Rayah, Vol.2, p. 530.
1. Al Takhlis, p. 175.
11. Al Takhlis, p. 175.
12. Tahdhib Sunan Abi Dawud, vol. 2, p. 189.
12. Tahdhis Sunan Abu Daud, Vol. 2, p. 189.
13. Mizan, vol. 1, pp. 445-446, biographie n° 1659.
13. Mizan, Vol. 1, pp. 445-446, biography no. 1659.
14. Al-Tirmidhi, avec le commentaire d'Ibn al-'Arabi, vol. 3, p. 125-126.
14. Al Tirmidhi, with commentary of Ibn al 'Arabi, Vol. 3, pp. 125-126.
15. Al Sunan al Kubra, vol. 4, p. 95, et al Talkhis, p. 175.
15. Al Sunan al Kubra, Vol. 4, p. 95, and al Talkhis, p. 175.
16. Ibn Hazm rapporte ces propos, dans al-Muhalla, vol. 5, p. 276.
16. Ibn Hazm reports these statements, al Muhalla, Vol. 5, p. 276.
17. Al Muhalla, vol. 6, p. 83. Abu 'Ubaid rapporte la même chose dans al-Amwal, p.
17. Al Muhalla, Vol. 6, p. 83. Abu 'Ubaid reports the same in al Amwal, pp.
413-414, et il l'interprète d'une manière différente et tirée par les cheveux.
413-414, and interprets it in a different, farfetched way.
18. Al Muhalla, vol. 6, p. 84-85. La narration de 'Umar et d'al Hasan est légèrement différente.
18. Al Muhalla, Vol. 6, pp. 84-85. The narration from 'Umar and al Hasan is slightly different.
19. Al Amwal, p. 413, rapporté par deux chaînes de transmission.
19. Al Amwal, p. 413, reported via two chains.
20. Al Musannaf, vol. 3, p. 160.
20. Al Musannaf, Vol. 3, p. 160.
21. Al Amwal, p. 414.
21. Al Amwal, p. 414.
22. Ibid, p. 412.
22. Ibid, p. 412.
23. Al Musannaf, vol. 3, p. 114.
23. Al Musannaf, Vol. 3, p. 114.
24. L'auteur de Majma' al-Zawa'id, vol. 3, p. 63, affirme que ses rapporteurs sont ceux des livres authentiques, à l'exception de Hubairah, mais celui-ci est digne de confiance.
24. The author of Majma' al Zawa'id, Vol. 3, p. 63, says its narrators are those of the correct books, except Hubairah , but he is trustworthy.
25. Peut-être que ce qui a aidé Abu 'Ubaid dans son interprétation est un autre dire.
25. Perhaps what helped Abu 'Ubaid in his interpretation is another saying.
Abu 'Ubaid rapporte que cela est attribué à Sufyan, d'après Khasif, d'après Abu 'Ubaidah, que 'Abd Allah a dit : « Celui qui gagne un revenu n'est pas soumis à la zakât tant qu'une année ne s'est pas écoulée. » Mais ce propos est faible, pour deux raisons. Premièrement, Abu 'Ubaid n'établit pas le lien entre lui et Sufyan ; il dit seulement qu'il lui est attribué. Deuxièmement, Khasif est accusé d'avoir une mauvaise mémoire et de nombreuses illusions, au point que ses récits sont perturbés et ne sauraient servir de preuve. Le meilleur de ce qui est dit à son sujet pourrait être la déclaration d'Ibn Habban : « Il était pieux, savant et un bon adorateur, mais il commet beaucoup d'erreurs dans ce qu'il rapporte, et il est seul à rapporter des récits d'hommes célèbres, sans que personne ne concorde avec son récit. Il est honnête ; par équité envers lui, on ne doit l'accepter que lorsque ses récits coïncident avec ceux des dignes de confiance, et l'abandonner lorsqu'ils ne coïncident pas. » Voir Tahdhib al-Tahdhib, vol. 3, p.
Abu 'Ubaid says it is attributed to Sufyan from Khasif from Abu 'Ubaidah that 'Abd Allah said "A person who earns income is not zakated until one year passes." But this saying is weak for two reasons. Firstly, Abu 'Ubaid does not determine the connection between him and Sufyan; he only says it is attributed to Sufyan. And secondly, Khasif is accused of having a bad memory and many illusions, to the extent that his narrations are disturbed, and do not stand as evidence. The best that is said about him may be the statement of Ibn Habban that "He was righteous, knowledgeable, and a good worshiper, but he makes many mistakes in what he narrates, and is singled out alone in narrations from famous men, while no one agrees with his narration. He is honest, due in fairness to him, he must only be accepted when his narrations coincide with those of the trustworthy and to be abandoned when they do not." See Tahdhib al Tahdhib, Vol. 3, pp.
143-144. Dans le cas présent, on constate que les récits authentiques d'Ibn Mas'ud contredisent ce qui est rapporté par Khasif.
143-144. In the case on hand, we notice that correct narrations from Ibn Mas'ud contradict that which is narrated by Khasif.
26. Al Muwatta' avec al Muntaqa, Vol. 3, p. 95.
26. Al Muwatta' with al Muntaqa, Vol. 3, p. 95.
27. Al Amwal, p. 432.
27. Al Amwal, p. 432.
28. Al Musannaf, Vol. 3, p. 85.
28. Al Musannaf, Vol. 3, p. 85.
29. Al Mughni, vol. 2, p. 626 et vol. 3, p. 29 et 47.
29. Al Mughni, Vol. 2, p. 626 and Vol. 3, p. 29 and 47.
30. Al Rawd al Nadir, Vol. 2, p. 411, et Nail al Awtar, Vol. 4, p. 148.
30. Al Rawd al Nadir, Vol. 2, p. 411, and Nail al Awtar, Vol. 4, p. 148.
31. Al Rawd, Ibid.
31. Al Rawd, Ibid.
32. Al Muhalla, vol. 6, p. 84.
32. Al Muhalla, Vol. 6, p. 84.
33. Sourate An-Nisa, 4:59.
33. Sura al Nisa, 4:59.
34. Sourate al-Baqarah, 2:267.
34. Sura al Baqarah, 2:267.
35. Voir les notes de bas de page 24 ci-dessus.
35. See footnotes 24. above.
36. Musannaf Ibn Abi Sahibah, Vol. 4, pp. 42-44.
36. Musannaf Ibn Abi Sahibah, Vol. 4, pp. 42-44.
37. Al Muntaqa, avec al Muwatta', vol. 2, p. 95.
37. Al Muntaqa, with al Muwatta', Vol. 2, p. 95.
38. Le recueil authentique d'al-Bukhari, partie sur l'aumône obligatoire (Zakah), chapitre intitulé : « Sur chaque musulman il y a une aumône (Sadaqah). » 39. Sourate al-Baqarah, 6:267.
38. The correct Collection of al Bukhari, part on zakah, title, "On each Muslim there is sadaqah." 39. Sura al Baqarah, 6:267.
40. Sourate al-Baqarah, 2:3.
40. Sura al Baqarah, 2:3.
1. Al Islam wal al Awdal al Iqtisadiyah, cinquième impression, pp. 166-168.
41. Al Islam wal al Awdal al Iqtisadiyah, fifth printing, pp. 166-168.
42. Voir l'introduction de ce livre.
42. See the introduction of this book.
43. Charh Ghayat al-Muntaha, vol. 2, p. 59.
43. Sharh Ghayat al Muntaha, Vol. 2, p. 59.
44. Al Musannaf, d'Ibn Abi Shaibah, vol. 4, p. 30.
44. Al Musannaf, by Ibn Abi Shaibah, Vol. 4, p. 30.
45. Al Mughni, vol. 2, p. 626.
45. Al Mughni, Vol. 2, p. 626.
46. Al Musannaf, op. cit.
46. Al Musannaf, op. cit.
47. Voir la condition de l'aisance au-delà des besoins essentiels, dans le premier chapitre de cette partie, ainsi que dans le troisième chapitre.
47. See the condition of being above essential needs, in chapter one of this part, and in chapter three also.
48. Mabadi' 'Ilm al-Maliyah al-'Ammah, par Dr Muhammad Fu'ad Ibrahim, vol. 1, p. 284.
48. Mabadi' 'Ilm al Maliyah al 'Ammah, by Dr. Muhammad Fu'ad Ibrahim, Vol. 1, p. 284.