4.4 Chapitre quatre : Affranchir les esclaves
4.4 Chapter Four Liberating Slaves
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4.4 Chapter Four Liberating Slaves
Why the switch from "to" to "in"?
Le verset énumérant les catégories de bénéficiaires de la aumône obligatoire (Zakah) [9:60] compte huit catégories, mais en mentionne quatre avec la préposition « à » : aux pauvres, aux nécessiteux, à ceux qui travaillent (à la collecte), à ceux dont les cœurs sont à gagner ; et il emploie la préposition « dans » avec les quatre autres catégories : pour l'affranchissement des esclaves, pour (l'aide à) ceux qui sont endettés, dans le sentier de Dieu, pour (l'aide au) voyageur. Le Coran est parfait ; même un changement de préposition n'est pas fait en vain. Alors pourquoi « à » (en arabe « li ») est-il employé en premier, et « dans » (en arabe « fi ») employé ensuite ?
The verse listing categories of zakah recipients [9:60] counts eight categories, but mentions four of them using the preposition "to"--to the poor, to the needy, to the workers, to those whose hearts are being reconciled--and uses the preposition "in" with the other four categories--in freeing slaves, in (aid of) those under debt, in the way of God, in (aid of) the wayfarer. The Qur'an is perfect; not even a change of preposition is done in vain, so why is "to" [the Arabic "li"] used first and "in" [the Arabic "fi"] used later?
Al-Zamakhshari affirme que l'usage de la préposition « dans » (fi) pour les quatre dernières catégories indique qu'elles méritent davantage l'aumône obligatoire (Zakah) que les quatre premières, puisque « dans » désigne un lieu à l'intérieur duquel des choses sont placées, ce qui signifie que ces quatre dernières catégories sont des récipients dans lesquels les aumônes (Sadaqah) doivent être déposées.1 Dans al-Intisar, Ibn al-Munayyir commente la remarque d'al-Zamakhshari : « L'autre différence, plus importante, est que la Zakah est donnée aux quatre premières catégories de telle sorte qu'elles en deviennent les propriétaires, alors que la Zakah n'est pas nécessairement donnée aux personnes des quatre dernières catégories, mais dépensée à leur profit. En d'autres termes, la Zakah est donnée au maître de l'esclave pour obtenir la liberté de celui-ci ; elle est aussi donnée pour l'amour de Dieu, au créancier de ceux qui sont endettés, ou pour aider le voyageur à regagner son foyer. »2 Al-Razi remarque, à l'instar d'Ibn al-Munayyir, que « à » (li) indique la propriété, tandis que « dans » (fi) indique le but de la dépense. En résumé, la Zakah est donnée aux quatre premières catégories, alors qu'elle est donnée pour, et non nécessairement à, les quatre dernières catégories.3 Le même propos figure dans le commentaire d'al-Khazin.4
Al Zamakhshari says the use of the preposition "in" for the last four categories indicates they are more deservant of zakah than the first four, since "in" indicates a place inside which things are put, meaning that these last four categories are containers in which sadaqat should be put.1 In al Intisar, Ibn al Munayyir comments on al Zamakhshari's note, "The other, more important, difference is that zakah is given to the first four categories in such a manner that they become its owners while zakah is not necessarily given to persons in the last four categories, but spent for their benefit. In other words, zakah is given to the master of the slave to gain the slave's freedom; it is also given for the sake of God, to the creditor of those under debt, or to help the wayfarer reach home."2 Al Razi notes, similarly to Ibn al Munayyir, that "to" indicates ownership, while "in" cannotes the purpose of the spending. In summary, zakah is given to the first four categories, while it is given for, and not necessarily to the last four categories.3 The same is stated in al Khazin's commentary.4
Rashid Rida,5 suivi du regretté Mahmud Shaltut,6 répartit les catégories ayant droit à la zakah en deux sortes : les personnes et les intérêts. Les personnes comprennent les quatre premières, ainsi que ceux qui sont endettés et le voyageur, tandis que les intérêts comprennent l'affranchissement des esclaves et la cause de Dieu. L'auteur d'al Manar emploie la conjonction additive « et » devant les mots « ceux qui sont endettés » et « voyageur », reliant ces deux catégories aux quatre premières, alors que la préposition « dans » est utilisée immédiatement avant « l'affranchissement des esclaves » et « la cause de Dieu ». Cette addition non séquentielle ne témoigne pas d'un respect convenable pour l'éloquence du Coran. Il est préférable de prendre les ajouts dans l'ordre, en regroupant les quatre dernières catégories, car elles sont précédées de la préposition « dans », choix d'al Zamakhshari, d'Ibn al Munayyir, d'al Razi et d'autres. Ibn Qudamah soutient l'avis d'al Razi et de ses confrères, en disant : « Quatre catégories reçoivent la zakah de telle sorte qu'elle devient leur propriété pour toujours et qu'elles n'ont pas à la restituer. Les quatre autres catégories ne reçoivent pas la zakah pour se l'approprier, mais pour la dépenser dans un but déterminé, et si elles ne la dépensent pas dans ce but, elle peut leur être reprise. Les quatre dernières catégories reçoivent la zakah afin de l'utiliser pour atteindre certains objectifs, tandis que les quatre premières catégories sont elles-mêmes des objectifs de la zakah. Par exemple, le but de la zakah est atteint en donnant au pauvre, rendant ainsi le pauvre riche. En revanche, si une personne parmi les quatre dernières catégories reçoit une somme de zakah pour un objectif qui peut être atteint en dépensant une somme moindre, le reste doit être restitué, à l'exception du combattant dans la cause de Dieu. » (Cette exception perdue ne s'applique pas à l'équipement militaire tel que les armes et les chevaux, qui doivent être restitués au fonds de la zakah.) Cette distinction établie par Ibn Qudamah est indubitablement correcte. Il aurait pu l'appuyer en citant le changement de préposition employé dans le Coran avec les catégories énumérées, comme l'a relevé le commentateur de Ghayat al Muntaha.8
Rashid Rida,5 followed by the late Mahmud Shaltut,6 divides categories that deserve zakah into two kinds: individuals and interests. Individuals include the first four plus those under debt and the wayfarer, while interests include freeing, slaves and the sake of God. The author of al Manar uses the additive conjunction "and" before the word "those under debt" and "wayfarer," relating these two categories to the first four, since the preposition "in" is used immediately before "liberating slaves" and "sake of God." This non-sequential addition does not show proper respect for the eloquence of the Qur'an. It is better to take the additions in sequence, grouping the last four categories together, because they are preceded by the preposition "in" which is the choice of al Zamakhshari, Ibn al Munayyir, al Razi, and others. Ibn Qudamah supports the view of al Razi and his colleagues, saying Four categories receive zakah such that it becomes their property forever and they do not need to return it. The other four categories do not take zakah but to spend it for a pre-determined purpose, and if they do not spend it for that purpose, it can be taken back from them. The last four categories take zakah in order to use it toward fulfilling some objectives, while the first four categories are themselves objectives of zakah. For example, the purpose of zakah is fulfilled by giving the poor, thus making the poor rich. On the other hand, if a person in one of the last four categories ware given an amount of zakah for a purpose which can be achieved by spending a lesser amount, the reminder must be returned, except in the case of the fighter for the sake of God,"7 (This lost exception does not apply to military equipment such as weapons and horses, which must be returned to the zakah fund.) This distinction made by Ibn Qudamah is undoubtedly correct. He could have supported it by quoting the change of preposition used in the Qur'an with the listed categories, as noted by the commentator of Ghayat al Muntaha.8
The meaning of "in liberating slaves"
Dépenser la aumône obligatoire (Zakah) pour affranchir des esclaves peut prendre deux formes :
Spending zakah in liberating slaves may take two forms:
1. Cette aumône obligatoire (Zakah) peut servir à aider un esclave contractuel à payer son maître. Un esclave contractuel (al 'abd al mukatab) est un esclave qui a conclu avec son maître un accord selon lequel, dès lors qu'il versera au maître une somme convenue, il recouvrera sa liberté. Dieu ordonne aux musulmans de conclure des contrats avec les esclaves qui désirent une libération par contrat. Dieu enjoint également aux musulmans d'aider les esclaves à fournir à leurs maîtres la rançon contractuelle. Dieu dit : « Et si l'un de vos esclaves demande un écrit [pour lui permettre de gagner sa liberté moyennant une certaine somme], accordez-le-lui, si vous reconnaissez en lui quelque bien ; et donnez-leur vous-mêmes une partie de la richesse que Dieu vous a accordée. »9 Autrement dit, Dieu ordonne aussi aux maîtres d'aider leurs esclaves à payer la somme convenue. En outre, Dieu attribue une part de la Zakah (aumône obligatoire) à l'affranchissement des esclaves. Abu Hanifah, al Shafi'i, leurs disciples, et al Laith bin Sa'd considèrent que le verset sur la Zakah se réfère spécifiquement aux esclaves contractuels. Ils avancent comme preuve un rapport selon lequel Ibn 'Abbas interprète le verset « ... et pour l'affranchissement des esclaves » comme désignant les esclaves contractuels. Cela serait corroboré, dit-on, par la dernière phrase du verset mentionné ci-dessus.10
1. This zakah can be used to help a contracted slave pay his master. A contracted slave (al 'abd al mukatab) is a slave who has an agreement with his master that upon paying the master an agreed upon amount, the slave gains freedom. God orders Muslims to contract slaves who desire liberating contracts. God also ordains Muslims to help slaves provide the contractual ransom to their masters. God says, "and if any of your slaves ask for a deed in writing [to enable them to earn their freedom for a certain sum] give them such a deed if ye know any good in them; yea, give them something yourselves out of the wealth which God has given you."9 In other words, God also orders the masters to help slaves pay their contractual sum. In addition to this, God assigns a share of zakah for liberating slaves. Abu Hanifah, al Shafi'i, their disciples, and al Laith bin Sa'd, consider the verse of zakah a specific reference to contracted slaves. They present as evidence a report that Ibn 'Abbas interprets the verse " . . . and in liberating slaves," to mean contracted slaves. This is said to be supported by the last sentence of the above mentioned verse.10
2. La deuxième façon de libérer consiste à acheter l'esclave avec le produit de l'aumône obligatoire (Zakah) et à le libérer ou la libérer. Cela peut être fait par l'État, par un payeur de aumône obligatoire (Zakah), ou par un groupe de payeurs de aumône obligatoire (Zakah) agissant ensemble. Telle est l'opinion de Malik, Ahmad et Ibn Ishaq. Ibn al 'Arabi soutient que cela ressort clairement des paroles du Coran, car le mot employé se traduit par « cous », et que ce terme, chaque fois qu'il est utilisé dans le Coran à propos des esclaves, signifie les libérer. Si Dieu avait voulu désigner la sous-catégorie particulière des esclaves contractuels, Il l'aurait mentionnée par son nom. Selon Ibn al 'Arabi, l'esclave contractuel peut recevoir l'aumône obligatoire (Zakah) en tant que personne endettée et non au titre de la libération d'esclaves, sauf à généraliser à l'excès le terme.11
2. The second way of liberating is to buy the slave with the proceeds of zakah and liberate him or her. This can be done by the state, a zakah payer, or a group of zakah payers together. This is the opinion of Malik, Ahmad, and Ibn Ishaq. Ibn al 'Arabi argues that this is apparent from the words of the Qur'an, because the word used translates as "necks" which, whenever used in reference to slaves in the Qur'an, means liberating them. If God meant the specific sub-category of contracted slaves, He would have mentioned it by its name. According to Ibn Al 'Arabi, the contracted slave may be given zakah as a person under debt and not under the title of liberating slaves, except by over-generalizing the term.11
En réalité, le verset comprend les deux sens. Cependant, il est rapporté qu'Ibrahim al-Nakha'i et Sa'id ibn Jubair, tous deux parmi les Tabi'in, n'aimaient pas acheter des esclaves avec la aumône obligatoire (Zakah) pour ensuite les affranchir, car une telle action profite à celui qui affranchit, en raison de la notion connue dans la jurisprudence islamique sous le nom d'al-wala' [soutien mutuel] entre l'affranchisseur et l'esclave affranchi. Le wala' entre eux signifie que si l'esclave affranchi n'a pas d'autres héritiers, son affranchisseur peut hériter de ses biens à sa mort. Malik soutient que, puisque la aumône obligatoire (Zakah) est due pour l'amour de Dieu, l'affranchisseur ne doit tirer aucun bénéfice personnel. Ainsi, la personne qui affranchit des esclaves avec le produit de sa propre aumône obligatoire (Zakah) ne doit pas se voir accorder le wala' de l'esclave affranchi. Ce wala' appartient à l'ensemble des musulmans, représentés par leur État.12
Actually, the verse includes both meanings, However, it is said that Ibrahim al Nakha'i and Sa'id bin Jubair, both Followers, do not like purchasing slaves with zakah and then liberating them, since such an action benefits the liberator because of the concept known in Islamic jurisprudence as al wala' [mutual support] between the liberator and the liberated slave. Wala' between them means that if the liberated slave has no other heirs, his liberator may inherit his estate upon his death. Malik argues that since zakah is due for God's sake, the liberator must not gain any personal benefit. Thus, the person who liberates slaves from the proceeds of his own zakah should not be granted the wala' of the freed slave. This wala' belongs to all Muslims as represented by their state.12
Abu 'Ubaid rapporte qu'Ibn 'Abbas ne voit aucun inconvénient à ce qu'une personne affranchisse des esclaves avec sa propre aumône obligatoire (Zakah), et commente qu'Ibn Abbas fait bien plus autorité qu'al-Nakha'i et Ibn Jubair, et que son avis est beaucoup plus recherché, d'autant qu'al-Hasan, un Tabi'i, ainsi que la majorité des savants, sont d'accord avec Ibn 'Abbas.13 Abu 'Ubaid ajoute que, même si l'affranchisseur peut hériter de la succession de l'ancien esclave en vertu de al-wala entre eux, il peut aussi avoir à payer, par exemple, le prix du sang (diyah) pour un meurtre que l'esclave affranchi pourrait commettre, en application du même principe de al-wala.14
Abu 'Ubaid reports that Ibn 'Abbas finds no error in a person liberating slaves with his own zakah and comments that Ibn Abbas is much more of an authority than al Nakha'i and Ibn Jubair, and his opinion is much preferred, especially since al Hasan, a Follower, and the majority of scholars agree with Ibn 'Abbas.13 Abu 'Ubaid adds that even if the liberator may inherit ex-slave's estate as a result of al wala between them, he may also have to pay, for example, the ransom for a killing the liberated slave may commit, in application of the same principle of al wala.14
Il faut bien comprendre que la divergence d'opinions ne porte que sur le cas où le payeur de zakah, individuellement, affranchit des esclaves au moyen de sa zakah ; mais lorsque c'est l'État islamique qui prend cette mesure, les musulmans s'accordent à reconnaître que l'État peut recourir à n'importe quelle combinaison des deux formes d'affranchissement des esclaves mentionnées ci-dessus. Certains savants préfèrent même que l'État emploie les deux formes conjointement, comme le suggère al-Zuhri lorsqu'il écrivit à 'Umar ibn 'Abd al-'Aziz que « la part destinée à l'affranchissement des esclaves se divise en deux parts, l'une pour les esclaves musulmans sous contrat d'affranchissement, l'autre pour l'achat d'esclaves musulmans et leur affranchissement »15. Bien entendu, rien ne justifie de restreindre cette part à une division par moitié.
It should be realized that the difference in opinion applies only to the case where the individual zakah payer liberates slaves out of his or her zakah, but if the Islamic state takes that action, Muslims agree that the state can use any combination of the two forms of slave liberation mentioned above. Some scholars even prefer that the state use the two forms together, as suggested by al Zuhri when he wrote to 'Umar bin 'Abd al Aziz that "the share of liberating slaves is divided into two parts, half for Muslim contracted slaves and the other half for buying Muslim slaves and liberating them."15 Of course, there is no reason for the restriction of dividing this share in half.
Islam preceeded other cultures in eliminating slavery
Il convient de noter que l'Islam a été le premier système à entreprendre l'élimination progressive et massive de l'esclavage, en recourant simultanément à plusieurs moyens. L'Islam a d'abord tari les sources de l'esclavage en interdisant l'enlèvement et la vente de personnes libres, la réduction légale en esclavage des débiteurs et des criminels, ou la mise en esclavage des prisonniers de guerres menées pour l'agression ou pour un profit économique. Une seule source d'esclavage a été maintenue : la guerre moralement licite, visant à prévenir l'agression et l'oppression. Même dans une telle guerre, l'État islamique n'est pas tenu de réduire les prisonniers de guerre en esclavage. Ce n'est qu'une option laissée ouverte afin de permettre un traitement comparable à celui que reçoivent les prisonniers musulmans de la part des incroyants. Les textes coraniques concernant les prisonniers de guerres licites ne mentionnent même pas l'esclavage comme option. Le Coran dit : « Lorsque vous les aurez solidement soumis, serrez fermement les liens ; après quoi, c'est le temps soit de la générosité, soit de la rançon. »17
It should be noted that Islam was the first system to start a gradual mass elimination of slavery, by using several means together. Islam first dried up the sources of slavery by prohibiting the kidnapping and selling of free persons, legal slavery of debtors and criminals, or the enslaving of prisoners of wars waged for aggression or economic benefit. Only one source of slavery, morally-lawful war aimed at preventing aggression and oppression, was left intact.16 Even in such a war, the Islamic state need not enslave prisoners of war. This is only an option left open in order to provide for treatment comparable to that which Muslim prisoners receive from the unbelievers. Qur'anic texts regarding prisoners of lawful wars do not even mention slavery as an option. The Qur'an says, "When ye have thoroughly subdued them, bind a bond firmly on them; thereafter is the time for either generosity or ransom."17
Dans le même temps, l'islam prescrit des moyens continus pour affranchir les esclaves. L'islam exhorte à affranchir les esclaves et en fait une expression de soumission à Dieu, ainsi qu'une expiation accomplie par ceux qui demandent pardon de leurs péchés ou de leurs erreurs, comme la rupture du jeûne pendant le ramadan ou la rupture d'un serment. L'islam impose l'affranchissement des esclaves dans la jurisprudence islamique (Fiqh) relative à l'aumône obligatoire (Zakah), tome II, Dr Yusuf al-Qardawi, p. 46
At the same time, Islam prescribes continuous means for liberating slaves. Islam urges freeing slaves, and makes it one expression of submission to God, as well as a compensation performed by persons seeking forgiveness for sins or errors, such as breaking fast in Ramadan or breaking an oath. Islam requires freeing slaves as Fiqh al Zakah (Vol. II), Dr. Yusuf al Qardawi 46
compensation pour l'avoir frappé sans droit. Les maîtres sont enjoints dans le Coran de conclure avec leurs esclaves un contrat d'affranchissement moyennant une somme convenue, et la société musulmane est appelée à les aider financièrement et à leur procurer du travail afin qu'ils gagnent la somme nécessaire à leur liberté. Dieu dit : « Et si certains de vos esclaves demandent un acte écrit [pour leur permettre de gagner leur liberté moyennant une certaine somme], accordez-leur cet acte si vous reconnaissez en eux quelque bien ; donnez-leur vous-mêmes une partie des biens que Dieu vous a accordés. »18 En outre, Dieu fait de l'affranchissement des esclaves l'un des huit objectifs de l'aumône obligatoire (Zakah). La part de l'aumône obligatoire (Zakah) attribuée à l'affranchissement des esclaves peut représenter un huitième, ou davantage ou moins, de cette source énorme et continue de fonds dans la société musulmane.19 Cette catégorie peut parfois absorber la majeure partie ou la totalité du produit de l'aumône obligatoire (Zakah), lorsque les autres catégories de bénéficiaires sont satisfaites, comme cela s'est produit à l'époque de 'Umar bin 'Abd al 'Aziz. Yahya bin Sa'id raconte : « 'Umar bin 'Abd al 'Aziz m'envoya comme agent chargé de collecter l'aumône obligatoire (Zakah) en Afrique. Je la perçus et cherchai des pauvres à qui la donner, mais je n'en trouvai aucun.
compensation for beating him without right. Masters are ordered in the Qur'an to contract their slaves for freedom against an agreed upon sum, and the Muslim society is called upon to help contracted slaves financially and provide them with jobs so they earn the amount needed for their freedom. God says "And if any of your slaves ask for a deed in writing [to enable them to earn their freedom for a certain sum] give them such a deed if ye know any good in them; ye give them something yourselves out of the wealth which God has given you."18 In addition, God makes liberation of slaves one of the eight objectives of zakah. The amount of zakah assigned for freeing slaves may be on one-eighth, or more or less, of this huge, continuous source of funds in the Muslim society.19 This category may sometimes take most or all of the proceeds of zakah, if other groups of zakah recipients are satisfied, as happened in the time of 'Umar bin 'Abd al 'Aziz. Yahya bin Sa'id says, "'Umar bin 'Abd al Aziz sent me as an officer on the zakah of Africa. I collected it and searched for poor people to give it to, but found none.
Nous avons cherché des bénéficiaires à qui donner l'aumône obligatoire (Zakah), mais nous avons constaté que 'Umar bin 'Abd al-'Aziz avait rendu tout le monde satisfait. Alors j'ai acheté des esclaves et je les ai affranchis avec l'aumône obligatoire (Zakah).» Si les musulmans avaient eu la possibilité de mettre pleinement en œuvre leur religion sous un État juste et sage pendant une longue période, l'esclavage aurait disparu de leurs terres bien avant qu'il ne le fasse effectivement.
We searched for deservants to give zakah to, but found that 'Umar bin 'Abd al 'Aziz had made all people satisfied. Then I bought slaves and freed them with zakah."20 If Muslims had the chance to fully implement their religion under a just and wise state for an extended period of time, slavery would have been wiped out from their lands long before it actually was.
Freeing Muslim prisoners of war with zakah
La part des fonds de l'aumône obligatoire (Zakah) affectée à la libération des esclaves musulmans peut inclure les prisonniers de guerre musulmans tombés entre les mains des ennemis de l'État islamique, selon Ahmad, au motif que les deux cas permettent de libérer des musulmans.21 Ibn al-'Arabi, un malikite, affirme que les savants sont en désaccord sur la question de savoir si cela est permis. Asbagh dit que ce n'est pas autorisé, tandis qu'Ibn Habib estime que c'est permis. Ce dernier soutient que si l'aumône obligatoire (Zakah) doit par ailleurs servir à libérer un esclave musulman appartenant à un autre musulman dans une société musulmane, la libération de musulmans retenus par un ennemi incroyant oppresseur est évidemment prioritaire.22 De nombreuses guerres se poursuivent aujourd'hui dans le monde, au cours desquelles des musulmans tombent prisonniers entre les mains de non-musulmans ; obtenir leur libération devient l'un des objectifs de l'aumône obligatoire (Zakah).
The share of zakah proceeds used to gain the freedom of Muslim slaves can include Muslim prisoners of war who have fallen in the hands of enemies of the Islamic state, according to Ahmad, on the grounds that both cases gain the freedom of Muslims.21 Ibn al 'Arabi, a Malikite, says that scholars differ on whether this is permissible. Asbagh says it is not allowed, while Ibn Habib believes it is allowed. The latter argues that if zakah is otherwise going to be used to gains the freedom of a Muslim slave owned by another Muslim in a Muslim society, freeing Muslims from an oppressive unbelieving enemy, obviously takes priority.22 There are many ongoing wars in the world today in which Muslims fall prisoner in the hands of non-Muslims; gaining their freedom becomes one of the objectives of zakah.
Helping peoples under colonialism with zakah
Dans le commentaire Al-Manar, feu Rashid Rida affirme : « Libérer a aujourd'hui son équivalent moderne : libérer les peuples de l'humiliation et de l'oppression du pouvoir colonial, ce qui constitue une libération de masse, par comparaison avec l'affranchissement d'esclaves individuels. »23 Le Cheikh Mahmud Shaltut souligne : « … Je pense qu'il existe aujourd'hui une forme d'esclavage plus dangereuse pour l'humanité. C'est l'asservissement des idées, des richesses et de l'autorité des peuples, qui les prive de leur liberté sur leur propre terre. L'asservissement d'un individu prend fin avec la mort de la personne, alors qu'aujourd'hui des nations et des peuples entiers sont asservis, génération après génération, dans une forme continue d'oppression écrasante sous un pouvoir impitoyable. »
In the commentary al Manar, the late Rashid Rida says "liberating has its modern equivalent in liberating people from the humiliation and oppression of colonial power, which is mass liberation as compared to freeing individual slaves."23 Shaikh Mahmud Shaltut emphasizes, ". . . I think we have today a form of slavery that is more dangerous to humanity. It is the enslavement of peoples ideas, wealth, and authority, depriving them of their freedom in their own land. The enslavement of an individual ends with the death of the person, but today entire nations and peoples are enslaved, generation after generation, in a continuous form of overwhelming oppression under ruthless power.
Cette forme d'asservissement mérite d'être extirpée et mérite davantage d'efforts pour libérer les gens de celle-ci, non seulement en employant le produit de l'aumône obligatoire (Zakah) et de la charité, mais aussi en sacrifiant toute notre richesse et nous-mêmes. Cela doit nous ouvrir les yeux sur l'immense responsabilité des musulmans aisés à venir en aide aux peuples de la nation musulmane.23
This form of enslavement deserves extermination and deserves more efforts to liberate people from it, not only by using the proceeds of zakah and charity, but also by sacrificing all our wealth and ourselves. This must open our eyes to the tremendous responsibility of rich Muslims to help peoples of the Muslim nation."23
Bien que Rida et Shaltut décrivent correctement l'oppression insupportable infligée aux nations colonisées par les puissances agressives, je ne suis pas d'accord pour étendre à ce point le sens de l'affranchissement des esclaves, car les mots ne devraient pas être appliqués si librement. Quant à l'aide aux peuples opprimés, nous disposons d'une grande occasion au titre de l'aumône obligatoire (Zakah) dépensée « dans le sentier de Dieu », en plus de toutes les ressources des États et des peuples musulmans qui doivent contribuer à la libération des musulmans et des terres musulmanes.
Although Rida and Shaltut correctly describe the unbearable oppression inflicted on colonized nations by aggressive powers, I do not agree on expanding the meaning of freeing slaves to such and extent, because words should not be so loosely applied. As for helping the oppressed peoples, we have great opportunity under the title of zakah spent "for the sake of God," in addition to all the resources of Muslim states and people that must contribute toward the liberation of Muslims and Muslim lands.
1. Commentaire d'al-Kashshaf, vol. 2, pp. 45-46.
1. Commentary al Kashshaf, Vol. 2, pp. 45-46.
2. Al Intisaf min al Kashshaf, imprimé en marge du commentaire ci-dessus.
2. Al Intisaf min al Kashshaf, printed on the margins of the above commentary.
3. Al Tafsir al Kabir, de al Razi, vol. 16, p. 112.
3. Al Tafsir al Kabir, by al Razi, Vol. 16, p. 112.
4. Cité par al-Jamal dans ses notes sur le commentaire d'al-Jalalayn, vol. 2, p. 292.
4. Quoted by al Jamal in his notes on the Commentary al Jalalain, Vol. 2, p. 292.
5. Commentaire d'al-Manar, vol. 10, pp. 586-590.
5. Commentary al Manar, Vol. 10, pp. 586-590.
6. Al Islam, croyance (Aqeedah) et charia, pp. 111-113.
6. Al Islam, 'Aqidah wa Shari'ah, pp. 111-113.
7. Al Mughni, vol. 2, p. 760.
7. Al Mughni, Vol. 2, p. 760.
8. Matalib Uli al Nuha, Vol. 2, p. 151.
8. Matalib Uli al Nuha, Vol. 2, p. 151.
9. Sourate an-Nour, 24:33.
9. Sura al Nur, 24:33.
10. Al Tafsir al Kabir, vol. 16, p. 112, voir aussi al Hidayah et Fath al Qadir, vol. 2, p.
10. Al Tafsir al Kabir, Vol. 16, p. 112, see also al Hidayah and Fath al Qadir, Vol. 2, p.
17.
17.
11. Ahkam al Quran, vol. 2, p. 955.
11. Ahkam al Quran, Vol. 2, p. 955.
12. Al Amwal, pp. 608-609.
12. Al Amwal, pp. 608-609.
13. Ibid.
13. Ibid.
14. Ibid.
14. Ibid.
15. Ibid.
15. Ibid.
16. 'Ali 'Abd al Wahid Wafi, Huquq al Insan fi al Islam, pp. 139-161, éd. du ministère des Waqfs, Le Caire.
16. 'Ali 'Abd al Wahid Wafi, Huquq al Insan fi al Islam, pp. 139-161, Awqaf Ministry print, Cairo.
17. Sourate Al-Qital, 47:4.
17. Sura al Qital, 47:4.
18. Sourate An-Nour, 24:33.
18. Sura al Nur, 24:33.
19. Ceci s'ajoute à l'élévation de la dignité spirituelle, morale et matérielle des esclaves, au point de faire d'eux les frères de leurs maîtres. Ils doivent manger la même nourriture, porter des vêtements de même qualité, et ne pas être contraints de travailler au-delà de leurs capacités, en plus de l'interdiction de les blesser et de les frapper, ou même d'utiliser le mot « esclave » pour s'adresser à eux.
19. This is in addition to raising the level of spiritual, moral, and material dignity of slaves, to the extent of making them like brothers to their masters. They should eat from the same food, wear the same quality clothes, and not be forced to work more than their capacity, in addition to the prohibition of injuring and beating them, or even using the word "slave" in addressing them.
20. Biographie de 'Umar bin 'Abd al-'Aziz, par Ibn 'Abd al-Hakam, p. 59.
20. Biography of 'Umar bin 'Abd al 'Aziz, by Ibn 'Abd al Hakam, p. 59.
21. Al Rawd al Murbi', tome 1, p. 402.
21. Al Rawd al Murbi', Vol. 1, p. 402.
22. Ahkam al Qur'an, vol. 2, p. 956.
22. Ahkam al Qur'an, Vol. 2, p. 956.
23. Commentaire d'al-Manar, vol. 10, p. 598.
23. Commentary al Manar, Vol. 10, p. 598.
24. Al Islam, Aqidah wa Shari'ah, p. 446.
24. Al Islam, Aqidah wa Shari'ah, p. 446.