1.1.3 Les types d'eau utilisés
1.1.3 The Kinds of Water Used
La base de l'obligation de la purification à l'eau repose sur les paroles du Très-Haut : « Et Il fait descendre du ciel une eau par laquelle Il vous purifie »44, et Ses paroles : « … puis, si vous ne trouvez pas d'eau, alors recourez à une terre pure et en frottez vos visages et vos mains (avec elle) ».45
The basis for the obligation of purification with water are the words of the Exalted, “And (He) sends down water from the sky upon you, that thereby He might purify you”,44 and His words, “.. . and then ye find not water, then go to high clean soil and rub your faces and your hands (therewith)”.45
Les juristes sont tombés d'accord sur le fait que toutes les sortes d'eau sont pures en elles-mêmes et purifient les autres choses, à l'exception de l'eau de mer, au sujet de laquelle il y eut quelque désaccord durant la première période. Les dissidents sont réfutés par le fait que l'eau de mer est incluse dans l'usage absolu du terme « eau », ainsi que par la tradition rapportée par Malik, qui est la parole du Prophète ﷺ : « Son eau est pure, et ses créatures mortes sont licites ». Bien que l'authenticité de cette tradition soit contestée, le droit semble toutefois la soutenir.
The jurists agreed that all kinds of water are pure in themselves, purifying other things, except for the water of the sea, about which there was some disagreement in the first period. They (the dissenters) are defeated by the fact that sea-water is included within the unqualified use of the term “water” and also by the tradition recorded by Malik, which is the saying of the Prophet, “Its water is pure, and its dead creatures are lawful”. Although, this is a tradition whose authenticity is disputed, the law apparently supports it.
Les juristes, de même, sont tombés d'accord sur le fait que ce qui altère l'eau et ce qui s'y trouve normalement (ou ce qui n'en est normalement pas séparé, comme la mousse verte) ne lui ôte pas sa pureté ni sa capacité à purifier, à l'exception d'une légère divergence rapportée au sujet de l'eau stagnante par Ibn Sirin, dont l'avis est ici également rejeté au motif que l'emploi absolu du terme « eau » s'applique aussi à l'eau stagnante. Ils sont tombés d'accord sur le fait que l'eau altérée par une impureté quant à son goût, sa couleur ou son odeur, ou quant à plus d'une de ces qualités, n'est pas permise pour les ablutions ou la purification. Ils sont tombés d'accord sur le fait que l'eau en grande quantité n'est pas souillée par les impuretés qui n'altèrent aucune de ses qualités (mentionnées), et qu'elle demeure pure.
The jurists, similarly, agreed about things that alter the water and that are normally found in it (or that are not normally separated from it, like green moss), do not usurp its purification and the quality of purifying, except for slight disagreement recounted about stagnant water by Ibn Sirin, whose opinion here is also rejected on the ground that the absolute use of the term “water” applies to stagnant water as well. They agreed about water that has been altered by impurity with respect to taste, colour, or smell, or with respect to more than one of these qualities, that it is not permitted for purposes of ablution or purification. They agreed that water in large quantities is not defiled by impurities that do not alter one of its (mentioned) qualities, and that it remains pure.
Voici ce sur quoi ils se sont accordés à propos de ce sujet, mais ils ont divergé sur six points qui sont comme des règles et des principes du sujet.
This is what they agreed upon in this topic, but they disagreed about six issues that are like rules and principles of the topic.
1.1.3.1. Question 1 : L'eau mélangée à des impuretés sans altération de ses attributs
1.1.3.1. Issue 1: Water mixed with impurities without change in its attributes
Ils ont été en désaccord au sujet de l'eau contenant des impuretés, sans que l'une de ses qualités ne soit altérée. Un groupe de juristes a affirmé qu'elle est pure, qu'il s'agisse de grandes ou de petites quantités. C'est l'une des narrations rapportées de Malik, et elle est également soutenue par les Zahirites. Un autre groupe a fait une distinction entre l'eau en grande et en petite quantité, affirmant que si elle est en petite quantité, elle est impure, et que si elle est en grande quantité, elle ne l'est pas. Ils ont ensuite divergé sur la délimitation séparant la petite de la grande quantité (d'eau). L'avis d'Abu Hanifa est qu'une grande quantité d'eau est celle dans laquelle une ondulation provoquée par une personne à une extrémité n'atteint pas l'autre rive. Selon al-Shafi'i, la limite est le remplissage de deux qullas (récipients), qui pèsent environ cinq cents rati (livres). Certains juristes n'ont imposé aucune limite, tout en estimant que les impuretés souillent l'eau en petite quantité, même si ses qualités ne sont pas modifiées. Cela est rapporté de Malik. Il est également rapporté que cette eau n'est pas souillée, mais que son usage est réprouvé. Ainsi, il existe trois avis de Malik concernant l'usage de petites quantités d'eau dans lesquelles de petits objets impurs ont été jetés. Premièrement, qu'elle est ainsi souillée, ou qu'elle est rendue inutilisable. Deuxièmement, qu'elle n'est pas souillée, tant que ses qualités n'ont pas changé. Troisièmement, que son usage est blâmable.
They disagreed about water that contains impurities, but where none of its attributes is altered. One group of jurists said that it is pure irrespective of large or small quantities. This is one of the narrations from Malik and is also upheld by the Zahirites. Another group made a distinction between water in large and small quantities, saying that if there is little of it, it is impure and if there is much of it, it is not. They disagreed then about the demarcation separating small from large quantities (of water). Abu HanTfa’s opinion is that a large quantity of water is that in which a ripple caused by a person at one end does not reach the other side. According to al-ShafiT the limit is the fill of two qullas (containers), which weigh about five hundred rati (pounds). Some jurists did not impose any limit, though they held that impurities defile water in small quantities, even if its attributes are not changed. This is related from Malik. It is also related that such water is riot defiled, but that its use is undesirable. Thus, there are three opinions from Malik about the use of small Quantities of water in which small impure objects have been dropped. First, that it has thus been defiled, or it has been rendered unusable. Second, that it has not been defiled, so long as its attributes have not changed. Third, that its use is reprehensible.
La raison du désaccord repose sur le conflit des sens apparents des traditions rapportées à ce sujet. Dans la tradition précédente d'Abu Hurayra — « Lorsque l'un d'entre vous se réveille de son sommeil » — le sens apparent est qu'une petite quantité d'impureté souille une petite quantité d'eau. De même, dans la tradition d'Abu Hurayra rapportée du Prophète ﷺ, où il dit : « Que personne n'urine dans une eau stagnante puis ne s'en serve pour se laver », dont le sens apparent amène à comprendre qu'une petite quantité d'impureté souille une petite quantité d'eau. Il en va de même pour l'interdiction, faite à celui qui a contracté une impureté majeure, de se laver dans une eau stagnante. Cela s'oppose aux implications de la tradition d'Anas, qui rapporte : « Un bédouin alla sur le côté de la mosquée pour uriner, et les gens crièrent contre lui. Le Messager d'Allah ﷺ dit : “Laissez-le”. Après que l'homme eut uriné, le Messager d'Allah ﷺ ordonna qu'un seau d'eau soit versé sur son urine ». Cette tradition indique, par son sens apparent, qu'une impureté mineure ne souille pas une petite quantité d'eau, car il est évident que cet endroit fut purifié avec un seau d'eau. Il y a aussi la tradition d'Abu Sa'id al-Khudri, rapportée par Abu Dawud. Il dit : « J'ai entendu le Messager d'Allah ﷺ être interrogé sur la question de savoir si l'eau du puits de Buda'a pouvait être utilisée, alors que c'était un puits dans lequel on jetait de la chair de chien, des linges menstruels et des immondices. Le Prophète ﷺ dit : “Rien ne souille l'eau” ».
1.1.3.2. Question 2 : L'eau mêlée de safran et les choses propres
1.1.3.2. Issue 2: Water mixed with saffron and clean things
L'eau dans laquelle sont mêlés du safran ou d'autres choses dont l'eau est souvent exempte, altérant l'une de ses qualités, est pure selon tous les juristes, mais perd son pouvoir de purification selon Mâlik et al-Shâfi'î. Elle purifie selon Abû Hanîfa tant que le changement (des qualités) n'a pas été obtenu par chauffage. La raison du désaccord découle de la compréhension du terme absolu « eau », tel qu'appliqué à une telle eau mélangée. Ceux qui ont soutenu que l'eau ainsi mélangée n'est pas couverte par le terme non qualifié d'eau, mais est décrite par les choses ajoutées, comme « l'eau de telle ou telle chose », n'ont pas permis de faire les ablutions avec elle, car les ablutions doivent être accomplies avec de l'eau non altérée. Ceux qui ont dit que le terme eau s'applique encore à l'eau ainsi mélangée ont permis de faire les ablutions avec elle. Pour l'inapplicabilité évidente du terme à l'eau chauffée avec une chose non souillée, ils n'ont pas permis de faire les ablutions avec elle ; de même, ils ne l'ont pas permis dans le cas de l'eau extraite de végétaux, à l'exception de ce qui est rapporté dans le livre d'Ibn Shahân au sujet de la permission d'utiliser l'eau de rose pour le lavage du vendredi (jumu'a). La vérité est que le jugement dépend des quantités des additifs. Avec un mélange excessif, l'eau peut atteindre un état où le terme absolu d'eau ne s'applique plus à elle et acquiert un terme qualificatif, comme l'expression « eau de bain » ; ou bien elle peut ne pas atteindre un tel état, surtout lorsque seule l'odeur a été altérée. C'est pour cette raison que certains juristes n'ont pas pris l'odeur en compte pour interdire l'eau mélangée. Il est rapporté que le Prophète ﷺ a dit à Umm 'Atiyya, lorsqu'elle s'apprêtait à laver sa fille (défunte) : « Lave-la avec de l'eau et du sidr (jujubier), et dans le dernier lavage ajoute un peu de camphre ». Ceci est une eau mélangée, mais le mélange n'a pas atteint un état où il annulerait le terme absolu d'eau. Malik, fondant son jugement sur l'intensité du mélange, établissait une distinction entre les mélanges faibles et les mélanges forts. Il permettait les mélanges faibles, même lorsque les attributs de l'eau étaient altérés, mais ne le permettait pas pour les mélanges forts.
Water in which saffron or other things of which water is often free, are mixed, altering one of its attributes, is pure according to all the jurists, but loses its power to purify according to Malik and al-ShafiT It purifies according to Abu HanTfa as long as the change (in attributes) is not achieved through heating. The reason for disagreement stems from the understanding of the absolute term “water” as applied to such mixed water. Those who held that water so mixed is not covered by the unqualified term water, but is described by the things added, such as “the water of such and such thing”, did not allow ablution with it, as ablution is to be performed with unadulterated water. Those who said that the term water still applies to water so mixed, allowed ablution with it. For the obvious inapplicability of the term to water heated with a non-polluted thing, they did not permit ablution with it; similarly, they did not permit it in the case of water extracted from vegetation, except for what is recorded in the book of Ibn Shahan about the permissibility of using rose-water in the jumu'a washing. The truth is that the verdict depends upon the quantities of the additives. With excessive mixing, the water may reach a state where the absolute term for water will not apply t0 it and will acquire a qualifying term, like the term bath water; or it may not reach such a state, especially when it is only the smell that has been altered. It is for this reason that some jurists did not take smell into account when prohibiting mixed water. The Prophet (God’s peace and blessings be upon him) is reported to have said to Umm cAtiyya, when she was about to bathe his (dead) daughter, “Bathe her with water and sidr (lotus), and in the last course of washing add some camphor”. This is mixed water, but the mixture did not reach a state where it would negate the absolute term for water. Malik, basing his judgment on the intensity of the mixture, made a distinction between weak and strong mixtures. He permitted weak mixtures, even when the attributes of the water were altered, but did not permit it in strong ones.
1.1.3.3. Problème 3 : L'eau déjà utilisée pour la purification
1.1.3.3. Issue 3: Water already used for purification
Les juristes ont divergé au sujet de l'eau (déjà) utilisée pour la purification et ont retenu trois avis. Un groupe de juristes n'a pas permis de l'utiliser pour la purification en aucune circonstance, avis qui est celui d'al-Shafi'i et d'Abu Hanifa. Un autre groupe l'a jugée réprouvée, mais n'a pas permis le tayammum lorsqu'elle était disponible, avis de Malik et de ses disciples. Un groupe de juristes n'a trouvé aucune différence entre cette eau et l'eau au sens absolu, avis d'Abu Thawr, de Dawud et de ses disciples. Abu Yusuf s'est écarté de tout cela et a déclaré qu'elle est impure.
The jurists disagreed about water (already) used for purification and held three opinions. A group of jurists did not permit its use in purification under any circumstances, which is the opinion of al-ShaficT and Abu HanTfa. Another group considered it undesirable, but did not permit tayammum when it existed, which is the view of Malik and his disciples. A group of jurists did not find any difference between this water and water in its absolute meaning, which was the opinion of Abu Thawr, Dawud, and his disciples. Abu Yusuf deviated from all this and said that it is impure.
La raison de ce désaccord tient aussi à la question de savoir si ce liquide est compris dans le terme général d'eau ; certains sont allés jusqu'à dire que l'expression « eau de bain » lui convient mieux que le terme « eau ». Les Compagnons du Prophète ﷺ se disputaient le surplus restant de l'ablution du Prophète ﷺ, et il est évident que quelques gouttes de l'eau utilisée tombaient dans le récipient qui contenait ce surplus.
The reason for disagreement here also arises from the question of whether it is included in the unqualified term for water; some went as far as saying that the term bath-water is more appropriate for it than the term water. The Companions of the Prophet (God’s peace and blessings be upon him) used to compete for the excess left over from the ablution of the Prophet, and it is obvious that some drops of the water used would fall into the utensil that contained the surplus.
Dans l'ensemble, c'est de l'eau absolue, et elle ne perd pas ses qualités par la saleté des membres qu'on lave avec elle ; mais si elle est souillée, alors son statut légal (Hukm) est le même que celui de l'eau dont l'une des qualités a changé par une chose pure, bien qu'il s'agisse d'une chose repoussante par nature ; c'est ce qu'ont pris en considération ceux qui la jugeaient réprouvée. Quant à celui qui la jugeait impure, il n'existe aucune preuve à l'appui de son avis.
On the whole, it is absolute water and does not end up with changed attributes through the dirt of the limbs that are washed with it, but if it is sullied, then its hukm is the same as that of water one of whose attributes has changed with something pure, though it is something repelling by nature; this is what was taken into account by those who considered it abominable. As for one who considered it filthy, there is no evidence to support him.
1.l.3.4. Question 4 : L'eau laissée par les musulmans et les animaux
1.l.3.4. Issue 4: Water left over by Muslims and animals
Les juristes se sont accordés sur la pureté des restes des musulmans et du bétail, mais ils ont largement divergé sur d'autres catégories. Certains ont estimé que le reste de tout animal est pur, tandis que d'autres ont fait une exception pour le seul porc. Ces deux avis sont rapportés d'Ibn Anas (Malik). Certains juristes ont fait une exception pour le porc et le chien, qui est l'avis d'al-Shafi'i. D'autres ont exclu généralement les bêtes de proie, qui est l'avis d'Ibn al-Qasim. D'autres ont soutenu que les restes des animaux sont subordonnés au statut légal (Hukm) de leur chair : si la chair est interdite, le reste est impur ; si la chair est détestable, le reste est détestable aussi ; mais si la chair est permise, le reste est pur. Quant au reste d'un idolâtre, il est dit qu'il est impur, tandis qu'il est dit qu'il n'est détestable que s'il boit du khamr (vin), qui est l'avis d'Ibn al-Qasim. Il en va de même pour tous les animaux qui ne recherchent pas habituellement les souillures, comme les poules sauvages, les chameaux et les chiens qui consomment des impuretés.
The jurists agreed about the purity of the leftovers of Muslims and cattle, but J he? disagreed extensively about other categories. Some believed that the e ^°ver of every animal is pure, while others made an exception in the case of SWlne alone. These two views are related from Malik. Some jurists made an excePtion in the case of swine and dogs, which is al-Shafi Fs opinion. Some c ai deluded the beasts of prey generally, which is Ibn al-Qasim’s opinion. Others Jp ntained that leftovers of animals are subservient to the hukm of (their) flesh; I hc A sh is prohibited the leftover is impure, if the flesh is abominable the e over is abominable too, but if the flesh is permissible the leftover is pure. t0 the leftover of an idolater, it is said that it is impure, while it is said that it is abominable only if he drinks khamr (wine), which is Ibn al-Qasinf. opinion. The same is the case for him of all animals that do not normally avok filth, like filth-consuming wild hens, camels, and dogs.
Leur désaccord repose sur trois points. Le premier est la contradiction de l'analogie (qiyās) avec le sens apparent du Livre. Le deuxième est sa contradiction avec le sens littéral des traditions (ḥadīth). Le troisième est la contradiction des traditions entre elles.
Their disagreement is based on three points. First is the conflict of analog) with the obvious meaning of the Book. Second is its conflict with the literal meaning of the traditions. The third is the conflict of the traditions among themselves.
Le fait que la mort survenue sans abattage soit juridiquement la cause de l'impureté de la carcasse de l'animal fournit le fondement de l'analogie selon laquelle la vie doit être le fondement de la pureté du corps de l'animal. Si tel est le cas, alors tout être vivant est pur, et tout ce qui est pur, son reste doit aussi être pur. Le sens apparent du Livre s'oppose à cette analogie dans le cas du porc et des polythéistes, car Allah, le Très-Haut, a dit au sujet du porc : « car c'est une abomination »47, et ce qui est immonde par sa nature est aussi impur. Ainsi, un groupe de juristes ont exclu uniquement le porc de tous les animaux vivants, tandis que ceux qui ne l'excluent pas interprètent le verset comme impliquant une abrogation à son égard. Quant aux polythéistes, les paroles du Très-Haut sont : « Ô vous qui croyez ! Les associateurs ne sont qu'impureté. Qu'ils ne s'approchent donc pas de la Mosquée sacrée après cette année-ci »48. Ceux qui ont interprété ceci aussi dans son sens littéral ont exclu les associateurs de la portée de l'analogie, tandis que ceux qui ont considéré cela comme une simple abrogation à leur égard ont réimposé l'exigence de l'analogie.
1.1.3.5. Problème 5 : Restes de l'eau de purification rituelle
1.1.3.5. Issue 5: Leftovers from ritual purification
Les juristes ont divergé sur les restes de l'eau de purification, selon cinq avis. Un groupe a soutenu que les restes de l'eau de purification sont purs absolument (et purifiants). Tel est l'avis de Malik, al-Shafi'i et Abu Hanifa. Un autre groupe a dit qu'il n'est pas permis à un homme de se purifier avec le reste de la femme, mais qu'il est permis à une femme de se purifier avec le reste de l'homme. Un troisième groupe a dit qu'il est permis à un homme de se purifier avec le reste de la femme tant qu'elle n'est pas souillée sexuellement ni en état de menstrues. Le quatrième groupe a soutenu qu'il n'est permis à aucun des deux d'entreprendre la purification avec l'eau excédentaire de l'autre, à moins qu'ils n'aient commencé à l'utiliser en même temps. Un autre groupe a dit que cela n'est pas permis même s'ils ont commencé en même temps, et tel est l'avis d'Ahmad ibn Hanbal.
The jurists disagreed about the leftovers from purification expressing five °Pmions. One group held that the leftovers of purification are clean absolutely (and purifying). This is the opinion of Malik, al-Shafi T, and Abu HanTfa. c Another group said that it is not permitted for a man to purify himself with leftover of a woman, but it is permitted for a woman to purify herself with the leftover of a man. A third group said that it is permitted for a man to Purify himself with the leftover of a woman as long as she is not sexually ^efiled or menstruating. The fourth group maintained that it is not permitted Or either one of them to undertake purification with the surplus water of the ot her, unless they started using it at the same time. Another group said that it not permitted even if they commenced at the same time, which is Ahmad 1 n Hanbal’s opinion.
La raison du désaccord repose sur les divergences entre les traditions pertinentes. Il existe quatre traditions à ce sujet. Premièrement, la tradition selon laquelle le Prophète ﷺ se purifiait de ses impuretés rituelles majeures avec ses épouses en utilisant le même récipient. Deuxièmement, la tradition de Maymuna selon laquelle il se lavait avec le surplus laissé par son épouse. Troisièmement, la tradition d'al-Hakam al-Ghifari selon laquelle le Prophète ﷺ interdisait à un homme de faire ses ablutions avec le surplus laissé par une femme ; elle est rapportée par Abu Dawud et al-Tirmidhi. Quatrièmement, la tradition de 'Abd Allah ibn Sarjas, qui a dit : « Le Messager d'Allah ﷺ a interdit qu'un homme se lave avec le surplus laissé par une femme, ou qu'une femme se lave avec le surplus laissé par un homme, à moins qu'ils ne commencent en même temps ». Les juristes ont adopté deux méthodes pour l'interprétation de ces traditions : une méthode de préférence, et une méthode consistant à concilier certaines traditions et à en privilégier d'autres.
The reason for disagreement is based upon the differences in the relevant traditions. There are four related traditions about this. First, the tradition that the Prophet (God’s peace and blessings be upon him) used to wash away major ritual impurities along with his wives using the same utensil. Second, the tradition of Maymuna that he washed with the surplus left by his wife. Third, the tradition of al-Hakam al-Ghifari that the Prophet (God’s peace and blessings be upon him) prohibited the ablution by a man with the surplus left by a woman; this is recorded by Abu Dawud and al-TirmidhT. Fourth is the tradition of cAbd Allah ibn Sarjas, who said, “The Messenger of Allah (God’s peace and blessings be upon him) prohibited that a man may wash with the surplus left by a woman, or that a woman may wash with the surplus left by a man, unless they commence at the same time”. The jurists adopted two kinds of methods for the interpretation of these traditions: a method of preference, and a method of reconciling some and' preferring others.
1.1.3.6. Question 6 : L'ablution avec le nabidh (une boisson) de dattes
1.1.3.6. Issue 6: Ablution with the nabidh (a beverage) of dates
Abu Hanifa, dans un avis contesté par ses disciples et par l'ensemble des juristes des différentes régions, permettait l'ablution avec le nabidh de dattes pendant un voyage, en se fondant sur le hadith d'Ibn 'Abbas, qui dit : « Ibn Mas'ud sortit avec le Messager d'Allah ﷺ la nuit des djinns, et le Messager d'Allah ﷺ lui demanda : "As-tu de l'eau ?" Il répondit : "J'ai du nabidh dans mon récipient." Le Messager d'Allah ﷺ (que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur lui) dit : "Verse-en un peu." Il (le Prophète ﷺ) fit ses ablutions avec, en disant : "C'est une boisson et un élément purificateur." » Il cita aussi le hadith d'Abu Rafi', l'affranchi d'Ibn 'Umar, rapporté d'Ibn Mas'ud, qui est presque identique, et qui dit : Le Messager d'Allah ﷺ (que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur lui) dit : « C'est bon : un fruit et une eau purificatrice. » Ils prétendaient également que cet avis est attribué à des Compagnons comme 'Ali et Ibn 'Abbas, et qu'aucun autre Compagnon ne s'y étant opposé, il équivalait à un consensus. Les spécialistes du hadith ont toutefois rejeté ce hadith en raison de la faiblesse de la chaîne de ses rapporteurs (son isnad). En outre, des voies plus fiables rapportent qu'Ibn Mas'ud n'était pas avec le Messager d'Allah ﷺ (que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur lui) la nuit des djinns. La majorité rejeta ce hadith sur la base des paroles du Très-Haut : « Et si vous ne trouvez pas d'eau, dirigez-vous vers une terre pure et frottez-vous le visage et les mains avec elle. » Ils dirent qu'Il ne permet pas l'usage de quoi que ce soit d'autre que l'eau et la terre pure. Ils argumentèrent également par la parole du Prophète ﷺ (que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur lui) : « La terre pure constitue l'ablution du musulman, même si l'eau n'est pas trouvée pendant dix saisons ; et dès qu'il trouve de l'eau, qu'il s'en touche la peau. » Ils auraient pu dire que le terme « eau » est employé au sens absolu dans la tradition (donc, incluant le nabidh), et qu'il s'agit d'une addition qui ne constitue pas une abrogation, de sorte que le Livre ne saurait la contredire ; mais alors cela va à l'encontre de leur principe selon lequel une addition constitue une abrogation.
Abu HanTfa, in an opinion opposed by his disciples and all the jurists of the regions, permitted ablution with the nabidh of dates during a journey on the basis of the tradition of Ibn cAbbas, which says: “Ibn Mascud went out with the Messenger of Allah on the night of the jinn and the Messenger of Allah asked him, ‘Do you have any water?’ He said, ‘I have nabidh in my container’. The Messenger of Allah (God’s peace and blessings be upon him) said, ‘Pour out some’. He (the Prophet) performed ablution with it saying, Tt is a beverage and a purifying element’”. He also quoted the tradition of Abu Rafic, the client of Ibn TJmar, derived from Ibn Macud—which is almost the same—as follows: The Messenger of Allah (God’s peace and blessings be upon him) said, “It is good; fruit and purifying water”. They also claimed that this opinion is attributed to Companions like cAIi and Ibn cAbbas, and as there was no other Companion opposing them it amounted to a consensus. The traditionists, however, rejected this tradition because of the weak line of narrators (in its isndd). Furthermore, more reliable channels have related that Ibn Mas ud was not with the Messenger c of Allah (God’s peace and blessings be upon him) on the night of the jinn. The majority rejected this tradition on the basis of the words of the Exalted, “And ye find not water, then go to high clean soil and rub your faces and your hands (therewith)”.50 They said that He not permit the use of anything beside water and clean soil. They also ar gued on the basis of the words of the Prophet (God’s peace and blessings be u P°n him), “Clean soil constitutes the ablution of a Muslim, even if water is ° ot t0 ke found for ten seasons, and as soon as he finds water let him touch his , ce with it”. They (the Hanafites) could have said that the term water is used 10 the absolute sense in the tradition (thus, including nabidh), and it is an ltl °n that does not constitute abrogation so that the Book should conflict it, but then it is against their principle that an addition constitutes * br°gation.