1.4.4. Chapitre 4 : Les moyens de l'élimination
1.4.4. Chapter 4 The Means of Removal
Les juristes musulmans sont tombés d'accord pour dire que l'eau pure et purifiante élimine les impuretés de ces trois objets. Ils sont également tombés d'accord pour dire que les pierres peuvent éliminer les impuretés des deux orifices. Ils se sont en revanche divisés quant à l'élimination (des impuretés) par ce qui, parmi les liquides et les substances solides, est autre que ceux-ci. Un groupe de juristes a soutenu que tout ce qui est pur peut éliminer les impuretés, qu'il s'agisse d'un liquide ou d'un solide, et quel que soit l'objet touché. Cette position a été retenue par Abu Hanifa et ses disciples. Un autre groupe de juristes a affirmé que les impuretés ne peuvent être éliminées par des choses autres que l'eau, à l'exception des pierres, sur lesquelles il y a accord. Cette position a été retenue par Malik et al-Shafi'i.
The Muslim jurists agreed that clean purifying water removes impurities from those three objects. They also agreed that stones can remove impurities from the two outlets. They disagreed about removal (of impurities) with what is besides these from among fluids and solid substances. A group of jurists held that anything clean can remove impurities whether it is a fluid or a solid, and whatever the affected object. This was upheld by Abu HanTfa and his disciples. Another group of jurists said that impurities cannot be removed by things other than water, except for stones, which are agreed upon. This was upheld by Malik and al-Shafi T.
Ils étaient aussi en désaccord sur l'élimination des impuretés à l'aide d'os et de crottin dans le cas de l'istinja'. Un groupe de juristes l'interdisait, mais autorisait leur usage avec d'autres choses capables de nettoyer, bien que Malik en exempte des choses respectables et stables comme le pain. Il en va de même pour les choses dont l'usage serait immodéré, comme l'or et les pierres précieuses. Un groupe restreignait le nettoyage aux pierres, ce qui est l'avis des Zahirites, tandis qu'un autre groupe l'autorisait avec des os, mais non avec du crottin, bien que celui-ci fût considéré par eux comme détestable. Al-Tabari s'écarta de tout cela et autorisa, pour l'istinja', l'essuyage avec toutes les choses, propres et impures. La raison de leur désaccord sur l'élimination des impuretés avec des choses autres que l'eau, et pour des objets autres que les orifices, réside dans leur divergence quant à savoir si le but de l'élimination des impuretés par l'eau est uniquement la destruction de l'essence de l'impureté, auquel cas d'autres choses détruisant cette essence seraient considérées comme équivalentes à l'eau, ou si l'eau possède une qualité supplémentaire absente des autres choses. Ceux pour qui aucune qualité supplémentaire n'était visible dans l'eau ont admis la validité du nettoyage avec tous les liquides et solides purs. Ce sens était appuyé par l'accord sur l'élimination des impuretés des orifices avec des choses autres que l'eau. Il est également soutenu par ce qui est rapporté dans une tradition d'Umm Salama, qui dit au Prophète ﷺ : « Je suis une femme qui porte une longue robe traînante et je marche sur des endroits souillés. » Le Messager d'Allah ﷺ lui répondit : « Elle (l'impureté) est purifiée par ce qui vient après. » En outre, il existe des traditions relatant des cas semblables, rapportées par Abu Dawud, comme la parole du Prophète ﷺ : « Si l'un de vous marche sur une souillure avec ses sandales, la poussière est leur purificateur », ainsi que d'autres rapports semblables.
c They also disagreed about the removal of impurities with bones and dung in the case of istinja\ A group of jurists prohibited this, but permitted their use Wlt h other things that can clean, though Malik exempted from these esteemed stable things like bread. The same is said about things the use of which would immoderate like gold and gems. One group restricted cleaning to stones ° % which is the opinion of the Zahirites, while another group permitted it n ^th bones, but not dung, though this was considered abominable by them. Al- jg . barT deviated from all this and permitted in istinja* wiping with all things a H c|ean and unclean The reason for their disagreement about the removal of impurities with things other than water and for objects other than the outlets is their dispute as to whether the purpose of removing impurities with water is only the destruction of the essence of the impurity, in which case other things destroying the essence would be deemed equivalent to water, or whether water has an additional attribute not found in other things. Those to whom no additional attribute was visible in water, upheld the validity of cleaning with all clean fluids and solids. This meaning was supported by the agreement over the removal of impurities from the outlets with things other than water. It is also supported by what is laid down in a tradition from Umm Salama who said to the Prophet (God’s peace and blessings be upon him), “I am a woman having a long trailing dress and I walk over filthy spots”. The Messenger of Allah (God’s peace and blessings be upon him) said to her (Umm Salama), “It (the impurity) is cleansed by what follows”. In addition to this, there are traditions about similar cases recorded by Abu Dawud, like the words of the Prophet (God’s peace and blessings be upon him), “If one of you walks over filth in his sandals, the dust is their purifier”, as well as other similar reports.
Ceux qui ont perçu un attribut supplémentaire dans l'eau ont interdit un tel nettoyage, sauf dans le cas excepté, celui des orifices (avec des pierres). Lorsque les Hanafites demandèrent aux Chafiites une explication de cet attribut supplémentaire de l'eau, ces derniers eurent recours à l'argument selon lequel il s'agit d'un acte d'adoration, car ils n'étaient pas en mesure de fournir une raison rationnelle à cela. Ils concédèrent même que l'eau n'élimine pas l'impureté d'une manière rationnellement satisfaisante, et que l'élimination se voit attribuer une reconnaissance légale. Il y eut de longs débats et polémiques entre eux sur la question de savoir si l'élimination de l'impureté par l'eau est un acte d'adoration ou si elle a une cause rationnelle découlant d'un précédent. Les Chafiites furent contraints d'établir une vertu légale (particulière) pour l'eau, qui ne se retrouve pas dans les autres choses, dans la satisfaction des ahkâm de l'impureté, bien qu'elle leur soit semblable quant à l'élimination effective de la substance (des souillures).
Those who perceived an additional attribute in water, prohibited such cleaning except for the exempted case, which is that of the outlets (with stones). When the Hanafites demanded from the Shaficites an explanation of such an additional attribute for water, the latter resorted to the argument that it is an act of worship, for they were not able to provide a rational reason for it. They even conceded that water does not do away with impurity in a rationally satisfying way, and the removal is assigned a legal recognition. There were extended discourses and polemics between them over the question of whether the removal of impurity with water is an act of worship or has a rational cause coming down as a precedent. The Shaficites were' constrained to establish a (special) legal virtue for water, which is not found in other things, in meeting the ahkdm of uncleanliness, though it is similar to other things in the (actual) removal of the substance (of pollutions).
Le but (que les Shafi'ites ont ajouté) est de satisfaire aux exigences du statut légal (hukm) qui distingue l'eau comme efficace pour éliminer la substance des impuretés, car il arrive que l'impureté soit déjà enlevée, mais que le statut légal subsiste. Ils ont ainsi relégué ce but, alors qu'ils avaient auparavant convenu avec les Hanafites que la purification de la souillure n'est pas une purification légale, c'est-à-dire un acte de purification rituelle (shaft), et ne nécessitait donc pas l'intention (niyya). S'ils avaient cherché à se distinguer d'eux (les Hanafites) en affirmant qu'ils percevaient dans l'eau une qualité de dissolution de l'impureté et de la souillure, et d'extraction de celles-ci des vêtements et des corps, qualité qu'on ne trouve pas dans les autres choses (raison pour laquelle les gens se fient à l'eau pour nettoyer leur corps et leurs vêtements), cela aurait été une meilleure affirmation, alors que d'autres sont loin d'être convaincantes. Il serait peut-être nécessaire de croire que la loi (jfezr4) s'est appuyée sur l'eau pour le lavage dans chaque cas à cause de cette qualité inhérente. S'ils l'avaient dit, ils auraient introduit dans le fiqh en vigueur quelque chose de cohérent avec son sens. Le juriste recourt à dire que cela (une certaine chose) est un acte d'adoration lorsque sa méthode lui impose des contraintes dans sa discussion avec son contradicteur. Réfléchis-y, car cela ressort clairement de leur traitement (des questions) dans la plupart des cas.
The purpose (the ShafWtes added) is to meet the (requirements of the) hukm that singles out water as effective in the removal of the substance of impurities, as sometimes the impurity is already removed, but the hukm subsists. They thus relegated the purpose, although they had previously agreed with the Hanafites that purification from uncleanliness is not a legal purification, that is shaft and did not therefore require intention (niyya). If they had tried to distinguish themselves from them (the Hanafites) by saying that they did perceive in water a quality of dissolving impurity and contamination and of extracting them from clothes and bodies, a quality not found in other things—for which reason people rely on water for cleansing their bodies and clothes—it would have been a better statement, while others are far from convincing. Perhaps it would be necessary to believe that the jfezr4 (law) has relied on water for washing in each instance because of this inherent quality. If they had said so, they would have introduced into the prevailing fiqh something consistent with its meaning. The jurist resorts to saying that it (a certain thing) is an act of worship when his method imposes constraints upon him in arguing with the contender. Ponder over this, for it is evident from their treatment (of issues) on most occasions.
La raison de leur désaccord concernant l'usage des excréments d'animaux (pour le nettoyage) repose sur leur différend quant au sens de l'interdiction rapportée du Prophète à ce sujet, c'est-à-dire l'interdiction formulée par le Prophète ﷺ de pratiquer l'istinja* avec des os ou des excréments. Ceux pour qui cette interdiction indiquait l'invalidité de l'acte lui-même ne le permettaient pas, tandis que ceux qui ne la considéraient pas ainsi, la souillure ayant un sens rationnel, l'interprétaient comme signifiant une abomination, mais ne considéraient pas qu'elle invalidait l'istinja# lui-même. Ceux qui ont établi une distinction entre les os et les excréments l'ont fait parce qu'ils considéraient les excréments comme impurs.
The reason for their disagreement about (the use of) animal droppings (in cleaning) is based on their dispute about the meaning of the proscription reported from the Prophet about it, that is, the prohibition by the Prophet (God’s peace and blessings be upon him) that istinja* is not to be performed with bones or dung. Those for whom the proscription indicated the invalidity of the thing itself did not permit it while those who did not view it as such, as uncleanliness has a rational meaning, interpreted this to mean abomination, but did not consider it as invalidating istinj# itself. Those who made a distinction between bones and dung, did so because they considered dung as unclean.