7.1 Un chef-d'œuvre littéraire
7.1 A Literary Masterpiece
Selon les plus hautes autorités de la langue arabe dans l'Arabie primitive, ainsi que ses plus éminents experts d'aujourd'hui, il existe un consensus sur l'unicité littéraire du Qur’an. Le professeur Martin Zammit, auteur de *A Comparative Lexical Study of Qur’anic Arabic*, déclare : « Nonobstant l'excellence littéraire de certains longs poèmes préislamiques... le Qur’an est définitivement d'un niveau à part en tant que manifestation écrite la plus éminente de la langue arabe. »407 Arthur J. Arberry (d. 1969), un érudit britannique de la littérature arabe, a écrit dans sa traduction populaire du Qur’an : « La rhétorique et le rythme du Koran sont si caractéristiques, si puissants, si hautement émouvants, que n'importe quelle version est, par nature, condamnée à n'être qu'une pauvre copie de l'éclatante splendeur de l'original. »408
According to both the highest authorities of the Arabic language in early Arabia, and its foremost experts today, there is consensus on the literary uniqueness of the Qur’an. Professor Martin Zammit, the author of A Comparative Lexical Study of Qur’anic Arabic, says, “Notwithstanding the literary excellence of some of the long pre-Islamic poems… the Qur’an is definitely on a level of its own as the most eminent written manifestation of the Arabic language.”407 Arthur J. Arberry (d. 1969), a British scholar of Arabic literature, wrote in his popular translation of the Qur’an, “The rhetoric and rhythm of the Koran are so characteristic, so powerful, so highly emotive, that any version whatsoever is bound in the nature of things to be but a poor copy of the glittering splendour of the original.”408
À l'époque du Prophète ﷺ, les Arabes étaient des gens qui accordaient à la langue une valeur presque aussi importante que la vie elle-même.⁴⁰⁹ Avant l'Islam, ils appelaient de manière dérogatoire les non-Arabes ʿajam (littéralement : silencieux ou sans parole), sous-entendant que les autres n'étaient pas tout aussi vivants, ou qu'ils étaient déficients, puisqu'ils ne pouvaient s'exprimer avec la même lucidité et la même émotion. Pour illustrer davantage cette croyance selon laquelle « la langue égale la vie », le poète du onzième siècle Ibn Rashīq (mort en 999) dit : Chaque fois qu'un poète émergeait dans une tribu arabe, les autres tribus venaient pour le féliciter, des festins étaient préparés, les femmes jouaient du luth comme lors des mariages, et les hommes, vieux et jeunes, se réjouissaient tous de la bonne nouvelle — car cela était un bouclier pour leur honneur, une défense de leurs lignées et une immortalisation de leurs triomphes. Les Arabes ne se félicitaient les uns les autres que lors de la naissance d'un enfant et lorsqu'un poète s'élevait parmi eux.410
During the Prophet’s صلى الله عليه وسلم time, Arabs were people who valued language almost as much as life itself.409 Before Islam, they would derogatorily call non-Arabs ʿajam (literally: silent or speechless), implying that others were not equally alive, or were deficient, since they could not articulate with the same lucidity and emotiveness. To further illustrate this belief that “language equals life,” the eleventh-century poet Ibn Rashīq (d. 999) says, Whenever a poet emerged in an Arab tribe, other tribes would come to congratulate, feasts would be prepared, the women would play lutes as they do at weddings, and old and young men would all rejoice at the good news— for this was a shield for their honor, a defense of their lineages, and an immortalization of their triumphs. The Arabs used to congratulate each other only on the birth of a child and when a poet rose among them.410
Les motifs de telles festivités étaient compréhensibles car, comme le dit Navid Kermani, la poésie de l'arabe ancien est un phénomène hautement complexe.
Ground for such festivities were understandable, since, as Navid Kermani says, Old Arabic poetry is a highly complex phenomenon.
Le vocabulaire, les idiosyncrasies grammaticales et les normes strictes ont été transmis de génération en génération, et seuls les étudiants les plus doués maîtrisaient pleinement la langue. Une personne devait étudier pendant des années, parfois même des décennies, auprès d'un maître poète avant de pouvoir prétendre au titre de poète.411
The vocabulary, grammatical idiosyncrasies, and strict norms were passed down from generation to generation, and only the most gifted students fully mastered the language. A person had to study for years, sometimes even decades, under a master poet before laying claim to the title of poet.411
Tous les autres étaient validés par ce qu'ils conservaient en mémoire de ces odes et de ces discours qui capturaient l'histoire, la morale et la sagesse de cette civilisation désertique par ailleurs primitive.
Everyone else was validated by what they retained in memory of these odes and speeches that captured the history, morals, and wisdoms of this otherwise primitive desert civilization.
C'était le contexte historique dans lequel le Qur’an a été révélé. Il est descendu au milieu d'un peuple au sommet de l'expression rhétorique. Pratiquement du jour au lendemain, ces mêmes personnes ont fait l'expérience d'un Qur’an de Muhammad ﷺ qui était pur dans son arabe, sans précédent dans son éloquence, mais mystérieusement indépendant de la poésie ou de la prose qu'ils connaissaient et maîtrisaient. Le Dr Bassam Saeh explique, ...le caractère miraculeux du Qur’an réside dans ce paradoxe même : le paradoxe qu'il soit véritablement arabe, et qu'il soit, en même temps, une nouvelle langue. Cela pourrait paraître illogique. Cependant, la logique du miracle réside précisément dans le fait qu'il surpasse la logique.
This was the historical context within which the Qur’an was revealed. It descended amid people at the pinnacle of rhetorical expression. Virtually overnight, these same people experienced a Qur’an from Muhammad صلى الله عليه وسلم that was pure in its Arabic, unprecedented in its eloquence, but mysteriously independent of the poetry or prose they knew and had mastered. Dr Bassam Saeh explains, ...the miraculousness of the Qur’an lies in this very paradox: the paradox of its being truly Arabic, and its being, at one and the same time, a new language. This might appear to be illogical. However, the logic of miracle inheres in precisely the fact that it surpasses logic.
Un miracle qui repose sur la logique cesse d'être un miracle.412
A miracle that rests on logic ceases to be a miracle.412
Les Arabes orgueilleux ne pouvaient expliquer comment ils avaient collectivement échoué au défi coranique de produire un seul chapitre possédant des caractéristiques littéraires simplement « similaires », selon leurs propres juges biaisés, alors que son chapitre le plus court ne compte que dix mots,413 alors qu'ils étaient les maîtres de l'arabe, et que Muhammad ﷺ en a apporté plus de 6 000 versets. Mais ce n'était pas tout. Ce qui a porté le coup fatal aux opposants du Prophète ﷺ dans cette confrontation, ne laissant absolument aucune place au doute, était le fait qu'il ﷺ était, au départ, illettré. Comme Allah le dit : « Et tu ne lisais aucun livre avant cela, ni tu n'écrivais aucun livre de ta main droite. Autrement, les faussaires auraient eu [raison de] douter. »414 C'était une énigme totale, qui a finalement contraint les détracteurs du Prophète ﷺ à se rabattre sur l'accusation de sorcellerie,415 concédant involontairement qu'il y avait effectivement quelque chose de surnaturel dans ce Livre.
The prideful Arabs could not explain how they collectively failed the Qur’anic challenge to produce a single chapter with merely “similar” literary features, according to their own biased judges, when its shortest chapter is only ten words,413 when they were the masters of Arabic, and when Muhammad صلى الله عليه وسلم brought over 6,000 verses of it. But that was not all. What dealt the killer blow to the Prophet’s opponents in this standoff, leaving absolutely no room for further doubt, was the fact that he صلى الله عليه وسلم was unlettered to begin with. As Allah says, “And you did not recite before it any scripture, nor did you inscribe one with your right hand. Otherwise, the falsifiers would have had [cause for] doubt.”414 It was an utter enigma, one that ultimately forced the Prophet’s صلى الله عليه وسلم detractors to settle on the accusation of him being a magician,415 unwittingly conceding that there was indeed something supernatural about this Book.
i. Muhammad ﷺ ou Shakespeare ?
i. Muhammad or Shakespeare?
Certains critiques soutiennent que, bien que le Coran soit un chef-d'œuvre littéraire, cela ne signifie pas pour autant qu'il soit surnaturel. Ils affirment que chaque civilisation possède ses œuvres littéraires inégalées, telles que les Sonnets de Shakespeare en anglais et l'Iliade d'Homère en grec, et que le Coran ne fait pas exception. Cependant, ce point de vue ignore une multitude de différences majeures entre le Prophète Muhammad ﷺ et Shakespeare :416
Some critics argue that while the Qur’an is a literary masterpiece, this does not mean that it is supernatural. They claim that every civilization has its unequaled works of literature, such as Shakespeare’s Sonnets in English and Homer’s Iliad in Greek, and the Qur’an is no different. However, this view ignores a myriad of major differences between the Prophet Muhammad صلى الله عليه وسلم and Shakespeare:416
Contrairement au Prophète Muhammad ﷺ, Shakespeare a été instruit à la fois en grec et en latin et avait, aux côtés de ses mentors, accès à des bibliothèques de livres sur lesquels il s'est appuyé pour ses propres écrits.
Unlike the Prophet Muhammad صلى الله عليه وسلم, Shakespeare was educated in both Greek and Latin and had, alongside his mentors, access to libraries of books that he built on for his own writings.
1. Shakespeare gagnait sa vie en tant que dramaturge professionnel et continuait de perfectionner son art à chaque production dramatique, tandis qu'il n'a jamais été rapporté que le Prophète ﷺ ait prononcé un seul distique complet de poésie de toute sa vie,417 et il ne lui était pas non plus possible de rétracter un quelconque mot du Coran pour en contrôler la qualité une fois qu'il avait été prononcé devant ses vastes auditoires musulmans et non musulmans.
1. Shakespeare earned a living as a professional playwright and continued refining his craft with each dramatic production, while the Prophet صلى الله عليه وسلم was never reported to utter a single full couplet of poetry in his entire life,417 nor was it possible for him to retract any word of the Qur’an for quality control once it was spoken to his vast Muslim and non-Muslim audiences.
2. Les sonnets étaient connus et produits pendant des siècles avant Shakespeare, tandis que le Coran possédait une structure compositionnelle unique qui différait de tout modèle d'écriture ou de parole utilisé par les grands poètes de l'Arabie.418
2. Sonnets were known and produced for centuries before Shakespeare, while the Qur’an had a unique compositional structure that differed from every pattern of writing or speech used by Arabia’s master poets.418
407 Martin R. Zammit, A Comparative Lexical Study of Qur’anic Arabic (Boston:
407 Martin R. Zammit, A Comparative Lexical Study of Qur’anic Arabic (Boston:
Brill, 2002), 37.
Brill, 2002), 37.
408 Arthur J. Arberry, The Koran Interpreted: A Translation (Simon and Schuster, 1996), 24.
408 Arthur J. Arberry, The Koran Interpreted: A Translation (Simon and Schuster, 1996), 24.
409 Ibn Khaldūn & Franz Rosenthal (trans.), The Muqaddimah (Princeton: Princeton University Press, 1967), chap. 6, sec. 58.
409 Ibn Khaldūn & Franz Rosenthal (trans.), The Muqaddimah (Princeton: Princeton University Press, 1967), chap. 6, sec. 58.
410 Ibn Rashīq al-Qayrawānī, Al-‘Umdah fī Maḥāsin al-Shiʿr wa-Ādābih (Beirut:
410 Ibn Rashīq al-Qayrawānī, Al-‘Umdah fī Maḥāsin al-Shiʿr wa-Ādābih (Beirut:
Dār al-Jīl, 1981), 1:65.
Dār al-Jīl, 1981), 1:65.
411 Navid Kermani, « Poetry and Language » dans The Blackwell Companion to the Qur’an, édité par Andrew Rippin (Hoboken: Wiley-Blackwell, 2009), 108.
411 Navid Kermani, “Poetry and Language” in The Blackwell Companion to the Qur’an, edited by Andrew Rippin (Hoboken: Wiley-Blackwell, 2009), 108.
412 Bassam Saeh, The Miraculous Language of the Qur’an: Evidence of Divine Origin (Virginia: IIIT, 2015), 21.
412 Bassam Saeh, The Miraculous Language of the Qur’an: Evidence of Divine Origin (Virginia: IIIT, 2015), 21.
413 Le Qur’an 108:1-3.
413 The Qur’an 108:1-3.
414 Le Qur’an 29:48, Traduction Saheeh International.