6.5 La cause juridique (Illah) issue du texte ou de la raison ?
6.5 „Illah from the Text or the Mind?
Bien que certains savants, comme ceux de l'école Hanafi, acceptent des cause juridique (‘Illah) rationnelles, la position la plus forte est que la cause juridique (‘Illah) doit provenir du texte. Cela est dû au fait que l'esprit n'est pas capable de déterminer les raisons des règles à moins qu'elles n'aient été révélées par Allah (SWT). La cause juridique (‘Illah) est la preuve (Daleel) qui a permis l'extension de la règle à une nouvelle question. Pour que cette règle soit un Hukm Shar‘i, c'est-à-dire un statut légal (Hukm) valide de la Charia, elle doit être tirée de la parole (Khitaab) du Législateur, puisque la définition du Hukm Shar‘i est la parole du Législateur se rapportant aux actions de l'homme. Toute règle qui ne provient pas de la parole du Législateur est rejetée car elle n'est pas une révélation (Wahiy) et nous avons pour ordre de ne suivre que la Wahiy dans nos actions. Étendre la règle sans une cause juridique (‘Illah) textuelle reviendrait à étendre l'interdiction de l'alcool au vinaigre simplement parce que le vinaigre provient de l'alcool. L'alcool est une réalité et le vinaigre en est une autre. On ne peut pas étendre arbitrairement le statut légal (Hukm) sans que le texte n'autorise une telle extension. Si le texte l'autorise par le biais d'une cause juridique (‘Illah), alors il s'agit d'un Hukm Shar‘i valide ; sinon, il s'agit d'un jugement rationnel qui n'a aucune valeur dans la Charia.
Although some scholars like those from the Hanafi school accept rationale „Illah‟s, the strongest position is that the „Illah must be from the text. This is because the mind is not capable to determining the reasons for the rules unless they have been revealed by Allah (swt). The „Illah is the daleel which allowed the extension of the rule to a new matter. For this rule to be a Hukm Shar‟i i.e. a valid ruling of the Shar‟iah, it must be taken from the speech (Khitaab) of the Legislator since the definition of Hukm Shar‟i is the speech of the Legislator relating to man‟s actions. Any rule which is not from the speech of the legislator is rejected because it is not revelation (Wahiy) and we are ordered only to follow the Wahiy in our actions. To extend the rule without a textual „Illah would be like extending the prohibition of alcohol to vinegar just because vinegar originates from alcohol. Alcohol is one reality and vinegar is another. One cannot arbitrarily extend the Hukm without the text allowing such an extension. If the text allows it through an „Illah, then this is a valid Hukm Shar‟i, if not then it is a rational judgment which has no value in the Shar‟iah.
Ceci est nonobstant le fait que l'homme est incapable de porter un jugement sur ce qu'il ne peut percevoir. Si le Créateur ne nous avait pas fourni la cause juridique (‘Illah) de la législation de la règle, alors comment l'homme pourrait-il la juger ? Ainsi, non seulement la cause juridique (‘Illah) rationnelle est rejetée du point de vue du statut légal (Hukm) shar‘i, mais il est pratiquement impossible pour l'homme de porter un tel jugement en premier lieu.
This is notwithstanding the fact that man is unable to give judgment on that which he cannot sense. If the Creator did not provide us the reason („Illah) for the legislation of the rule then how can man judge it. Thus, not only is the rational „Illah rejected from the viewpoint of Hukm shar‟i but it is practically impossible for man to give such a judgment in the first place.
De plus, le fait que l'esprit ne puisse pas établir d'analogie sans une cause juridique (Illah) shar'iyya est opportunement démontré par la réalité même des règles de la Shari'ah. Par exemple, nous constatons que des réalités similaires se voient attribuer des Ahkam différentes, tandis que des réalités différentes se voient attribuer le même statut légal (Hukm). L'esprit peut normalement établir une analogie entre des choses similaires, mais le texte contredit ce principe : ainsi, en l'absence d'eau, de toutes les choses, la poussière est suffisante pour faire les ablutions (Wudu) bien qu'il s'agisse de deux choses différentes. Selon les règles de la Shari'ah, si un bébé de sexe féminin urine sur des vêtements, alors les vêtements doivent être lavés, mais si un bébé de sexe masculin fait la même chose, il suffit alors d'en asperger un peu d'eau. Ainsi, la similitude ne signifie pas le même statut légal (Hukm), tout comme la dissemblance ne signifie pas un statut légal (Hukm) différent. Dès lors, comment l'esprit peut-il établir une analogie en vue de nouveaux Ahkam alors que même les Ahkam existants ne peuvent être rationalisés sans une cause juridique (Illah) shar'iyya ?
Furthermore, the fact that the mind cannot make analogy without a Shar‟i „Illah is aptly demonstrated by the reality of the Shari‟ah rules themselves. For example, we find similar realities are given different Ahkam while different realities are given the same Hukm. The mind can normally make analogy between similar things but the text contradicts this principle: So in the absence of water, of all things dust are sufficient to make Wudhu even though they are two different things. According to the Shari‟ah rules if a baby girl urinates on clothes then the clothes must be washed but if a baby boy does the same then it is sufficient just to sprinkle some water on it. Thus, similarity does not mean the same Hukm just as dissimilarity does not mean a different Hukm. So how can the mind make analogy for the sake of new Ahkam when even the existing Ahkam cannot be rationalised without a Shar‟i „Illah?