1.4 Les noms Piliste et Philistie dans les sources assyriennes
1.4 The Names Piliste And Philistia In Assyrian Sources
Dans sept inscriptions connues sur tablettes d'argile et en cunéiforme assyriennes, datant de différentes périodes, les Assyriens désignaient la région liée à la Palestine moderne sous les noms de « Palashtu », « Palastu » ou « Pilistu », et appelaient les habitants de cette région des Palestiniens : « pa-la-as-ta-a-a ». Cela commence avec le roi d'Assyrie Adad-Nirari III (de 811 av. J.-C. à 783 av. J.-C.) dans les « inscriptions de Nimrud » vers 800 av. J.-C., et se poursuit jusqu'à Assarhaddon (qui régna de 681 à 669 av. J.-C.).
In seven known Assyrian clay tablet and Cuneiform inscriptions from different periods the Assyrians called the region connected with modern Palestine ‘Palashtu’, ‘Palastu’ or ‘Pilistu’, and called the people who lived in this region Palestinians: ‘pa-la-as-ta-a-a’, beginning with the King of Assyria Adad-Nirari III (from 811 BC to 783 BC) in the ‘Nimrud inscriptions’ in 800 BC through to Esarhaddon (who reigned 681 to 669 BC)
plus d'un siècle plus tard (Room 2006 : 285 ; voir aussi Smith, G. 1875 : 115). Les inscriptions de Nimrud ont été découvertes en 1854 par William Loftus lors de ses fouilles à Nimrud, une grande cité assyrienne antique connue à l'origine sous le nom de Kalhu. Située à 30 kilomètres au sud de la ville irakienne de Mossoul, Nimrud fut une cité assyrienne stratégique entre environ 1250 av. J.-C. et 610 av. J.-C. Ce sont l'une des inscriptions d'Adad-Nirari III les mieux étudiées, car elles comprennent une description des premières campagnes assyriennes en Palestine et en Syrie. Le texte de la stèle de Saba'a, l'inscription du règne d'Asas-nirari III, a été traduit par Daniel Luckenbill (1881‒1927), assyriologue américain et professeur à l'université de Chicago, de la manière suivante :
more than a century later (Room 2006: 285; also Smith, G. 1875: 115). The Nimrud inscriptions were discovered in 1854 by William Loftus in his excavations at Nimrud, a major ancient Assyrian city originally known as Kalhu. Located 30 kilometres south of the Iraqi city of Mosul, Nimrud was a strategic Assyrian city between approximately 1250 BC and 610 BC. They are among the best studied of the inscriptions of Adad-Nirari III, since they include a description of early Assyrian campaigns in Palestine and Syria. The text of the Saba’a Stele, the inscription of the reign of Asas-nirari III, was translated by Daniel Luckenbill (1881‒1927), an American Assyriologist and Professor at the University of Chicago, as:
Dans la cinquième année [de mon règne officiel], je me suis assis solennellement sur mon trône royal et j'ai appelé le pays [à la guerre]. J'ai ordonné à la nombreuse armée d'Assyrie de marcher contre la Philistie [Pa-la-áš-tu].
In the fifth year [of my official rule] I sat down solemnly on my royal throne and called up the country [for war]. I ordered the numerous army of Assyria to march against Philistia [Pa-la-áš-tu].
J'ai traversé l'Euphrate en crue. Quant aux nombreux rois hostiles qui s'étaient révoltés au temps de mon père Shamshi-Adad, avaient refusé leurs tributs réguliers [ou] les avaient accablés, [et] sur l'ordre d'Asur, Sin, Shamash, Adad et Ishtar, ma confiance [en] les dieux ... j'ai reçu tous les tributs … qu'ils apportèrent à l'Assyrie.
I crossed the Euphrates at its flood. As to the numerous hostile kings who had rebelled in the time of my father Shamshi-Adad and had wi[thheld] their regular [tributes], or overwhelmed them [and] upon the command of Asur, Sin, Shamash, Adad (and) Ishtar, my trust [in] gods ... I received all the tributes … which they brought to Assyria.
J'ai ordonné [de marcher] contre le pays de Damas [Ša-imērišu].
I ordered [to march] against the country Damascus [Ša-imērišu].
(Luckenbill 1926 : 260‒261)
(Luckenbill 1926: 260‒261)
L'inscription se poursuit :
The inscription goes on:
J'ai soumis [le territoire s'étendant] depuis la rive de l'Euphrate, le pays de Hatti, le pays d'Amurru dans sa totalité, le pays de Tyr, le pays de Sidon, le pays d'Humri, le pays d'Édom, le pays de Palastu, jusqu'à la grande mer du soleil couchant. Je leur ai imposé un tribut (et)
I subdued [the territory stretching] from the bank of the Euphrates, the land of Hatti, the land of Amurru in its entirety, the land of Tyre, the land of Sidon, the land of Humri, the land of Edom, the land of Palastu, as far as the great sea of the setting sun. I imposed tax (and)
tribute sur eux. (Grayson 1996 : 212 ; voir aussi Luckenbill 1926 ; Smith, G. 1875 : 115)
tribute upon them. (Grayson 1996: 212; see also Luckenbill 1926; Smith, G. 1875: 115)
Les Palestiniens sont également mentionnés dans les lettres de Nimrud, qui contiennent des textes cunéiformes de correspondance royale des règnes de Tiglath-Pileser III et de Sargon II d'Assyrie. Cette correspondance comprend la lettre de Qurdi-Ashur-lamur à Tiglath-Pileser III, datée d'environ 735 av. J.-C. :
The Palestinians are also mentioned in the Nimrud Letters, which contain Cuneiform texts of royal correspondence from the reigns of Tiglath-pileser III and Sargon II of Assyria. The correspondence includes the letter of Qurdi-Ashur-lamur to Tiglath-Pileser III, dated c. 735 BC:
Concernant le souverain de Tyr, au sujet duquel le roi a dit : « Parle-lui avec bienveillance », tous les quais sont à sa disposition. Ses sujets entrent et sortent des entrepôts à leur guise, et commercent. La chaîne du Liban lui est accessible ; ils montent et descendent à leur guise et font descendre le bois de charpente. Sur le bois de charpente qu'ils font descendre, j'impose un impôt. J'ai désigné des inspecteurs des taxes pour les douanes de toute la chaîne du Liban, et ceux-ci surveillent le port. J'ai désigné un inspecteur des taxes pour ceux qui descendaient vers les maisons de douane qui se trouvent à Sidon, mais les Sidoniens l'ont chassé. Là-dessus, j'ai envoyé le contingent des Itu'a dans la chaîne du Liban. Ils ont terrorisé la population, de sorte que, par la suite, ils ont envoyé un message, ramené l'inspecteur des taxes et l'ont conduit à Sidon. Je leur ai parlé en ces termes :
Concerning the ruler of Tyre, about whom the king said: ‘Talk nicely to him’, all the wharves are at their disposal. His subjects enter and leave the warehouses at will, and trade. The Lebanon range is accessible to him; they go up and down at will and bring lumber down. On the lumber they bring down I impose a tax. I have appointed tax inspectors over the customs [houses] of the entire Lebanon range, [and] they keep the watch on the harbour. I appointed a tax inspector [for those who[ were going down into the custom houses which are in Sidon, [but] the Sidonians chased him away. Thereupon I sent the Itu’a contingent into the Lebanon range. They terrified the people, [so that] afterwards they sent a message and fetched the tax inspector [and] brought [him] into Sidon. I spoke to them in these terms:
« Descendez du bois, travaillez-le, mais ne le livrez pas aux Égyptiens ou aux Palestiniens [pa-la-as-ta-a-a], sinon je ne vous laisserai pas monter aux montagnes ». (Cité dans Saggs 2001 : 155‒157)
‘Bring down lumber, do your work on it, [but] do not deliver it to the Egyptians or Palestinians [pa-la-as-ta-a-a] or I shall not let you go up to the mountains’. (Cited in Saggs 2001: 155‒157)
Quatre décennies plus tard, les annales de Sennachérib, une chronique des travaux d'embellissement de la capitale assyrienne vers 694 av. J.-C., mentionnent les Palestiniens.
Four decades later, the annals of the Sennacherib, a record of improvements in the Assyrian capital in c. 694 BC, mention the Palestinians.
Les annales mentionnent « les gens de Kue et de Hilakku, de Pilisti et de Tyr » (« Ku-e u Hi-lak-ku Pi-lis-tu u Sur-ri ») (Luckenbill 1924 : 104), tandis qu'un autre document assyrien, le traité d'Assarhaddon de 675 av. J.-C., situe du-u'-ri (Dor ou Tantur) « dans le district de pi-lis-te » (Pilistu ou Peleset).
The annals speak of the ‘the people of Kue and Hilakku, Pilisti and Tyre’ (‘Ku-e u Hi-lak-ku Pi-lis-tu u Sur-ri’) (Luckenbill 1924: 104), while another Assyrian record of his successor, the treaty of Esarhaddon, in 675 BC identifies du-u’-ri (Dor or Tantur) ‘in the district of pi-lis-te’7 (Pilistu or Peleset).
Une inscription assyrienne antérieure, le Prisme A de Sargon II, daté d'environ 717 av. J.-C., qui décrit les campagnes de Sargon II, évoque l'intégration de la région de Pilistu dans l'Empire assyrien. Pi-lis-te ou Pi-lis-tu est le nom assyrien des Philistins, tandis que Peleset est le nom égyptien de l'un des soi-disant Peuples de la mer, durant les règnes de Ramsès II et de Ramsès III. Le « pays de Peleset » apparaît dans une inscription du règne de Ramsès III. L'usage égyptien de peleset désigne des zones imprécises, qui comprenaient peut-être la côte sud et centrale, mais pouvaient aussi inclure des régions de l'intérieur des terres.
An earlier Assyrian tablet, Sargon II’s Prism A, an inscription dating to c. 717 BC, which describes describes Sargon II’s campaigns, speaks of the incorporation of the region of Pilistu into the Assyrian Empire. Pi-lis-te or Pi-lis-tu is the Assyrian name for the Philistines, while Peleset is the Egyptian name for one of the so-called Sea Peoples throughout the reigns of Ramesses II and III. The ‘land of the Peleset’ is used in an inscription from the reign of Ramesses III. The Egyptian use of peleset refers to indefinite areas which possibly include the southern and central coast, but might also include areas inland.