Ce chapitre a été traduit automatiquement (langue d’origine : anglais) et peut contenir des erreurs. Lire l’original
7.2 Ayyubid Palestine And The Re-establishment Of Islamic Jerusalem In Post-crusade Palestine: The Decline Of Palestine’s Coastal Cities And Rise Of The Interior Urban Centres
La défaite des croisés latins au XIIe siècle entraîna le rétablissement de la domination musulmane en Palestine et, une fois de plus, la réorientation du pays. Celle-ci dura sept siècles et comprit trois périodes distinctes : l'ère ayyoubide (1187‒1260), l'ère mamelouke (1260‒1517) et l'ère ottomane (1517‒1917). La réorientation économique et politique de la Palestine vers l'Europe sous la domination de Dhaher al-ʿUmar au XVIIIe siècle, ainsi que pendant les réformes ottomanes de la seconde moitié du XIXe siècle, contribuèrent toutes à faire entrer la Palestine dans l'ère moderne.
The defeat of the Latin Crusaders in the 12th century brought about the re-establishment of Muslim rule in Palestine and once again the reorientation of the country. This lasted for seven centuries and consisted of three distinct periods: the Ayyubid (1187‒1260), Mamluk (1260‒1517) and Ottoman (1517‒1917) eras. The economic and political reorientation of Palestine towards Europe under the rule of Dhaher al-ʿUmar in the 18th century, as well as during the Ottoman reforms of the second half of the 19th century, all contributed to bringing Palestine into the modern era.
La réorientation géopolitique et stratégique de la Palestine à l'époque post-croisée, qui l'éloigna de la région côtière méditerranéenne et de sa position stratégique sous les Ayyoubides et les Mamelouks, entre la région du Cham et l'Égypte, a eu un impact durable sur son histoire, sa culture et ses arts, ainsi que sur son identité en tant qu'entité géopolitique. Dans la géographie musulmane médiévale, la région du Cham comprenait les territoires de la Syrie actuelle, de la Filastin (Israël inclus), de la Jordanie moderne, du Liban et du sud de la Turquie. Parmi les deux pays actuels que sont l'Égypte et la Syrie, les liens historiques étroits de la Palestine avec la région du Cham furent les plus durables sur le plan historique et les plus ancrés dans la mémoire sociale palestinienne moderne.
The geo-political and strategic reorientation of Palestine in the post-Crusader period away from the Mediterranean coastal region and its strategic location under both the Ayyubids and Mamluks between the al-Sham region and Egypt had a lasting impact on its history, culture and arts as well as identity as a geo-political polity. In medieval Muslim geography, the al-Sham region consisted of the territories of present-day Syria, Filastin (Israel included), modern Jordan, Lebanon and south Turkey. Of the two present-day countries of Egypt and Syria, Palestine’s close historic links with the al-Sham region were the most enduring historically and most rooted in modern Palestinian social memory.
La période ayyoubide importante en Palestine commença avec la victoire spectaculaire de Salah al-Din (Saladin) sur les Francs à la bataille de Hattin en 1187, un tournant dans l'histoire de la Palestine. Salah al-Din avait été le vizir de l'État fatimide (chiite) en Égypte avant de mettre fin au pouvoir fatimide dans le pays. Peu après, la forteresse croisée d'Acre fut conquise par Salah al-Din, et la même année les forces ayyoubides prirent Nazareth, Saffuriyah, Haïfa, Arsuf, Césarée, Sabastiyah (Sébastia), Jaffa, al-Ramla, Gaza, Beit Jibrin, 'Asqalan et Jérusalem. La majeure partie du royaume latin de Jérusalem tomba aux mains des Ayyoubides en 1187 ou peu après.
The important Ayyubid period in Palestine began with Salah al-Din’s spectacular victory over the Frankish at the Battle of Hittin in 1187, a turning point in the history of Palestine. Salah al-Din had been the vizier of the (Shiite) Fatimid state in Egypt before he brought an end to Fatimid rule in the country. Shortly afterwards the Crusader stronghold of Acre was captured by Salah al-Din and in the same year the Ayyubid forces took Nazareth, Saffuriyah, Haifa, Arsuf, Caesarea, Sabastiyah (Sebastia), Jaffa, al-Ramla, Gaza, Beit Jibrin, ‘Asqalan and Jerusalem. Most of the Latin Kingdom of Jerusalem fell to the Ayyubids in or shortly after 1187.
Cependant, les croisés continuaient de représenter une menace majeure : ils reprirent le contrôle de certaines parties du littoral palestinien dans les années 1190, et l'enclave franque de la ville côtière d'Acre perdura jusqu'en 1291.
However, the Crusaders continued to pose a major threat by regaining control of parts of Palestine’s coastline in the 1190s and the Frankish enclave in the coastal city of Acre lasted until 1291.
En moins d'un siècle, au cours de leur règne relativement court, les Ayyoubides inaugurèrent une période dynamique de grand épanouissement culturel du savoir (des écoles et des collèges) et de développements technologiques très originaux, multiformes et marquants dans le pays et dans toute la région (Rosen-Ayalon 1998 : 512, 520) ; les progrès en sciences, en génie, en médecine, en éducation et en architecture, initiés dans le monde arabe et musulman, de l'Andalus à l'Égypte et de la Palestine à l'Asie centrale, furent par la suite soit copiés par les croisés latins et traduits en Europe, soit à l'origine de nouveaux développements durant la Renaissance. Le développement le plus crucial fut l'élimination de la domination coloniale européenne et franque sur Jérusalem et le rétablissement du pouvoir musulman dans la ville sainte. Les musulmans et les juifs de la ville avaient été massacrés ou chassés par les croisés latins, et les lieux saints musulmans du Haram al-Sharif avaient été profanés ou transformés en temples et bureaux chrétiens. Le contraste entre le comportement des souverains ayyoubides et celui des souverains francs ne saurait être trop souligné. Le rétablissement de la Jérusalem islamique permit aux juifs et aux musulmans de revenir dans la ville et autorisa l'accès des chrétiens à leurs lieux saints et leur pratique du culte en ces lieux. Surtout, et c'est un point crucial, sous les Ayyoubides, al-Quds remplaça définitivement al-Ramla comme capitale politique, administrative et culturelle de la Palestine, ainsi que comme capitale religieuse de l'ensemble de l'État ayyoubide. Plus haut dans cet ouvrage, j'ai avancé la théorie d'une double capitale, séculière-administrative contre religieuse, qui s'est développée en Palestine sous les Romains, les Byzantins et les Arabes musulmans. Cela a été illustré par les cas de Césarée-de-Palestine face à Aelia Capitolina sous les Romains et les Byzantins, et d'al-Ramla face à Iliya-al-Quds durant les trois premiers siècles de l'islam en Palestine.
Within less than a century during their relatively short tenure, the Ayyubids ushered in a dynamic period of great cultural flowering of learning (of schools and colleges) and highly original, multi-faceted and marked technological developments in the country and throughout the region (Rosen-Ayalon 1998: 512, 520); developments in science, engineering and medicine, education and architecture pioneered in the Arab and Muslim world, from the Andalus to Egypt and from Palestine and Central Asia, were later either copied by the Latin Crusaders and translated in Europe or inspired further developments during the later Renaissance. The most crucial development was the removal of the European colonial and Frankish domination of Jerusalem and the restoration of Muslim rule in the holy city. The Muslims and Jews of the city had been slaughtered or driven out by the Latin Crusaders and the Muslim holy places on the Haram al-Sharif had been desecrated or converted into Christian temples and offices. The contrast between the behaviour of the Ayyubid and Frankish rulers can hardly be overstated. The re-establishment of Islamic Jerusalem allowed Jews and Muslims to return to the city and permitted Christian access to and worship at their holy places. Also, crucially, under the Ayyubids al-Quds permanently replaced al-Ramla as the political, administrative and cultural capital of Palestine as well as the religious capital of the whole Ayyubid state. Earlier in this work I suggested the theory of a secular-administrative versus religious capital (‘double capitals’) evolving in Palestine under the Romans, Byzantines and Muslim Arabs. This was illustrated in the cases of Caesarea-Palaestina versus Aelia Capitolina under the Romans and Byzantines and al-Ramla versus Iliya-al-Quds during the first three centuries of Islam in Palestine.
Cette séparation entre les capitales administrative et religieuse de la Palestine fut abandonnée sous les Ayyoubides. Les Mamelouks, les Ottomans et les Britanniques suivirent la tradition ayyoubide. Le statut de Jérusalem comme ville principale et capitale de la Palestine devait perdurer pendant les sept siècles suivants.
This separation between administrative and religious capitals of Palestine was discontinued under the Ayyubids. And the Mamluks, Ottomans and British followed the Ayyubid tradition. The status of Jerusalem as the foremost and capital city of Palestine was to last for the next seven centuries.
Les Ayyoubides, de plus, inaugurèrent une nouvelle ère d'activité intellectuelle et de prospérité économique en Palestine et dans tous les pays qu'ils gouvernèrent.
The Ayyubids, furthermore, ushered in a new era of intellectual activity and economic prosperity in Palestine and in all the countries they ruled.
Les madrasas islamiques (écoles) existaient à Jérusalem depuis la première période islamique (Gil, M. 1997). Toutefois, les premières madrasas de Jérusalem après la période franque furent construites par les Ayyoubides (Galor et Bloedhorn 2013 : 216). Les madrasas et le mécénat mis en place par les Ayyoubides entraînèrent un renouveau de l'activité éducative, commerciale, architecturale et artistique, non seulement à Jérusalem mais aussi dans d'autres centres urbains de Palestine (Hillenbrand et Auld 2009). Un nombre important de ribats (hospices destinés aux pèlerins musulmans) furent construits pendant les périodes ayyoubide et mamelouk (Galor et Bloedhorn 2013 : 213). La période croisée affecta principalement les centres urbains de Palestine ; elle ne fut « qu'un épisode dans la vie d'une grande partie de l'arrière-pays [rural], qui revint rapidement à des conditions normales avec la fin de la domination chrétienne » et l'avènement des Ayyoubides (Rosen-Ayalon 1998 : 514). Cette période fut également marquée, sous la domination ayyoubide, par un processus de renforcement de la domination musulmane sunnite, à travers la création de nombreuses madrasas, de lodges soufis (zawiyas), de ribats, de bains publics, de marchés et de caravansérails (khans) dans les principales villes, en particulier à Jérusalem.
Islamic madrasahs (schools) had existed in Jerusalem since the early Islamic period (Gil, M. 1997). However, the earliest madrasahs in Jerusalem after the Frankish period were built by the Ayyubids (Galor and Bloedhorn 2013: 216). The madrasahs and patronage provided by the Ayyubids led to resurgence in educational, commercial, architectural and artistic activity not only in Jerusalem but in other urban centres of Palestine (Hillenbrand and Auld 2009). A substantial number of ribats (hospices for Muslim pilgrims) were built during the Ayyubid and Mamluk periods (Galor and Bloedhorn 2013: 213). The Crusader period had affected mainly the urban centres of Palestine; it was ‘merely an episode in the life of much of the [rural] hinterland which quickly returned to normal conditions with the end of Christian domination’ and the advent of the Ayyubids (Rosen- Ayalon 1998: 514). The period was also marked by an Ayyubid process of reinforcing Sunni Muslim domination under their rule by setting up numerous madrasahs, sufi lodges (zawiyas), ribats, public baths, markets and caravanserais (khans) in the main cities, especially in Jerusalem.
Au fil du temps, près d'un quart de l'ensemble des institutions et des biens commerciaux de Jérusalem appartenaient à des waqfs islamiques, et les actes ottomans conservés montrent que cette situation subsistait encore à la fin de l'époque ottomane.2 Les monuments qui subsistent à Jérusalem et dans d'autres régions de Palestine témoignent du dynamisme et de la prospérité de la période ayyoubide en Palestine.
Over time, nearly a quarter of all institutions and commercial properties in Jerusalem belonged to Islamic waqf endowments and Ottoman deed records show this situation was still evident in the late Ottoman period.2 The surviving monuments in Jerusalem and other parts of Palestine bear witness to the dynamism and prosperity of the Ayyubid period in Palestine.
Les Croisés continuèrent de menacer la Palestine côtière par la mer Méditerranée. Surtout, leur aptitude à employer les techniques de siège et les méthodes de blocus pour s'emparer des plus grandes forteresses de Palestine et de Syrie « confirma aux contemporains que les croisés étaient des guerriers de siège aussi efficaces que redoutables » (Rogers 2002 : 39). Pour prévenir les attaques venues de la mer et anticiper le retour éventuel des Croisés et des situations de siège, les Ayyoubides cherchèrent à réorienter stratégiquement le pays, de la région côtière vers l'arrière-pays de la Palestine, et détruisirent en conséquence les murailles d'un certain nombre de villes côtières (ainsi qu'une grande partie de leurs infrastructures), de Tyr au nord jusqu'à Gaza au sud, et déversèrent les gravats dans l'eau afin de bloquer tout débarquement possible dans les ports de ces villes :
The Crusaders continued to threaten coastal Palestine via the Mediterranean Sea. Crucially, the Crusaders’ abilities to utilise siege techniques and blockade methods to capture Palestine’s and Syria’s greatest fortifications ‘confirmed the crusaders to contemporaries as successful and terrifying siege warriors’ (Rogers 2002: 39). To prevent attacks from the sea and pre-empt the eventual return of the Crusaders and siege situations, the Ayyubids sought to reorient the country strategically from the coastal region to the hinterland of Palestine and consequently destroyed the walls of a number of coastal cities (and much of their infrastructure) from Tyre in the north to Gaza in the south and dumped the rubble in the water in an effort to block any possible landing in the ports of these cities:
De toute évidence, l'objectif était d'empêcher tout débarquement depuis la mer.
Obviously, the objective was to prevent any landing from the sea.
À cette fin, des matériaux de toute sorte furent jetés dans l'eau, obstruant l'accès aux ports. Le port de Césarée est encore bloqué par les débris jusqu'à aujourd'hui. Asqalon [sic] fut la première ville à subir ce sort, l'ordre de sa destruction ayant été donné par Salah al-Din (prière) lui-même.
To that end, material of every sort was dumped into the water, obstructing access to the ports. The port of Caesarea is blocked by the debris until today. Asqalon [sic] was the first city to suffer this fate, the order for its destruction being given by Salah al-Din himself.
Les vestiges de ses murs portent des cicatrices non loin de leur emplacement d'origine. Ces murs, qui – selon toutes les preuves existantes – furent construits par les Fatimides, avaient continué à servir les Croisés mais tombèrent victimes de la politique de destruction des Ayyoubides. (Mujir al-Din 1973 :
The remains of its walls are scarred not far from where they originally stood. These walls, which – according to all existing evidence – were constructed by the Fatimids, had continued to serve the Crusaders but fell victim to the Ayyubid policy of destruction. (Mujir al-Din 1973:
(422 ; Rosen-Ayalon 1998 : 515)
422; Rosen-Ayalon 1998: 515)
Cependant, il n'est pas tout à fait exact de suggérer que les villes côtières de Palestine ont été complètement détruites par les Ayyoubides. En fait, les preuves contredisent cette affirmation d'une politique de destruction généralisée.
However, it is not entirely true to suggest that Palestine’s coastal cities were completely destroyed by the Ayyubids. In fact, the evidence contradicts this claim about the existence of a wholesale policy of destruction.
Écrivant au début du XIIIe siècle, sous la domination ayyoubide, le biographe et géographe arabe Yaqut al-Hamawi (1179–1229) – un ancien esclave très instruit, qui a fait un commerce étendu et voyagé abondamment en Palestine, en Égypte, en Syrie, en Perse et en Asie centrale, et qui est devenu célèbre pour ses écrits encyclopédiques sur le monde musulman, publiés dans le Kitab Mu'jam al-Buldan (al-Hamawi 1861) – décrit la province de Filastin et range parmi les principales villes de Filastin les villes côtières d'‘Asqalan, de Gaza, d'Arsuf et de Césarée, dont la capitale Jérusalem avait remplacé al-Ramla. Yaqut écrit :
Writing in the early 13th century during Ayyubid rule the Arab biographer and geographer Yaqut al-Hamawi (1179–1229) – a highly educated former slave who traded widely and travelled extensively in Palestine, Egypt, Syria, Persia and Central Asia and became renowned for his encyclopaedic writings on the Muslim world, published in Kitab Mu’jam al-Buldan (al-Hamawi 1861) – describes the province of Filastin and lists the coastal cities of ‘Asqalan, Gaza, Arsuf and Caesarea among the premier cities of Filastin, whose capital Jerusalem had replaced al-Ramla. Yaqut writes:
La Filastin est la dernière des provinces de [ash-Sham] en direction de l'Égypte. Sa capitale est Jérusalem. Parmi ses principales villes figurent ‘Askalan, Ar Ramlah, Gazzah, Arsuf, Kaisariyyah [Qaysariah ; Césarée maritime], Nabulus, Ariha (Jéricho), ‘Amman, Yafah [Jaffa] et Beit Jibrin. (Le Strange 2014 : 29)
Filastin is the last of the provinces of [al-Sham] towards Egypt. Its capital is Jerusalem. Of the principal towns are ‘Askalan, Ar Ramlah, Gazzah, Arsuf, Kaisariyyah [Qaysariah; Caesarea Maritima], Nabulus, Ariha (Jericho), ‘Amman, Yafah [Jaffa] and Beit Jibrin. (Le Strange 2014: 29)
Par ailleurs, une grande partie de la terminologie géographique arabe préexistant à l'époque croisée, relative à la province de Palestine, continua d'être employée par les géographes arabes pendant et après la période des croisades. Ainsi, l'expression « la province de Filastin » fut utilisée à maintes reprises par le géographe arabe Yaqut al-Hamawi (1179–1229), qui situe la ville de Sabastiyah (Sébaste) dans le district de Naplouse, dans la province de Filastin, dont la capitale est Jérusalem (Le Strange 1890 : 523 ; voir aussi 441).
Also, crucially, much of the pre-Crusader Arab geographical terminology of the province of Palestine continued to be used by Arab geographers during and after the Crusader period. For instance, the term ‘the province of Filastin’ was repeatedly used by Arab geographer Yaqut al-Hamawi (1179–1229), who situates the town of the town of Sabastiyah (Sebastia) in the district of Nablus, in the province of Filastin, whose capital is Jerusalem (Le Strange 1890: 523; also see 441).
Cependant, les guerres croisées et l'insécurité générale qui régnait sur la côte palestinienne entraînèrent le lent déclin des villes côtières et l'essor de l'arrière-pays urbain de la Palestine. Cette période fut également marquée par le lent déclin de la ville d'al-Ramla, qui avait été la capitale politique et administrative de la province de Filastin pendant plus de trois siècles et demi ; la population d'al-Ramla diminua, et la capitale du Jund Filastin fut dévastée à l'époque fatimide par deux tremblements de terre majeurs au XIe siècle (Mujir al-Din 1866 : 416 ; Lev 2006 : 592). Mais les villes côtières de Palestine connurent un déclin plus spectaculaire. En effet, des villes côtières comme Acre et Jaffa ne commencèrent à se redresser et à connaître un renouveau socio-économique qu'au milieu du XVIIIe siècle. En revanche, la ville intérieure d'al-Quds/Jérusalem redevint la ville métropolitaine la plus développée de Palestine sous les Mamelouks, tout au long des XIIIe‒XVe siècles. Au XVIIIe siècle, le commerce régional et mondial du coton, du blé et des textiles fit d'Acre et de Naplouse les villes les plus grandes et les plus prospères de Palestine, et parmi les plus importantes de la région du Sham (Doumani 1995 ; Philipp 2001).
However, the Crusader wars and overall insecurities of coastal Palestine brought about the slow decline of the coastal cities and the rise of Palestine’s urban hinterland. This period was also marked by the slow decline of the city of al-Ramla, which had been the political and administrative capital of the province of Filastin for over three and a half centuries; the population of al-Ramla decreased and the capital city of Jund Filastin was devastated during the Fatimid period by two major earthquakes in the 11th century (Mujir al-Din 1866: 416; Lev 2006: 592). But the coastal cities of Palestine experienced a more dramatic decline. In fact, coastal cities such as Acre and Jaffa began to recover and experience a socio-economic revival only in the middle of the 18th century. By contrast, the inland city of al-Quds/Jerusalem became once again the most developed metropolitan city of Palestine under the Mamluks throughout the 13th‒15th centuries. In the 18th century regional and global trade in cotton, wheat and textiles made Acre and Nablus the biggest and most prosperous cities in Palestine and among the largest cities in the al-Sham region (Doumani 1995; Philipp 2001).