10.19 Épilogue : L'identité palestinienne à plusieurs couches, la mémoire toponymique et le riche patrimoine de la terre
10.19 Epilogue: The Palestinian Multi-layered Identity, Toponymic Memory And The Diverse Heritage Of The Land
Les réponses palestiniennes au dépeuplement forcé et au nettoyage ethnique de leurs villages et de leurs villes sont « riches sur le plan discursif, complexes et protéiformes » (Slyomovics 2002). Ces dernières décennies, des romans, des poèmes, des films, des pièces de théâtre, une documentation ethnographique et photographique, des cartes, des archives de témoignages oraux, des sites internet et un large éventail d'activités dans les communautés exilées et déplacées à l'intérieur du pays ont été et sont toujours produits, souvent dans le but de contrer le déni israélien et de corriger les distorsions, par omission ou par commission, qui effacent la présence palestinienne sur la terre. De nombreux ouvrages ont également été publiés, tant en Israël qu'à l'université de Birzeit, tous consacrés aux villages dépeuplés et détruits. Ils constituent une part importante d'une littérature historique et imaginative dans laquelle les villages palestiniens détruits sont « revitalisés et leur existence célébrée » (Slyomovics 2002). Après 1948, les Palestiniens ont préservé la signification multiple de leurs noms arabes et l'identité palestinienne à plusieurs couches inscrite dans des noms anciens (Ashrawi 1995 : 132‒134 ; Doumani 1995).
Palestinian responses to forced depopulation and ethnic cleansing from their villages and towns are ‘discursively rich, complex and protean’ (Slyomovics 2002). In recent decades novels, poems, films, plays, ethnographic and photographic documentation, maps, oral history archives, online websites, and a wide range of activities in exiled and internally displaced communities have been and are being produced, many with the aim of countering Israeli denial and correcting distortions of omission and commission that eradicate the Palestinian presence in the land. Also a large number of books have been produced both inside Israel and at Birzeit University, all dedicated to villages that have been depopulated and destroyed. These form part of a large historical and imaginative literature in which the destroyed Palestinian villages are ‘revitalised and their existence celebrated’ (Slyomovics 2002). In the post-1948 period Palestinians maintained the multiple meaning of their Arabic names and the multi-layered Palestinian identity embedded in ancient names (Ashrawi 1995: 132‒134; Doumani 1995).
Le nationalisme palestinien (à la fois laïque et religieux) cependant – comme tous les autres nationalismes modernes – avec sa construction d'une conscience nationale, est un phénomène moderne (Khalidi, R. 1998). Mais cela ne doit pas être automatiquement confondu avec les identités sociales, culturelles et religieuses des Palestiniens, qui sont profondément enracinées dans la terre ainsi que dans l'histoire ancienne et la mémoire toponymique de la Palestine. De plus, les Palestiniens, jusqu'à la catastrophe de 1948, étaient majoritairement des paysans, profondément enracinés dans les paysages physiques et culturels de la Palestine. Le dialecte local et les noms de leurs villages et de leurs villes ont préservé le patrimoine culturel multiple et diversifié du pays.