4.9 L'école monastique de Gaza et les monastères de Palaestina : les Pères et Mères du désert et leur impact mondial
4.9 Monastic School Of Gaza And The Monasteries Of Palaestina: The Desert Fathers And Mothers And Their Worldwide Impact
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4.9 Monastic School Of Gaza And The Monasteries Of Palaestina: The Desert Fathers And Mothers And Their Worldwide Impact
Oublié, comme si vous n'aviez jamais existé.
Forgotten, as if you never were.
Comme la mort violente d'un oiseau, comme une église abandonnée, tu seras oublié, comme un amour passager et une rose dans la nuit... oublié quand je serai oublié ! (Mahmoud Darwish, Oublié comme si tu n'avais jamais été25)
Like a bird’s violent death like an abandoned church you’ll be forgotten, like a passing love and a rose in the night ... forgotten when I’m forgotten! (Mahmoud Darwish, Forgotten As If You Never Were25)
« Théologie du désert » et les monastères du désert de la Palestine, de l'Égypte et de la Syrie de l'Antiquité tardive ont joué un rôle influent dans les sociétés du Proche-Orient, et les « Pères du désert » sont aujourd'hui largement reconnus comme des figures majeures de l'histoire de la théologie chrétienne, de la spiritualité et des évolutions doctrinales (Binns 1994). Si les villes méditerranéennes de Césarée maritime et de Gaza, avec leurs savants renommés, leurs bibliothèques et leurs intellectuels, représentaient la Palaestina de l'esprit, les traditions monastiques de la Palaestina représentaient la Palestine du cœur. Ces dernières ont exercé un immense impact sur les traditions monastiques du monde entier, tant dans le christianisme que dans l'islam, ainsi que sur le mysticisme religieux en général. Selon la tradition musulmane, le Prophète Muhammad ﷺ rencontra le moine Bahirah (Sergius) dans l'un des monastères chrétiens de la ville de Bosra, dans la région du Hauran, alors partie intégrante de la Palaestina Secunda.
‘Desert theology’ and the monasteries of the desert of Late Antiquity Palestine, Egypt and Syria played an influential role in Near Eastern societies, and the ‘Desert Fathers’ are widely acknowledged today as key figures in the history of Christian theology, spirituality and doctrinal developments (Binns 1994). If the Mediterranean cities of Caesarea Maritima and Gaza, with their renowned scholars, libraries and intellectuals, represented Palaestina of the mind, the monastic traditions of Palaestina represented Palestine of the heart. The latter had a huge impact on the worldwide monastic traditions of both Christianity and Islam and religious mysticism in general. According to Muslim tradition, the Prophet Muhammad met the monk Bahirah (Sergius) in one of the Christian monasteries in the town of Bosra in the Hauran region, then an integral part of Palaestina Secunda.
Dans les « Trois Palestines », les Arabes chrétiens ghassanides appartenaient en grande partie au monophysisme. Si Gaza de l'Antiquité tardive, avec son École de rhétorique classicisante, devint un centre célèbre de philosophie, de rhétorique, de théâtre et de droit, la région de Gaza fut également réputée pour sa tradition monastique distincte.
In the ‘Three Palestines’, Ghassanid Arab Christians belonged largely to monophysitism. If Gaza of Late Antiquity, with its classicising Rhetorical School, became a famous centre for philosophy, rhetoric, drama and law, the region of Gaza also became renowned for its distinct monastic tradition.
En effet, l'un des chapitres les plus spectaculaires de l'histoire de la Palestine de l'Antiquité tardive fut la culture monastique et l'héritage monastique de Gaza.
Indeed, one of the most spectacular chapters in the history of Late Antiquity Palestine was the monastic culture and monastic legacy of Gaza.
Une communauté monastique intellectuelle prospéra dans la région de Gaza, en Palestine Première, du IVe au VIIe siècle, donnant naissance à une tradition monastique palestinienne distincte, façonnée par les luttes intellectuelles christologiques des Ve et VIe siècles, et produisant une abondante œuvre littéraire que l'on pourrait qualifier d'« École monastique de Gaza » (Bitton-Ashkelony et Kofsky 2006).26
An intellectual monastic community flourished in the region of Gaza in Palaestina Prima from the 4th to the 7th century, creating a distinct Palestinian monastic tradition, shaped by the Christological intellectual battles of the 5th and 6th centuries, and producing a wealth of literary works which might be termed the ‘Monastic School of Gaza’ (Bitton-Ashkelony and Kofsky 2006).26
Le monachisme chrétien le plus ancien connu apparut simultanément dans les déserts d'Égypte et de Palestine vers le IIIe siècle de notre ère. Les célèbres développements monastiques de la région de Gaza étaient intimement liés aux expériences palestinienne et égyptienne (Hevelone-Harper 2005 : ix). Cependant, au IVe siècle, la Palestine au sens large remplaça effectivement l'Égypte comme centre du monachisme désertique. Entre le IVe et le début du VIIe siècle, la Palestine, et en particulier les deux régions semi-arides de Gaza et de Jérusalem-Est – qui devinrent connues sous le nom de « désert de Jérusalem » – fut « transformée en ville » et devint le centre du mouvement monastique chrétien mondial.
The earliest known Christian monasticism appeared simultaneously in the deserts of Egypt and Palestine around the 3rd century AD. The famous monastic developments of the Gaza region were intimately connected to both the Palestinian and the Egyptian experiences (Hevelone-Harper 2005: ix). However, by the 4th century greater Palestine effectively replaced Egypt as the centre of desert monasticism. Between the 4th and early 7th centuries Palestine, and in particular the two semi-arid regions of Gaza and east Jerusalem – which became known as the ‘desert of Jerusalem’ – was ‘converted into a city’ and became the centre of the global Christian monastic movement.
Les légendaires Pères du désert et Mères du désert27 étaient des ermites, des moines et des moniales chrétiens qui ont eu une influence majeure sur le développement du christianisme et du monachisme chrétien à travers le monde. Les monastères de Palestine étaient un centre de conservation et de production du savoir, depuis la préservation de l'ancienne technique de fabrication du vin (des liqueurs de Palestine) jusqu'à la copie et l'archivage de manuscrits anciens.
The legendary Desert Fathers and Desert Mothers27 were Christian hermits, monks and nuns who had a major influence on the development of Christianity and Christian monasticism worldwide. The monasteries of Palestine were a centre for knowledge preservation and knowledge production, from the preservation of the ancient technology of wine-making (of Palaestini liquors) to the copying and archiving of ancient manuscripts.
Bien que l'art de la copie et la large diffusion des manuscrits se soient considérablement développés sous l'Islam, on sait peu de choses sur la manière dont les philosophies musulmanes du cœur et l'ascétisme soufi ont été influencés, directement ou indirectement, par le mysticisme du désert d'Égypte et de la Palestine élargie. Toutefois, la connaissance du cœur ou la perception intérieure propres au monachisme chrétien correspond à ʿIlm al-Ghayb, ou ʿIlm al-Batin – la connaissance de la vérité cachée, dissimulée ou intérieure – dans l'islam soufi, dont l'inspiration première apparaît dans le Saint Coran (4 : 34, 11 : 49, 12 : 52, 12 : 102, 25 : 4‒6). Tandis que l'origénisme et les villes méditerranéennes tournées vers l'extérieur, telles que Césarée maritime, Gaza, Alexandrie et Antioche, fournissaient au christianisme naissant ses fondements intellectuels, rhétoriques, spéculatifs et rationnels d'inspiration classique, la solitude, la pauvreté, l'austérité, le silence intérieur et la « prière du cœur » (la prière de Jésus)
While the art of copying and wide circulation of manuscripts developed considerably under Islam, little is known about the ways in which Muslim philosophies of the heart and Sufi asceticism were directly and indirectly influenced by the desert mysticism of Egypt and greater Palestine. However, the knowledge of the heart or inner insight into Christian monasticism corresponds to ‘Ilm al-Ghayb, or ‘Ilm al-Batin – knowledge of the concealed, hidden or inner truth – in Sufi Islam, whose original inspiration appears in the holy Quran (4: 34, 11:49, 12: 52, 12:102, 25:4‒6). While Origenism and outward-looking Mediterranean cities such as Caesarea Maritima, Gaza, Alexandria and Antioch provided the classicising intellectual, rhetorical, speculative and rational underpinnings for early Christianity, the solitude, poverty, austerity, interior silence and ‘prayer of the heart’ (the Jesus Prayer)
des communautés monastiques d'Égypte, de la région de Gaza et de la Palestine élargie devint la ville du cœur. Ce mouvement monastique palestinien associait le mode de vie de Jésus à une existence modeste et retirée, comprenant jeûnes, mortifications et activités spirituelles. Au cœur de cette vie monastique palestinienne, faite de simplicité et d'« évasion vers le désert », se trouvait surtout le désir de fuir le pouvoir et la religion organisée, ainsi que la hiérarchie croissante de l'Église officielle, implantée dans les villes.
of the monastic communities of Egypt, the Gaza region and greater Palestine became the city of the heart. This Palestinian monastic movement combined the way of life of Jesus with a modest and secluded life which included fasts, mortifications and spiritual activities. Above all, at the heart of this Palestine monastic life of simplicity and ‘desert escapism’ was the desire to shun power and organised religion, and the growing hierarchy of the official, urban-based church.
Les premières communautés monastiques chrétiennes de Palestine ont établi des communautés autonomes et égalitaires, avec un abba (« mon père » à la fois en araméen syriaque et en arabe coranique) et une amma (mère) chargés du bien-être spirituel et social de leurs moines et moniales. Le terme anglais Abbot (son équivalent féminin est Abbess), signifiant père, est un titre ecclésiastique donné au chef d'un monastère dans diverses traditions chrétiennes. Le terme lui-même dérive de l'araméen syriaque abba, qui repose sur cette tradition monophysite araméenne syriaque de la Palestine byzantine. Le titre fut rapidement accepté dans toutes les langues comme désignation du chef d'un monastère.
The early Christian monastic communities in Palestine established autonomous egalitarian communities with an abba (‘my father’ in both Syriac Aramaic and Quranic Arabic) and an amma (mother) in charge of the spiritual and social welfare of their monks and nuns. The English term Abbot (its female equivalent is Abbess), meaning father, is an ecclesiastical title given to the head of a monastery in various Christian traditions. The term itself is derived from the Syriac Aramaic abba, which is based on this Syriac Aramaic Monophysite tradition of Byzantine Palestine. The title soon became generally accepted in all languages as the designation of the head of a monastery.
À la fin du IVe siècle, on comptait des dizaines de monastères abritant des milliers de moines en Palestine. Le monachisme désertique palestinien a évolué d'un détachement du monde vers un engagement social et pratique au sein de la société. De nombreux monastères palestiniens, de moines et de moniales, ont été fondés dans la région de Gaza, à Bethléem, à Jérusalem, à Eleutheropolis (Beit Jibrin), à Nazareth et en Galilée, accompagnés d'hôpitaux et d'écoles voisins pour soigner les malades et servir leurs communautés locales. L'enseignement social et l'éthique de ces premières communautés monastiques égalitaires ont survécu dans la théologie chrétienne palestinienne moderne. Toutefois, leur approche spéculative et leur mode de vie détaché ont cédé la place à une théologie plus engagée et appliquée.
By the end of the 4th century there were dozens of monasteries with thousands of monks in Palestine. Palestine desert monasticism evolved from detachment from the world to social and practical engagement with society. Numerous Palestinian monasteries of monks and nuns were established in Gaza region, Bethlehem, Jerusalem, Eleutheropolis (Beit Jibrin), Nazareth and the Galilee with adjacent hospitals and schools to care for the sick and serve their local communities. The social teaching and ethics of these early egalitarian monastic communities survived in modern Palestinian Christian theology. However, their speculative approach and detached way of life gave way to a more engaged and applied theology.
Cela a constitué la base de la théologie de la libération palestinienne contextualisée d'aujourd'hui, avec sa préférence pour les pauvres, les marginalisés et les subalternes, et sa lutte contre le colonialisme de peuplement sioniste et l'occupation de la Palestine (Masalha et Isherwood 2014). Leur enseignement social a également donné naissance aux doctrines élaborées par les Églises chrétiennes les plus engagées de Palestine sur les questions de justice sociale, de pauvreté et de richesse, d'organisations économiques et sociales, et sur le rôle de l'État.
This formed the basis of modern contextualised Palestinian liberation theology with its preference for the poor, marginalised subaltern and its struggle against Zionist settler-colonialism and the occupation of Palestine (Masalha and Isherwood 2014). Their social teaching also gave rise to the doctrines developed by the more engaged Christian churches of Palestine on matters of social justice, poverty and wealth, economic and social organisations and the role of the state.
En Palestine, les monastères ont évolué en deux types distincts : les « monastères d'ermites », ou lauras (grec : lavra), et les « monastères communautaires de moines » (coenobium28). Les premières lauras furent fondées en Palestine, et le terme grec Λαύρα (grec : chemin29), qui désignait l'ensemble de grottes ou de cellules utilisées par les ermites pour leur retraite, avec une église comme centre de rencontre hebdomadaire, fut employé spécifiquement à partir du Ve siècle pour les communautés monastiques semi-érémitiques de Palestine, dans ce qui fut appelé le « désert de Jérusalem », où vivaient des milliers d'ermites et de moines et où furent établies des dizaines de lauras et de monastères communautaires.
In Palestine monasteries evolved into two distinct types: ‘monastery of hermits’, or lauras (Greek: lavra), and ‘communal monastery of monks’ (coenobium28). The first lauras were founded in Palestine and the Greek term Λαύρα (Greek: path29), which referred to the cluster of caves or cells used by the hermits for seclusion, with a church as their weekly meeting centre, was specifically employed from the 5th century for the Palestine semi-hermitical monastic communities in what became known as the ‘desert of Jerusalem’, where thousands of hermits and monks lived and dozens of lauras and communal monasteries were established.
Soutenu par l'État byzantin, le monachisme désertique et les philosophies éclairées du cœur encouragèrent la prolifération des monastères à travers la Grande Palestine (Palaestina Prima, Palaestina Secunda et Palaestina Salutaris).
Supported by the Byzantine state, desert monasticism and enlightened philosophies of the heart encouraged the proliferation of monasteries across greater Palestine (Palaestina Prima, Palaestina Secunda and Palaestina Salutaris).
Sous les Byzantins chrétiens, le Sinaï, le Naqab (Néguev), la région nabatéenne et le nord de l'Arabie (l'ancienne Provincia Arabia romaine) faisaient tous partie de la Palaestina Salutaris (Ward 2008 : 69). Le monastère de Sainte-Catherine fut construit entre 548 et 565 en tant que monastère de la Palaestina Salutaris, dédié à sainte Catherine d'Alexandrie. Le monastère de Sainte-Catherine se trouve au pied du mont Sinaï, qui est mentionné dans le Coran (sourate At-Tur, chapitre 52, versets 1 à 28). Pour les populations locales des VIe et VIIe siècles, la Palaestina Salutaris, le Sinaï et le nord de l'Arabie étaient géographiquement liés et administrativement unis.
Crucially under the Christian Byzantines Sinai, the Nagab (Negev), the Nabataean region and northern Arabia (former Roman Provincia Arabia) were all part of Palaestina Salutaris (Ward 2008: 69). The monastery of St Catherine was built between 548 and 565 as a Palaestina Salutaris monastery dedicated to Saint Catherine of Alexandria. Saint Catherine’s monastery lies at the foot of Mount Sinai, which was mentioned in the Quran (Surah al-Tur, Chapter 52, Verses 1–28). For local audiences in the 6th and 7th centuries, Palaestina Salutaris, Sinai and northern Arabia were geographically linked and administratively united.
Les monastères du désert de Jérusalem ont mis au point un vaste réseau de citernes destinées à recueillir et à stocker les eaux de pluie et, à l'instar des Arabes nabatéens qui les ont précédés, ils se sont fait connaître pour leur grande aptitude à concevoir des méthodes efficaces de collecte de l'eau dans un environnement semi-aride et stérile.
The Jerusalem desert monasteries developed an extensive system of cisterns built to catch and store rainwater, and, like the Nabataean Arabs before them, they became known for their great ability in constructing efficient water collecting methods in the semi-arid and barren environment.
Les nombreux monastères de la Palestine Première comprenaient le célèbre monastère d'Euthémius, fondé en 428 à l'est de Jérusalem et nommé d'après le moine arménien Euthémius (377‒475), l'un des fondateurs du monachisme du « désert de Jérusalem » de la Palestine byzantine à majorité chrétienne. Le monastère d'Euthémius joua également un rôle important dans la conversion au christianisme des tribus arabes installées en Palestine Première aux IVe et Ve siècles (voir chapitre cinq). Le site continua de fonctionner comme un grand monastère chrétien pendant des siècles sous domination musulmane, et les croisés latins l'agrandirent encore au XIIe siècle. Le monastère fut abandonné après l'expulsion des croisés de Jérusalem à la fin du XIIe siècle, et à partir du XIIIe siècle le site commença à fonctionner comme un important caravansérail palestinien, le Khan al-Ahmar (le « Khan rouge »), sur la route commerciale Jérusalem‒Jéricho, jusqu'à son abandon définitif à un moment de la période ottomane. Un caravansérail ottoman du XVIe siècle, également nommé Khan al-Ahmar, fut construit à proximité pour abriter les caravanes de marchands.
The numerous monasteries of Palaestina Prima included the famous Euthemius Monastery which was established in 428 to the east of Jerusalem and named after the Armenian monk Euthemius (377‒475), who was one of the founders of the ‘Jerusalem desert’ monasticism of Christian-majority Byzantine Palestine. The monastery of Euthemius would also play an important role in converting to Christianity the Arab tribes that had settled in Palaestina Prima in the 4th and 5th centuries (see chapter five). The site continued to function as a major Christian monastery for centuries under Muslim rule and the Latin Crusaders expanded it further in the 12th century. The monastery was abandoned after the expulsion of the Crusaders from Jerusalem in the late 12th century, and beginning in the 13th century the site began to function as a major Palestinian caravanserai, al-Khan al-Ahmar (the ‘Red Inn’), on the Jerusalem‒Jericho trade road, until its final desertion at some point during the Ottoman period. A nearby 16th century Ottoman caravanserai, also named al-Khan al-Ahmar, was built to shelter caravans of traders.
De nombreux monastères byzantins de Palestine continuèrent de prospérer après la conquête islamique arabe de la Palestine, dans les années 630. Le monastère de Mar Saba se trouve au sud de Jérusalem, en Cisjordanie. Il passa du statut de laure à celui de monastère cénobitique et continue de fonctionner aujourd'hui. Fondé en Palaestina Prima en 484, il est dédié à saint Sabbas le Sanctifié (439–532),30
Many Byzantine Palestinian monasteries continued to flourish after the Arab Islamic conquest of Palestine in the 630s. Mar Saba’s Monastery is located south of Jerusalem in the West Bank. It evolved from a Laura to a communal monastery and continues to function today. Founded in Palaestina Prima in 484, it is dedicated to Saint Sabbas the Sanctified (439–532),30
un « chef de file du monachisme palestinien » dont l'influence, en tant que fondateur et higoumène, s'est perpétuée du Ve siècle jusqu'à nos jours (Patrich 1995). Sabbas était un moine et prêtre grec né en Cappadoce, qui passa la majeure partie de sa vie en Palestine Première et composa le premier règlement monastique des offices religieux, le « Typikon de Jérusalem », un ouvrage monastique destiné à régler la vie dans les monastères et à guider l'ensemble des monastères byzantins. Un autre monastère célèbre de la Palestine Première était celui de Saint-Hilarion, situé dans l'actuelle bande de Gaza et dédié à saint Hilarion (291–371). Légendaire Père du désert, Hilarion naquit à Thabatha, alors à 5 miles au sud de la ville de Gaza, dans la province romaine de Syrie-Palestine. Après avoir vécu vingt-deux ans dans le désert, cet ermite de Palestine devint célèbre dans toute la Syrie-Palestine et au-delà, et des solliciteurs commencèrent à se rendre à sa demeure près de Gaza pour rechercher sa bénédiction et son aide.
a ‘leader of Palestinian monasticism’ whose impact as founder and abbot has endured from the 5th century to the present (Patrich 1995). Sabbas was a Cappadacian-born Greek monk and priest who lived most of his life in Palaestina Prima and composed the first monastic rule of church services, ‘the Jerusalem Typikon’, a monastic book to regulate life in monasteries and for guidance of all the Byzantine monasteries. Another famous monastery in Palaestina Prima was Saint Hilarion’s, located in today’s Gaza Strip and dedicated to Saint Hilarion (291–371). A legendary Desert Father, Hilarion was born in Thabatha, then 5 miles south of Gaza city, in the Roman province of Syria-Palaestina. After he had lived in the wilderness for twenty-two years, this hermit of Palestine became famous throughout Syria-Palaestina and beyond and petitioners started to visit his abode near Gaza seeking his blessing and help.
La Vie de Sabbas fut écrite par l'un de ses disciples, Cyrille de Scythopolis (525-559) (aujourd'hui Beisan) en Palestine Seconde ; également connu sous le nom de Cyrillus Scythopolitanus, il était un moine chrétien et historien de la vie monastique en Palestine durant les premières années du christianisme (Kazhdan 1991). Les reliques de Sabbas furent emportées par les Croisés latins au XIIe siècle et restèrent en Italie jusqu'à ce que le pape Paul VI les rende au monastère palestinien en 1965, en geste de bonne volonté envers l'Église orthodoxe. Mar Saba est actuellement examiné par l'UNESCO en vue d'être inscrit au patrimoine mondial). Les nombreux monastères ont laissé leur empreinte sur le paysage de la Palestine.
Sabbas’ Life was written by one of his disciples, Cyril of Scythopolis (525‒559) (modern Beisan) in Palaestina Secunda; also known as Cyrillus Scythopolitanus, he was a Christian monk and historian of monastic life in Palestine in the early years of Christianity (Kazhdan 1991). Sabbas’ relics were taken by the Latin Crusaders in the 12th century and remained in Italy until Pope Paul VI returned them to the Palestinian monastery in 1965 as a gesture of goodwill towards the Orthodox Church. Mar Saba is currently being considered by UNESCO as a World Heritage Site).31 The numerous monasteries have left their mark on the landscape of Palestine.
Ils ont également survécu dans la mémoire sociale palestinienne et dans certains toponymes arabes palestiniens modernes qui commencent par le mot Deir (monastère), bien que le mot arabe deir (pl. diyar) signifie aussi maison.
They have also survived in Palestinian social memory and in some of the modern Palestinian Arabic toponyms which begin with the word Deir (Monastery), although the Arabic word deir (pl. diyar) also means house.
Aujourd'hui, les ruines du monastère d'Euthymius se trouvent dans la colonie israélienne de Ma'alie Adoumim, en Cisjordanie. Le souvenir du caravansérail palestinien a été préservé dans le nom d'un petit village bédouin palestinien, al-Khan al-Ahmar, situé entre les colonies israéliennes de Ma'alei Adoumim et Kfar Adoumim. Ce village palestinien est menacé de destruction par l'État israélien depuis 2010, dans le cadre d'un plan d'extension des colonies israéliennes locales en Cisjordanie.32
Today the ruins of Euthemius Monastery are located in the Israeli colony of Ma’alie Adumim in the West Bank. The memory of the Palestinian caravanserai was preserved in the name of a small Palestinian Bedouin village, al-Khan al-Ahmar, located between the Israeli settler-colonies of Ma’alei Adumim and Kfar Adumim. This Palestinian village has been threatened with destruction by the Israeli state since 2010 in a plan to expand local Israeli settlements in the West Bank.32