10.17 Les nouveaux noms de lieux israéliens et le paysage : façonner un paysage européen comme lieu d'amnésie et d'effacement
10.17 The New Israeli Place Names And Landscape: Fashioning A European Landscape As A Site Of Amnesia And Erasure
Dans les deux premières décennies de l'État, les Israéliens éprouvaient une profonde angoisse à l'idée de la découverte de la vérité sur la Nakba de 1948 et à la perspective « cauchemardesque » du retour des réfugiés palestiniens dans leurs villes et villages de ce qui était devenu Israël. Face aux forêts (Facing the Forests), l'une des premières grandes œuvres du romancier A. B. Yehoshua, fut publié en 1963. Il s'ouvre sur la destruction d'un village palestinien en 1948 et sur la plantation d'une forêt du FNJ sur ses ruines.
In the first two decades of the state Israelis had a deep anxiety about the discovery of the truth about the 1948 Nakba and the ‘nightmarish’ prospect of Palestinian refugees returning to their towns and villages in what had become Israel. Facing the Forests, one of novelist A. B. Yehushua’s first major works, was published in 1963. It opens with the destruction of a Palestinian village in 1948 and the planting of a JNF forest on its ruins.
Le roman raconte l'histoire d'un étudiant israélien « obsédé » par l'histoire des croisés latins. L'étudiant, en quête de répit et de solitude, trouve un emploi de garde forestier. À son arrivée à la maison de guet de la forêt du FNJ, il découvre un homme arabe à qui l'on avait coupé la langue, ainsi que la fille de cet homme. Peu après son arrivée, l'étudiant commence à souffrir de cauchemars et vit dans l'attente constante d'une catastrophe. Au fil de l'été, l'étudiant commence à désirer la fille de l'homme. La tension entre les deux hommes s'accroît et, soudain, l'homme met le feu à la forêt, qui brûle entièrement. À l'aube, l'étudiant « tourne son regard vers les collines fumantes de feu, fronce les sourcils. Là, sortant de la fumée et de la brume, le village en ruines apparaît devant ses yeux ; né à nouveau, dans ses grandes lignes, comme un dessin abstrait, comme toutes les choses passées et enfouies ». Alors que l'étudiant ne parvient pas à voir les vérités mises au jour par ses recherches sur les croisades latines, c'est le feu qui les révèle. Le roman se termine par la destruction de la forêt et la réapparition du village arabe (Yehoshua 1975 : 385).
The novel recounts the story of an Israeli student who is ‘obsessed’ with the history of the Latin Crusaders. The student, looking for a break and solitude, finds a job as a forest ranger. When he arrives at the watch house in the JNF forest he finds an Arab man whose tongue had been cut out and the man’s daughter. Shortly after his arrival the student begins to suffer from nightmares and he is constantly anticipating a catastrophe. As the summer continues the student begins to desire the man’s daughter. The tension between the two escalates and suddenly the man sets fire to the forest and the whole forest burns down. At dawn the student ‘turns his gaze to the fire-smoking hills, frowns. There out of the smoke and haze, the ruined village appears before his eyes; born anew, in its basic outlines as an abstract drawing, as all things past and buried’. While the student fails to see the truths unearthed by his research on the Latin Crusades, the fire reveals it. The novel ends with the destruction of the forest and the re-emergence of the Arab village (Yehoshua 1975: 385).