10.9 Le Comité des noms hébreux de l'armée israélienne de 1949 : l'indigénisation des colons européens et l'autodénomination
10.9 The Israeli Army’s Hebrew Names Committee Of 1949: Indigenising The European Settlers And Self-renaming
Sir Lewis Bernstein Namier (1888–1960), historien juif britannique qui immigra au Royaume-Uni en 1907, fut un sioniste de longue date ainsi qu'un ami proche et un collaborateur de Chaim Weizmann. Il travailla également comme secrétaire politique de l'Agence juive en Palestine (1929–1931). Namier était né sous le nom de Ludwik Niemirowski dans ce qui fait aujourd'hui partie de la Pologne, et son dévouement au sionisme n'empêcha pas l'anglicisation de son nom. Si le changement de nom parmi les Juifs sionistes britanniques ou américains venus d'Europe de l'Est s'inscrivit dans le processus d'anglicisation ou d'américanisation, le changement de nom en Palestine parmi les colons sionistes commença pendant la période du Mandat et devint une partie intégrante de l'hébraïsation et de la bibliцisation des colons immigrés (Brisman 2000 : 129). L'initiative fut lancée par Yitzhak ben-Tzvi, deuxième président d'Israël, ainsi que par une directive rédigée par Ben-Gourion à l'intention des officiers de l'armée, selon laquelle il était de leur devoir moral d'hébraïser leurs noms, afin de donner l'exemple. En conséquence, l'armée créa un Comité des noms hébreux chargé de proposer des noms hébreux aux officiers et aux soldats. Une brochure fut compilée par Mordechai Nimtsa-Bi (1903‒1949), à la tête de ce comité. Les compilateurs proposèrent quatre groupes de noms hébreux suggérés : les noms de famille, les noms des Tannaïm19 et des Amoraïm,20
British Jewish historian Sir Lewis Bernstein Namier (1888–1960), who immigrated to the UK in 1907, was a long-time Zionist and a close friend and associate of Chaim Weizmann. He also worked as political secretary for the Jewish Agency in Palestine (1929–1931). Namier was born Ludwik Niemirowski in what is now part of Poland, and his devotion to Zionism did not prevent the Anglicisation of his name. While name changing among British or American Zionist Jews who emigrated from Eastern Europe became part of the process of Anglicisation or Americanisation, name changing in Palestine among Zionist settlers began during the Mandatory period and became an integral part of the Hebrewisation and biblicisation of the immigrant settlers (Brisman 2000: 129). The initiative was begun by Yitzhak ben-Tzvi, the second President of Israel, and by a directive written by Ben-Gurion to army officers that it was their moral duty to Hebraicise their names as an example. As a result the Army set up a Hebrew Names Committee to propose Hebrew names to officers and soldiers in the Army. A booklet was compiled by Mordechai Nimtsa-Bi (1903‒1949), the head of the Names Committee. The compilers offered four groups of suggested Hebrew name: family names, names of Taanim19 and Amoraim,20
noms bibliques et noms personnels hébreux. Une liste similaire fut établie quelques années plus tard par Yaakov Arikha sous le titre de Behar likha shem mishpaha ‘Ivri (Choisis pour toi un nom de famille hébreu). Cette brochure, publiée à Jérusalem en 1954 par l’Académie israélienne de la langue hébraïque (qui avait remplacé le Comité de la langue hébraïque d’Eliezer Ben-Yehuda, voir ci-dessous), comprenait des conseils sur la manière de changer de nom de famille, ainsi que des listes de noms hébreux servant d’exemples (Brisman 2000 : 129).