1.5 La Philistie de l'âge du fer comme entité politique distincte : le pays des Peleset, de Gaza à Tantur (1200‒712 av. J.-C.)
1.5 Iron Age Philistia As A Distinct Polity: The Country Of The Peleset From Gaza To Tantur (1200‒712 Bc)
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1.5 Iron Age Philistia As A Distinct Polity: The Country Of The Peleset From Gaza To Tantur (1200‒712 Bc)
Le nom assyrien pi-lis-te (également pilistu palashtu, pilistu, pi-lis-te, pa-laas- ta-a-a, pilishti, pilishtu, pilistu, pilisti, pilistin) désignait une région qui s'étend de Gaza à Tantur, et peut inclure des zones beaucoup plus vastes à l'intérieur des terres. Les formes assyriennes filisti, filistin et palashtu sont des graphies assyriennes de ce nom, employées de manière variable. Il convient peut-être de la distinguer des provinces assyriennes de Tantur (de Tantur à Akka), de Magiddu (مجیدو ; dans la vallée de Jezreel / Marj ibn ‘Amer), de Samerina (les hautes terres centrales) et de la Jérusalem de Sennachérib (y compris Lakhish), ainsi que d'autres régions éventuellement. Pendant une période de six siècles, ces noms ne figurent que sur une poignée d'inscriptions assyriennes.
The Assyrian name pi-lis-te (also pilistu palashtu, pilistu, pi-lis-te, pa-laas- ta-a-a, pilishti, pilishtu, pilistu, pilisti, pilistin) referred to an area that runs from Gaza to Tantur, and may include much larger areas inland. The Assyrian filisti, filistin and palashtu are Assyrian spellings of this name which are used variously. Perhaps it should be distinguished from the Assyrian provinces of Tantur (Tantur to Akka), Magiddu ( مجیدو ; in the Jezreel valley/ Marj ibn ‘Amer), Samerina (the central highlands) and Sennacherib’s Jerusalem (including Lakhish) and possibly other regions. Over a period of six centuries, these names were found on a handful of Assyrian inscriptions.
La Bible hébraïque mentionne un « pays des Plishtim ». Dans la Bible, la mer Méditerranée était aussi connue sous le nom de « mer des Philistins » (Exode).
The Old Testament talks about a ‘land of the Plishtim’. In the Bible the Mediterranean Sea was also known as the ‘Sea of the Philistines’ (Exod.
23:31), qui porte le nom du peuple occupant une grande partie des rivages de la Méditerranée. Les Philistins étaient connus dans l'Ancien Testament sous le nom de Plishtim, et leur territoire méditerranéen sous celui de Pleshet : la Philistie (1 Sam.
23:31), named after the people occupying a large portion of the shores of the Mediterranean. The Philistines were known in the Old Testament as Plishtim and their Mediterranean territory as Pleshet: Philistia (1 Sam.
17:36 ; 2 Sam. 1:20 ; Juges 14:3 ; Amos 1:8). La plupart des spécialistes américains et israéliens de la Bible identifient ce Peleset à un « pays des Philistins » quelque peu historicisé, mais en définitive biblique ; c'est-à-dire, au moins, la région côtière allant de Gaza à Tantur.
17:36; 2 Sam. 1:20; Judg. 14:3; Amos 1:8). Most American and Israeli biblical scholars identify this Peleset with a somewhat historicised, but ultimately biblical ‘land of the Philistines’; that is, at least the coastal region from Gaza to Tantur.
Les récits mythiques militants des livres de Josué, du Deutéronome et de Samuel ont fourni au nationalisme colonial sioniste les dimensions musclées, militaristes et violentes de la « conquête du pays de Canaan » et de l'élimination de ses populations autochtones. Le livre des Juges a également donné au sionisme une autre tradition militariste : les récits de « guerre sainte » associés à la lutte (réelle ou imaginaire) contre les Philistins, ainsi que le récit de Samson (un héros israélite) et de la rusée Dalila, qui trahit Samson au profit des Philistins de Gaza (Juges 16).
The militant myth-narratives of the Books of Joshua, Deuteronomy and Samuel have provided modern Zionist settler-nationalism with the muscular, militaristic and violent dimensions of the ‘conquest of the land of Cana’an’ and elimination of its indigenous people. The Book of Judges has also given Zionism another militarist tradition: the ‘holy war’ stories associated with the (real or imagined) struggle against the Philistines, and the narrative of Samson (an Israelite hero) and cunning Delilah, who betrayed Samson on behalf of the Philistines of Gaza (Judg. 16).
La Philistie de la fin de l'âge du Bronze et de l'âge du Fer était dominée par les Philistins et a évolué en une entité géopolitique distincte, dotée de solides liens commerciaux internationaux, d'une économie propre et d'un environnement urbain sophistiqué. Les Philistins – un peuple très avancé qui, selon l'Ancien Testament, régnait sur les cinq célèbres pentapoles de Philistie : Gaza, Ashkelon, Ashdod, Ékron et Gath (Niesiołowski-Spanò 2011 : 38) – ont, pendant des siècles, souffert du poids d'une représentation inlassablement négative dans les livres et les récits de l'Ancien Testament. De Goliath à Delilah, ils ont incarné l'Autre intrinsèquement mauvais dans le mythe narratif naissant de la nation d'Israël (McDonagh 2004). Dans l'Ancien Testament, les Philistins furent construits comme un bouc émissaire idéologique typique (McDonagh 2004).
Philistia of the late Bronze Age and Iron Age was dominated by the Philistines and evolved into a distinct geo-political entity with strong international trade links, a distinct economy and a sophisticated urban environment. The Philistines – a highly advanced people who, according to the Old Testament, ruled five famed Pentapoli of Philistia: Gaza, Ascalon, Ashdod, Ekron and Gath (Niesiołowski-Spanò 2011: 38) – have, for centuries, suffered under the weight of their relentlessly negative portrayal in the books and stories of the Old Testament. From Goliath to Delilah, they have personified the intrinsically evil Other in the burgeoning narrative myth of the nation of Israel (McDonagh 2004). In the Old Testament, the Philistines were constructed as a typical ideological scapegoat (McDonagh 2004).
Le racisme européen moderne ainsi que les constructions et préjugés bibliques à l'égard des Philistins ont survécu dans la connotation péjorative et offensante du terme occidental moderne : « un philistin est une personne ignorante de la culture, ou qui lui est hostile avec suffisance » (Eban 1984 : 45 ; Rose 2004 : 17 ; McDonagh 2004).
Modern European racism and biblical constructs and prejudices towards the Philistines have survived in the derogatory and offensive connotation of the modern Western term: ‘a philistine is a person ignorant of, or smugly hostile to, culture’ (Eban 1984: 45; Rose 2004: 17; McDonagh 2004).
Il existe des sources pro-sionistes récentes qui semblent suggérer que « p-l-s-t » (« Peleset » ; Philistins) désignait une zone correspondant à peu près à l'actuelle région de Gaza. En réalité, contrairement à ces affirmations propagandistes, dès l'âge du bronze récent et le début de l'âge du fer I (vers 1200 av. J.-C.), les Peleset se sont mêlés aux autres populations locales habitant la région côtière méditerranéenne de la Palestine, de Gaza au sud jusqu'à Tantur au nord. Selon toute vraisemblance, le territoire des Peleset s'étendait plus au nord, jusqu'au mont Carmel. Tantur est le nom anglais international habituel de Tantura. Cette petite ville portuaire palestinienne (dépeuplée lors de la Nakba palestinienne de 1948 ﷺ) est située au sud de Haïfa et à 8 kilomètres au nord-ouest de la ville israélienne de Zikhron Yaakov (fondée en 1882), sur la côte méditerranéenne, à 35 kilomètres au sud de Haïfa. À proximité, Tantura (Tantur) correspond au site antique que les archéologues appellent Tel Dor, ou Dora. Tantur était le centre de la province assyrienne de Tantura et contrôlait la côte jusqu'à Acre pendant environ un siècle. Vers 1100 av. J.-C., les Philistins étendirent leur territoire intérieur vers l'est pour inclure la ville de Beisan (plus tard Scythopolis), une importante cité stratégique située à la jonction du Jourdain et de la plaine d'Esdraelon (arabe : Marj Ibn ‘Amer). La vaste étendue de la région côtière du « pays de p-l-s-t » (« Peleset », « Philistins »), de Tantur au nord jusqu'à Gaza au sud, et comprenant de vastes zones à l'intérieur des terres, suggère que le « pays des Peleset » était quinze à vingt fois plus grand que l'actuelle bande de Gaza, englobant une grande partie du Grand Tel-Aviv, la zone métropolitaine israélienne, qui comprend les villes de Holon et de Petah Tikva, cette dernière connue dans l'historiographie sioniste sous le nom d'Im Hamoshavot, la « Mère des colonies ».
There are recent pro-Zionist sources which seem to suggest that ‘p-l-s-t’ (‘Peleset’; Philistines) was an area corresponding roughly to today’s Gaza region. In fact, contrary to these propagandistic claims, from the Late Bronze Age onwards and the beginning of the Iron Age I (about 1200 BC), the Peleset intermingled with other local populations inhabiting the Mediterranean coastal region of Palestine, from Gaza in the south to Tantur in the north. In all probability, the land of the Peleset extended further north to Mount Carmel. Tantur is the normal international English name for Tantura. This small Palestinian harbour town (depopulated in the Palestinian Nakba of 19488) is located south of Haifa and 8 kilometres north-west of the Israeli town of Zikhron Yaakov (founded in 1882) on the Mediterranean coast, 35 kilometres south of Haifa. Nearby Tantura (Tantur) is the ancient site referred to as Tel Dor, or Dora, by archaeologists. Tantur was the centre of the Assyrian province of Tantura and controlled the coast north to Acre for about a century. Around 1100 BC the Philistines expanded their inland territory eastwards to include the city of Beisan (later Scythopolis), an important strategic city located at the junction of the Jordan River and the Plain of Esdraelon (Arabic: Marj Ibn ‘Amer). The large extent of the coastal region of the ‘land of p-l-s-t’ (‘Peleset’, ‘Philistines’), from Tantur in the north to Gaza in the south and including vast areas inland, suggests that the ‘land of the Peleset’ was fifteen to twenty times larger than the current Gaza Strip, encompassing much of greater Tel Aviv, the Israeli metropolitan area, which includes the cities of Holon and Petah Tikva, the latter known in Zionist historiography as Im Hamoshavot, the ‘Mother of the Colonies’.
Tel-Aviv est une ville qui a émergé de sa ville mère, l'ancienne cité palestinienne de Jaffa, pour finir par la absorber, dont les habitants autochtones ont été chassés en masse en 1948 (Rotbard 2015). L'aire métropolitaine de Tel-Aviv, qui, selon Avishai Margalit (de l'Université hébraïque de Jérusalem), n'a jamais été la patrie historique du peuple juif (Margalit, A. 1991), constitue la plus grande agglomération d'Israël avec 3 700 000 habitants, soit plus de 40 % de la population du pays.
Tel Aviv is a city which grew out of and then consumed its parent, the ancient Palestinian city of Jaffa, whose indigenous inhabitants were driven out en masse in 1948 (Rotbard 2015). The Tel Aviv metropolitan area, which, according to Avishai Margalit (of the Hebrew University of Jerusalem), had never been the historic homeland of the Jewish people (Margalit, A. 1991), constitutes Israel’s largest conurbation with 3,700,000 residents, over 40 per cent of the country’s population.
Dans l'ensemble, la mémoire collective colonialiste israélienne associe les anciens Philistins aux Arabes palestiniens modernes. Les tactiques de nettoyage ethnique sionistes lors de la guerre de 1948 contre les Palestiniens ont manifestement adopté et adapté le récit légendaire de la « guerre sainte » de Samson contre les Philistins. Pour cela, les Israéliens ont officiellement nommé l'une de leurs principales unités de commandos de 1948 les Renards de Samson (Shu'alei Shimshon) ; elle opérait au sein de la brigade Givati, qui a participé à l'expulsion des Palestiniens.
Overall Israeli settler-colonial collective memory links the ancient Philistines with the modern Arabic-speaking people of Palestine. Zionist ethnic cleansing tactics in the 1948 War against the Palestinians evidently adopted and adapted the legendary narrative of Samson’s ‘sacred war’ against the Philistines. To do this, the Israelis officially named one of their key 1948 commando units Samson’s Foxes (Shu’alei Shimshon); it operated within the Givati Brigade which took part in the expulsion of the Palestinians.
De plus, un bataillon de reconnaissance secret portant le même nom, les Renards de Samson, a été rétabli par l'armée israélienne en 2002 pour soutenir son occupation de la bande de Gaza, une région à laquelle la mémoire collective israélienne (biblique) rattache les anciens Philistins. Le logo en forme de renard du Commandement Sud de l'armée israélienne vise lui aussi à entretenir cette même mémoire collective et la lutte israélienne contre le peuple autochtone de Palestine.
Furthermore, a secret reconnaissance battalion of the same name, Samson’s Foxes, was re-established by the Israeli army in 2002, to back its occupation of the Gaza Strip, a region to which Israeli (biblicist) collective memory links to the ancient Philistines. The fox logo of the Israeli Army’s Southern Command is also designed to foster the same collective and Israeli struggle against the indigenous people of Palestine.