9.1 Nouvelles représentations de la Palestine, 1805‒1917
9.1 New Representations Of Palestine, 1805‒1917
Depuis plus de deux millénaires, la Palestine est la destination des trois monothéismes. Tandis que certains de ces hommes et de ces femmes offraient des sacrifices, collectaient des reliques et priaient, d'autres étudiaient, combattaient, prêchaient, fouillaient ou conquéraient. Grenier riche du Croissant fertile, aucune terre n'a été autant le centre du tourisme religieux et de la piété, du pèlerinage et de la colonisation que la Palestine. (Matar 2013 : 913)
For over two millennia, Palestine has been the destination of the three monotheisms. While some of these men and women offered sacrifices, collected relics, and prayed, others studied fought, preached, excavated or conquered. A rich granary in the Fertile Crescent, no land has been as much the focus of religious tourism and piety, pilgrimage and colonization as Palestine. (Matar 2013: 913)
Les voyageurs, pèlerins, écrivains, cartographes, géographes, orientalistes bibliques et chercheurs de romanesque venus d'Europe à l'époque moderne n'avaient ni preuve historique, géographique ou archéologique, ni bonne raison de désigner la Palestine moderne sous le nom de « Canaan ». Ils reproduisaient logiquement les anciennes cartes de la Palaestina, cartes issues de plus d'un millénaire et demi d'Antiquité classique et de christianisme byzantin. Ils s'appuyaient également sur la mémoire toponymique et l'héritage du pays, tant hellénistiques, romains, paléochrétiens, byzantins qu'arabo-islamiques.
Modern European travellers, pilgrims, writers, cartographers, geographers, biblical Orientalists and romance seekers had no historical, geographic or archaeological evidence or good reason to refer to modern Palestine as ‘Cana’an’. They logically reproduced ancient maps of Palaestina, maps derived from more than a millennium and a half of Classical Antiquity and Byzantine Christianity. They also relied on the Hellenistic, Roman, early Christian, Byzantine and Arab Islamic toponymic memory and heritage of the country.
Au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, l'orientalisme romantique européen et la « géographie biblique » de la Palestine connurent un essor phénoménal, et de volumineuses publications sur la géographie historique de la Palestine commencèrent à paraître, non seulement en latin, mais aussi dans les langues vernaculaires européennes. Parmi celles-ci figurent les travaux de Hadrianus Relandus (1676‒1718), éminent orientaliste, cartographe et philologue néerlandais, qui apporta une contribution durable à la recherche sur la géographie scripturaire de la Palestine (Pailin 1984 : 212). Son œuvre était principalement de nature philologico-théologique et comprenait *Antiquitates Sacrae veterum Hebraeorum* (1708) et *Palaestina ex monumentis Veteris illustrata* (1714), rédigés en latin, dans lesquels il cherchait à décrire la géographie de la « Palestine biblique ».
In the 17th and 18th centuries European romantic Orientalist and ‘biblical geography’ of Palestine increased phenomenally and voluminous publications on the historical geography of Palestine began to appear not only in Latin but in vernacular European languages. This included the works of Hadrianus Relandus (1676‒1718), a prominent Dutch Orientalist, cartographer and philologist who made a lasting contribution to research on the scriptural geography of Palestine (Pailin 1984: 212). His work was mainly philological-theological in character and included Antiquitates Sacrae veterum Hebraeorum (1708) and Palaestina ex monumentis Veteris illustrata (1714), written in Latin, in which he sought to describe the geography of ‘biblical Palestine’.