7.1 La Palestine sur les cartes du monde arabes et vénitiennes (XIIe‒XVe siècles) : les cartes de Muhammad Al-Idrisi (1154), Pietro Vesconte, Marino Sanudo et Fra Mauro (1450)
7.1 Palestine On Arab And Venetian World Maps (12th‒15th Centuries): The Maps Of Muhammad Al-idrisi (1154), Pietro Vesconte, Marino Sanudo And Fra Mauro (1450)
Les gloires de la géographie et de la cartographie arabes se sont prolongées bien après le Moyen Âge tardif : en 1154, à l'apogée du royaume latin croisé de Jérusalem, la Palestine figurait sur la carte du monde de l'œuvre arabe majeure Nuzhat al-Mushtaq fi’khtirāq al-Afaq (traduite par Le Plaisir de celui qui désire traverser les horizons), réalisée par le géographe et cartographe arabe andalou Muhammad al-Idrisi (1100–1165), le plus éminent géographe de son époque. Connue en latin sous les noms de Tabula Rogeriana (en arabe : Kitab Rujar, Le Livre de Roger) et d'Opus Geographicum, le chef-d'œuvre d'al-Idrisi, véritable somme d'informations géographiques et description du monde connu, comprenait une carte du monde où figurait Filastin en arabe.
The glories of Arab geography and cartography continued well into the late Middle Ages and in 1154, at the height to the Latin Crusader Kingdom of Jerusalem, Palestine was mentioned on the world map of the Arabic magnum opus, Nuzhat al-Mushtaq fi’khtirāq al-Afaq (translated as The Pleasure of Him who Longs to Cross the Horizons), produced by Andalusian Arab geographer and cartographer Muhammad al-Idrisi (1100–1165), the foremost geographer of his age. Becoming famous in Latin as the Tabula Rogeriana (Arabic: Kitab Rujar, The Book of Roger) and Opus Geographicum, al-Idrisi’s masterpiece of geographical information and a description of the known world included a world map, showing Filastin in Arabic.
Sachant qu'al-Idrisi travaillait des décennies après la victoire des croisés à Jérusalem (il était né un an après), l'intérêt pour la Palestine était à son comble, et les cartes et la littérature la concernant étaient très recherchées.
Bearing in mind that al-Idrisi was working decades after the Crusaders’ victory in Jerusalem (he was born a year after), interest in Palestine was at an all-time high, and maps and literature including the country were sought after.
Al-Idrisi s'était installé à Palerme, alors capitale d'une puissance méditerranéenne montante et centre de convivencia culturelle entre chrétiens et musulmans arabes, et il avait travaillé pendant quinze ans sur les commentaires et les illustrations de la carte à la cour du roi normand Roger II, fondateur du Royaume de Sicile dans la première moitié du XIIe siècle, dont l'héritage culturel était mêlé, qui commanda l'ouvrage vers 1138 (Houben 2002 :