3.5 L'essor de Césarée-de-Palestine
3.5 The Rise Of Caesarea-palaestina
Les Romains réorientèrent la Palestine vers la région méditerranéenne, ce qui entraîna la fondation puis l'essor spectaculaire de la ville côtière de Césarée Maritime (grec : Parálios Kaisáreia ; Παράλιος Καισάρεια), également connue sous le nom de Césarée-de-Palestine (ou « Césarée de Palestine »). Pendant des siècles, Césarée-de-Palestine servit de capitale à la Palestine et de l'un des plus importants centres culturels de la région méditerranéenne, remplaçant de fait les deux grandes cités d'Athènes et d'Alexandrie. À l'origine un village palestinien/phénicien situé sur la côte méditerranéenne, Césarée-de-Palestine devint l'une des quatre colonies romaines (coloniae) destinées aux vétérans démobilisés dans la province de Syrie-Palestine (Butcher 2003 : 230), en l'honneur d'Auguste César.
The Romans reoriented Palestine towards the Mediterranean region and this resulted in the establishment and subsequent spectacular rise of the coastal city of Caesarea Maritima (Greek: Parálios Kaisáreia; Παράλιος Καισάρεια), which was also famously known as Caesarea-Palaestina (or ‘Caesarea of Palestine’). For centuries Caesarea-Palaestina would serve as the capital of Palestine and one of the most important cultural centres in the Mediterranean region, in effect replacing the two great cities of Athens and Alexandria. Originally a Palestinian/Phoenician village on the Mediterranean coast, Caesarea-Palaestina became one of four Roman settlements (coloniae) for demobilised veterans in the province of Syria-Palaestina (Butcher 2003: 230), named in honour of Augustus Caesar.
La ville romaine et son grand port furent considérablement agrandis par le roi client de Rome en Judée, en Palestine, Hérode le Grand (en grec :
The Roman city and its major harbour were spectacularly expanded by the Roman client king of Judaea in Palestine, Herod the Great (Greek:
Hérode), qui régna de 37 à 4 av. J.-C. Hérode, dont les ancêtres étaient des Iduméens (possiblement d'origine arabe nabatéenne) convertis au judaïsme hellénistique, devint célèbre pour son programme de construction colossal, comprenant la construction du port de Césarée Maritime, du temple de style grec à Jérusalem (« le Temple d'Hérode ») et de la forteresse de Massada.
Horodos), who ruled from 37 to 4 BC. Herod, whose ancestors were Idumites (possibly of Nabataean Arab origins) who had converted to Hellenistic Judaism, became known for his colossal building programme, including the construction of the port at Caesarea Maritima, the Greekstyle temple in Jerusalem (‘Herod’s Temple’) and the fortress at Massada.
Il a également construit ou reconstruit plusieurs forts militaires le long de la Via Maris.
He also constructed or rebuilt several military forts along the Via Maris.
La construction d'un port massif à Césarée Maritime a signalé le déclin de l'importance de Jaffa (Joppé) en tant que port historique. Deux ans après la mort d'Hérode, Césarée Maritime devint le siège d'un préfet romain – chef d'une circonscription administrative – à partir de l'an 6 de notre ère.
The construction of a massive port at Caesarea Maritima signalled the decline of Joppa (Jaffa) in importance as a historic harbour. Two years after the death of Herod, Caesarea Maritima became the seat of a Roman prefect – head of an administrative area – beginning in 6 AD.
Pour distinguer Césarée Maritime de Césarée de Philippe (ou Césarée de Panéas) – nom qui s'est transformé en Banyas, dans le Golan, à l'époque arabe moderne – et de Césarée de Cappadoce (dans l'actuelle Turquie), Césarée Maritime fut connue, dans toute la région méditerranéenne et dans le monde chrétien, sous le nom de Césarée-de-Palestine. La réputation de son académie, de sa bibliothèque et de ses savants chrétiens s'accrut considérablement du IIIe au VIe siècle, au point qu'elle remplaça effectivement Alexandrie comme le plus grand centre du savoir de la Méditerranée orientale.
To distinguish Caesarea Maritima from Caesarea Philippi (or Caesarea Paneas) – a name which mutated into modern Arab Banyas in the Golan Heights – and Caesarea Cappadocia (modern Turkey), Caesarea‑Maritima became famously known throughout the Mediterranean region and Christian world as Caesarea-Palaestina. The reputation of its academy, library and Christian scholars soared throughout the 3rd‒6th centuries as it effectively replaced Alexandria as the most important learning centre in the Eastern Mediterranean.
Césarée-de-Palestine fut décrite en détail par Josèphe, historien juif romain du Ier siècle, dans son ouvrage La Guerre des Juifs (1981). Siège du gouvernement romain en Palestine, Césarée devint peu à peu la plus grande et la plus importante ville du pays, ainsi que le centre économique et politique de la Palestine romaine et byzantine. Sa prééminence fut encore renforcée après la révolte et la guerre de Bar Kokhba, menées par les Juifs vers la fin du règne de l'empereur romain Hadrien (132‒136 apr. J.-C.). La ville et son grand port furent largement reconstruits par Hadrien, et à son apogée la cité couvrait une superficie urbaine d'environ mille acres, soit près de cinq fois la taille de Jérusalem. Les éloges sur la splendeur et les attributs physiques de Césarée et des autres villes de la Provincia Palaestina étaient courants dans les sources romaines. Ammien Marcellin, soldat et historien romain du IVe siècle, né dans une famille grecque païenne de Syrie ou de Phénicie, dont l'œuvre était très estimée de l'historien anglais Edward Gibbon, décrit ainsi la Provincia Palaestina vers 380 apr. J.-C. :
Caesarea-Palaestina was described in detail by the 1st century Roman Jewish historian Josephus in his work The Jewish War (1981). As the headquarters of the Roman government in Palestine, Caesarea gradually became the largest and most important city in the country and the economic and political hub of Roman and Byzantine Palestine. Its predominance was elevated further after the Jewish Bar Kochba revolt and war, waged in the course of the later years of the Roman Emperor Hadrian (132‒136 AD). The city and its big harbour were extensively rebuilt by Hadrian and at its height the city covered an urban area of nearly a thousand acres – almost five times the size of Jerusalem. Praise for the splendour and physical attributes of Caesarea and other cities of Provincia Palaestina were common in Roman sources. Ammianus Marcellinus, a 4th century Roman soldier and historian, born to a Greekspeaking pagan family in Syria or Phoenicia – whose work was highly regarded by English historian Edward Gibbon – describes Provincia Palaestina in c. 380 AD as follows:
La dernière région des Syries est la Palestine, qui s'étend sur une vaste étendue de territoire et abonde en terres cultivées et bien entretenues ; elle possède aussi quelques villes splendides, dont aucune ne le cède aux autres, mais qui rivalisent entre elles, pour ainsi dire, au cordeau. Ce sont Césarée, que Hérode fit bâtir en l'honneur de l'empereur Octavien, Éleuthéropolis [Beit Jibrin] et Néapolis [Naplouse], ainsi qu'Ascalon et Gaza, construites à une époque antérieure. Dans ces contrées, on ne voit nulle part de fleuve navigable, mais en de nombreux endroits jaillissent des sources chaudes naturelles, propres à de multiples usages médicinaux. (Ammien Marcellin, vers 380, livre XIV : 8, 11 ; cité dans Johnson, L. 2000 : 36)
The last region of the Syrias is Palestine, extending over a great extent of territory and abounding in cultivated and well-kept lands; it also has some splendid cities, none of which yields to any of the others, but they rival one another, as it were, by plumb-line. These are Caesarea, which Herodes built in honour of the emperor Octavianus, Eleutheropolis [Beit Jibrin], and Neapolis [Nablus], along with Ascalon and Gaza, built in a former age. In these districts no navigable river is anywhere to be seen, but in numerous places natural warm springs gush forth, adapted to many medicinal uses. (Ammianus Marcellinus c. 380, Book XIV: 8, 11; cited in Johnson, L. 2000: 36)
Dès le début du IIIe siècle, Césarée de Palestine devint la métropole civile de la Palestine, et plus tard, lorsque la Palestine fut divisée en trois provinces (voir ci-dessous), elle resta la capitale de la Palaestina Prima. Aux IIIe et IVe siècles, la population diverse de cette ville méditerranéenne pluraliste comprenait des citoyens gréco-romains qui vénéraient des divinités gréco-romaines, des Samaritains, des Juifs de langue grecque et araméenne (Donaldson 2000), des chrétiens de langue grecque, des chrétiens de langue araméenne et des chrétiens arabes.
From the early 3rd century Caesarea-Palaestina became the civil metropolis of Palestine, and later, when Palestine was divided into three provinces (see below), it remained the capital of Palaestina Prima. In the 3rd and 4th centuries the diverse population of this pluralistic Mediterranean city included Greco-Roman citizens worshipping Greco-Roman deities, Samaritans, Greek and Aramaic-speaking Jews (Donaldson 2000), Greekspeaking Christians, Aramaic-speaking Christians and Arab Christians.