Il est d'une nécessité absolue de comprendre le concept de consultation (Shura), tel qu'il est utilisé en Islam, et ce qu'il signifie réellement avant de s'engager dans une discussion détaillée sur Majlis al-Ummah, qui est le corps principal participant à la consultation (Shura). Allah (SWT) déclare dans le Coran :
It is of utmost necessity to comprehend the concept of shura (consultation), as used in Islam, and what it actually means before indulging in a detailed discussion on Majlis al-Ummah, which is the main body that participates in shura. Allah (swt) states in the Qur’an:
« Pardonne-leur, implore le pardon pour eux et consulte-les pour les affaires, puis quand tu as pris une décision, place ta confiance en Allah. » [TMQ 3:159].
“Pardon them and ask forgiveness for them and consult with them upon the conduct of affairs, and when you have decided (upon a course of action), place your trust in Allah.” [TMQ 3:159].
« Et ceux qui répondent à l'appel de leur Seigneur, accomplissent la prière et dont les affaires sont décidées par consultation. » [TMQ 42:38].
“And those who answer the call of their Lord and establish worship, and whose affairs are a matter of counsel.” [TMQ 42:38].
Les deux versets (Ayah) mentionnés ci-dessus sont directement liés à la question de la consultation. La Shura dénote l'engagement dans une consultation mutuelle ou des discussions mutuelles concernant une question particulière, c'est-à-dire le fait de recueillir l'opinion des gens. Le fait de recueillir des opinions incombe au calife ou à tout émir ou personne responsable, qu'il s'agisse d'un dirigeant ou d'un chef. Quant à la déclaration de l'opinion à la personne responsable, qu'il s'agisse d'un dirigeant ou d'un chef, il s'agit simplement d'une naseeha (conseil).
The two ayat (verses of Qur’an) mentioned above are directly related to the issue of consultation. Shura denotes engaging in mutual consultation or mutual discussions regarding a particular matter i.e. taking people’s opinion. Taking opinions occurs on the part of the Khaleefah or any Amir or responsible person be it a ruler or a leader. As for the declaration of the opinion to the person in charge, be it a ruler or a leader, it is just a naseeha (advice).
Avant d'aborder l'application de la consultation (Shura), telle qu'adoptée par le Messager d'Allah ﷺ en ce qui concerne nos affaires de nos jours, nous devons étudier l'idée de solliciter un avis et lever toute ambiguïté existant dans l'esprit des musulmans. En réalité, un avis peut être sollicité concernant :
Before addressing the application of shura, as taken by the Messenger of Allah (saw) in relation to our affairs nowadays, we need to study the idea of taking an opinion, and remove any ambiguity existing in the minds of the Muslims. Realistically, an opinion can be taken regarding :
1. Questions de charia (questions législatives).
1. Matters of Shari‘ah (legislative matters).
2. Questions d'intellect ou de technicité.
2. Matters of Intellect or Technicalities.
3. Les opinions qui mènent directement à des actions dans les questions de permis (Mubah).
3. Opinions which directly lead to actions in mubah issues.
1. Les questions de la charia (questions législatives) : En ce qui concerne les questions de la charia, il n'y a aucune consultation (Shura). Afin de parvenir à l'opinion islamique dans toute question de la charia, un effort d’interprétation (Ijtihad) approprié doit être mené, ce qui signifie que l'opinion de personne ne doit être prise dans les questions liées à la révélation (Wahy), c'est-à-dire l'illicite (Haram) et le licite (Halal). Cela peut être observé dans l'action du Messager ﷺ lors du Traité de Hudaybiyah. Lors de cet incident, il ﷺ n'a pas consulté les compagnons et a refusé d'écouter leurs plaintes concernant les termes du traité, disant : « ...et je ne désobéirai pas à Ses (SWT) commandements. »
1. Matters of Shari‘ah (legislative matters) : As for matters of Shari‘ah, there is no shura at all. In order to reach the Islamic opinion in any Shari‘ah matter, proper ijtihad must be conducted, meaning no one’s opinion should be taken in matters related to wahi (the revelation), i.e. haram and halal. This can be seen in the action of the Messenger (saw) in the Treaty of Hudaybiyah. In that incident he (saw) did not consult the companions and refused to listen to their complaints regarding the terms of the treaty, saying, “...and I will not disobey His (swt) commands.”.
2. Questions d'intellect ou de technicité : Pour les questions relevant de l'intellect ou de la technicité, seuls ceux possédant la connaissance de ce domaine spécifique seraient consultés. Par exemple, lors de la bataille d'Ahzab, le Prophète ﷺ reçut la nouvelle d'une dangereuse confédération, composée de 10 000 personnes, visant à assiéger Médine. Les musulmans de Médine décidèrent de combattre l'ennemi envahisseur depuis l'intérieur de leur ville, et ils occupèrent tous les bâtiments entourant Médine. Cependant, une zone restait ouverte, où Salman al-Faresi suggéra qu'une tranchée soit creusée à cet endroit, comme les Perses avaient l'habitude de le faire dans des situations similaires. Le Prophète ﷺ accepta le conseil, et il participa lui-même au creusement de cette tranchée.
2. Matters of Intellect or Technicalities: For matters of intellect or technicalities only those with the knowledge of that specific field would be consulted. For example, in the Battle of Ahzab, the Prophet (saw) received news of a dangerous confederacy, consisting of 10,000 people, aiming to besiege Madinah. The Muslims in Madinah decided to fight against the invading enemy from inside their town, and they manned all the buildings surrounding Madinah. However, there was one area left open, where Salman al-Faresi suggested that a trench be dug in that place, as the Persians used to do in similar situations. The Prophet (saw) accepted the advice, and he himself took part in digging that trench.
3. Les opinions qui mènent directement à des actions dans les questions permis (Mubah) : Enfin, les opinions qui mènent directement à des actions dans les affaires permis (Mubah) de l'Islam, où aucune expertise n'est requise pour parvenir à une conclusion, et qui sont distinctes des commandements du Coran et de la sunna, peuvent faire l'objet de la contribution de la communauté (Ummah). C'est le domaine du Majlis al-Ummah. Dans ce cas, les souhaits de la communauté (Ummah) seraient recherchés afin que l'implication de la communauté (Ummah) demeure active. Allah (SWT) déclare dans le Coran :
3. Opinions which directly lead to actions in the Mubah issues : Finally, opinions which directly lead to actions in the mubah affairs of Islam where no expertise is required to arrive at a conclusion, and are apart from the commands of Qur’an and Sunnah, may have the Ummah’s input. This is the domain of the Majlis al-Ummah. In this case, the Ummah’s wishes would be sought so that the Ummah’s involvement remains active. Allah (swt) states in the Qur’an:
« Pardonne-leur, implore le pardon pour eux et consulte-les pour les affaires, puis quand tu as pris une décision, place ta confiance en Allah. » [TMQ 3:159].
“Pardon them and ask forgiveness for them and consult with them upon the conduct of affairs, and when you have decided (upon a course of action), place your trust in Allah.” [TMQ 3:159].
Ce dernier domaine, dans lequel la consultation (Shura) peut être sollicitée, est le domaine dans lequel le Majlis al-Ummah joue un rôle actif, c'est-à-dire dans les questions qui sont permis (Mubah). À ce stade, lorsqu'on sollicite cet avis, cela devient mashura. Ainsi, la mashura signifie prendre l'avis de la majorité au sein du Majlis al-Ummah concernant les questions permis (Mubah), ce qui devient contraignant pour l'appareil de gouvernance de le mettre en œuvre. Un exemple dans lequel le Majlis al-Ummah jouerait un rôle pourrait être le choix de l'endroit où une école ou un hôpital devrait être construit dans une communauté.
This final area, in which shura may be sought, is the area in which the Majlis al-Ummah plays an active role, i.e. in the mubah issues. At this point, when this opinion is sought, it becomes mashura. Thus, mashura means taking the opinion of the majority in Majlis al-Ummah concerning mubah matters, which becomes binding upon the ruling apparatus to implement. An example in which the Majlis al-Ummah would play a role could be choosing the place of where a school or hospital should be built in a community.