12.3 Celui dont le récit est accepté et celui dont le récit n'est pas accepté, et l'explication de (la science de) l'invalidation et de l'attestation de fiabilité (al-jarh Wa Ta'dīl)
12.3 The One Whose Narration Is Accepted And The One Whose Narration Is Not Accepted And The Exposition Of (the Science Of) Invalidation And Attestation Of Reliability (al-jarh Wa Ta'dīl)
et dābit (précis) dans ce qu'il rapporte. Quant à l'‘adil, c'est le musulman, mature, sain d'esprit, qui est exempt des causes de fisq (transgression) et de tout doute quant à sa piété. Quant au dābit, c'est celui qui est vigilant et non oublieux ; il mémorise sa narration s'il rapporte de mémoire, il est précis dans sa transcription s'il rapporte d'un livre, et il connaît le sens de ce qu'il transmet ainsi que ce qui pourrait modifier le sens voulu s'il rapporte par le sens.
and dābit (accurate) in that which he narrates. As for the ‘adil, it is the Muslim, mature, sane person who is free from the causes of fisq (transgression) and doubt in his piety. As for the dābit, he is the one who is aware and not forgetful; a memoriser of his narration if he narrates from memory, and accurate in his transcription if he narrates from a book, and knowledgeable of the meaning of what he transmits and of what will change the intended meaning if he narrates by meaning.
L'adālah (fiabilité) d'un rapporteur est établie par le fait qu'il soit connu pour son bien et par les éloges qui lui sont adressés ; ainsi, quiconque devient bien connu pour sa fiabilité parmi les gens de la transmission et leurs semblables parmi les gens de la science, et dont la fiabilité et l'adālah (fiabilité) sont largement reconnues, cela lui suffit pour ne pas avoir besoin de toute preuve testimoniale de son adālah (fiabilité). L'adālah d'un transmetteur est établie de la même manière par l'attestation (ta’dīl) des imams ou par l'un d'entre eux si sa fiabilité et l'approbation savante à son égard ne sont pas bien connues.
The adālah (trustworthiness) of a narrator is established by his becoming known with good and the praise given to him; so whoever becomes well known for his trustworthiness amongst the people of transmission and their like from the people of knowledge and praise for his reliability and trustworthiness become widely known, this suffices him from needing any testimonial proof of his adālah (trustworthiness). The adālah of a transmitter is established likewise by the attestation (ta’dīl) of the imams or by one of them if his trustworthiness and scholarly approval of him is not well known.
La précision (*dabt*) d'un transmetteur est connue en comparant ses narrations avec celles des narrateurs fiables (*thiqāt*) qui sont reconnus pour leur exactitude et leur précision. Si ses narrations s'avèrent être en accord avec leurs narrations, même (seulement) dans le sens, ou si elles sont en accord dans la majorité des cas et que les divergences sont rares, alors sa précision est établie.
A transmitter’s accuracy (dabt) is known by comparing his narrations with that of the reliable (thiqāt) narrators who are known for their accuracy and precision. If his narrations are found to be in accord with their narration even if (only) in meaning or they are in accordance in the majority of cases and divergences are rare then his accuracy is established.
L'attestation (ta’dīl) de la fiabilité d'un transmetteur est acceptée, que le raisonnement soit mentionné ou non ; contrairement à l'invalidation (jarh). En raison des avis divergents des gens quant aux causes de la mafsaqah (transgression), celle-ci (le jarh) n'est pas acceptée sauf lorsque la raison a été expliquée et clarifiée. Celui qui invalide (jārih) un transmetteur peut croire qu'une chose constitue une transgression, il juge alors le transmetteur faible, mais en réalité il se peut qu'il n'en soit pas ainsi, ou qu'il n'en soit pas ainsi selon d'autres ; c'est-à-dire que l'on peut considérer quelque chose comme une invalidation sur la base de ce que l'on croit être une invalidation alors qu'en réalité ce n'est pas une invalidation (légitime). C'est pourquoi l'explication de la raison de l'invalidation a été faite condition, afin que l'on puisse examiner s'il s'agit ou non d'une invalidation (légitime). L'invalidation peut être établie par une seule personne ; il n'y a pas de stipulation sur le nombre. Une seule personne suffit pour attester (ta’dīl) et invalider (tajrīh) l'adalāh d'un transmetteur car cela constitue la transmission d'un rapport pour lequel une seule personne suffit. De même, dans l'acceptation d'un rapport – en réalité une seule personne suffit – le nombre n'est pas stipulé pour invalider ou attester l'adalāh d'un transmetteur. Lorsqu'une invalidation (jarh), dont la raison est clarifiée, et une attestation se combinent en une seule personne, alors l'invalidation (jarh) est privilégiée, même s'il y a beaucoup de personnes attestant de l'adalāh (du transmetteur), car celui qui atteste (mu'addil) de la fiabilité d'un transmetteur informe de ce qui est apparent de l'état du transmetteur, tandis que celui qui invalide (jārih) informe de ce qui est caché et dissimulé à celui qui valide. Quant au fait que le nombre de ceux qui valident soit plus grand, cela n'a aucune valeur car ce n'est pas la cause juridique (‘Illah) de l'acceptation du rapport. La cause est plutôt la familiarité (itlā’) (avec l'état d'un transmetteur) ou le manque de familiarité. Les fuqahā ont restreint cela aux cas où le témoin de réhabilitation (mu’addil) ne dit pas : « Je connais la raison mentionnée par le critique (jārih), mais il s'est repenti depuis et sa condition s'est améliorée ». Lorsque le jārih mentionne une raison spécifique d'invalidation, le mu'addil peut l'annuler s'il sait quoi que ce soit qui indique de manière définitive que la cause juridique (Illah) a été annulée.
Attestation (ta’dīl) of a transmitter's reliability is accepted, whether the reasoning is mentioned or not; contrary to the invalidation (jarh). Due to the divergent views of people as to the causes of mafsaqah (transgression), it (jarh) is not accepted except when the reason has been explained and clarified. The one who invalidates (jārih) a transmitter may believe something to be a transgression so he judges the transmitter as weak but in reality it may not be so, or it might not be so according to others; that is, one may consider something as an invalidation based on what he believes to be an invalidation which in reality is not a (legitimate) invalidation. That is why explanation of the reason for invalidation has been made a condition so that one can look into whether it is a (legitimate) invalidation or not. The invalidation can be established by one person; there is no stipulation on the number. One person is sufficient in attesting (ta’dīl) and invalidating (tajrīh) a transmitter's adalāh because it constitutes the informing of a report for which one person is sufficient. Similarly, in the accepting of a report – rather one person is sufficient - the number is not stipulated in invalidating or attesting a transmitter’s adalāh. When there combines in one person an invalidation (jarh), the reason for which is clarified, and an attestation, then the invalidation (jarh) is given precedence, even if there are many people attesting to (the transmitter’s) adalāh because the one who attests (mu'addil) a transmitter’s reliability informs of what is apparent of the transmitter’s condition but the one who invalidates (jārih) informs of what is hidden and concealed from the one who validates. As for the number of those validating being greater that is of no value for that is not the reason (‘illah) for accepting the report. Rather, the reason is familiarity (itlā’) (with a transmitter’s condition) or the lack of familiarity. The fuqahā restricted this to when the attestator (mu’addil) does not say: ‘I know the reason mentioned by the jārih but he has since repented and his condition has improved’. When the jārih mentions a specific reason for invalidation, the mu'addil can nullify it if he knows anything that indicates definitely that the reason has been nullified.
Le dénigrement (d'un rapporteur) peut survenir pour dix raisons. Cinq d'entre elles concernent l' 'adālah et cinq concernent la précision (dabt). Quant aux cinq qui concernent l' 'adālah, ce sont : le mensonge (kidhb), l'accusation (de toute impropriété), la manifestation de la fisq, l'ignorance (jahālah) et l'innovation (bid'ah). Quant aux cinq qui concernent la précision (dabt), ce sont : les erreurs graves, la négligence flagrante, l'illusion (wahm), la contradiction entre les rapports de rapporteurs fiables, et la mauvaise capacité de mémorisation.
Disparagement (of a transmitter) can take place due to ten things. Five of them relate to 'adālah and five relate to accuracy (dabt). As for the five that relate to the 'adālah they are: mendacity (kidhb), accusation (of any impropriety), manifestation of fisq, ignorance (jahālah) and innovation (bid'ah). As for the five which relate to accuracy (dabt) they are: serious errors, flagrant negligence, delusion (wahm), contradicting reports of reliable transmitters, and bad retentive ability.
Quant au rapporteur dont l'état est inconnu (majhūl al-hāl), il existe plusieurs catégories :
As for the transmitter whose condition is not known (majhūl al-hāl), there are categories:
1. Majhūl al-‘adālata dhāhiran wa bātinā : un rapporteur dont l'adālah apparente et cachée n'est pas connue ; sa narration n'est pas acceptée.
1. Majhūl al-‘adālata dhāhiran wa bātinā: a transmitter whose apparent and hidden adālah is not known; his narration is not accepted.
2. Mastūr : un transmetteur dont l'état caché est inconnu mais qui est intègre sur l'apparent ; c'est un narrateur ayant un dossier irréprochable (mastur). La narration de ce transmetteur est utilisée.
2. Mastūr: a transmitter whose hidden condition is not known but he is upright on the apparent; He is a narrator with a blameless record (mastur). This transmitter's narration is used.
3. Majhūl al-‘ayn : un rapporteur qui n'est pas connu des savants (Ulama), et dont le hadith n'est connu qu'à travers un seul narrateur.
3. Majhūl al-‘ayn: a transmitter who is not known to the ulamā’, and whose hadīth is known only through one narrator.
L'anonymat du transmetteur est levé par sa connaissance des savants (Ulama) ou par la narration des attestateurs (mu’addalīn) à son sujet. Une seule narration ou une seule attestation (tadeel) suffit. Al Bukhāri a rapporté d'al-Walīd ibn Abd al-Rahmān al-Jārūdī alors que nul autre que son fils al Mundhir ibn al-Walīd n'a rapporté de lui. De même, Muslim a rapporté de Jābir ibn Ismā’īl al Hadramī alors que seul Abdullah ibn Wahb a rapporté de lui. Ainsi, l'anonymat des deux a été levé par une seule narration.
Anonymity of the transmitter is removed by his acquaintance of the ulamā’ or by the narration of the attestators (mu’addalīn) about him. One narration or one attestation (tadeel) is enough. Al Bukhāri narrated from al-Walīd ibn Abd al-Rahmān al-Jārūdī while none except his son al Mundhir ibn al-Walīd narrated from him. Similarly, Muslim narrated from Jābir ibn Ismā’īl al Hadramī while only Abdullah ibn Wahb narrated from him. Thus the anonymity of both was lifted by a lone narration.