Ceci concerne l'opinion appartenant à la même catégorie que dans le cas d'Uhud, c'est-à-dire une opinion qui conduit à l'accomplissement d'une action. Ainsi, pour toute opinion qui mène à l'accomplissement d'une action, la majorité est privilégiée, comme dans l'élection d'un dirigeant, ou la destitution d'un gouverneur (wali), ou pour décider d'un projet, etc. Il est impératif que l'opinion de la majorité soit adoptée et qu'elle soit contraignante, qu'elle soit juste ou erronée.
This is regarding the opinion over the same category as in the case Uhud that is, an opinion which leads to the undertaking of an action. So in any opinion which leads to the undertaking of an action, the majority is preferred such as in the election of a leader, or the removal of a governor (wali) or to decide on a project etc. It is incumbent that the majority opinion be adopted and that is binding irrespective of whether it was right or wrong.
Après l'application des preuves à la réalité des opinions dans le monde, il devient clair que l'opinion contraignante, c'est-à-dire celle dans laquelle la majorité est privilégiée, appartient à la même catégorie que dans le cas d'Uhud. Elle relève de la « al-mashura » mentionnée dans la parole du Prophète ﷺ : « Si vous vous mettez tous deux d'accord sur une mashura... ». C'est l'opinion qui conduit à l'entreprise d'une action. Tout ce qui en dehors de cela n'est pas contraignant et il n'est pas obligatoire d'agir en se basant sur l'avis de la majorité. Ainsi, l'opinion contraignante, c'est-à-dire celle dans laquelle l'opinion de la majorité est privilégiée, est restreinte à un type d'actions qui existent dans le monde, à savoir l'opinion qui traite de l'action qui doit être accomplie. En raison de cette application, il devient également clair que pour la règle de la charia et l'opinion qui mène à une pensée ou à une question technique, aucune attention n'est accordée à l'opinion de la majorité dans les deux cas. Pour la règle de la charia, seule la force de la preuve est prise en compte. Et dans l'opinion qui mène à une pensée ou à une question technique, c'est-à-dire qui est du type d'une opinion de guerre ou de stratégie, seule l'opinion correcte reçoit attention et rien d'autre.
After the application of the evidences on the reality of opinions in the world it becomes clear that the binding opinion i.e, in which the majority is preferred, is of the same category as in the case of Uhud. It falls under the ‘al-mashura’ mentioned in his saying: “If both of you agree on a mashura...” It is the opinion which leads to the undertaking of an action. Anything besides that is not binding and it is not obligatory to act upon based on the view of the majority. Thus, the binding opinion that is, in which the majority opinion is preferred, is restricted to one type of the actions that exist in the world which is the opinion that discusses the action which needs to be performed. Due to this application it also becomes clear that for the Sharī’ah rule and the opinion which leads to a thought or a technical matter no attention is given to the majority opinion in both cases. For the Sharī’ah rule, only the strength of the evidence is taken into account. And in the opinion which leads to a thought or technical matter i.e, which is of the type of opinion, war or strategy, only the correct opinion is given attention and nothing else.
Par conséquent, la définition est une opinion qui n'est pas contraignante, c'est-à-dire que l'opinion de la majorité n'est pas suivie puisqu'elle ne relève aucunement de la « mashura », car l'incident d'Uhud ne s'y applique pas. Cependant, la question de la définition appartient également à l'opinion qui indique une réflexion, car l'étude du statut légal (Hukm) islamique (Shar’i) afin de le définir, ainsi que l'étude de l'esprit pour le définir, constituent l'étude d'une chose réelle afin de parvenir à la compréhension de sa réalité, c'est-à-dire la compréhension de sa véritable nature. Chaque fois qu'elle est en accord avec la réalité, c'est ce qui est privilégié. Par conséquent, dans la définition d'une chose, ce qui est privilégié est l'opinion correcte. Dans ce cadre, la règle de la charia n'est pas étudiée et aucune importance n'est accordée à l'opinion de la majorité. Il n'y a pas de différence entre la définition de la charia et la définition de toute autre chose. Ainsi, lorsque la définition est inclusive (jami’) de tous les composants de l'objet défini sans exception ni exclusion de l'un des composants de la définition, et qu'elle restreint l'inclusion de tout composant qui ne relève pas du sens de la définition, alors cette définition est privilégiée par rapport aux autres définitions ; en d'autres termes, l'opinion correcte est privilégiée parce qu'elle est en accord avec la réalité de l'objet défini et donne la description véritable de cette réalité.
Therefore, the definition is an opinion which is not binding i.e; the majority opinion is not followed since in no way does it fall under ‘mashura’, because the incident of Uhud does not apply to it. However, the question of definition also belongs to the opinion which indicates a thought because the study of the hukm shar’i in order to define it and the study of the mind to define it is the study of an actual thing in order to arrive at the understanding of its reality i.e, the understanding of its true nature. Whenever it is in agreement with the reality then that is what is preferred. Therefore, in defining a thing what is preferred is the correct opinion. In this the Sharī’ah rule is not studied and nor is any importance attached to the opinion of the majority. There is no difference between the Sharī’ah definition and the definition of any other thing. So when the definition is inclusive (jami’) of all components of the object being defined without exception or exclusion of any components of the definition and it restricts the inclusion of any component which does not come under the meaning of the definition then this definition is preferred over other definitions, in other words the correct opinion is preferred because it agrees with the reality of the object being defined, and gives the true description of this reality.
Ceci est le statut légal (Hukm) de la consultation (Shura) en Islam, et cela est clair d'après les textes du Qur'ān et des hadiths, et cela a été décrit de manière élaborée dans les actions du Messager d'Allah ﷺ. Cependant, dans le but d'obtenir une compréhension précise, quelqu'un pourrait se retrouver confus en discutant de la réalité des opinions concernant la différence entre l'opinion par laquelle une pensée est atteinte et l'opinion par laquelle on arrive à une action. La question de la différence entre l'incident de Badr et l'incident d'Uhud dans l'application des preuves aux opinions prévalentes dans le monde peut également devenir confuse. Il pourrait être dit, en discutant de la réalité des opinions, qu'il n'y a pas de différence entre l'opinion qui mène à une action et l'opinion qui mène à une pensée, car en fin de compte, toutes reviennent à une action. Alors, d'où vient cette différence ? La réponse à cette question est qu'il existe une subtile différence entre elles. En ce qui concerne l'opinion qui mène à une pensée, seul le sujet est discuté sans considérer l'action. Ainsi, le domaine de discussion est le sujet et non l'action. Ce qui est visé par la discussion est d'arriver à une pensée sur un sujet qui est étudié sans considérer l'action, indépendamment de ce que cette pensée peut impliquer en termes d'actions. Par exemple, le fait que les musulmans partent dans les guerres de l'apostasie (ridda) a été discuté par Abu Bakr comme appartenant au domaine où une faction sous son autorité s'était révoltée contre la mise en œuvre des lois de la charia. ‘Umar l'a discuté dans le domaine où cela constitue le combat d'une faction qui est forte et qui défie l'État, et l'État pourrait ne pas être capable de les combattre. Ainsi, Abu Bakr a dit : « Par Allah ! S'ils me retirent le piquet de la tente qu'ils avaient l'habitude de donner au Messager d'Allah ﷺ, je les combattrai ! » Lorsque la question lui est apparue clairement, ‘Umar n'eut d'autre choix que de se rétracter de son opinion précédente et de suivre l'opinion correcte, qui était l'opinion d'Abu Bakr, car en réalité, la question était qu'une faction sous le règne islamique s'était révoltée. La question n'était pas qu'une large faction contestait l'État. La véritable discussion ne porte pas sur le fait de partir en guerre ou non de partir comme ce fut le cas à Uhud, mais plutôt sur la question de savoir si le refus des bédouins de payer l'aumône obligatoire (Zakah) après la mort du Messager de l'Allah ﷺ et leur contestation de l'État constituent une rébellion contre la règle de la charia ou une contestation de l'État par une large faction. Telle est la véritable discussion. Par conséquent, il s'agissait d'une discussion sur une opinion qui mène à une pensée, pour laquelle on ne se réfère qu'à l'opinion correcte. L'opinion correcte est qu'une faction sous le règne de l'État islamique s'était révoltée contre l'application des règles de la charia. Par exemple, la demande de Mu’awiyya pour l'arbitrage (tahkeem) du Qur’ān entre lui et sayyidina ‘Ali en élevant les mushafs, était-ce un véritable arbitrage du Qur’ān ou était-ce un stratagème contre sayyidina ‘Ali ? ‘Ali la voyait comme un stratagème et beaucoup de personnes avec lui la considéraient comme un arbitrage du Qur’ān. Ainsi, ce sujet doit être étudié afin de parvenir à la véritable signification de l'élévation des mushafs (manuscrits), ce qui constitue une opinion qui mène à une pensée ; ainsi, l'opinion correcte est citée, à savoir qu'il s'agissait d'un stratagème contre sayyidina ‘Ali. Par exemple, l'augmentation du nombre de dirigeants affaiblit-elle un État ou le renforce-t-elle ? En d'autres termes, à mesure que le nombre de dirigeants diminue, l'État devient-il plus fort, ou bien chaque fois que leur nombre diminue l'État devient-il plus faible et chaque fois que leur nombre augmente l'État devient-il plus fort ? En d'autres termes, le cabinet dans le système démocratique devient-il plus fort chaque fois que ses membres diminuent et s'affaiblit chaque fois que ses membres augmentent, ou est-ce l'inverse ? L'État dans le système islamique devient-il plus fort chaque fois que le nombre des assistants du calife (mu’awwinin) diminue et s'affaiblit chaque fois que leur nombre augmente, ou est-ce l'inverse ? Cette question est étudiée afin d'en atteindre la réalité véritable. C'est donc une opinion qui mène à une réflexion, et sur ce sujet, l'opinion correcte est celle qui est reconnue, à savoir que chaque fois que le nombre des dirigeants augmente, l'État devient plus faible, et chaque fois que leur nombre diminue, l'État devient plus fort.
Voici trois exemples de l'opinion qui mène à une pensée. Il ressort clairement de ceux-ci que le domaine de discussion est le sujet et non l'action, bien que la discussion sur le sujet garantisse les actions ; pourtant, la discussion ne se concentre pas sur l'action mais sur une pensée qui, une fois clarifiée, entraîne l'accomplissement ou la non-accomplissement d'une action, ou l'accomplissement d'une action d'une manière nécessitée par la pensée qui a été discutée. Ainsi, la discussion a pour but d'arriver à une opinion sur un sujet, c'est-à-dire à une pensée. Une fois qu'une pensée est atteinte, une décision sera prise sur l'objet de l'action à la lumière de la pensée atteinte après l'étude. L'opinion qui est étudiée ne mènera pas directement à une action, elle ne mènera qu'à une pensée. La pensée atteinte peut entraîner l'accomplissement d'une action ou non. Par conséquent, il s'agit d'une opinion qui mène à une pensée. Quant à l'opinion qui mène à une action, l'accomplissement d'une action est discuté en considérant le sujet sur lequel cette action dépend, ainsi le domaine de discussion est l'accomplissement d'une action et non le sujet. Le but de la discussion est de déterminer s'il faut ou non accomplir une action ou accomplir une action d'une manière spécifique, le but n'est pas de discuter d'un sujet. Par exemple, lorsqu'il est prévu d'élire un calife et de lui donner la Bay’a, le sujet du califat n'est pas discuté, qu'il soit obligatoire (Fard) ou recommandé (Mandub), et la discussion ne porte pas sur : devrions-nous élire un président (d'une république) ou un calife ? Ce qui devrait être discuté est : tel ou tel doit-il être élu et recevoir la Bay’a, ou une autre personne doit-elle être élue et recevoir la Bay’a ? Lorsque l'action de l'État de contracter un prêt est discutée, la discussion ne doit pas porter sur la question de savoir s'il est permis ou non de contracter le prêt, mais plutôt sur ce qui doit être discuté : le prêt doit-il être contracté ou non ? Et lorsqu'il est question de la construction d'une nouvelle route, les discussions ne doivent pas porter sur la question de savoir s'il est permis ou non d'ouvrir cette route en raison de la présence d'une autre route qui prend sa place, mais ce qui est discuté est de savoir si la route doit être ouverte ou non ; l'action elle-même est discutée en termes de l'entreprendre ou non. Le sujet qui découle de cette action n'est pas discuté. La discussion d'un sujet est une opinion qui mène à une pensée, mais le sujet n'est pas le domaine de discussion, plutôt le sujet sous le domaine de discussion est de savoir s'il faut entreprendre une action. Il sera alors considéré comme une discussion sur une opinion qui mène à une action. Ainsi, l'opinion sera avancée afin d'entreprendre une action. Par exemple, lorsque Abu Bakr a consulté les Musulmans concernant qui sera le calife après lui, il s'agissait d'une discussion sur l'élection d'un calife, c'est-à-dire si untel ou untel devait être élu. Certainement, la discussion ne portait pas sur la question du califat. C'était une discussion sur une opinion qui mène à une action. Par exemple, lorsque l'accord d'arbitrage entre Mu’awiyya et sayyidina ‘Ali fut finalisé, une discussion eut lieu sur le choix d'un médiateur du côté de ‘Ali . ‘Ali choisit ‘Abdullah ibn ‘Abbas, mais la plupart des gens avec lui choisirent Abu Musa al-Ash’ari. Cette discussion portait sur qui serait le médiateur et non sur la question de l'acceptation de l'arbitrage. C'était donc une discussion sur une opinion qui mène à une action. Par exemple, si la population musulmane adopte l'avis qu'elle doit établir une industrie lourde pour fabriquer tous les types de machines et d'équipements afin de remplir les éléments nécessaires pour que l'État porte le Message (de l'Islam), mais que leurs dirigeants adoptent l'avis qu'ils doivent construire des barrages et encourager l'agriculture afin d'améliorer les moyens de subsistance de l'agriculteur, cette discussion porte sur la question de poursuivre l'industrie lourde ou d'entreprendre la construction de barrages. La discussion ne devrait pas porter sur la question de savoir si l'État doit porter le Message (de l'Islam) ou non. La discussion porte donc sur une opinion qui mène à une action.
Voici trois exemples de l'opinion qui mène à une action, et il est clair que le domaine de discussion est l'action et non le sujet. Ces actions, même si elles dépendent de certaines questions, leur discussion ne se concentre toutefois pas sur ces questions mais plutôt sur l'accomplissement de l'action. Par conséquent, la discussion porte sur l'action et non sur l'opinion.
These are three examples of the opinion which leads to an action, and it is clear that the area of discussion is the action and not the subject. These actions even if they depend on certain issues, their discussion however is not focused on these issues rather on the undertaking of the action Therefore, the discussion is about the action and not about the opinion.
À partir de cette discussion et des exemples ci-dessus, il est clair qu'il existe une différence entre l'opinion qui mène à une pensée et l'opinion qui mène à une action, même si cette subtile différence nécessite réflexion et examen. Tout cela se rapporte à la confusion qui peut survenir concernant la différence entre une opinion qui mène à une pensée et une opinion qui mène à une action. Quant à la confusion qui peut survenir concernant la différence entre l'événement de Badr et l'événement d'Uhud ; on pourrait prétendre qu'il n'y a pas de différence entre l'événement de Badr et l'événement d'Uhud. Pourquoi l'événement de Badr devrait-il être considéré comme une opinion qui mène à une pensée et l'événement d'Uhud comme une opinion qui mène à une action, alors que les deux impliquent d'aller au combat et qu'il n'y a pas de différence entre eux ? La réponse à cela est qu'il existe une distinction claire entre les deux événements puisque la réalité de l'événement de Badr est différente de celle d'Uhud. La question à Uhud était : devaient-ils sortir ou rester à Madina ? Il s'agissait de zèle et de prudence, la discussion ne portait pas sur une position (stratégique) en guerre. C'est pourquoi nous trouvons que le Prophète ﷺ, lorsqu'il est venu organiser l'armée dans une position stratégique sur la montagne d'Uhud, a assumé lui-même la tâche de les organiser. Il a fait attendre les archers à l'arrière et leur a ordonné de ne pas attaquer (l'histoire complète est disponible dans AlBukhari) ; pour cette action, il n'a pas sollicité l'opinion des gens. Quant à la réalité de Badr, la question était purement celle de l'organisation de l'armée dans une position stratégique. Ainsi, pour cette action, le Messager d'Allah ﷺ s'est référé à l'opinion correcte. Ceci est d'un point de vue. D'un autre point de vue, la preuve de cela n'est pas seulement l'action du Messager ﷺ, mais c'est son action et sa parole également. Ainsi, la parole du Messager ﷺ,
From this discussion and the above examples, it is clear that there is a difference between the opinion which leads to a thought and the opinion which leads to an action even though this subtle difference requires reflection and scrutiny. All this is in relation to the confusion that can occur with respect to the difference between an opinion which leads to a thought and the opinion which leads to an action. As for the confusion that may occur with regards to the difference between the incident of Badr and the incident of Uhud; it might be claimed that there is no difference between the incident of Badr and the incident of Uhud. Why should the incident of Badr be considered as an opinion which leads to a thought and the incident of Uhud be considered as an opinion which leads to an action when both involve going into battle and there is no difference between them? The answer to this is that there is a clear distinction between the two incidents since the reality of the incident of Badr is different to that of Uhud. The issue in Uhud was: Should they go out or remain in Madina? It was to do with zeal and cautiousness, the discussion was not about a (strategic) position in war. This is why we find the Prophet , when he came to organise the army in a strategic position on the mountain of Uhud, he assumed the task of organising them himself. He made the marksmen wait in the rear and ordered them not to attack (the complete story is available in AlBukhari), for this action he did not refer to the opinion of the people. As for the reality of Badr the issue was purely the question of arranging the army in a strategic position. So for this action the Messenger of Allah referred to the correct opinion. This is from one perspective. From another perspective the evidence for this is not just the action of the Messenger but it is his action and his saying as well. So the Messenger’s saying,