2.2 L'émergence des Mutakallimūn et leur approche
2.2 The Emergence Of The Mutakallimīn And Their Approach
Les Musulmans croyaient en l'islam avec une foi (Iman) exempte de tout doute. Leur croyance était si forte qu'elle n'engendrait aucune question qui puisse indiquer un scepticisme. De même, ils ne discutaient les versets (Ayah) du Qur'ān que d'une manière qui leur permettrait de comprendre la réalité de la pensée qu'ils contenaient. Ils ne s'interrogeaient pas sur les suppositions qui pourraient en être tirées, ni sur les conclusions logiques qui pourraient en être déduites. Ils se sont rendus dans le monde, portant cet appel à l’islam (Da’wah) à tous les peuples, combattant sur son chemin, conquérant les cités, et les nations ont embrassé ce qu'ils portaient.
The Muslims believed in Islam with an imān that was free of doubt. Their belief was so strong that it did not result in any questions that would indicate skepticism. Nor did they discuss the ayāt of the Qur’ān except in a manner that would enable them to comprehend the reality of the thought therein. They did not inquire into the suppositions that might be drawn from it nor the logical conclusions that may be deduced from it. They went to the world, carrying this Islamic Da’wah to all the people, fighting in its path, opening the cities, and the nations embraced what they carried.
Tout le premier siècle Hijri s'est écoulé avec le courant de l'appel à l'islam (Da’wah) submergeant tout ce qui se dressait sur son chemin ; les pensées islamiques étaient transmises aux gens telles qu'elles avaient été reçues par les musulmans : avec une compréhension brillante, une foi définitive et une conscience étonnamment splendide. Pourtant, le fait de porter l'appel à l'islam (Da’wah) dans les terres conquises a mené à une collision intellectuelle avec les gens d'autres religions qui n'avaient pas encore embrassé l'islam, ainsi qu'avec (certains de) ceux qui étaient entrés dans son domaine. Cette collision intellectuelle fut éprouvante. Les gens d'autres religions étaient familiers avec certaines pensées philosophiques et possédaient certains points de vue qu'ils tiraient de leurs religions, et ainsi ils avaient l'habitude de susciter le scepticisme et le débat avec les musulmans sur des points de croyance (aqa’id), car la base de l'appel à l'islam (Da’wah) est bâtie sur la croyance (Aqeedah) et les pensées qui y sont associées. Ainsi, les musulmans souhaitaient sincèrement le bien pour (le succès)
The whole of the first century Hijri elapsed with the current of the Islamic Da’wah overwhelming everything that stood in its way; the Islamic thoughts were being given to the people as they had been received by the Muslims: with a brilliant understanding, a definitive faith and a surprisingly splendid awareness. Yet, the carrying of the Da’wah in the opened (conquered) lands led to an intellectual collision with the people of other religions who had not yet embraced Islam as well as (some of) those who had entered its domain. This intellectual collision was strenuous. The people of other religions were acquainted with some philosophical thoughts and had certain viewpoints which they got from their religions and so they used to stir skepticism and debate with the Muslims over creedal points [aqa’id], because the basis of the Da’wah is built upon the ‘aqīdah and the thoughts associated with it. So the Muslims sincerely wished well for (the success)
de l'appel à l'islam (Da’wah) et ils débattaient avec eux afin de les contrecarrer. Cela a conduit beaucoup d'entre eux à apprendre certaines pensées philosophiques afin de les utiliser comme une arme contre leurs adversaires. De plus, outre leur sincérité dans la pratique de l'appel à l'islam (Da’wah) et la réfutation des arguments de leurs adversaires, cet apprentissage (des philosophies) était justifié pour eux et ils y étaient motivés par deux facteurs :
of the Islamic Daw’ah and argued with them in order to counter them. This led many of them to learn some philosophical thoughts in order to use these as a weapon against their adversaries. Moreover apart from their sincerity in carrying the Da’wah and the refutal of their adversaries’ arguments, this learning (of the philosophies) was jusitified to them and they were motivated towards it due to two factors:
Premièrement : le Noble Qur’ān, outre son appel au tauhīd (monothéisme) et à la prophétie, a abordé les sectes et religions les plus éminentes qui étaient répandues à l'époque du Prophète ﷺ ; il les a combattues et a réfuté leurs plaidoyers. Il a traité de l'association (Shirk), sous toutes ses formes, et l'a réfutée. Parmi les mushrikīn (associateurs), il y avait ceux qui divinisaient les planètes et les prenaient comme associatés à Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ ; le Qur’ān a réfuté leur croyance. Certains d'entre eux prônaient l'adoration des idoles et en faisaient des partenaires d'Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ ; il a réfuté ce plaidoyer. Certains d'entre eux niaient totalement la prophétie ; le Qur’ān a réfuté leur croyance ; certains d'entre eux niaient la prophétie de Muhammad ﷺ et il a réfuté cette croyance. Certains d'entre eux niaient la résurrection et le jugement en ce jour ; le Qur’ān a réfuté leur croyance. Certains d'entre eux divinisaient Isa عليه السلام, ou le considéraient comme le fils d'Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ ; le Qur’ān a réfuté cette croyance ; et le Qur’ān ne s'est pas contenté de cela : il a ordonné au Messager ﷺ de débattre avec eux :
Firstly: the Noble Qur’ān, besides its call for tauhīd (monotheism) and prophethood, tackled the more prominent sects and religions which were widespread at the time of the Prophet صلى الله عليه وسلم; it countered them and refuted their advocacies. It dealt with shirk, in all its forms, and refuted it. There were amongst the mushrikīn those who deified the planets and took them as associates to Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ; the Qur’ān refuted their belief. Some of them advocated the worship of idols and made them into partners of Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ; it refuted this adovation. Some of them denied prophethood altogether; the Qur’ān refuted their belief; some of them denied the prophethood of Muhammad صلى الله عليه وسلم and it refuted this belief. Some of them denied the ressurection and the accounting on that day; the Qur’ān refuted their belief. Some of them deified Isa عليه السلام, or made him into the son of Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ; the Qur’ān refuted this belief; and the Qur’ān did not suffice with this: it ordered the Messenger صلى الله عليه وسلم to engage in debate with them:
« ...et discute avec eux de la meilleure et de la plus gracieuse des manières. » [TMQ Nahl: 125]
“…and argue with them in ways that are best and most gracious.” [TMQ Nahl: 125]
« …et ne discutez pas avec les Gens du Livre, si ce n'est de la meilleure des manières » [TMQ ‘Ankabūt: 46]
“…and dispute not with the People of the Book, except with that which is better” [TMQ ‘Ankabūt: 46]
De plus, la vie du Prophète ﷺ fut une vie de lutte intellectuelle avec tous les mécréants (Kuffār), les associateurs (Mushrikīn) et les Gens du Livre. De nombreux incidents à son sujet furent rapportés à Makkah et Madinah, dans lesquels il discuta avec les mécréants (Kuffār) et débattit avec eux en tant qu'individus, groupes et délégations. Cette lutte intellectuelle, qui est prééminente dans les versets (Ayāt) du Qur’ān et dans les hadiths du Messager ﷺ ainsi que dans sa conduite, fut lue et entendue par les Musulmans ; il était donc tout à fait naturel pour eux de discuter avec les gens d'autres religions, de s'engager avec eux dans une lutte intellectuelle et de débattre avec eux. Les ahkām de leur religion appellent à de telles discussions ; la nature de l'Appel islamique — son affrontement avec la mécréance (Kufr) — ne progressera pas sans l'occurrence d'une telle lutte, discussion et argumentation, entre lui et la mécréance (Kufr). Quant à ce qui fait que cette lutte adopte un caractère intellectuel, le Qur’ān lui-même appelle à l'usage de l'intellect, et il cite des preuves intellectuelles et des preuves sensorielles. L'appel à sa croyance (Aqeedah) est basé exclusivement sur la raison, et non sur des preuves textuelles. Ainsi, il était inévitable que le débat et la lutte prennent un caractère intellectuel et soient marqués par celui-ci.
Further, the life of the Prophet صلى الله عليه وسلم had been a life of intellectual struggle with all of the kuffār, the mushrikīn and the People of the Book. Many incidents were reported about him in Makkah and Madinah in which he discussed with the kuffār and debated with them as individuals, groups, and delegations. This intellectual struggle which is prominent in the ayāt of the Qur’ān and in the ahādith of the Messenger صلى الله عليه وسلم and in his conduct was read and heard by the Muslims; it was thus only natural for them to discuss with the people of other religions and to engage with them in an intellectual struggle and to debate with them. The ahkām of their religion call for such discussion; the nature of the Islamic Call - its clash with kufr - will not progress without the occurrence of such struggle, discussion and argumentation, between it and kufr. As for that what makes this struggle adopt an intellectual character, the Qur’ān itself calls for the use of the intellect, and it cites intellectual proof and sensory evidence. The call to its ‘aqīdah is based exclusively on the mind, not on textual evidence. Thus it was inevitable for the debate and the struggle to take an intellectual character and to be marked by the same.
Deuxièmement : Certaines questions philosophiques et théologiques s'étaient infiltrées auprès des Musulmans de la part des Chrétiens nestoriens et de leurs semblables, et la logique d'Aristote était connue parmi les Musulmans ; certains s'étaient familiarisés avec certains livres de philosophie. De nombreux livres furent traduits du grec vers le syriaque, puis vers l'arabe ; plus tard, la traduction fut faite du grec (directement) vers l'arabe. Cela favorisa la présence de pensées philosophiques. D'autres religions, spécifiquement le judaïsme et le christianisme, avaient eu recours à la philosophie grecque comme une arme et l'avaient introduite dans les terres (musulmanes). Tout cela généra des pensées philosophiques, poussant les Musulmans à les étudier.
« Ceux que vous invoquez en dehors d'Allah ne peuvent pas créer une mouche, même s'ils s'unissaient tous pour cela ! Et si la mouche leur ôtait quoi que ce soit, ils n'auraient aucun pouvoir pour le lui reprendre. Faibles sont l'invoquant et l'invoqué ! » [TMQ Hajj: 73]
“Those upon whom you call, besides Allah, cannot create a fly, (even) if they all came together for such! And if the fly should snatch away anything from them, they would have no power to realise it from it. Feeble are the seeker and the besought!” [TMQ Hajj: 73]
« Ceux que vous invoquez en dehors d'Allah ne peuvent pas créer une mouche, même s'ils s'unissaient tous pour cela ! Et si la mouche leur ôtait quoi que ce soit, ils n'auraient aucun pouvoir pour le lui reprendre. Faibles sont l'invoquant et l'invoqué ! » [TMQ Hajj: 73]
“Those upon whom you call, besides Allah, cannot create a fly, (even) if they all came together for such! And if the fly should snatch away anything from them, they would have no power to realise it from it. Feeble are the seeker and the besought!” [TMQ Hajj: 73]
Et
And
« Que l'homme ne pense donc : de quoi a-t-il été créé ! Il a été créé d'une goutte émise, provenant d'entre la colonne vertébrale et les côtes » [TMQ Tāriq: 5-7]
“Now let man but think: from what he was created! He was created from a drop, emitted, proceeding from between the backbone and the ribs” [TMQ Tāriq: 5-7]
Et
And
« Que l'homme regarde donc sa nourriture : Nous avons versé l'eau en abondance, et Nous avons fendu la terre en fragments, et Nous y avons fait pousser des grains, des raisins et des plantes luxuriantes, des olives et des dattes, des jardins clos, denses d'arbres élevés, et des fruits et des fourrages. » [TMQ Abasa: 24-31]
“Then let man look to his food: We pour forth water in abundance, and We split the earth in fragments, and produce therein corn, and grapes and nutritious plants, and olives and dates, and enclosed Gardens, dense with lofty trees, and fruits and fodder” [TMQ Abasa: 24-31]
Et
And
« Ne regardent-ils donc pas les chameaux, comment ils sont créés ? Le ciel, comment il est élevé ? Les montagnes, comment elles sont fixées ? La Terre, comment elle est étendue ? » [TMQ Al-Ghāshiyah: 17-20]
“Do they then not look at the camels, how they are created? At the sky, how it is raised? At the mountains, how they are fixed firm? At the Earth, how it is spread?” [TMQ Al-Ghāshiyah: 17-20]
Et
And
« Et en vous-mêmes : ne verrez-vous donc pas ? » [TMQ Dhāriyāt: 21]
“And in your own selves: will you not then see?” [TMQ Dhāriyāt: 21]
Et
And
« Ou bien, qui répond à l'âme éprouvée lorsqu'elle L'invoque » [TMQ Naml: 62]
“Or, who listens to the (soul) distressed when it calls on Him” [TMQ Naml: 62]
Ainsi, l'approche du Qur’ān concernant la capacité, la connaissance et la volonté d'Allah repose sur la fitrah et l'intellect. Cette approche est conforme à la fitrah et suscite en chaque être humain le sentiment d'écouter et d'y répondre ; même un athée la comprend et s'y soumet. C'est une approche qui convient à tout être humain, sans distinction entre l'élite et le commun, ou entre l'instruit et l'ignorant.
Thus the approach of the Qur’ān with regards to Allah’s capability, knowledge, and will tread on the basis of the fitrah and the intellect. This approach is consistent with the fitrah and it generates a feeling within every human being to listen and respond to it; even an atheist comprehends it and succumbs to it. It is an approach that suits every human being, with no distinction between the elite and the commoner or between the educated and the uneducated.
De plus, les versets mutashābih (Ayah) dans lesquels il y a une ambiguïté et un manque de clarté pour le lecteur, sont venus sous une forme générale, sans détails ; ils sont venus sous la forme d'une description générale des choses ou d'un rapport de réalités dans lesquels un manque d'investigation, de rigueur et de preuve est apparent. Ainsi, le lecteur ne les rejette pas, mais il ne comprend pas véritablement les réalités désignées par eux au-delà de la dénotation des mots qui s'y trouvent. Par conséquent, la position naturelle à leur égard est celle de l'acceptation, comme c'est le cas pour la description de toute réalité et la vérification de tout fait, sans rechercher les causes efficaces ou des preuves. Ainsi, certains versets (Ayah) décrivent un aspect des actions de l'homme et, ce faisant, indiquent la contrainte ; d'autres versets (Ayah) décrivent d'autres aspects et, ce faisant, indiquent le libre choix. Allah (SWT) dit,
Moreover, the mutashabih ayāt wherein is ambiguity and in which there is lack of clarity for the reader, have come in the general form, without detail; they have come in the form of a general description of things or a reporting of realities wherein a lack of inquiry, thoroughness and substantiation is apparent. So the reader does not reject them nor does he truly comprehend the realities denoted by them beyond the denotations of the words therein. Therefore, the natural stance with regards to them is one of acceptance as is the case towards the depiction of any reality and the verification of any fact, without seeking effective causes or substantiation. Thus, certain ayāt depict one facet of the actions of man and in so doing indicate compulsion; other ayāt depict other facets and in so doing indicate free choice. Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ says,
« Allah vous veut la facilité, Il ne vous veut pas la difficulté, » [TMQ Baqarah: 185]
“Allah intends for you facility; He does not intend for you difficulty,” [TMQ Baqarah: 185]
Et
And
« Et Allah ne veut point d'injustice envers Ses serviteurs » [TMQ Ghāfir: 31]
“And Allah does not wish injustice for the servants” [TMQ Ghāfir: 31]
On the other hand, He الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ also says,
On the other hand, He الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ also says,
« Ceux qu'Allah veut guider, Il leur ouvre la poitrine à l'Islam ; et ceux qu'Il veut égarer, Il leur rend la poitrine étroite et contractée, » [TMQ An’ām: 125]
“Those whom Allah intends to guide, He opens his breast to Islam; and those whom He intends to send astray, He makes his breast tight and constricted,” [TMQ An’ām: 125]
D'autres versets (Ayāt) établissent pour Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ un visage et une main, parlent de Lui comme de la Lumière des Cieux et de la Terre et affirment qu'Il الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ est dans les Cieux :
Other ayāt establish for Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ a face and a hand and speak of Him as the Light of the Heavens and the Earth and state that He الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ is in the Heavens:
« Vous sentez-vous en sécurité que Celui qui est au Ciel ne vous fasse pas engloutir par la terre lorsqu'elle tremble ? » [TMQ Mulk: 16]
“Do you feel secure that He Who is in Heaven will not cause you to be swallowed up by the earth when it shakes?” [TMQ Mulk: 16]
« Et ton Seigneur viendra, ainsi que Ses anges, rang après rang, » [TMQ Fajr: 22]
“And your Lord comes, and His angels, rank upon rank,” [TMQ Fajr: 22]
« Mais la Face de ton Seigneur subsistera (éternellement), » [TMQ Rahmān: 27]
“But will abide (forever) the Face of your Lord,” [TMQ Rahmān: 27]
« Non, Ses deux Mains sont largement déployées » [TMQ Mā’idah: 64]
“Nay both His Hands are widely outstretched” [TMQ Mā’idah: 64]
D'autres versets (Ayah) établissent Son unicité :
Other ayāt establish his uniqueness:
« Il n'y a rien qui Lui ressemble en aucune manière... » [TMQ Shūrā: 11]
“There is nothing whatsoever like unto Him…” [TMQ Shūrā: 11]
« Il n'y a pas de consultation secrète entre trois personnes sans qu'Il ne soit le quatrième d'entre elles, ni entre cinq personnes sans qu'Il ne soit le sixième d'entre elles, ni moins que cela ni plus, mais Il est avec elles où qu'elles soient... » [TMQ Mujādalah: 7]
“There is no secret counsel between three but He is the fourth of them, nor (between) five but He is the sixth of them, nor less than that nor more but He is with them wheresoever they are…” [TMQ Mujādalah: 7]
« Allah est au-dessus de ce qu'ils Lui attribuent ! » [TMQ An’ām: 100]
“Exalted is Allah above what they attribute to Him!” [TMQ An’ām: 100]
Ainsi, certains versets (Ayah) sont apparus dans le Qur’ān qui semblent contradictoires. Le Qur’ān a qualifié de tels versets (Ayah) de mutashabihāt (polysemes). Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ dit,
Thus certain ayāt came in the Qur’ān which are seemingly contradictory. The Qur’ān called such ayāt mutashabihāt (polysemous). Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ says,
« …il s'y trouve des versets décisifs (au sens établi) ; ils constituent le fondement du Livre ; d'autres ne sont pas aisément intelligibles, » [TMQ Imrān: 7]
“…in it are verses decisive (of established meaning); they are the foundation of the Book; others are not readily intelligible,” [TMQ Imrān: 7]
Lorsque ces versets (Ayāt) furent révélés, le Messager ﷺ les transmit aux gens et les musulmans les mémorisèrent par cœur ; ils ne générèrent aucune discussion ni aucun débat. Ils ne virent dans ces versets (Ayāt) aucune contradiction nécessitant une réconciliation. Ils comprirent chaque verset (Ayah) en référence à l'aspect qu'il était venu décrire ou vérifier. Ainsi, les versets (Ayāt) étaient harmonieux en réalité et en eux-mêmes. Ils crurent en eux, leur firent confiance et les comprirent de manière générale, et ils se contentèrent de cette compréhension ; ils les considéraient comme une description de la réalité ou un compte rendu de faits. Beaucoup parmi les sages n'aimaient pas la discussion concernant les détails des mutashabihāt ou le débat à leur sujet. Ils pensaient qu'une telle discussion n'était d'aucun bénéfice pour l'Islam. La compréhension générale, dans la mesure où l'on comprend, rendrait la discussion des détails et des élaborations inutile. Ainsi, les musulmans comprirent l'approche du Qur’ān et reçurent ses versets (Ayāt) selon cette approche tout au long de l'ère du Messager ﷺ, et il en fut de même pour ceux qui vinrent après eux jusqu'à ce que le premier siècle Hijri tout entier se soit écoulé.
When these ayāt were revealed, the Messenger صلى الله عليه وسلم conveyed them to the people and the Muslims memorised them by rote, they did not generate any discussion or debate. They did not see in these ayāt any contradictions that required reconcilation. They understood every ayah with reference to the aspect it came to describe or verify. Thus the ayāt were harmonious in reality and in their selves. They believed in them, trusted them and understood them in a general manner, and they sufficed themselves with this understanding; they regarded them as a description of reality or a reporting of facts. Many amogst the wise did not like the discussion concerning the details of the mutashabihāt or the debate thereof. They thought that such discussion was of no benefit to Islam. The general understanding, to the extent one understands, would render the discussion of the details and elaborations unnecessary. Thus the Muslims comprehended the approach of the Qur’ān and received its ayāt upon this approach throughout the era of the Messenger صلى الله عليه وسلم and so did those who came after them until the entire first century Hijri had elapsed.
Quant à leur différence avec la méthodologie des philosophes, ceux-ci dépendaient uniquement des syllogismes ; ils élaboraient des syllogismes sous une forme logique à partir d'une prémisse mineure, d'une prémisse majeure et d'une conclusion. Ils utilisaient une terminologie et un jargon tels que « l'essence » et « l'accident » et autres ; ils initiaient des problèmes intellectuels qu'ils construisaient sur la base de la logique, et non sur la base de la perception sensorielle ou de la réalité.
As for their difference from the methodology of the philosophers, the philosophers depended solely on syllogisms; they evolved syllogisms in a logical form from a minor and major premise and a conclusion. They used terminology and jargon such as ‘essence’ and ‘accident’ and the like; they initiated intellectual problems which they built on the basis of logic, not on the basis of sense-perception or the reality.