2.3 L'erreur dans la méthodologie des Mutakallimīn
2.3 The Error In The Methodology Of The Mutakallimīn
En examinant la méthodologie des Mutakallimīn, il devient évident qu'il s'agit d'une méthodologie incorrecte et que son application ne mène pas à la foi (Iman) ni au renforcement de la foi (Iman). Son application ne mène même pas à la réflexion ni au renforcement de la réflexion. Elle ne mène qu'à une simple connaissance ; et la connaissance est différente de la foi (Iman) et différente de la réflexion. L'erreur de cette méthodologie est évidente sous plusieurs aspects :
Upon surveying the methodology of the Mutakallimīn, it becomes evident that it is an incorrect methodology and that applying it does not lead to imān or the strengthening of imān. Applying it does not even lead to thinking or to the strengthening of thinking. It only leads to mere knowledge; and knowledge is different from imān and different from thinking. The error of this methodology is obvious from several aspects:
Premièrement : dans cette méthodologie, ils fondent leur preuve sur une base logique et non sur une base sensorielle. Cela est erroné pour deux raisons. Premièrement, cela rend le musulman dépendant de l'apprentissage de la science de la logique pour être capable de prouver l'existence d'Allah (SWT) ; cela signifie que ceux qui ne sont pas initiés à la logique sont incapables de prouver la justesse de leur croyance (Aqeedah) ; cela signifie également que la science de la logique devient, par rapport à 'Ilm al-Kalām, comme la science de la syntaxe grammaticale par rapport à la lecture de l'arabe après la détérioration de la langue arabe, bien que la science de la logique soit sans rapport avec la croyance (Aqeedah) et sans rapport avec la preuve. En effet, à l'avènement de l'Islam, les musulmans ne connaissaient pas la science de la logique ; ils ont porté le message et établi des preuves définitives pour leurs croyances sans s'appuyer nullement sur la science de la logique. Cela prouve que la science de la logique n'a aucune présence dans la culture islamique et qu'elle n'est nécessaire pour aucune preuve de la croyance (Aqeedah) islamique. Deuxièmement, la base logique est sujette à l'erreur contrairement à la base sensorielle qui, en ce qui concerne l'existence ou non des choses, est absolument infaillible ; ce qui est sujet à l'erreur ne devrait pas être une base pour la foi (Iman).
Firstly: in this methodology, they base their proof on a logical basis not on the sensory basis. This is wrong because of two reasons. Firstly that it makes the Muslim in need of learning the science of logic in order for him to be able to prove the existence of Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ; this means that those who are not acquainted with logic are incapable of proving the correctness of their ‘aqīdah (creed); it also means that the science of logic becomes, in relation to ‘Ilm al-Kalām, like the science of grammatical syntax in relation to the reading of Arabic after the Arabic tongue has deteriorated, although the science of logic is irrelevant to the ‘aqīdah and is irrelevant to proof. Indeed at the advent of Islam the Muslims did not know the science of logic; they carried the message and established definitive evidence to their creeds without relying on the science of logic whatsoever. This proves that the science of logic has no presence in the Islamic culture and that there is no need for it in any proof of the Islamic ‘aqīdah. Secondly, that the logical basis is susceptible to error unlike the sensory basis, which with regard to the existence or otherwise of things is absolutely infallible; what is susceptible to error should not be a basis for imān.
La logique est sujette à la sophistique et ses conclusions sont susceptibles d'être incorrectes, car bien qu'elle stipule que l'exactitude des prémisses et la solidité de leur structure sont une condition, le fait qu'elle consiste en le syllogisme d'une prémisse sur une autre rend l'exactitude de la conclusion dépendante de l'exactitude de ces prémisses. L'exactitude de ces prémisses n'est pas garantie car la conclusion n'est pas directement fondée sur la sensation, elle est fondée sur le syllogisme de prémisses, l'une sur l'autre, et ainsi l'exactitude de la conclusion n'est pas garantie. Cela est dû au fait que ce qui s'y produit est que des prémisses sont syllogisées, l'une sur l'autre : des choses qui peuvent être appréhendées par analogie, aboutissant au même, et des choses qui peuvent être perçues sensoriellement par analogie, aboutissant au même. Quant au syllogisme de compréhensibles sur des compréhensibles, il mène à l'erreur et à des conclusions contradictoires, et il mène à dériver dans une série de prémisses et de conclusions qui sont rationnelles en théorie et par supposition, mais pas en ce qui concerne leur existence dans la réalité, à tel point que dans nombre de ces syllogismes, les résultats finaux sont des fantaisies et des absurdités totales. Ainsi, établir une preuve par le syllogisme de compréhensibles sur des compréhensibles est sujet à l'erreur. Par exemple, logiquement, il est dit : le Qur’ān est la parole d'Allah (SWT) et il est composé de lettres qui sont ordonnées et séquencées dans l'existence, et toute parole composée de lettres ordonnées et séquencées dans l'existence est récente ; la conclusion : le Qur’ān est récent et créé. Ce syllogisme de prémisses a conduit à une conclusion qui est inaccessible aux sens ; ainsi l'intellect est incapable d'en enquêter (quant à son exactitude) ou de la juger. Par conséquent, il s'agit d'un jugement hypothétique et non d'un jugement réaliste, en plus d'être l'un des sujets dont l'intellect a été interdit de discuter. Cela est dû au fait qu'une discussion sur les attributs d'Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ est une discussion sur Son الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ essence, et il n'est en aucun cas permis de discuter de l'essence d'Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ. Pourtant, il est possible de parvenir, via la même logique, à une conclusion contradictoire à celle-ci. Ainsi, il est dit : le Qur’ān est la parole d'Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ et il est l'un de Ses attributs, et toute chose qui est un attribut d'Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ est éternelle ; la conclusion : que le Qur’ān est éternel et non créé. Ainsi, la contradiction logique est évidente dans une seule et même proposition. De même, dans de nombreuses propositions logiques résultant du syllogisme de compréhensibles sur des compréhensibles, 36 L'Erreur dans la Méthodologie des Mutakallimīn compréhensibles, un logicien parvient à des conclusions totalement contradictoires et totalement bizarres. Quant au syllogisme de ce qui est accessible par les sens sur ce qui est accessible par les sens, si les prémisses peuvent être retracées jusqu'aux sens et que la conclusion peut être retracée jusqu'aux sens, le résultat sera correct, car il est basé sur les sens dans les prémisses et la conclusion ne repose pas uniquement sur le syllogisme de propositions. Cependant, ce qui se produit, c'est qu'en arrivant aux vérités, on s'appuie sur le syllogisme de propositions, et l'observation des sens est restreinte à ce par quoi les propositions se terminent. Il peut arriver qu'une proposition soit imaginée comme étant vraie par rapport à une certaine réalité, mais qu'en fait elle ne le soit pas. Il peut également arriver qu'une proposition définie par une délimitation générale ne soit vraie que pour certaines de ses parties, et cette vérité de certaines parties mènera à la conclusion trompeuse qu'elle s'applique à toutes les parties. Il se peut également que dans la proposition apparaisse une vérité apparente, mais qu'en réalité elle soit incorrecte, ce qui signifie trompeusement la vérité de la proposition. Il se peut également que la conclusion soit correcte mais que les prémisses à partir desquelles elle est déduite soient fausses, ce qui peut laisser imaginer que puisque la conclusion est correcte, les prémisses le sont aussi... et ainsi de suite. Ainsi, il a été dit, par exemple, que les habitants de l'Espagne ne sont pas musulmans, et que toute terre dont les habitants ne sont pas musulmans n'est pas une terre islamique ; la conclusion est que l'Espagne n'est pas une terre islamique. Cette conclusion est erronée. Son erreur provient de l'erreur de la seconde prémisse : l'affirmation selon laquelle toute terre dont les habitants ne sont pas musulmans n'est pas une terre islamique est fausse, car une terre est considérée comme islamique si elle est gouvernée par l'Islam ou si la majorité de ses habitants sont musulmans. C'est pourquoi la conclusion est erronée ; l'Espagne est en effet une terre islamique. Comme autre exemple, il a été dit que l'Amérique est un pays au niveau économique élevé, et que tout pays au niveau économique élevé est un pays vivifié. La conclusion est que l'Amérique est un pays vivifié. Cette conclusion est vraie en ce qui concerne l'Amérique, bien que l'une des deux prémisses soit fausse : tous les pays ayant un niveau économique élevé ne sont pas vivifiés ; un pays vivifié est un pays ayant un niveau intellectuel élevé. Ainsi, ce syllogisme, dont la conclusion est vraie, conduit trompeusement à supposer que les prémisses à partir desquelles la conclusion a été établie sont également correctes. Il conduit également à la proposition selon laquelle chacun du Koweït, du Qatar et de l'Arabie Saoudite est un pays vivifié parce que chacun possède un niveau économique élevé, bien que la vérité soit que ce ne sont pas des pays vivifiés. Ainsi, l'exactitude des conclusions de tous les syllogismes dépend de l'exactitude des prémisses. La vérité des prémisses n'est pas garantie car elles sont susceptibles de présenter des défauts. Par conséquent, il est erroné de s'appuyer sur la base logique dans l'établissement de la preuve. Cela ne signifie pas que les vérités atteintes par la logique sont fausses ou que l'établissement de la preuve par la logique est erroné, mais cela signifie que le fait de s'appuyer sur la base logique pour l'établissement de la preuve est erroné et que le fait de prendre la logique comme base dans l'établissement des arguments est erroné. Ce sont les sens qui doivent être faits comme base pour la preuve et l'évidence. Quant à la logique, il est valide de l'utiliser pour l'établissement de la preuve de la justesse d'une proposition, et cela serait correct si toutes les prémisses étaient vraies et si elles, avec la conclusion, pouvaient être retracées jusqu'aux sens. La justesse de la conclusion provient du fait qu'elle est déduite des prémisses, et non de quoi que ce soit d'autre. Pourtant, sa vulnérabilité à l'erreur rend impératif qu'elle ne soit pas faite comme base dans l'établissement de la preuve car, dans son ensemble, elle est une base incertaine qui est sujette à l'erreur, bien que la preuve par le biais de certaines de ses formes puisse être concluante. Ce sont les sens qui doivent être faits comme base de la preuve, car dans son ensemble, il s'agit d'une base définitive concernant l'existence ou la non-existence des choses ; elle est totalement insensible à l'erreur.
Deuxièmement : les Mutakallimūn se sont éloignés de ce qui est accessible par les sens ; ils sont allés au-delà de cela vers ce qui est inaccessible par les sens, et se sont enquiri du surnaturel : l'essence d'Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ et Ses attributs, de ce que les sens ne peuvent percevoir, et ils ont lié cela à des enquêtes sur des questions liées à ce qui est accessible par les sens. Ils sont tombés dans l'excès en établissant une analogie entre l'invisible et l'apparent, c'est-à-dire en établissant une analogie entre Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ et l'homme, de sorte qu'ils ont nécessité The Islamic Personality Vol.1 37
Secondly: the Mutakallimīn departed from the sensorially accessible; they went beyond it to the sensorially inaccessible, and inquired into the supernatural: the essence of Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ and His attributes, into that which the senses cannot perceive, and they connected this with inquiries into matters related to the sensorially accessible. They went into excess in drawing analogy of the unseen with the apparent, that is, drawing analogy of Allahالله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ with man, so they necessitated The Islamic Personality Vol.1 37
la justice, telle qu'envisagée par l'homme dans cette vie mondaine, envers Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ. Ils ont jugé nécessaire qu'Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ fasse ce qui contient un bienfait. Certains d'entre eux ont même imposé à Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ de faire ce qu'il y a de meilleur, car (selon eux) Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ est Sage et Il الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ ne fait rien sans un but ou une sagesse ; une action sans but est dénuée de sens et futile ; un être sage soit se profite à lui-même, soit profite aux autres, et puisque Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ est trop sublime pour être bénéficié, Il الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ n'agit que pour le bienfait des autres.
justice, as envisaged by man in this worldly life, upon Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ. They deemed it necessary that Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ do that in which there is betterment. Some of them even necessitated upon Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ that he do that which is the best, because (according to them) Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ is Wise and He الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ does not do anything except for a purpose or a wisdom; an action without a purpose is meaningless and futile; a wise (being) either benefits himself or others, and since Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ is too sublime to be benefited, He الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ only acts to benefit others.
Ainsi, ils ont outrepassé leurs droits en s'engageant dans des discussions sur ce qui est inaccessible aux sens et sur des questions que l'intellect est incapable de juger, et ainsi ils ont commis des erreurs. Ils n'ont pas saisi le point selon lequel ce qui est accessible aux sens est compréhensible et que l'essence d'Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ est incompréhensible, il n'est donc pas possible de faire une analogie de l'un sur l'autre. Ils n'ont pas prêté attention au fait que la Justice d'Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ est incomparable à la justice de l'homme, et qu'il est invalide d'appliquer les lois de ce monde à Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ, qui est le Créateur de ce monde et celui qui le régule selon les lois qu'Il a établies pour lui. Lorsque nous constatons que la perspective de l'homme est étroite, il comprend les choses d'une certaine manière, et une fois que sa perspective s'élargit, sa vision de la justice change et son jugement change également ; comment alors pouvons-nous comparer (à nous-mêmes) le Seigneur des mondes الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ dont la science englobe toute chose, et donner à Sa الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ justice le sens de la justice que nous considérons nous-mêmes comme étant la justice ? Quant à l'amélioration et à ce qu'il y a de meilleur, cela est lié à leur vision de la justice ; ils en disent ce qu'ils disent de la justice. Il est observé à cet égard que l'homme peut considérer une chose donnée comme bonne, mais une fois que sa perspective s'élargit, sa vision change. Par exemple, le monde musulman aujourd'hui est le territoire de la mécréance (Dar al-Kufr) ayant abandonné la règle de l'Islam ; ainsi tous les musulmans le considèrent comme un monde corrompu et la plupart d'entre eux disent qu'il a besoin de réforme. Mais les conscients voient que la réforme signifie l'élimination de la corruption de la situation actuelle, et cela est erroné : le monde musulman a besoin d'un changement radical et global qui élimine la règle de la mécréance (Kufr) et met en œuvre la règle de l'Islam ; toute (simple) réforme inclut la prolongation de la corruption. Ainsi, on voit comment la vision de l'homme change envers ce qui est bon. Comment pouvons-nous alors soumettre Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ au jugement de l'homme et juger nécessaire qu'Il, Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ, fasse ce que nous considérons comme bon ou meilleur ? Si nous faisions de notre esprit le juge, nous verrions qu'Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ a fait des choses dans lesquelles notre esprit ne voit aucun bien en absoluto ; quel bien y a-t-il, par exemple, dans la création d'Iblīs et des shayātīn et dans le fait de leur donner la capacité de détourner l'homme du droit chemin ; pourquoi Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ a-t-Il accordé un répit à Iblīs jusqu'au Jour du Jugement et a-t-Il laissé notre Maître Muhammad ﷺ mourir ? Tout cela est-il meilleur pour les gens ? Pourquoi permet-Il, Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ, le retrait de la règle de l'Islam de la Terre et permet-Il la dominance de la règle de la mécréance (Kufr), humilie-t-Il les Musulmans et permet-Il la dominance de leurs ennemis mécréants (Kafir) ? Est-ce meilleur pour Ses الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ serviteurs ? Si nous procédions à l'énumération de milliers d'actes et que nous les jugions par notre esprit et notre compréhension du sens du bien et du meilleur, nous ne les trouverions pas bons. Par conséquent, la comparaison d'Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ à l'homme n'est pas correcte, et rien n'est obligatoire pour Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ :
« Il n'est pas interrogé sur Ses actes... » [TMQ Anbiyā’: 23]
“He is not questioned about His acts…” [TMQ Anbiyā’: 23]
« Il n'y a rien qui Lui ressemble absolument » [TMQ Shūra: 11]
“There is nothing whatsoever like unto Him” [TMQ Shūra: 11]
En vérité, ce qui a fait que les Mutakallimūn ont glissé dans tout cela est leur méthodologie d'investigation et leur comparaison d'Allah (SWT) à l'homme.
Indeed, what made the Mutakallimīn slip into all this is their methodology of inquiry and their comparing Allahالله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ to man.
Troisièmement : La méthodologie des Mutakallimīn accorde à l'intellect la liberté d'interroger toute chose, qu'elle soit sensoriellement accessible ou sensoriellement inaccessible. Cela conduit inévitablement l'intellect à s'interroger sur des questions qu'il est incapable de juger, à s'interroger sur des suppositions et des imaginations, et à établir des preuves pour soutenir de simples conceptions de choses qui pourraient exister ou ne pas exister. Cela permet la possibilité de rejeter des choses qui, 38 L'erreur dans la méthodologie des Mutakallimīn, existent certainement : des choses dont nous avons été informés par une (source) dont la véracité de l'information est certaine pour nous, mais que l'intellect ne comprend pas. Cela permet également la possibilité d'avoir la foi (Iman) en des fantaisies n'ayant aucune existence, qui ont été conjurées par l'esprit. Par exemple, les Mutakallimīn ont discuté de l'essence d'Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ et de Ses attributs : certains d'entre eux ont dit qu'un attribut est identique au porteur de l'attribut ; d'autres ont dit que l'attribut est autre que le porteur de l'attribut. Ils ont dit que la connaissance d'Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ est le déploiement du Connu tel qu'il est, et que le connu change d'un temps à un autre : la feuille d'un arbre tombe après ne pas être tombée, et Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ dit,
Thirdly: The methodology of the Mutakallimīn gives the intellect the freedom of inquiry into every thing, into the sensorially accessible and the sensorially inaccessible. This inevitably results in the intellect inquiring into matters that it is incapable of judging, and inquiring into suppositions and imaginations, and establishing evidence to support mere conceptions of things that may exist or may not exist. This allows for the possibility of the rejection of things which 38 The Error in the Methodology of the Mutakallimīn definitely exist: things of which we were informed by a (source) the truth of whose information is definite for us but the intellect does not comprehend them. It also allows for the possibility of having imān in fantasties having no existence, which have been conjured up by the mind. For example, the Mutakallimīn discussed the essence of Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ and his attributes: some of them said that an attribute is one and the same as the attribute carrier; others said that the attribute is other than the attribute carrier. They said that the knowledge of Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ is the unfolding of the Known as it is, and the known changes from one time to another: the leaf of a tree falls after not having fallen, and Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ says,
« Pas une feuille ne tombe sans qu'Il n'en soit informé » [TMQ An’ām: 59]
“Not a leaf does fall except that He knows of it” [TMQ An’ām: 59]
Avec la connaissance d'Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ, une chose se dévoile telle qu'elle est ; ainsi Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ sait qu'une chose sera avant qu'elle ne soit, et Il الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ sait qu'une chose était lorsqu'elle était, et Il الله سُبْحَانَهُۥ وَtَعَالَىٰ sait qu'une chose n'est plus lorsqu'elle n'est plus. Alors, comment la connaissance d'Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ change-t-elle avec le changement des choses ? La connaissance qui change avec le changement de choses récentes est une connaissance récente, et une chose récente ne réside pas en Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ car ce avec quoi le récent est associé est lui-même récent. D'autres parmi les Mutakallimin ont répondu à cela en disant : il est évident que notre connaissance que Zayd viendra vers nous est différente de notre connaissance qu'il est effectivement venu ; cette distinction est due au renouvellement de la connaissance ; mais cela est applicable à l'homme parce que c'est lui dont la connaissance est renouvelée, car la source de sa connaissance, de sa sensation et de sa compréhension est renouvelée. Mais avec Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ, il n'y a aucune distinction entre une chose destinée qui sera, une chose réalisée qui était, une chose accomplie qui s'est produite et une chose prédite qui surviendra. En effet, l'information à Son égard, à Lui Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ, est d'un seul état. D'autres Mutakallimin ont répondu : Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ connaît intrinsèquement tout ce qui fut et tout ce qui sera, toute information est connue par Lui comme étant la même connaissance, et la différence entre ce qui sera et ce qui découlera du changement des choses ne réside pas dans la connaissance d'Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ. Toute cette discussion traite de questions qui sont sensoriellement inaccessibles, et sur lesquelles l'intellect ne peut juger ; il n'est donc pas permis à l'intellect de s'en enquérir. Mais ils en ont discuté et sont parvenus à ces conclusions conformément à leur méthodologie qui donne à l'intellect la liberté de s'enquérir de tout. Ils ont imaginé des choses et en ont discuté. Par exemple, ils ont conçu que la Volonté d'Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ est associée à l'action du serviteur (l'homme), lorsque le serviteur a voulu l'action, c'est-à-dire qu'Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ a créé l'action lorsque le serviteur était capable et volontaire, et non par la capacité et la volonté du serviteur.
With the knowledge of Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ a thing unfolds as it is; thus Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ knows that a thing will be before it is and He الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ knows that a thing was when it was and He الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ knows that a thing no longer is when it no longer is. So how does the knowledge of Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ change with the change in things? The knowledge that changes with the change of recent things is a recent knowledge and a recent thing does not lie in Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ because that with which the recent is associated is itself recent. Others amongst the Mutakallimin replied to this by saying: it is self-evident that our knowledge that Zayd will come to us is other than our knowledge that he has indeed come; this distinction is due to the renewal of the knowledge; but this is applicable to man because it is he whose knowledge is renewed because the source of his knowledge, sensation and comprehension, is renewed. But with Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ there is no distinction between something destined that will be, a realised thing that was, an accomplished thing that occurred and a predicted thing that will occur. Indeed, information with regards to Him الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ is of one state. Other Mutakallimin replied: Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ inherently knows all that was and that will be, all information is known by him as the same knowledge, and the difference between what will be and what will stem from the change in things not in the knowledge of Allahالله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ. All this discussion deals with matters that are sensorially inaccessible, and upon which the intellect cannot judge; so it is not allowed for the intellect to inquire into them. But they discussed them and reached these conclusions in line with their methodology that gives the intellect the freedom to inquire into everything. They imagined things and discussed them. For example, they conceived that the Will of Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ is associated with the action of the servant (man), when the servant willed the action, that is, Allah الله سُبْحَانَهُۥ وَتَعَالَىٰ created the action when the servant was capable and willing, not with the servant’s capability and will.