5.2 Les conditions de l'effort d’interprétation (Ijtihad)
5.2 The Conditions Of Ijtihād
L'effort d’interprétation (Ijtihad) a été défini comme le déploiement d'un effort visant à rechercher l'opinion (prépondérante) sur une question parmi les règles de la charia d'une manière telle que l'interprète qualifié (Mujtahid) sent qu'il ne peut plus en fournir davantage ; c'est-à-dire qu'il s'agit de la compréhension du texte islamique (Shar’i) issu du Coran et de la sunna après avoir déployé ses efforts les plus intenses pour parvenir à cette compréhension afin d'acquérir la connaissance du statut légal (Hukm) islamique (Shar’i). Cela signifie que trois conditions doivent être remplies dans l'inférence (istinbat) du statut légal (Hukm) islamique (Shar’i) pour que l'on puisse dire qu'il a procédé à l'inférence par un effort d’interprétation (Ijtihad) légitime ; c'est-à-dire que trois conditions doivent être satisfaites avant que l'action ne puisse être appelée un effort d’interprétation (Ijtihad) : premièrement, déployer un effort d'une manière telle qu'il sent qu'il ne peut plus en fournir davantage. Deuxièmement, cet effort doit être une recherche de l'opinion prépondérante sur une question parmi les règles de la charia. Et troisièmement, cette opinion sur une question doit provenir des textes islamiques (Shar’i), car rechercher une chose parmi les règles de la charia n'est pas possible si elle ne provient pas des textes islamiques (Shar’i), et ce parce que le statut légal (Hukm) islamique (Shar’i) est l'adresse du Législateur concernant les actions des serviteurs. Cela signifie que celui qui ne déploie pas d'effort n'est pas considéré comme un interprète qualifié (Mujtahid). Et quiconque déploie un effort pour rechercher l'opinion (prépondérante) en dehors des règles de la charia, parmi les disciplines et les points de vue, n'est pas considéré comme un interprète qualifié (Mujtahid). Et quiconque cherche une opinion parmi les règles de la charia en dehors des textes islamiques (Shar’i) n'est pas considéré comme un interprète qualifié (Mujtahid). Ainsi, l'interprète qualifié (Mujtahid) est restreint dans ce qu'il déploie ses efforts les plus intenses pour comprendre les textes islamiques (Shar’i) afin de connaître le statut légal (Hukm) d'Allah (SWT). Tout ce qui est autre que cela, en ce qui concerne les savants (Ulama) qui expliquent les paroles de l'imam de leur mazhab (école de pensée), tentent de comprendre ses paroles et d'en déduire des règles, ou font prévaloir l'opinion de certains savants (Ulama) sur l'opinion d'autres sans le moyen des preuves islamiques (Shar’i), etc., aucun d'entre eux n'est considéré comme un interprète qualifié (Mujtahid) selon cette définition. L'ordre de l'effort d’interprétation (Ijtihad) est restreint à la compréhension des textes de la charia après avoir déployé l'effort le plus intense dans la voie menant à cette compréhension afin de connaître le statut légal (Hukm) d'Allah . Ainsi, les textes de la charia sont l'objet de la compréhension et ils sont l'objet de la recherche d'une opinion sur une chose à partir des règles islamiques (Shar’i).
Ijtihād has been defined as the expenditure of effort, seeking the (preponderate) opinion about a thing from the Sharī’ah rules in a manner in which the mujtahid feels unable to exert any more i.e, it is the comprehension of the Sharī’ah text from the Qur’ān and the Sunnah after exerting ones outmost in arriving at this comprehension in order to gain cognizance of the Sharī’ah rule. This means three issues need to be fulfilled in the inference (istinbat) of the Sharī’ah rule until it can be said he has made the inference with a legitimate Ijtihād that is, three issues have to be met until the action can be called an Ijtihād: First, exerting effort in a manner he feels himself unable to exert any more. Second, this exertion should be in search for a preponderate opinion about an issue from the Sharī’ah rules. And third, this opinion about an issue should be from the Sharī’ah texts because seeking a thing from the Sharī’ah rules is not possible if it is not from the Sharī’ah texts and that is because the hukm Shar’i is the address of the Legislator regarding the actions of the servants. This means the one who does not exert effort he is not considered a mujtahid. And whoever exerts effort seeking the (preponderate) opinion in other than the Sharī’ah rules from disciplines and views, he is not considered a mujtahid. And whoever seeks an opinion from the Sharī’ah rules from other than the Sharī’ah texts he is not considered a mujtahid. So the mujtahid is restricted in what he exerts his utmost effort in understanding the Sharī’ah texts on order to know the hukm of Allah . Anything other than that in terms of the Ulama; who explain the sayings of the imam of their mazhab (school of thought), attempt to comprehend his sayings and deduce rulings from it, or outweigh the opinion of some Ulama over the opinion of others without the medium of the Sharī’ah evidences etc, None of them are considered mujtahids according to this definition. The order of Ijtihād is restricted to the comprehension of the Sharī’ah texts after exerting the utmost effort in the path of arriving at this comprehension in order to know the hukm of Allah . So the Sharī’ah texts are the object of comprehension and they are the object of seeking the opinion about a thing from the Sharī’ah rules.
Ce qui doit être clair, c'est que les textes de la charia sont le Coran et la sunna, et rien d'autre. Tout autre texte n'est pas considéré comme un texte de la charia, quel que soit le statut de celui qui l'a énoncé. Ainsi, les paroles d'Abu Bakr , ‘Umar , Ali ou de tout autre parmi les compagnons (Sahabah) ne sont en aucun cas considérées comme des textes de la charia. De même, les déclarations d'interprètes qualifiés (Mujtahidin) tels que Ja’far, al Shafi’i, Malik et d'autres interprètes qualifiés (Mujtahidin) ne sont pas du tout considérées comme des textes de la charia. Par conséquent, fournir un effort pour déduire une règle à partir des déclarations de ces personnes ou de tout autre être humain, qui qu'il soit, n'est pas considéré comme un effort d’interprétation (Ijtihad). Il est plutôt considéré comme l'opinion de la personne elle-même qui a fait l'inférence, et cela n'a aucune valeur dans la charia. Sans oublier que la déduction d'un statut légal (Hukm) à partir de la parole de n'importe quel individu parmi les compagnons (Sahabah), les successeurs (Tabi’un), les interprètes qualifiés (Mujtahidin) et d'autres n'est pas autorisée par la charia, puisqu'il s'agit d'une inférence d'une règle de la charia à partir d'une source autre que le Coran et la sunna. Cela est illicite (Haram) dans la charia car il s'agit de juger par autre chose que ce qu'Allah a révélé. Et parce que ce qu'Allah a révélé est restreint au Kitab et à la sunna, tout ce qui n'est pas le Coran et la sunna ne provient pas de la révélation d'Allah . Ainsi, adopter un statut légal (Hukm) à partir de cela n'est rien de plus que d'adopter quelque chose qu'Allah n'a pas révélé. Et un statut légal (Hukm) qui n'est pas conforme à ce qu'Allah a révélé est certainement illicite (Haram).
What should be clear is that the Sharī’ah texts are the Quran and the Sunnah and none other. Any other text is not considered a Sharī’ah text whatever the status of the one who said it. So the sayings of Abu Bakr , ‘Umar , Ali or any other from the Sahabah are not considered as Sharī’ah texts in any way whatsoever. Likewise the statements of Mujtahidin such as Ja’far, al Shafi’i, Malik and other Mujtahidin are not considered Sharī’ah texts at all. So exerting effort in deducing a rule, from the statements of those people or any other human being whoever they may be is not considered Ijtihād. Rather it is considered as the opinion of the person himself who made the inference and it has no value in the Sharī’ah. Not to mention that the deduction of a hukm from the saying of any individual from the Sahabah, Tabi’een, Mujtahidin and others is not allowed by the Sharī’ah since it is an inference of a Sharī’ah rule from a source other than the Qur’ān and Sunnah. This is harām in the Sharī’ah because it is judging by other than what Allah has revealed. And because what Allah has revealed is restricted to the Kitab and Sunnah, any thing other than the Qur’ān and Sunnah is not from Allah’s revelation. So adopting a hukm from it is nothing more than adopting something Allah has not revealed. And a hukm which is not according to what Allah has revealed is definitely harām.
Le Qur’ān et la sunna sont en langue arabe. Le Kitab et la sunna sont venus comme une révélation d'Allah (SWT) soit dans l'expression et le sens, comme le Qur’ān, soit dans le sens uniquement. Le Messager ﷺ a exprimé ce sens avec ses propres mots, ce qui est le hadith. En tout état de cause, ils (c'est-à-dire le Qur’ān et la sunna) sont dans la langue arabe dans laquelle le Messager d'Allah ﷺ parlait. Cela (c'est-à-dire la parole) possède soit un sens linguistique uniquement, tel que « mutrafin » (les gens aisés), soit un sens relevant de la charia uniquement, auquel cas le sens linguistique est délaissé, comme pour le mot « gha’it », soit il possède un sens linguistique et un sens relevant de la charia, comme le mot « tahara » dans les exemples de « tahhara » (purifier) et « mutahhirun » (les purifiés). Ainsi, pour le comprendre, il faut s'appuyer sur les disciplines linguistiques et celles relevant de la charia jusqu'à ce qu'il soit possible de comprendre le texte et d'aboutir à une compréhension du statut légal (Hukm) d'Allah (SWT). Par conséquent, toutes les conditions de l'effort d’interprétation (Ijtihad) gravitent autour de ces deux choses, à savoir : la disponibilité des disciplines linguistiques et de celles relevant de la charia. Depuis l'aube de l'Islam jusqu'à la fin du deuxième siècle de l'Hégire, les musulmans n'avaient pas besoin de principes spécifiques pour comprendre les textes de la charia, que ce soit d'un point de vue linguistique ou de celui relevant de la charia, et ce en raison de la proximité de leur époque avec le Messager d'Allah ﷺ et parce que leur seule préoccupation dans la vie était la religion (Deen). Cela était également dû à la justesse de leur disposition linguistique et à la pureté de leur langue. Par conséquent, il n'y avait pas de conditions connues pour l'effort d’interprétation (Ijtihad). Mais l'effort d’interprétation (Ijtihad) en tant que question était bien connu. Et les interprètes qualifiés (Mujtahid) pouvaient se compter par milliers. Tous les compagnons (Sahabah) étaient des interprètes qualifiés (Mujtahid) et la quasi-totalité des dirigeants, walis et juges étaient issus des interprètes qualifiés (Mujtahid). Cependant, à mesure que la langue arabe s'est corrompue, des principes spécifiques ont été établis pour la rectifier. Et lorsque les gens se sont occupés de la dunya et que le nombre de personnes vouées à l'étude de la religion (Deen) a diminué, et que le mensonge consistant à attribuer des ahadīths à la langue du Messager ﷺ est devenu répandu, des principes ont été établis pour l'abrogation (nasikh et mansukh), pour l'acceptation ou le rejet des ahadīths, et pour comprendre la manière de déduire le statut légal (Hukm) à partir du verset (Ayah) et du hadith. Lorsque tout cela s'est produit, le nombre d'interprètes qualifiés (Mujtahid) a diminué et l'interprète qualifié (Mujtahid) a commencé à procéder dans son effort d’interprétation (Ijtihad) selon des principes spécifiques par lesquels il parvenait à des déductions spécifiques qui différaient des principes des autres. Et ces principes ont été établis soit par une pratique abondante de la déduction de règles à partir des textes, comme s'ils avaient été établis pour qu'il ne procède que selon une seule voie ; soit il suivait certains principes et a ensuite commencé à déduire (des règles) selon ceux-ci. Cela a conduit l'interprète qualifié (Mujtahid) à exercer l'effort d’interprétation (Ijtihad) selon une méthodologie spécifique dans la compréhension des textes de la charia et dans l'adoption du statut légal (Hukm) de la charia à partir des textes de la charia. Et certains interprètes qualifiés (Mujtahids) en sont venus à imiter une personne dans sa méthode d'effort d’interprétation (Ijtihad), mais ils ne l'imitaient pas dans les règles, ils déduisaient les règles eux-mêmes selon la méthodologie de cette personne. Et certains musulmans sont devenus versés dans une certaine discipline de la charia et ils ont déployé des efforts pour chercher une opinion parmi les règles de la charia dans des questions spécifiques qui leur étaient présentées et non dans toutes les questions. En réalité, en raison de cela, nous trouvons trois types de mujtahiddin parmi les musulmans : mujtahid mutlaq (celui qui a accompli un effort d’interprétation (Ijtihad) absolu), mujtahid mazhab (interprète qualifié (Mujtahid) dans une certaine école de pensée) et mujtahid mas’ala (interprète qualifié (Mujtahid) dans une question unique).
Quant au mujtahid mazhab, il s'agit de celui qui suit d'autres interprètes qualifiés (Mujtahids) dans leur méthodologie d'effort d’interprétation (Ijtihad), cependant il exerce l'effort d’interprétation (Ijtihad) dans les ahkām mais n'imite pas l'imam de son école. Il n'y a pas de conditions pour le mujtahid mazhab, si ce n'est d'avoir la connaissance des règles et des preuves du mazhab, et il lui est permis de suivre les règles du mazhab ou de ne pas être d'accord avec elles en exprimant sa propre opinion au sein du même mazhab. En raison de cela, il est permis à celui qui suit un mazhab d'exercer l'effort d’interprétation (Ijtihad) au sein de ce mazhab et de ne pas être d'accord avec l'imam du mazhab sur certaines règles et questions si une preuve lui semble plus forte. Il a été rapporté au sujet des imams qu'ils avaient l'habitude de dire :
As for the mujtahid mazhab he is someone who follows other Mujtahiddin in their methodology of Ijtihād, however he exercises Ijtihād in ahkām but does not imitate the imam of his school. There are no conditions for the mujtahid mazhab except having knowledge of the rules and evidences of the mazhab and he is allowed to follow the rules of the mazhab or disagree with them with his own opinion within the same mazhab. Due to this, it is allowed for the one who follows a mazhab to exercise Ijtihād within this mazhab and disagree with the imam of the mazhab in some rules and issues if an evidence appears to him to be stronger. It has been reported about the imams that they used to say
Si un hadith s'avère authentique, alors tel est mon mazhab, et on écarte mon avis exprimé devant les gens.
If a hadīth is found to be authentic, then that is my mazhab and discard my saying at the wall’
L'un des exemples les plus clairs à cet égard est celui de l'imam Ghazali qui était un adepte du mazhab shafi'ite, mais il avait des efforts d'interprétation (Ijtihad) au sein du mazhab de al-Shafi'i qui contredisaient les efforts d'interprétation (Ijtihad) d'al-Shafi'i lui-même. Le second est la mas'ala du mujtahid. Elle n'a pas de conditions ou de méthode spécifiques. Cependant, il est permis à quiconque possède la connaissance de certaines disciplines islamiques (Shar'i) et linguistiques qui lui permettent de comprendre les textes de la charia, d'exercer l'effort d'interprétation (Ijtihad) sur une question unique. Il lui est donc permis, sur une question unique, d'étudier les avis et les preuves des interprètes qualifiés (Mujtahid), ainsi que leur raisonnement, et qu'à partir de là, il puisse parvenir à une compréhension spécifique du statut légal (Hukm) islamique (Shar'i) qu'il présume, avec le moins de doute possible, être le statut légal (Hukm) islamique (Shar'i), qu'il soit en accord ou en désaccord avec l'opinion des interprètes qualifiés (Mujtahid). Sur une question unique, il lui est permis d'étudier les preuves de la charia et d'en comprendre ce qu'il juge, avec le moins de doute possible, être le statut légal (Hukm) islamique (Shar'i), que cette question ait été précédemment étudiée par les interprètes qualifiés (Mujtahid) ou non. Il suffit pour l'interprète qualifié (Mujtahid), sur une question unique, d'avoir des connaissances sur tout ce qui se rapporte à cette question, et il est essentiel qu'il en soit conscient, mais il n'y a aucun mal s'il ignore des questions qui ne s'y rapportent pas, parmi les questions liées à l'Usul et à la jurisprudence islamique (Fiqh).
One of the clearest examples for this is that of imam Ghazali who was a follower of the Shafi’i mazhab, but he had Ijtihāds in the mazhab of Shafi’i which contradicted the Ijtihāds of al-Shafi’i himself. The second is the mujtahid mas’ala. He has no specific conditions or method. However, it is allowed for whoever has knowledge of some of the Sharī’ah and linguistic disciples which enables him to understand the Sharī’ah texts, to exercise Ijtihād in a single issue. So it is allowed for him, in a single issue, to study the views and evidences of mujtahiddin, and their line of reasoning and from that he can reach a specific understanding of the hukm Shar’i which he presumes with the least amount of doubt to be the hukm Shar’i whether it agrees with the opinion of the Mujtahiddin or disagrees with it. In a single issue it is allowed for him to study the Sharī’ah evidences and understand from it what he deems with least amount of doubt to be the hukm Shar’i whether this issue has been previously studied by the Mujtahiddin or not. It suffices for the mujtahid in a single issue to be knowledgable about whatever relates to that issue, and it is essential that he is cognizant of that, but there is no harm if he is unaware of issues not related to it, from matters related to Usul and fiqh (jurispudence).
« Et prenez pour témoins deux personnes équitables parmi vous (Musulmans) » [TMQ Talaaq: 2]
“And take for witness two just persons from among you (Muslims)” [TMQ Talaaq: 2]
Et Il (SWT) a dit :
And He said:
« Puis prenez à témoin deux hommes justes parmi les vôtres ou deux autres en dehors de votre groupe » [TMQ Mā’idah: 106]
“Then take the testimony of two just men of your folk or two others from outside” [TMQ Mā’idah: 106]
Les deux versets (Ayah) portent sur le fait de témoigner. Le premier stipule que les témoins doivent être parmi les musulmans. Le second stipule qu'ils doivent être parmi les musulmans et parmi les non-musulmans. C'est-à-dire que le premier verset (Ayah) stipule que le témoin doit être musulman, tandis que le dernier autorise le témoin à être non-musulman. Il est essentiel de savoir de quelle manière ils sont réconciliés, c'est-à-dire qu'il est essentiel de savoir que le premier verset (Ayah) est sans restriction (mutlaq) en ce qui concerne le témoignage, et que le second restreint (muqayyad) le témoignage des legs (wasiyya) lors des voyages. Il doit être entendu que le second verset (Ayah) autorise le témoignage de non-musulmans au moment du legs et de ce qui lui est semblable en termes de transactions commerciales. Par une raison plus grande encore, il en doit être de même pour d'autres choses. De même, ces deux versets indiquent que la preuve doit provenir de deux témoins justes. Cela est soutenu par un autre verset (Ayah) qui est la parole d'Allah (SWT) :
Both ayāt are about giving testimony. The first states that the witnesses should be from the Muslims. The second states that they should be from Muslims and from non-muslims. i.e, the first ayah stipulates that the witness be a Muslim while the latter permits the witness to be a non muslim. It is essential to know the way in which they are reconciled that is, it is essential to know that the first ayah is unrestricted (mutlaq) with regards to testimony and the second restricts (muqayyad) the testimony of bequests (wasiyya) on journeys. It must be known that the second ayah permits the testimony of non-muslims at the time of the bequest and the like in terms of commercial transactions. It is by greater reason that this should be the case in other things. As well, those two verses indicate that the evidence should be (from) two just witnesses. It is supported by another ayah which is the saying of Allah :
« Et prenez deux témoins parmi vos hommes. Et s'il n'y a pas deux hommes, alors un homme et deux femmes » [TMQ Baqarah: 282]
“And get two witnesses out of your own men. And if there are not two men (available), then a man and two women” [TMQ Baqarah: 282]
Comment cela s'accorde-t-il avec ce qui a été établi dans le Sahih (de Bukhari) concernant le Prophète ﷺ, à savoir qu'il a accepté le témoignage d'une seule femme en ce qui concerne l'allaitement (rada’a) ? Et qu'il a accepté le témoignage d'un témoin unique accompagné du serment du demandeur ? Rapporté par Ibn ‘Abbas :
How does that fit in with what has been established in the Sahih (of Bukhari) about the Prophet that he accepted the testimony of one woman in regard to fosterage (rada’a)? And that he accepted the testimony of a single witness with an oath of the plaintiff? Narrated by Ibn ‘Abbas:
« Que le Messager d'Allah ﷺ a rendu un jugement sur la base d'un serment accompagné d'un seul témoin »
“That the Messenger of Allah pronounced judgement on the basis of an oath along with a single witness”
Dans un autre hadith rapporté par Jabir
In another Hadith which is narrated by Jabir
« Que le Prophète ﷺ a rendu un jugement sur la base d'un serment accompagné d'un seul témoin » [Reported by Tirmizi]
‘That the Prophet pronounced Judgement on the basis of an oath along with a single witness” [Reported by Tirmizi]
Il est rapporté par le Commandeur des croyants (Amir al-Mu’minin) ‘Ali ibn Abi Talib :
It is narrated by Amir al-Mu’minin ‘Ali ibn Abi Talib:
« Que le Prophète ﷺ a rendu un jugement sur la base du témoignage d'un seul témoin et du serment du demandeur (sahib al-Haqq) » [Reported by Sunan Bayhaqi]
“That the Prophet passed judgement on the basis of a testimony of a single witness and an oath of the plaintiff (sahib al-Haqq)” [Reported by Sunan Bayhaqi]
Il semble qu'il y ait une contradiction entre les preuves. Cependant, l'interprète qualifié (Mujtahid) qui examine la question constate que ce que le verset (Ayah) et les hadiths mentionnent est le nombre le plus complet pour le témoignage. Si le nombre complet n'est pas atteint, cela ne signifie pas qu'un autre nombre ne soit pas accepté, puisque le seuil minimal (Nisab) concerne la prise de responsabilité du témoignage. Quant à l'accomplissement de son devoir et du jugement par le juge, le nombre de témoins n'a pas été stipulé, mais ce qui est stipulé est la preuve, qui est tout ce qui démontrera la vérité, même par le témoignage d'une seule femme ou d'un seul homme accompagné du serment du demandeur (sahib al-haqq). Cependant, si le texte de la charia est venu spécifier le nombre de témoins, comme dans le témoignage pour la fornication, alors il est restreint par le texte. De plus, le Prophète ﷺ a rejeté les associateurs (Mushrikin) lors de la bataille d'Uhud. Il ne les a pas acceptés pour participer avec les Musulmans à la bataille. Il ﷺ a dit :
It seems that there is a contradiction between the evidences. However the mujtahid who scrutinises the issue finds that what the ayah and the ahadith mention is the most complete number in testimony. If the complete number is not met it does not mean any other number is not accepted, since the nisab (number) concerns taking up the responsibility of testimony. As for the judge’s discharging of his duty and ruling, the number of witnesses has not been stipulated but what is stipulated is the proof, which is whatever will demonstrate the truth even by the testimony of a single woman or single man along with the oath of the plaintiff (sahib al-haqq). However, if the Sharī’ah text has come specifying the number of witnesses as in the testimony for fornication, then it is restricted by the text. Also, the Prophet rejected the Mushrikin at the battle of Uhud. He did not accept them to participate with the Muslims in the battle. He said:
« Nous ne cherchons pas l'aide des mécréants » [Musnad Ahmad]
“We do not seek the help of the disbelievers” [Musnad Ahmad]
Mais il a accepté l'aide des Mushrikin à Hunayn. Comment concilier ces deux preuves ? L'interprète qualifié (Mujtahid) doit savoir que le Messager ﷺ n'a pas accepté les Mushrikin à Uhud et a refusé de solliciter leur aide parce qu'ils souhaitaient combattre sous leur propre bannière, puisqu'ils s'en étaient distingués par elle. Son refus a donc une cause juridique (Illah), qui est qu'ils combattaient sous leur propre bannière et leur propre État. Il ﷺ a accepté et sollicité leur aide à Hunayn parce qu'ils combattaient sous la bannière du Messager ﷺ. La cause juridique (Illah) du refus de solliciter leur aide est absente, donc solliciter leur aide est autorisé. Et avec cette clarification et d'autres exemples de ce genre, le conflit des preuves cesse.
But he accepted the help of the Mushrikin at Hunayn. How are those two evidences to be reconciled? The mujtahid should know that the Messenger did not accept the Mushrikin at Uhud and refused to seek their help because they wished to fight under their own banner since they came distinguishing themselves with it. So his refusal has an ‘illah (reason), which is that they were fighting under their own banner and state. He accepted and sought their help in Hunayn because they fought under the banner of the Messenger . The ‘illah of refusing to seek help from them is absent so seeking help is allowed. And with this clarification and other such examples the conflict of evidences cease.
Ainsi, la capacité à comprendre les preuves textuelles et à les comparer est une condition fondamentale. Par conséquent, l'interprète qualifié (Mujtahid) mutlaq doit maîtriser le discernement des règles de la charia et de leurs divisions, les modes de leur établissement, les aspects de leurs implications textuelles à partir de leurs significations (*wujuh dalālatiha ala madlulatiha*), la différence des niveaux et les conditions reconnues. Il doit également connaître les angles de leur prépondérance lorsqu'elles se contredisent. Cela l'oblige à être instruit des rapporteurs (*ruwwa*), des méthodes d'invalidation et d'attestation (*jarh wa ta’dīl*), et il doit être familier avec les causes de la révélation (*asbab nuzul*) et de l'abrogation (*nasikh wa mansukh*) dans les textes.
So the ability to comprehend the textual evidences and to compare them is a basic condition. Consequently, the mujtahid mutlaq must be conversant with discernment of the Sharī’ah rules and their divisions, ways of establishing them, aspects of their textual implications from their meanings (wujuh dalālatiha ala madlulatiha,) difference of levels and recognised conditions. And he must know the angles of outweighing them when they contradict. This obliges him to be acquainted with transmitters (ruwwa), methods of invalidation and attestation (jarh wa ta’dīl), and he should be familiar with the causes of revelation (asbab nuzul) and abrogation (nasikh wa mansukh) in the texts.