17. Le califat
17. The Khilafah
Le califat est la direction générale ou globale de tous les musulmans dans le monde afin d'établir les lois de la charia islamique et de porter l'appel à l'islam (Da’wah) à travers le monde. C'est la même chose que l'Imamah, car l'Imamah et le califat ont le même sens. Plusieurs hadiths sahihs les mentionnent avec le même sens. Aucun des deux termes n'est jamais apparu avec un sens différent de l'autre dans un texte de la charia, c'est-à-dire le Coran ou la sunna, car ces deux (sources) sont les seules sources de la charia. Il n'est pas obligatoire de s'attacher au terme de califat ou d'Imamah, mais il est plutôt obligatoire de s'attacher au sens du terme.
The Khilafah is the general or overall leadership for all the Muslims in the world in order to establish the laws of the Islamic Shari’ah and to carry the da’wa of Islam to the world. It is the same as the Imamah, as the Imamah and Khilafah have the same meaning. Several saheeh ahadith mention them with the same meaning. Neither of the two terms has ever come with any meaning different from the other in any Shari’ah text i.e. the Qur’an or the Sunnah, as these two (sources) are the only Shari’ah sources. It is not compulsory to hold to the term of Khilafah or Imamah, but rather it is compulsory to hold to the meaning of the term.
L'établissement du califat est une obligation pour tous les musulmans dans toutes les régions du monde. Son établissement, comme l'accomplissement de toute obligation qu'Allah (SWT) a imposée aux musulmans, est une question inévitable sans choix ni indulgence. La négligence dans son accomplissement est l'un des pires péchés pour lesquels Allah (SWT) châtie avec les châtiments les plus sévères.
Establishing the Khilafah is an obligation upon all Muslims in all regions of the world. Establishing it, like the performing of any obligation that Allah (swt) obliged upon Muslims, is an inevitable matter without choice or leniency in it. Negligence in performing it is one of the worst sins for which Allah (swt) punishes with the strictest of the punishments.
Les preuves pour l'établissement du califat sur tous les musulmans (proviennent du) : Coran, sunna et le consensus (Ijma’) des Compagnons.
The evidence for establishing the Khilafah upon all Muslims (come from): The Qura'n, The Sunnah and Ijmaa as-Sahabah.
Quant au Coran, Allah (SWT) a ordonné au Messager ﷺ de juger entre les musulmans selon tout ce qu'Il (SWT) lui a révélé, et Son ordre (SWT) à son égard était de manière décisive. Allah (SWT) s'est adressé au Prophète ﷺ en disant :
As for the Qura'n, Allah (swt) has ordered the Messenger (saw) to rule between Muslims by all that He (swt) revealed to him (saw), and His order (swt) to him was in a decisive manner. Allah (swt) addressed the Prophet (saw) saying:
« Et juge entre eux par ce qu'Allah t'a révélé, et ne suis pas leurs passions en t'écartant de ce qui t'est parvenu de la vérité. » [TMQ 5:48]
"And rule between them by that which Allah revealed to you, and do not follow their vain desires away from the truth which came to you" [TMQ 5:48]
Et Il (SWT) a dit :
And He (swt) said:
« Et juge entre eux par ce qu'Allah t'a révélé et ne suis pas leurs passions, et prends garde qu'ils ne t'écartent de tout ou partie de ce qu'Allah t'a révélé » [TMQ 5:49]
"And rule between them by that which Allah revealed to you and do not follow their whims, and beware (be on the alert) that they may deviate you away from even some part of what Allah revealed to you" [TMQ 5:49]
La parole d'Allah (SWT) au Prophète ﷺ est une parole adressée à sa communauté (Ummah), à moins qu'il n'existe une preuve limitant la parole à lui ﷺ. Dans ce cas, il n'existe aucune preuve de ce type, l'adresse s'adresse donc à tous les musulmans pour établir le statut légal (Hukm). L'établissement du calife ne signifie rien d'autre que l'établissement de la règle et de l'autorité. De plus, Allah (SWT) a rendu obligatoire pour les musulmans d'obéir à ceux qui détiennent l'autorité, c'est-à-dire le dirigeant, ce qui indique que l'existence de celui qui détient l'autorité est obligatoire pour les musulmans. Allah (SWT) a dit :
The speech of Allah (swt) to the Prophet (saw) is a speech to his Ummah unless there is evidence which limits the speech to him (saw). In this case there is no such evidence, so the address is to all the Muslims to establish the rule (hukm). The establishment of the Khalifah does not mean other than the establishment of the rule and the authority. Moreover, Allah (swt) made it obligatory upon Muslims to obey those in authority i.e. the ruler, which indicates that the existence of the one in authority is obligatory upon Muslims. Allah (swt) said:
« Ô vous qui croyez ! Obéissez à Allah, obéissez au Messager et à ceux d'entre vous qui détiennent l'autorité. » [TMQ 4:59]
"O you who believe obey Allah and obey the Messenger and those in authority amongst you" [TMQ 4:59]
Allah (SWT) n'ordonne pas l'obéissance à quelqu'un qui n'existe pas. Cela indique que l'existence de la personne en autorité est obligatoire. Lorsque Allah (SWT) commande l'obéissance à ceux qui détiennent l'autorité, Il (SWT) commande leur établissement. Le résultat de l'établissement du dirigeant est l'établissement du statut légal islamique (hukm shar’i) et l'échec de son établissement entraînera la négligence du statut légal islamique (hukm shar’i). Ainsi, son existence est obligatoire car la conséquence de l'échec de son établissement relèvera des choses interdites, c'est-à-dire la négligence du statut légal islamique (hukm shar’i).
Allah (swt) does not order obedience to someone who does not exist. This indicates that the existence of the person in authority is obligatory. When Allah (swt) commands obedience to those in authority then He (swt) is commanding their establishment. The result of establishing the ruler is the establishment of the Shari’ah rule (hukm shar’i) and the failure to establish it will result in neglecting the Shari’ah rule (hukm shar’i). Thus his existence is obligatory as the result of the failure to establish it is will be from the prohibited matters i.e. the neglect of the Shari’ah rule (hukm shar’i).
Quant à la sunna, Nafi‘ a rapporté avoir entendu dire que Abdullah bin ‘Umar m'a dit qu'il avait entendu le Prophète ﷺ dire :
As for the Sunnah, Nafi‘ reported saying: Abdullah bin ‘Umar said to me that he heard the Prophet (saw) saying:
« Quiconque retire sa main de l'obéissance rencontrera Allah, au Jour de la Résurrection, sans avoir de preuve en sa faveur, et quiconque meurt sans avoir un serment d’allégeance (Bay’ah) autour du cou meurt d'une mort d'ignorance préislamique (Jahiliyyah). »
“Whoever removes his hand from obedience will meet Allah on the Day of Resurrection without having any proof for him, and whoever dies without a pledge of allegiance (bay’ah) on his neck dies a death of ignorance (jahiliyyah).”
Ainsi, le Prophète ﷺ a rendu obligatoire pour chaque musulman d'avoir un serment d’allégeance (Bay’ah) sur son cou, et a décrit que quiconque meurt sans un serment d’allégeance (Bay’ah) sur son cou meurt d'une mort d'ignorance préislamique (Jahiliyyah). Le serment d’allégeance (Bay’ah) ne peut être pour personne d'autre que le calife. Le Prophète ﷺ a rendu obligatoire pour chaque musulman d'avoir sur son cou un serment d’allégeance (Bay’ah) envers un calife, pourtant il n'a pas fait de l'acte de donner le serment d’allégeance (Bay’ah) à un calife une obligation pour chaque musulman. Le devoir réside dans l'existence d'un serment d’allégeance (Bay’ah) sur le cou de chaque musulman éligible, c'est-à-dire l'existence d'un calife qui, par conséquent, mérite un serment d’allégeance (Bay’ah) sur le cou de chaque musulman. C'est donc la présence du calife qui impose un serment d’allégeance (Bay’ah) sur le cou de chaque musulman, que le musulman lui ait effectivement donné un serment d’allégeance (Bay’ah) (en personne) ou non. Par conséquent, ce hadith du Prophète ﷺ est une preuve que la nomination du calife est une obligation et non une preuve que le fait de donner le serment d’allégeance (Bay’ah) est obligatoire. Cela est dû au fait que ce qui a été blâmé par le Prophète ﷺ était l'absence de serment d’allégeance (Bay’ah) sur le cou d'un musulman jusqu'à sa mort, mais il n'a pas blâmé l'absence du serment d’allégeance (Bay’ah). Muslim a rapporté d'Al-'Araj, d'après Abu Hurairah (qu'Allah l'agrée), d'après le Prophète ﷺ qui a dit :
So the Prophet (saw) made it compulsory upon every Muslim to have a bay’ah on his neck, and described that whoever dies without a bay’ah on his neck that he dies a death of jahiliyyah. The bay’ah cannot be for anyone except the Khalifah. The Prophet (saw) made it obligatory upon every Muslim to have on his neck a bay’ah to a Khalifah, yet he did not make it an obligation upon every Muslim to give bay’ah to a Khalifah. The duty is the existence of a bay’ah on the neck of every eligible Muslim i.e. the existence of a Khalifah who accordingly deserves a bay’ah upon the neck of every Muslim. So it is the presence of the Khalifah which places a bay’ah on the neck of every Muslim, whether the Muslim actually gave a bay’ah to him (in person) or not. Therefore, this hadith of the Prophet (saw) is evidence that the appointment of the Khalifah is an obligation and not a proof that giving the bay’ah is obligatory. This is so because what was rebuked by the Prophet (saw) was the absence of a bay’ah on the neck of a Muslim until he dies, but he did not rebuke the absence of the bay’ah. Muslim narrated from Al-’Araj from Abu Hurairah (ra) from the Prophet (saw) who said:
« Voici que l'imam est un bouclier derrière lequel les gens combattent et par lequel ils se protègent. »
“Behold, the Imam is a shield from behind whom the people fight and by whom they protect themselves.”
Et Muslim a rapporté d'après Abu Hazim qui a dit :
And Muslim reported from Abu Hazim who said:
« J'ai accompagné Abu Hurairah pendant cinq ans et je l'ai entendu rapporter du Prophète ﷺ qui a dit : Les prophètes régnaient sur les enfants d'Israël. Chaque fois qu'un prophète mourait, un autre prophète lui succédait, mais il n'y aura pas de prophète après moi. Il y aura des califes et ils seront nombreux. Ils demandèrent : Que nous ordonnes-tu alors ? Il dit : Accomplissez le serment d’allégeance (Bay’ah) envers eux les uns après les autres et donnez-leur leur droit. Certes, Allah les interrogera sur ce qu'Il leur a confié. »
“I accompanied Abu Hurairah for five years and heard him reporting from the Prophet who said: The Prophets ruled over the children of Israel. Whenever a Prophet died another Prophet succeeded him, but there will be no Prophet after me. There will be Khulafaa and they will number many. They asked: What then do you order us? He said: Fulfil the bay’ah to them one after the other and give them their due right. Surely Allah will ask them about what He entrusted them with.”
Et d'après bin ‘Abbas, d'après le Prophète ﷺ qui a dit :
And from bin ‘Abbas from the Prophet (saw) who said:
« Si quelqu'un voit en son émir quelque chose qui lui déplaît, qu'il reste patient. Car, en vérité, celui qui se sépare du sultan (l'autorité de l'Islam) ne serait-ce que de la largeur d'une main et meurt sur cet état, est mort d'une mort d'ignorance préislamique (Jahiliyyah) ».
“If anyone sees in his Amir something that displeases him let him remain patient. For, behold, he who separates himself from the sultan (authority of Islam) by even so much as a hand span and dies thereupon, has died a death of jahiliyyah”.
Dans ces hadiths, le Prophète ﷺ nous informe que des dirigeants géreront les affaires des musulmans, et ils incluent la description du calife comme un bouclier, c'est-à-dire une protection. Ainsi, la description de l'imam comme un bouclier informe des bienfaits de la présence de l'imam, ce qui en fait une injonction à l'action. Cela s'explique par le fait que si l'information transmise par Allah (SWT) et le Prophète ﷺ contient un blâme, il s'agit d'une injonction d'interdiction, et si elle contient un éloge, il s'agit d'une injonction à l'action. Si l'action ordonnée est nécessaire pour mettre en œuvre un statut légal (Hukm) islamique (Shar’i), ou que par sa négligence un statut légal (Hukm) islamique (Shar’i) sera négligé, alors cette injonction est décisive. Dans ces hadiths, il y a également l'information que ceux qui gèrent les affaires des musulmans sont des califes, ce qui indique un ordre de les nommer. Ils incluent également une interdiction pour les musulmans de se séparer de l'autorité, ce qui indique l'obligation pour les musulmans de nommer une autorité pour eux-mêmes, c'est-à-dire un gouvernement. De plus, le Prophète ﷺ a ordonné aux musulmans d'obéir au calife et de combattre ceux qui contestent son autorité en tant que calife, ce qui indique un ordre de nommer un calife et de protéger son califat en combattant quiconque conteste son autorité. Muslim a rapporté que le Prophète ﷺ a dit :
In these ahadith, the Prophet (saw) informs us that leaders will run the affairs of Muslims, and they include the description of the Khalifah as a shield i.e. a protection. So the description of the Imam as a shield is informative of the benefits of the presence of the Imam, thus it is a command for action. This is because if the information conveyed by Allah (swt) and the Prophet (saw) contained rebuke then it is a command of prohibition, and if it contained praise then it is a command for action. If the ordered action is necessary to implement a hukm shari’ (Shari’ah rule), or by its negligence a hukm shar‘i will be neglected, then this command is decisive. In these ahadith there is information also that those who run the affairs of Muslims are Khulafaa, which indicates an order to appoint them. They also include a prohibition for Muslims to separate from the authority, which indicates the obligation upon Muslims to appoint an authority for themselves i.e. ruling. Moreover, the Prophet (saw) ordered the Muslims to obey the Khalifah and to fight those who dispute his authority as Khalifah, which indicates an order to appoint a Khalifah and to protect his Khilafah by fighting against whosoever disputes with him. Muslim reported that the Prophet (saw) said:
« Celui qui a prêté allégeance à un imam en lui donnant la poignée de sa main et le fruit de son cœur lui obéira autant qu'il le pourra, et si un autre vient à contester son autorité, tu devras trancher le cou de cet homme. »
“He who pledged allegiance to an Imam giving him the clasp of his hand and the fruit of his heart shall obey him as long as he can, and if another comes to dispute with him you have to strike the neck of that man.”
Ainsi, l'ordre d'obéir à l'imam est un ordre de l'établir, et l'ordre de combattre ceux qui contestent son autorité est une preuve que cet ordre est décisif pour maintenir la présence d'un seul calife.
So the command to obey the Imam is an order to establish him, and the command to fight those who dispute with him is evidence that this command is decisive in maintaining the presence of one Khalifah.
Quant au consensus (Ijma’) des compagnons (Sahabah) (ra), ils ont tous convenu de la nécessité d'établir un successeur ou calife après la mort du Prophète ﷺ, et ils ont tous convenu de nommer un successeur à Abu Bakr, puis à ‘Umar, puis à ‘Uthman, après la mort de chacun d'entre eux. Le consensus (Ijma’) des compagnons (Sahabah) (ra) pour établir un calife s'est manifesté de manière emphatique lorsqu'ils ont retardé l'enterrement du Prophète ﷺ après sa mort alors qu'ils étaient occupés à lui nommer un successeur, malgré le fait que l'enterrement du défunt soit obligatoire (Fard), et qu'il soit illicite (Haram) pour ceux qui sont censés préparer son enterrement de s'occuper de quoi que ce soit d'autre jusqu'à ce qu'ils terminent l'enterrement. Les compagnons (Sahabah) (ra) étaient obligés de s'occuper de la préparation de l'enterrement du Prophète ﷺ, au lieu de quoi certains d'entre eux se sont occupés de la nomination d'un calife plutôt que d'accomplir l'enterrement, et d'autres sont restés silencieux face à cet engagement et ont participé au retard de l'enterrement pendant deux nuits malgré leur capacité à nier ce retard et leur capacité à enterrer le Prophète ﷺ. Ce fut donc un consensus (Ijma’) pour s'occuper de la nomination d'un calife plutôt que d'enterrer le défunt. Cela ne pouvait être légitime à moins que la nomination d'un calife ne soit plus obligatoire que l'enterrement du défunt. De plus, tous les compagnons (Sahabah) (ra) ont été d'accord tout au long de leur vie sur l'obligation de nommer un calife. Bien qu'ils aient été en désaccord sur la personne à élire comme calife, ils n'ont jamais été en désaccord sur la nomination d'un calife, ni lorsque le Prophète ﷺ est mort, ni lorsque l'un des Khulafaa ar-Rashidun est mort. Par conséquent, le consensus (Ijma’) des compagnons (Sahabah) est une preuve claire et forte que la nomination d'un calife est obligatoire (Fard).
As for the Ijma’a of the Sahabah (ra) they all agreed upon the necessity to establish a successor or Khalifah to the Prophet (saw) after his death, and they all agreed to appoint a successor to Abu Bakr, then to ‘Umar, then to ‘Uthman, after the death of each one of them. The Ijma’a of the Sahabah (ra) to establish a Khalifah manifested itself emphatically when they delayed the burial of the Prophet (saw) after his death while engaged in appointing a successor to him, despite the fact that the burial of the dead person is fard, and that it is haram upon those who are supposed to prepare for his burial to engage themselves in anything else until they complete the burial. The Sahabah (ra) were obliged to engage themselves in preparing the burial of the Prophet (saw), instead some of them engaged themselves in appointing a Khalifah rather than carrying out the burial, and some others kept silent on this engagement and participated in delaying the burial for two nights despite their ability to deny the delay and their ability to bury the Prophet (saw). So this was an Ijma’a to engage themselves in appointing a Khalifah rather than to bury the dead. This could not be legitimate unless the appointment of a Khalifah is more obligatory than the burial of the dead. Also, all the Sahabah (ra) agreed throughout their lives upon the obligation of appointing a Khalifah. Although they disagreed upon the person to be elected as a Khalifah, they never disagreed upon the appointment of a Khalifah, neither when the Prophet (saw) died, nor when any of the Khulafaa ar-Rashidun died. Therefore the Ijma’a of the Sahabah is clear and strong evidence that the appointment of a Khalifah is obligatory.
« Ce qui est nécessaire pour accomplir un obligatoire (Wajib) est lui-même un obligatoire (Wajib) »
‘What is necessary to accomplish a wajib (duty) is itself a wajib’
Ainsi, l'établissement d'un calife est également obligatoire selon ce principe divin.
So the establishment of a Khalifah is also compulsory according to this divine principle.
Par conséquent, il est clair d'après ces preuves que l'établissement du pouvoir et de l'autorité parmi les musulmans est obligatoire (Fard), et il est également clair que la nomination d'un calife qui assume la charge du pouvoir et de l'autorité est obligatoire pour les musulmans afin de mettre en œuvre les règles de la charia (Shari’ah) et non simplement pour le sake du pouvoir et de l'autorité en eux-mêmes. Réfléchissez à ce que Muslim a rapporté de la parole du Prophète ﷺ via ‘Awf bin Malik :
Therefore, it is clear from these evidences that the establishment of the rule and the authority amongst Muslims is fard, and it is also clear that the appointment of a Khalifah who takes the charge of the rule and the authority is compulsory upon Muslims in order to implement the Shari’ah rules and not merely for the sake of rule and authority in themselves. Reflect upon what Muslim narrated of his saying (saw) via ‘Awf bin Malik:
« Les meilleurs de vos imams (dirigeants) sont ceux que vous aimez et qui vous aiment, qui prient (Salah) pour vous et vous priez (Salah) pour eux ; et les pires de vos imams sont ceux que vous détestez et qui vous détestent, et que vous maudissez et qui vous maudissent. Le Messager d'Allah ﷺ fut interrogé : Ne devrions-nous pas les affronter avec les épées ? Il dit : Non, tant qu'ils accomplissent la prière (Salah) parmi vous. »
“The best of your Imams (leaders) are those whom you love and they love you, who pray for you and you pray for them; and the worst of your Imams are those whom you hate and they hate you and you curse them and they curse you. The Messenger of Allah (saw) was asked: Should we not face them with the swords? He said: No, not as long as they establish salat (meaning Islam) among you.”
Ce hadith informe clairement sur les bons et les mauvais dirigeants, et interdit clairement de les affronter par le sabre tant qu'ils établissent la religion (Deen), puisque l'établissement de la prière (Salah) indique le maintien de la religion (Deen) et le fait de gouverner par elle.
This hadith is clear in informing about the good and bad leaders, and clear in prohibiting confronting them with the sword as long as they establish the deen, since establishing the salat (prayer) indicates upholding of the deen and ruling by it.
Ainsi, l'obligation pour les musulmans de nommer le calife qui établit les lois de l'Islam et transmet son appel est une question dont la certitude ne fait aucun doute au regard des textes authentiques de la charia. De plus, il s'agit d'un devoir obligatoire en raison du fait qu'Allah (SWT) a rendu obligatoire (Fard) pour les musulmans d'établir la règle de l'Islam et de protéger l'honneur des musulmans. Cependant, ce devoir est collectif ; ainsi, si certains membres de la communauté (Ummah) l'accomplissent, l'obligation (Fard) est remplie et la responsabilité incombe alors moins au reste de la communauté (Ummah). Et si une partie de la communauté (Ummah) est incapable de réaliser l'obligation (Fard), bien qu'elle ait accompli les actions qui l'établissent, alors la responsabilité demeure sur tous les musulmans, et l'obligation (Fard) demeure sur chaque musulman tant que les musulmans sont sans calife.
So the obligation upon Muslims to appoint the Khalifah who establishes the laws of Islam and conveys its call is a matter which has no doubt with regard to its certainty in the sound texts of Shari’ah. Moreover, it is an obligatory duty due to the fact that Allah (swt) made it fard upon Muslims to establish the rule of Islam and to protect the honour of Muslims. However, this duty is a collective one, so if some people of the Ummah accomplished it, the fard is fulfilled and thus responsibility drops from the rest of the Ummah. And if part of the Ummah was unable to achieve the fard, though they carried out the actions which establish it, then the responsibility remains upon all the Muslims, and the fard remains upon every Muslim as long as Muslims are without a Khalifah.
S'abstenir d'établir un calife pour les musulmans fait partie des plus grands péchés, car il s'agit de s'abstenir d'accomplir l'une des obligations (Fard) les plus importantes de l'Islam, sur laquelle dépend la mise en œuvre de la religion (Deen) ; voire, l'existence même de l'Islam sur le champ de bataille de la vie en dépend également. Ainsi, les musulmans dans leur ensemble commettent un grand péché en s'abstenant d'établir un calife pour tous les musulmans. Et s'ils s'accordaient tous à rester sans calife, le péché frapperait tous les musulmans dans toutes les régions habitées (le monde entier). Cependant, si certains des musulmans se lançaient dans le travail pour établir un calife et que les autres ne le faisaient pas, le péché serait levé des épaules de ceux qui ont commencé à travailler pour établir le calife, bien que l'obligatoire (Fard) demeure sur eux jusqu'à ce que le calife soit nommé. (Cela est ainsi) parce que l'implication dans l'établissement de l'obligatoire (Fard) efface le péché lié au retard dans son établissement en son temps opportun, et à sa non-réalisation, en raison du travail de la personne pour l'établir et de sa haine de ce qui l'empêche de l'établir.

« Les gens interrogeaient le Prophète d'Allah ﷺ sur le bien, et moi, je l'interrogeais sur le mal par crainte qu'il ne m'atteigne. J'ai alors dit : Ô Prophète d'Allah ! Nous étions à l'époque de l'ignorance préislamique (Jahiliyyah) et du désordre, puis Allah nous a apporté ce bien, y aura-t-il donc du désordre après ce bien ? Il ﷺ dit : Oui. J'ai dit : Y aura-t-il du bien après ce désordre ? Il dit : Oui, et il aura une fumée (dukhan). J'ai dit : Quelle est sa fumée ? Il dit : Des gens qui guident, mais pas selon ma guidance. Tu en reconnaîtras certains et tu en renieras d'autres. J'ai dit : Y aura-t-il du désordre après ce bien ? Il dit : Oui, des appelants (du’at) qui appellent aux portes de l'Enfer. Ils y jettent celui qui accepte leur invitation. J'ai dit : Ô Prophète d'Allah, décris-les-nous. Il dit : Ils sont de notre propre peau (de notre peuple) et parlent notre langue. J'ai dit : Que m'ordonnes-tu de faire si cette (affaire) m'atteint ? Il dit : Attache-toi à la jama‘ah des musulmans et à leur imam. J'ai dit : Et si les musulmans n'ont ni jama‘ah ni imam ? Il dit : Alors sépare-toi de tous ces groupes, même si tu dois mordre la racine d'un arbre jusqu'à ce que la mort te vienne ainsi. »
“The people used to ask the Prophet of Allah (saw) about the good and I used to ask him about the bad in fear that it might catch me. So I said: O Prophet of Allah! We were in times of jahiliyyah and mischief then Allah brought us this good, so is there any mischief after this good? He (saw) said: Yes. I said: Will there be any good after that mischief? He said: Yes, and it has smoke (dukhan). I said: What is its smoke? He said: People guiding but not on my guidance. You recognise some (from them) and deny some. I said: Will there be any mischief after that good? He said: Yes, callers (du’at) who invite at the doors of Hellfire. They throw him into it (hell) whoever accepted their invitation. I said: O Prophet of Allah, describe them to us. He said: They are of our own skin (of our people) and talk our language. I said: What do you order me to do if that (matter) caught me? He said: Adhere to the jama‘ah of Muslims and their Imam. I said: What if the Muslims have no jama‘ah nor an Imam? He said: Then separate from all those groups, even if you (have to) bite the root of a tree till death comes to you as such.”
Ce hadith est clair dans son expression : le Prophète ﷺ a ordonné aux musulmans de s'attacher à la jama‘ah des musulmans et de s'attacher à leur imam, et de délaisser ceux qui appellent les gens aux portes de l'enfer. L'interrogateur lui a demandé ce qu'il devait faire vis-à-vis de ces appelants aux portes de l'Enfer dans la situation où les musulmans n'ont ni imam ni jama‘ah ; alors le Prophète ﷺ lui a ordonné de se séparer de tous ces groupes, sans pour autant se désolidariser des musulmans ni s'abstenir de l'action pour l'établissement d'un imam. Son ordre est donc clair : « Sépare-toi de tous ces groupes », et il a insisté sur la séparation d'avec ces groupes jusqu'à ce que son isolement d'avec eux l'amène à mordre la racine d'un arbre jusqu'à ce que la mort le vienne. Son sens est de s'attacher à votre religion (Deen) et de s'éloigner des appelants égarés qui se trouvent aux portes de l'Enfer. Dans ce hadith, il n'y a aucune excuse ni permission (pour quiconque) d'abandonner le travail pour l'établissement d'un calife (Khalifah) ; cela se limite, au contraire, à l'ordre de s'attacher à la religion (Deen) et de délaisser les appelants aux portes de l'enfer, et le péché lui incombera s'il ne travaille pas à l'établissement d'un calife (Khalifah). Il lui est donc ordonné de délaisser les groupes égarés afin de préserver sa religion (Deen) des appelants à l'égarement, même s'il devait mordre la racine d'un arbre, mais de ne pas s'éloigner de la communauté musulmane et d'abandonner le travail pour l'établissement des lois de la religion (Deen) et l'établissement d'un imam pour les musulmans.
This hadith is clear in its expression that the Prophet (saw) ordered the Muslims to adhere to the jama‘ah of Muslims and to adhere to their Imam, and to leave those who invite people to the doors of hell. The questioner asked him what he has should do in relation to those callers at the doors of Hellfire in the situation wherein the Muslims have no Imam and no jama‘ah; thereupon the Prophet (saw) ordered him to separate from all these groups, not to disassociate himself from the Muslims nor to abstain from the action for establishing an Imam. So his order is clear “Separate from all those groups”, and he emphasised the separation from those groups even to the extent that his isolation from them would make him clench to the trunk of a tree until death comes to him. Its meaning is to adhere to your deen and keep away from the misguiding callers who are at the doors of Hellfire. In this hadith there is no excuse or permission (for anybody) to abandon the work for establishing a Khalifah, it is, rather, confined to the command of adhering to the deen and abandoning the callers at the doors of hell, and the sin will remain on him if he does not work to establish a Khalifah. So he is ordered to abandon the misguiding groups in order to save his deen from the callers of the misguidance, even if he had to bite the root of a tree, but not to distance himself from the Muslim community and abandon the work for establishing the laws of the deen and establishing an Imam for Muslims.
« Le Messager d'Allah ﷺ a dit : Un temps viendra où le meilleur bien d'un musulman sera des moutons qu'il emmènera au sommet des montagnes et dans les lieux de pluie (les vallées) afin de fuir avec sa religion face aux épreuves (fitan). »
“The Messenger of Allah (saw) said: A time will come that the best property of a Muslim will be sheep which he will take on the top of mountains and the places of rainfall (valleys) so as to flee with his religion from afflictions (fitan)”
Cela ne signifie pas que l'on doive s'isoler de la communauté musulmane, abandonner la pratique des lois de la religion (Deen) et l'établissement d'un calife pour les musulmans lorsqu'il n'y a pas de califat (Khilafah) sur terre. Tout ce qu'il contient est une explication de ce qui constitue la meilleure richesse du musulman en temps d'affliction ; il n'encourage pas la séparation d'avec les musulmans ni l'isolement vis-à-vis des gens.
This does not mean that one should isolate oneself from the Muslim community, abandon practising the laws of the deen and establishing a Khalifah for Muslims when there is no Khilafah on earth. All that it contains is an explanation of what is the best wealth of the Muslim at the times of affliction; it does not encourage separation from the Muslims and isolation from the people.
En conséquence, aucun musulman sur cette terre n'a d'excuse pour abandonner le devoir d'établir la religion (Deen) qu'Allah (SWT) a ordonnée, c'est-à-dire l'établissement d'un calife pour les musulmans lorsqu'il n'y a pas de califat sur la terre, lorsqu'il n'y a personne pour appliquer les peines légales (Hudud) d'Allah (SWT) afin de protéger les sacralités d'Allah (SWT), et personne pour appliquer les lois de la religion (Deen) et unifier la communauté musulmane sous la bannière de La ilaha illa Allah, Muhammad ur-Rasul Allah. Il n'y a aucune permission en Islam d'abandonner l'œuvre de ce devoir jusqu'à ce qu'il soit véritablement accompli.
Accordingly, no Muslim on the face of this earth has an excuse to abandon the duty of establishing the deen which Allah (swt) has ordered, that is, the establishment of a Khalifah for Muslims when there is no Khilafah on the earth, when there is no one to implement the punishments (hudood) of Allah (swt) to protect the sanctities of Allah (swt), and no one to implement the laws of the deen and unify the Muslim community under the banner of La ilaha illa Allah, Muhammad ur-Rasul Allah. There is no permission in Islam to abandon the work for this duty until it is indeed completed.